entre2lettres – Le blog de Pascal Perrat

8fév/121

La difficulté de coucher par écrit des choses vues

Me faisant part de la difficulté de coucher par écrit des choses vues et entendues, Antonio *, un ami, m'écrit :

"Souvent ça m'arrive d'avoir des scènes et des dialogues que je trouve drôles ou originales animées par les gens qui m'entourent.
Après avoir couru dans le parc de Versailles par exemple.
Là, c'est une vraie caverne d'Ali baba pour scénarii burlesques tant les gens sont spéciaux et de toutes sortes.

Des fois je me dis, vite, rentre ! ...
Il faut noter cela et comme si j'étais devant un écran impossible de me décoller de mon histoire dont je resterai l'éternel seul spectateur.
Et chaque fois que je rentre chez moi, quand j'ai le courage de vouloir me rappeler et écrire ma scène, ça devient lourd et indigeste parfois.
Je ne retrouve pas la même fluidité.
Le temps d'écriture avec mes doigts est trop long par rapport à ma pensée qui fuse et dont le fait de l'arrêter pour écrire lui ôte toute sa fluidité."

Rien n'est meilleur que l'imagination pour rapporter le réel
Je m'explique : quand vous observez un événement se déroulant dans la rue ou dans un parc, comme mon ami, laissez-vous" impressionné" telle une ancienne pellicule photo argentique.
Puis, une fois devant votre cahier ou votre écran d'ordinateur, laissez votre imagination développer, dans le noir de votre labo-cerveau, ce que vous avez mentalement photographié sur le terrain.
Ne cherchez surtout  pas à écrire exactement et dans les moindres détails ce que vous avez vu et entendu, tel un témoin devant un tribunal,
laissez faire votre imagination pour retranscrire ce qu'elle a capté.
Que croyez-vous qu'il se passe quand nous pensons à notre petite enfance ?
Notre mémoire arrange les faits à sa façon, elle brode le passé.
Il suffit d'ailleurs de partager ses souvenirs d'enfance avec nos parents pour voir combien ils différent.
C'est un peu comme si nous avions vécu ces souvenirs sur la même plage, sauf que pour nos parents la marée était basse alors que pour nous elle était haute.

Passez par le dire
Quand on raconte une anecdote on la vit, on est dedans.
Avant de décrire la situation que vous avez observée, passez par l'écriture à haute voix.
Racontez-vous votre événement en recueillant sur un brouillon de papier, sans ordre et sans jugement, tout ce qui vous viendra à l'esprit.
Ce sera plus facile de l’écrire définitivement après.
Passer par le dire donne une grande liberté on « écrit » sans contraintes excessives.
Grâce aux progrès technologiques, vous pouvez même vous dispenser d’écrire.
Vous racontez votre sujet d'observation devant votre ordinateur et il le transcrit sur le champ.
Il existe maintenant des logiciels qui se  chargent d’écrire, sans trop d’erreurs, tout ce que vous leur dictez.
MacSpeech Dictate pour Mac ou Dragon pour PC.
Je les ai testés, c’est étonnamment efficace. Certains auteurs les utilisent régulièrement.

Cet article vous a plus ?

Alors jetez un oeil sur mon dernier livre

Antonio * qui demeure à Versailles, participa pendant de nombreuses années à l'atelier d'écriture que j'animais chaque lundi soir de 20 h à 22 h à Paris dans le 15e arrondissement.
4fév/124

Petit jeu d’écriture créative 63

Il (elle) était bien là, présent parmi eux, mais invisible.
Son ... était là, à défaut de son corps...

Imaginez la suite

1fév/128

Quand un texte manque de sel…

Dans notre village, à deux pas de Sauternes..., nous avons la chance d'avoir un boulanger qui cuit son pain au feu de bois dans un four bâti il y a plus de 100 ans.
Cet artisan, ignorant tout du marketing, façonne « avec amour du métier » un pain « authentique » dans le respect de « la plus pure tradition ».
Si bien que l'on vient de loin dans les collines pour acheter son pain.
Mais passé 11 h, inutile d'espérer trouver le moindre quignon sur les présentoirs, tout est déjà vendu.

Longtemps, vu la demande, je me suis demandé pourquoi il ne produisait pas davantage de pain.
" Parce qu'il faudrait que je change de four, que je "m'industrializzzeeee"  m'a-t-il répondu avec un bel accent chantant, alors je ne serais plus boulanger, mais fabricant de pain ! Et des fabricants de soi-disant pain, ça ne manque pas !"

Vous l'avez compris, cet homme produit un pain délectable, il croustille sous la dent, doré juste-ce-qu'il faut, et encore bon le lendemain.
Sauf que parfois, ce brave homme qui n'est plus tout jeune, oublie le sel quand il prépare sa pâte.
Cela s'est déjà produit deux fois ce mois-ci...

Pourquoi je vous raconte cette anecdote ?
Parce que parmi les textes que je reçois à lire beaucoup manquent de sel.
On attend d'une histoire qu'elle nous méduse, nous intrigue ou nous surprenne. Voire, nous sidère.
Ce n'est pas souvent le cas.

Trop de manuscrits, même bien écrits, nous désintéressent dès les premières pages.
Soit le sujet est rebattu, l'éternel trio mari-femme-amant, par exemple, soit l'inaction m'endort car il ne se passe rien de captivant pendant des pages, soit les dialogues sonnent faux et appauvrissent le texte. Soit l'auteur nous parle de son nombril...
Comme parfois le pain de notre boulanger, l'histoire manque de sel.

Cet article vous a plu ? Adressez-le à vos connaissances.

28jan/1211

Petit jeu d’écriture 62

Il (elle) visitait le musée de l’homme, quand un squelette attira son attention. 
Sa posture, sa taille, sa denture, tout lui faisait penser à...

Inventez la suite

23jan/120

Apple révolutionne l’auto-édition !

Depuis hier, je découvre iBooks Author, la nouvelle application d'Apple.
Ce logiciel de création d'ebooks va plaire, sa simplicité d'utilisation séduira tout le monde de l'écrit.

Apple met l'auto-édition à la portée de tous. C'est une révolution !
Hier encore, concevoir un ebook nécessitait de bonnes compétences en langages web ou de savoir utiliser la PAO.
Avec cette nouvelle application ce n'est plus nécessaire.
On écrit son livre puis on le publie en direction de millions de lecteurs potentiels.
Une traduction en anglais sera souhaitable...

iBooks Author s'adresse d'abord aux enseignants et à leurs élèves. Mais sa simplicité va vite conquérir  le grand public,
à commencer par les créatifs qui devraient bientôt créer des contenus originaux.

Une nouvelle menace pour les éditeurs traditionnels.

21jan/1210

Petit jeu d’écriture 61

 D'abord je me suis dit : "Mais c'est qui ce bâtard ?"

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18jan/124

On ne sait plus s’ennuyer

Quand un vin mis en fût repose pour vieillir en cave, "quand il s'ennuie" comme disent joliment les vignerons, la part de l'ange s'envole.
Une partie de son alcool s'évapore au fil du temps. On dit que le vin rêve. De devenir un grand cru peut-être ?

Nous, contrairement au vin "on ne sait plus s'ennuyer".
Dernièrement, tandis que j'attendais mon tour dans la salle d'attente d'un docteur, j'observais les patients.
Six personnes étaient là, avant moi.
L'une somnolait en feuilletant Gala, les cinq autres jouaient avec leur téléphone portable.
Elles tuaient le temps avec une béquille électronique.

On ne sait plus laisser notre esprit se perdre dans nos pensées.
Il faut trouver de quoi remplir son "vide mental", sinon on risque de s'ennuyer.
Pas question de "faire cerveau-libre", défense de "rêver à sa faim" il faut s'occuper.
Comme on occupe les enfants, le mercredi ou pendant les vacances, avec des occupations sportives ou culturelles.
Il ne faut surtout pas qu'ils s'ennuient ces petits !

L'être humain a la fabuleuse capacité de rêver. Même éveillé. D'atteindre les étoiles sans bouger de sa chaise. Même dans une salle d'attente...
Méfions-nous de cette société où l'Homme tue le temps avec des hochets de peur de s'ennuyer.

Pour ne jamais s'ennuyer c'est facile. Il suffit de mettre son cerveau en état d'alerte permanente, de façon à ne jamais laisser passer
la moindre petite idée exploitable par écrit.
Et de noter tout ça sur un carnet ou sur son smartphone...

14jan/122

Relisez vos écrits d’enfance

Qui ne s'est pas, un jour, replongé dans le vieil album de famille et, tel Narcisse, chercher les photos sur lesquelles se trouvait sa propre image ?

Pour constater, en fin de compte, que contrairement à ce qu'il ou elle pensait
pendant son adolescence, cette jeune fille ou ce jeune homme, n'était pas si moche. Même plutôt beau.
Et pouvait donc séduire...

De même, si vous ou vos parents avez conservé des textes écrits pendant votre adolescence, relisez-les.
Il se peut que vous trouviez quelques fossiles séduisants une fois dégagés de leur gangue.

C'est la raison pour laquelle, périodiquement, tel un archéologue, je recherche et étudie les traces écrites que j'ai laissées dans ma préhistoire d'écrivain.
Mes fouilles me permettent parfois de mettre à jour des vestiges d'idées exploitables.

C'est ainsi, en fourgonnant dans mes livres de jeunnesse,
que j'ai retrouvé un recueil écrit par l'un des maîtres de la nouvelle : John Cheever * 1930, 1940...
Voyez comment, en quelques phrases bien ajustées, il esquisse l'enfance et l'avenir de son héros :

" Je suis né à Boston en 1869. Ma famille habitait cette ville et ses membres y étaient maîtres d'école ou maîtres de pont depuis aussi longtemps que remontaient nos souvenirs.
Nous étions pauvres et ma mère était veuve. Elle tenait une pension de famille.
Mon frère et ma sœur travaillaient déjà et je me préparais à entrer dans la vie active dès la fin de l'école primaire.
Je choisis la chaussure et voulais devenir voyageur de commerce.
Je décidai de devenir voyageur de commerce comme d'autres décident d'être médecin, général ou président.
À l'âge de douze ans je quittai l'école et trouvai un petit boulot de garçon de bureau dans une grosse usine de bottes et de chaussures. La première année je gagnai cent dollars. Puis je fus promu clerc et l'année suivante je gagnai deux cents dollars. Les boulots n'étaient pas faciles à trouver à l'époque et je devais travailler dur pour garder le mien. Quand je partais au travail les rues étaient vides et quand je rentrais le soir elles étaient vides et sombres. Puis j'eus la chance d'apprendre à fabriquer des chaussures dans une usine de Lynn. Je déménageai là-bas où j'habitais une pension de famille bon marché et j'appris à confectionner des chaussures. Je sais toujours..."

N'est-ce pas un bon modèle pour attaquer un prochain texte ou chapitre ?

* Autobiographie d'un commis voyageur 

14jan/129

Petit jeu d’écriture 60

Tel éditeur, telle conséquence  

Il s'agit, dans ce petit jeu d'écriture, de trouver une analogie* entre le nom de l'éditeur et l'effet ou l'action (conséquence)
que pourrait produire le livre ou sa lecture.

Deux exemples :

- Les Livres des Éditions de Minuit endorment le lecteur

- Les livres des Éditions Plon sont lourds à digérer

Bien sûr, il faut connaître les noms des principaux éditeurs (voir sur le net)

* Créer une analogie, c’est trouver des points communs entre deux choses souvent très éloignées l’une de l’autre.

Exemple : “Plante très robuste, le tabac se prête facilement aux manipulations génétiques, c’est la souris de laboratoire des botanistes”.

La recherche d’une analogique se fait en s’éloignant autant que possible du sujet,
de façon à le mettre en relation avec le maximum d’idées et d’images qu'il nous inspire.

Matériau de base de toute comparaison ou métaphore, l'analogie est le turbo de l’imagination.
Elle oblige le cerveau à sortir de sa routine pour explorer de nouvelles idées et les décrire en images.

A quoi cette chose ressemble-t-elle ?
Avec qui ou avec quoi pouvons-nous trouver des similitudes, des points communs ?

Ces questions obligent à se servir de l’hémisphère droit du cerveau
celui qui décrit les choses avec un langage riche en images.

« Qui maîtrise l’analogie, maîtrise le monde » Aristote

11jan/124

26 ans et 2 millions de dollars de droits d’auteur par an

Amanda Hocking blogueuse de 26 ans perçoit deux millions de dollars par an en vendant ses nouvelles sur le "Kindle,
la nouvelle liseuse d'Amazon.

Aucun éditeur traditionnel ne voulait l'éditer…

Ce n'est pas un cas unique. Les oeuvres vendues sous forme  d'ebooks gagnent du terrain sur les livres papier.

Cette progression devrait se confirmer en 2012. Les liseuses et les tablettes comme l’Ipad d’Apple gagnent sans cesse des parts de marché.

Jeff Bezos, le fondateur milliardaire et PDG d'Amazon.com. a déclaré qu'il vend actuellement huit ebooks quand il vend un livre en papier !
Est-ce déjà la mort de nos chers livres en papier ? La disparition des libraires et des éditeurs ?

Pas encore, il faudra encore quelques années.
Comme il a fallu du temps pour que les appareils photos numériques entrent dans chaque maison
et que périclitent la photo argentique, son développement et son tirage papier dans les laboratoires des photographes de quartier.

Rien n'est figé pour l'éternité, tout est impermanence, pour le bonheur des uns et le malheur des autres...
Ceux et celles qui portent un livre en eux n'auront bientôt plus à se battre pour être édités et trouver un public.
Cela ne peut que réjouir toutes celles et ceux qui écrivent.

Elles et ils sont des millions.

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