374e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat

Chaque fois que son entreprise rencontrait des difficultés elle changeait de nom. Comme il était au bord du burn-out,  il décida, pareillement, de changer de nom. Il se nommait…

 Inventez la suite en employant le pronom personnel  : ELLE ou IL 

Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Un petit combat pour maintenir en vie l’enthousiasme d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

19 réponses

  1. Michel-Denis ROBERT dit :

    Chaque fois que son entreprise rencontrait des difficultés, elle changeait de nom, c’était systématique. Il suivait les conseils de son coach. Il y a dix ans, comme il était au bord du burnout, il décida de changer de nom.

    Paulain Ploix était du genre à batailler. Depuis que l’agence nationale avait changé de nom, il ne savait pourquoi, des demandeurs se bousculaient au téléphone pour des postes n’ayant aucun rapport avec son job.Une fois sur deux, il en était agacé. « Si mon entreprise de plombier zingueur prend un jour de l’ampleur, je ne serais pas en peine de main d’oeuvre, se disait-il. L’opportunité d’un vrai professionnel se présentera sûrement. »

    Fort de cette certitude, il avait misé son énergie sur une expansion modérée de sa petite entreprise. Les rendez-vous de chantier et leurs suivis, la rédaction des devis, les relances de clients peu enclins à régler la note, la comptabilité, la commande des matériaux, la TVA, etc… tous ces paramètres, Paulain savait les doser. Malgré la fatigue, il fallait gérer. Mais comme rien n’arrive par hasard, le professionnel persuasif fanfaronna comme attiré par la soudure et calmement, exposa ses arguments.

    Paulain, surpris, répondit :
    – Vous avez fait une erreur de numéro.
    – Non, je vous assure, j’ai fait le bon numéro. Il s’affiche et il diffère d’un chiffre de celui de Pôle-Emplois, j’ai vérifié. Je suis coach en entreprises. J’ai consulté la viabilité de votre entreprise sur internet, vous avez besoin d’un coach, dit la voix.
    – Je suis désolé, mais je n’ai besoin de personne, répondit Paulain ennuyé de donner cinq minutes à un importun.
    – Je vous sens débordé, je l’entends à votre voix, vous avez besoin de temps libre, répondit l’homme au nez sensible.
    – Non, je vous assure. Vous êtes un créateur de besoins, je me suffis à moi-même.
    – D’après votre chiffre d’affaires, vous avez la possibilité d’embaucher.
    – Je suis débordé et je n’arrive pas à trouver de vrais professionnels pour me seconder, consentit enfin Paulain.
    – Vous voyez ! dit le coach. Je vous propose de mieux gérer votre temps et d’en consacrer pour vos loisirs.

    Le propre du coach étant de convaincre, Paulain céda. Rendez-vous fut pris pour un premier entretien.

    – Tout d’abord ! dit le coach, il faut changer le nom de votre entreprise. Votre nom actuel ne parle pas, ça ne cadre pas. N’avez-vous pas quelque chose de plus sympa à proposer ? fit-il, d’un air malicieux, en le fixant droit dans les yeux et en vrillant la main comme un hypnotiseur.
    – Ben ! dit Paulain, j’ai changé de nom quand j’ai repris la clientèle de mon beau père.
    – Et…
    – Les clients ont dû être déboussolés et j’ai eu du mal à remonter l’affaire.
    – Et c’était quoi ce nom ? dit l’incisif.
    – Robinet !
    – Eh Ben ! Voilà ! Robinet plombier zingueur, c’est plus cool !
    – Mais ça risque de faire couler ma boîte, si je reviens en arrière, non ? rétorqua Paulain dubitatif.
    – Pas du tout, le mot est en harmonie avec votre activité.
    Paulain eut un déclic. Illico, il songea à se recycler pour être en harmonie avec le nom qu’il portait.

    Six mois plus tard, il posait sa plaque.
    « PAULAIN PLOIX », coach en entreprises, avec en-dessous, écrit :  » Si vous ne trouvez pas d’emploi, je vous accompagne pour créer votre job artisanal aidé par les nouvelles technologies. »

  2. Daisy dit :

    Chaque fois que son entreprise rencontrait des difficultés elle changeait de nom. Comme il était au bord du burn-out, il décida, pareillement, de changer de nom.

    Il se nommait Julien Leroux, chef de projet, créatif et motivé. Aujourd’hui, il n’avait plus envie d’aller au travail et de résoudre les problèmes de son équipe. Il devait se réinventer ou il allait disparaître, écrasé par la concurrence et les nouvelles générations.

    Il décida de gérer son sauvetage comme un projet. Après tout, il ne savait rien faire d’autre. Il alluma son ordinateur et créa un nouveau dossier qu’il appela « Renaissance ». La première étape serait le changement de nom. Exit Julien Leroux. Il serait Patrick Meunier. Le prénom de son grand-père paternel et le nom de sa grand-mère maternelle. Parce qu’il fallait garder des racines. Julien était épuisé, désespéré. Patrick serait dynamique, engagé.

    Comme toujours après les premiers brainstormings de début de projet, tout lui apparut plus compliqué que prévu. S’il changeait seulement de nom, il ne changeait rien. La première étape de Renaissance était en fait la construction d’une nouvelle identité. Il devait donc changer de valeurs, de fournisseurs et d’objectifs. Le premier milestone du projet serait la création d’une page Facebook pour Patrick Meunier reflétant ses nouveaux centres d’intérêts, ses nouveaux amis.

    Julien-Patrick sourit et cliqua sur « Supprimer mon compte ».

  3. Fred dit :

    Chaque fois que son entreprise rencontrait des difficultés elle changeait de nom. Comme il était au bord du burn-out,  il décida, pareillement, de changer de nom. Il se nommait…

    Les pierres.

    Son voyage touchait à sa fin. Il le savait. Il le sentait.
    Une dernière colline et il s’arrêterait de marcher.

    Le souffle coupé, il regarda l’immense plateau de calcaire où dansaient une maigre garrigue, sous un soleil de plomb.
    Il se remit en marche et ramassa des pierres plates. De quoi se construire un mazet.

    L’homme était heureux, tout simplement.
    Le temps passait sans que rien n’en troubla la tranquillité.

    Je suis Homme et la terre est pierre, répétait-il à chaque lever et à chaque coucher du soleil.
    Serait-ce l’éternité ?

    Une nuit, la terre trembla brutalement.
    Le matin, il découvrit un immense rocher dressé près de son mazet.
    L’homme éclata de rire lorsqu’un souvenir lui traversa l’esprit. Il se vit rondouillard, accompagné d’un adorable petit chien blanc et d’un acolyte nerveux comme un diable.
    – Une vocation vient de naître ! s’écria l’Homme.

    Il choisit un silex et se mit à tailler le rocher. Le plateau résonnait de coups réguliers. Du lever au coucher du soleil. Son œuvre terminée, il grava: Obélix.

    L’Homme et son destin premier fut oublié. Obélix devint maître des lieux.
    Par ennui ou par habitude, il reprit son silex tailla. Du lever au coucher du soleil.

    Pour une deuxième fois, le phénomène se reproduit. La terre trembla et au matin, il fut stupéfait de découvrir son dolmen métamorphosé. Il avait perdu en hauteur pour gagner en rondeur.
    – Une nouvelle vocation vient de naître ! s’écria Obélix.

    Il quitta son plateau et ramena des draps et des graines.
    Quelques saisons plus tard, il grava sur la pierre ronde : « Maître Cornille »

    Le temps s’écoulait paisiblement, les ailes du moulin battaient langoureusement le ciel bleu de Provence. Et la douceur de la farine s’ajouta au parfum de la lavande.

    Par ennui ou par habitude, Maître Cornille plongea dans ses souvenirs et s’assoupit.

    En plein jour, cette fois, la terre trembla.
    Le moulin s’écroula.

    Maître Cornille ne désespéra pas.
    Il reprit son silex et tailla tranquillement la plus belle pierre.
    Il fut étonné lorsque ses mains s’écartèrent, offrant un écrin à un œuf doré.
    – Comme c’est étrange, pourquoi pas un mouton ? Je m’étais vu berger dans un rêve….

    Maître Cornille, plissa les yeux et signa: « Fa-berger ».

    Il était heureux.
    Par ennui ou par habitude, il se mit à tailler des œufs en pierre. Il les décora de ciselures, de bas-reliefs, il les creusa, les dentella. Montmirail n’était pas loin ! Il pourrait aller les vendre au marché de Vaison-la-Romaine ou de Carpentras.

    Ce matin de printemps, il s’empara d’une dernière pierre.
    – Le dernier, le dernier œuf et puis, je m’en irai, murmura Fa-berger.

    Il s’assit et tailla, comme il savait si bien le faire.
    La pierre ne chanta plus de la même manière.
    Le coup dérapa.
    Sa main saigna et la pierre rougit.
    Il gronda. Un présage funeste ?

    Il versa un peu d’eau et une lumière irisée fusa.
    Fa-berger scruta la pierre et demeura bouche bée.
    – Un miracle ! Ce ne peut être qu’un miracle, murmura Fa-berger.

    Il tailla doucement, retira l’éclat de la gangue.
    Il le prit entre deux doigts, leva son bras et laissa passer la lumière dorée.
    – Un silex ne servirait à rien, songeait l’Homme à qui s’ouvrait une nouvelle vie.

    Les paroles de Gandhi lui revinrent en mémoire :
    « La vérité est dure comme le diamant et fragile comme la pierre de pêcher ».

    L’Homme glissa le gemme dans sa poche.
    Le temps était venu de creuser la terre.
    De lui demander d’offrir le meilleur.
    Le plateau se couvrirait bientôt d’oliviers et d’amandiers…

  4. Levasseri dit :

    Coïncidence amusante avec cet exercice : un billet d’Alain Rėmond dans Lacroix du 25 janvier 2018

    LES DIEUX SONT TOMBÉS SUR L’ATOME

    « Voyez l’histoire d’Areva, née en 2001 du mariage de Framatome et de la Cogema. Après une quasi-faill!te en 2015, suite à plein de magouilles et de trucs pas nets, Areva doit se séparer de sa branche réacteurs (et de 6 000 salariés), qui redevient Framatome. Quant à ce qu’il reste d’Areva, pas question de continuer à s’appeler Areva, après tout ce micmac. Areva vient donc de changer de nom. Et s’appelle, désormais, Orano. Pourquoi Orano? Attention, accrochez-vous. Orano est censé évoquer Ouranos, qui, dans la mythologie grecque, est le dieu du Ciel. Qui dit Ouranos dit Uranus. Qui dit Uranus dit uranium. Qui dit uranium dit nucléaire. Et voilà le travail.
    Lequel travail a tout de même coûté autour de 5 millions d’euros. Juste pour changer de nom. Maintenant, sans vouloir Jouer les mauvais augures, Je signale que, toujours dans la mythologie grecque, Ouranos (le Ciel, donc), qui est le fils de Gala (la Terre), s’est plus ou moins marié avec Gaïa (sa mère, donc), union de laquelle sont nés plein de petits enfants. Enfin, petits, pas exactement. En réalité, ils sont tous plus monstrueux les uns que les autres. Des Titans, des Titanides, des Cyclopes et des Hécatonchires, qui ont chacun cent bras et cinquante têtes. Ces créatures font tellement peur à Ouranos qu’il les enferme dans le Tartare. Le Tartare, je vous le rappelle, c’est l’enfer. Je souhaite à Orano de ne pas finir dans le Tartare. »

    • Michel-Denis ROBERT dit :

      C’est chaud ! Ce genre d’infos est diffusé la nuit, le jour, rien ne transparaît. Je l’ai entendu la nuit mais je n’ai pas fait la relation d’Orano avec le « Tartare ». Le responsable d’Orano, interrogé par le journaliste, ne s’est pas prononcé quant à l’abandon du nucléaire. Un partenariat est prévu avec d’autres puissances nucléaires. Espérons que c’est pour l’arrêt !

  5. Clémence dit :

    Chaque fois que son entreprise rencontrait des difficultés elle changeait de nom. Comme il était au bord du burn-out,  il décida, pareillement, de changer de nom. Il se nommait…

    Il essayait de remonter le temps et d’imaginer comment c’était avant….
    Avant, lorsque le besoin s’en fit sentir.
    Qui en avait eu l’initiative ? Quels en étaient les enjeux.
    Comment avait pu naître cette entreprise ? Quelles en furent les entraves.
    Comment avait-elle évolué ? Quelles en furent les étapes.
    Qui en était le grand architecte ?

    Aujourd’hui, dans son cocon douillet, l’histoire se répétait encore une fois. Comme un film en accéléré.
    Un premier nom, une première entreprise.
    Une difficulté.
    Un deuxième nom, une deuxième entreprise.
    Une difficulté…
    Un troisième nom…

    Un sommeil fragile absorba la succession monotone, puis une douce mélodie le réveilla.
    Il savait que ce serait bientôt son tour. Un nom…Il avait déjà été choisi. Pas de souci, il lui convenait parfaitement. Quant à son entreprise, il savait que ce ne serait pas sans peine.
    Un passage difficile. Très difficile.
    Les affres de la création auxquels succéderait la présentation au monde d’une petite merveille.

    Tout passa d’abord par le regard, dans un silence absolu. C’était vraiment très étrange.
    Et puis, ce fut comme un feu d’artifice ! Chaque jour apportait son bouquet d’exclamations.

    Après les premières lallations, les premiers balbutiements, les premières hésitations, les fondations se consolidèrent. La structure se renforça et la mécanique fut rodée. L’entreprise, son entreprise était lancée. Elle avait pris sa place, comme lui, dans le monde. « Cool » se plaisait-il à répéter, en pesant à elle, sans jamais la nommer.

    Mais un jour, alors qu’il déjeunait avec des amis, il s’aperçut qu’au milieu d’un mot, d’une phrase, l’attention disparaissait, happée par un bip sournois. Le burn-out l’atteignit en plein cœur.

    Il avait suffit d’une petite entreprise parallèle. Qui tenait au creux de la main. Qui, du bout d’un doigt, d’un clic, vous offrait des millions d’amis dans le monde, des like sous une image policée, des news ou des fake-news…

    Il était abasourdi et désemparé. Au fil du temps, l’humanité avait créé son entreprise et façonné un outil précieux. Elle l’avait appelé « Langage communication ». Aujourd’hui, l’outil s’était fracassé. Une moitié s’était égarée, l’autre ne servait plus qu’à l’expression, à la mise en scène de soi… La belle histoire à laquelle il croyait penchait dangereusement vers son déclin. Il ne pouvait croire en cette triste fin. Il ressortit son vieux carnet de note et écrivit : Tout n’est pas encore perdu… 

    © Clémence.

  6. Françoise Maddens dit :

    Chaque fois que son entreprise rencontrait des difficultés elle changeait de nom. Comme il était au bord du burn-out,  il décida, pareillement, de changer de nom. Mais lequel choisir ? Né sous X, il avait été habitué, au gré des familles d’accueil payés pour le nourrir, le loger et éventuellement l’aimer, de changer de prénom; parfois on l’appelait Adolphe comme Hitler lui disait-on. Dans son for intérieur, il aimait assez car il se sentait puissant. Une autre fois c’était Poil de carotte, il n’avait jamais compris pourquoi car il avait des cheveux de couleur brune et il aimait d’autant moins qu’il avait eu de grandes difficultés à lire Jules Renard ou apprendre par coeur les fables de la Fontaine. Ça y est, il s’appellerait Jean Fontaine. Sur google il avait appris qu’il y avait 22 papes qui avaient porté ce prénom et que çà a été longtemps le prénom le plus porté.
    Ce n’est pas pour çà qu’il serait obligé d’aller à chaque messe dominicale.
    Il alla donc à la mairie demander une nouvelle carte d’identité. Bien sûr on lui demanda des papiers justificatifs. Devant son incapacité à en produire on lui rappela qu’usurper une fausse identité était passible de prison. Il s’entêta, il n’avait plus rien à perdre, alors il fut condamné à trois mois de prison. Il en fut ravi : pendant trois mois il n’aurait plus à changer le nom de ses entreprises
     

  7. Chaque fois que son entreprise rencontrait des difficultés elle changeait de nom. Comme il était au bord du burn-out,  il décida, pareillement, de changer de nom. Il se nommait…  savait il encore comment il s’appelait avant ?
    Il hésita longuement. Il pouvait se fondre dans le nom temporaire de son entreprise. Comme cela il pourrait vivre, croître et disparaître avec elle. Une forme d’amour fusionnel et en boucle perpétuelle comme dans le mythe d’Hiram. Non, trop intello !
    Pourquoi pas au contraire choisir un patronyme porteur de vivacité, de développement, de prospérité. Il avait lu dans un ouvrage que le nom de famille associé au prénom pouvait, selon la numérologie, être porteur de sens, porteur d’une ligne de vie. Partant de là il pouvait en agençant habilement les lettres de sa nouvelle identité disposer d’une combinaison gagnante. Non, trop compliqué à calculer !
    Tout cela n’ arrangeait pas son moral déjà bien entamé par les difficultés récurrentes dont il finissait toujours par se sortir, pour rebondir sur une autre affaire. « Rebondir ! Pourquoi pas m’appeler ballon ? Se dit il, » Non, trop gamin, cela ne pouvait convenir.
    D’ailleurs rebondir, sauf cette fois ci ! Pas de «ballon » et cela n’allait pas mieux pour notre homme. Non, non, quel nom, quel nom ?
    Ayant tout de même une certaine idée de lui, malgré les circonstances, il ne souhaitait pas s’affubler de quelconque pseudonyme, diminutif ou sobriquet qui ne lui parut pas suffisamment digne,
    Non de non, quel nom, quel nom ? Et c’est là que lui vint la lumière .Telle une nuée incandescente, similaire à un feu d’artifice illuminant la noirceur du moment pour en faire le palais des milles et une nuits.
    Désormais il s’appellerait Non. Monsieur NON ! Avec des majuscules s’il vous plaît.
    Comme cela il pourrait toujours contrarier, réfuter sans manquer d’élégance. Bonheur sublime, bonheur subtile, il pourrait s’opposer à ses créanciers quelque soit l’issue de leurs négociations et apposer un NON, au bas de toutes leurs exigences.

  8. FOURET dit :

    Chaque fois que son entreprise rencontrait des difficultés elle changeait de nom. Comme il était au bord du burn-out, il décida, pareillement, de changer de nom.
    Il se nommait Paul, mais tout le monde disait toujours Monsieur Paul avec un cérémonial tranquille. il souria Paul en y pensant mais celà ne dura pas…
    Il ne souriait plus beaucoup Monsieur Paul depuis quelques temps. Les affaires ne marchaient plus très bien et l’entreprise ou il travaillait traversait des tempêtes perpétuelles… Il se sentait fatigué d’ailleurs… Jour après Jour, il se sentait de plus en plus absent, absent et oppressé par tous ces soucis…
    Il harpentait les couloirs ignorant les personnes qui le saluaient de la main… Il se sentait perdu comme dans un rêve… se demandant soudain, pourquoi il était là, dans ces bureaux…
    « Bonjour Monsieur Paul vous allez bien aujourd’hui ? » La personne s’arréta souriant en face de lui, la main tendue… il devait y avoir une erreur… Aussi, Mr Paul ne tendit pas la main en retour mais lança à son interlocuteur « Vous vous trompez moi c’est Emile… Emile dulundi ».
    « Vous allez bien Monsieur Paul ? qui est ce Emile ? » Cette fois, c’en était trop ! Mr Paul fustigea du regard la personne en face de lui et s’arréta net… il eut un air interloqué en constatant que d’autres personnes présentes semblaient tout aussi étonnées mais se reprit aussitot « Je m’appelle Emile… Emile dulundi ». Autour de lui, les visages se figèrent, les regards se firent interlocuteurs, inquiets : « Mais… vous vous appelez Paul voyons… Monsieur Paul, tout va bien ?  » Il les regarda… – Mais… que se passait-il ? une blague ? pourquoi ces tracasseries ?- Il jura de nouveau qu’il ne connaissait aucun Paul, qu’il s’appelait Emile Dulundi…
    On essaya de le rassurer, on lui assura que l’incident du Vendredi dernier était terminé… – quel incident ?- « Voyons Monsieur Paul, vous vous souvenez ? quand ils ont annoncé la fermeture, le changement de nom… vous vous êtes énervé… vous avez crié et un peu bousculé le bureau… »
    Il sembla se rappeler de quelque chose… mais ses yeux restaient hagards… il cherchait… mais quoi ? « donc vous dites que… mais… je ne comprends pas.. qui est ce Monsieur Paul ?? » On lui expliqua « c’est vous Monsieur Paul vous savez bien…  »
    Il esquissa un sourire « ha oui… je suis fatigué vous savez… tous ces changements… quel jour sommes nous déjà ??
    « Lundi, Monsieur Paul… nous sommes Lundi »

  9. Cetonie dit :

    Chaque fois que son entreprise rencontrait des difficultés elle changeait de nom. Comme il était au bord du burn-out, il décida, pareillement, de changer aussi de nom (en effet, lorsqu’il changeait simplement le nom de l’entreprise, il suffisait de quelques minutes, au plus, pour en identifier le responsable, et ne plus lui faire confiance).
    Il se nommait Capdeville , cela lui fut facile de changer en Villedecap, et cela lui permit quelque temps d’échapper à ses créanciers, et de relancer une nouvelle entreprise que personne ne pourrait identifier comme la sienne.
    Sa famille, déconcertée, ne chercha pas à comprendre, et prit cela pour une simple lubie, se contentant dorénavant d’utiliser son prénom, sans même avoir l’idée d’en parler.
    Pendant quelque temps, le stratagème fonctionna, et, doué de peu d’imagination, chaque fois que son entreprise connaissait une difficulté, il préférait la fermer et en ouvrir une autre sous un nouveau nom, qu’il trouvait simplement en changeant l’ordre des lettres, persuadé qu’il ne courait plus aucun risque d’être identifié. Pendant ce temps, ses entreprises successives prenaient toutes le même chemin : le déclin.
    Les affaires se compliquèrent lorsqu’il rencontra un de ses anciens camarades d’enfance, qui le gratifia d’un tonitruant « Salut, Capdeville! Alors, qu’est-ce que tu deviens ? », Et ce, en présence de l’un de ses collaborateurs qui le connaissant sous le nom de Depacille, ne dit rien mais n’en pensa pas moins (il avait déjà quelque soupçons quant à la rigueur de son employeur) et se promit de mener son enquête. Capdeville/Depacille avait déjà oublié l’épisode, puisqu’il avait rembarré le gêneur en affirmant qu’il y avait erreur sur la personne.
    C’est ainsi que, petit à petit, une toile d’interrogations se tissa autour de lui, à tel point que l’atmosphère devint pesante et, comble de malheur, vint à contaminer sa famille qui le trouvait de plus en plus bizarre.
    Ce n’était plus un simple burn-out qui l’envahit, mais une véritable dépression, qui le conduisit au suicide. Indifférent aux imbroglios qu’il laissait derrière lui, il arriva aux portes du paradis, où on lui demanda son nom. Affolé, il dut convenir qu’il ne le connaissait plus, il ne put donc y entrer, et c’est depuis qu’on le voit errer derrière les nuages noirs annonceurs d’orage, sans espoir de rémission.

  10. Billy dit :

    Chaque fois que son entreprise rencontrait des difficultés elle changeait de nom. Comme il était au bord du burn-out, il décida, pareillement, de changer de nom. Il se nommait Emmanuel Macron, il décida de s’appeler Charles de Gaulle.

    Désolé j ‘ai fait court et peu pensé mais c’est mieux que rien.

  11. Jean-Pierre LACOMBE dit :

    Chaque fois que son entreprise rencontrait des difficultés, elle changeait de nom. Comme il était au bord du burn-out, il décida, pareillement, de changer de nom.

    Mon nom est Personne et mon entreprise de service à la personne bat de l’aile. Elle n’intéresse personne sauf moi, j’ai donc tenté de la nommer « A mon service » puis « A votre service comme Personne ». Mais cela faisait trop personnel, et les critiques ont fusé : « Il ne pense qu’à lui, il peut pas faire comme Monsieur tout le monde etc… »

    Je me suis donc appelé monsieur Dupont comme tout le monde et mon entreprise, elle, fut fièrement nommée « Dupont : d’une personne à l’autre !» Là aussi, échec : « pour qui se prend-il ?, ne peut-il se contenter d’une passerelle ? »

    J’ai alors opté pour Dubois mais entreprise Dubois ça prêtait à confusion, et « Service à la personne Dubois » offrait peu de perspective de développement en milieu citadin.
    De plus « Dubois fait un burn-out », personne n’y croyait, tout le monde rigolait.

    Il me restait Martin, cela faisait sérieux, « Services Martin à la personne » rien à redire à l’affaire, la maison mère devenait presque prospère, elle faisait des petits. Je pouvais même m’offrir un burn-out serein. Et bien non, bientôt j’eus droit à des « réveille Martin, du Martin au soir, il n’est pas du Martin… »

    Il se nomme maintenant Błaszczykowski ou Llywodraeth Cymru et encore Azathoth Cthulhu, ce qui épuisent et dépriment ceux qui doivent l’appeler. Il ne cesse de changer de visages sous des masques différents, il porte tous les noms, prend toutes les formes, il est lui, il est elle, elle et lui sont insaisissables, son nom était et reste Personne.

  12. durand dit :

    Chaque fois que son entreprise rencontrait des difficultés, elle changeait de nom. Comme il était au bord du ras le bol, il décida pareillement de changer de nom.

    Pourtant, pendant deux générations la fabrique avait correctement tourné. Les gens utilisaient encore de la vaisselle. Et grand père Bol avait bien préparé son fils et son petit-fils à prolonger la tradition. La maison Bol proposait tout un catalogue de saucières, de soupières, de saladiers décorés au meilleur goût de chaque époque. Ca tournait bien. Les lourds buffets s’encombraient de vaisselle de fête, celle sortie une fois l’an et maladroitement partagée après chaque décès.

    Mais avec le temps du plastique et du travail industriel, elle dut, peu à peu se limiter à une vaisselle de base: Assiettes et bols.

    Mais là encore, avec la recrudescence des scènes de ménage et des divorces…les soucoupes devenaient volantes, les assiettes en lévitation passagère et les bols en court trajet aérien.

    Cela faisait beaucoup moins à partager pour les ruptures. Selon le tempérament, on se gardait une fourchette, un couteau….parfois juste une petite cuillère pour se souvenir des entremets partagés.

    N’empêche que cela fonctionnait de moins en moins bien. Le fils Bol faisait un cauchemar obsédant. Chaque nuit, on lui cassait un vase de Soissons sur la tête. Et le matin, il avait du mal à recoller les débris.

    Histoire de se motiver, il s’avalait un grand bol de soupe au petit déjeuner. Il voulait encore croire que le café au lait où tremper ses tartines et la soupe à l’oignon où flottaient les croûtons sauveraient l’établissement.

    Les assiettes en carton ne l’inspirant pas, il se spécialisa dans le bol. Il organisa des stages encadrés par de grands chefs. Il tenta de remettre la soupe aux goûts du jour. Potage au coca cola, soupe à la vodka, bouillon de plats de côtes au concentré de gingembre.

    Rien n’y fit. Tout était consommé pour le fils Bol.

    Au dernières nouvelles, dans la crainte de la remontée des bouffées nucléaires, il aurait proposé de partager son surstock de jattes entre l’armée américaine et celle de Corée du Nord.

    Des volée de bols,si ca pouvait calmer les « chiens de guerre »…. pourquoi pas ?

  13. iris79 dit :

    Michel Robin , il serait Pierre Durand.

    Il s’occupa très vite de la liquidation judiciaire, des procédures pénales qui d’ordinaire prenaient un temps fous et profita de l’aubaine d’une instruction rapide pour régler toutes ses affaires. Se trouver un nouveau nom fut la première étape. Une fois toutes les autres franchies, il salua ses voisins en mettant quelques bagages dans le coffre, leur indiquant qu’après avoir traversé de longs mois difficiles, il avait besoin de prendre des distances et de se reposer. Explication que tout le monde reçut sans une once de soupçon quant à ses intentions.
    Il fila vers l’aéroport et regarda le panneau des départs. Après avoir toute sa vie essayer de faire fructifier des affaires sans jamais y parvenir, après avoir fui si longtemps en recommençant ailleurs sous une autre identité, il décida qu’il fuirait encore une fois et que ce serait la dernière.

    Grâce à un réseau d’anciens amis peu recommandables avec qui il avait traîné dans sa jeunesse, s’en éloignant à temps avant que ces compagnons ne connaissent des fortunes diverses, il avait obtenu de faux papiers et cette nouvelle identité.

    Plus rien ne le rattachait ici. Il n’avait plus de parents, les quelques femmes avec qui il avait échoué à construire une famille ne l’appelaient plus depuis longtemps.

    Il prit un air aussi détaché que possible quand il passa la douane bien qu’en cet instant des perles de sueur ruisselaient le long de sa colonne qu’il lui fallait garder droite. Il mesura alors à quel point rester debout avait été difficile toutes ces années et il sentit une chape de fatigue immense lui tomber sur les épaules. Mais ce n’était pas le moment de s’écrouler, pas si près du but. Il prit une profonde inspiration, regarda nonchalamment les douaniers avec un sourire poli et avança d’un pas aussi assuré que possible, ni trop vite ni pas assez pour ne pas attirer l’attention.

    Il récupéra son bien et se dirigea dans la salle embarquement où il fixa les aiguilles de la pendule de la salle d’attente. Attendre, il n’en pouvait plus. Toute sa vie, il avait attendu une vie meilleure, s’était décarcassé à faire fructifier des affaires qui invariablement ne faisaient que se déliter. C’était terminé. Presque.
    Il ne voulait dorénavant ne vivre que pour lui, ne plus rien porter. Il rêvait d’une vie simple et tranquille, sans aucune responsabilité. Il fixait les moindres gestes de l’hôtesse qui se trouvait près de la porte, suivait son regard, qui lui-même suivait les minutes sur sa montre qu’il distinguait parfaitement puisqu’il s’était assis au plus près d’elle. Quand elle s’avança vers son pupitre, il se leva brusquement pour être le premier dans la file. Il se retint un instant, laissa un couple de personnes âgées prendre place devant lui puis fixa l’avion sur le tarmac. Son rêve était enfin à portée de main. Les voyageurs sortirent en suivant le passage aménagé derrière des plots et un ruban noir. Son impatience était palpable, son rythme cardiaque s’accélérait. Il avait l’impression que la personne devant lui et celle de derrière pouvaient entendre son cœur tambouriner dans sa poitrine mais il s’en fichait. Il gravit les escaliers à l’arrière de l’avion,salua le steward et chercha sa place comme tous les autres passagers. Il s’assit enfin près du hublot, pressa intérieurement chacun des voyageurs d’ en faire autant et quand il sentit l’avion se mettre en mouvement il fut submerger par une vague d’émotions et il ne put retenir quelques larmes qu’il contint pour éviter des sanglots..
    Quand les roues de l’avion quittèrent le sol, il éprouva un soulagement sans nom, tous ses muscles tétanisés, il ne s’en apercevait que maintenant, se relâchèrent et il regarda la masse de nuages au-dessus desquels ils s’élevèrent avant de s’endormir dans un profond sommeil qu’il n’avait plus connut depuis trop longtemps.

  14. Nadine de Bernardy dit :

    Chaque fois que son entreprise rencontrait des difficultés,elle changeait de nom.
    Comme il était au bord du burn out,il décida,pareillement,de changer de nom.

    Pierre Auguste Montjoie de la Potinière,dirigeait la maison de confection crée par son père.Vêtements pour hommes,classiques et de bonne qualité.

    – Vêtements MONTJOIE avec un J comme joie –

    Le prêt à porter vint peu à peu concurrencer le costume sur mesure et notre homme innova en faisant venir des Etats Unis ces jeans dont tous les jeunes raffolaient.

    – Portez un MONTJOIE le jean qui vous va –

    Les supermarchés se multiplièrent ainsi que les contrefaçons.Pour le prix d’un MONTJOIE l’on pouvait dorénavant s’offrir deux pantalons de la grande distribution.
    Pierre Auguste changeât son fusil d’épaule une nouvelle fois.Il en avait assez de cette mode versatile.
    Il vendit sa boutique,ouvrit une librairie rue de la Huchette:

    – Lisez MONTJOIE de Balzac à Maurois –

    Les FNAC et autres casseurs de prix lui firent mettre la clef sous le paillasson en quelques années.
    Notre entrepreneur alla s’installer en province car à chaque naufrage,il laissait des plumes.
    Un pas de porte abordable lui permit de s’épanouir parmi les fleurs et les plantes en pot:

    – MONTJOIE fleuriste offrez la vie en rose –

    Hélas un concurrent s’installa non loin,qui faisait dans les fleurs exotiques et les espèces rares.
    Ce fut le coup de grâce.Cette fois ci ce n’était plus possible.
    Pierre Auguste vidé,déprimé,anéanti,s’enferma pendant trois mois dans l’arrière boutique vide.
    Chacun pensait que le parisien était reparti d’où il était venu.
    Mais un matin,les habitants de Sauveterre sur Yvette virent la boutique rouvrir,repeinte en gris sobre,le store bariolé ôté.Sur la vitrine éclatante de propreté était écrit en grandes lettres:

    Pierre BOURJOIS
    Entreprise de pompes funèbres
    Marbrerie Fleurs éternelles
    Entretien de sépulture
    Accompagnement dans votre deuil

    Et en tout petit en bas :
    Ancienne maison Montjoie de la Potinière.

  15. Maryse Durand dit :

    Chaque fois que son entreprise rencontrait des difficultés, elle changeait de nom. Comme il était au bord du burn out, il décida, parallèlement, de changer de nom. Il se nommait Damien, et son surnom, il le savait, était Tristemine. Damien Tristemine !
    S’il se retournait pour évaluer son passé, tout lui semblait lourd et sinistre. Comme si des forces maléfiques s’unissaient pour lui mettre des bâtons dans les roues. Toutes ses entreprises s’étaient soldées par un échec cuisant. Sa vie sentimentale semblait un champ de ruines… trop, c’était vraiment trop ! Et pourtant, il n’avait jamais ménagé sa peine !
    Un bilan s’imposait : qu’est-ce qui pouvait bien clocher, pour qu’aujourd’hui, il se sente au bord du gouffre ? Damné, il était damné ! Damné, Damien ! Damien : tout-à-coup son prénom s’inscrivit quelque part dans son cerveau en lettres clignotantes : Damien, proche de démon ! Etait-ce là la clef du mystère ? Il s’approcha d’un miroir, et s’efforça de sourire… depuis quand n’avait-il pas ri ?
    Inverser la tendance ! Démon, lui ? il se voyait comme un ange, un ange incompris. Alors, à partir d’aujourd’hui, il s’appelerait Ange ! Comme c’était léger à porter… un être céleste ! Il descendit dans la rue qui s’illumina devant lui. Il chantonna une chanson d’Elvis revisitée : « He walkes like an angel… » Les badauds lui souriaient. Il était heureux. Enfin. Heureux !

  16. grumpy dit :

    Il était un entrepreneur-né. Certes, très doué pour créer des entreprises, débordant d’idées, ambitionnant d’être un premier de cordée. Hélas, il se révéla moins doué pour la gestion, la réussite et la prospérité. La corde dont il tenait la tête se rompit souvent entraînant dans sa chute quelques employés malchanceux.

    Il créa sa première affaire dans l’immobilier et appela sa première boutique ABC (Au Bon Coin.) Il travaillota un petit peu, vendit un studio par-ci, un terrain par là, il abandonna au bout de quelques mois faute de rentrées régulières et cédant aux menaces d’un concurrent du même nom sévissant sur le Web.

    Il se tourna ensuite vers l’alimentaire. Il ouvrit une moyenne surface à l’enseigne « HUE & DIA ». Déjà la première année les ventes s’essoufflèrent. Il modifia le nom de son supermarché qui devint « UBER U », plus moderne que le HUE (à droite) et plus positif que le DIA (à gauche) qui, étant peu clairs, avaient dû lui porter tort en tournant la clientèle en bourrique.

    Essayant de sauver les meubles il monta quelques opérations de promotion. La dernière qui, selon lui, était l’idée géniale qui le sauverait de la banqueroute se révéla catastrophique. Attirée par son tractage de prospectus, une foule dense et surexcitée se présenta dès l’ouverture et se rua dans le magasin dès le lever du rideau de fer.

    L’aubaine du pot d’un kilo de Nutella pour 1,71€ provoqua une ruée furieuse et incontrôlable qui tourna à l’empoignade générale. Les moins costauds et donc les plus mal servis étant allés jusqu’à porter plainte contre lui pour mise en danger de la vie d’autrui, il déposa le bilan.

    Il s’essaya ensuite dans le lait en poudre en fondant RECTALIS. Là encore, ce fut son chiffre d’affaires qui fondit à grande vitesse dévoré par une invasion de salmonelles. Ce ne fut pas encore assez pour le décourager.

    Le BIO étant dans l’air du temps et fonctionnant à plein régime, il se tourna vers l’agriculture. Il créa NDDL où il produisit de la vigne et des pommes de terre. Le sort s’acharnant, le phylloxéra eut tôt fait de venir à bout de la vigne et les doryphores des patates.

    Alors, se résignant mais gardant toujours le moral (c’était un battant qui ne se laisserait pas détruire par un quelconque burnout) il eut la meilleure idée de sa vie en se tournant vers la politique. Ayant évolué dans des domaines si divers, il se retrouvait à la tête d’un carnet d’adresses conséquent, bien garni de relations qu’il sut utiliser beaucoup plus habilement que ses précédentes inscriptions au Registre du Commerce.

    Il se présenta aux élections, effectua nombre de tournées en province, et fut le premier stupéfait d’avoir été élu haut la main au score chiraquien de 82 %. Se creusant la tête pour essayer de comprendre ce qui lui avait valu ce succès aussi inespéré qu’inattendu, il ressassait ses discours et comprit enfin lorsqu’il réalisa qu’ils commençaient tous par : « Mesdames, Messieurs, je suis ému de …. etc » à quoi l’assistance applaudissait et criait « VIVE ZÉMU ! »

    Il dût son bonheur à de grasses indemnités et autres avantages perçus durant trois mandats qui lui permirent de se la couler douce. Ce nouveau patronyme lui plut énormément.

  17. laurence noyer dit :

    Chaque fois que son entreprise rencontrait des difficultés elle changeait de nom. Comme il était au bord du burn-out, il décida, pareillement, de changer de nom. Il se nommait…

    D’après sa fiche individuelle
    d’état civil
    ILOUELLE
    a un profil
    pluriel

    Comme Claude ou Camille
    au patronyme mobile
    à mixité sexuelle

    Parfois on l’appelle
    mademoiselle
    malgré son style
    viril

    Ilouelle
    Androgyne à bretelle
    ou à rimmel

    Même nombril
    Même ciel
    Laquelle est untel ?
    Unetelle est lequil?

    Fils faciles
    ou frères jumelles
    Rebelle ou fragile

    Toujours est-il
    toujours est-elle
    qu’Ilouelle
    s’épelle
    A.N.G.E

  18. Liliane dit :

    « Z999 est prié de se présenter instantanément dans la haute sphère. »

    Après une telle annonce métallique et froide, pas le temps de réfléchir.

    Il arriva comme l’éclair, ce qu’il n’est plus d’ailleurs depuis des décennies.

    « Agent Z999, le résultat de votre bilan de compétences est sans appel.
    Vous êtes arrivé au seuil de votre incompétence.
    Pour éviter le SELAT, inadmissible dans cette entreprise, un choix s’impose à vous :
    Ou vous serez déboulonné
    Ou vous serez téléporté sur la planète Terre.
    Votre réponse dans les 30 secondes est exigée.
    Au-delà, vous serez désintégrer. »

    Pas le temps de réfléchir.

    Un seul mot sortit péniblement du gosier du banni : Terre…

    L’instant d’après, il débarqua sur cette fameuse planète.

    Il avait maintenant le temps de réfléchir.
    Terminés les gestes algorithmiques, les pensées automatiques.

    Chaque fois que son entreprise rencontrait des difficultés, elle changeait de nom.
    Il décida, pareillement, de changer de nom.
    Il se nommait Z999.
    Il se nommerait JL707.
    Il se sentait déjà un autre et partit à la conquête de sa nouvelle vie !

    Il marcha le cœur au ventre.
    Des milliers de kilomètres.
    Des paysages étranges et sublimes.
    Il fallait qu’il ouvre grand ses yeux d’un bleu d’acier,
    Il fallait qu’il l’admette,
    Il était seul.

    Il marcha encore et encore, l’espoir au ventre.
    Mais fatigué, usé, il plongea dans le désespoir.
    Et dans l’eau glaciale d’un océan.
    Il y rencontra des procaryotes.
    Alors, à son dernier instant, il sourit.
    La vie.
    Là ! Sur la planète Terre !

    N.B. : SELAT : Syndrome d’Epuisement Lié au Travail.

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