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Les hommes soumis.

1 – Paul – Par nécessité

– Par nécessité, Paul, écrit par nécessité. C’est toujours plus fort comme ça.
– Oui, ça va, je sais, je suis au courant. En même temps par nécessité c’est quand je suis malheureux et c’est pas gai.
– Oui, mais ça marche. Tu le sais. Quand tu écris par nécessité, ça marche. Ça te fait penser à autre chose.
– A autre chose, oui, mais pas au bonheur.
– Tu nous gonfles Paul avec ton bonheur.
– Tu devrais pas dire ça Paul.
– Oui, je sais tu n’aimes pas ça qu’on te dise que tu gonfles.
– Exactement, j’aime pas ça j’ai bien droit de dire que j’aime pas ça.
– OK, excuse, je retire.
Laurent s’assoit et renouvelle ses excuses
– Excuse-moi à nouveau. Désolé. De toute façon je ne suis pas Lucile.
C’est vrai qu’il n’est pas Lucile. Il me fatigue avec ses conseils à deux balles.
Lucile, la psy de Paul.
La psy qui lui a évité plusieurs fois le suicide. La psy qui l’a accueillie pendant près de vingt cinq ans, avec des interruptions quand même, pour lui redonner une bonne image de lui-même.
Quelle honte, quand même, pensa Paul, être obligé de s’appuyer sur quelqu’un pendant autant d’années pour apprécier la vie. Après tout, il y a bien des gens qui prennent des médocs contre le diabète toute leur vie. Pour moi, c’est pareil sauf que c’est pas le sucre, c’est la tête. C’est tout.
Lucile était bien plus âgée que Paul et lui avait signifié qu’il serait toujours le bienvenu mais que là elle devait s’arrêter vu son âge.
Le dernier rendez-vous avait été chaud.
Paul avait raconté tout le bonheur d’être avec ses enfants, et aussi sa nouvelle compagne et au dernier moment, il s’était plaint qu’elle n’était pas très disponible, qu’elle lui proposait de se voir seulement dans deux mois.
Après quinze jours passés avec elle, Paul s’est effondré à cette annonce. Comment est-ce possible de tomber si bas tout simplement parce que quelqu’un vous dit que vous n’êtes pas sa priorité. Arrêter la vie pour un événement aussi banal. Il y avait vraiment un trouble, une case qui manque chez Paul.

Il avait commencé à se renseigner pour aller voir en Suisse, la fin de vie choisie et sans souffrance. Car il semblait maintenant que ce service n’était plus réservé aux patients atteints de maladies incurables. Une femme de soixante-douze ans en faisait la promotion.
Un peu morbide comme démarche mais bon remède contre la souffrance. Paul avait décidé de vivre encore deux ans et aller voir les Helvètes pour qu’ils lui administrent, la solution finale. Un beau projet pensa Paul. Y penser avait au moins eu l’avantage d’arrêter de souffrir.
– Joli projet pour vos enfants, avait juste dit Lucile.
– Oui, bon, faut peut-être y réfléchir.
– Vous voyez, vous arrivez à profiter de la vie, vous avez des relations extraordinaires et au dernier moment vous me parler de quelque chose pas très réaliste. Vous avez peur que je ne m’intéresse pas à vous, que je vous accueille plus si vous n’avez plus de problèmes.
– … Oui.
– Vous avez peur que je vous laisse tomber, que je vous abandonne.
Les larmes lui mouillèrent les yeux. Il s’essuya de la main.
– Oui… c’est ça.
– Mais vous savez vous serez toujours le bienvenu. Vous n’êtes pas obligés d’avoir de la souffrance pour venir me voir.
Oh la la, ma béquille s’en va, pensa Paul. Je suis mal. En même temps je m’en doutais.
– Venez prendre un café, j’ai une très bonne machine d’ailleurs, et puis vous me raconterez que vous avez un deuxième petit-fils par exemple.
Oh la, connaître la maison Lucile. Oh la, non. Elle m’a porté toute ma vie d’adulte, je l’ai respecté, apprécié, haï parfois mais toujours porté haut, j’ai peur que ça disparaisse.
Puis comment avoir des discussions si intenses en parlant de bonnes choses.
C’est la souffrance qui fait l’intensité.
Quoique faut voir, Paul n’en n’était plus aussi sur ces dernières années. Il avait commencé à s’en rendre compte.
– Bon, d’accord, répondit Paul.
Elle ne lui avait pas proposé de se revoir.
Comme d’habitude le soleil était revenu après cette séance. Paul appréciait cette vie qui regonflait ses poumons. Mais là, il était seul.
Il allait devoir se débrouiller seul avec sa souffrance, cette mélancolie qui l’entraînait régulièrement vers le suicide.
Joli challenge finalement. C’est pas de la merde ce combat se dit-il, avant d’enfourcher sa moto interdite de circulation car trop polluante.


2 – Laurent – Eva – La rencontre

Laurent était toujours habillé élégamment. Costumes de circonstance, chemise en lin au bon moment et accessoires adaptés la plupart du temps.
Laurent s’inquiétait pour Paul. Il le savait fragile. Laurent n’avait jamais eu envie de se suicider. Il ne comprenait pas ça. Il avait des difficultés lui aussi mais en finir, ça non jamais ça ne lui était jamais venu à l’esprit.
Laurent aimait et admirait sa femme Eva. Eva, la plus belle bipolaire que la terre avait portée. Il l’avait rencontré dans un bar. Sur la terrasse, quand elle fumait un cigare et buvait un bon verre de vin. Il a l’air bon ce vin, lui demanda-t-il, si je puis me permettre, Mademoiselle sans vous importuner.
– Madame.
– Ah, désolé.
De rien.
Eva avait appelé le serveur.
– Vous pouvez mettre un verre à Monsieur, la même chose.
Ils avaient devisé de tout et de rien. Il ne perdait pas une miette de son langage, de ces gestes. Il réussit à la faire rire une ou deux fois.
– Bon, il faut j’y aille. Vous voulez me revoir ou pas ?
– Oui, oui, bien sûr.
– OK, voilà mon téléphone.
L’amour avait commencé tout de suite. Ce sentiment que Laurent jamais vraiment connu et qui ne le quitterait plus. Laurent ne supportait pas de vivre seul. Il avait cette force de vivre avec une femme sans se renier. Cette force il là trouvait quand il aimait, sinon il n’y avait plus rien. Cette force s’envolait. Il savait trouver le bon équilibre entre la vie et ses attentes.
Paul, lui, en avait toujours rêvé n’avait jamais réussi. Laurent était amoureux de sa femme, même quand elle traversait une période de tristesse avancée.
– Je ne tiens pas tellement à la vie, disait-elle plus souvent qu’à l’ordinaire.
Laurent savait écouter ce genre de phrase et savait ce que ça voulait dire. Par contre, il ne savait pas trop dire qu’il avait compris.
Il se tenait au bord du précipice. Dans cet entre-deux dont raffolent les écrivains. Un documentaire sur les éléphants lui avait appris quelle était sa place.
Dans ce film, on voyait un groupe d’éléphants en migration. Les petits sont au milieu avec leurs mères, un ou deux grands males ferment et ouvrent la marche. Et Il y en avait un, qui se tenait un peu à l’écart du groupe, qui était très vigilant mais qui ne rentrait jamais dans le groupe. Il intervenait que s’il y avait vraiment du danger.
C’était sa place. C’était là qu’il se tenait. Il avait découvert ça en voyant ce reportage.
Il n’avait jamais vraiment su quoi faire d’autre. Cette place, un peu à l’écart du groupe, avec l’attention et l’amour pour les autres le faisait souffrir mais il ne montrait rien. Laurent était ce genre de calmes qui de temps à autre sont envahis par une colère sans fin.
– J’ai vu que tu avais avancé ton livre, Paul, dit Laurent dès qu’il entra dans l’appartement
– Oui, Laurent j’essaie d’avancer, je devrais plutôt dire.
– Et là tu écris par nécessité ?
– Oui, j’essaye aussi. Tu m’a déjà demandé tu sais.
– Oui, je sais mais c’est important. Bon, bah c’est bien.
– J’en sais rien, je sais pas si c’est bien. Au moins j’essaie de marcher. Et toi tu deviens quoi ?
– Ça va, ça va bien on vient de trouver une belle maison avec Eva. Au sud-ouest de la ville. Elle est formidable.
– Vous l’avez trouvé ensemble ?
– Oui, enfin c’est plutôt moi qui ai cherché et après je l’ai montré à Eva .
Pas beaucoup de chance qu’elle s’intéresse à une maison ce moment pensa Laurent en répondant à Paul. Elle est au fond du trou en train de se battre pour que les heures ne la bouffent pas.
– Eva, elle va comment, demanda Paul.
– Moyen, en ce moment.
– Elle va mal alors ?
– J’ai pas dit ça, je dis simplement qu’elle va moyen.
Laurent savait comment faire pour ne pas se laisser entraîner par la morbidité de Paul. Il savait très bien que Paul ne résistait pas à cette pulsion de transformer le monde et le moindre problème en catastrophe. Paul était comme un alcoolique qui ne résiste pas longtemps à un verre. Une phrase, une déception le faisait plonger. Et il plongeait. A croire qu’il aimait ça. Non il n’aimait pas ça, il était accroc. Accroc au malheur, à la difficulté, au combat. Il aimait ça aussi chez les autres. Rien ne le séduisait plus qu’une femme qui savait rire, était forte et joyeuse et qui d’un coup avouait sa souffrance.
La souffrance était sa dope, son plongeon presque sa vie. Sans souffrance pas de vie, pas de présence, pas de place, pas de reconnaissance.
Quel intérêt pour Paul de vivre sans problèmes. Sans gros problèmes. Il avait mis des années pour comprendre que c’est lui tout seul qui se plongeait dans le malheur.
La lutte avait été longue pour s’en sortir. Une addiction tout le monde connaît le combat qu’il faut mener pour s’en débarrasser. Et puis une addiction, la remplacer par quoi ?
Laurent avait eu aussi ses moments difficiles.
Cinq ans sans voir ses enfants, suite à divorce douloureux n’avait pas entamé sa force. Il s’était battus pour retrouver ses enfants pendant des années. La garde à vue, les années d’attente, la lenteur de la justice, Laurent avait tenu le cap et était arrivé à bon port malgré les tempêtes. À bon port, ça veut dire qu’il a maintenant deux enfants qui étaient devenus des adultes bien.
Il ne savait pas dire autrement que : « mes enfants sont bien ». Ils se débrouillent bien. Et souvent il ajoutait après, après tout ce qu’ils ont vécu, ils sont vraiment costauds.
– Tu bois quelque chose Paul.
– Oui donne-moi un de tes excellents whisky. Comment il s’appelle celui qui sent la tourbe.
– Ardberg !
– Oui c’est ça. Pendant des années j’ai bu des trucs qui étaient vraiment mauvais et j’avais décidé que le whisky c’était pas bon. Et puis j’ai gouté celui-là et ça c’est autre chose.
– Fais attention à ne pas devenir accroc, quand même.
– T’inquiète ça risque pas.
Paul avait une chance. Il n’aimait pas l’alcool. Sans cette chance, il serait devenu alcoolique.
Paul avait une autre chance. Il n’aimait pas le froid, il aimait un peu de confort. Sans cette deuxième chance il serait devenu SDF. Une fois, il avait voulu partir vivre dehors pour oublier tout. Il les enviait les clodos comme on les appelait à l’époque quand il était gamin. Plus vieux, il avait une attirance pour ce mode de vie. Libre. Mais il avait compris que vivre dehors c’est exactement comme vivre dedans. Les mêmes angoisses, les mêmes luttes mais avec le froid, la faim et la saleté en plus.
Paul avait eu froid, quelques nuits, dans sa jeunesse, pendant un camp scout à Pâques dans le Morvan. Ils n’avaient jamais oublié ce que c’était. Paul avait eu faim aussi, il avait vite comprit la terreur que c’était. Il avait eu faim juste une fois, une vraie faim. Celle que connaissent ceux qui ont faim pour de vrai.
Paul avait aussi découvert qu’il était hypersensible. le jour où il avait compris ça, ça l’avait soulagé. Un groupe de paroles hypersensibles l’avait calmé. Des gens se retrouvaient sur Facebook et échangeaient.
– Je ne suis plus tout seul, enfin un peu moins.
– C’est-à-dire.
– Je me suis inscrit sur ce groupe Facebook, un groupe de gens hypersensibles.
– N’importe quoi Paul, dit Laurent.
– Oui bien sûr, n’importe quoi. Mais ça m’aide. Je lis les histoires des gens qui ont la même vie que la mienne.
– C’est-à-dire.
– Bah des gens qui sont dépendants affectivement, des gens soumis en quelque sorte. Des femmes surtout et des hommes aussi, un peu, qui se sont faits larguer et qui ne s’en remettent pas. Il y a un gars qui s’est fait larguer dix fois, qui semble gentil comme tout et qui ne comprend toujours pas pourquoi. Il y a de femmes aussi. Il y en a une, son mari l’a quitté depuis dix ans et elle ne s’en ait toujours pas relevée.
– Ah, ok, et alors ?
C’est ça que Paul aimait chez Laurent. Son absence de jugement.
Il ne jugeait pas. C’était ça qu’il faisait qu’ils étaient devenus des amis aussi profonds.
Alors rien de plus. Tu comprends que la vie des gens ce n’est pas toujours évident mais c’est pas bien grave. C’est tout. On échange un peu. Il y a de la bienveillance, de la compréhension et parfois ça suffit pour passer à autre chose.
C’est que du virtuel.
Oui c’est que du virtuel. Mais virtuel ou pas l’important c’est l’effet que ça fait. Un livre aussi c’est du virtuel. Quelqu’un écrit, d’autres lisent, ils ne se causent jamais. C’est du virtuel ça aussi.
Si tu veux

3 – Eva – Paul – Pourquoi tu écris ?

– Et toi pourquoi tu écris, avait lancé Eva.
– Pour que ça se sache, pour que quelqu’un puisse savoir ce que je sais, répondit Paul.
– Sache quoi ?
– Sache, je sais pas moi, la peur, la solitude, la dépression, des choses comme ça.
– C’est gai !
– Non pas trop mais c’est ça ou rien. J’écris par nécessité, il a dû t’expliquer Laurent.
– Oui, t’inquiète, il m’a expliqué.
Eva et Paul se parlaient franchement. Ils allaient directement à l’essentiel. Sans jugement eux aussi. C’était indispensable pour se parler. Sans conseil, non plus, sans : « allez, ça va aller ». Sans : « reprends-toi » sans faux-semblants. Sur l’essentiel uniquement. Le reste n’est qu’attente. Paul avait cette capacité de pouvoir discuter sur l’essentiel. Eva avec le pouvoir de rassurer Paul.
Elle était encore plus sombre que lui, et ça le rassurait. Il se sentait moins enfoui, moins fou en sa présence.
Encore quelques années à trouver, à traîner, à tenir, avec le moins de souffrance possible pensait régulièrement Paul.
Eva avait eu aussi son paquet.
Éva avait perdu son mari quelques années auparavant, et s’étaient retrouvés avec trois enfants en bas âge à élever. Elle l’avait fait, elle avait tout affronté, seule. Elle avait d’abord combattu les assurances qui ne voulaient pas rembourser suite au décès, elle s’était battue avec le juge qui la convoquait régulièrement pour lui donner le droit d’acheter une voiture ou autre chose et s’assurer qu’elle ne dilapidait pas l’héritage des enfants. Elle avait tout supporté. C’est Eva, qu’ Eva, n’avait pas su gérer.
La dysthymie de Paul la rongeait parfois. Cette dépression chronique, invisible, indicible, un inracontable, pas très violent, pas très profond qui lui demandait de se battre régulièrement et patiemment contre cette petite maladie.
Paul combattait sa dysthymie par ses addictions. La cigarette, le sucre, le sexe, la rêverie et l’écriture. L’écriture qu’il se forcait à faire, qui était parfois magique et tranquille mais le plus souvent, pas au niveau, qu’il critiquait lui-même pour se ramener tout seul plus bas que terre.
– Il faut dire les choses pour qu’elles soient sues.
– Et alors. Qu’est-ce que tu veux dire par « qu’elles soient sues », relança Eva.
– Je veux dire la souffrance lancinante et la solitude qui te traque et que tu ne peux pas avouer.
– Tu parles, tout le monde sait ça.

Oui, enfin pas vraiment. En tout cas si les gens savent, ils ne savent pas assez. Il faudrait que chacun raconte, qu’on ait les différentes facettes, qu’on en finisse avec ça.

Tu délires, mon cher Paul

Oui c’est possible. Mais il faut raconter pour les quelques-uns qui vont lire.
–Oui, mais on voit bien que tu végètes, Paul.
– Je ne crois pas. Je le cache bien. Et qu’est-ce que tu veux que je fasse, que je hurle, que je fasse chier tout le monde autour de moi.
– Tu pourrais essayer ça, dit Eva. Pourquoi pas ?

J’ai souvent envie d’en finir.
– Déjà dit, tu te répètes, tu ressasses comme dirait l’autre. C’est bien ça qu’elle t’a dit
– Oui, c’est ça.
Ca faisait un petit mois qu’Eva et Laurent s’était installé dans leur nouvelle maison. Un magnolia dans le jardin devant la maison en meulière comme il se devait. Un grand sous-sol ou ils vivaient tous, Laurent, Eva et ses trois enfants et à l’arrière de la maison un jardin un peu informe avec quelques arbres fruitiers et de l’herbe à faire penser à la campagne. Paul y venait souvent. Il s’asseyait à l’arrière et se laissait aller en contemplant quelques grands arbres qui se balançaient tranquillement dans le vent. Il repartait vers le passé, vers les moments d’hier et comme dans un rêve refaisait défiler les voix, les lieux, les gens, le ciel de ce moment.

La solitude me ramène vers l’enfance et le passé. C’est pas triste c’est plein. J’aime bien rêvasser comme ça.

C’est souvent que tu n’es pas là, Paul

Je sais Eva, je sais. Mais c’est parfois mieux comme ça. J’arrive à me sortir de tout ça et je revois tout. Comme dans un film où j’aurais joué et que je revoyais régulièrement. Je sais que je te l’ai déjà dit mais, tu sais, ça me remplit de me laisser aller à regarder les arbres, les gens et me rappeler ces histoires.

T’es dans la lune.

Oui, on me l’a souvent dit. C’est bon. Ça me cause de repartir en arrière. Je prenais ça pour une critique avant et puis ça ne me touche plus maintenant.
Eva était souvent là quand Paul disjonctait. Ça l’aidait bien. Eva avait besoin de la chaleur et de l’intensité de Paul. Jamais elle ne l’aurait avoué mais elle vivait un cauchemar quand il s’en allait. Elle avait une peur, folle, qu’il ne revienne pas.
Eva avait rencontré Paul très vite après avoir connu Laurent. C’était son meilleur ami. Elle n’était pas depuis longtemps avec Laurent quand, même si elle mit beaucoup de temps à l’admettre, elle tomba amoureux de Paul. Quasi en même temps que Laurent. Jamais elle n’en parla, jamais ils se doutèrent que c’était arrivé. Mais elle, elle savait.
Laurent était la force, le repos, l’organisation et Paul, la folie, l’intensité, la noirceur.
Les départs de Paul en étaient la preuve. Et, au contraire, elle ne s’inquiétait jamais lorsque Laurent partait travailler.
Impossible de dire ça pour Eva. Impossible d’admettre ça. Ces amours. Trop glauque pour elle. C’était là cependant, bien enfoui. Bien caché. Elle vivait avec ça. Intranquille mais pleine des deux.

Bon ben j’y vais Eva, dit Paul.

ok pas de problème mon gars.

je vais chez moi, je repasse dans quelques jours.

Tu fais comme tu veux, t’es grand après tout. Je ne vais pas te tenir la main. De toute façon Laurent rentre bientôt. Allez casse-toi.
Pourquoi tu me parles comme ça.
Casse toi, je te dis. T’as compris. C’est bon je parle comme je veux.
En entendant, j’y vais de la part de Paul, Eva senti l’angoisse se faufiler, se tracer un chemin vers son cœur, vers son âme, au plus profond d’elle. Comme le produit de coloration qui s’infiltrait dans ses veines lorsque l’on passe un irm. Penser à autre chose vite. Etre désagréable pour que ça ne fasse pas trop mal.
Vraiment je te comprends pas Eva. On passe un bon moment et là tu me parles mal. Je te comprends pas.
Evidemment qu’il ne comprenait rien. A force de rêvasser, il ne comprenait pas grand-chose aux femmes. Quel con, pensa Eva. Laurent allait arriver. Il la trouverait fermée. Elle ne pourrait rien dire et ne pourrait que se taire. Comment dire, à son âge, avec tout ce qu’elle avait connu, qu’elle avait avait envie d’hurler, de pleurer comme une enfant, parce que Paul venait de dire je rentre chez moi. Comment dire ça. Impossible. Elle ne dirait rien.

4 – Paul – Eva – Les femmes

–Tu veux bien me raconter ton histoire avec les femmes avec qui t’a vécu, dit Eva.
– Pourquoi faire. Ça n’a été qu’une suite d’échecs. Huit fois, dix fois je ne sais plus j’ai essayé de construire un couple et à chaque fois ça a échoué. C’est une honte pour moi. Ça a échoué à chaque fois.
– Oui je sais, rajouta Eva, tout le monde le sait mais je ne veux pas que tu me racontes ton échec je veux que tu me racontes la beauté de ces femmes, le plaisir de leur amour. Peut-être ça serait pas mal, tu crois pas, de pouvoir le regarder en positif, toutes ces histoires.
– Si tu veux.
– Alors vas-y, raconte-moi.
– Je fais comment ?
– Tu fais comme tu veux, tu me racontes surtout ce qu’il y avait de beaux.
– Je ne sais pas si j’en serais capable mais ça me dit d’essayer.
– Vas-y !
– Peut-être commencer, il me revient le moment où j’ai croisé M. Je devais faire une formation dans un hôtel, une formation pas très excitante, pas très marrante avec une équipe et j’avais rendez-vous un matin dans un hôtel ou c’était un soir je ne sais plus. J’étais assez maussade mais il fallait y aller fallait bien gagner sa vie. Je traverse le hall de cet hôtel, je croise une femme exceptionnelle. D’une très grande beauté. Je me dis intérieurement, c’est pas moi qui travaillerais avec une femme aussi belle. Je rejoins l’équipe qui me briefe sur mon rôle dans cette formation qu’on devait faire pour cette boîte et puis le responsable se tend vers moi et me dit est-ce que tu connais M. Je me retourne c’était elle. Finalement, c’était possible que je croise femme aussi belle. On commence à travailler sur les différentes étapes de la journée et je ne voyais qu’elle. Elle a enlevé son long manteau gris souris, et là j’en suis tombé amoureux, tout de suite. En fait j’en étais tombé amoureux en la croisant dans le hall.. Après j’ai tout fait pour retravailler avec elle, j’ai eu la chance d’avoir une journée entière avec elle pour préparer une autre formation. Elle était pétillante, intelligente, créative et drôle. Juste ça. Rien que ça. Je n’ai plus revu pendant des mois, et j’ai cherché à travailler dans la boîte ou elle travaillait.
– Et alors.
– Et alors à l’époque, j’en ai parlé à Lucile, en lui disant que je trouvais cette femme merveilleuse, et qu’elle n’était pas pour moi car évidemment trop bien.
– Et ensuite.
– Et ensuite Lucile m’a dit, qu’est-ce que vous en savez ? Essayer de l’inviter vous verrez bien. Je lui ai répondu ce n’est même pas la peine que j’y pense.
– Qu’est-ce que vous risquez, qu’elle n’accepte pas votre invitation ?
– Alors tu l’as invité ?
– Non je l’ai pas invité, je lui ai acheté un bouquet de fleurs, que je voulais poser chez elle, mais il y avait un interphone. Alors finalement je l’ai laissé sur les boîtes aux lettres, en lui indiquant sur une petite carte son nom. J’avais oublié de mettre mon nom. Plus tard j’apprendrai qu’elle s’était demandée qui lui offrait des fleurs car il y avait un autre gars qui la courtisait.
– C’est tout
– Non c’est pas tout, j’ai recommencé avec les fleurs en mettant cette fois-ci une carte avec mon prénom et mon téléphone.
– Et alors
– Elle a accepté assez facilement qu’on dîne ensemble, et à accepter aussi qu’on sorte ensemble.
– Et alors là tu étais heureux ?
– Oui j’étais comme sur un nuage et en même temps ne sachant pas trop quoi faire avec elle. On s’est revu plusieurs fois, assez espacées. Elle avait visiblement un emploi du temps très chargé. Je lui proposais d’aller au cinéma, voir une exposition un samedi ou un autre jour, j’ai passé des jours à attendre ce moment d’être avec elle. Je maîtrisais mal mes impatiences, trop ému, trop émotif. Et quasiment trois fois sur quatre, quelques heures avant le rendez-vous, elle annulait. Je me disais que c’est pas bien grave et que j’avais une telle chance d’être avec elle, que ça méritait bien d’accepter quelques désagréments.
– Et après
– Après rien. J’étais de plus en plus énervé qu’elle annule ses rendez-vous que quand on arrivait à se voir j’étais incapable de me calmer et lui en faisait des reproches en permanence. Je ne sais même plus comment ça s’est fini. On se voyait de moins en moins, et encore de moine en moins et un jour j’ai appris pas je ne sais plus qui qu’elle avait changé de ville. Et je ne l’ai plus vu
– Fin d’un amour
– Il paraît selon certain gourous que l’amour ne s’arrête jamais.
– C’est pas vrai. Il y a des amours qui ne s’arrêtent pas et d’autres qui se terminent. A jamais pour les deux cas. Ca c’est vrai. Raconte-moi une autre histoire.
– M encore.
– M comme maman. Pauvre petit Paul qui cherche sa maman dans toutes les femmes qu’il rencontre. C’est mignon à cet âge-là faudrait que ça grandisse pas.
– Tu me cherches Eva. Ça va je suis au courant.
– On se calme bonhomme, je te taquine juste. Alors…
– M rencontrée dans un bar suite à un échange sur la toile
– Tu veux dire un site de rencontre, faut dire les mots Paul, faut pas avoir honte, c’est l’époque qui veut ça
– Bon je vais y aller, tu me fatigues
– Mais non reste, de toute façon tu aimes ça qu’on t’emmerde. T’aimes trop ça.
– Dès les premiers moments l’envie d’être avec elle, simplement, l’envie de coucher avec elle pour la chose et la tendresse
Eva éclata de rire.
– La chose comme comme c’est trognon ça. Tu me fais rire. Je t’ai connu plus cru pour parler de la chose.
– C’était pour rire. Envie de la prendre dans mes bras. Content qu’elle s’adapte. Un petit restau pas extra, un film et l’envie de la raccompagner chez elle.
– Dès le premier soir, ouh la la.
– Non plus tard. Et l’admiration de la voir s’occuper des choses simples de la vie, l’impression d’être arrivé au port, le droit de parler, de se raconter. Deux ans de tranquillité à vivre de voyage, d’expo, un musée en pleine nuit, la France de Depardon et le travail, beaucoup de travail de sa part et de la mienne. J’en parlais à ma mère qui m’a dit que j’étais vraiment entichée comme si je n’étais plus capable de rien que je voyais la vie à travers elle. Et après de la soumission dans toutes les décisions. Au départ on pouvait discuter et après
– Après quoi
– Après les événements, tu sais bien ce dont je veux parler Eva fais pas la conne.
– La garde à vue
– Oui, la garde à vue bien sûr. Après la galère. Un an de dépression au fond de son lit tous les trois jours à pleurer tellement elle était effrayée de perdre le contact avec sa fille.
– Mais qu’est ce qui lui a pris à sa fille de déposer une plainte contre toi. D’où c’est venu cette histoire.
– La jalousie, la peur de perdre sa mère, c’est inconscient je crois mais elle s’affirmait comme ça, elle existait et gérait son angoisse de perdre sa mère.
– Elle l’a perdu.
– Non elle l’a retrouvé bien sûr. Pas comme avant mais elle l’a retrouvé. Tu sais la force de l’inconscient c’est terrible.
– Et toi là-dedans
– Moi, ben rien. Au début, j’ai cru que j’allais tout gérer. Je m’occupais d’elle la consolait enfin essayais, je ne me suis pas rendu compte qu’elle n’était plus là, que ça ne lui servait à rien. Un séjour en maison de repos, une tentative avec une boîte de somnifères donnée par un con de médecin en échange de quelques bouteilles de champagne. Il a jamais su d’ailleurs qu’elle s’était servie de ça pour en finir. Un gros con ce toubib. Gentil mais centrè sur lui uniquement sur lui. Appel au centre antipoison qui me dise de la laisser dormir en la surveillant, appel des pompiers le matin et là grande retrouvaille avec sa fille. Moi là-dedans j’ai cru que j’avais une place, j’en n’avais pas, c’était leur histoire de famille qu’ils géraient. Je crois pas que quelqu’un m’ai dit merci de m’être occupé d’elle ou je ne me souvient pas.
– Mais quoi
– Elle a beaucoup de joie, elle s’enthousiasme facilement devant la beauté des choses, elle sait vivre au quotidien, voila mais elle est très possessive, elle a peu fait revenir son enfance et travaillé dessus.
– Tout le monde n’est pas obligé Paul
– Je sais, bien sûr Eva, je sais mais certaines fois c’est pas plus mal, en tout cas il faut essayer parce que comme dirait Lucile, le passé revient toujours.

5 – Laurent, Eva – La folie

Laurent a trouvé Eva sur son smartphone. Une nouvelle partie de Crundy crunch.
Qu’est-ce que je dois faire. Elle est là-dedans.
Son regard se tourne vers lui. C’est sans appel. Elle au fond du trou.
Ca la prends en dedans cette colère et tout le monde en prend plein la gueule.
– Je suis complètement perdue quand tu fais ça, lui assène Laurent.
– C’est pas ton problème.
– Si un peu quand même
– Laisse-moi tranquille
Une remarque comme ça laisse Laurent sans voix, meurtri, seul …comme quand sa mère le laissait seul le soir comme disait l’autre.
Laurent encaisse. Plus il encaisse, plus Eva l’ignore. Il se soumet. Laurent fais avec. Et il passe à autre chose et essaie d’être à peine atteint par cette folie dont il se tient à côté sans se laisser entraîner.
Laurent est parvenu à s’occuper d’autre chose pour ne pas se laisser entraîner.
Il tient la route le mieux possible. Il s’occupe des enfants. Ca le change.
Eva dans sa colère, regarde ce qu’il fait malgré tout.
Il craint que la folie d’Eva ne grandisse. Il avait eu peur plus d’une fois devant son hystérie et ne savait quoi en faire.
La première fois c’était dans le lit. Ils somnolaient l’un à côté de l’autre. C’était un dimanche matin, ils faisaient la grasse matinée.
Eva lui envoie son poing dans la gueule.
– Ca va pas ! Qu’est ce qui te prend !
– Excuse –moi je ne sais pas ce qui m’a pris. J’ai pas fait exprès. J’ai pas contrôlé mon geste.
Laurent, interloqué et naïf aussi, l’a cru sur le moment.
Eva est très gaie après cette histoire.
Eva est une arabe d’une sublime beauté, moitié algérienne moitié marocaine. Avec aucune trace de culture du Maghreb. Elle était née en France et avait vécu toute son enfance dans le Sud Ouest.
Laurent a succombé tout de suite.
Ses cheveux frisés dans la foule ressortent tout de suite. Elle est d’une beauté sans égale sans pareil. Elle a une élégance superbe.
Laurent est tombé sous le charme au premier moment.
La folie est devenue de plus en plus fréquente. Avec de nombreuses variantes.
Laurent ne savait pas quoi en penser. Bien sûr c’était du n’importe quoi mais ça avait un côté sublime, hors des normes, qu’il en était parfois admiratif. Ca lui donnait envie de sourire aussi.
Comme la fois où il était rentré du travail et avait trouvé toutes ces chemises lacérées et éparpillées dans le jardin. Il avait découvert ça. Si Eva avait été une artiste on aurait applaudi devant cette installation éphémère. Du sublime, comme une critique du monde de consommation qui nous obligerait à acheter de nombreuses et belles chemises dont on ne se servait presque jamais.
Le jardin devant leur maison était empli du soleil couchant. Les belles chemises étaient réparties un peu partout. Sur les buissons, dans la glycine, sur les iris, sur le gazon. Méticuleusement lacérées au ciseau ou au couteau. Complétement déchirées ou seulement un peu. Ca a de la gueule avait pensé Laurent. C’est beau. De l’art. Il restait un petit problème tout de même, voire deux problèmes. Le premier c’est que personne n’allait voir cette performance et le second c’est qu’il n’avait plus une chemise à se mettre pour aller bosser. Mais bon c’est beau quand même. Faut oser.
Eva tenait cette folie de sa mère. Laurent ne comptait plus les fois où cette mère avait pété les plombs. Du sublime aussi. Un peu plus vulgaire que sa fille tout de même. Comme cette fois où elle avait dit dans un restaurant, au patron, qui venait les servir sur la terrasse, qui se faisait aider par sa mère.
– C’est dégeulasse ce que vous servez et votre mère qui vient servir, elle pue la pisse, c’est dégeulasse.
Evidemment ils avaient dû quitter le restaurant précipitamment après ça mais ca avait de la gueule quand même. Des années après Laurent en était encore à se demander comment il avait pu trouver que tous ces événement avaient de la classe. Il faut être un peu atteint de folie soi-même pour être complice de ces situations.
Ou plutôt Laurent avait connu des situations comparables dans son enfance et c’était devenu normal dans le monde des adultes. « Le chagrin » l’avait bien aidé comme « Rien ne s’oppose à la nuit » pour savoir qu’ailleurs aussi ça existait. On écrit pour partager et parfois ça aide les autres
Non sans humour, ou plutôt avec détachement, Laurent se rappelait parfois ces événements
La fois ou elle m’a versé le café sur la tête quand j’étais au lit en me disant tu veux ton café au lit et ben le voila.
La fois ou s’était mise à hurler en pleine nuit dans cette hôtel au dessus d’une station service qui a eu pour effet de rameuter dans le couloir le veilleur de nuit et plusieurs couples en pyjama.

Tout va bien, tout va bien, ne vous inquiétez pas avait dit Laurent
C’était dans le verbal qu’Eva se lâchait le plus. Les petits vieux dans la queue au supermarché en faisaient les frais régulièrement. Ils devaient changer fréquemment de magasins. Ils étaient souvent devenus personne non grata et Laurent avait peur des pétages de plomb dans la file à la caisse.

Je crois que nous étions avant vous, avait lancé Eva à un couple de papy mamy qui les avaient discrètement passés devant.

Certainement pas ma petite dame nous sommes arrivés avant. Le pappy qui avait répondu ça d’un air sûr de lui aurait mieux fait de se taire.
T’aurait pas dû dire ça, pensa Laurent. Oh non t’aurais pas dû.

Espèce de gros connard, je te dis qu’on était avant.
– Mais Madame, je vous en prie
– Qu’est-ce que t’as t’es pas content. T’as vu ta gueule. T’as une sale de gueule de vieux con.
– Mais enfin Madame, répliqua la femme du pappy, qu’est ce qui vous prend, on ne parle pas comme ça
– Qu’est-ce que t’as la grognasse. T’as vu ta gueule à toi aussi. T’es moche, t’es toute ridée, tu tiens pas sur tes cannes et tu pues. T’entends ce que je te dis. Tu pues la merde, on dirait que tu vas te casser la gueule. Et toi aussi le vieux tu pues la merde, oh mais qu’est-ce que vous chlinguez c’est dégueu.
– Madame, tout de même
– Allez cassez-vous vieux merdeux. Barre-toi connard. Vas chlinguer ailleurs. Barre-toi avec ta poufiasse. Et toi salope va te faire lécher le cul par ton gros dégueulasse de merdeux. T’as compris.
Sans voix. Laurent restait sans voix devant ça.

Laisse tomber Eva, allez arrête, c’est pas grave, laisse tomber on va aller à une autre caisse
– Quoi, tu me prends pour qui. Je vais pas me laisser emmerder par deux trous du cul qui puent la merde.
– Excusez-nous Monsieur. Elle est fatiguée.
– Quoi tu t’excuses devant ces cons qui voulaient nous piquer notre place. Tu baisses ton froc dès qu’on t’emmerde toi. Va te faire foutre.
C’est spectacle gratuit dans le Carrefour. Tout le monde s’arrête. Ils regardent tous ça. Au moins ils auront quelque chose à raconter ce soir à la maison.
Eva passe à la caisse. La caissière fait comme si elle n’avait rien vu, elle regarde ailleurs. Eva redescends et repasse en régime normale.

Ça fait vingt-trois euros cinquante Madame
– Voila.
– Merci bien.
– Je vous en prie et bonne soirée.
Il ne s’est rien passé, tout redevient normal. Laurent et Eva vont charger les courses dans la voiture. Juste un…
– Non mais qu’est ce qu’ils croient, qu’ils peuvent me passer devant. Ils m’auraient demandé, je veux bien mais là ils font comme s’ils ne m’avaient pas vu.
– Oui c’est vrai dit Laurent.
– Et toi tu dis rien
Laurent aurait bien envie de dire que c’est pas bien grave quelqu’un qui vous passe devant et que c’est pas la peine d’insulter les gens comme ça mais il sait trop que s’il dit ça il va avoir droit à un redémmarage de la crise alors il se tait et pense à autre chose.

Cet avis est souhaité par l’auteur de ce livre

PRĖCISION : Un avis n’est pas une vérité mais une opinion.
Vous avez demandé un avis sur votre écrit, attendez-vous à ce que cela ne vous fasse pas toujours plaisir, c’est le jeu.
Vous constaterez que les avis sont partagés, tant mieux.

« Deux avis valent mieux qu’un ».

Obtenir une aide rédactionnelle n’est pas le but de cette rubrique. Il ne s’agit pas d’un rapport de maître à élève.

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27 réponses

  1. zoe dit :

    bonjour,à vous lire je vous conseille de bien regarder vos erreurs d’accord,et de mots qui sont bien significatifs…je n’aurai qu’un conseil: A retravailler,revoir,peaufiner… et a relire à haute voix pour bien vous entendre,et comprendre…

  2. Sylvianne dit :

    Au pire dans un tiroir mais jamais à la poubelle !

  3. Sylvianne dit :

    Au pire dans un tiroir mais pas à la poubelle !

  4. BODO PHILIPPE dit :

    Bonjour Billy,
    J’ai lu votre texte. C’est vrai que j’ai eu du mal à aller jusqu’au bout et ce ne serait pas très pertinent de ma part de reprendre ce qui a déjà été dit.
    En tout cas, quelle drôle d’idée de s’excuser. S’excuser de quoi ? De n’avoir pas conquis vos lecteurs ? Si on commence comme ça, on ne risque pas d’aller bien loin. Et il ne faut rien jeter à la poubelle. Ce que l’on écrit à un moment de sa vie correspond à un état particulier, à une émotion. Il ne faut donc pas le rejeter, mais plutôt chercher à l’exprimer différemment. L’écriture, n’est pas une chose simple, mais elle appartient à chacun. Alors, si j’ai un conseil (modeste ) à donner, il ne faut pas s’arrêter sur un échec. Et même si vous ne devenez pas l’écrivain du siècle, il ne faut pas perdre de vue, que pour écrire pour les autres, il faut d’abord écrire pour soi. Et vive le plaisir d’écrire! de créer! de correspondre… A+

  5. Billy Elliots dit :

    Un grand merci Fanny de votre réponse. Vous avez raison c est pas très bon. Pour l’ instant peut être.
    Bien à vous.

  6. Billy Elliots dit :

    Merci bien. C’est très aimable d’avoir pris le temps de me proposer vos corrections.
    Encore merci.
    Bien à vous.

  7. Billy Elliots dit :

    Merci beaucoup souris vertes pour vos gentilles remarques. On s’embrouille et c’est pas très clair.
    Bien à vous.

  8. Françoise - Gare du Nord dit :

    Lecture un peu laborieuse, je regrette de la dire en raison du style familier (j’ai de plus en plus de mal avec le langage parlé à l’écrit) et de la difficulté que j’ai eue à entrer dans cette histoire qui met du temps à se dessiner. Les personnages sont flous, on a du mal à savoir qui est qui.

    Malgré ces réserves on sent que vous êtes habité par cette histoire qui, je pense vous tient à cœur (la folie, l’amour) mais hélas, je me suis découragée et n’ai pas terminé le lecture de ce texte trop long

    • Billy Elliots dit :

      Merci pour votre avis bien juste. Vous avez eu raison d arrêter.
      C est vrai que je suis habité par cette histoire qui est ce que j ai vécu.
      Bien à vous.

  9. Pascal Perrat dit :

    Le bon auteur est celui qui sait abandonner son moi pour aller vers sa créativité littéraire

    • Billy Elliots dit :

      Juste.

    • Billy Elliots dit :

      Merci à toutes er tous pour vos avis. Je suis un peu confus de vous avoir sollicité /dérangé pour ce texte qui n est pas bon et qui va finir à la corbeille. Bonne continuation.

      • Perrat Pascal dit :

        Non, Elliots, ne jetez pas ce texte, c’est un brouillon. Gardez-le, prenez du recul, digérez ces avis. C’est la base d’un écrit qui est très important pour vous. Allez jusqu’au bout, même si vous n’êtes pas sûr d’être édité. Si vous jetez tout, vous le regretterez toute votre vie. Sincèrement. Pascal

  10. Camomille dit :

    Oui, comme le dit Sylvianne, soyons indulgents.
    Et oui, donner un avis est effectivement périlleux.. autant pour celui qui le reçoit que pour celui qui le donne.
    Eh oui, j’ai l’humeur moralisatrice ce matin…. désolée

  11. Sylvianne Perrat dit :

    Peut-être que Billy est dyslexique… dans un écrit les fautes freinent la lecture, c est vrai mais ce n est pas l’essentiel ! Voyez Pascal, dyslexique a publié 8 livres !
    Soyons indulgents !

  12. Clémence dit :

    C’est toujours périlleux , un avis ! Autant pour celui qui le donne que pour celui qui le reçoit.
    Mais je me risque à cet exercice périlleux puisque vous en faites la demande.
    J’ai lu, tout le récit, avec ténacité et en me demandant si c’était le début d’un roman ou, au contraire, un texte dans son intégrité.
    Il y a des pépites. Mais encore faut-il les trouver dans ce tourbillon puis les travailler pour susciter l’intérêt du lecteur.

    Quand je commence une lecture, j’aime connaître les intentions de l’auteur et le genre d’écrit qu’il choisit pour m’emmener dans son récit. (Pour vous, j’aurais tendance à écrire « dans votre trip ».)
    J’aime lire un portrait rapidement dressé des personnages et le décor dans lequel ils évoluent.
    Mais, à défaut , je peux laisser libre cours à mon imagination.

    En revanche, je n’aime vraiment pas un texte qui commence par un dialogue, et plus encore par un dialogue mal construit.

    Je m’arrêterai donc à la toute première ligne qui est, à mon avis, à l’image de tout le récit : ambigu.

    « – Par nécessité, Paul, écrit par nécessité. C’est toujours plus fort comme ça. »

    La place des virgules et l’accord du verbe donnent des sens tout fait différents. Or, dans votre écrit, les virgules et l’accord du verbe sont incohérents.

    1. Dans le cas où une personne s’adresse à Paul en lui intimant d’écrire (je pense que c’est votre intention) , il faut écrire,  à l’impératif présent:

    – Par nécessité, Paul, écriS par nécessité. C’est toujours plus fort…

    2. Dans le cas où c’est un constat, il faut écrire au présent de l’indicatif  et supprimer la virgule après Paul:

    – Par nécessité, Paul écriT par nécessité. C’est toujours ….

    Donc, un mix des deux ne peut se concevoir !

    Rien que par cette phrase, vous voyez à quel point l’orthographe et la ponctuation sont des éléments qui facilitent la compréhension. Si elles sont mal maîtrisées, elles conduisent à la confusion, au désintérêt, même si l’histoire est intéressante (et elle l’est pour moi!).

    • Billy Elliots dit :

      Merci pour vos précieux conseils. Ça devait etre le début d un roman. J’ai essayé d’écrire sans lieu sans présentation des personnages pour tenter d’aller à l’essentiel mais pour l’instant c’est raté. Encore merci à vous.

  13. M.B.Beguin dit :

    Mon regard, mon ressenti ne sont pas LA vérité !
    J’ai lu, jusqu’au bout ! Votre écriture manque de peps. On s’y ennuie. Votre sujet pourrait être traité d’une façon plus enlevée. Les phrases sont trop lourdes, les mots répétitifs parfois dans une même phrase.
    Rien n’est perdu… se remettre en question et au travail, signifie « avancer vers….. ». Bon courage.

  14. Avoires dit :

    Je n’ai pas pu aller jusqu’au bout : l’histoire manque d’intérêt, la syntaxe inexistante n’arrange rien, les fautes d’orthographe sont légion… Non, trop, c’est trop !

  15. jean marc durand dit :

    Pour moi, ces textes n’ont pas grand intérêt. C’est confus, les personnages n’ont aucune consistance….ça parle beaucoup pour ne pas dire grand-chose…et on s’ennuie ou on s’enterre assez rapidement.

    Bon ,je ne vais pas trop en rajouter, je ne voudrai pas qu’avec les gains de vos futures ventes, vous alliez vous payer en Suisse un suicide assisté et qu’au dernier moment, vous vous aperceviez que vous avez juste de quoi vous payer le bus.

    Bernard Werber vous dirait que l’écriture ne doit pas être une psychanalyse.

    Moi j’irai plus loin, en disant clairement que ce monde actuel poussant tout un chacun à écrire me paraît de plus en plus suspect. Même si Lautréamont le croyait, je ne pense pas que tout le monde ait la capacité de créer….ou, du moins pas toujours dans le domaine ou il se pense prédestiné ??

    Ce ne sont pas les paroles d’un aigri, juste un petit air de lucidité. Vous avez peut être quelque chose à dire, mais pas comme çà, à mon avis!

    Je me souviens d’une école de musique suisse (encore!) accueillant diverses étudiants prétendants jouer qui du piano, qui du violon….et qui après un mois d’ateliers et pratiques diversifiées se retrouvaient à choisir le cor anglais ou le xylophone!

    Les modes ont la vie dure….peut-être avez vous d’autres jardins à cultiver….allez savoir…bon courage, mais méfiez vous des aventures trop aventureuses!

    Un étranger qui ne vous pas de mal!

    • 🐀 Souris verte dit :

      🐀 cher Jean-Marc…
      Quand les élèves vendaient leur alto pour en acheter un plus grand ils marquaient sur l’affichette :
      Instrument très peu servi, neuf à partir de la troisième position !
      Hélas !
      Ça intriguait et on me demandait à quoi correspondait cette position…
      On ne blaguait pas dans mon bahut, sinon je leur aurais conseillé de voir dans la théorie du kamasutra !!!
      Juste un peu plus technique que celle de Danhauser !
      Puis-je vous demander de quel instrument vous jouez?
      Musicalement votre.
      Sylvie Dambrine (alto)🐀

    • Billy Elliots dit :

      Merci de votre commentaire. Vous avez raison quand vous dites qu’un livre n’est pas une psychanalyse. Heureusement que tout le monde a la possibilité de créer et pas seulement une élite. Plus jeune votre commentaire m’aurait secoué. Bien à vous.

  16. Fanny Dumond dit :

    Désolée, vraiment, mais en tant que lectrice je ne suis pas allée plus loin que le deuxième chapitre, car je me suis lassée de vous lire et en tant que bêta-lectrice, que je suis par ailleurs, je pense (ce n’est que mon humble avis) que votre texte mérite une bonne correction des coquilles, notamment celle des participes passés, des dialogues, de l’intrigue qui part un peu dans tous les sens et de mieux poser vos personnages avec lesquels je me suis un tantinet embrouillée les pinceaux ! Voilà pour mon opinion qui est bien loin d’être la vérité absolue ! Bonne continuation à vous dans la belle aventure qui demande de remettre cent fois l’ouvrage sur le métier. Cordialement. Fanny

  17. 🐀 Souris verte dit :

    🐀 Bonjour Billy
    Comme dit Pascal, quand on s’expose.. on risque.

    Je me suis donc juste permise de rectifier quelques ‘ fôtes ‘ au début.
    Votre écriture est alerte nous restons dans le langage parlé qui supprime toutes les négations.

    Comme il y a beaucoup de personnages, on a parfois des doutes à savoir qui est qui.

    Votre éditeur vous dira mieux que moi qui n’oserais me prévaloir de commentaires professionnels.

    Le crayon et le papier rien de mieux comme remontants !!!
    Je vous souhaite bonne chance et j’espère que vous ne me tiendrez pas rigueur de ces qq appréciations.🐀

    1 – Paul – Par nécessité

    – Par nécessité, Paul, écrit par nécessité. C’est toujours plus fort comme ça.
    – Oui, ça va, je sais, je suis au courant. En même temps par nécessité c’est quand je suis malheureux et c’est pas gai.
    – Oui, mais ça marche. Tu le sais. Quand tu écris par nécessité, ça marche. Ça te fait penser à autre chose.
    – A autre chose, oui, mais pas au bonheur.
    – Tu nous gonfles Paul avec ton bonheur.
    – Tu devrais pas dire ça Paul.
    – Oui, je sais tu n’aimes pas ça qu’on te dise que tu gonfles.
    – Exactement, j’aime pas ça j’ai bien le droit de dire que j’aime pas ça.
    – OK, excuse, je retire.
    Laurent s’assoit et renouvelle ses excuses
    – Excuse-moi à nouveau. Désolé. De toute façon je ne suis pas Lucile.
    C’est vrai qu’il n’est pas Lucile. Il me fatigue avec ses conseils à deux balles.
    Lucile, la psy de Paul.
    La psy qui lui a évité plusieurs fois le suicide. La psy qui l’a accueillie pendant près de vingt cinq ans, avec des interruptions quand même, pour lui redonner une bonne image de lui-même.
    Quelle honte, quand même, pensa Paul,( qui est qui ? N’est ce pas Paul qui est chez le psy… On s’y perd) être obligé de s’appuyer sur quelqu’un pendant autant d’années pour apprécier la vie. Après tout, il y a bien des gens qui prennent des médocs contre le diabète toute leur vie. Pour moi, c’est pareil sauf que c’est pas le sucre, c’est la tête. C’est tout.
    Lucile était bien plus âgée que Paul et lui avait signifié qu’il serait toujours le bienvenu mais que là, elle devait s’arrêter vu son âge.
    Le dernier rendez-vous avait été chaud.
    Paul avait raconté tout le bonheur d’être avec ses enfants, et aussi sa nouvelle compagne et au dernier moment, il s’était plaint qu’elle n’était pas très disponible, qu’elle lui proposait de se voir seulement dans deux mois.
    Après quinze jours passés avec elle, Paul s’est effondré à cette annonce. Comment est-ce possible de tomber si bas tout simplement parce que quelqu’un vous dit que vous n’êtes pas sa priorité. Arrêter la vie pour un événement aussi banal. Il y avait vraiment un trouble, une case qui manque chez Paul.
    (c’est du passé ? Il commença me paraît plus dans le vif du sujet)
    Il avait commencé à se renseigner pour aller voir en Suisse, la fin de vie choisie et sans souffrance. Car il semblait maintenant que ce service n’était plus réservé aux patients atteints de maladies incurables. Une femme de soixante-douze ans en faisait la promotion.
    Un peu morbide comme démarche mais bon remède contre la souffrance. Paul avait décidé de vivre encore deux ans et aller voir les Helvètes pour qu’ils lui administrent, (pas de virgule) la solution finale. Un beau projet pensa Paul. Y penser avait au moins eu l’avantage d’arrêter de souffrir.
    – Joli projet pour vos enfants, avait juste dit Lucile.
    – Oui, bon, faut peut-être y réfléchir.
    – Vous voyez, vous arrivez à profiter de la vie, vous avez des relations extraordinaires et au dernier moment vous me parler(z) de quelque chose pas très réaliste. Vous avez peur que je ne m’intéresse pas à vous, que je vous accueille plus si vous n’avez plus de problèmes.
    – … Oui.
    – Vous avez peur que je vous laisse tomber, que je vous abandonne.
    Les larmes lui mouillèrent les yeux. Il s’essuya de la main.
    – Oui… c’est ça.
    – Mais vous savez vous serez toujours le bienvenu. Vous n’êtes pas obligés ( obligé )d’avoir de la souffrance pour venir me voir.

    Je me suis arrêtée là…..🐀

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