405e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat


Une fenêtre était entrouverte,
un parfum fripon se glissa dans la chambre. 
Son rêve alors se dévergonda…

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Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Un petit combat pour maintenir en vie l’enthousiasme d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

27 réponses

  1. Aurore dit :

    Une fenêtre était entrouverte, un parfum fripon se glissa dans la chambre.
    Son rêve alors se dévergonda…sans vergogne
    De la table de réunion, il releva la tête et lui jeta un sourire éclatant. Un de ces sourires qui
    prend alors un malin plaisir à vous nouer la gorge, Elle ressentit les ondes de chaleur se répandre dans son corps.
    La Vague partie du point A arriva sur elle, point B, sans qu’elle s’y attendît et la submergeât.
    Elle était là tel un réceptacle, assommée.
    Elle sentit la soif venir,
    Elle ressentit, le poids de ce regard porté sur elle. Cela la surprit, la frappa.
    Elle en pâlit, elle en faillit … mais elle fit comme si, comme si rien…,
    elle tourna le regard et fit rapidement le tour de la table. Cette histoire fourmillait de trop d’étoiles, de trop de lumières pour que cela soit :
    « Oui, voilà l’explication !, je me suis assoupie sur mon bureau…ce n’est qu’unun rêve et si tout changeait… »
    Alors, tout se transforma.
    Après sa courte reprise en mains, elle changea finalement de mains,elle se laissa dévorer par le Grand Rêve.
    En un tour de main décisif, elle lui prit les siennes,
    ses grandes, ses immenses mains et les enfouit dans sa chevelure de jais. Définitivement troublée par cet homme connu et qui d’un coup se révélait si prompt à faire renaitre une flamme disparue, elle se glissa avec volupté sur ces lèvres rusées et dans ses bras infinis.

    Contre cet homme au sourire étoilé qui s’invitait ici, elle se laissa tournoyer et sombrer.
    Leurs corps joueurs se lancèrent dans une envolée vertigineuse l’un sur l’autre, se liant l’un à
    l’autre.
    De l’interdit, ils allèrent au-delà et tout se fondit entre eux : plus de notions de temps,
    de lieux, d’espace.
    Seulement « Eux » en des jeux de mots et corps alertes, deux cœurs affolés sans dessus – dessous,
    deux corps qui se dévorent sans fin, sans dessus, ni dessous.
    Deux regards qui se cherchebt et des mains qui se s’attrapent, se brûlent,
    Juste deux corps qui s’étreignent avec « le cœur plus prés du corps que de la tête » dans la frénésie matinale.

  2. GREGORIANE dit :

    Une fenêtre était entrouverte, un parfum fripon se glissa dans la chambre. Son rêve alors se dévergonda…
    Ce même rêve revenait chaque nuit. Elle ne savait plus que faire pour chasser ce désir de l’inconnu même si, avouons le elle avait l’impression d’être au paradis, à l’abri des regards, là où l’entrée était exclusivement réservée aux amoureux. Sentiment délicieux, inédit, mystérieux. Elle était si pieuse qu’elle n’arrivait pas à croire qu’elle avait des pensées aussi insoupçonnées : séduire le curé, n’était-ce pas le comble pour une jeune femme mariée déjà à Dieu ? Où se perdait sa vocation divine ?
    Elle priait le Tout Puissant, lui demandait de la détourner de cette envie folle de croquer la pomme, de lui venir en aide, mais dès qu’elle fermait les yeux, elle retrouvait dans ses songes le corps athlétique de ce jeune prête ukrainien, aux yeux noirs et au sourire étourdissant. Elle sentait sa peau frémir. Timidement, ses mains parcourait son corps, ses lèvres s’entrouvraient dans l’attente d’un baiser, d’un soupir, d’un cri. À travers les persiennes, la lune rougissait, un voile envahissait la chambre. Odile, puérile, pensait à Père Denys, à sa silhouette, nue, se dessinant en ombre chinoise sur les murs de la chambre. Délicieux moment du rêve. Gourmandise inépuisable. Ressentir, se nourrir de chaque seconde, savourer encore et encore l’éphémère d’une vision onirique, d’un délire indécent. Images incontrôlables, souffle court, lèvres sèches. Sa faim de l’autre lui intimait une immersion folle et divine au cœur de l’interdit.
    Sursaut.
    La mère supérieure du couvent cogna à la porte de sa chambre. Affolement. Odile ne savait plus à quel Saint se vouer pour retrouver ses esprits. La pluie tombait sur le toit du monastère, celle de ses yeux coulait sans discontinuer sur son visage.
    L’ombre chinoise disparut aussitôt du mur de sa chambre. Elle ouvrit la porte à la mère supérieure, la salua et comme chaque dimanche matin, à l’heure où l’écume du jour balaye la marée nocturne, elle alla sonner les matines.

  3. Clémence dit :

    Une fenêtre était entrouverte, un parfum fripon se glissa dans la chambre.  Son rêve alors se dévergonda…

    L’été était arrivé en Provence, avec ses senteurs capiteuses, ses parfums fripons, ses frissons savoureux et ses nuits langoureuses.

    Elle regarda autour d’elle, émerveillée. Elle avait la certitude que cette saison affolerait tous ses sens, jusqu’à l’inimaginable.

    Cette première journée lui fit entrevoir des promesses fabuleuses. Avec un apaisement infini et un sentiment de plénitude elle ferma ses yeux.
    Pendant quelques instants elle laissa se dérouler le film de sa vie. Chacune des séquences lui remémorait les métamorphoses qu’elle avait subies pour atteindre la perfection. Ce n’était plus un rêve, c’était sa réalité.

    Le soleil se noya dans un décor flamboyant puis disparut. L’encre de la nuit s’empara du ciel et les étoiles se mirent à écrire leur histoire. Elle décida qu’elle serait une amoureuse extraordinaire, inoubliable, divine ! Alors, elle s’adonna au rêve.

    Elle était Carmen. Amoureuse indomptable, délaissant un amour trop sage pour les promesses d’un toréador ténébreux.
    – Prends garde à toi ! lui murmura-t-elle une dernière fois. Mais elle se reprit.
    – Trop banal, trop galvaudé. Je désire un amour plus sophistiqué !
    Elle chercha parmi les synopsis et arrêta son choix. Elle se glissa dans une tunique éblouissante et parfuma sa peau d’essences rares.
    – Il est à moi, je me donnerai à lui, dès son retour. Je serai sa reine, sa déesse!….
    Mais l’enchantement fut bref : le victorieux Ramadès lui préféra Aïda.

    Au milieu de la nuit, elle se réveilla, le cœur plein d’amertume. Où donc étaient passées les langueurs sensuelles tant espérées?
    Elle écouta le silence puis s’y engouffra, le ventre en feu.
    Et la magie opéra.
    Rêve d’amour. Là-bas, sur les terres d’Écosse, elle était la douce Lucia, amoureuse fidèle jusqu’à en devenir meurtrière…
    Rêve d’amour impossible. Au pays du Soleil Levant, elle était la cruelle et insatiable Turandot.
    Rêve d’amour interdit, dans le Palais d’Hérode. Elle était Salomé et elle dansait, sensuelle, enlevant ses voiles, un à un….jusqu’au septième…Elle le toisait, il avait les yeux exorbités, les lèvres humides, des perles de sueur brillaient sur son front. Ses mains se tendaient, avides…
    Le dévergondage s’annonçait grandiose.
    Lascivité et sensualité entremêlaient leurs effluves âpres….
    Elle brûlait de l’intérieur.

    L’aurore éclaira l’horizon. L’heure était venue et elle ne pouvait échapper à son destin.
    Elle se rappela la prédiction : «  Et le jour viendra. Tu seras mante religieuse »

    © Clémence.

  4. Murielle Blache dit :

    Une fenêtre était entrouverte,
    Un parfum fripon se glissa dans la chambre.
    Son rêve alors se dévergonda…
    Tel un gentil câlin,
    Une timide impression soyeuse se présenta,
    L’enveloppa de douces sensations,
    Et envahit tranquillement son Palais des Mille et Une Nuits.
    Alors, ces délicieuses émotions virevoltèrent, virevoltèrent
    Et l’entraînèrent vers un monde si délicieusement impalpable
    Et pourtant si vivant.
    De merveilleuses perceptions de la Beauté l’attendaient
    Au bout de cette tendre exhalaison qui n’en finissait pas.
    A quelle hauteur vertigineuse pouvait bien flotter
    Ce bouquet voluptueux qui l’emmenait toujours plus loin ?
    Que se passe t’il, lorsque, bienheureusement endormis,
    Nous sommes accessibles à des perceptions extérieures (intérieures)
    Qui peuvent exacerber nos sensibilités ?
    Qui peut dire quelles fantasmagories nous habitent ?
    Sommes nous dans une ailleurs où nous pouvons laisser libre cours
    A ce qui nous enchante, à ce qui nous inspire ?
    Au Royaume de la fantaisie,
    Nous sommes tous Princes et Princesses,
    N’est t’il pas ?

    Murielle

  5. Claude DUCORNETZ dit :

    Une fenêtre était entrouverte, un parfum fripon se glissa dans la chambre.
    Son rêve alors se dévergonda…
    Oh, ce ne fut pas immédiat, ni foudroyant. Un courant d’air coquin porta le parfum jusqu’au lit où gisait endormi le jeune homme. Un drap léger recouvrait à peine sa nudité tranquille. L’air, comme un éther malin s’empara de ce corps offert, presqu’impudique, en commençant par la plante des pieds. Le souffle éolien enveloppa les jambes puis les cuisses à-demi découvertes faisant se redresser doucement un à un les poils du dormeur.
    Le sexe frémit sous la caresse angélique et aérienne.
    En plein sommeil paradoxal, le garçon rêvait. Jusques là, ses rêves s’acquittaient avec conscience de leur rôle nécessaire et quotidien de recomposition mémorielle, pour y inscrire le jour dans un souvenir délicieusement sage et bucolique. A la bonne place.
    Le songe ensoleillé du garçon voguait avec douceur sur les rives arborées d’un petit lac d’eau douce. Hier, c’était là qu’il l’avait vue, elle, allongée sur sa serviette de bain, à l’ombre illusoire d’un pin parasol. Juste vêtue d’un rayon de soleil. Quand il passa près d’elle, si près qu’il put sentir son parfum vanille miel, il n’osa pas la regarder franchement, mais elle le fixa sans vergogne. Le sourire qu’elle lui fit foudroya son cœur en un éclair.
    La fragrance coquine atteignit ses narines, s’insinua en lui et monta au cerveau, qui la reconnut aussitôt : vanille miel !
    Ce fut alors le désordre des sens, l’emballement du rêve et le chaos dans la mémoire.
    D’abord, il la vit, comme on se voit dans un miroir, de près, de si près qu’il pouvait à présent effleurer du doigt le bout de ses petits seins dressés. Un miracle de lignes courbes comme il n’en avait vu que dans les BD érotiques qu’il lisait en cachette. Une taille si fine qu’il se demanda s’il ne pourrait pas l’enserrer en joignant simplement ses mains.
    Et toujours ce sourire, des yeux verts comme un laser qui viendrait fouiller votre âme pour y trouver l’impur, pour y chercher la luxure, pour y mettre le feu.
    Impossible de fixer ce regard pénétrant. Les yeux de son rêve s’abaissèrent lentement détaillant chaque parcelle de peau, celle des seins qu’il connaissait déjà, celle du ventre délicatement bombé et plus bas…le regard n’osait plus descendre, même dans ce rêve fou.
    Son sexe se raidit doucement, devançant le désir qui naissait : le corps est toujours plus prompt à réagir que la tête.
    Les yeux effleurèrent la toison blonde et légère qui cachait, mais si peu…une représentation de « l’origine du Monde », tableau qu’il avait vu peu de temps avant, en visitant avec sa classe le musée d’Orsay.
    Le rêve redressa la tête ! Stupéfaction : le visage qui lui souriait, bouche grande ouverte comme celle d’une ogresse, c’était celui de la voisine. Cette femme, la quarantaine épanouie, qu’il épiait de sa chambre, au travers des rideaux, quand elle se faisait bronzer, à demi-nue, dans son jardin.
    Puis, dans un fondu enchainé propre aux rêves, apparu le corps gracile de sa jeune cousine qu’il avait aperçue l’année précédente, en ouvrant inopinément et presque par hasard la porte de la salle de bain. Avec des seins énormes et provoquant ! Ceux de la tante Agathe sans doute, dont les décolletés plongeants le fascinaient autant qu’ils l’embarrassaient.
    Alors défilèrent dans une sarabande provocatrice, sensuelle, érotique, toute une cohorte de corps de femmes plus ou moins entières, plus ou moins nues, les chanteuses qu’il écoutait, les actrices qu’il aimait, des inconnues croisées dans la rue ou admirées sur la plage.
    Parfois, entre deux corps désarticulés, la belle de la veille apparaissait pour s’évanouir à nouveau dans le remue méninges de son rêve…
    Julien se réveilla tout à coup et cacha comme il put avec son drap son émotion phallique.
    Là-bas, de la chambre de ses parents dont la porte était restée ouverte, lui parvenait la chanson préférée de son père :
    « Dans l’eau de la claire fontaine
    Elle se baignait toute nue.
    Une saute de vent soudaine
    Jeta ses habits dans les nues

    • Ophélie E. dit :

      J’ai beaucoup aimé votre style ainsi que la dérive des rêves. C’est tellement ça ! Merci à vous pour ce beau moment de lecture. Ophélie

      • Claude DUCORNETZ dit :

        merci chère Ophélie E. Ravi que ce texte que j’ai essayé de rendre sensuel sans tomber dans la vulgarité vous plaise. Lire les diverses contributions apportent souvent joie et plaisir, parfois surprise ou étonnement. En tout cas rarement de l’indifférence.

  6. AB dit :

    Une fenêtre était entrouverte, un parfum fripon se glissa dans la chambre. Son rêve alors se dévergonda.

    Cette nuit-là, il faisait chaud, beaucoup trop et c’est pourquoi, je décidais malgré mon rez-de-chaussée sur cour de laisser entrouverte la fenêtre de ma chambre. Des voisins seraient peut-être tentés de m’espionner mais, à part cela, je ne risquais rien. Ma fenêtre était pourvue de barreaux, personne ne pourrait entrer dans ce que j’appelais « Ma prison bien aimée ».
    Personne, certes, je n’avais pourtant pas prévu qu’un parfum pouvait avoir des pouvoirs insoupçonnables et c’est dans une ambiance olfactive dont je ne soupçonnais pas l’origine que je commençais à fermer doucement les yeux, allongé sur mon lit. J’étais bien. En bonus, une pluie d’étoiles offrait une lumière divine qui semblait pousser les barreaux de ma fenêtre et une brise de gourmandises dont l’effluve enivrante me berça me permit de m’enfoncer inévitablement dans un jardin merveilleux.
    Le temps de nuit faisait son œuvre quand soudain dans une magie indéfinissable, les barreaux s’ouvrirent. Tout se passait là, devant moi. Mais étais-je encore là ? Un passage miraculeux s’était fait et de mon lit, je devenais le spectateur hypnotisé. Qu’allait-il se passer ? Je le su rapidement quand ne femme à la silhouette parfaite s’avança vers moi. Vêtue d’un tissu de soie or qui collait ses formes onduleuses laissant deviner la perfection de son corps. Elle avançait encore. Je l’admirais plus que je n’avais envie de toucher cette grâce au-delà du réel. Je ne comprenais pas. Elle arrivait contre mon lit, se baissa et l’odeur paradoxalement subtile et puissante à la fois qu’elle dégageait ne m’entêtait pas, elle était incomparable, s’engouffrait à l’intérieur de mes narines, parcourait mes sinus jusqu’à titiller mon cerveau. Un nectar m’inondait, je le dégustai jusqu’à l’ivresse. Un parfum d’éternité et d’extase.
    J’avais envie de toucher cette femme si parfumée, si exaltante, de la prendre dans mes bras, la caresser pour valider cette apparition nocturne qui avait traversé mes barreaux.
    Alors que mes mains, tremblantes, s’approchaient vers elle dans une sorte de prière, mon regard dans une vision cauchemardesque vit son corps se transformer en une forme hideuse, une sorte d’horloge dont les aiguilles étaient ses bras et une sonnerie stridente parvint à mes oreilles dans un glas macabre m’obligeant à me les boucher.
    Mû par je ne sais quelle force, je gardai encore les mains plaquées sur mes oreilles et refermai mes yeux instinctivement pour rechercher ce corps divin. Je le voulais, le désirais, il m’envahissait. Irrémédiablement, le glas résonna encore pour me réveiller totalement. Au premier regard je vis ma fenêtre que je trouvais si triste avec les barreaux scellés et je compris que je venais de rêver. Un rêve singulier dont le réveil m’en arrachait.
    Douché, préparé et fin prêt pour le bureau, dès huit heures, après cette nuit extravagante que je venais de vivre, je traversais enfin le couloir du bâtiment quand un parfum particulier à nul autre pareil titilla mes sens. Dans mon extrême surprise et mon bonheur, déconcerté de tant de points curieux, je me pris à penser, exulter même pour que ma belle inconnue puisse exister. Après tout, cette odeur, je ne l’avais tout de même pas inventée puisqu’au grand jour elle revenait à la charge! La fenêtre était ouverte cette nuit, même avec les barreaux, ce parfum !
    Je n’osai me retourner, briser ainsi cet espoir serait trop dur. Ma belle existait-elle ?
    Une voix âgée, tel un couperet aiguisé, s’éleva dans un bonjour tremblotant. Déconcerté, je me retournai timidement, une petite vieille était derrière moi avec un sourire éclairant le matin sur des dents jaunies et espacées. Elle devait bien avoir dans les 85 ans car ses rides avaient depuis longtemps lézardé tout son visage.
    Quand je l’entendis me parler, je ne compris pas tout d’abord ses paroles et elle dû les reprendre,

    Je vous dis qu’hier soir, j’ai promené dans la cour mon chien « Colonel ». Il a gratté la terre sous votre fenêtre. J’ai bien essayé pendant un moment de remettre avec mes pieds la terre qu’il avait gratté mais c’était si difficile.
    Elle sentait bon cette odeur de nuit qui tronquait mon rêve en déception. Quelle déconvenue !

  7. Fleuriet Mireille dit :

    Elle avait toujours rêvé d’être une petite souris pour pouvoir être près de son amant lorsqu’il n’était pas près d’elle. Le voir sans être vue, le caresser à son insu, le frôler, l’exciter.

    Un jour, elle eut cette opportunité, une fée de ses amies, lui donna le pouvoir pendant deux heures de devenir un parfum fripon.

    Abracadabra ! Une fenêtre était entrouverte, le parfum fripon qu’elle était devenue, se glissa dans la chambre. Son rêve se dévergonda. Enfin ! Elle allait assouvir toutes ses envies coquines. Lorsqu’il était absent, son corps le réclamait, elle l’imaginait, elle avait toujours faim de lui. C’était un amant merveilleux…

    Emue, elle le vit allongé, dévêtu, un ventilateur oscillant, lui apportait cette fraîcheur tant recherchée par ces temps de canicule, le drap posé à travers de son corps se soulevait par cette légère brise.
    Elle frôla ses pieds, remonta doucement le long de ses jambes, s’arrêta un peu plus longtemps pas trop non plus sur son nid douillet, remonta jusqu’à son torse, le caressa, Elle eut envie de lui, elle se glissa jusqu’à ses lèvres. Tient ! Il sourit, sait-il que c’est moi ce petit parfum fripon ? De sa main, il toucha ses lèvres, ses yeux s’ouvrirent. Les deux heures octroyées par son amie la fée venaient de se terminer. De parfum fripon, elle redevint elle. Elle était là, près de lui réelle.
    Il parut étonné, que faisait-elle là ? Elle ne le laissa pas réfléchir, il était prêt, le petit parfum fripon avait fait son effet…

    Rêve ? Réalité ? Nous ne le saurons jamais. Il faut parfois croire aux fées…

  8. Grumpy dit :

    Il laissait, été comme hiver, sa fenêtre entrouverte faisant fi de l’inconvénient saisonnier : trop chaud ou trop froid mais le jeu en valait la chandelle.

    Chaque matin dès l’aube revenait le rêve récurrent. Pour rien au monde il ne voudrait louper l’instant fugace qui lui faisait chaque fois s’accrocher aux draps et chuchoter les yeux fermés « merci pour ce moment »

    Au début il n’avait pas compris, ni la cause, ni l’effet, et voilà qu’un jour, lors d’un rêve éveillé prématuré il la sentit arriver, s’infiltrer en une souple spirale tourbillonnant jusqu’à son petit groin. Parfum invisible mais odeur alléchante.

    Il faut dire qu’Emile était un petit cochon rose, presqu’encore de lait, un ado gracieux et grassouillet, déjà quelques soies blanches au menton et autour des sabots méchamment qualifiés de pieds de cochon. On aurait volontiers taillé quelques lardons dedans, si bien que ses parents l’avaient très tôt mis en garde contre les couteaux et hachoirs de toutes sortes.

    Jusque-là, il ne pensait qu’à manger, peu lui importait de développer du gras, il se moquait d’être rondelet, il n’y pouvait rien, et surtout il adorait ça, c’était confortable, séduisant et génétique. Tous les hommes portant pneu sur les hanches vous diraient la même chose s’ils étaient honnêtes.

    Lorsque dans son rêve matinal l’appétissante effluve s’infiltrait doucement dans ses trous de groin, bien qu’elle ne sentit pas la rose, loin de là, il la reniflait goulument, ainsi croissait l’excitation.

    Alors il la voyait aussi nettement qu’il la humait la jolie petite Piggy, la ravissante petite cochonne, sa visiteuse du matin, venue lui apporter ce petit moment de bonheur. Quand elle baissait vers lui son doux regard porcin et lui laissait voir ses tétines, sa petite queue se détirebouchonnait toute seule, il ne se retenait plus.

    Ce moment irréel, insensé, était si jouissif qu’il lui importait bien peu de savoir si c’était du lard ou du cochon !

  9. AMARYLLIS dit :

    Une fenêtre était entrouverte,
    un parfum fripon se glissa dans la chambre. 
    Son rêve alors se dévergonda… . …sa main se sentit irrésistiblement attirée vers son crayon coquin dont elle s’empara pour aussitôt se mettre à écrire frénétiquement la liste de tous les mots et les expressions canailles qui lui venaient à l’esprit. En effet, l’écrivaine était depuis quelques temps en panne d’écriture et ce matin là le vent scélérat avait apporté des effluves embaumés d’érotisme, et elle se mit à coucher sur le papier, en vrac, tous ces mots plus ou moins torrides qui étaient cachés au fond de sa mémoire. Sensualité, désir, appas, délectation, délice, jouissance, jubilation, orgasme, volupté, ardent, vénérien, badinage, sexe, baiser, feu, puis, s’enhardissant, lui vinrent en ordre dispersé des paroles empruntées à Colette Renard, dans sa chanson: « les nuits d’une demoiselle » : Je m’fais chevaucher la chosette Je m’fais chatouiller le bijou Je m’fais nourrir le hérisson Je m’fais béliner le joyau Je m’fais farcir la mottelette Je m’fais remplir le vestibule Je m’fais ramoner l’abricot… Oui, maintenant, elle le tenait, le fil de son prochain roman.

  10. françoise dit :

    Une fenêtre était entrouverte,
    un parfum fripon se glissa dans la chambre. 
    Son rêve alors se dévergonda
    c’était un parfum masculin
    il lui semblait reconnaître le parfum « Azzaro ».Il y avait longtemps qu’elle avait humé cette fragrance
    Jadis, Le vendeur qui lui avait conseillé cette marque, lui avait dit que ce parfum distille dans le monde entier sa magie douce, fraîche et boisée. C’est un mariage d’amour, alliant la force et la tendresse …Séduite, elle l’avait donc acheté et offert à son compagnon qui avait semblé l’apprécier autant qu’elle.Mais quand le flacon fut vide (certainement une coïncidence) il était parti la laissant désespérée.
    Elle se leva sans hésiter et ouvrit grand sa fenêtre et sous celle-ci il y avait……son ex-compagnon, le flacon vide (celui qu’elle lui avait offert?)qu’il brandissait au bout de son bras . «j’aimerais que tu m’en offres un autre » lui dit-il avec le plus grand sérieux.
    Elle lui claqua la fenêtre au nez , la ferma énergiquement et elle alla se recoucher . 2HOO sur son réveil : elle se dit qu’il fallait qu’elle se rendorme vite, demain elle aurait une dure journée car il y avait des ventes promotionnelles chez Sephora où elle travaillait.
    A sept heures la sonnerie du réveil la fit sursauter. Elle fit sa toilette, s’habilla et au moment de pulvériser, comme chaque jour, quelles gouttes de son parfum habituel Azzaro elle hésita : pourquoi pas du « coco chanel » la pub affirme que « quand on porte Coco Chanel, on se sent un peu plus dangereuse que d’habitude, comme dans la peau d’une prédatrice, vorace et animale ».
    Soudain son compagnon qui partageait son lit, la secoua «  vite c’est l’heure de se lever, c’est la rentrée des classes ne faisons pas attendre nos élèves.
    Elle sauta du lit et alla ouvrir la fenêtre de leur chambre pour l’aérer avant leur départ . A quelques mètres il y avait un SDF qui dormait encore, un flacon de vin vide dans la main. Qu’importait il n’avait pas classe….

  11. Beryl Dey Hemm dit :

    Rêve ? C’est pas un métier.
    Ou si c’est un métier, c’est un métier de …
    Ah ! Ils savent vous appâter ! Vous faire croire que… Tout le monde se laisse prendre !
    Et au final, quand vous vous rendez compte que ce n’est pas ce que vous attendiez, il est trop tard, vous êtes sous contrat, ligoté, astreint à un horaire éreintant, à des conditions délirantes, et soumis aux caprices d’une clientèle exigeante et stupide.
    Ils ont le chic pour repérer leurs proies. Ils vous cueillent au moment où rien ne va, vous répètent que vous possédez les qualités requises et que, « sans aucun doute ! », appuient-ils, « vous ne manquez pas d’imagination ! Ça se voit à votre comportement, à votre personnalité, à la façon de vous habiller, et blablabla… ». Ils vous hypnotisent, vous mettent en confiance. Vous émettez quelques objections ? Ils les balaient aussitôt. Vous faites trois pas avec eux ? Trop tard pour rebrousser chemin ! Vous êtes pris dans leurs filets !!
    Alors commence un train-train de désillusions.
    Vous avez cru pouvoir faire du bien aux gens ? Et vous vous rendez compte qu’ils ne vous tolèrent que pendant un court espace de leur existence. Leur nuit de sommeil occupe un tiers de la journée, mais à l’intérieur de cette durée ne vous sont allouées que quelques plages de temps !! Ainsi, un individu ne rêve qu’une heure quarante par nuit ! Et en plus, en morceaux, et inégaux !! Vous avez dix minutes pour le premier rêve, vingt pour le second, environ trente pour les suivants. Croyez-moi, c’est court pour improviser !!
    Aussi vous avez envie de vous rattraper pendant la journée…
    Mais là vous êtes très mal vu ! On vous chasse, on vous balaie d’un revers, un collègue rappelle votre client à l’ordre, et à la réalité. Ça ne se fait pas, de rêver pendant la journée, dédiée aux choses sérieuses, réfléchies, terre à terre. Vous savez ? Celle qui colle aux pieds, la glaise mouillée, qui vous assure des semelles de plomb de dix centimètres…
    Alors, résigné, vous devez vous contenter de périodes hachées, exclusivement nocturnes, qui ne préviennent jamais quand elles commencent, ni quand elles se terminent, d’ailleurs.
    Et parfois, souvent même, vous avez une idée originale pour les meubler. Vous tentez le coup. Mais la clientèle n’apprécie pas le changement. Et comme le dormeur est en phase de sommeil dit « paradoxal », il intervient dans votre projet et le ramène à un scénario classique et répétitif. En général une poursuite sans fin… ou une chute dans le vide… Et vous êtes bon pour vous essouffler dans une course démente et perdue d’avance ou pour vous casser la gueule à répétition. Et ce plusieurs fois par semaine. Et avec un contrat sans assurance vie !
    Moi je suis épuisé et j’en ai marre. Je vais coller ma démission.
    Il y a trois jours, ultime tentative : Ma cliente, au moment du coucher, portait un parfum chypré, sensuel, qui fleurait bon les rêves érotiques. Je choisis une des dernières phases de la nuit, parmi les plus longues, pour l’entraîner loin de son quotidien dans un harem caché aux yeux du monde, au milieu de ses semblables, belles dames dénudées aux formes avantageuses et aux courbes éloquentes, réparties au bord d’un bassin rempli d’eau parfumée et tiède. Un jeune sultan de belle prestance arrive et se dirige vers elle avec un geste d’invite. Visiblement, il l’a choisie. Il la relève et l’étreint, la caresse doucement sur les hanches…
    J’en étais là. Tout fier de moi.
    Voilà pas ma cliente qui se relève, s’assied dans le lit, effarée, reste interdite quelques secondes. Avant de bondir sur ses pieds, de courir à la salle de bain. Elle se passe de l’eau sur la figure, s’inspecte dans la glace comme si elle se réveillait insecte. La voilà dans la cuisine, en train de se préparer un café très très fort…
    Moi qui m’amusais un peu, pour une fois !
    Les gens sont pas drôles…
    Décidément non !
    Rêve, c’est pas un métier !

  12. Souris verte dit :

    🐀🍋 UN PARFUM DE CITRON
    Échappé des jardins plantés de citronniers sur les hauteurs de Nice, dans l’air guilleret du petit matin, un parfum coquin, par les interstices d’une jalousie, dans une chambre s’immisce.

    Ce fripon, en volutes citronnées caresse la joue de la femme endormie.
    Couchée sur le côté, elle serre allongé contre son flanc un polochon, compagnon pâlichon et seul confident.

    La caresse de papillon sur sa joue déjà marquée, la séduit et l’emmène dans une odeur de citron.

    À califourchon sur les ailes de ce vent fripon, elle s’abandonne, vole nue de tous soucis et conventions.

    Connaîtra-t-elle le grand frisson ?
    Au bout du périple de sa nuit, dans une fraîche odeur acidulée, elle se réveille détendue, pense à son rêve et sourit.

    Sur le polochon, au creux de ses bras un citron y est tendrement blotti.🐀🍋

  13. Antonio dit :

    Ce parfum, ces talons qui claquent sur le macadam crevassé du boulevard Auriol, ces jambes longilignes qu’une jupe trop courte peine à recouvrir, ça ne pouvait être maman qui l’emmenait à l’école. Jean leva la tête et lâcha sa main.

    D’un coup, il se souvint. Ce tailleur strict découvrant un chemisier blanc à fleur d’une peau blanche qu’un décolleté laissait entrevoir chaque fois qu’elle se rabaissait à ramasser les crayons stratégiquement semés ça et là, c’était mademoiselle Fouriol.

    Que faisait-elle là ? Mais oui ! Elle l’emmenait voir monsieur le directeur. Jean avait encore perturbé sa classe, selon elle, alors que selon lui, il n’avait dit que ce qui lui brûlait les lèvres.

    — Vous avez de beaux seins, maîtresse. Quand je serai grand, je voudrais que vous soyez ma maîtresse, pour de vrai, comme Brigitte au bureau de papa.

    Fallait-il être inconscient pour dire de telles obscénités quand on a dix ans ?

    Le boulevard Auriol ressemblait étrangement à la cour de récréation quand Jean sentit soudain venir une érection. Le petit garçon était bien plus adulte dans sa tête et son slip que d’apparence. Mademoiselle Fouriol entraîna Jean sous le préau qui faisait d’un coup office de grange, avec de la paille partout, comme chez les parents de Lucie, sa première fois. Pas avec Lucie son dépucelage, mais sa maman, un regrettable dérapage. Il faut dire qu’elle lui faisait terriblement penser à Mademoiselle Fouriol, huit ans auparavant.

    Jean allait enfin réaliser son fantasme, dans la cour d’école du boulevard Auriol. Ses mains expertes d’expert comptable de vingt ans de métier remontèrent sa jupe et firent basculer la maîtresse sur le bureau où des dossiers de paille volèrent en pagaille. La fenêtre était entrouverte, un parfum fripon se glissa dans la pièce.

    Ce parfum, il l’aurait reconnu entre mille, c’est lui et sa sœur qui le lui avaient offert pour la fête des mères. Jean recula aussitôt, accroupi au sol, sur le boulevard Auriol. Une jupe longue lui faisait face. Il remonta son slip jauni au pipi, quand elle lui dit :

    — C’est bon t’as fini ? On va encore être en retard à l’école. T’aurais pas pu aller aux toilettes avant ?

    Jean prit la main de sa maman, se demandant bien ce qu’il faisait boulevard Auriol, et avança d’un bon pas. Quand le réveil sonna, il se souvint qu’il avait une réunion, mais surtout il avait mouillé les draps. Quand sa femme s’en aperçut, elle lui dit sur un ton qu’il aurait reconnu entre mille :

    — T’aurais pas pu aller aux toilettes avant de te coucher ?

  14. Camomille dit :

    Une fenêtre était entrouverte,
    un parfum fripon se glissa dans la chambre. 
    Son rêve alors se dévergonda…
    Oh qu’il est beau…..Oh qu’il est beau !
    Elle était en extase, et lui, il lui souriait comme jamais on lui avait souri….. il ne souriait qu’à elle d’ailleurs.
    Il lui tendait la main :
    Viens Alice, viens vers moi….approche !
    NON NON NON….. je n’ai pas le droit, se défendait-elle mollement et toute tremblante de désir interdit.
    Viens Alice, viens vers moi… personne n’en saura rien !
    Alice songeait que c’était trop cruel.
    Comment résister à cet appel des sens ? Et puis, cette beauté, ce regard ! Ce doux regard implorant.
    La Tentation Alice, la Tentation…quel dilemme !
    Elle pensait:
    il doit avoir froid le pauvre, si peu vêtu…..
    son torse nu est superbe bien qu’un peu maigrichon,
    Ah…. l’entourer de mes bras… le réchauffer… peut-être même l’embrasser…Oh OUI, l’embrasser !!!
    et ce pagne si élégamment noué autour de sa taille, ce pagne qui cache, qui cache… Oh nom de Dieu !!!!!
    BOUM BOUM BOUM !
    Voilà qu’Alice se réveille en sursaut,
    on cogne à sa porte :
    Sœur Alice, Sœur Alice, réveillez-vous voyons, réveillez-vous !
    Vous n’avez pas entendu la cloche ?
    Vous êtes souffrante ?

  15. Ophélie E. dit :

    Mathilde rêvait qu’elle s’escrimait à tracer un cercle avec le grand compas que lui avait tendu sa prof de maths. La pointe glissait sur le tableau et le cercle prenait des formes ovales, hexagonales, trapézoïdales. L’énigme de la quadrature du cercle qui énervait tant Anaxagore de Clazomène n’était pas près d’être résolue. Mathilde n’avait qu’une envie : celle de prendre la tangente.

    Sous les rires moqueurs de ses camarades, elle regagna sa place en remarquant le regard apitoyé de Rémi, l’élu de son cœur. Les regards des garçons ne trompent pas le cœur des filles aussi, était-elle certaine qu’il en pinçait pour elle. Hélas, l’année scolaire s’écoula sans que jamais il ne lui adressât la parole.

    Son rêve alors se dévergonda.

    Tandis qu’elle rangeait ses affaires, Rémi vint la prendre par la main et l’entraîna dans une prairie de fleurs multicolores où ils se mirent à danser langoureusement. Ivre de bonheur, la tête nichée au creux de l’épaule de son amoureux, Mathilde se délectait de son odeur. Doucement, il lui dénoua les cheveux qui tombèrent en cascade sur ses épaules. Leurs corps s’épousaient au rythme de la danse quand, pris de désir, Rémy la souleva et l’emporta à l’ombre d’un tilleul. Il la coucha sur un moelleux tapis de mousse et ouvrit un à un les boutons de son chemisier. Mathilde, au comble de l’extase, se noyait dans le regard vert lagon de son bien-aimé qui se pencha pour lui donner le baiser tant de fois espéré.

    Mathilde s’agita, ouvrit les yeux et, dépitée, se leva pour fermer la fenêtre tout en maudissant l’angélus.

  16. Blackrain dit :

    Le parfum de l’amour flotte autur de sa chair.
    Désir de sa peau, désir de ses yeux, appeaux de son charme.
    Sa peau.
    Son touché, velouté par endroits et soyeux allant vers…
    Son odeur, fleurie par ses parfums ou suave par essence.
    Sa saveur, sucrée par le soleil à la naissance de ses seins, salée en perles de sueur au creux de ses reins.
    Ses yeux.
    Deux grands lacs, couleur Verdon lorsqu’ils sont profonds, couleur turquoise lorsqu’ils me toisent. Ils papillonnent en m’affleurant, en m’affolant, derrière des cils interminables. Des cils qui en dessinent les contours, qui en tamisent la brume ou en soulignent l’éclat. Ces cils qui dévoilent des îles sans noms mais aussi son musical prénom. Cécile me regarde et me garde prisonnier.

    Si la chair est faible, la sienne est affable. Elle parle gentiment à mes lèvres et à mes doigts pour « faire aumône » à mes caresses. Elle est aussi à fables car elle me conte une histoire différente à chaque fois. Son émoi est pour moi La Fontaine dans laquelle je m’abreuve chaque fois, soulevant le lièvre que la tortue dissimule en approches câlines, en approches collines que j’aborde en colimaçon.

    Par tous les seins je le confesse, je préfère ses aréoles que je tète plutôt qu’une auréole au dessus de ma tête. Je « tendresse » pour ses fesses même si je dois être vilipendé en chaire. La chair me brûle, je suis damné. Je suis condamné car si je marie âge et volupté malgré nos différences de saisonnalité, c’est en dehors du mariage qu’il est célébré. Point de confession lorsqu’avec Cécile je vais à con fesse pour exhausser nos sensuelles prières. Au-delà du désir assouvi, la communion des corps devient la cène de l’accord des âmes. « L’accord des on » transcende alors les « son » et les « je » de l’amour et du hasard. Nous ne formons alors plus qu’une seule énergie qui s’apaise en nos petites morts. Après avoir été en émois et en elle, le désir prend ses petites ailes pour nous accorder un peu de repos. Le « désir laisse » alors nos esprits partir en « voyage, voyage » dans l’espace inouï de l’amour.

  17. iris79 dit :

    Une fenêtre était entrouverte,
    un parfum fripon se glissa dans la chambre. 
    Son rêve alors se dévergonda…
    Il profita de la fenêtre entrouverte pour se faufiler dans la chaleur moite de la nuit et glissa jusqu’au bord de la fenêtre de sa voisine. Par chance, sa fenêtre aussi était entrouverte, il s’y glissa alors telles les effluves du parfum et vint frôler la silhouette de ce corps parfait. Le drap recouvrait sa peau nue et ondulait sous ses respirations enivrantes. Il chercha à se faufiler sous les draps mais il n’y parvenait pas.
    C’était comme si le drap avait été une seconde peau. Il était figé là sur elle sans qu’il puisse soulever cette enveloppe de doux coton qui la recouvrait comme une maison.
    Il s’approcha suffisamment pour pouvoir respirer ses cheveux, il aurait tant voulu les toucher. Il approcha le plus délicatement possible ses doigts de cette chevelure corbeau, il n’avait rien vu depuis longtemps d’aussi beau.
    Il avait peur de la réveiller, il avait tant rêver de pouvoir la caresser.
    Mais un bruit incongru le tira de ses douces rêveries et il fut brusquement rappeler aux affres de sa vie.
    Sa femme en maugréant tirait fermement le drap au dessus duquel il avait pris place la main en suspend au dessus de son oreiller. La posture inconfortable finit de le réveiller. Il se leva dépité et alla refermer la fenêtre pour pouvoir poursuivre et terminer sa nuit sans autres rêves, de chimères et de galanterie.

  18. Nadine de Bernardy dit :

    Une fenêtre était entrouverte.Un parfum fripon se glissa dans la chambre.
    Son rêve se dévergonda.Le vieux René venait enfin de se rendormir dans la fraîcheur du petit matin,sous le drap froissé à force d’y avoir cherché le sommeil si longtemps.
    Il ronflotait paisiblement,solitaire,et se promenait sur une route de campagne déserte.Le soleil tapait ,il avait soif.Pas un signe de vie,la route allait vers l’infini poussiéreuse,aride.
    Un arbre apparut soudain devant notre rêveur,fournissant un ombrage accueillant.René s’y réfugia pour une petite pause,quand un parfum suave lui parvint.Il le connaissait mais ne pouvait encore le nommer.Il huma plusieurs fois.
    Voilà!c’était « Soir de Paris » de Bourjois avec un J comme joie disait toujours Liliane quand elle venait le rejoindre à leurs rendez vous secrets.Elle s’en mettait une goutte dans le cou,chipée au flacon de sa mère.Il adorait cette odeur.
    Un ruisseau passa devant lui dans lequel il trempa ses pieds avec délice,une ondine aux cheveux de lin y nageait nue et souple.
    Ebloui,il la suivit mais elle disparut dans un étang profond recouvert de nénuphars.
    Dépité,René s’en revint vers l’arbre par la rivière.Celui ci était à présent couvert de créatures ravissantes,nues elles aussi,assises sur les branches,lui tendant langoureusement les bras,le regardant avec concupiscence.
    Il était redevenu jeune ,son ardeur n’était plus en berne.Il courut vers ces promesses,mais glissa sur un galet,le ruisseau était devenu torrent impétueux qui l’entraînait dans le vide d’une cascade.
    Juste avant d’y sombrer,haletant,il s’éveilla.
    Il sentit comme un timide frémissement à un endroit de son anatomie qui faisait profil bas depuis trop longtemps.
    Délicatement,René souleva le drap,ému et plein d’espoir.
    Il vit le cordon de son pyjama qui se soulevait fièrement au son d’une musique languide,tel un serpent captivé par son maître.
    La voisine du dessous faisait son habituelle séance de yoga tantrique sur son balcon,environnée d’encens et de musique apaisante.
    Il reposa le drap,les larmes aux yeux.

    • malinconia dit :

      Ah ! René tu peux dire merci au galet de la 403ème sans lequel tu aurais sans doute loupé ta possible dernière émotion, pourtant racontée bien joliement.

  19. Jean-Pierre dit :

    Une fenêtre était entrouverte,
    un parfum fripon se glissa dans la chambre et vint chatouiller les narines de Laura, qui était en train de rêver qu’elle était un peu plus vieille (mais ça ne se voyait pas), et qu’elle jouait avec ses enfants pendant que son mari faisait un travail prestigieux et bien payé dans une banque suisse.
    Elle éternua.
    Son rêve alors se dévergonda. Elle n’avait pas changé (du moins en apparence). Elle avait toujours un mari, mais celui-ci était assis tout contre une bombasse russe au rire idiot à la terrasse d’un hôtel luxueux au bord de la plage de Copacabana, et tous deux sirotaient un alcool fort en racontant des niaiseries, pendant qu’elle-même faisait barboter les enfants dans les vagues d’une eau bien froide.
    Cette vision de cauchemar la fit éternuer (à moins que ce soit le vent coulis glacial qui venait de la fenêtre. Un chaud effroi en quelque sorte), mais ne la réveilla point.
    Son rêve alors se dévergonda (bis). Une bonne(?) fée avait frappé (à moins que ce soit la nounou des enfants) : ceux-ci avaient disparu, et maintenant Laura était entourée de beaux mâles en string qui la regardaient avec envie en faisant jouer leurs muscles ou en faisant tourner la clé de leur Ferrari ou de leur Jaguar autour de leur index.

    Et effectivement, on avait frappé à la porte de la chambre de Laura pour la réveiller car c’était l’heure de se lever pour aller au lycée. Elle était de bonne humeur.
    Elle chantonnait : « Ah ! Si Maman savait ça, tra la la ! ».
    Elle n’avait que quinze ans et n’était pas très pressée de jouer avec les enfants (dans les vagues ou ailleurs). Alors, elle plongea dans le placard et se contenta d’une tablette de chocolat qu’elle croqua avec délices.

  20. Laurence Noyer dit :

    Comme un parfum de rêve

    Le soleil s’est couché dans mon lit cette nuit
    Enveloppé du drap de ses effluves ardents
    Il a, par ses talents d’impétueux amant,
    Léguer à mes chimères le plus bel usufruit
    Il a, par sa chaleur, fait bronzer mes sommeils
    Je connais maintenant le parfum du soleil

    Cet amoureux canaille n’est pas arrivé seul
    Est venu ennobli d’une ceinture d’étoiles
    M’a offert la primeur d’une effluence astrale
    Comme autant de senteurs dans un bouquet de fleurs
    Ce fripon m’a permis de soulever leur voile :
    Je connais maintenant le parfum des étoiles

    Au matin, le soleil, s’est levé de mon lit
    Laissant quelques nuages de parfum d’orient
    Trainer en baldaquin sur le jour renaissant
    Et puis m’a salué d’une légère bise
    Après m’avoir confié le secret de sa fièvre
    Je saurai maintenant parfumer tous mes rêves.

  21. durand dit :

    Une fenêtre était entrouverte, un parfum fripon se glissa dans la chambre. Son rêve alors se dévergonda. Il devint frivole.

    Perchée sur le canapé, elle déverrouillait sa robe vers de tendres frissons. Une belle fripouille la dévisageait, de haut en bas, de bas en haut, de côté, au travers une nappe de dentelle. Déterminée à fricoter avec le larron de hasard, elle déversa des litres d’envies. Le fringant dévêtu tâtait du terrain. Elle se croyait une gigantesque friandise à dévorer, un énorme chamalove. Ce beau corps en friche palpitait du dévissé. C’est sûr, elle allait dévier de l’ennui, sa petite frimousse allait rosir, sous la bonne cuisson des caresses.

    Cela lui promettait une sacrée fricassée…!! ?

    Mais elle se réveilla. Le matelas était trop mou et l’odeur de la lessive montait bien du jardin.

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