406e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat

Deux poubelles, ne pouvant plus se sentir, vident leur sac en attendant le passage du Camion Poubelle.

Inventez leur altercation

Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Un petit combat pour maintenir en vie l’enthousiasme d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

32 réponses

  1. morel dit :

    Deux poubelles, ne pouvant plus se sentir, vident leur sac en attendant le passage du Camion Poubelle….
    Bonjour chèr Ami, comment allez-vous ce jour d’hui ?
    Et qu’avez-vous engrangé de nos misérables terriens ?
    – » Ouaips, cake tu dis ? infernale harpie!T’as encore picolé cette nuit ?
    – »m’en parlez pas, l’un de ces SDF est venu m’ouvrir en plein sommeil et m’a piqué toute la bonne mangeaille qu’les gentlemans du restaurant de ce lieu le plus chic de Paris avaient daigné m’infester. Pouah, quel réveil, j’en tremble encore !
    Vous êtes trop sensible ma chère Bluette
    , et quelles autres conneries as-tu à me raconter pour foutre ma journée en l’air, comme d’hab ?
    – »Grrr, vous n’êtes qu’un malpoli, un ruffian, un paltoquet , un misogyne
    Monsieur Pot’dpus;Je ne vous adresse plus la parole.
    Allez,ne fais pas cette tête Bluette, c’était juste pour te faire parler afin de sentir
    Et elle se mit à, bouder jusqu’à ce que le gentil camion vienne les débarrasser du tas de gâchis déversé par ces admirables terriens à l’intérieur de leurs entrailles appartenant à cette jolie planète bleue.
    M’en fous, je suis plou belle que toi

  2. Blanche dit :

    Dans une rue de Téhéran, deux poubelles dos à dos se détestaient âprement depuis deux jours

    Leur rancoeur avait pour cause un bon gros chat blanc persan ( plus vraiment blanc car tout sale ébouriffé ) qui, depuis deux jours , ne refermait plus comme au paravant leurs lourds couvercles après avoir croqué sa pitance grace à leur contenu !

    Il faut dire que la chaleur persane sèche et étouffante n‘aidait en rien à atténuer l’odeur pestilentielle de leurs contenus respectifs…

    Elles perdirent toute retenue et se jetèrent dans une véhémente altercation apres qu’ tapissier persan vint déposer dans chacune d’elles deux sacs plastiques noirs de 30 litres remplis de têtes de sardines accompagnées de leurs arrêtes

    C’en était trop !

    D’abord l’absence 2 jours d’affilée du gros camion poubelle rouge une fois de plus en réparation au garage de Mohamed ; puis le dègue matou persan devenu tout à coup paresseux, enfin, cerise sur le gâteau, le cadeau puant du tapissier et ses têtes de sardines et leurs arrêtes en décomposition…

    Et la pluie qui ne venait pas !

    Et le vent sec qui poussait la poussière !

    Et le passage constant des deux files de bagnoles roulant toutes au diesel !

    Et sœur Addia qui ne voyait toujours pas le camion rouge arriver !

    Et la chaleur qui augmentait sans faiblir !

    C’est alors qu’à l’aube du troisième jour,un poivrot persan bravant sciemment les règles d’interdiction de consommation d’alcool, se pointa au coin de la rue…

    Et titubant vint se casser la figure exactement entre les deux poubelles (à présent féroces ennemies ) qui sous le choc, roulèrent direct jusque sous les roues du gros camion rouge qui, reprenant ce matin là du service, déboula du coin de la rue …

    Les freins que Mohamed avait « oublié « de contrôler lâchèrent soudain, et de ce fait
    et aussi à cause du mauvais timing, (souvenons-nous en passant qu’il n’y a PAS de hasard ) le conducteur ne pu éviter le gros-gras-matou-persan-tout sale ébouriffé qui tentait de s‘enfuir vite fait et à toutes pattes, de cet enfer persan…

    Poubelle 1 totalement défoncée regarda une dernière fois poubelle 2 ( défoncée aux trois quarts seulement) sans haine car proche du trépas et murmura :

    – Je t‘avais bien dit que tout cela finirait mal un jour !
    – Oui , je sais ! Mais l‘camion l‘a eu tout d’même l‘matou persan dans la foulée !

    – Tu parles ! C‘etait même pas un vrai persan, juste un fake robot chintoc c‘te bête là!

    Sur ces mots un violent orage éclata et une pluie torrentielle envoya tout c’beau monde là direct dans le caniveau de cette rue de Téhéran…puis des égouts, direct jusqu‘en Mer Caspienne

  3. Françoise - Gare du Nord dit :

    405 Deux poubelles, ne pouvant plus se sentir, vident leur sac en attendant le passage du Camion Poubelle.

    Inventez leur altercation

    Dans une paisible rue du quartier des Batignolles, deux poubelles, l’une verte, l’autre blanche, s’invectivaient :

    « Hou la la ! Quelle puanteur ! » attaqua la Blanche
    « Que fais-tu ici et maintenant ? Ce n’est pas ton jour ! » riposta la Verte»
    «  Sache que c’est toujours mon jour»
    « Laisse-moi me gausser. Ne dit-on pas de toi que l’on te bourre la semaine et que l’on te sort le dimanche ? »
    « Ne sens-tu pas cette odeur pestilentielle ?  Mais c’est toi ! Je ne suis pas étonnée ceci dit. Avec tous ces rebuts que le genre humain produit et dont personne ne veut. A part les rats. Pouah !»
    « Je ne pue pas. Je ne contiens … que des émanations olfactives Et d’ailleurs toi aussi tu empuantis de tes relents de vinasse.  La vinasse et les cadavres de… » bafouilla la Verte
    « Moi je sens mauvais ? Moi je sens la vinasse? Moi qui n’héberge que bouteilles de grands crûs, que flacons de parfums, que verres de cristal, que bocaux de… » 
    « Et puis tu fais un boucan d’enfer quand… »

    C’est alors que la poubelle jaune fit son apparition.
    Aussitôt, par un incompréhensible revirement donc seules sont capables les femelles, quelle que soit leur espèce (minérale, animale ou végétale), nos deux protagonistes s’unirent pour se liguer contre la nouvelle venue.

    « Regarde-la cette pimbêche. Toujours aussi snob ! À l’en croire, elle ne sent rien ni ne fait de bruit. Inodore et insonore. Une poubelle éthérée. Tu le crois ? »
    « Hé là ! La Jaune que fais-tu là ? » l’interpelle la Blanche
    «  Tiens l’Immondice nauséabonde et La Tonitruante avinée ! » les nargua-t-elle
    « Ne prends pas tes grands airs avec nous. Nous savons très bien que toi aussi tu es bourrée de choses pas jolies jolies » invectiva la Blanche
    « Je fais fi de vos bassesses. Moi Je ne contiens que la grande presse, cartons de boutiques…. »

    À ce moment précis de cette joyeuse algarade, un camion poubelle vert brillant estampillé Propreté de Paris apparut au coin de la rue.

    « Le vert galant est là ! Le vert galant est là ! » glapit la Verte
    « Enfin ! Il va nous départager » piaula la Blanche
    « Oui ! C’est cela ! Voyons laquelle il va vider » piailla la Jaune

    Hélas : Le camion passa devant elles, médusées, sans s’arrêter ni même ralentir mais prit le temps de leur crier cette phrase assassine :

    « Désolée Mesdemoiselles ! Mais aux poubelles de la Rue des Dames je préfère les conteneurs du Boulevard des Italiens ».

  4. Murielle Blache dit :

    Deux poubelles ne pouvant plus se sentir, vident leur sac en attendant le passage du Camion Poubelle.
    Ah tiens, c’est toi Blanchaille, ça faisait bien longtemps que l’on ne s’était trouvé ensemble. Remarque, tu ne m’as pas vraiment manqué. Faut dire que ton patron, maître Fretin ne te ménage pas. Tu exhales un fumet révélateur. On dirait un mélange savamment orchestré de friture, de marée, de colle, de barbeau, et j’en passe…
    Et bien, toujours aussi aimable la Canarde. Justement, je me demandais ce que tu devenais. Je constate que ton proprio est toujours aussi vachard. Parce que tu parles, tu parles de mon odeur de poiscaille. Tu as l’odorat bien sélectif : as-tu seulement idée du relent que tu dégages ? J’hésite entre bidoche, venaison, carne, boucan, singe… On se demande bien ce qui se trame dans les cuisines de ton viandard de logeur !

    Et voilà cher pèlerin, le petit dialogue épicé que j’ai surpris au hasard d’une promenade digestive (burp) entre deux poubelles qui avaient pourtant l’ « Air » tout à fait anodines, si ce n’est toutes ces mouches qui vrombissaient autour d’elles (sans discrimination) et cette puanteur (beurk) assassine.
    Il faut dire que les pauvres petites étaient reléguées au fond d’une impasse où personne ne pouvait avoir l’idée de venir les délivrer de leur nasse mi-saumurée, mi-tendineuse.
    Comment voulez-vous que le Camion Poubelle puisse les dénicher dans ce trou à rats.
    Il fallait bien qu’un simple quidam comme votre serviteur, un touriste perdu dans les rues d’un quartier gargotier, se retrouve nez à nez (beuh) avec l’envers du décor(um).
    En tout cas, je peux le dire, cette histoire finit en queue de poisson ou en eau de boudin et c’est bien normal pour une histoire sans queue ni tête à propos d’états d’âme de deux poubelles.
    Par contre, je sens que je vais devenir végétarien.
    Murielle

    PS : à propos, j’allais oublier, aujourd’hui, nous sommes le 1er avril (enfin, je crois).

  5. Liliane dit :

    Depuis des années, elles se retrouvaient une fois par semaine, sur le bord du trottoir et passaient la nuit ensemble.

    Les deux poubelles, N°6 et N°8, ne pouvaient plus se sentir et vidaient leur sac en attendant le passage du Camion Poubelle.

    Elles s’engueulaient ferme, ces deux-là. Des bordées d’insultes, d’injures, de mots scabreux.
    Un jeu sans fin.
    Un jeu qui ne les amuse plus.

    Aujourd’hui, un air de printemps assainit l’atmosphère.

    – T’as changé de parfum ?
    – Seulement de proprio ! Mais, toi N°6, t’as pas l’air de t’améliorer ! J’ose pas te l’ dire, mais ça schelingue !
    – Tu t’souviens pas, la semaine dernière, y m’ont ignorée.
    – Qui ça ? Les robots poubelles ?
    – Bien sûr, N°8 ! Qui d’autres ? Alors t’imagines avec cette canicule, ça fermente, ça grouille là-dedans. J’en ai la nausée !
    – Je te plains, ma pauvre ! Y font mal leur travail ces robots !
    – Sûr ! Mais les bipèdes refusaient de faire ce sale boulot dégradant, alors les inventeurs ont créé ces tas de ferrailles et de boulons, sans une parcelle d’intelligence.
    – Et nous, N°6, on continue d’empester et cela me fiche le bourdon.
    – Si on pue, chère N°8, c’est la faute à qui, hein ?
    – J’sais pas.
    – Des bipèdes, jarnicoton ! Ce sont eux qui nous balancent leurs déchets dégoulinants de pourriture.
    – C’est pt’ être pas d’ leur faute !
    – Mais si, N°8. Ils sont restés au stade anal, ces primates !
    – Dis-moi, N°6, une poubelle propre, ça existe ?
    – Ma cousine, Poubelle de Table au…
    – Poubelle de Table, ça existe ?
    – Mais oui ! … au Palais, elle me raconte que la plus impeccable, c’est celle du Royaume. Mais il ne faut surtout pas soulever le couvercle, sinon…Mais chuuuut ! J’entends le Camion Poubelle. A jeudi !
    – A jeudi N°6, tu me raconteras la suite !

  6. françoise dit :

    Deux poubelles, ne pouvant plus se sentir,
    vident leur sac en attendant le passage
    du Camion Poubelle ; mais elles n’avaient pas prévu la visite d’un Contrôleur assermenté des poubelles jaunes. Il les interpella avec sa voix sévère pour savoir ce qui motivait ce désordre. Bredouilles, elles fermèrent leur « clapet » Le contrôleur ne s’en laissa pas conter . En vérifiant leur plaque de domicile ventrale, il, s’aperçut qu’elles étaient toutes deux hors leur frontière ou plutôt hors de leur quartier : au lieu d’être sur un trottoir des Champs Elysées, elles auraient dû stationner rue de Belleville, l’une côté pair, l’autre côté impair. Elles lui répondirent qu’elles n’en avaient que faire d’être ici ou à Belleville, les déchets qu’elles recevaient n’avaient pas meilleure odeur sur les Champs.
    Enervé le contrôleur téléphona avec son portable et sans trop comprendre ce qui leur arrivait un camion les prit à bord et peu de temps après elles se retrouvèrent sur les trottoirs de la rue de Belleville. L’une grommela qu’avant elle était non pas sur le trottoir de gauche mais sur celui de droite ; visiblement l’autre n’en avait que faire.
    Depuis, consciencieusement elles remplissent les fonctions pour lesquelles elles ont été fabriquées. De temps en temps, celle sur le trottoir de gauche grommelle quand un sachet tombe dans son habitacle sans avoir été fermé soigneusement.

  7. Michel-Denis ROBERT dit :

    Deux poubelles ne pouvant plus se sentir vident leur sac en attendant le passage du camion poubelle.

    – Le voilà encore avec sa collerette en plastic transparent et sa marque, il s’imagine qu’il fait classe ! Mais ce n’est toujours qu’une poubelle.

    – Hum ! Quelle atmosphère ici, ça sent le pauvre, dit le nouvel arrivant qui vient d’être jeté avec dégoût et vulgarité.

    Il atterrit sur maniak et salle d’op, deux petits emballages qui sont sont allées avec la même logique, à la même école.

    – A peine arrivé, il critique. Atmosphère toi-même, espèce de grosse poub, je ne te parle pas à toi. Je ne cause qu’à ma copine. Nous, au moins, on sait où on va. Mais toi, regarde, avec tes froufrous, on dirait que tu vas au bal.

    – L’élégance, ma chère ! Ce n’est pas à la portée d’une clodo comme toi.

    – Tu peux passer à la télé, ça n’empêche pas que tu pues. Pas plus clodo que toi, tu vois bien, puisque nous sommes dans le même sas.

    – Pues toi-même. Et que disiez-vous sur moi petites pimbêches ?

    – Tu ne mérites pas qu’on parle de toi. Tu es trop gros. Tu sues d’opulence. Tu t’étouffes toi-même avec les gaz que tu dégages. Tu en te sens plus. Regarde ! Toi si élégant, tu es malpropre. Je t’aimais bien quand tu étais mince mais tu es devenu pouilleuxcrasseuxdégueux.com.

    – Eh ben ! Il s’en passe des choses ici ! Dis-moi, tu sais comment on en sort ?

    – Quel avantage aurait-on à te tuyauter ? L’autre jour, quand tu discutais avec Paul et mick, est-ce que tu nous as affranchies ? Non ! Tu finiras broyé, déchiré, brûlé, tandis que nous, on va se recycler hé ! hé !

    – Allez ne vous faites pas revanchardes ! dit le pauvre esseulé en suppliant.

    – De toutes façons, il est trop tard, voilà le camion, tu vas te faire épingler. Nous, on part sur une autre chaîne. Peut-être qu’on repassera dans un documentaire à la télé. On parlera de toi comme d’un naufragé sur un autre continent. D’un côté les déchets propres que l’on chouchoute et de l’autre les gros sacs qui représentent le gaspillage qu’il faut éradiquer. Tchao mon gros !

  8. Clémence dit :

    Deux poubelles, ne pouvant plus se sentir, vident leur sac en attendant le passage du Camion Poubelle.

    Nichée au creux du méandre, la vieille bâtisse au toit de tuiles roses se mirait langoureusement dans les eaux claires de la rivière.
    Elle avait connu ses heures de gloire, autrefois, mais le virage lui avait été fatal lorsque l’école s’était démocratisée en ouvrant ses portes à tous les enfants.

    Chaque année, le Proviseur hurlait comme un loup une nuit de pleine lune lorsqu’il prenait connaissance de la liste des professeurs qui lui étaient attribués. Des hommes et des femmes blasés, fatigués, qui rêvaient de campagne et verts pâturages.

    Cette rentrée de septembre, un CV retient particulièrement son attention tout en lui causant un choc émotionnel.
    – Diable, la gamine pourrait être ma petite-fille ! Avec le public qu’elle devra affronter, la question de l’autorité peut s’avérer délicate. Mais, laissons-lui sa chance, on ne sait jamais. Le Ministère m’a peut-être fait une fleur pour ma dernière rentrée !

    Plus les jours passaient, plus le stress grandissait.
    Et puis, ce fut la rentrée. Et le stress retomba. Comme ça, tout d’un coup.
    La gamine, petite brune aux yeux bleus pétillants, se présenta et le charme opéra. Pas le moindre signe de jalousie chez les plus anciens. Le Proviseur se demanda s’il rêvait, s’il n’y avait pas anguille sous roche, s’il n’était pas assis sur une marmite à pression. Mais plus les jours passaient, plus les échos en salle des professeurs renvoyaient des éclats de rire, témoins d’une ambiance dynamique. Le planning se remplissait de projets innovants, créatifs, ouverts sur le monde. Un journal vit le jour sous l’impulsion de la gamine. Surnom qui s’envola très vite pour laisser place à « Mademoiselle Constance », professeur de Français.

    Ravi et curieux à la fois, mais consciencieux tout de même, le Proviseur s’empressa d’aller voir ce qui se passait dans les classes. Il commença bien sûr par la classe de Mlle Constance.

    Après les salutations d’usage et les quelques informations courantes, le Proviseur tourna son regard vers le tableau. Sa surprise fut géante, au point que ses lunettes dégringolèrent sur son veston fatigué. Une écriture à l’anglaise, impeccable, avec des majuscules à boucles sophistiquées…un pur bonheur ! Il s’étonna cependant du contenu et questionna Mlle Constance :
    – Sont-ce les nouvelles directives en savoir écrire ? demanda-t-il d’une voix où pointait un brin d’ironie.
    – Bien sûr, et par chance, l’approche par compétences me ….
    – Bien, bien… mais, que lis-je ?
    – Ah, c’est une trouvaille ! Je propose à mes élèves des sujets qui suscitent leur…
    – Bien, bien, mais …êtes-vous sûre qu’avec une telle proposition, je vous cite : «  Deux poubelles, ne pouvant plus se sentir, vident leur sac en attendant le passage du Camion Poubelle. », ne pensez-vous pas que….
    – Oh, non, soyez rassuré, Monsieur le Proviseur, je leur ai donné une consigne supplémentaire…
    – Laquelle, je vous prie ?
    – Interdiction de puiser dans un lexique évoquant les détritus en tous genres.
    – Diable ! Et les résultats ont-ils été à la hauteur ?
    – Certainement, Monsieur le Proviseur, certainement. D’ailleurs, permettez-moi… si vous voulez prendre place et lire cette production, très originale…

    Le Proviseur déclina la proposition, mais emportant la copie dans son bureau.
    Il s’installa confortablement, une tasse de café à portée de main et il commença la lecture.

    « «  L’imprimante cracha les feuilles avec une lenteur exaspérante. Liza attrapa la première et relut rapidement :
    – Nul de chez nul, s’exclama-t-elle d’une voix aiguë.
    Elle crispa ses doigts, le papier crissa, tordu en boulette serrée. Le couvercle grinça en s’ouvrant et claqua sèchement en se refermant. Le même sort fut réservé à la deuxième, à la troisième…
    – Non, non, ma vieille, tu n’y es plus. Complètement à l’ouest ! Littérature de gare si pas plus bas…juste bonne pour la poubelle…quoique la poubelle ne sache pas encore lire que je sache ! Oups !

    De son index gauche, Liza entortillait une longue mèche de cheveux tout en mâchouillant un chewing-gum à la cannelle. A intervalles réguliers, elle gonflait ses joues et soufflait une bulle qu’elle laissait éclater sur le bout de son nez. Lorsqu’une idée lui venait, elle prenait délicatement le chewing-gum entre son pouce et son index droit et tirait, tirait, tirait, jusqu’à ce que le fil se casse, s’écrabouille sur son menton. Alors, l’idée était rejetée.
    Tout à coup, son visage rayonna.
    – Mais oui….c’est sûr ! Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ?

    Liza s’assit en tailleur sur un pouf ventru, cala son ordinateur portable sur les genoux et se mit à taper le synopsis avec frénésie.
    Arial rouge : Trouver le lien entre les deux protagonistes de l’histoire.
    Arial vert : Deux intrigues.
    Arial orange : comment les relier.
    Liza respira profondément et se lança.
    Arial noir, italique.
     Dans le vieux studio d’enregistrement, le producteur en costume de lin blanc hurlait sur la petite chanteuse effarouchée :
    – Non, non, pétite…tou ne peux pas chanter « la pou », jé té l’ai déjà répété plou de mille fois ! C’est « la plou »
    Et la jeune chanteuse, reprit, les larmes aux yeux :
    – Cé soir, jé serai la pou-belle pour aller danser, la la lala…
    – Non, non… reprit le producteur en gesticulant.
    Mais il avait beau hurler, la chanteuse était tenace. Le 45 tours sortit et …

    Et ????? marmonna Liza, lâchée par son imagination. Elle ne se découragea pas et commença le second récit.
    Arial bleu, italique.
    Une fois de plus, la Fenice renaissait de ses cendres. Sur scène, une cantatrice à quelques lieues de la célébrité répétait :
    – Ah, je ris de me voir più belle en ce miroir….
    – No, no e no…. Pas « più » mais « plus » se lamenta le maestro

    Mais la cantatrice tint bon, le maestro céda et l’opéra fit un malheur !

    – Bon sang, comment relier tout cela, songea Liza. Comment ? Elle mâchouillait, recherchant désespérément le bon scénario. Et puis, et puis,
    – Eurêka !
    Arial orange.
    Un vieux mélomane vient de rejoindre Eutherpe sur le mont Piéra, près de l’Olympe. Ses deux héritiers vident la maison et ils trouvent chacun une enveloppe contenant un disque : « La plus belle pour aller danser » et « Faust » de Charles Gounod. Leur accordant peu d’intérêt, l’un jeta la pochette dans la poubelle jaune, l’autre dans la poubelle verte.

    C’est alors que les deux chanteuses se mirent à vider leur sac. Mais pas n’importe quel sac. Un Dior pour l’une, un Chanel pour l’autre. Les deux ayant échappé à la destruction des contre-façons. » »

    Le Proviseur tendit la main. Son café était glacé et le soleil baissait sur l’horizon.
    – Elle promet, cette petite, elle promet, elle ose même braver la consigne…dit-il songeur….

    © Clémence.

  9. Antonio dit :

    – Ah ! Te voilà, toi. On te sent arriver à des kilomètres. Tu vis dans une poissonnerie, ma parole !
    – Je vois que Miss monde est de bonne humeur, ce soir. On n’a encore rien mangé aujourd’hui ?
    – Pff ! Je ne m’empiffre pas comme toi, Miss immondice !!!
    – Madame est sélective, c’est vrai. Moderne, éco-responsable… et le ventre vide ! C’est par nostalgie que tu as le verbe fétide ? Je ne savais pas que c’était dans la poubelle aigrie que l’on jetait les mots pourris. C’est tout ce qu’on te donne à becqueter, il faut croire. T’habites peut-être chez Bigard ?
    – Très drôle ! On est éduqué chez nous. On a du goût et le respect des autres. Pas comme tes ordures de propriétaires sans vergogne ! Non seulement ils t’habillent comme un sac vulgaire mais tu empestes comme une morue pas encore dessalée. Je ne sais pas comment il fait le camion pour prendre son pied avec toi.
    – Il faut croire qu’il aime les gros sacs, la bonne chair… et mon parfum. Sent ! C’est du Coco Charnel, N°19 bis de la rue d’en face…
    – Pouah !
    – Et toi, qu’est-ce que t’as à lui offrir, hein ? … Rien ! Tes sacs, on dirait des gants de toilettes. Les pommes comme les poires font les beaux jours du composte. Tout ce qui pouvait emballer quelqu’un chez toi avant, c’est bon pour les poubelles jeunes et leur plastique. Regarde-toi, t’es grise et défraîchie, le camion va faire ton affaire en une seconde, tel un coït de volatile. Tandis qu’avec moi… mmm… il aime faire durer.
    – C’est qu’un gros porc qui aime fourrer son gros pif dans des immondices comme toi. Encore heureux qu’il ne me touche pas. Et dire que je passe derrière toi. J’en suis verte à chaque fois.
    – Qui sait, avec un peu de bol, on te confondra avec une poubelle bio grâce à moi, haha !
    – Si seulement…
    – Tiens, le voilà, notre cochon ! Ça fait trois jours que j’attends ça.
    – Bouh !!
    – Salut ma Cocotte ! … Tu montes ?
    – Et comment !
    – Oh toi ! … Dis mon nom ! j’aime bien quand tu dis mon nom.
    – Camion !
    – Pouet pouet !

    « Mon dieu ! Pourquoi je ne suis pas une poubelle verte, moi ? Bouh !! »

  10. isa mantel dit :

    Deux poubelles, ne pouvant plus se sentir, vident leur sac en attendant le passage
    du Camion Poubelle laissant choir sur le sol un monde animé peu commun….
    Un angelot bat de l’aile et tente de s’accrocher à l’auréole d’un papier gras .
    Deux couteaux à l’humour tranchant tiennent des propos bien aiguisé pour sortir de leur vague à « lame » .
    Trois roues d’un vieux tricycle tournent en rond à la recherche d’une chambre à air pour s’endormir et arrêter enfin de ronger leur frein.
    Quatre têtes de sardines rigolent comme des morues devant des récipients rouillés qui n’ont comme répartie de dire « arrête » dans l’espoir de les mettre l en boîte.
    Cinq flacons de canard wc matent avec envie la folie pétillante d’une cannette de Perrier défoncée.
    Six scies musicales jalousent et grincent des dents sur la courbure trop sensuelle d’une clé de sol allongée sur le « do »
    Sept nains de jardin chagrinent de mélancolie devant un trognon de pomme et retrouvent le sourire face à emballage de gâteaux prince .
    Huit soutiens gorge se retrouvent au 36 ème dessous faute d’avoir perdu leur bonnet à l’entrée de l’hiver.
    Neuf…heu…Le neuf n’a pas sa place dans ce petit monde d’usés bien agités !
    Lorsqu’en fin le camion poubelle arriva, une petite brise poétique se leva emmenant avec elle la fraîcheur d’un vent d’air …à la prévert !

  11. karabadjakian dit :

    Deux poubelles, ne pouvant plus se sentir, vident leur sac en attendant le passage du camion poubelle.
    – Il est 20h00 et je suis à l’extérieur depuis 1h00 et j’ai froid
    – Froid, mais c’est une plaisanterie, faut croire que tes propriétaires se chauffent trop à l’intérieur, pour moi il fait bon ce soir
    – Ecoute chez moi mes propriétaires sont riches et ils se chauffent bien ils ne lésinent pas sur la consommation de gaz et c’est très bien comme ça
    – La preuve c’est que trop chauffer nuit à la santé tu vois, tu vas attraper froid.
    – Non mais dit. Moi j’ai des matériaux nobles dans le sac, mes propriétaires ont les moyens de jeter des déchets de valeurs je ne te permets pas de porter un quelconque jugement de valeur sur l’état de ma santé
    – N’importe comment c’est pareil on va finir au même endroit dans l’incinérateur
    – Peut être mais moi je coute plus cher que toi
    – Oui mais au bout c’est la même chose on va cramer ensemble
    – Non parce que moi tu vois, j’ai de la valeur, alors que toi tu ne vaux rien tu es un vrai déchet et même si l’on finit ensemble je serais toujours au-dessus de toi
    – Du calme s’il te plait tu devrais respecter un peu plus ton voisin, tu sais la roue tourne pour tout le monde
    – Et puis tu pues, vraiment vivement que tu déménage, on m’a dit que tes propriétaires avaient mis en vente leur maison.
    – Oui et alors peut être que le suivant te causera les même désagréments, tu sais ce n’est pas parce qu’on est riche que l’on ne sent pas mauvais, d’ailleurs pour moi tu pues aussi.
    – Alors ça c’est un comble moi je pue, alors qu’il a des effluves qui s’échappent d’un flacon de parfum Chanel N° 5 que m’a propriétaire viens de jeter.
    – Ben voilà c’est le mélange qui crée cette énorme discordance des effluvent olfactives et qui donne ce résultat
    – Tu parles bien pour un sac de déchet qui ne vaut rien, je suis scotché.
    – Tu sais tu peux dire ce que tu veux, tu peux raconter les sornettes que tu veux, moi je sais d’où je viens et je sais où je vais.

    Un bruit strident coupe leur conversation le camion benne arrive les boueux dans une sorte de ballet organisé se précipitent sur eux et les envois valdinguer à l’arrière de la benne, la plaque se mets en mouvement et les deux sacs finissent écrabouiller avec les autres.

    La moralité de cette histoire c’est :
    Que tu sentes bon ou que tu sentes mauvais, que tu sois une poubelle de riche ou une poubelle de pauvre, que tu te crois supérieur ou que tu prônes l’humilité tu finiras forcément dans l’incinérateur.

  12. Durand dit :

    C’est l’histoire d’une poubelle jaune et d’une poubelle grise qui s’en vont à l’enterrement d’une poubelle verte. Elles ont le capot bien poussiéreux. Elles s’en vont par un triste soir d’hiver, même qu’il ya un sale brouillard.
    Hélas, quand elles arrivent, c’est déjà 2050. Les feuilles qui étaient mortes le sont restées. Et les deux poubelles sont très dépitées.
    Mais voilà la centrale nucléaire qui leur dit : « Pas la peine de vous asseoir, ya pu d’bière ! Prenez, si ça vous chante l’autavion pour Tataouine, il partira ce soir, vous verrez la noirceur du pays. N’oubliez pas le deuil, c’est elle qui Milady, les histoires de grands cercueils, c’est leur vie, c’est leur vie ».
    Alors toutes les bêtes, les arbres et les plantes finissent de crever à tue-tête la vraie chanson marrante, la chanson de l’était.
    Et les deux poubelles s’en retournent chez elles. Comme elles ont beaucoup bu la tasse, elles coulent au coin du fond de la mer.
    Et la lune, dans le ciel, se marre.
    Moralité : Yen a pas !

  13. Blackrain dit :

    Je vois qu’il y a du rugby aujourd’hui…J’attend la transformation.

  14. Beryl Dey Hemm dit :

    Lucky Luke pouvait être content. Il avait fait du bon boulot.
    Il regardait se tortiller les quatre sacs poubelles sur la charrette qu’il escortait. Se tortiller et vociférer.
    Et il rigolait, Lucky Luke. Même les chevaux de l’attelage se marraient tellement qu’ils avaient du mal à marcher droit. Quant à Jolly Jumper, il en avait le hoquet.
    Le seul à rester étranger à cette ambiance joyeuse, c’était Rantanplan, qu’il fallait constamment surveiller pour qu’il n’aille pas casser de ses dents un des liens serrés fermant les sacs. Il tournait autour de l’attelage, interloqué, reniflait avec application, espérait peut-être un tas d’os juteux ou un matou à mater.
    La seconde hypothèse pouvait paraître plus vraisemblable, même à cet imbécile de chien, tant les sacs semblaient pris d’une danse de Saint Guy. Surtout deux d’entre eux. Le plus gros avait en fait bien du mal à se protéger des bourrades continues que lui distribuait le plus petit, assaisonnées d’injures rendues inaudibles par la paroi souple, mais qu’on devinait salées. Il essayait d’éviter les coups, en aveugle, et geignait par moment. Se faisant il prenait appui sur les deux intermédiaires, réduits au rôle de tampons, qui se contentaient de râler mais encaissaient, résignés depuis le temps que la joute durait.
    Ah oui ! une drôle d’équipée parvenait en vue de Nothing Gulch, but ultime de son voyage !
    Après leur dernier coup raté à la banque Rockfield and Co, au cours duquel Averell avait fait un caprice, en plein vidage de coffre avec prise d’otages, parce qu’il avait oublié sur la table de la cuisine une part de tarte à l’abricot préparée pour son goûter par Ma, et soigneusement emballée dans un petit sac. Et il tenait absolument à retourner le chercher !…
    Le temps de parlementer, Jack s’était perdu dans le compte des billets, Joe avait lâché l’otage pour taper sur Averell, et William abandonné sa surveillance à l’entrée pour s’enquérir de ce qui se passait à l’intérieur. L’otage libéré s’était empressé de prévenir la police qui, hilare, avait cueilli les bandits en pleine dispute.
    Leur hargne était telle qu’on les avait ficelés comme des saucissons avant de les emballer dans des sacs poubelle, destinés aux déchets non recyclables, en guise de camisole de force.
    C’est dans cet accoutrement que cet étrange équipée voyageait. Pour ce genre d’ordures, pas de tri nécessaire. Une destination commune les attendait, la prison.
    Quand le convoi franchit le panneau d’entrée de la ville, un comité d’accueil, qui rassemblait toute la population, poussa des « hourra ! ». Et une fanfare se mit à claironner.
    Jamais, assurément, on n’avait réservé un tel accueil à un camion poubelle !

  15. Blackrain dit :

    – Oh miroir, mon beau miroir, dis-moi que je suis la poubelle, la poubelle pour aller danser. Minaude Désirée en se mirant sur le réflecteur de sortie de parking.
    – Pff ! Ca ne risque pas ! Tu t’habilles comme un sac et ta veste n’est qu’une pelure mitée. Siffle Lucrèce en jetant un coup d’œil méprisant sur sa voisine immobile.
    – D : Moi j’men fous. Dédé Tritu m’emmène manger des frites chez Eugène…
    – L : …oui le fameux Eugène Poubelle qui avec ses plats pré-faits te donne soi-disant la peau lisse. Une belle fumisterie. Laisse-moi rire. Ah ! Ah ! Ah !
    – D : Tu n’es que jalousie. Une mouche à Rabier qui se shoote aux drogues stores. Une mouche à M…. qui se déverse et se vautre avec Ben et ses ordures de skinhead. Un beau jour je passerai à la javel la croix gammée qui te sert de collier.
    – L : Ferme-la ! Tu vas ouvrir encore plus grands tes deux yeux ronds lorsque Ben viendra me chercher avec son camion.
    – D : Mais ferme ton couvercle. Il est jaune comme le rire que tu vas arborer lorsque, comme d’habitude, il te renversera et puis il te remettra sur le trottoir.
    – L : Pfff ! Tu te prends pour une princesse parce tu n’acceptes que des verres de ceux qui te nourrissent et que l’on vient te chercher avec de prétendus égards.
    – D : Oui madame. Moi on me soulève délicatement. Je m’envole dans les airs puis on me soulage de mon exédent de poid avant de me reposer à terre tout aussi délicatement.
    – L : Ca va. La ramène pas. Tu prendra de la bouteille comme les autres. Les vers te mangeront le bois bien avant que je ne sois recyclé.
    – D : Mais tais-toi donc, voila le concierge qui nous ramène Violène avec sa casquette verte qui brandigole. Elle est encore chargée jusqu’à la gueule.

  16. Grumpy dit :

    Comme chaque petit matin, à la même aube, le camion arrive du bout de la rue. Mamadou et Zadig, accrochés à l’arrière, en sautent prestement, ils sont jeunes, ils sont contents d’avoir décroché ce job même sachant « en toute connaissance de cause » comme on leur avait dit à l’embauche, que ce serait un sale boulot.

    La poubelle A et la poubelle B se tiennent prêtes, au garde-à-vous au bord du trottoir. Elles aiment bien ce moment où ces deux beaux jeunes vigoureux et toujours rigolards les roulent, les suspendent, appuient sur le bouton. Et Houp ! C’est la grande bascule hydraulique qui leur vidange les entrailles, à la renverse, le cul en l’air, leur façon à elles de prendre leur pied.
    Comme les autres en somme ?

    Les voilà soulagées jusqu’au lendemain matin, enfin, ça c’était avant…

    Parce que ce matin Mamadou et Zadig les ont carrément engueulées : « eh, les deux cochonnes, va falloir changer ça vite fait, on n’en peut plus nous, vous empestez, tout le quartier se plaint, on vous renifle jusqu’au carrefour ! Encore un peu et c’est nous qu’on accuse ! »

    Mortes de honte, humiliées, et surtout ces deux jeunes, ils vont plus vouloir les envoyer en l’air …

    – Ma pauvre, j’osais pas te le dire mais c’est vrai, ce que tu pues !

    – Et toi alors, tu pues pas peut-être ? La vache ! La même odeur que moi. Moi non plus je peux plus te sentir.

    – Quand même c’est pas normal, ça devrait pas, le gardien nous tient propres, on passe au jet tous les matins avant de nous ramener dans la cour.

    – Depuis une semaine, c’est pareil, le soir ça va, et puis c’est là que ça se passe, à la nuit noire.

    – Tu crois ?

    – Ah oui, je suis sûre, je l’ai vue, et pas qu’une fois.
    – Tu l’as vue ? Qui ça ?

    – Une vieille dame, frisotée, le regard globuleux, fixe, elle me fout la trouille quand elle s’approche. Elle arrive en tirant son caddie et crois-moi, elle fait vite, elle en met du nerf pour déverser ses paquets, un coup chez toi, un coup chez moi. Elle se tire en vitesse et à partir de là, on pue.

    – Oh, Oh ! Ça me dit quelque chose ça. Il y a deux jours, je suis tombée sur la page faits-divers d’un journal gratuit qu’on venait de me jeter. On y parlait d’un Mr. Bricolo qui avait vu son rayon sacs poub et scotch d’emballage complètement pillé, une vraie razzia, parait qu’il manquait même une disqueuse …

  17. Nadine de Bernardy dit :

    Deux poubelles ne pouvant plus se sentir, vident leur sac en attendant le passage du camion poubelle.
    Inventez leur altercation.

    Leur contentieux ne datait pas d’hier,mais du moment où l’on avait instauré le tri sélectif.
    Du jour au lendemain le gros container recevant placidement le tout venant sans faire de manières,fut remplacé par deux demoiselles coiffées l’une de vert sapin,l’autre de jaune canari.
    D’emblée cette différence les froissât.
    Vert sapin se vit attribuer la sale besogne : des déchets malodorants dans de sinistres sacs noirs,tandis que la blondinette se voyait déposer dans des sacs jaunes et gratuits,des objets relativement propres et légers.
    Elle commença à prendre de grands airs,à se boucher le couvercle lorsqu’on ouvrait celui de sa voisine dont elle déplorait la promiscuité dans le même local dit « à poubelles ».
    Vert sapin était un peu blessée de ce snobisme, mais elle se consolait en se disant qu’elle avait plus de visites que sa voisine,on l’ouvrait et la fermait plusieurs fois par jour,elle voyait des visages différents se diriger vers sa personne.
    Avec le temps,elle arrivait à deviner ce que contenait les sacs grâce à son odorat très développé.
    Cependant une jalousie s’installa,chacune se mit à surveiller sa comparse,à critiquer certains petits détails comme dans tout couple qui se côtoie étroitement.
    Mercredi,c’était le jour du ramassage des ordures.Exposées depuis la veille sur le trottoir, elles attendaient.
    La poubelle ménagère débordait,un nouveau sac vint s’éventrer sur son chef ,éclaboussant le couvercle jaune d’un tas d’horreurs malodorantes qui lui mirent le coeur au bord des lèvres.
    Outrée,incapable de se débarrasser de ces immondices,elle laissa éclater sa colère:
     » Hé bien,vous êtes contente,me voilà descendue à votre niveau avec ces restes de pizza et cette crème au chocolat qui me dégoulinent sur les flancs!
    Quelle honte,je suis déshonorée par vos régurgitations.
    Madame vert ,indignée d’une telle mauvaise foi,s’écria
    – Madame la péronnelle vous croyez que je suis responsable de ce qui se passe? Ce n’est pas moi qui jette les sacs à la volée avec désinvolture.Sans moi cet endroit serait un cloaque immonde.
    Je ne sais pas ce qui me retient de vous envoyer encore quelques restes putréfiés.Tenez regardez celle là,elle dépose carrément son sac par terre à la portée du premier chien venu qui se fera un plaisir de l’éventrer.
    La blondinette,un peu gênée de son esclandre injuste lui répondit:
    – Oui oui,vous avez raison,vous n’y êtes pour rien mais mettez vous à ma place.Je pue,c’est insupportable.J’attends avec impatience que l’on vienne nous laver.
    Vert Sapin soupira:
    – A quoi bon nous quereller,nous sommes logées à la même enseigne,à la merci de ces gens qui nous méprisent,nous remplissent de n’importe quoi en dépit du bon sens parfois, tout en fronçant le nez et soulevant nos couvercles du bout des doigts avant de le laisser retomber avec fracas.
    – Oui ma chère,c’est notre lot, dit sa voisine.
    Mais maintenant y en a marre!Si nous prenions la poudre d’escampette dès que nous serons propres? Ces roulettes peuvent nous mener loin.Ils font en faire une tête les pollueurs!
    – Chiche! dit vert sapin en éclatant de rire.

  18. Camomille dit :

    Deux poubelles, ne pouvant plus se sentir, vident leur sac en attendant le passage
    du Camion Poubelle.
    – tu pues !
    – t’es pas belle !
    – sors de mon espace et arrête de me piquer mes déchets !
    – mais t’es culottée, c’est toi qui me prend les miens… tu respectes rien…le tri !… t ‘en a pas entendu parlé ? Espèce d’Incivique !
    Le clochard réveillé par ces cris se demande s’il est toujours sous l’effet de la piquette ingurgitée la veille.
    Et ça continue :
    – Dégage je te dis…..
    – Dégage toi-même…..voleuse
    Non, le clochard ne rêve pas.
    Deux poubelles sont en train de se crêper le chignon.
    Mais elles sont folles ? Pense-il et de leur crier :
    -Ohé les Belles…vous pouvez pas arrêter ce boucan. C’est pas des manières ça voyons…..
    Mais les deux poubelles de plus en plus hystériques en viennent aux couvercles….et je te pousse et je te bouscule et je te renverse.
    Bref leur contenu respectif s’étale sur le trottoir,
    Leurs couvercles jaune et vert ont voltigé,
    le clochard est ahuri.
    Bien que vides, elles continuent à se disputer et à se battre,
    Le camion poubelle arrive.
    Il stoppe devant ce désordre malodorant,
    L’employé municipal évalue les dégâts.
    Il empoigne les deux poubelles vides cabossées et les jette dans le camion qui les broie aussitôt sans qu’elles aient eut le temps de souffrir comme on dit.
    Alors… le clochard salue respectueusement le camion qui s’éloigne et lance :
    « Belle mort pour des poubelles en colère» !

  19. LABROSSE dit :

    Deux poubelles, ne pouvant plus se sentir, vident leur sac en attendant le passage du Camion Poubelle.
    « L’humain ressemble étrangement aux poubelles, il ouvre sa grande gueule avant de la fermer définitivement »… auteur inconnu
    Nous sommes lundi matin, déjà quarante-huit heures que les deux protagonistes se chevauchent, enfermés à leur insu dans la cage d’escalier de Madame Germaine.
    La cage d’escalier de madame Germaine, c’est un peu le panthéon des poubelles, une cage bien entretenue, juste en périphérie du petit hall d’accueil. Le local est entretenu avec soin, lavé à grande eaux trois fois par semaine. Un petit diffuseur à la lavande émet une brise de senteur provençale à chaque ouverture de la porte. Un clochard ou un migrant pourrait y élire domicile…
    Mais germaine veille au grain, la puanteur ne doit pas envahir le moindre interstice de l’immeuble.
    Ici réside de nobles gens, de la haute couture, une assemblée de notaires et courtiers financiers de grande renommée… Le noble édifice affecté aux détritus doit être à la hauteur des locataires, un tantinet fourbe avec une façade dorée comme une légion d’honneur.
    Toujours est-il que malgré la peine que se donne Germaine pour camoufler les odeurs : les relents putrides qui émanent du charmant office sont vraiment insupportables. Deux jours qu’elle jette des seaux de copeaux, du papier journal, trois bouteilles de javel et même une moitié de son brumisateur d’eau de Cologne.
    Mais bordel ! hurle Germaine. Qu’est-ce qu’ils ont foutu dans ces poubelles ?
    A l’intérieur du parloir, les deux protagonistes se marrent, à s’en éclater la panse, à en dégueuler leur contenant…
    Se côtoie ici, enfermé dans la pénombre, une poubelle de couleur verte, que dis-je ? C’est un sachet recyclable maquillé d’une légère touche de jaune aux extrémités et tout juste fermé par un joli nœud rose bonbon. On pourrait le confondre avec un joli oreiller de plume fraichement amidonné tant la texture est souple. Le second sac est plus classique mais néanmoins de belle facture, un veston noir et brillant comme l’ébène, camouflant avec habileté une légère bedaine. Au sommet de son costume repose un joli nœud papillon blanc crème qui lui donne un air charmant.
    Voilà deux jours que les deux comparses, un homme et une femme bien évidemment, tiennent conciliabule ou peut-être même une relation charnelle. Et oui tout arrive dans la vie, deux sacs poubelles en pleine parade nuptiale ! Est-ce la raison pour laquelle Madame Germaine semble irritée ? N’a-t-elle jamais éprouvée ou plutôt ressentit les foudres olfactives de l’amour ?
    Et pourtant cela avait mal commencé comme toute les histoires d’amour, une rencontre plutôt incongrue, Monsieur Nœud de Papillon s’était jeté comme un malotru sur Madame Recyclable.
    Après mille excuses, le rustre avait su expliqué à madame qu’on l’avait forcé, poussé, violenté sans ménagement et qu’il avait honte de l’avoir abordé d’une telle façon. Madame Recyclable malgré ses réticences de classe avait néanmoins accepté ses chastes excuses.
    Et puis il fallait bien vivre, enfin ! Une semaine qu’ils acceptaient tous les rebus du monde dans leurs ventres. Des actes de décès mélangés avec des crottes de nez notariales pour l’un, des contrats financiers accouplés avec de viles lingettes hygiéniques pour l’autre. Sans compter les morceaux de fromage, les peaux de bananes, les préservatifs usagés, les mégots de marque Monte Cristo et autres déchets dont je vous fais grâce…
    Après avoir tenté de glisser sur le côté, sans résultat, Madame Recyclable avait accepté son sort ! Peut-être même l’avait-elle secrètement désirée ? Ainsi après des palabres grandiloquentes sur le recyclage, la méthanisation, le tri, l’économie des sacs poubelles, le cours de la bourse … et bien d’autres sujets casse couille … l’un et l’autre en étaient arrivés au même constat : ils leurs restaient quarante-huit heures à vivre avant d’être broyer définitivement.
    Alors quitte à crever autant baiser une dernière fois confia la belle ! Et puis il fallait voir dans ce destin une belle opportunité, car comment voulez-vous séduire une poubelle sans pouvoir vous déplacer et sans avoir de phéromones attrayantes pour attirer un quelconque insecte pollinisateur. Aussi décidèrent-ils de concert de faire l’amour sans répit pendant les quarante-huit heures restantes.
    Evidemment à vouloir autant s’épanouir, les sacs se déchiraient à chaque nouvelle position un peu scabreuse, érotique serait certes exagéré pour le cas présent.
    Ainsi, résulte l’odeur que vous connaissez enfin celle que Madame Germaine tente vainement de réprimer…

  20. Souris verte dit :

    🐀 LA TRILOGIE
    Le pousse-toi de là que je m’y mette… A commencé dès la construction de notre local pourtant bien placé juste derrière la loge de la gardienne. Conscientes de notre importance puisque notre habitacle est, tel un coffre-fort, fermé à clé et confié aux bons soins de la concierge. Tous les matins tôt, elle nous douche au jet jusqu’à ce nous sentions le propre. Nous formons un clans et sommes devenues des copines inséparables.
    Poignées contre poignées nous nous soutenons fières de notre fonction capitale: nous sommes indispensables.
    Tant et si bien que, hélas pour nous, les édiles se sont penchés sur notre importance et ont perfectionné le tri sélectif.C’est à ce moment là que ça c’est gâté. À trop bien faire ça créé des embrouilles et celle-là, si je peux dire, fût de taille !! En effet, qu’est ce qu’on n’a pas vu arriver un jour : une poubelle verte !vous le croyez ça ? Et devinez pourquoi ? Pour les feuilles et les branches.. même copines des parkings en ont eu!!!
    Allez allez les filles, faites de la place dit la bignole.
    On eût beau se serrer les couvercles pour inclure la nouvelle, rien n’y fit, et c’est la pauvre doyenne, la grise qui en fit les Frais et sortit.
    Elle gémit : avec mes bonnes odeurs ils vont me bousculer tous ces tripatouillards de chats..
    Ça n’a pas loupé, les matous s’en sont donné à cœur joie… L’ont renversée, dévastée et la pauvre a ‘dégobillè’ ses sacs percés qui se sont répandus sur le pavé…
    Par le téléphone à rats ils se sont donnés le mots et en ont aussi joyeusement profité. On peut dire qu’il y avait de l’animation dans le bourg.
    Les éboueurs ont protesté, se sont mis en grève considérant qu’il ne relevait pas de leur fonction de ramasser les restes des chats-chien-rats..

    Les gens nous ont maudites et affiché leur mépris tournant ostensiblement la tête pour ne pas nous regarder. Entre nous aussi la zizanie s’est installée… Comprenez-vous, on s’en voulait, on aurait dû tirer à la courte paille… Ça commençait à sentir le roussi… Je ne le dirais pas au propre hélas mais pas au figuré non plus car, pour ne pas en entasser davantage les gens ont brûlé leurs déchets…
    Nous voilà bien s’est démoralisée la concierge en se tapant les mains sur les cuisses… Maintenant, ils vont me foutre le feu…
    Ils l’ont mis, par représailles dans notre local…
    Nous fondîmes des larmes de déchets mais, de là où on est, au paradis des poubelles on a bien vu qu’il y a encore et toujours plus de détritus.🐀

  21. LURON'OURS dit :

    🐹 SAINT LÔ, PATRON DES POUBELLES ?
    Le maire de Saint Lô, constatant l’incivisme de ses administrés a fait installer des caméras devant les containers. Les auteurs de bris de verre, de décharge sauvage, de malpropreté délibérée seront sanctionnés.
    -Qu’en penses-tu demande la poubelle à sa voisine ?
    – moi je panse, j’engloutis, mais j’aime pas qu’on vienne me fouiller sans vergogne.
    C’est bas, c’est vil.
    -tu l’as dit bouffie!
    Encore que, autre fois, mais je te parle d’il y a bien longtemps, les chiffonniers du clair de lune venaient avec leur crochet.
    Des pros, ceux-là, ils faisaient dans la dentelle. Bien des vases qu’ils ont restaurés sont dans les musées. Tiens, une fois, ils ont trouvé un violon eh bien le petit il a le conservatoire … En troisième cycle.
    -pas plus tard qu’hier, y en a un qu’a récupéré une roue de vélo, crois-tu que sa fille finira acrobate à Médrano?
    -bon, on cause, on cause, avec tous ces emballages. On n’a pas grand chose à becqueter!
    -encore faut pas se plaindre, on voit du monde : les éboueurs sont de beaux gars et ils me plaisent. J’en viderais bien une avec eux… Une chopine ! Banane !
    Mais ils veulent nous connecter, tout sera automatisé.
    Par Saint Lô, je ne sais pas ce qu’on va devenir !🐹

  22. Ophélie E. dit :

    Aujourd’hui je vais vous rapporter l’histoire que m’a racontée mon amie Fanny.

    La rue s’éveillait en ce matin du joli mois de mai lorsqu’une ribambelle de canettes de soda atterrirent avec fracas dans « Lajaune ».

    – Nom d’un chien ! hurla-t-elle.

    – Quoi ! qu’est-ce qui se passe encore s’écria « Laverte » toute tourneboulée. Faut pas être cardiaque. T’es toujours en train de rouspéter.

    – Ben quoi ! Pas moyen de dormir tranquille. Je faisais un rêve merveilleux où j’étais seule dans un pavillon de campagne joli tout plein. Le rêve quoi !

    – J’en ai ma claque de vivre à tes côtés depuis leur fichue idée du tri sélectif. Qu’est-ce que j’étais pénarde avant, s’apitoya « Laverte ».

    – Figure- toi que c’est réciproque. J’ai mis trois heures à m’endormir avec toutes ces mouches dansant la farandole autour de toi. Et je ne te parle même pas de ton odeur. Tu pues à cent mètres à la ronde ma pauvre vieille !

    – Modère tes paroles, s’il te plaît. Tu me dois le respect et ce n’est pas ma faute si je suis là à croupir dans cette rue depuis plus de vingt ans. Crois-moi, je me languis de prendre ma retraite bien méritée surtout depuis que l’une de mes roulettes traîne la patte. Elle me fait un mal de chien.

    – Je comprends, s’excusa « La jaune ». Mais c’est invivable ici.

    – C’est quand même pas ma faute si madame « Journal du quartier » a jeté les entrailles de la carpe que son mari a pêchée hier. Et vlan ! comme ça sans les mettre dans un sac.

    – Ouais, en plus tu parles d’un tri sélectif ! Sont vraiment pas civilisés ces bipèdes, se radoucit « Lajaune ». L’autre jour, le voisin d’en face m’a remplie à ras bord de branches de thuyas. C’est à se demander s’ils savent lire.

    – Ils devraient acheter un dictionnaire, pouffa « Laverte ». « Ordures ménagères » c’est bien écrit sur mon couvercle, non ! Tu te rappelles quand j’étais pleine de gravats. Quel raffut elle a fait la mère « Journal du quartier » ! Elle est même allée se plaindre à la mairie.

    – Tiens voilà les éboueurs, s’écria « Lajaune ». Ouf, je vais pouvoir enfin respirer !

    – Moi aussi, c’est pas dommage ! s’exclama « Laverte ».

    – C’est quoi cette puanteur ! s’égosilla Jean en traînant « Laverte » qui en perdit sa roulette. Manquait plus que ça, hurla-t-il.

    – On va la remplacer cet après-midi, expliqua Didier. De toute façon, elle était au bout du rouleau.

    – C’est la mère « Journal du quartier » qui va être contente depuis le temps qu’elle squatte la mairie.

    L’histoire ne dit pas dans quelle EHPAD « Laverte » a fini ses jours.

  23. iris79 dit :

    Deux poubelles, ne pouvant plus se sentir,
    vident leur sac en attendant le passage
    du Camion Poubelle.

    -Et bien on s’en est encore donner à cœur joie chez les bourgeois !

    -Qu’est-ce que tu insinues par là ?

    -Ah ton fumet de coquilles en tout genre, de poisson à prix d’or, tu m’écœures !

    -Ah la jalouse, l’envieuse, l’aigrie, la poisseuse ! Parce que je pue peut-être le poisson rance mais toi, tu t’es reniflée ? Tu crois peut-être que tu sens la rose !

    -En tout cas moi, depuis que mes propriétaires se sont mis au compost, j’ai perdu du poids, je me sens beaucoup mieux, j’ai une ligne acceptable et je transpire nettement moins ! Moins d’odeurs, moins de tout ce que tu as en excès, ce qui me permet, moi, de sortir beaucoup moins souvent et de ne pas à avoir à suffoquer en été, me geler en hiver et te supporter toute l’année !

    -Et après ça, c’est moi la bourgeoise ! Ah tu ne manques pas d’air ! D’ailleurs tu pollues le mien figure-toi avec tes commentaires fielleux, tu dégoulines de haine ! Regarde ce jus visqueux qui s’échappe de tes entrailles !

    -Ah ça va la grosse en plastique hein ! Ah ce n’est pas demain la veille qu’on va te voir disparaître ! L’environnement ni moi ne te disons merci ! Il va falloir des siècles pour te dégrader ! Tu me pollues la vie mais ce n’est pas fini ! Quel drame ! Tu vas aussi polluer les eaux, la terre, alors que moi au moins,je suis biodégradable,mes jours sont comptés et je suis heureuse au moins d’avoir moins d’impact sur ces beaux jardins, cette belle nature qui suffoque sous tous nos déchets…

    -Parce que tu crois que j’ai eu le choix ? Tu crois que je me suis remplie comme ça toute seule ? Ah c’est facile de m’accabler…ah c’est facile. Bien plus que de raisonner ceux qui nous fabriquent et nous consomment…

    -Là, tu marques un point…Je dois bien l’admettre…Ça me fait mal à mes attaches fluos super solides parait-il mais je veux bien le reconnaître.

    -Alors que moi, elles craquent au moindre faux pas…c’est tout un art de me nouer…Combien de mes sœurs et frères ont fini perçées…On est perfectibles !

    -je te le souhaite parce que pour le moment,ce n’est pas encore ça…

    -Dis-donc tu ne vas pas remettre ça hein ?

    -Non, non excuse-moi, on ferait mieux d’être solidaires. De toute façon, on finira dans la même benne, toujours aussi nombreuses, toujours aussi encombrées de choses inutiles, mélangées, condamnées à échouer sur ou sous cette pauvre terre qui a bien du mal à nous porter.

    -Tu l’as dit ! Il paraît même que le seul qui croyait vraiment qu’autre chose était possible a jeté l’éponge.

    -Quel désastre…Comment en est-on arrivés là ?

    -Demande aux humains, ce sont eux les responsables.

    -Et bien je ne suis pas fâchée que mes liens parfois se rompent pour qu’ils y mettent un peu les mains !

    -Pauvre d’eux ! Il paraît que c’est devenu le dernier moyen de survie pour certains.

    -Pauvre terre, quel destin…(?)

  24. laurence noyer dit :

    ça marche merci

  25. Laurence Noyer dit :

    Un jour dans nos camions poubelle on trouvera des sacs poubelle et dans nos sacs poubelle on trouvera des sacs poubelle…

    Dans le sac-poubelle vert, on déchette le verre

    Mais que fait-on des néons des enseignes la nuit ?

    Dans le sac-poubelle jaune, on décharge le plastique

    Mais que fait-on des poissons qui en gobent les particules ?

    Dans le sac-poubelle bleus, on corbeille le papier

    Mais que fait-on de la fumée dans l’air ?

    Dans le sac-poubelle rouge, on dépotoire les flacons de produits dangereux

    Mais que fait-on des voyages en avion?

    Dans le sac-poubelle marron on immondice les restes de repas

    Mais que fait-on des fraises dégustées en hiver ?

    Et

    Quelles couleurs pour trier le faux du vrai

    Où jeter les puantes rancoeurs,

    Les os rongés de la mélancolie

    Les pelures de larmes, les miettes de bonheur ?

    Dans quels sacs les vies de rebut

    Et surtout de quelle couleur ?

    Couleur argent ?, quinapadodeur ?

    Un jour dans nos sacs poubelle on trouvera des camions poubelle.

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