403e proposition d’écriture créative Imaginée par Pascal Perrat

C’était un galet plus rond que plat,
trop bedonnant pour ricocher.  
Ses parents, pour se moquer, l’appelaient menhir.
Il passa sa vie à les maudire.
Même si un jour le destin lui tendit enfin la main. En effet…

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Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Un petit combat pour maintenir en vie l’enthousiasme d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

23 réponses

  1. françoise dit :

    C’était un galet plus rond que plat,
trop bedonnant pour ricocher.  
Ses parents pour se moquer l’appelaient menhir.
Il passa sa vie à les maudire.
Même si un jour le destin lui tendit enfin la main.
    Ce fut vraiment dans des circonstances inouïes
    Pensez donc une famille parisienne étaient en vacances à nice. Certains membres de celle-ci détestaient ces galets si durs aux pieds, mais le garçon junior s’était pris de passion pour eux et en peignait avec une certaine frénésie, à la façon de Picasso et d’ailleurs il les signait Picasso : Il avait passé des heures et des heures à imiter sa signature.
    Et un jour, en compagnie de ses parents , il alla visiter ce musée à Antibes. Dans sa poche le galet plutôt rond que plat peint de jolie façon. Mine de rien il le déposa ou plutôt le dissimula entre deux poteries. Puis il n’y pensa plus.
    Le lendemain, une fille de son âge avec qui il flirtait assidûment, lui demanda s’il voulait bien lui offrir son galet « Picasso ». En rougissant, il lui avoua qu’il l’avait déposé au musée d’Antibes entre deux poteries. Dépitée elle le plaqua là comme un vieux galet ; lui, déjà blasé ,haussant les épaules, retourna sur la promenade faire des ricochets dans l’eau…. 

  2. Mamireille dit :

    C’était un galet plus rond que plat, trop bedonnant pour ricocher.
    Ses parents pour se moquer l’appelaient menhir.
    Il passa sa vie à les maudire.
    Même si un jour le destin lui tendit enfin la main.
    En effet, bien des problèmes se résolvent avec le temps. Il suffit parfois d’attendre.
    Ses copains de classe avaient suivi des chemins tout tracés pour eux.
    Les galets plats, furent un moment très recherchés pour revêtir les douches et salles-de-bains. Ils finirent donc leur vie pourrait-on dire, en faisant tapisserie.
    Les plus légers, aventureux dans l’âme, se donnèrent avec élan pour dessiner des ronds dans l’eau… tâche éphémère s’il en est. RIA : Requiescat In Aqua.
    Les plus chanceux des gravillons se firent ratisser dans des allées de pavillons de banlieue. Les autres, voyous violents s’il en fût, se complurent sournoisement à faire déraper les voitures qui se riaient des avertissements « Danger ! Gravillons « .
    Les moins futés des plus fins (les grains de sables) attirés par les toupies qu’ils confondaient avec des manèges, furent intégrés dans des bétons armés ou non pour mieux les contraindre à ne pas plier sous la charge. Pour ceux qui réussirent malgré tout à plier, aucun pont ne s’ouvrit pour un nouvel avenir.
    Les plus quelconques, ceux qu’on appelait les granulats furent enrôlés dans les travaux publics pour finir enrobés dans le bitume des chaussées qui pneu à pneu s’asphyxiait avec gomme, CO2 et particules fines.
    Menhir l’enrobé, lui, ne se laissa enrôler par personne. Emporté par ses rondeurs, il roula tout seul et se planta, droit comme un i, sur une petite butte au coin du bois où il chut du camion qui les emportait ses coreligionnaires et lui vers la ville. Aujourd’hui, il entend les feuilles bruisser au vent, les oiseaux chanter dans les ramures, les biches bramer au loin… et de son promontoire, il aperçoit sa gravière natale et son plan d’eau. Il pense à ses copains de classe moqueurs, à ses parents… et il les remercie finalement, ses parents, de l’avoir fait si dodu.

  3. Michel-Denis ROBERT dit :

    C’était un galet plus rond que plat, trop bedonnant pour ricocher. Ses parents pour se moquer l’appelaient Menhir. Il passa sa vie à les maudire.
    Même si un jour le destin lui tendit enfin la main

    – Ne reste pas planté là, fais quelque chose, qu’ils lui disaient toujours.

    Un jour qu’il n’en pouvait plus de se faire lapider, il prit son silex et partit chez sa copine Jade. Ensemble ils écoutèrent leurs morceaux préférés des Rolling Stones. Pendant qu’elle jouait avec son scarabée, elle lui dit machinalement :

    Tu sais, s’ils te parlent de ricochets, c’est peut-être qu’ils n’ont pas trop envie de te voir. On dirait qu’ils ont un coeur de pierre, ma foi. Moi, au fond, ça m’arrange. Comme ça, je te vois un peu plus souvent. Vaut mieux un Menhir dans terre qu’un Menhir à l’eau.

    Puis elle l’emmena visiter une grotte au bord d’une plage qu’il ne connaissait pas. Elle lui dit regarde :

    – C’est joli par tout les temps, une plage de galets. Quand il y en a des ronds, des petits, des gros, des minces, des allongés, des énormes et des imperceptibles, l’harmonie est faite de la disparité des formes, surtout sous un ciel gris. Aujourd’hui le soleil perçant à travers les nuages qui sont poussés par le vent, avec les reflets de l’eau, on dirait que les galets flottent sur le sable. La pierre fascine parce que sa création remonte avant celle de l’homme. C’est une ancêtre qui est à l’origine de notre système vivant. Ce qu’on ne soupçonne pas mais qu’on sait tous les deux, c’est que les pierres communiquent entre elles en secret.

    Pendant qu’il était suspendu à la poésie de Jade, une stalactite lui gratta le caillou dégarni. Elle est un peu osée celle-là, se dit-il.
    Ils continuèrent de visiter la grotte. C’est alors qu’ils rencontrèrent Agate.

    – Venez dit-elle, je vais vous faire visiter mon dolmen.

    Pendant qu’Agate discutait avec Jade, de toutes ces pierres qui font envie, Menhir et Pierre devisèrent sur leur façon de faire carrière. Puis ils se quittèrent en se promettant de se revoir.

    – Enfin seuls ! dit Jade à son petit Menhir. Et maintenant où allons-nous ?
    – Nous allons au restaurant, nous allons nous régaler Jade.

  4. AB dit :

    Le jour finissait sa course et la douceur ce soir-là était particulière, caressante, elle glissait sur les galets de la plage qu’aucun bruit n’osait en distraire l’atmosphère.
    Cependant, quand je sentis un feu m’envelopper subitement et se refermer sur moi telle une ouate protectrice, je compris que quelque chose d’exceptionnel m’arrivait dont je devrais me souvenir toute ma vie.
    « Je suis un petit galet d’une variété particulière, gris, zébré de noir, je me trouve plutôt pas mal, cependant, mes parents m’ont appelé Menhir. Il est vrai que mon petit ventre est rond et que je peine à ricocher, c’est ainsi mais, m’appeler Menhir pour me rappeler sans cesse mon côté disgracieux, c’est pas sympa et puis un menhir, je trouve cela extraordinaire ».
    « Je leur en veux beaucoup, c’est pourquoi, un jour j’ai décidé de m’en aller. Partir. Loin d’eux pour toujours a été ma rébellion. J’ai émigré au bord de cette plage où j’ai enfin trouvé la paix à laquelle j’aspirais enfin. Ne plus entendre mon nom me rassure et me repose. Je suis bien ici, sur le bord de cette plage ».
    « Me rappeler mes origines ne me fait pas oublier que je suis blotti dans cette chose qui m’enveloppe. Je crois que c’est une main et quelle main ! Elle l’ouvre et m’observe. Une jeune femme si belle que son regard est en train de me noyer, ce bleu ! Tout ce bleu ! Miséricorde, je crois que je peux être broyé, je m’en fous, je suis en extase et il n’y a rien de plus délicieux ».
    – Tou est très jooli, toi, je te garde. Je crois que je vais tirer de toi une petite chose très magnifique.
    Smack.
    « Et voilà qu’elle m’embrasse, je suis aux anges. Ou peut-être au paradis ? »
    « Elle court et elle me tient serré dans sa main. Elle m’emmène où ? J’m’en fiche, du moment qu’elle me garde, je suis prêt à tous les sacrifices. Mais, tout de même, que peut-elle bien vouloir me faire ? Tout, c’est cela, elle pourra tout me faire, je lui appartiens et je suis d’accord ».
    La belle inconnue est arrivée chez elle.
    « On dirait un petit atelier d’artiste, c’est beau. Elle me pose rapidement sur une table, elle s’asseoit, me tourne dans tous les sens et avec son accent américain délicieux m’informe en me tapotant avec le petit bout de son doigt adorable ».
    -Je vais commencer par té trouer la tête que tout as bien pointoue et ensuite je te polirai comme un sou nof, jé crois que cé ainssi qué l’on dit, caume ça tout séra très beau.
    Smack.
    « Et encore un bisou ! ».
    « Là, fini de rire, elle passe aux choses sérieuses plus vite que prévu quand je vois qu’elle approche un forêt et une perceuse, je me dis que la plage finalement c’était pas si mal et que même si je m’appelle Menhir et bien ma foi c’était supportable ».
    -Un pendentive, voilà ce que je vais faire de toi et tou seras le premier d’une longue collection ! Ton pétit ventre ronde est si jooli. Je vais en faire de toutes les couleurs, aucun pareil, tou vas être célèbré, oh pardon ! célèèbre, c’est caume ça que l’on dit, n’est-ce-pas ?
    Au fait, je me préssente. Je m’appelle Marlène et je suis créatrice de mode.

  5. Blackrain dit :

    …un jour qu’il se prélassait sur la plage, laissant l’écume des vagues lui caresser le dos, un pied vint soudain le heurter. Un « Ouille ! » retentit à ses oreilles. L’homme prit le gros orteil endolori entre ses doigts pour le frictionner vivement. « Cette saleté de galet dépassait les autres. » grommela-t-il. Le galet dodu se sentit soulevé dans une main puissante. Il allait être projeté sur les rocher lorsqu’une voix d’enfant se fit entendre : « Non papa, ne le rejette pas. Regarde comme il est mignon avec sa bedaine toute ronde. Est-ce que je peux le garder, s’il te plait papa ». Papa se fit princier en accédant à la requête de son fils Albert qui s’était montré si poli. Il était d’autant plus facile à papa d’adopter une royale attitude qu’il l’était officiellement à Monaco. C’était une ville magnifique qui était seule en cette république de France à laisser un prince régner sur elle. Lorsque la famille reprit la berline luxueuse pour regagner son palais le jeune Albert caressa le galet dodu en ses petites mains durant tout le trajet. Il le monta dans sa chambre et l’ajouta à sa collection de cailloux. Même si la valeur de sa découverte n’égalait point celle de ses autres pierres beaucoup plus précieuses, le gamin ne manquait point chaque jour de lui caresser son petit ventre rond. Quelques années plus tard, lorsqu’Albert avait succédé à son père, c’était toujours dans la chambre princière que vivait le galet dodu. Il demeurait toujours au chevet du prince puisqu’il avait été transformé en pied de la lampe. Rentrer dans le domaine intime du chef d’un état, même minuscule, était une promotion majuscule pour celui qui avait été un jour la risée de ses parents. Lorsqu’il les visita avec le titre de «1ier galet de chevet de son altesse princière », sans aucun astérisque sur sa carte de visite, galet dodu devint l’obélisque de la concorde avec sa famille. Epoustouflés, ses parents ne surent quels mots dire.

  6. Nadine de Bernardy dit :

    Conte loup phoque

    C’était un gars laid,plus rond que plat,trop bedonnant pour Rick Hochet.Ses parents pour ce mot clé,l’appellaient Maine Ire.Il passa sa vie à les mots dire,même si un jour le destin lui tant dit enfin la main.
    En effet,son ami Rick ayant une nouvelle fois tenté en vain de le faire sauter sur les eaux,le laissa couler,découragé, au fond d’un lac.
    Le gars laid se retrouva reposant dans un silence aquatique et bienveillant,sur un doux lit de vase qui l’enveloppa maternellement d’un linceul gris très moëlleux.
    Il rendit aussitôt bien volontiers l’âme,à l’abri des moqueries et des billevesées de ce bas monde sans pitié,pardonnant en toute fin à ses parents,des ignorants qui n’avaient su déceler sa beauté intérieure et sa gentillesse native.
    Le mère,Etretat,hautaine falaise,s’écroula un jour de grande tempête dans une mer en furie,le père,Gisme,ilot de granit isolé au milieu de l’océan,mourut étouffé par le guano des oiseaux marins venant faire leur nid dans ses escarpements.
    Notre héro n’en sut jamais rien,gisant en toute quiétude dans son univers sombre et protecteur.
    Moralité :
    mieux vaut gros galet rond que falaise gisante et ilot Gisme.

  7. DUCORNETZ Claude dit :

    C’était un galet plus rond que plat, trop bedonnant pour ricocher.
    Ses parents, pour se moquer, l’appelaient menhir. Il passa sa vie à les maudire.
    Un jour, alors qu’un soleil crépusculaire donnait à l’océan une teinte rouge orangé, une main longue et fine vint se poser sur lui, le ramassa, l’examina un instant, puis l’enfouit dans une poche.
    La main du destin, pensa le pauvre galet si complexé par sa forme ovoïde.
    Une main chaude et douce nullement dérangée par sa froideur et, pensait-il, par sa laideur. Et surtout – il en était convaincu – par son inutilité.
    Combien de fois avait-il été délaissé au profit de ses congénères mieux polis, mieux profilés, par des promeneurs habiles dans l’art du ricochet.
    Une fois, une seule fois, il y a bien longtemps, son petit cœur de pierre avait failli fondre de reconnaissance lorsqu’une toute petite main l’avait saisi pour le lancer maladroitement vers la surface de l’eau. Sa joie fut aussi brève qu’un simple « plouf » ! A peine avait-il effleuré la surface de l’eau qu’il fut happé droit vers le fond, qu’il plongea irrémédiablement à pic ! Sans faire, bien entendu, le moindre ricochet. Comme un menhir, pensa-t-il. Pourtant, ce matin-là, la mer complice avait rangé ses vagues au large, comme pour l’aider dans ses rebonds. En vain !
    Mais il n’avait pas été lancé bien loin, et le courant le ramena très vite au bord du rivage. Un enfant d’à peine cinq ans, six tout au plus, se tenait debout dans l’eau, l’air dépité par son échec, ses pieds nus creusant de minuscules ravines dans le sable.
    Un enfant ! Quelle humiliation ! Quelle déconvenue ! C’était évident, comment avait-il pu rêver une seule seconde : s’il avait été choisi ce jour-là, ça ne pouvait être que par un novice, un apprenti, un ignorant dans l’art du lancer de galet.
    Une seule pensée le réconfortait un peu : les plus aplatis des galets, les plus aptes à effectuer bien plus de cinq ou six rebonds, parfois sept voire huit, il y en a même un qui fit dix rebonds, un record, ceux-là se perdaient le plus souvent trop loin en mer et ne revenait jamais au bord pour se prélasser au soleil comme lui. A l’occasion d’une tempête quelquefois, il en revoyait un, souvent ébréché ou même si abîmé qu’il avait du mal à le reconnaitre.
    Mais tout ça, c’était du passé. Blotti au fond de cette poche inconnue, il savourait le bonheur d’être caressé, retourné, frotté, soupesé par la main restée à son contact dans la poche.
    Oh ! Elle pouvait bien se retirer, cette main si douce, il ne se sauverait pas, trop heureux de sentir la chaleur humaine au travers du tissus. Pour une fois qu’on s’intéressait à lui, il n’allait pas s’échapper de cette poche. Au contraire, il essayait de se tasser le plus au fond possible.
    La main jouait avec lui, il en était sûr ! Rien de désagréable en soi, au contraire, il se sentait presque flatté de cette reconnaissance. Deux fois, il avait failli tomber de la poche, mais avec dextérité la main l’avait rattrapé avant le drame. Il en était quitte pour deux belles frayeurs. C’est qu’il n’avait pas envie de finir n’importe où, sur un chemin de pierres, anonyme comme un vulgaire gravier, ou dans un fossé, oublié à jamais !
    Il resta longtemps dans l’ombre tiède de la poche. Régulièrement la main si douce venait pour le palper, et vérifier sans doute qu’il était toujours là.
    Soudain, il sentit bien que quelque chose de nouveau se passait. La main s’introduisit vivement dans la poche pour le saisir et le brandir en pleine lumière. Il eut juste le temps d’apercevoir, un peu partout autour de lui des dizaines et des dizaines de pierre, de toutes formes et de toutes couleurs, certaines posées sur des socles, d’autres laissées, presque abandonnées, sur des planches de bois.
    « Regarde, grand-père, celui que j’ai trouvé aujourd’hui, il est rigolo, on dirait un menhir »
    « Un dolmen plutôt, tu ne crois pas, regarde sa forme allongée » précisa l’homme âgé en s’emparant du galet que lui tendait sa petite-fille.
    « Tu crois qu’il est beau en dedans ? » demanda l’adolescente.
    « On va le savoir tout de suite, foi de pétrophile » lui expliqua le vieil homme. Il cala la pierre solidement et la scia en deux morceaux presque identiques. Le galet n’eut même pas le temps de souffrir un instant de connaitre enfin le bonheur.
    Coupé en deux, le galet révéla un entrelacs de veines roses, blanches et rougeâtres du plus bel effet.
    « Oh, que c’est beau » s’exclama la jeune fille, toute heureuse d’avoir eu l’envie de ramasser ce galet à la forme si banale.
    « Tu vois, ma fille, dit l’aïeul en lui adressant un clin d’œil, la beauté se trouve quelquefois à l’intérieur ».

  8. ourcqs dit :

    C’était un galet plus rond que plat, trop bedonnant pour ricocher.  
Ses parents, pour se moquer, l’appelaient menhir.
Il passa sa vie à les maudire.Même si un jour le destin lui tendit enfin la main. En effet… il en avait assez, trop rond, trop gros, trop lourd, trop différent, trop lent, comme si la vie se résumait à ricocher. Il fallait trouver un autre but, donner un sens à son quotidien. Une petite main le saisit criant de joie pour cette découverte originale. Elle l’ caressé, lui a parlé, et abandonné finalement sur le côté, trop encombrant. La tristesse envahit le galet, rien ne changeait, tous les mêmes, trop seul. Le lendemain, une grande main le récupéra, le tournant dans tous les sens, trouvant ses formes intéressantes, étonnantes. Il fut déposé sur le cairn en bord de rivière, photographié, devenant la mascotte du village que tout le monde voulait voir.
    Trop beau, trop d’honneur ..

  9. durand dit :

    Il n’est qu’un gars du vignoble pour croire qu’un galet puisse être plus rond que plat. Et que le digne caillou attende de l’Homme pour ricocher.

    Depuis longtemps, il a roulé sa brosse, le galet,ratiboisé les poils inutiles de sa sexualité. A chaque marée, il redevient vierge de ce qui lui est advenu et de ce qui l’attend. Parfois, un crabe se risque à confondre avec un congénère, mais il se sauve, il faut le reconnaître parfois, à pattes de veule, très lourd.

    Le galet n’existe que dans le phantasme des marins, drogués du roulis, démâtés du réel, fantômes des hydres salées. Il est le retour redouté vers les phares, ces feux clignotants, la triste côte à l’os du quotidien terrestre.

    En fait, pour ceux qui prétendent encore lire entre les fissures, il est juste là pour permettre à la mer de ne pas trop dire de bêtises. Elle le malaxe, dans sa gorge d’écume, réfléchit l’équinoxe de sa prochaine marée, suce beaucoup des soleils couchants.

    Le galet fut brique ou silex mais il s’en fout. Il tend très fort vers l’avenir du gravier, ne croit à aucune réincarnation…il n’est là pour disparaître!

    Et, en attendant, bafouille le mouvement, chevauche malgré tout nos petite apartés marines!

  10. iris79 dit :

    C’était un galet plus rond que plat,
    trop bedonnant pour ricocher.  
    Ses parents pour se moquer l’appelaient menhir.
    Il passa sa vie à les maudire.
    Même si un jour le destin lui tendit enfin la main.

    Cette main le prit délicatement et l’effleura de ses doigts délicats. Elle le touchait avec respect, avec douceur. Elle le faisait tournoyer sur lui-même. Il ne ferait pas de ricochets comme ses frères, il le savait déjà mais il découvrit avec bonheur, la joie que lui procuraient ces nouvelles pirouettes !
    Il s’attendait à ce que lassée, la main le jette comme d’habitude mais elle le rapprocha de ses yeux bleus aussi transparents que le torrent d’où il venait. Il voyait le reflet de la rivière dans ce regard moiré d’un camaïeu de jolis reflets.
    La main lui fit alors faire un doux voyage sur sa joue chaude et hâlée. Lui qui était plutôt habitué à être foulé sans ménagement par des pieds grossiers, il découvrait la douceur d’un visage.

    La main le tint plus fort et dansa au rythme du balancier des bras qui accompagnaient chacun de ses pas.
    Les doigts fins le déposèrent alors dans une poche cotonneuse où se trouvaient déjà là plusieurs de ses très petits cousins.

    Le temps passa, sous les effluves fruitées et ensoleillées de celle qui le ramène dans un endroit qu’il ne connaît pas. Elle le sort lui et les autres et les rince à l’eau claire. Ils dansent joyeusement dans ses mains sous le filet d’eau puis savourent la caresse des doigts délicats. Ici pas de jaloux, plats, épais, ronds, biscornus, tout le monde est le bienvenu.

    Ils arrivent alors dans une poche de veste qu’ils ne connaissent pas. Elle est douillette et épaisse et à travers ils ne sentent plus le froid. De temps en temps, la main vient les caresser, et les faire rouler lentement.
    De temps en temps la main les sort de la poche et les met dans celle de la voiture. Avant d’en sortir, la main se saisit de quelques uns d’entre eux et ils vont au hasard des pérégrinations de celle qui les transporte au chaud dans son manteau.

    C’est qu’elle y tient plus que tout celle qui transporte ses galets et ses petits cailloux.

    Ce sont ses plus beaux souvenirs de vacances et ils l’aident à regarder l’année s’écouler. Quand elle se trouve dans une situation de tristesse, de solitude, elle retrouve avec une grande joie ses petits galets au fond de sa poche. Elle les caresse et se projette un moment à l’endroit où elle les a trouvés.
    Et ça lui fait un bien fou.

    Parfois elle partage son secret en les sortant de sa poche. Elle ouvre grand sa main et les montre à ceux qu’elle aime en les effleurant et en les faisant tourner sous ses doigts agités.

    C’est son petit secret, celui qui lui fait du bien. Le galet tout rond en est fier, il en fait partie, il aime plus que tout par cette main, être poli.

  11. Clémence dit :

    C’était un galet plus rond que plat, trop bedonnant pour ricocher.  
    Ses parents, pour se moquer, l’appelaient menhir. Il passa sa vie à les maudire.
    Même si un jour le destin lui tendit enfin la main. En effet…

    Ils n’auraient jamais dû se rencontrer et pourtant ils se sont rencontrés.
    Ils n’auraient jamais dû se rencontrer et depuis, ils ne se quittent plus.
    D’ailleurs, bien d’autres les ont rejoints, mais ça, c’est une autre histoire…

    Chapitre 1.

    Chaque année, Anna et Stanislas partaient en vacances, et l’emmenaient, lui. Lui qu’ils surnommaient Bouboule en raison de son embonpoint.
    Alors que tous ses amis rejoignaient les longues plages de l’Atlantique où ils faisaient danser leurs cerfs-volants avec les nuages, lui déposait sa serviette sur un des immenses blocs de roche plongeant dans les eaux turquoises de la Méditerranée.

    Les vacanciers qui passaient par là étaient intrigués par le comportement de ce gosse, un peu rondouillard, à la peau laiteuse et aux cheveux d’ébène.
    Contrairement aux enfants de son âge, il ne faisait rien.
    Il était assis, face à la mer. Les yeux perdus tantôt dans le bleu des eaux, tantôt dans le bleu du ciel.

    Un jour, les parents décidèrent de partir en excursion. Le gamin râla un peu, pour la forme, mais il se dit qu’il verrait autre chose.
    Autre chose que ces gros rochers, autre chose que ces vacanciers avec leur panoplie estivale, autre chose que les petits bateaux de bois qui se reflétaient dans l’eau du port, comme une poignée de crayons de couleurs jetés dans l’eau…
    Cette dernière image lui donna l’envie de posséder un carnet de voyage, où il écrirait ses impressions et dessinerait ce qu’il ne pouvait mettre en mots.
    Ils arrivèrent à Nice.
    – La promenade de Anglais en premier, demandait la mère.
    – Le vieux Nice, exigeait le père.
    – Une papeterie, suggéra le gamin.
    En fin de journée, ils furent satisfaits,chacun ayant obtenu ce qu’il voulait. Pour souligner cette félicitée, un repas sur le pouce : pans-bagnats et portion de socca. En supplément, la Baie des Anges parée des lumières du soir.
    Il était temps de partir.
    – Pas encore, dit le gamin, je voudrais aller une dernière fois sur la plage et me trouver un joli galet.
    – Va pour le galet, soupira le père.
    – Va, mon gamin, et trouves-en un joli, plus rond que plat, tout bedonnant…
    – Comme toi, acheva le père, à voix basse.

    Le gamin revint, brandissant sa découverte. Un éclat de pierre rouge, pareil à un menhir miniature.
    Les parents en restèrent bouche bée et les yeux comme des billes !
    – Mais enfin, René, cela ne ressemble pas aux doux galets de la plus belle baie de la Côte d’Azur…
    – Il me plaît. Un point c’est tout.

    Et l’histoire s’arrêta là. Fin d l’excursion. Fin des vacances. Fin de l’enfance.
    Au retour, le mini menhir trouva refuge au fond d’un tiroir.

    Les années passèrent.
    L’enfant devenu adolescent avait une petite idée de ce qu’il ferait de sa vie.
    – Artiste, annonça-t-il à ses parents.
    – Tu n’y penses pas, lui répondirent-ils en chœur.
    – Si !
    – Non, il te faut un métier, un vrai….

    Et l’histoire s’arrêta là, mais pas le rêve.

    Chapitre 2.

    Chaque année, André et son épouse partaient aussi en vacances. Avec Titi, leur gamin, gai comme un pinson !
    Pas question de déposer une serviette dans une minuscule crique d’eau turquoise et de sable blanc, à deux pas de leur mas. Ils avaient besoin de large : de plages à l’infini, d’eaux grises écrasées par des ciels bas. Des plages où filaient les chars à voile et des ciels où valsaient les cerfs-volants.

    Titi était le roi de la plage. Il ne perdait pas une minute en rêverie. Comme tous les enfants, il bâtissait des châteaux de sable et remplissait les douves d’eau salée amenée par des canaux sinueux. Puis il s’émerveillait du travail de sape des vagues de la marée montante qui arrivaient à petits bouillons blancs, léchaient doucement les bases, les creusaient, avalaient une tour, une autre tour, un pan entier.
    Titi aimait son travail quotidien de construction.
    Titi admirait l’Océan et son travail de déconstruction.

    Un jour, les parents décidèrent de partir en excursion.
    – Ce sera un beau souvenir. Et on t’en parlera à l’école.
    Titi découvrit ainsi Carnac et ses mégalithes. En plein jour et au soleil couchant.
    Avant de repartir, Titi pria ses parents de patienter un peu. Il voulait emporter un petit souvenir.
    Quelques minutes plus tard, il revint, les yeux brillants de plaisir, et tendit sa main ouverte.
    Au milieu, un galet plat et rond, avec des reflets dorés.
    Les parents, stupéfaits par son air ravi, ne purent s’empêcher de commenter :
    – Tu aurais pu choisir une pierre qui ressemble à un menhir, non ?
    – Non, leur répondit Titi. C’est lui que je voulais.

    Et l’histoire s’arrêta là. Fin de l’excursion. Fin des vacances. Fin de l’enfance.
    Au retour, le galet doré trouva refuge au fond d’un tiroir.

    Les années passèrent.
    L’enfant devenu adolescent avait une petite idée de ce qu’il ferait de sa vie.
    – Artiste, annonça-t-il à ses parents.
    – Tu n’y penses pas, lui répondirent-ils en chœur.
    – Si !
    – Non, il te faut un métier, un vrai….

    Et l’histoire s’arrêta là, mais pas le rêve.

    Chapitre 3.

    Le rêve de l’un ressemblait étrangement au rêve de l’autre. Mais jamais ils ne partagèrent leurs secrets.
    L’un comme l’autre, cherchait l’inspiration.
    En cherchant, l’un comme l’autre, retrouva, au fond d’un tiroir, un caillou.
    Et chacun plancha sur une idée.

    Le caillou strié et oblong inspira René.
    Il imagina son héros, le dessina bedonnant en diable, lui accola deux inséparables, un petit nerveux et un minuscule facétieux. Il ne lui restait plus qu’à trouver leurs noms. En attendant, il les baptisa en X.

    Le galet lisse et doré inspira Titi.
    Il imagina son héros, le dessina, lui accorda une belle brochette d’acolytes. Il lui trouva un métier et un nom : Ric Hochet.

    Épilogue.

    Ils n’auraient jamais dû se rencontrer.
    Et pourtant, ils ne cessent de se côtoyer, sur les rayons des bibliothèques.
    Pour le bonheur des petits et des grands.

    © Clémence.

  12. Odile Zeller dit :

    C’était un galet plus rond que plat,
    trop bedonnant pour ricocher.
    Ses parents, pour se moquer, l’appelaient menhir.
    Il passa sa vie à les maudire.
    Même si un jour le destin lui tendit enfin la main. En effet…Il sentit une main douce le choisir. Il allait quitter sa plage natale et découvrir le monde. Il n’eut pas le temps d’un adieu qu’il était passé dans une poche et parcourait des kilomètres.
    Arrivé à destination la tristesse et la colère le reprirent, il se retrouva dans une corbeille avec d’autres galets tous différents et bien polis, venus d’autres plages. On lui dit bonjour, on lui demanda d’ou Il venait et une petite voix lui expliqua : « tu vois là bas sur l’appui de fenêtre. Ce sont les jolis, les chéris. Il ne comprit rien mais en observant mieux le bord de la fenêtre il distingua des formes rondes illuminées de couleurs. Il n’eut pas le temps de réfléchir que la main le soulevait et le plaçait sur une table. Il sentit la caresse du pinceau, un passage humide sur son dos, il devint rouge et la main le posa au soleil à sécher. Plus tard elle le reprit pour un chatouillis de points noirs avant de finir de deux rond pour les yeux soulignés de petites antennes. Il sécha de nouveau avant de se retrouver au bord de la vitre entre une tortue et un éléphant, la seule coccinelle.

  13. Catherine M.S dit :

    Métamorphose

    C’était un galet plus rond que plat
    Trop bedonnant pour ricocher
    Il faisait presque pitié
    Toujours tout seul, abandonné
    Ses parents, pour se moquer
    L’appelaient « menhir »
    Il passait son temps à les maudire
    Mais un jour passa Marie
    Avec son énorme sacoche en cuir
    Qui, dans sa main leste
    Plusieurs fois le fit rebondir
    Adjugé !
    Et il se retrouva dans son dos
    Comme la bosse d’un chameau
    Parmi d’autres petits gros
    Salut le nouveau !

    Après moult soubresauts
    Ils se retrouvèrent étalés
    Sur une immense table
    Au fond d’un atelier
    Au milieu de tubes multicolores et de pinceaux.
    C’est ici que sa nouvelle vie a commencé
    Lavé, brossé, choyé, admiré, caressé
    Puis peint et décoré
    Marie sut mettre en valeur ses rondeurs
    Avec une palette aux mille couleurs.
    Tour à tour il fut presse-papier
    Sur le bureau d’un poète
    Porte-bonheur dans la chambre d’une fillette
    Et le nec-plus-ultra
    Il fut transformé en mandala
    Pour ôter aux humains tous leurs soucis et leurs tracas.

  14. Grumpy dit :

    Elle regarde à travers la vitrine. Son visage s’illumine. Elle le pointe de l’index et entre dans la boutique.

    Elle en détaille quelques autres puis revient vers lui qu’elle examine avec soin, le tourne, le retourne. C’est un galet plus rond que plat, bombé, brillant, lisse, piqueté de paillettes rosées, bleu ciel, gris pâle, sûrement un peu magique.

    Décidée, c’est celui-là qu’elle choisit, elle le veut. Elle le touche, le soulève, le prend. Le soupèse dans sa main.

    – C’est combien ? Vous pouvez l’emballer ? Il est fragile ….

    Le galet qui s’est toujours trouvé si laid, voilà qu’il plait à cette jolie dame. Il n’en revient pas. Lui, il a tellement honte de la façon dont on l’a accoutré, déguisé, après sa capture sur la plage.

    On l’a collé sur un socle de bois, devant un morceau de granit ridiculement poli en forme de menhir. Et comme si ça ne suffisait pas, on a ajouté à sa disgrâce une conque de Saint-Jacques piquée sur quelques menus coquillages, couvant dans son creux une rouge astérie.

    Une poignée de sable a été saupoudrée sur ce décor factice emprisonné dans sa boule de verre. Il retombe en pluie fine dès qu’on la retourne, un mouvement perpétuel en somme. Ça plaît beaucoup aux enfants.

    Flatté d’avoir été l’élu le voilà consolé, même si, il le sait, le destin que lui tend aujourd’hui cette jolie main le condamne à périr d’ennui dans une vitrine en acajou ou à s’étouffer de poussière et pour l’éternité sur un coin de cheminée.

    Du rocher original balloté par l’océan de siècle en siècle, l’usure avait fait de lui cette petite boule, échouée sur une plage, mais libre.

    Il maudit « l’artiste » qui l’a glané, auteur de son humiliation : il est devenu pour toujours un de ces infâmes bibelots de mauvais goût que les touristes d’un jour ramènent chez eux fiers de leur trouvaille, mais qui rendra leurs voisins envieux de leur voyage en Bretagne.

    On peut lire son destin peint sur le socle « Souvenir de Plougastel ».

  15. Ophélie.E dit :

    C’était un galet plus rond que plat, trop bedonnant pour ricocher. Ses parents pour se moquer l’appelaient menhir. Il passa sa vie à les maudire. Même si un jour le destin lui tendit la main.

    En cette fin d’après-midi, alors qu’elle se promenait le long de la plage, Esméralda s’accroupit, s’empara de lui et l’observa. Et c’est ainsi qu’il rejoignit quelques congénères au fond d’un petit sac en cuir fermé par une cordelette. Lui qui ne respirait que les embruns de la mer se mit à suffoquer.

    – Que le diable m’emporte ! cria-t-il. J’étouffe, où suis-je ?

    – Arrête de hurler comme ça, s’énerva une pierre à ses côtés. Tu viens juste d’arriver et tu commences déjà à nous pomper l’air et qui plus est dans les deux sens du terme, ricana-t-elle.

    Menhir qui n’était guère instruit ne comprenait pas ce que cette bêcheuse lui racontait. Il se tassa contre la paroi et entama la conversation avec un autre galet aussi replet que lui.

    – Ben quoi, c’est vrai ! J’ai quand même bien le droit de poser des questions, soupira-t-il. Partout où je me trouve je me fais houspiller. Et comme je suis obèse, j’ai du mal à respirer. J’ai passé ma vie à me faire maltraiter par mes parents qui me trouvaient ventripotent. Ils me surnommaient le menhir, tu ne peux même pas savoir combien je les hais encore, tellement ils m’ont pourri la vie. Un jour, ils ont été emportés par une pelle ; bon débarras !

    – Figure-toi que depuis ce matin, nous aussi on étouffe là-dedans et on s’inquiète de notre sort. Mes parents eux aussi se moquaient de moi, ils me surnommaient « balle de golf ». Ils m’ont fait suivre une cure d’amaigrissement dans le ressac, mais peine perdue comme tu peux le constater.

    – C’est qu’on n’y voit goutte ici, mais je veux bien te croire, s’esclaffa Menhir.

    Pour passer le temps et surtout pour se remonter le moral, ils poursuivirent ainsi leur conversation à évoquer leurs déboires et à se dire leurs rancunes.

    Esméralda ouvrit le sac, fit tomber les galets étourdis sur un petit tapis, s’empara d’un pinceau et peignit des signes cabalistiques sur chacun d’eux.

    Et c’est ainsi que Menhir ricocha en obtenant un emploi de « rune du bonheur » dans la roulotte d’Esméralda diseuse de bonne aventure.

  16. Camomille dit :

    C’était un galet plus rond que plat,
    trop bedonnant pour ricocher.
    Ses parents, pour se moquer, l’appelaient menhir.
    Il passa sa vie à les maudire.
    Même si un jour le destin lui tendit enfin la main. En effet…
    Alors qu’il traînait sur cette plage immense,
    qu’il enfouissait son existence dans le sable,
    le galet laid,
    parce que rond et pas plat,
    le galet mal né
    se cachait……
    -« MENHIR!… MENHIR!….
    – mais où es-tu encore passé ? Sale gosse?
    – faut toujours que tu fasses pas comme les autres !
    – Mais qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour avoir un galet pareil? s’égosille sa mère.
    En l’entendant,
    MENHIR s’enfonce encore plus dans le sable,
    et il pleure, et il gémit :
    Ah…. pouvoir maigrir !
    Ah…. pouvoir faire des ricochets
    Ah…..pouvoir plaire à ma mère et aussi à mon père par la même occasion! Maudits soient-ils ces géniteurs sans cœur…
    Bon, en l’état le programme relève de l’impossible.
    Et un galet laid parce que rond et pas plat et qui pleure de surcroît, hé bien c’est ridicule.
    Que faire ?…. que faire ?…..
    Mais c’était sans compter sur « GALET-JADE », la déesse des galets.
    « Ohé galet laid parce que rond et pas plat
    Ohé galet mal né, je t’entends pleurnicher !
    tu veux faire des ricochets ?
    j’ai la solution : avec le programme minceur « comme j’aime » changer de vie, c’est facile ! tu peux perdre tes rondeurs et devenir plat en un temps record et sans effort.
    Et en plus, en ce moment, tu as droit à une semaine gratuite ».

    Oh douce « GALET-JADE », lui répond le galet laid parce que rond et pas plat, me voilà bien réconforté. Je te remercie grandement et vais sans délai découvrir « comme j’aime ».

    et c’est ainsi que MENHIR devint plat, et pu faire des ricochets le restant de sa vie……

  17. Beryl Dey Hemm dit :

    C’était un gringalet tout rond.
    Contradiction ! Dites vous ?
    Que nenni !.
    Tout rond, une vraie boule, mais avec des membres atrophiés, rachitiques, sortes de branches noueuses, torturées, terminées par cinq bourgeons émaciés et inopérants.
    Sa tête, tout aussi sphérique que son bedon, et amputée d’un cou, refusait de s’incliner d’un angle supérieur à 45 degrés. Ne voyant conséquemment pas où il mettait les pieds, ni ce qu’il avait juste devant lui, il trébuchait souvent et tombait lourdement. Dans ces conditions, sa hantise était évidemment les terrains pentus et vu sa conformation on devine aisément pourquoi. Quand il tombait, le malheureux n’avait aucune chance de se redresser, et dévalait toute la pente, en ricochant sur les pierres disséminées, en de multiples rebondissements qui faisaient bien rire les spectateurs malveillants.
    Dans un premier temps il avait cherché un appui auprès de ses parents. Mais très vite ceux-ci avaient rejoint le clan des mauvais plaisants. Ils l’accusaient d’être un boulet et de peser sur leur existence et leur réputation. « Il leur faudrait une force herculéenne pour supporter un tel fardeau » prétendaient-il, et c’est sans doute pour cela que, pensant à un Hercule, ils prirent Obélix en exemple et baptisèrent leur rejeton Menhir. La victime passa sa vie à les maudire, mais sans mot dire, parce qu’il ne maîtrisait que très imparfaitement le langage, à part quelques onomatopées.
    Car en plus de sa disgrace physique, ce gringalet avait un grain. Et les aléas de la vie le prenaient toujours au dépourvu, incapable de rebondir dans les situations problématiques, qui le plongeaient dans un embarras profond. Ses réactions instinctives n’étaient jamais appropriées et il choisissait toujours la mauvaise solution.
    C’est ainsi que, le jour où le Destin lui tendit enfin la main, il lui tendit triomphalement son petit panier à goûter – en gloussant parce qu’il était vide  – et s’imagina jouer un bon tour à un de ses tourmenteurs habituels. Le Destin se le tint pour dit et ne revint jamais à la charge.
    Quant à moi, cette histoire n’ayant qu’un intérêt limité, je vais bien vite me rendormir sur cette plage de sable fin si hospitalière, bien loin des petits galets qui m’attendent dans mes chaussures à la rentrée, et que je n’ai pas hâte de retrouver.
    Excellentes vacances à tous !

  18. LABROSSE dit :

    C’était un galet plus rond que plat,
    trop bedonnant pour ricocher.
    Ses parents pour se moquer l’appelaient menhir.
    Il passa sa vie à les maudire.
    Même si un jour le destin lui tendit enfin la main.
    La rivière, espace libre où toutes les molécules d’eau se ressemblent et s’associent pour devenir fleuve se moquaient bien de ces éclaboussures …
    Evidemment chacun sur la berge cherchait la perfection, « the caillou », the best galet qui ferait les plus longs ricochets. L’idéal une forme plate, arrondie, ni trop grosse, ni trop lourd, le juste équilibre entre le lanceur et la pierre.
    Chacun depuis la nuit des temps, voulait la perfection, rebondir sur la surface de l’eau le plus longtemps possible, encore et encore, peut être atteindre la berge opposée, mais le plus souvent on finissait par couler, rejoindre le fond, et là on se retrouvait tous petits, grands et gros, tous au fond de l’eau…
    Mais bien évidemment, à chaque commencement, on ne tenait pas compte de l’expérience des anciens, qui eux-mêmes n’avaient pas tenus compte des avis de leurs aïeuls… c’était ainsi, on pensait être unique le meilleur, la perfection, comme le petit galet qui rebondirait indéfiniment.
    Donc, il était une fois un caillou pas comme les autres, trop gros pour tenir la distance, une sorte de dolmen, franchement personne ne put imaginer qu’il sut rebondir, c’était perdu d’avance, un handicap trop important dès le départ ! Comme disait Coluche si tu es petit, noir et laid, tu es vraiment mal parti. Alors imaginez un caillou d’une tonne, difforme et oblong ! Vous voyez les menhirs de Carnac, et bien presque similaire… qui eut pu faire rebondir un caillou pareil ?
    Ses parents, bien ancrés dans le moule social de la réussite, se morfondaient de cette anomalie génétique, eux ils étaient beaux, forts et intelligents et voilà que les dieux leurs avaient envoyé ce fléau. Eux multi diplômés, dignitaires internationaux, effigie des dieux de l’olympe…
    Ainsi naquit un bâtard ! Certainement une erreur d’aiguillage, on avait échangé les bébés à la maternité… mais après moult tests génétiques il fallut se résigner à accepter cette disgrâce.
    On avait un gros dans la famille ! Ce n’était pas un petit caillou qui empêchait de marcher, c’était un boulet accroché au pied avec une énorme chaine, impossible de s’en débarrasser. A choisir, les parents eurent préféré un handicap plus noble : autiste, trisomie, diabétique … tout plutôt qu’un gros !
    Un gros, ça suinte, ça dégouline, ça empeste …
    On embaucha une nourrice comme interface puis on le remisa à l’internat …
    Le gros resta gros mais il écrivait le gros : des mots, des poèmes à vous coucher par terre, à vous faire chialer de sa beauté, un Arthur Rimbaud sous les frasques d’Obélix … Le gros osait, il montait sur la scène, brillait de son talent. Certains le comparaient à Orson Wells, d’autres à Hemingway… Il en imposait, il brillait, on le surnomma le menhir de la littérature.
    Toutes les scènes du monde le suppliaient de venir… et pourtant jamais, pas une seule fois ces lâches parents ne firent le déplacement.
    On ne s’affichait pas à côté d’un gros !
    Alors comme tous les cailloux un peu trop lourds, il finit par couler…
    A moins que vous ne préfériez une fin plus idyllique : le gros épousa une anorexique, ils vécurent heureux et eurent beaucoup de petits cailloux, des gros, des minces, des larges, des longs, mais ils les aimaient tellement que tout le monde sut rebondir …

  19. Souris verte dit :

    🐀😨 LA CHANSON DU GALET ROND
    Je vais vous raconter l’histoire du petit galet plus rond que plat.
    Depuis des millénaires le torrent dévale sa pente dans une musique aussi grave que rituelle.
    Rien ne lui résiste. Sans morale il use, casse, aplatit tous les angles aigus, tout ce qui dépasse et risque de changer sa mélodie et son rythme.
    Un jour, une pluie percutante heurta brutalement la grosse mère Caillasse qui laissa une part d’elle même en un beau galet tout rond et bedonnant.
    Gros Pierre, tout fier à ses côtés, pensa mettre à l’abri ce bébé pas plat.
    Peur des ricochés? Bien-sûr que non! Pierre-rond trop lourd, assurément sur l’eau ne rebondirait pas! Mais il est si beau, si brillant… Si attirant.
    Le torrent en jugea autrement.
    Voyant là un moyen de se mettre en valeur, il accéléra sa marche en une cadence à spirale, et jucha le galet brillant sur le dos de Gros Pierre.
    Les autres s’en amusèrent et les appelèrent Menhirs.
    Galet rond commença à les maudire, et à cause de sa situation élevée se mit à gémir des sons aigus presque larmoyants.
    Le torrent, par fierté avait perdu sa gravité.
    Le destin, du bout des rayons du soleil fit merveille.
    Depuis et même de loin Pierre-rond étincelle: il est la fierté du coin.
    Si brillant, tout le monde vient admirer le torrent à la pointe de diamant et écouter tranquillement l’hymne du galet et de l’eau qui coule… Coule et chante sa mélodie éternelle.🐀😨

  20. Cétonie dit :

    C’était un galet plus rond que plat, trop bedonnant pour ricocher.
    Ses parents, pour se moquer, l’appelaient menhir. Il passa sa vie à les maudire.
    Même si un jour le destin lui tendit enfin la main. Ce fut le regard innocent d’un enfant qui, au soleil couchant, découvrit ses reflets aux couleurs magiques. Il le contempla longuement, puis le prit, le retourna, le soupesa, le galet se laissa envelopper avec amour par la petite main où il se moulait parfaitement et qui ne pouvait s’en séparer.
    Le grand frère se moqua de lui, « c’est un galet tout ordinaire, la preuve, c’est que personne n’en a voulu » – « non, répondit le petit, c’est lui qui s’est caché parce qu’il savait qu’il était pour moi ».
    Sur la route de retour des vacances, il y avait une étape chez les grands parents. Il y trouva sa Mamy fatiguée, triste, inquiète, et lui demanda innocemment ce qu’elle avait. Elle hésitait à répondre, il n’est pas facile d’expliquer à un si petit enfant la gravité de sa maladie, sans mentir ni l’effrayer. Elle cherchait ses mots, et fut elle-même surprise de se voir rassurante, confiante dans le traitement entrepris, expliquant qu’elle devait aller chaque semaine pour recevoir un médicament très puissant qui devait chasser les méchantes métastases et lui rendre la santé en quelques mois. Et le temps lui semblait bien long pendant que le liquide s’écoulait dans ses veines.
    L’enfant sortit alors le galet, le caressa doucement et le glissa dans la main de Mamy : « garde le bien avec toi, et écoute le, il te racontera tout ce que je lui ai dit, il est très vieux et sait tout sur la mer et le ciel, le printemps et les oiseaux, le jour et la nuit, il saura aussi t’aider »
    Mamy lui fit confiance et retrouva le sourire pour prendre sa part dans la lutte contre la maladie, son galet caché dans sa main à chaque moment difficile, écoutant attentivement les messages de son petit. Elle savait que, pour lui, elle devait absolument guérir, et elle savait que c’était possible.
    Pour le petit galet, c’est aussi un énorme défi : se montrer digne de la confiance de l’enfant… les médecins y croient !

  21. Blanche Ziba dit :

    Dans la torpeur de l’ete
    Sur la plage de Nice
    Les galets brulent les pieds des vacanciers
    Font atrocement mal aux voûtes plantaires …

    Certains les volent
    Les peignent de fleurs
    Y Inscrivent des mots
    Les vendent le soir à la sauvette sur la Prom’

    Les vagues les roulent dans leur écumes
    Les cachent dans le sable

    Les galets lisses de la plage de Nice
    Font la nique aux menhirs bretons
    Hauts et forts et glorieux

    Blanche Ziba

    P.S.: Bon Dim Hanche à toutes et tous !

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