412e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat

Un puceron juché sur le dos d’un escargot faisait le guet à l’entrée du potager : grouillez-vous les limaces ! décampez les coccinelles ! j’entends des pas, il arrive !

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Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Un petit combat pour maintenir en vie l’enthousiasme d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

26 réponses

  1. Anne dit :

    Oh le beau potager! Allons voir si la rose est appétissante. Le puceron s’enorgueillit de s’en délecter. La limace et l’escargot feronsde la batavia et de la mache leur repas. Seule la récalcitrante coccinelle ne touchera point aux plantations. La nature vit à son rythme. Seul hic, le jardin n’est pas à l’abandon……
    L’homme qui semaine après semaine contemple et entretient ses plantations, veille. Il appréciera le le travail de la laborieuse bête à bonheur sachant chasser du puceron. Point de produit anti limace. Ces dernières seront ramenées dans un endroit plus sauvage. En revanche, l’escargot est plus malchanceux. Il atterrira dans l’assiette de notre homme.

  2. Laurence Smits dit :

    Mais qui pouvait bien effrayer ces petites bestioles de la sorte ? Le jardinier ? Non. Mais qui alors ?
    Pongo, le chien de la famille Briand, qui habitait dans la campagne bordelaise.
    Pas du tout un chien de chasse. Et pourtant…
    Un chien renifleur. Un chien avaleur. Il avait toujours faim. Il mangeait tout. Tout ce qui traînait dans le jardin ou dans le potager.
    Aussi bien des cadavres de souris tuées par un des chats de la famille que des limaces. Mais, son plat préféré, c’était les escargots. Ca croustillait sous la dent, et en plus, ça durait un certain temps ! Et puis, quel goût ! Ca le changeait de ses sempiternelles croquettes que son maître lui donnait tous les jours.
    D’ailleurs, il ne les croquait pas, il les avalait, mieux, il les siphonnait !

    Son plaisir était de traîner dans le potager : avaler les courgettes abîmées par la pluie ou trouver un petit concombre de ci de là. Des trésors pour ce chien glouton !
    Mais, son activité de prédilection en ce lieu était de bien choisir un melon à son goût, de l’embarquer de l’autre côté du jardin et de le savourer, caché de tous.

    Alors, pucerons, escargots, limaces et coccinelles connaissaient la bête. Ils savaient tous qu’ils pouvaient finir directement dans le gosier de ce cher Pongo, qui n’avait aucune pitié pour personne. Ils le connaissaient bien maintenant et avaient développé tout un système d’alerte dès qu’il pointait son museau dehors.
    Les coccinelles, habituées à diriger les opérations, avaient trouvé un refuge pour chacun de ces petits êtres sans défense. Le jardinier de la maison les laissait tranquilles, conscient qu’ils avaient tous un rôle à jouer dans la nature.
    La reine des coccinelles, Martha, mit au point un stratagème pour éloigner ce canidé intrusif. Elle appela Maya, son amie abeille et lui expliqua que toutes les petites créatures du potager ne supportaient plus ce gros malotru qui venait les détruire sans aucune indulgence et avec une frénésie démente.

    Ni une, ni deux, le lendemain, Maya arriva avec son essaim et fonça directement sur ce pauvre chien, qui se mit à hurler à la mort, et à fuir à toutes pattes, loin de ce lieu paradisiaque transformé en enfer.
    Tous les habitants du potager applaudirent à tout rompre.

    – C’est qui les plus forts, hein ? triompha Martha. Enfin débarrassés, nous allons pouvoir couler des jours heureux, sans craindre la venue de ce vaurien. Il ne reviendra plus, soyez sans crainte. Il a eu la peur de sa vie. On a quand même bien rigolé ! A nous les transats au soleil, les grasses matinées sans surveillance, elle est pas belle la vie, les copains et les copines ?

  3. Delphine dit :

    Un puceron juché sur le dos d’un escargot faisait le guêt à l’entrée du potager : grouillez-vous les limaces ! Décampez les coccinelles ! J’entends des pas, il arrive !
    Les pas en question sont ceux de Jérôme, jardinier dans l’âme depuis qu’il a dit 10 ans, àage auquel son père lui a transmis sa passion pour l’horticulture. Souhaitant lui-même initier son fils Jules à l’art du jardinage, il l’emmène dans son potager espérant éveiller sa curiosité.
    Ayant pris la fuite pour ne pas s’en faire expulser, les résidents de ce petit bout de terre se nichent de part et d’autre de leur cachette pour observer cette relation père-fils en prenant soin de ne pas se faire remarquer. C’était son compter sur Jules et son goût prononcé pour ne pas écouter ce que son père lui apprend. Cherchant à en ramener chez lui, il trouva et ramassa l’escargot de la bande, niché dans sa maisonnette et tremblant de peur, et le mit dans sa poche en attendant de rentrer.
    Le regardant du coin de l’œil, Jérôme demanda à son fils pourquoi il avait retiré ce petit être de ce milieu naturel.
    – « C’est pour le montrer à mes copains, papa. », lui dit Jules tout penaud. « Hier à l’école, ils en ont tous ramené un. J’étais le seul à ne pas en avoir.
    – Tu sais fiston, cet escargot n’est pas un jouet et encore moins une marchandise. C’est un être vivant comme toi et moi et à ce titre, nous devons le respecter. Ne fais pas comme tes copains qui le considèrent comme un simple trophée à ramener à l’école. Tu es bien plus intelligent qu’eux. Repose le dans le jardin s’il te plaît.
    – Oui papa. »
    Une fois posé à terre, l’escargot rejoignit les siens en rampant tant bien que mal. Les autres, ne croyant plus le revoir, furent surpris de le voir arriver. « Comment as-tu fait pour t’en sortir indemne ? » lui demanda le puceron. « C’est le jardinier qui m’a sauvé la vie. », lui répondit l’escargot. « Il a fait comprendre à son fils que nous méritions le respect des hommes. »

    En résumé, si tous les hommes pouvaient penser comme Jérôme, c’est notre écosystème tout entier qui serait sauvé.

    • RysameVdW dit :

      Merci Delphine pour ce magnifique texte plein de sagesse!
      comme disait un sage, « la terre ne nous appartiens pas, elle nous est prêtée » et en respectant toute vie nous seront enfin digne d’être appelé Humain car pour l’instant nous ne sommes qu’humain en devenir!

      • Delphine dit :

        Merci RysameVdW pour votre commentaire.
        Je suis entièrement d’accord avec vous.
        Le contexte dans lequel nous vivons actuellement m’a beaucoup inspirée. Je fais référence au braconnage et à toutes les espèces animales en voie de disparition.
        L’être humain est l’espèce la plus cruelle qu’il soit dans notre monde.

  4. RysameVdW dit :

    Un puceron juché sur le dos d’un escargot faisait le guet à l’entrée du potager : grouillez-vous les limaces ! décampez les coccinelles ! j’entends des pas, il arrive !

    Le bruit sourd de la terre foulée et des « toc-toc » viennent aux oreilles de ses multiples minuscules vies éparpillées dans le potager.
    Il a fière allure comme à chaque fois !
    Ses petits yeux fouineurs et froids scrutent les alentours.
    Le puceron guetteur saute du dos de l’escargot et se blottit non loin sous une pierre.
    Les puceronnes rassemblent en hâte leurs progéniture sous les feuilles denses des laitues tandis que les coccinelles s’envolent au quatre coins du potager.
    Les vers de terre accélèrent leurs forages au plus profond du humus tandis que les sauterelles à toute vitesse moitié volant moitie sautant tentent de sortir de cet Eden.
    « Encore lui ! » soupira la tortue tout en gardant un œil sur le forage fébrile des vers de terre, « il va encore me faire mettre dehors ! »
    Quelques limaces non loin de là se faufilent sous les blettes.
    L’intrus, prends son temps se sachant invincible.
    Cela fait déjà deux jours qu’il observe le potager cherchant à y pénétrer, ce ne fut pas une mince affaire car ce garde manger protégé par un muret sur lequel s’élève un grillage n’a qu’une seule entrée, un portail en bois toujours clos.
    Mais voilà, aujourd’hui ce vieux portail grincheux est ouvert !
    Il y est enfin ! Au grand dam de ses habitants !
    « Maman, Zeus est dans le potager ! » la voix stridente de l’ enfant est accueilli avec soulagement par tout ce petit monde.
    Même les tomates, les courgettes et les autres copines en sont soulagées, car lorsque Zeus apparait, elles finissent soit déterrées, soit trouées de partout.
    Dans un grand cri de rage maître coq lévita du sol et deux mains fermes l’amena aussitôt dans son poulailler.
    Madame tortue reste zen, cachée sous un énorme chou elle entre en méditation et devint invisible.

  5. françoise dit :

    Un puceron, juché sur le dos d’un escargot ou d’un gastéropode à coquille si vous préférez, faisait le guet à l’entrée d’un jardin, rue des Rosiers : grouillez-vous les limaces ! décampez les coccinelles ! j’entends des pas, ce sont certainement ceux du jardinier  ! normal il est 8 heures au clocher de l’église ! J’ai Ouï-dire qu’il a pour mission de nous éliminer ! Malheur à nous si nous ne déguerpissons pas . Ce jardinier de malheur ne sait sans doute pas que les petites bêtes du jardin , tels les pucerons, ne doivent pas être éliminées systématiquement car elles ont souvent une action bénéfique . En mangeant d’autres insectes ou bestioles, elles limitent les dégâts qu’auraient pu faire ces petits animaux !
    Il s’agita tant et si bien q’il tomba. Qu’à cela ne tienne se dit-il puisque je voulais changer de crémerie. Il sauta sans trop réfléchir sur la casquette d’un steward qui marchait sur le trottoir, en prenant soin de se faire tout petit. Et c’est ainsi qu’il se retrouva dans les airs . Il fut ébloui par le spectacle de toutes ces planètes et regretta de n’avoir jamais eu la possibilité de suivre des cours d’astronomie.

    Soudain le pilote ouvrit un hublot et, sans le vouloir, il se retrouva volant dans les airs. Après bien des heures il atterrit sur la planète des singes qui ressemblait à un immense jardin. Une jeune guenon lui fit un accueil chaleureux . Il était temps car il n’était pas loin de ses 14 jours de « grossesse ».
    Sans jardinier ni pesticides, lui et sa descendance auront tôt fait de la coloniser cette planète pensa-t-il in petto.Il lui arrivera bien sûr de temps à autre de regretter le jardin de la rue des Rosiers mais comme dit le proverbe « les voyages forment la jeunesse ». Et puis que diable il faut vivre avec son temps.

  6. baudinot dit :

    Un puceron juché sur le dos d’un escargot faisait le guet à l’entrée du potager : grouillez-vous les limaces ! décampez les coccinelles ! j’entends des pas, il arrive !

    On l’entendait de loin, le jardinier. Bien qu’il se déplaça calmement, serein dans son environnement son approche était sonore et reconnaissable. Ce n’était pas tant sa démarche que le pas de ses sabots. A chaque fois qu’ils heurtaient le sol de l’allée ou du terrain la vibration s’étendait à tout le territoire.

    Il faut dire que ses sabots étaient « Des Sabots ». Fabriqué en Ariège à partir des plus belles grumes de bouleau, ils avaient séché tranquillement à l’issue de leur ébauche réalisée mécaniquement. C’est alors que le sabotier à l’aide de sa cuillère et d’un boutoir avait finalisé l’ouvrage. Leur facture était à légal de leur légèreté, de leur confort mais ils restaient sonores sur le sol rude.

    Dans le potager peuplé de laitues, de courges mais aussi de crosnes et bien d’autres trésors, il y avait également toute une population de squatters. Tous n’étaient pas appréciés de la même manière. Les passereaux et les vers de terre étaient bien tolérés. On peu même dire qu’ils étaient un peu les associés du jardinier car ils continuaient à la vie et à la fertilisation du lieu. Il en était autrement avec les gastéropodes.

    Les escargots bénéficiaient d’une certaine tolérance avec leur drôle d’allure et leur maison, parfois ornée de rayures en spirales, perchée sur le dos. Pour les limaces c’était autre chose. Qu’elles soient sinistrement noires ou rouge de leurs forfaits elles dévoraient laitue, oseille, etc … En plus ne cessant de baver, leur passage laissait des traces collantes et brillantes rompant l’harmonie des plantations, signifiant clairement leurs forfaits.

    Revenons aux coccinelles, elles bénéficiaient d’un statut spécial. Coccinelle quatre points, coccinelle six points… elles se nourrissaient des cultures du jardin mais en contre partie elles débarrassait des pucerons le seul rosier du jardin. Mieux encore leurs élytres colorées jaune, noir, rouge amusaient le jardinier et ravissait les enfants qui les faisaient s’envoler du bout de leurs doigts pour savoir si demain il ferait beau.

    Finalement c’est bien les seuls pucerons qui avaient le plus à craindre de la venue du jardinier, le soir pour jouir de sa journée de labeur en contemplant son rosier.

  7. Clémence dit :

    Un puceron juché sur le dos d’un escargot faisait le guet à l’entrée du potager : grouillez-vous les limaces ! décampez les coccinelles ! j’entends des pas, il arrive !

    Pour les petits et les grands… écoutez, assis, au coin du feu….

    L’horizon flamboyait et le soleil plongeait dans les dentelles noires des arbres de la colline voisine.
    Un silence absolu, un moment unique.

    Bientôt, la lune danserait avec les étoiles dans un ciel d’encre.
    Les chouettes se réveilleraient, les hiboux ébourifferaient leur plumage et les loirs fileraient à la maraude…

    Au coin du potager, un puceron jugé sur le dos d’un escargot faisait le guet tout en devisant à voix basse.
    – Nous avons encore eu une belle journée, hein ! bavait l’escargot.
    – Oui, pas de quoi se plaindre, quoiqu’il n’y ait plus de saisons, susurrait le puceron.
    – Réchauffement climatique ou dérèglement ? Ils ne savent pas se mettre d’accord ! continua l’escargot.
    – Pour moi, cela n’a pas d’importance, je suis convaincu que notre pitance sera toujours assurée ! ponctua le puceron.

    Leur conversation alla bon train jusqu’à ce qu’un boucan d’enfer se fasse entendre. Une chevauchée fantastique !
    – Ça y est, ils reviennent, gronda l’escargot !
    – Qui donc, demanda le puceron qui était né il y a peu.
    – Les sangliers, pardi ! Les sangliers ! Tu devrais les voir, la mère et sa kyrielle de petits. Et que je te retourne la terre à la recherche des vers de terre…
    – Il faudra prévenir les copains !

    Et c’est ce que la feuille de chou du lendemain matin relata.
    A midi, rassemblés pour l’apéro sous les tomatiers, les amis tinrent leur conciliabule. D’un commun accord, ils décidèrent d’organiser le guet. Un quart pour chacun. Exception faite pour le duo escargot-puceron.

    L’aventure recommença comme la veille. Ciel de feu, soleil plongeant, nuit de pleine lune….
    Les coccinelles assurèrent leur quart, puis les limaces les relevèrent. Ce fut alors le tour des punaises et puis le duo escargot-puceron.
    Bon, cela ne faisait qu’une heure à eux tous. La nuit allait être longue.
    – Et si on restait tous ensemble, autour d’un joli feu de camp ?

    L’idée leur plût. En deux temps trois mouvements, des brindilles furent rassemblées et les lucioles y allumèrent des flammes délicates.

    Le campanile marquait les heures et les amis lui répondaient en frappant dans les pattes. Pan, pan, pan, tape, tape tape….puis, le silence planait à nouveau.
    Tout à coup, le puceron couina :
    – Chut, j’entends un bruit….ça fait… chui, chui, chui….

    Les amis tendirent l’oreille.
    – Ça fait chui, chui, chui, reprit le puceron qui se redressa. c’est comme quand l’apiculteur passe près des ruches. Chui, chui, chui….
    – Mais non, reprirent les amis, l’apiculteur, il ne travaille pas la nuit…
    – Ah, bon, vous êtes sûrs ?
    – Certains !

    Après un long silence, les coccinelles ouvrirent leurs ailes et murmurèrent :
    – Ça fait siiii, siiii, siiiiii….on dirait la police scientifique avec leurs chaussons et leur salopette blanche pour ne pas détruire les indices. Ecoutez, siiii, siii, siiii…
    – Mais non, reprirent les amis. Si c’était la police scientifique, il y aurait un cadavre et on aurait entendu les sirènes !
    – Ah, bon, vous êtes sûrs ? demandèrent les coccinelles.
    – Certains !

    Le calme revint. Puis, un léger frou-frou déchira l’air frais.
    – Ça fait frrrr, frrrr, frrrrr, mâchouillèrent les limaces, ça fait frrrr, frrr, frrrrr, ça nous donne des frissons ! Nous sommes en sommes sûres, c’est un fantôme. Le Fantôme de l’opéra ou le Commandeur de Don Giovanni ou le Vaisseau Fantôme et le fliegende Hollander, soliloqua la cadette, férue d’opéra.
    – Mais non, reprirent les amis. Eux, ils ont besoin d’une grande scène, pas d’un potager !
    – Ah, bon, vous êtes sûrs ? demandèrent les limaces.
    – Certains !

    Les heures passaient et les amis devisaient inlassablement.
    La nuit n’en avait plus pour très longtemps, lorsque l’escargot hurla en faisant trembler ses paires de cornes et de tentacules :
    – J’entends, j’entends skrrrrr, skrrrrr, skrrrrr…. Grouillez-vous, les limaces, décampez, les coccinelles, filez, les punaises. Planquez-vous ! Il arrive…..

    Et tous se planquèrent.
    L’escargot eut juste le temps d’obturer sa coquille.
    Leur dernière vision fut la dentelle scintillante du givre. L’hiver arrivait à grands pas….

    © Clémence.

  8. Michel-Denis ROBERT dit :

    Un puceron juché sur le dos d’un escargot faisait le guet à l’entrée du potager : grouillez-vous les limaces, décampez les coccinelles, j’entends des pas, il arrive.

    – Qui demanda le rouge-gorge, d’un pépiement indifférent.
    – Mais le jardinier ! idiot, avec ses grosses bottes, cria le puceron fier à bras, de sur sa monture qui fut prise d’une envie de cabrioler.

    Hors d’atteinte, R.G. le rouge-gorge attendait patiemment, tapi derrière une feuille de son noisetier habituel. L’avancée des bottes vertes étaient l’annonce des vers de terre à prélever dans son immense garde-manger. Il frotta ses rémiges et gonfla sa réserve d’air au maximum pour chanter plus fort.

    – Pas de panique ! répondit-il, toujours bien informé sur les travaux de la terre conquise, il vient pour mon repas.

     » Pas de panique. Il en a de bonnes lui le haut perché, le planqué, le fonctionnaire du prélèvement à la source. Je voudrais bien le voir mater un animal sauvage prêt à le désarçonner, se dit le puceron préoccupé par son dressage. »

    L’insecte n’en menant pas large, éprouva les mouvements de houle de son mustang qu’il venait tout juste de capturer dans cette savane luxuriante. Auto-proclamé chef d’escadron de limaces, son pouvoir ne tenait qu’à un fil. Comme il se mit à tomber de la bruine, il pensa que les bottes ne s’occuperaient pas de lui ni de son armada de limaçons. Son attention se concentra sur les consignes à faire passer. La priorité étant de dévorer, l’embarras du choix s’imposa. Comment se faire comprendre par des gastéropodes énervés, rebelles et affamés ?

    Être chef, ce n’est pas si facile, il le constata en essayant de dompter son étalon. Aucune coquille, aucun dérapage ne devant être permis, ne pas semer la poisse, par contre de la diplomatie et de la pédagogie avant d’être accepté par ce nomade insatiable. Il saisit qu’il pourrait utiliser ses antennes à bon compte et avoir des yeux partout comme le R.G. Il comprit aussi qu’il avait, comme son nom l’indique, l’estomac dans les talons, (ou dans les talons, il ne savait plus tellement il avait été chamboulé par la fougue de son destrier). L’urgence fut donc de trouver à manger. Mais il y avait un inconvénient : est-ce que le R.G. tolérerait sa présence sur ses terres ?

    -Pioupiou ! Pioupiou !

    R.G. du haut de son promontoire observait l’assaut des limaçons s’attaquant aux salades. Il lança un avertissement. Lui aussi devait manger. Il espérait que les bottes reviendraient et retourneraient la terre avant que toute la récolte ne soit croquée. Son intuition ne le trompa pas, les bottes de ce lieu revinrent avec la bêche. Les pucerons, limaces et compagnie durent décamper illico car avant la bêche, les bottes lâchèrent un essaim de croccinelles.

  9. Michèle B.BEGUIN dit :

    Un puceron juché sur le dos d’un escargot faisait le guet à l’entrée du potager : grouillez-vous les limaces ! décampez les coccinelles ! j’entends des pas, il arrive !

    ……Apres quelques secondes silencieuses,
    « OUF ajoute le puceron de sa voix de castrat, ce n’est que le jardinier…Sortez de vos cachettes et allez vous préparer »

    Il houspille sa monture, pour qu’elle accélère, en chatouillant ses antennes. «Allez vite, je dois aller déguster une jeune pousse qui vient d’arriver sur le Ronsard, pour créer du jus de rose »
    « Stop, crie l’escargot, je vais être transpirant et je ne vais pas pouvoir astiquer ma coquille, descends si tu veux courir »
    Alors que les abeilles s’envolent à la recherche d’un bouquet de fleurs,
    la limace tortille des fesses pour faire briller sa peau de mille feux avec son fluide gluant.
    Le grillon a fait vérifier ses claquettes vocales.
    Les coccinelles, anges gardiens du Ronsard, le quittent pour aller se faire teindre les points noirs en blanc.
    La tortue a tendu solidement quelques feuilles de salade pour créer son tambourin à la résonance sourde, et a réussi à apporter un octave plus élevé avec quelques clochettes de muguet.
    La cigale a répondu à l’invitation et s’éclaircit la voix en haut du grand tilleul.

    « Ah cette fois je crois que c’est lui, il approche » dit le puceron avec sa voix de crécelle.
    Toutes les bestioles sont prêtes, cachées dans un silence absolu, retenant presque leur respiration…..
    De nombreux yeux, derrière herbes et feuilles, scrutent l’arrivée de…..Monsieur Mulot qui avance au pas de l’oie et signe à ses amis de se placer en rang d’honneur.

    En place, chacun tend l’oreille.
    Un battement d’ailes élégant accompagné d’un froissement, deux sons se répercutant sur les tomates et les choux, annoncent le ballet aérien des libellules bleues.
    Tout à coup le grillon démarre ses claquettes accompagné du son du tambourin de la tortue, invitant la voix de la cigale.
    Le couple volant se pose, à reculons, au milieu de la haie d’honneur, accueilli par la voix grave de Monsieur Mulot prêt à officier, tandis que les abeilles laissent voleter leurs pétales de fleurs sur l’amour.
    Le mariage des odonates est annoncé.

  10. Cétonie dit :

    Un puceron juché sur le dos d’un escargot faisait le guet à l’entrée du potager : grouillez-vous les limaces ! Décampez les coccinelles ! J’entends des pas, « Il » arrive !
    En même temps, à la maison, punaises et mouches respirent « « Il » est au jardin, profitons-en ! »
    La belle-sœur, qui vient de la ville, n’en finit pas de se plaindre des punaises qui envahissent, il faut lui expliquer que c’est la saison qui veut ça, qu’on n’y peut rien, d’ailleurs, les punaises ne piquent pas, juste, elles puent si on les écrase…
    Mais il n’en va pas de même au jardin, les limaces sont toujours affamées, les chenilles ne cessent de se nourrir pour se transformer en papillons, qui à leur tour vont envahir la maison…
    « Il » a, sa vie durant, vendu allègrement pesticides et autres poisons, mais maintenant, « Il » se trouve désarmé devant les invasions successives qu’on ne l’autorise plus à combattre chimiquement, sa femme ayant décidé qu’il lui fallait manger « sain » pour combattre son cancer.
    Comment faire ? « Il » ne peut pas regretter d’être venu vivre à la campagne, « Il » adore la tranquillité, le jardin, les couchers de soleil… mais parfois, « Il » se sent las.
    Etonnés, limaces et pucerons se regardent : « « Il » ne fait plus attention à nous ! »
    Et l’entendent expliquer à son fils : « Après tout, eux aussi ont le droit de vivre, il nous restera toujours assez de légumes, il suffit d’en semer un peu plus ».
    Le puceron saute de joie « enfin ! Je n’aurai plus besoin de monter la garde »
    Les limaces s’installent peinardes au pied des salades.
    Les fourmis profitent enfin sans remords de leur élevage de pucerons,
    Les larves de tipules ou de taupins se prélassent au chaud au plus près des racines, qu’elles grignotent avec gourmandise.
    Mais rien n’est parfait… une nuée d’oiseaux a repéré le garde-manger enfin libéré, et se charge avec appétit d’en réguler les reproductions…
    « Il » s’assied, tranquillement, enfin contemplatif, pour admirer leurs chasses et leurs danses.

  11. Béryl Dey Hemm dit :

    Un puceron juché sur le dos d’un escargot fait le guet à l’entrée du potager.
    Il s’est autoproclamé commandant en chef et du haut de sa monture géante – pour un puceron – se vante d’avoir une vue panoramique sur les événements.
    – Grouillez-vous, les limaces ! Décampez, les coccinelles !
    Les bruits les plus fous courent ce soir-là dans l’immense potager qui borde le château.
    – Une citrouille ? Vous êtes sur ? Comment fait-elle ça ??
    Je l’ai vu ! De mes yeux vu !!!… Une tige étrange, qu’elle tient dans sa main !
    Quelques coccinelles curieuses s’attardent encore, bien qu’on ait attiré leur attention sur le côté voyant de leur costume écarlate.
    Les limaces glissent sur leur ventouse baveuse pour se cacher au plus vite sous les laitues . Retorses à l’affolement, elles comptent sans doute sur leur apparence peu ragoutante pour être épargnées.
    Des chenilles en procession regagnent lentement les branches les plus hautes, hors d’atteinte.
    Une punaise verte choisit une feuille bien large, s’immobilise pour se fondre mieux dans le décor. Tout ce qui vole reste bien haut dans le ciel ou se niche dans les feuillages denses.
    Tout ce qui court se terre dans un trou ou derrière un buisson.
    Quant aux légumes, ils se tiennent à carreau en prenant grand soin de ne pas dépasser de la bordure, quitte à se ramasser sur eux-mêmes, et prennent un air piteux de verdure desséchée.
    Tout pour ne pas attirer l’œil de l’intruse.
    Le puceron, qui s’est mis sur la pointe des pattes pour mieux voir, continue à commenter la progression de l’ennemie :
    – Elle est deux allées au-dessus… Elle se penche… Elle cueille quelque chose… Oooh ! Elle a attrapé un lézard !… Attention ! Elle quitte l’allée !… J’entends des pas,… elle arrive !!
    Sitôt dit, plus un bruit.
    Plus aucun signe de vie dans la parcelle.
    Même le vent retient son souffle.

    Il manque encore des gants, un petit sac de soirée, un joli foulard, collier bracelets et bagues,et la fée désespère de trouver tout cela à temps pour Cendrillon se rend au bal ce soir.

  12. Grumpy dit :

    Puceron, juché sur les épaules d’Escargot, le nez collé à la vitre du vasistas de la porte de l’escalier, fait le guet. Il a été missionné par ses copains au rôle de sentinelle du dortoir de l’internat des Enfants de Troupe. Il est 21H, l’heure de l’extinction des feux : il a pris sa faction.

    « Puceron » c’est le surnom du petit Bébert, le plus jeune, l’œil vif mais si malingre qu’il ne pèse guère plus qu’une plume.

    « Escargot » est appelé ainsi par ses colocataires car Popaul est certes grand et costaud mais mou et lent.

    Quant aux autres camarades d’infortune, pour mieux s’amuser au ballon ou jouer à la guerre, inspirés par les corvées matinales quotidiennes d’entretien du potager, ils ont formé deux camps : Les Limaces contre les Coccinelles.

    Lits au carré, uniformes pliés réglementairement à plat au bas du lit, godillots lustrés pour le lendemain alignés sur le parquet brillant. Tous en pyjamas, mais, ce soir grand silence, ni jeux, ni rires, ni bataille, bizarre …

    Calme plat, on dirait qu’ils ont décidé que ce coup-ci, pour une fois, aucun ne se ferait pincer, les punitions sont sadiques et terribles aux motifs de bavardage indu, sortie de rang, retard, regard de rébellion.

    La lumière de l’escalier s’allume. On entend les premiers poum… poum… poum… des pas lourds, le bois de l’escalier qui grince, scandé des ahans de gros animal.

    ‘ PLANQUEZ-VOUS ’ crie Bébert en glissant prestement des épaules de son géant support.

    Paulo empoigne la bêche piquée ce matin au potager et se plaque au plus près de la porte.

    Au moment où l’ouvre le Sergent, VLAN ! d’un grand coup bien placé le voilà assommé, aplati au sol, du sang s’écoulant en rigole du nez jusqu’au kaki de la chemise, cou et tête forment un drôle d’angle ?

    Popaul brandissant la bêche : « Eh ! les Limaces et les Coccinelles : ça y est, on l’a eu ! »

    Ce salaud de Sergent toujours méchant, jamais content, plus jamais il ne viendra le soir faire son choix parmi cette tendre chair fraîche.

  13. Christine Macé dit :

    Un puceron juché sur le dos d’un escargot faisait le guet à l’entrée du potager : grouillez-vous les limaces ! décampez les coccinelles ! j’entends des pas, il arrive !
    Le potager se mit à vibrer comme une ruche. Cette fois l’été avait bien fichu le camp, sans crier gare, et plié bagage dans la nuit comme un locataire fauché. Au petit matin, cette désertion mettait le carré de jardin en émoi.
    – Il aurait pu prévenir tout de même ! se lamentait la punaise. On a encore du pain sur la planche, nous autres, et pas seulement au jardin. Avec l’immigration massive des Asiatiques, on frise la crise du logement!
    -Je vous l’avais bien dit qu’il fallait pas s’y fier… répétait en boucle le loir, brusquement tombé du lit.
    Pas fières, les limaces reconnaissaient qu’elles n’avaient pas voulu gober les salades du grincheux avec ses alertes météo rabat-joie.
    Tout en égrenant leur chapelet, les coccinelles comptaient les points.
    – Ce serait bien le moment de lui demander ce qu’il fabrique à votre Bon Dieu, grogna un ver de terre, il a encore dû égarer le planning… si c’est pas malheureux !
    Le puceron lanceur d’alerte réclama le silence.
    – Essayons de garder notre calme. Le nouveau locataire ne devrait pas s’installer avant quelques jours, il a besoin d’un peu de temps pour rassembler son paquetage : fraîcheurs, brouillard, nuages et vent, sans oublier quelques belles averses. C’est sans doute un petit nouveau qui se sera égaré en chemin, faisons-lui bon accueil.
    Tous obtempérèrent, chacun retournant à ses préparatifs. Même le baveux qui ne décolérait pas et se promit de rappeler à cet automne insouciant qu’il ne pouvait pas faire la pluie et le beau temps !

    Bon dimanche, Christine

  14. Odile Zeller dit :

    Un puceron juché sur le dos d’un escargot faisait le guet à l’entrée du potager : grouillez-vous les limaces ! décampez les coccinelles ! j’entends des pas, il arrive ! Tous se mirent aux abris et ressortirent en apercevant l’apiculteur. Il allait travailler aux ruches un peu plus loin. On le connaissait bien et il était tellement ses abeilles.
    Une nouvelle alarme secoua le potager : un vol puissant balaya le ciel mais personne n’atterrit chez eux. Les étourneaux avaient trouvé un meilleur terrain d’action.
    Suite à toutes ces émotions tout le petit monde du jardin songea à émigrer mais comment l’éviter lui.
    Il était si vorace et si sournois. Il arrivait à petit pas , lire candide et pourtant faisait de gros dégâts parmi eux.
    De nouveaux pas firent trembler le sol. Des jambes fortes avançaient jusqu’au petit enclos. Rien à craindre, c’était Madame, elle venait cueillir quelques herbes et quelques fleurs pour la maison.
    Mais derrière elle … alerte générale, tout le monde aux abris … trop tard c’était trop tard il était là … ses petites mains ramassèrent les quatre dernières limaces encore en vie, dénichèrent les malheureux escargots trop lents pour se cacher. Aux coccinelles il ne fit cette fois aucun mal. Sa bête n’appréciait pas les insectes. Il avait la dernière fois fait une razzia sur les tiges des rosiers mais … ceux là auraient la vie sauve. Il n’avait aucune arme sur lui. Son pistolet anti-pucerons était probablement déchargé.
    Il était pourtant si mignon avec ses cheveux blonds, sa mine malicieuse … mais depuis qu’il avait obtenu l’autorisation de nourrir la basse-cour il faisait des ravages. Ses petites mains étaient plus efficaces que tous les produits chimiques que la pluie lavait.
    Sa première apparition avait créé la surprise. Les escargots et les limaces bien rangés dans son petit panier n’imaginaient pas le sort qui leur était réservé. Arrivés chez les poules Cayenne que le petit bonhomme choyait … l’hécatombe fut totale et personne ne survécut. Depuis, sa venue créait la panique dès qu’il survenait. Cette fois, seules les coccinelles survécurent … il les appelait les bêtes à Bon Dieu. Il s’attaqua aux pucerons en secouant brutalement toutes les tiges de rosiers et en les aspergeant jusqu’à les trouver vraiment propres.

  15. Liliane dit :

    Un puceron juché sur le dos d’un escargot
    Faisait le guet à l’entrée du potager :
    Grouillez-vous les limaces !
    Décampez les coccinelles !
    J’entends des pas.
    Il arrive !

    Les limaces firent la grimace !
    Les coccinelles croquèrent le puceron !
    Pas de bruits de pas.
    Quel naïf, ce puceron !

    Un bûcheron juché sur le tronc d’un chêne abattu
    Attendait sa bûcheronne :
    Grouille-toi la limace !
    J’entends la scie !
    Elle arrive !

    La limace est fumasse !
    La scie, elle attrapa.
    Son compagnon trépassa !
    Quel abruti, ce bûcheron !

    Un supersonique juché au bras d’une étoile
    Comptait les passagers :
    Grouillez-vous les limaçons !
    Décollage imminent !
    J’entends les vrombissements !

    Un tourbillon solaire sur la terre l’expédia.
    Dans un potager atterrit.
    Débarquèrent les coccinelles et les pucerons
    Les escargots et les limaces
    La bûcheronne sans son bûcheron.

    Accompagné d’une armée de fourmis
    Le pilote …euh…le jardinier…
    Se réveilla.

    Quel idiot, ce rêve !

  16. iris79 dit :

    Un puceron juché sur le dos d’un escargot faisait le guet à l’entrée du potager : grouillez-vous les limaces ! décampez les coccinelles ! j’entends des pas, il arrive !
    Au signal tout ce que le jardin comptait d’habitants indésirables pour le commun des humains se planqua dans les cachettes habituelles. Les alertes n’étaient pas nouvelles. A vrai dire elles étaient très régulières. A telle point que tous les résidents du jardin les connaissaient presque par cœur et que le puceron placé là pour donner l’ alerte n’était que simple précaution.

    Ce jardinier retraité avait une vie incroyablement bien réglée ! Tout était ritualisé à l’excès ! Y compris ses allers et venues au jardin et les taches qu’il y effectuait. Aussi depuis plusieurs années les aïeuls du monde presque invisible qui avait élu domicile ici avaient consigné dans le grand livre d’histoire les us et coutumes de l’ « homme à roulettes ». (C’était ainsi qu’il était désigné car arrivant toujours au jardin avec sa brouette rempli d’outils divers et variés selon les saisons et travaux à faire au jardin, par opposition à « petit homme à bottes », qui hurlait bien avant d’arriver, ce qui nous permettait de nous mettre à l’abri avant d’être piétinés par les petits petons du dit petit homme).

    De leur poste d’observation ultra sécurisé (ils ne se faisaient plus avoir depuis longtemps, depuis les grandes guerres des années quatre-vingts où les pesticides en tout genre avaient décimé toutes les familles qui avaient élu domicile ici), ils observaient le vieil homme qui bougonnait en contemplant son jardin, et certains de ses légumes troués comme du gruyère…Que faire ?
    Il ronchonnait dodelinant de la tête, en levant parfois les bras au ciel haussant la voix, ce qui faisaient vibrer les petits ventres apeurés mais bien remplis des petits habitants de la terre. Ils ne comprenaient pas très bien pourquoi tant de haine à leur égard. Après tout le jardin était suffisamment grand pour que chacun y trouve de quoi se nourrir ! Après tout il y aurait eu matière à trouver un accord, définir des territoires pour chacun. Quel gâchis cette guerre larvée aux petits habitants, traités de nuisibles ici mais de membres indispensables pour l’équilibre de la faune ou de la flore là…
    Ils ne voulaient en rien nuire au grand-père. D’ailleurs s’il regardait bien, ils ne grignotaient pas à tout va. Depuis plusieurs mois, ils avaient défini un programme et une organisation quasi militaires pour ne prélever que ce qui leur était nécessaire et laisser des pieds entiers de salade ou d’autres légumes non abîmés que papy et sa famille pouvaient prélever sans que les végétaux n’aient été attaqués. Les petites bêtes désespéraient que Papy ne s’en aperçoive !

    A moins que…

    A moins qu’il n’ait compris ! Mais oui !

    Cela faisait plusieurs saisons maintenant que papy traitait le jardin autrement et il est vrai aussi qu’il ne venait plus jusqu’aux plate bandes du fond du jardin. Au début, les petites bêtes avaient cru à un oubli, puis s’étaient félicitées d’être oubliées du vieux monsieur mais peut-être avait-il déjà compris que nous voulions vivre en toute intelligence ! Que l’on se limiteraient à grignoter cette bande de territoire s’il respectait notre présence ?
    Mais alors ces simagrées et jérémiades ? Un simple jeu, du folklore ? Alors là, c’était un peu fort.

    Quand il leur tourna le dos pour s’en retourner vers son abri, les petites bêtes en tout genre se hissèrent de derrière leur cachette. A ce moment précis, le papy se retourna brusquement et surprit, figées par la peur et l’étonnement, une nuée de petites bêtes immobiles comme pris dans la lueur des phares.

    C’est alors que le papy partit d’un grand éclat de rire en lançant à tout va :
    « mais oui y’en aura pour tout le monde ! Je sais bien que vous êtes là ! Et c’est très bien comme ça ! »

  17. Antonio dit :

    Déjà une escadrille de coléoptères retors vrombissait dans le ciel pour faire diversion. Les pas s’immobilisèrent quelques secondes, le temps pour les gastéropodes de se planquer derrière la feuille de chou qu’ils avaient à peine feuilletée.

    « Toujours les mêmes salades ! »

    Une coccinelle à sept points attira l’attention de l’intrus qui se baissa pour lui présenter son index.

    « Mon dieu, pourquoi moi ? », demanda la pauvre bête.
    « Allez, monte ! Il ne te fera pas de mal », dit le puceron à la manoeuvre.
    « Il t’a à la bonne, toi. Et ne t’envole pas avant qu’on ait tous décampé ! »
    « Marre ! C’est toujours moi qui m’y colle au p’tit père. Allez, fais un voeu, morveux ! Je ne l’emporterai pas plus au paradis, va ! »

    Toute la bande de nuisibles s’activa, les limaces prenant leur bave à leur cou et les pucerons déployant les ordres pour leur donner des ailes. Quand une voix d’enfant s’écria : « Là, maman ! Y en a une, là ! », pointant sa coccinelle dans une direction. Celle-ci, croyant qu’il la montrait du doigt pour être capturée, prit peur et s’envola avec le voeu qu’il ne la rattrape pas. L’enfant se mit à courir, écrasant salades et tout ce qui se trouvait dessous.

    « Mais ne reste pas planté… oh !! », hurla le puceron à son escargot, en opération sur un mauvais plant.
    « Mais, c’est toi qui… » Scrountch !

    La maison du mollusque s’effondra sur lui comme un pont italien, le puceron au bord du précipice, prêt à prendre un vol d’escampette. L’escadrille de coléoptères suivait la scène comme des journalistes de BFM TV, sans réelle utilité pour les troupes au sol.

    « Punaise ! C’est un vrai carnage ! »

    Des vers de terre écrasés, des limaces découpées, gisaient sur le champ de bataille, agonisant. Des gendarmes estropiés escamotaient les corps que les premiers piafs funèbres ramassaient, même vivants, pour les emporter dans leurs cercueils en gosier et les enterrer dans une poche commune.

    « Repliez-vous ! Repliez vous ! » hurlait le puceron sur une colline orange, en retrait.

    Erreur, l’ennemi était avait déjà une main sur le territoire. Un pouce lui explosa la tête au sol et renversa la montagne sous laquelle son bataillon d’escargots et d’autres bons soldats aux ordres du feu puceron croyait être bien caché.

    « Je prends celle-là, maman ! » dit l’enfant soulevant l’énorme citrouille, avant de la relâcher par dégoût, voyant la colonie d’insectes grouiller dessus, à sa merci.
    « Beurk ! »

  18. Ophélie E. dit :

    Un puceron juché sur le dos d’un escargot faisait le guet à l’entrée du potager :

    – Grouillez-vous les limaces ! Décampez les coccinelles ! J’entends des pas, il arrive !

    – Vite, avance ! hurla le puceron.

    – Je fais ce que je peux, s’indigna l’escargot. Et pourquoi t’as grimpé sur moi ? T’as qu’à sauter. En plus tu m’alourdis.

    – Arrête ton char ! Je suis plus léger qu’une plume et ne serait-ce pas toi qui m’as embauché pour surveiller.

    – Au secours ! Aidez-moi, s’époumona la limace. Je suis plus grosse que vous et c’est moi qu’il va repérer la première.

    – Toi, toi, toujours toi, s’énerva l’escargot. Tu es toujours à baver sur les autres, ce ne serait pas une grosse perte s’il t’écrasait sous ses bottes.

    – Moi ! Je ba…

    – Cessez de vous chamailler, pontifia la coccinelle. Ça urge, je l’aperçois maintenant. Tiens, il se baisse, il a trouvé des mousserons. Moi je reste, je ne crains rien.

    – Oui, on le sait que tu n’es pas un nuisible comme nous autres, persifla l’escargot.

    – Essayez de vous enfuir pendant que je retiens son attention. Il va me récupérer pour m’installer sur un rosier.

    Elle se posa sur la main de Philibert qui la contempla un moment. Il fredonna la comptine de son enfance :

    « Poule, poule du bon Dieu. Si elle m’aime monte jusqu’aux cieux »

    Elle s’ingénia à prendre son temps en trottinant le long de son bras. Elle constata que ses amis s’évertuaient à se cacher qui sous une laitue, qui derrière un chou bien potelé, qui sous la pivoine d’Alphonsine. Puis, sous le regard émerveillé de Philibert, elle prit son envol. Il la suivit des yeux un instant et fut tiré de sa contemplation par la sonnerie de son portable.

    Agacé, il s’éloigna à grands pas en direction de sa maison.

  19. Souris Verte dit :

    LE COVOITURAGE DES PUCERONS.🐀
    Il a beaucoup plu cette nuit.
    Les escargots sont restés à l’abri dans leur maison hélicoïdale sous les rosiers qui bordent les allées du potager.
    En cette fin d’automne les arbustes font grise mine : l’homme armé va les tailler ce qu’il appelle faire leur toilette afin de les préparer pour mieux passer l’hiver.
    Quant à nos bestioles cornues, elles aiment cette saison des pluies prémices pour elles de l’hibernation… Après viendra au printemps la période des amours… Tous ces projets les émoustillent.
    Mais ce matin c’est le grand jour.. C’est l’ exode.
    En rang par deux, en tête Escargot-Chef au côté de son amoureuse Escargotte-Minotte suivis de leur escadron s’organisent pour fuirent le danger. Ce Goldorak des fleurs qui d’un coup de ciseaux va décapiter les buissons sans pitié.
    Les Pucerons aussi ne sont pas rassurés, vivant sur les rosiers, Ils risquent d’y passer… Par mesure de précaution ils se sont groupés sur le dos des colimaçons et partent à l’aventure en covoiturage.
    Le plus culotté est monté jusqu’entre les cornes du Chef. Sur son mirador, une goutte de rosée en képi, sa patte droite en visière, il guette conscient de son importance : c’est un peu lui qui dirige les opérations…
    Puceronne sa copine, telle une Minerve casquée surveille les arrières. Juchée sur la coquille d’Escargotte elle s’énerve de sa lenteur et l’asticotte.
    – Avance voyons… Avance… Tu limaces et ralentis le mouvement… Allez ! hue cocotte !
    Escargotte musarde d’humeur folâtre contente finalement de sa dernière sortie matinale avant les grands froids.
    Le copilote Puceron lance un ‘ couic ‘ d’alarme…
    – Pressons-nous… j’entends les brindilles ‘ couiner ‘ écrasées sans ménagement par les bottes de l’homme armé.
    Les Coccinelles qui suivent le cortège hâtent le pas et clignotent de peur.
    – ne respectez pas les codes, éteignez vos lucioles si vous voulez doubler sinon, on va se faire repérer intime Puceron.
    Escargot transpire, rouge et congestionné. Il a pourtant l’impression d’avoir mis le turbot. Mais il a face à lui l’ennemi, un géant qui se déplace avec ses bottes de sept lieues…
    La lutte est trop inégale.
    Stratégique, il s’engage alors dans un chemin magique, caresse orties et chardons qui les voyant, sentant le danger, ramassent leurs piquants, se replient, les cachent pour les mettre à l’abri.
    C’est l’entraide de la nature contre la maltraitance de l’homme qui pense en toute bonne conscience agir pour son bien !
    Souris-Verte🐀

  20. Laurence Noyer dit :

    Il arrive !
    Le corps horizontal, la démarche incertaine
    il pose sur le monde sa lourdeur aérienne
    vagabond de l’aurore, il s’installe en trainard
    grouillez-vous les limaces, il arrive le brouillard

    La figure assombrie, le regard enlarmé
    il embrasse la terre de ses baisers mouillés
    partout il postillonne son grésillant crachin
    décampez coccinelles !, il arrive le grain

    L’air embrumé, terni de vents évaporés
    il déploie son écharpe, aux mailles détisées
    ses fibres s’enroulent sur le sol indigent
    évacuez pucerons ! il arrive le torrent

    L’œil en cyclone pour ultime sommation
    il fait danser ses flots, sur toutes les saisons
    la planète sera bien son principal refuge
    sauvez-vous les humains, il arrive le déluge.

  21. Nadine de Bernardy dit :

    Un puceron,juché sur le dos d’un escargot,faisait le gué à l’entrée du potager:
     » Grouillez vous les limaces!décampez les coccinelles!j’entends des pas,il arrive. »
    L’escargot,juché sur un pot de terre posé dans une vieille brouette en bois,se laissa glisser dessous après s’être mis à l’abri dans sa coquille.
    Le puceron en profita pour aller rejoindre son rosier favori,sous les feuilles duquel il se cacha.
    Les pas se rapprochaient,l’insecte reconnaissait ces grosses bottes qui menaçaient la tranquillité du petit peuples des lieux.
    Chacun s’était trouvé un refuge d’où il pouvait suivre les évènements.
    Une grosse voix tonnât:
     » C’est pas possible,non mais regardez moi ça,ces gastéropodes et autres insectes ont encore fait des ravages dans mon potager.Saletés d’insectes,mes choux,mes salades,c’est de la dentelle,tout rongé par l’ennemi!
    Une grosse main souleva quelques plants,constatant les dégâts,il rugit de plus belle:
    – C’est bien la peine d’avoir juré au Petit Poucet et ses frères de ne plus manger de viande pour leur bien être et le mien.Comment vais-je faire pour rester végétalien si on anéanti mes efforts?
    Des petites bêtes en plus,que je pourrai écraser entre mon pouce et mon index si toutefois j’en attrapais,car je n’en trouve pas l’ombre d’une et elles reviennent plus voraces à chaque fois dès que j’ai le dos tourné.
    Ma femme me défend les pesticides,mes filles ne jurent que par le purin d’ortie. »
    Le jardinier s’assit,désespéré,sur la brouette qui plia sous son poids malgré les 76 kilos qu’il avait perdu.
    Une petite coccinelle attendrie vint courir sur sa main.Il la contempla et la laissa s’envoler en soupirant.
    A grand peine,notre jardinier,l’ogre,enfin vous voyez de qui je veux parler,se releva,alla chercher sa bêche et son arrosoir car,prédateurs ou pas,il fallait bien qu’il s’en occupe,de son jardin.

    Après son départ,les limaces respirèrent,le puceron sortit de sa cachette,l’escargot jeta un oeil hors de sa coquille et repartit à la conquête de ce territoire partagé.
    Peut-être,se dit -il,que nous aussi pourrions refréner notre appétit afin de remercier notre hôte de son hospitalité maugréeuse.

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