451e exercice d’écriture créative imaginé par Pascal Perrat

Vous avez acheté un appareil à moudre le temps. Après l’avoir testé pendant les vacances, vous donnez votre avis de consommateur sur le site du fabricant.

Cette idée est née sous un parasol.

Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Une émulation pour maintenir en éveil l’enthousiasme d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

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33 réponses

  1. iris79 dit :

    4/5

    Appareil conforme à la photo et au descriptif.

    Je l’ai testé sur la plage et je dois dire que j’ai vécu un super moment, le temps s’est étiré comme convenu et j’ai pu profiter du paysage et de la mer sans aucun touriste.
    Néanmoins, une fois le minuteur spécial arrêté, je me suis soudain retrouvée projeter en plein après-midi au milieu de la foule. Peut-être faudrait-il envisager une mention de cet état de fait une fois le temps écoulé ! Cela peut surprendre et avoir des conséquences fâcheuses !
    Quel bonheur de pouvoir lire l’intégralité des livres en attente depuis trop longtemps ! J’ai pu en avaler plusieurs dans une même journée !

    Je songe à acheter la version de luxe pour l’offrir à mes enfants. En effet, la notice stipule qu’il est équipé de l’option « couleurs de la décennie ». Ils pourraient donc voyager dans le temps en découvrant les marron et orange des années soixante-dix, les paillettes des années quatre-vingts et des couleurs fluos des quatre-vingt-dix. Cela les changerait du taupe et des gris d’aujourd’hui !

    Je recommande donc l’achat de ce produit !

  2. Palaing dit :

    J’ai acheté cet appareil il y a environ… mais bon, ça ne vous dirait rien si vous n’en avez pas déjà un.
    Pour sauter le pas et oser m’en servir il m’a fallu, c’est vrai, quelque temps. J’ai profité d’un jour où je trouvais le temps long. Cela semblait l’occasion rêvée: il serait plus facile, sans doute, de moudre du temps long. C’est vrai que l’appareil a beau être garanti un certain temps, les meules solaires semblent fragiles, on ne voudrait pas les voiler par une fausse manipulation.
    Bref, j’ai monté l’appareil sans difficulté, j’y ai mis le temps, j’ai retiré la languette de sécurité, et voilà. Le temps a commencé à passer. J’attendais un peu qu’il advienne quelque-chose de spectaculaire. Mais non, rien. Pas un pet de temps perdu, pas la moindre particule qui s’écoule à l’arrière de l’appareil. Sur ce point, la publicité n’a pas menti: le travail est propre et sans bavures. Le bruit de fonctionnement étant de plus imperceptible, si l’on ne prend aucun point de repère on pourrait même douter qu’il se passe quoi que ce soit.
    Pourtant le résultat est bien là: l’appareil fonctionne, et le temps passe. Pour preuve, j’ai mis à côté une vieille horloge tout à fait hors d’usage, dont la pile soi-disant alkaline avait jadis, en coulant, ruiné de taches verdâtres la plus belle des casseroles en laiton alignées au-dessous sur le mur carrelé de la cuisine, et que madame Marchadot n’a que partiellement, et à grand-peine, réussi à ravoir.
    Mais je digresse, et le temps passe (tandis que j’écris ces lignes la machine tourne encore, je ne peux plus m’en passer!). Sur l’horloge hors d’usage, donc, la grande puis la petite aiguille se sont mises à tourner, imperceptiblement mais indéniablement. Figurez-vous même – prenant sur le temps qui me restait je l’ai passé en observations, et même en prise de notes – que la grande aiguille tourne plus vite que la petite, je dirais une douzaine de fois plus vite environ.
    Pour en revenir à l’appareil à moudre, donc: j’en suis entièrement satisfait. Il est d’une robustesse à toute épreuve. Depuis qu’il est installé chez moi, le temps passe quasiment sans discontinuer. Certes, il est économe, cependant pour un usage aussi régulier vous devrez prévoir un certain budget. Le temps ne se trouve pas sous les sabots d’un cheval, comme on dit; et pour être pudique on n’en reste pas moins obligé de reconnaître que le temps, c’est de l’argent. A cet égard, il faut convenir que l’échantillon fourni gracieusement à l’achat est vraiment d’une durée symbolique: pour le prix de l’appareil, on attendrait mieux. En même temps, tout le temps passé à attendre, n’est pas du temps moulu. La firme le sait bien et joue certainement là-dessus.
    Je réalise que j’ai beaucoup parlé ici de temps passé, et à juste titre, vous vous demandez peut-être: l’appareil peut-il moudre du futur? J’avoue que la description commerciale étant un peu laconique à cet égard, je nourrissais quelques vagues espérances. Il n’en est rien, non par impossibilité technique, mais parce qu’en raison des risques encourus la machine a été délibérément bridée. Cela est très bien expliqué dans l’avertissement de sécurité qui accompagne la notice d’utilisation. Certes, des petits malins voudront passer outre, et je me suis laissé dire qu’on trouve déjà en ligne des vidéos expliquant comment faire sauter cette limitation; à leurs risques et périls! Si vous lisez bien l’avertissement, vous comprendrez à quel danger vous expose la perspective d’entrer dans un futur moulu. Mieux vaut y réfléchir à deux fois; on vous aura prévenus.
    Enfin, si tout semble merveilleux dans cette machine, il serait malhonnête de passer sous silence un effet secondaire étrange, voire légèrement inquiétant. Depuis que chez moi la machine est installée et en marche, j’ai observé sur ma propre personne des modifications, peu perceptibles certes, mais qui semblent s’accentuer au fur et à mesure que le temps passe: apparition de rides au coin des yeux, évolution de la couleur des cheveux vers une teinte plus claire et légèrement grisée, fatigue, flétrissement de la peau…
    Mais qu’est-ce que tout cela au regard du plaisir de pouvoir moudre du temps chez soi – voire, la machine étant facilement transportable, sur son lieu de vacances ou même, pourquoi pas, au travail?
    Je suis vraiment enchanté de cet achat, il vaut son prix – même hors promotion – et je le recommande sans hésiter. Pour résumer:
    Les plus:
    – appareil silencieux et robuste.
    – fait le job: le temps passe.
    – la garantie d’un certain temps.
    Les moins:
    – signes de vieillissement chez l’utilisateur.
    – risque qu’un bricoleur écervelé ne vous entraîne malgré vous dans un futur moulu.

  3. françoise dit :

    monsieur le Fabricant ,
    Je vous retourne votre appareil à moudre le temps car il n’est accompagné d’aucune notice et je n’arrive pas à le faire marcher, pas plus que mes compagnon(ne)s de vacances .
    Il ne moud d’ailleurs pas non plus le café et étant donné qu’à sa réception j’avais eu la malencontreuse idée de jeter mon moulin à café je suis contraint , à mon petit déjeuner, de boire à la place d’une tasse de café qui était pour moi mon premier plaisir de la journée, une tasse de thé que je déteste ce qui a pour conséquence de me mettre de fort mauvaise humeur

    Quelques citations me reviennent en mémoire :
    – le temps c’est de l’argent
    – le temps perdu de Marcel Proust
    – Si nous tuons le temps, celui-ci nous le rend bien.
    – N’emploie pas si mal ton temps, que tu fasses des mécontents.
    – Le temps est infidèle pour qui en abuse
    – Les babillards sont les larrons du temps.
    – Il n’est point de cordeau pour amarrer le temps.
    – Mal employer le temps, autant ne rien faire.
    C’est sur cette dernière citation que je terminerai ce propos, je n’ai déjà perdu que trop de temps
    Salutations.

  4. Anne Lonjaret dit :

    Moisson
    Omniprésence
    Utopie
    Direction
    Rectiligne
    Échéance

    Tempête
    Espadrille
    Miraculeux
    Principe
    Singulier

    C’est le temps de la moisson, le blé est omniprésent. Est-ce une utopie que de l’apprécier si rectiligne pendant cette période de tempête ? Mais pourtant il semble être dans la bonne direction. On a beau rebrousser le temps, il n’en demeure pas moins une échéance. En principe, mieux vaut ne pas être en espadrille pour l’ouvrage. Cette machine qui moud le temps est miraculeuse. C’est celle d’un itinéraire singulier.
    Je recommande donc cet appareil qui renvoie une expérience positive.

  5. oholibama dit :

    Un appareil à moudre le temps…

    Me promenant en ce dimanche un peu frisquet, je déambule entre ces échoppes toutes différentes qui pourtant, ne me tente pas. Quand soudain, juste au milieu d’un bric à brac et d’un vendeur de meubles en tous genre, un jeune homme me sourit.

    Il me semble le connaître, il me tend la main…geste d’invite. Peu de chose sur sa table. Il est vrai qu’il n’a pas beaucoup de place. Que vend t’il donc? Je m’approche, je lui rends son sourire.
    _Bonjour Mademoiselle, seriez-vous intéresser par l’un de mes appareils à moudre le temps?

    L’envie de rire me prend. Croit ‘il donc à ses dires? Ou donc a t’il vu ce genre d’engin?
    _Je vous voie dubitative pourtant, je vous l’assure, si vous achetez l’un de mes appareils…vous ne verrez plus le temps de la même façon. Vous pouvez le tester si cela vous intéresse .
    _Mais que me ferait faire cet appareil?
    _Aimez-vous les voyages, avez-vous en tête un endroit que vous voudriez à tous pris visité mais que financièrement, ce rêve restera un rêve!
    _Oui! j’ai ce genre d’endroit en tête.
    _Je peux si vous en avez le temps ‘( sourire en coin) vous y emmenez, le voulez-vous?

    _Mais et votre stand?
    _Oh il ne s’envolera pas n’ayez crainte, cela ne durera que quelques micro_secondes.Y allons-nous?
    avec cette envie folle de rire qui me tient, je me dis que ce bel homme a vraiment un petit grain.Je me prends pourtant au jeu et hochant la tête, je m’approche de lui.

    _Ne criez pas tout ira bien.
    Il me prend dans ses bras, me serre contre lui, il m’attache à lui puis il prend l’un des appareils, il appui sur un bouton et celui-ci se met à tourner, en un instant, tout devient flou. Le tournis me prend et alors que j’allais rendre mon déjeuné tout s’arrête et je me trouve béatement devant les pieds de cette extravagante cascade d’eau,une beauté sans égale,mes rétines en prennent plein, je suis aux anges.L’un de mes rêves vient de se réalisé, j’en bave par avance et je réalise le potentiel de ce petit joujou.

    Pas le temps de respirer que déjà, nous sommes de retour au stand. Je veux comprendre, je veux un appareil rien que pour moi,pour parcourir ce monde que j’aime tant et que faute d’argent je ne peux visité. Alors, je me lance.
    _Combien de voyages me permettra t’il de faire, quel est son prix, dois-je le commandé, quel délaie pour en avoir un?
    Il me sourit,me tend une petite carte. Surprise je lis ce qu’il y a d’écrit dessus.

    « Vous achetez notre appareil à moudre le temps, il a deux fonctions, celle de vous emmenez en avant…et celle de vous emmenez vers l’arrière. Personne ne peut ou ne pourra vous rejoindre, chaque faille qu’ouvrira ce fabuleux appareil sera à vos risques et périls. Réfléchissez-bien! Signez et mettez vos initiales.

    Morvent Alexandre fera une photocopie de votre carte d’identité. Quand vous aurez bien voyagé d’un endroit à un autre, laissez-nous vos impressions sur notre site, ce qui vous à plus et ce qui vous a fortement déplut…nous serons alors capable de réajusté notre formidable appareil à moudre le temps.Celui-ci n’est pas remboursable, les voyages sont ceux de votre esprit et en ce sens,il l’appareil moud le temps.

    Bon je signe et sans plus attendre, je voyage. Le temps se fait trop court pour moi des vacances c’est ce dont j’ai grandement besoin. Je file, de voyages et voyages, de temps en temps, de l’avant vers l’arrière, je file à folle allure et soudain…

    un retour chez moi me saisit. Un reportage à la télévision me balance en pleine face que j’ai perdu trois ans de ma vie. Oh oui j’ai vue des choses que jamais je n’espérais voir, entendue tant et tant de bonnes ou mauvaises nouvelles,participé à des mariages, des naissances, la fin de vie aussi,mangé, bue, eu une vie amoureuse follement passionnante, chanté et dansé bref j’ai bien vécue…

    Mais voila, ici la vie à continué sans moi, mon temps est précieux, on m’a trompé, trois années de ma vie sur cette terre m’ont été volé en quelque sorte. Je suis certainement folle mais j’ai envie de fuir de nouveau,de continuer à voyagé et là…je vais le faire à l’envers. Mon appareil fonctionne, très bien, allons voir s’il est capable de m’emmener là ou tout à commencer…

    Mail adresser au Fabricant.
    Monsieur…
    Je viens de comprendre que l’appareil à moudre le temps,me permet de fuir cette vie que je trouve futile. Mes voyages m’ont permis de voir et de comprendre autre chose, là,je vais visité le néant…si je reviens,je lirais votre message via ma boîte mail. Ah oui! Cet appareil est superbe mais un conseil,il n’est pas pour tout le monde…Un esprit fragile n’y résistera pas, la folie reste proche de l’utilisateur…j’en conviens mon penchant pour la fuite fait que je reste accrocher à mon propre monde.

    Réponse du fabricant.
    Mademoiselle Fergus.
    Le temps n’est que file le vent, votre essai se termine dans trente minutes, cessé de voyager sous peine d’être perdue entre deux mondes. L’appareil à moudre le temps nous reviendra, nous sommes les faiseurs du temps. Merci pour votre commentaire … nous en tiendrons compte, nous pourrons bloqué l’appareil afin que le futur voyageur ne puisse voyager autant…après tout…le temps c’est de l’argent. En vous souhaitant un bon retour parmi nous.

    Un commentaire perdu.
    Je suis en perte l’appareil m’a ramener en 1889…je vous envoie ceci via l’appareil je sais qu’il vous reviendra…je me tiendrais aussi longtemps que possible devant la bastille, venez me chercher,merci.

    Monsieur Morvent, ce message nous vient d’une de vos acheteuse, a t’elle comprit que notre besoin de glané les rêves sont nécessaire à notre survie? Ce message démontre une lacune dans vos explications…comment comptez-vous la sortir de ce rêve sans lui ôté la vie?

    _La rêveuse se trouve dans le monde du sommeil, je peux la rejoindre, je ne sais si son cerveau résistera mais…oui, je pense que c’est faisable.
    _Bien vous avez deux jours après cela…elle sera envoyé en hôpital psychiatrique…le test est probant,nous pouvons continué sur notre lancé…veuillez de votre côté vendre un peu plus d’appareil, ces humains sont vraiment de doux rêveurs.

    _Bien mon commandant, ce sera chose faite.
    La pauvre jeune femme fit un long séjour en hôpital psychiatrique ses rêves font le bonheur d’une race perdue qui grâce à un appareil à moudre le temps, emmagasiner assez d’essence de vie pour relancé les moteurs de leur vaisseau…ainsi va les rêves, méfions nous de ce genre d’appareil. Nos rêves sont nos propre passage d’un temps à un autre, gardons nous de trop vouloir les partagé, on ne sait pas qui peut les lire…y.l.
    Sur une idée de Pascal Perrat.

  6. RENATA dit :

    La pub annonçait : » Appareil à moudre le temps , pour un apprentissage et une compréhension simple des temps musicaux « .
    Moi , je voulais profiter de l’opportunité de mes vacances pour apprendre à danser et ne plus être à contre temps .
    Sans attendre , je commande , je déballe , je choisis le tango que j’adore , et je mets l’appareil en mouvement .
    Il moulait si parfaitement les temps , les détaillait si précisément que mes pieds , puis mon corps tout entier , furent immédiatement dans l’ambiance , je chaloupais gracieusement , je glissais langoureusement ma jambe sur celle de mon partenaire, je basculais en arrière , je m’abandonnais , ça y est je dansais et…..
    C’est là que l’incident eu lieu . C’était sans compter sur le métronome qui depuis un moment battait de plus en plus en fort pour préciser , lui , le bon tempo . Il en résultât une telle cacophonie que mes jambes se sont entremêlées et que Je me suis étalée !!
    Rassurez-vous , je ne porterais pas plainte car cette chute m’a permis d’éviter de justesse le balancier que le métronome projeta violemment contre votre appareil qui l’avala sans hésiter recrachant aussitôt une clef de sol , quelques notes puis ce fut le silence .
    Vous comprendrez donc mon peu d’enthousiasme à recommander cet appareil à de futurs acheteurs , quoique…….

  7. Souris verte dit :

    🐀🌡️ UN APPAREIL À MOUDRE LE TEMPS.

    Partout la météo s’affole… Il va faire chaud.
    Restez enfermés derrière les volets clos.
    Acheter un moulin à moudre le temps où l’air pour faire du vent était, je l’avais compris, de première importance.
    Alors, j’ai commencé à réfléchir… Et ça a été le début de ma fin…

    J’ai parcouru hâtivement et surtout sans bouger les promos dans les journaux.
    Mais avant, j’ai bien pris le temps de le peser.
    Pour ou contre ?
    Parce que moi, je n’aime pas avoir froid ça me donne la chair de poule et me fait claquer des mandibules !
    Alors ! Attention Canicule ???
    Fallacieux ou pour moi inutile, voire ridicule ?
    Peut-être juste calculé pour créer conciliabule et inciter l’inquiet -qui n’en a pas forcément besoin- à acheter ‘ le ‘ ventilo dernier cri avant qu’il ne pousse le sien.
    Vous avez le choix !
    Aïe, ça ce complique !
    Celui à pales qui brasse ou celui qui souffle ? Un à air ou un à eau?
    J’en transpire de doute et m’intrigue car coûte que coûte il me le faut.
    Mais je ne veux pas être un gogo qui se précipite au premier coup de chaud..
    Intox ou info ?
    Avec tout ce qui court sur les réseaux ‘ dits’ sociaux !
    Il y a de quoi mouiller la liquette.
    Déstabilisée, suant sang et eau… Enfin, peu d’eau par rapport au mauvais sang que suscitent
    ces publicistes fortiches qui insistent sur la nécessité d’acquérir tel engin plutôt qu’un autre.
    Oui, mais lequel ? Parce qu’enfin !..
    Dans ma tête ça mouline sans me faire de vent, ça dégouline.
    J’incline à penser devant leur persistance que je dois me presser de me décider avant de me dessécher !..
    Allez-voir qu’on ne retrouve plus que ma carcasse !
    Je les vois d’ici ricaner ! Se gaussant devant mes ossements ! Je les entends qui jacassent : mais quelle bécasse ! C’était pourtant clair ! Tout était dans les journaux.
    Celui à air ou celui à eau !
    C’est tout, c’est simple non?
    Sèchée d’avoir trop réfléchi, … n’avoir pas su me décider, c’est ballot !
    Ne pas refléchir, c’est l’époque, on vous dit tout sur tout jusqu’au moindre mot.
    Y a qu’a suivre le troupeau.
    C’est pas dur ça et à la portée de n’importe quel idiot.
    J’ai trop réfléchi.
    Un ventilo dernier cri !
    J’ai soupiré le mien sans bruit.
    Étant d’un autre siècle, j’ai rejoint celui des moulins qui sur la colline prenaient le temps de siffler le vent dans une odeur de farine.

    Pourtant j’avais gardé les volets clos.

    🐀 Souris verte

  8. Clémence dit :

    Vous avez acheté un appareil à moudre le temps. Après l’avoir testé pendant les vacances, vous donnez votre avis de consommateur sur le site du fabricant.

    Je le tenais au creux de ma main, ce petit appareil à moudre le temps. Il me rappelait cette série de galets que j’avais réalisés en céramique raku-yaki bleu métallisé.

    Je le faisais rouler entre mes doigts et je me remémorais toutes les possibilités qu’il m’avait offertes durant mes vacances.

    J’avais eu une prédilection pour la touche « pause » qui me permettait de faire durer infiniment des moments de grâce.

    Un matin pourtant, je m’étais amusée avec la touche « retour », version lente ou accélérée. Je m’étais alors éclatée en me sacrant grande prêtresse, organisatrice du Monde. Forçant les uns à mettre genou à terre, poussant les autres à la vindicte. Je faisais mienne la devise « Diviser pour mieux régner ». Et puis, dans un élan de magnanimité, je me laissais gagner par la sagesse et stoppais ces retours intempestifs vers le passé.

    Mais un soir, je fus à nouveau gagnée par une irrésistible envie : celle de faire quelques incursions dans le futur.
    D’abord à vitesse réduite. J’avais besoin d’éprouver la résistance de mon organisme ! Rassurée sur ce point, je me hasardai à passer à la vitesse supérieure. Jamais je ne sus si je devais me réjouir ou m’effarer de ce que j’avais découvert. Une fois encore, gagnée par un éclair de sagesse, je revins à la touche « Play ».
    Et je trouvais que c’était mieux ainsi.
    Le présent. Rien que le présent.
    Observer le monde, l’infiniment petit ou l’infiniment grand était une belle aventure.
    Observer mes congénères et tenter de les comprendre relevait de la gageure, mais cela ne me déplaisait pas.
    J’en fis donc mon quotidien. Je moulais. Tout. Le temps, l’espace et tous les algorithmes qui s’y appliquaient. C’était devenu obsessionnel.
    Le matin, je moulais, le midi, je remoulais et le soir, je démoulais.
    C’était jubilatoire.

    Jusqu’au jour où un phénomène étrange m’agaça. Non. Je rectifie. Jusqu’au jour où mon pouce fut agacé par un minuscule grain. A peine plus grand qu’un point de l’écriture braille.
    J’étais sidérée. Comment était-ce possible qu’il eut échappé à toutes mes manipulations ?

    Cette découverte me chagrina un peu, me décontenança intensément, me perturba profondément.
    Passé ce moment de stupéfaction, je décrétai qu’à mon retour , je me rendrais sur le site du fabricant . Là, je pourrais consulter le mode d’emploi, avant de rédiger une réclamation qui me ferais passer pour la plus débile des utilisatrices.

    Hélas, sur le mode d’emploi, je ne trouvai aucune indication à propos de ce petit grain de rien du tout. J’étais sceptique. Je repassai en revue toutes les rubriques. Rien. Nada. Que dalle !
    Je n’allais tout de même pas passer au stade de l’expérimentation, appuyer sur le bouton et faire sauter la planète. Et moi avec !

    Le doute s’installa en moi et se mit à moudre son grain, tout comme mon moulin moulait le temps.

    Après de longues supputations, confuses et passionnées, je conclus que ce serait une démarche plus pertinente que de consulter les commentaires.

    C’est alors que je reçu un choc. Quatre cent cinquante et un commentaires !
    Je me pris la tête entre les mains et me morfondis. Je n’allais tout de même pas me les farcir tous !
    Et pourtant ! Armée de courage et d’une bouteille de gin, je commençai la lecture.

    Dès la première page, un panel extraordinaire se déroulait sous mes yeux incrédules.
    Le tout et son contraire. Trop de touches ou pas assez, trop grandes ou trop petites, trop de luminosité ou pas assez, trop de blanc, trop de noir, trop de grisé. J’en étais grisée.

    La deuxième page attira davantage mon attention. En effet, chaque commentaire était assorti d’une réponse. C’était assez cocasse et en même temps très pertinent, car à chaque fois, il était question de verre à moitié plein ou à moitié vide.
    J’en profitai pour me verser un doigt de gin que je savourai avec délectation.

    La troisième page m’éblouit.
    Cette fois, les réponses aux commentaires faisaient allusion à la lorgnette et invitaient à regarder tantôt par un bout, tantôt par l’autre. Cela me fit sourire car c’était une référence à une émission télévisuelle culte des années… hum, comment dire ? Des années de ma jeunesse !

    La quatrième page me fascina.
    Chaque commentaire était suivi d’une réponse et d’une réponse à la réponse. Jusque là, je suivais.
    Mais à la cinquième page, j’en perdis mon latin.
    Certes, il y avait toujours un commentaire suivi d’une réponse et une réponse à la réponse et ainsi de suite, comme des poupées russes. Mais un détail me frappa. Les propos mutaient et dérivaient. Les paroles étaient modifiées, transformées, amplifiées, interprétées.

    J’en eu le souffle coupé. Dans un dernier sursaut de bon sens, j’ouvris une seconde fenêtre et lançait le moteur de recherche sur  la communication verbale. Quelle ne fut pas ma surprise voir défiler sur mon écran, une publicité pour un livre au titre stupéfiant.

    Par souci de délicatesse envers tous les commentateurs sur le site du fabricant, je tairai et le titre et l’auteur.
    Mais j’en retirai une leçon qui, certainement vaudra pour tous :
    « Méfiez-vous des appareils à moudre le temps » !

    © Clémence.

    Ah ! Et le petit grain, me demanderez-vous ?
    Contrairement à tous les appareils qui contiennent une batterie et une encoche pour y accéder, cet appareil à moudre le temps possède un petit grain. Il suffit d’appuyer .
    Remarque de l’utilisatrice que je suis : « Attention, c’est à vos risques et périls. Vous pourriez ouvrir la boîte de Pandore ! »

  9. Odile Zeller dit :

    Madame, Monsieur,
    Je n’aurais jamais acheté votre machine à moudre le temps, c’est un cadeau de départ à la retraite. Tout le service voulait me faire plaisir. Personne ne savait ma détestation des montres horloges et autres chronomètres. Au bureau je me faisais violence mais maintenant … un moulin à café j’en ai de ma grand mère, pas de brasseur d’air ni d’ordinateur … aucune machine alors cet engin … je l’ai testé mais cela ne m’a pas convaincu… mouture fine, moyenne ou grossière … j’en a pris un fou rire… et si la machine tombait en panne … bref elle est en vente sur le bon coin grâce à un voisin, plus jeune et victime d’une addiction à l’électronique. Mon moulin à moudre le temps ne l’intéressait pas, dommage.
    L’appareil marche mais je n’ai pas l’œil fixé sur les secondes qui passent …alors pourquoi garder un accessoire qui occupe de la place … voilà si certains connaissent des intéressés … faites le moi savoir … Jean Michel Rousseau

  10. Catherine M.S dit :

    Que je vous dise…

    Pendant les vacances je ne savais plus quoi faire
    Je m’ennuyais au bord de la mer
    Alors j’ai laissé femme et enfants
    Un petit moment
    Et suis allé chez l’antiquaire
    Me balader au milieu d’objets peu ordinaires
    Quand au beau milieu d’une allée
    Je suis tombé sur l’un d’entre eux
    J’avais eu le nez creux :
    Un appareil à moudre des grains
    Toutes sortes de grains…
    De café de tous les pays
    De l’Afrique à l’ Océanie
    Des grains de sel aussi
    Pour les commères
    Qui ne s’occupent pas que de leurs affaires
    Et puis les grains de sable infiltrés dans des engrenages
    Capables de mener au naufrage
    Les grains de beauté
    Echappés des peaux bronzées
    Les grains de riz
    Ramassés sur le parvis de la mairie
    Les grains de fantaisie, voire de folie
    Collectionnés pour oublier la férocité de la vie

    Mais pas seulement …
    Il pouvait également
    Moudre le temps
    En mixant subtilement
    Le passé, le futur et le présent
    Drôle de salmigondis
    Qui peut vous laisser sur le flanc !
    J’hésitais donc à l’acheter
    En même temps ça pouvait être amusant
    De le ramener à la maison
    – Les enfants, asseyez-vous tous en rond
    Qui veut moudre un peu de temps ?
    – Non merci, à quoi ça sert ?
    On a mieux à faire
    Répondraient-ils sûrement
    C’est donc en souriant que j’ai salué l’antiquaire
    Et reposé l’appareil à perdre son temps.

  11. Pissenlit dit :

    Vous avez acheté un appareil à moudre le temps. Après l’avoir testé pendant les vacances, vous donnez votre avis de consommateur sur le site du fabricant.

    Marius, 20 ans
    J’ai commandé cet appareil à moudre le temps pour mes grand-parents à l’occasion de leur 50 ans de mariage.
    L’appareil est arrivé dans les temps et l’emballage était en bon état. 5/5
    Première surprise au déballage, il est plus petit que ne le laissait penser la photo, et la matière m’a un peu déçu aussi, c’est du plastique qui ne fait pas qualité. 2/5
    Rien à dire sur la couleur, un gris argenté bien dans l’air du temps, assorti aux cheveux de papy Jean-Pierre. 4/5
    Deuxième surprise, la manivelle tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Le fabriquant est-il gaucher ? 3/5
    J’avais choisi le modèle manuel car mamie Jocelyne ne jure que par le fait main qui prend du temps et lorsque je l’ai essayé, le résultat était plutôt satisfaisant. 4/5
    Le temps est égrainé efficacement, on peut ensuite le stocker dans des boites hermétiques qui vont au congélateur. 5/5
    Comme mes grand-parents n’ont pas de temps à perdre, je pense qu’ils seront contents de leur cadeau.
    J’attribue la note de 4/5 à cet objet et je recommande ce site.

  12. Nadine de Bernardy dit :

    Madame,monsieur

    en lisant les commentaires sur votre site j’ai découvert celui d’une de vos fidèle cliente,une certaine C…et me suis fiée à son avis pour commander l’appareil à moudre le temps modèle supérieur à variation de grains dont elle semblait satisfaite.
    Et bien j’ai été très déçue car le modèle reçu,made in Tchékurdistan n’est pas à la hauteur de mes espérances.L’objet en lui même est lourd,encombrant et inesthétique.Le mode d’emploi est écrit en Tchékurdistanais et les boutons semblent avoir été placés en dépit du bon sens.
    En appuyant sur le vert j’ai vu le temps filer à une vitesse folle.Je n’ai pas eu le temps de me retourner que l’on était déjà avant hier.Affolée j’ai appuyé sur le noir sensé arrêter l’engin,la machine a ralenti et mes journées n’en finissaient plus.J’ai eu l’idée de me servir du rouge et là ,mon robot s’est enfin arrêté en éructant:
    Kiov norogof smena dostokei
    ce qui traduit par Babylone,veut dire
    « Va t’on cesser de me faire perdre mon temps ».
    En conséquence,cher monsieur,chère madame,je vous demande d’échanger cet appareil contre une clepsydre made in France de bonne facture qui me permettra de voir s’écouler le temps.
    Avec mes remerciements.

  13. Avoires dit :

    Vous avez acheté un appareil à moudre le temps. Après l’avoir testé pendant les vacances, vous donnez votre avis de consommateur sur le site du fabricant.
    Bonjour,
    Je ne suis pas du tout satisfaite du MOULITAN acheté chez TARDY le 15 mai dernier  Vous trouverez en pièce jointe la facture du produit, acquitté pour la somme de 450,99€.
    En effet, après montage effectué selon les croquis du mode d’emploi inclus dans l’emballage, je n’ai pu moudre aucun état d’atmosphère , à savoir pluie, vent, grêle, tornade, ouragan , typhon, averse, nuages, j’en passe et des meilleures. Rien, absolument rien n’est ressorti après avoir appuyé sur le bouton « ON ».Ce qui peut se comprendre après tout.
    Selon les termes de la garantie, je vous demande donc de bien vouloir remplacer ce produit défaillant par l’autre modèle de votre gamme MOUTOU, le TANMOULU , celui qui moud la durée.
    Comptant sur votre compréhension et votre sens commercial, je vous prie de croire en mes sincères salutations.

  14. ourcqs dit :

    C’est une très bonne idée …. pour prendre son temps. J’ai beaucoup apprécié la possibilité de jouer avec la vitesse et d’obtenir ainsi de plus ou moins longs moments. Des souvenirs qui s’égrennent lentement, savourés, ou des épisodes problématiques qui peuvent être rapidement évacués.
    Choisir son rythme, selon les heures, les rencontres, au diable la relativité !! pouvoir prolonger encore et encore ces instants formidables mais souvent éphémères, se délecter sans fin de lectures, voyages lointains ou en chambre, abréger les heures interminables de petits travaux inintéressants, d’obligations professionnelles ou de bienséance.
    Vraiment satisfaite par cet achat, en attendant de prochaines innovations !!

  15. Nouchka dit :

    Madame, Monsieur,
    Il y a quelques semaines maintenant, j’ai acquis votre appareil à moudre le temps. Je trouvais cette innovation tout à fait intéressante et susceptible de me rendre les plus grands services. La publicité attachée au produit était très bien conçue et m’a fait interpréter son slogan dans un sens qui ne devait, sans doute pas, être le bon.
    Permettez-moi de développer le motif de cette confusion :
    « Ne perdez pas de temps en attente inutile. Lissez vos activités, vous gagnerez en dynamisme », telle est l’accroche publicitaire de présentation du produit.
    Naïvement, j’ai pensé que ma vie étant une sorte de sablier, votre moulin allait me permettre de dissoudre certains obstacles comme les temps d’attente non souhaités.
    Ces temps d’attente obstruent le passage du temps et interfèrent de manière négative sur les plaisirs quotidiens.
    Mon âge nécessite que j’utilise mon temps de manière optimale car il est compté. Je souhaite que chaque instant soit source de joie, de bonheur et non des moments de résignation ou d’insatisfaction.
    Votre appareil à moudre le temps n’agit pas du tout en ce sens et ne correspond donc pas à mes attentes. J’en suis désolée et vous renvoie l’objet, actuellement sous garantie, afin d’obtenir un avoir en contrepartie.
    Si les concepteurs de votre moulin souhaitent me joindre afin d’obtenir des précisions sur les améliorations envisageables et / ou des tests ultérieurs à pratiquer, je suis à leur disposition.
    L’actuel produit est d’un usage assez restreint me semble-t-il. Il doit pouvoir correspondre aux souhaits des jeunes mamans qui, entre les biberons de leur nourrisson, cherchent la solution qui le fera patienter sans pleurs. Ce gain ouvre alors la possibilité à ces jeunes mamans de vaquer à d’autres taches sans culpabilité.
    Peut-être votre moulin pourrait-il également convenir à certains sujets dépendants au tabac ou à l’alcool. Si le sujet réussit, grâce à votre invention, à oublier la frustration liée à l’attente de leur drogue favorite, alors vous allez avoir potentiellement, un marché de taille.
    Je l’espère pour vous et vous renouvelle mon souhait de recevoir l’avoir demandé. Bien cordialement,

  16. AMARYLLIS dit :

    Vous avez acheté un appareil à moudre le temps. Après l’avoir testé pendant les vacances, vous donnez votre avis de consommateur sur le site du fabricant.

    Je viens d’acheter votre dernier né, l’appareil à moudre le temps et je suis bien désolée de devoir vous le retourner : en effet, j’avais mal lu votre plaquette publicitaire et confondu avec votre appareil à remonter le temps. Je l’ai tout de même testé, pendant les vacances, en prenant toutes les précautions pour ne pas l’abîmer et pouvoir vous le retourner s’il ne convenait pas.
    Il ressort de mon expérience que le temps, que j’avais voulu finement moulu pendant ledit essai l’était de manière irrégulière, imprécise, voire grossière. Ainsi, après avoir consciencieusement orienté le bouton vers «mouture fine» je me mis en route pour faire un aller et retour au marché. Le chemin pour y aller correspondit bien à la mouture demandée ; il me fut aisé d’arriver sur les lieux et d’y faire quelques emplettes. Je pris donc, avec enthousiasme, le chemin du retour. Las ! Sans changer aucunement le réglage, la mouture du temps se mit à grossir, grossir, jusqu’à atteindre des dimensions insupportables ; de plus, ses grains se collaient à mes souliers, jusqu’à ralentir fortement, voire de paralyser mes pas, en particulier dans les montées. C’est complètement moulue que finis par arriver enfin à mon domicile après moults efforts.
    Cette expérience décevante me fait renoncer à acquérir votre appareil à remonter le temps que j’avais pré-sélectionné : serait-t-il fiable ? Si je choisissais de remonter le temps de 10 ans, est-ce que je risquerais, par une erreur malencontreuse, de le remonter de 100 ans, bien avant ma conception ? Et dans quel monde, et sous quelle forme vivrais-je alors ? Comprenez ma crainte de l’inconnu que ces imprécisions suscitent en moi.
    En conséquence, je vous retourne l’appareil et vous prie de bien vouloir procéder au remboursement du montant réglé par anticipation.

  17. Le moulin à moudre le temps

    Au printemps dernier, j’ai acheté votre moulin un peu spécial : le moulin à moudre le temps. J’ai trouvé cette machine un peu par hasard sur votre site, juste pour quelques euros. Curieuse de nature, j’ai voulu voir en quoi ça consistait ; de plus, cela n’allait pas me ruiner. J’ai choisi un format qui puisse loger dans ma petite valise, un peu à la manière d’un mug pliable.
    J’ai une notion au temps un peu particulière en vieillissant. Il s’étire plus ou moins long, en fonction des périodes, des événements et de mes humeurs. J’ai donc voulu le tester en vacances, pour vérifier la fiabilité et l’efficacité de ce moulin. Il a trouvé donc sa place entre les vêtements et le reste de mes affaires. Il a passé les douanes sans encombre.
    J’ai suivi à la lettre les instructions envoyées avec cet appareil : le remonter tous les matins avant de commencer ses activités de touriste et bien le secouer. Nous l’avons rempli avec le pot qui l’accompagnait, qui contient ?…Serait-ce de la poudre de Perlimpinpin ?

    Je suis partie deux semaines au Portugal, pays inconnu pour moi. Et bien, grâce à votre moulin à moudre le temps, j’ai eu l’impression de partir trois mois. C’est vraiment génial ! J’ai complètement déconnecté, j’ai oublié ma vie quotidienne, mes obligations diverses. Ma famille, mes amis et mes animaux, auxquels je pensais tout de même, me semblaient loin, comme sur une autre planète, malgré les messages quotidiens et les photos de mes visites que j’envoyais. Nous ne nous sommes pas battus contre des moulins à vent, bien au contraire !
    En tout cas, j’ai réussi à larguer les amarres dans ma tête, c’est trop génial, et cela, grâce à votre produit qui coûte moins de dix euros ! Je dois vous remercier de commercialiser un tel moulin. Il permet de passer des vacances excellentes, et je pense qu’il peut être efficace, même en restant chez soi ! C’est comme de la magie ; vous êtes plus fort que Merlin l’Enchanteur ou qu’Harry Potter !
    Il existe en plus des modèles différents, gros ou petits, des couleurs différentes, des plus sombres au plus criardes, des dessins originaux qui changent de ce qu’on voit d’habitude. Vraiment, j’adore. Je parais peut-être dithyrambique, mais ce moulin a eu un effet euphorisant sur mon compagnon et moi. Nous avons donc passé d’excellentes vacances, l’humeur toujours au beau fixe, sans jamais broyer du noir une seule seconde, même quand nous nous sommes perdus dans les ruelles tortueuses de Lisbonne. Chaque seconde égrenée paraissait une éternité, qui nous a permis de profiter au maximum de chaque visite et de réaliser le programme établi à l’avance sans le moindre souci.

    Je peux donc témoigner en faveur de votre moulin à moudre le temps et apporter de l’eau à votre moulin !

  18. Blackrain dit :

    Au bureau les aiguilles du temps ne tricotaient pas assez vite. J’avais toujours maille à partir avec cette horloge qui me gardait au sable lié par son interminable écoulement. Aussi je testais un appareil à moudre le temps en cette dernière journée précédent les vacances. Je tournais doucement la manivelle de cette petite boite qui semblait prête à me jouer un air de musique métallique. Lorsque je levai les yeux sur l’horloge globuleuse, une heure venait de s’évanouir. De plaisir je faillis en faire de même. J’accélérais la rotation de la manivelle pour me retrouver devant ma station de métro. L’après-midi venait de passer sans que je m’en rende compte. Quelle joie. Enfin un achat utile. Je montais dans le train pour me rendre sur mon lieu de vacance et quelques tours de main plus tard j’étais dans mon bungalow de location au bord de la mer. Mes souvenirs du temps passé dans le wagon bondé et nauséabond étaient bien là, mais je n’en avais pas subit les affres. Ainsi je moulais les trajets encombrés en voiture de location, les corvées de cuisine, les nuits bruyantes d’un voisin fêtard, l’attente devant le musée et les caisses du supermarché. Lorsque ma mémoire me fit revivre mon absence de réponse à une charmante cliente célibataire je regrettais mon apathie. Il me vint alors l’idée de moudre dans le sens inverse jusqu’à retrouver l’instant précédent la rencontre. Une réponse appropriée déclencha le sourire de la belle. Je poursuivais ma sollicitude jusqu’à ce que la dame objecte à l’un de mes comportements. Quelques tours de moulin renouvelés me firent revivre la scène jusqu’à ce que je trouve la faille. Pour mieux apprécier les instants qui suivirent le baiser je laissais la boîte dans la valise. Un mois plus tard je reprenais la vie parisienne mais je jouissais toujours de cette rencontre capitale en retrouvant le fruit de ma conquête dans un autre quartier. L’idylle devint si belle que j’en oubliais la boîte. Au bureau les heures défilaient devant mes yeux comme un 14 juillet en revivant les heures que je venais de passer auprès d’elle. Lorsqu’elle me proposa le mariage, j’eus la curiosité d’examiner notre future. J’avais mal au bras lorsque j’arrêtais de tourner le moulin. Ma femme avait vieilli. Elle était grosse et rallait après moi. Trois chiards envahissaient le séjour et squattaient ma télévision, m’empêchant de regarder mon match de football. Un nouveau mal de bras plus tard je revenais au présent. La tendinite au poignet me faisait souffrir. Je quittais la belle et je renvoyais le moulin au magasin. Pour moi finalement, mieux valait subir le temps que de maitriser ses effets si je voulais garder quelque illusion sur les plaisirs de mon futur.

  19. Grumpy dit :

    Je voyais se profiler avec réticence la période des vacances. Ça, c’est rare chez les autres. C’est vrai, mais depuis quelques années moi je m’y ennuie : trop âgé pour faire du sport surtout quand je vois les vieux de ma génération se précipiter à l’eau à peine descendus d’un train lambinant, d’un avion pressurisé, d’un camping-car surchauffé, d’un vélo à sacoches.

    Et alors, qu’est-ce qu’il se passe ? Couic : arrêt cardiaque, secours impuissants, direction la morgue (voilà un endroit où il fait frais et qui conserve, on se demande d’ailleurs pourquoi ne pas louer là ?).

    J’avoue que cette fois, je partais un peu plus volontiers, j’emportais de quoi passer le temps autrement qu’en parties de belote ou de pétanque que je perdais toujours.

    Je m’étais laissé séduire à la dernière Foire de Paris par le baratin d’un camelot au bagout convaincant. Il présentait cette année un objet tout nouveau, inédit et plein de promesses.

    L’objet se définissait comme un appareil à moudre le temps. Il paraissait qu’avec lui on pouvait aller en avant, en arrière, dans la vie des autres comme dans la sienne. J’aurai tôt fait de vérifier si les acheteurs, nombreux, et moi-même avions été pris pour des gogos ou bien si nous avions eu raison de miser sur cette dernière nouveauté de la modernité.

    En vérité, moi j’y ai cru tout de suite, il ressemblait tout à fait au moulin à légume de Mémé et de Maman, rond, métallique, fond en passoire, moulinette … Je me disais que si je m’étais fait arnaquer sur la fonction surnaturelle promise, je pourrais toujours m’en servir de presse-purée, vu qu’avec le peu de dents qui me restaient, la purée figurait souvent tant au menu de mon estomac qu’à celui de mon vocabulaire.

    Il y avait incrustés dans le manche du moulin un petit clavier et un petit écran (ce qui prouvait la véracité de la technologie avancée de l’appareil.) Le mode d’emploi tenait en quelques lignes :

    1 – Tapez sur le clavier le nom et le prénom de la personne dont vous voulez changer le cours de la vie. Le nom apparaîtra sur le petit écran, faites « return » si vous avez fait une faute de frappe et recommencez.
    Si vous êtes sûr de vous, tapez « entrée ».

    2 – Alors 2 options s’offrent à vous selon l’action que vous souhaitez appliquer à la personne désignée :

    – actionnez la poignée vers la gauche si vous désirez moudre son temps en arrière.

    – actionnez la poignée vers la droite si vous désirez moudre son temps en avant.

    3 – Recommandations du Fabricant : appareil à manier avec discernement et lentement dans un sens comme dans l’autre, au risque par exemple de renvoyer irrémédiablement la personne désignée soit à l’Age du Feu soit sur la planète Mars colonisée.

    S’il est prouvé que vous n’avez pas utilisé l’appareil correctement ni respecté les consignes de sécurité, aucun échange ni remboursement ne sera accordé.

    J’ai toujours été un peu maladroit : c’est ainsi que ma femme tourne en orbite pendant que je fais griller mon steak de bison.

  20. Ophélie E. dit :

    Vous avez acheté un appareil à moudre le temps. Après l’avoir testé pendant les vacances, vous donnez votre avis de consommateur sur le site du fabricant.

    Toujours par monts et par vaux. Pub a attiré mon attention. Maintes et maintes réclamations. Reçu avec 10 jours de retard. Notice de mise en route compliquée. Trouvée en français sur votre site. Testé pendant vacances. Perdu toute notion du temps. Réveillée au clair de lune sur la plage. Plus aucune notion du temps. Bien vos conseils de laisser mon téléphone ! Rendez-vous manqué avec amoureux. Scène pénible. Un de perdu dix de retrouvés ! Séjour merveilleux ! Plus de contraintes. Liberté ! À recommander à ceux qui courent après le temps. Petit bémol : ne peux l’utiliser au boulot ! *****

  21. Béatrice DASSONVILLE dit :

    Bonjour,

    Abonnée, je souhaiterais participer à cet atelier d’écriture, notamment à cet exercice d’écriture créative. Or, lorsque je clique sur l’exercice en question, je n’arrive pas à faire entrer mon texte.
    En cliquant, sur « cont@ct », pour avoir des explications, je n’arrive pas à écrire mon mail.

    En désespoir de cause, je suis désolée d’utiliser cet espace qui n’est pas approprié, mais, où, entre enfin mon message.

    Cordialement,

    Béatrice

  22. Laurence Noyer dit :

    Pascal à la plage
    Le Perrat est devenu océanique, il installe ses châteaux éphémères en bordure de mer
    Il teste son appareil à moudre le sable et il passe le temps à travers l’épuisette à crevette
    Il découvre la sculpture de son corps dès qu’il retire le drap de bain
    Son parasol fait des ombres chinoises sur le sol
    Peut-être écrit-il sur le sable ?
    Il savoure les glaces du marchand de crécelles
    Il enfonce ses tibias dans l’écume médusée
    Peut-être écrit-il ?
    Il complète sa collection de coquillages et de ricochets
    Il accroche ses rêves à tous les cerfs-volants
    Il écrit une lettre de réclamation au fournisseur de moulins à temps
    Il attend que la marée monte et regarde le soleil manger l’horizon
    Peut-être ?
    Tiens ! un cerf-volant.

  23. Marino dit :

    Monsieur le fabriquant,

    Désireuse de monde mon temps, j’ai acheté votre appareil et j’en suis très mécontente. Vous vantiez dans la publicité les bienfaits des nouvelles fonctions mais je dois vous affirmer qu’il n’en est rien. Mon temps ne s’est pas dissous et il s’étire toujours avec la même lenteur. J’avais hâte de changer d’époque, découvrir de nouvelles heures plus gaies mais je n’ai pas eu le bénéfice escompté. Mes journées sont toujours aussi mornes. C’était un beau rêve que vous promettiez à vos clients…Quelle déception ! La prochaine fois, j’irai lire les avis clients afin de ne pas me faire avoir. Ne me proposez pas votre ustensile à broyer le noir, j’en possède un tout aussi inutile. J’a également dans ma panoplie les couverts à embellir et les plateaux d’argent. Peut-être devrais- je mettre mon argent ailleurs…
    Une cliente perdue à jamais

  24. durand JEAN MARC dit :

    A l’heure actuelle où tout le monde donne son avis sur tout, je ne vois pas trop l’intérêt de donner le mien. Les paquets d’avis encombrent déjà pas mal les déchèteries, empêchent l’accès à certaines plages et créent des embouteillages aux lieux côtés 4 étoiles.

    Néanmoins, en ce dernier jour de vacances, doucement bercé par un troisième anis Gras teinté de sirop d’orgeat et de minuscules cubes de banquise préfabriqués, je serai mauvais gueux et vous répondrai.

    Votre engin, quasiment offert par votre société, en ces temps de générosité publicitaire est un attrape-nigaud. En bon reflet de La Société, on voudrait nous faire croire que ces temps de disponibilité nous permettraient de pulvériser le gros grain de nos esclavages.

    L’appareil n’a pas broyé le noir de mes quotidiens. On n’écrase pas comme cela, en 360 heures, parcours autoroutiers ou aériens compris, les milliers d’heures annuelles collées au fond du cortex, cette imprimante en 4 D.

    Votre ustensile a beaucoup trituré du vide. Les grains de sable ne se sont pas disloqués dans les profondeurs de mon maillot de bain. Les mois passés et ceux à venir n’ont cessé de me gratter les intimes. Quelques moments sous la douche et en terrasse m’ont juste permis de me liquéfier une flopée de secondes. De l’eau à la sueur, du savon à la liqueur.

    Bref, j’en suis sorti toujours aussi moulu…mais loin du con cassé!

    Je vous prierai, à l’avenir, de ne pas m’expédier les prochaines créations qui déjà envahissent les déserts des écrans, votre bidule à distiller l’amour et votre truc à embobiner la mort!

    Bien à moi!

    Santé!

  25. Odile Zeller dit :

    Mesdames, Messieurs
    Fidèle client de votre marque de moulins, j’en possède une quinzaine, je me suis prêté avec plaisir à l’essai de votre mouture 2019, un moulin à moudre le temps. Quelques remarques comme suggéré, l’esthétique est parfaite, la couleur élégante et classique. Mes amis se sont extasiés.
    Moudre le temps est une fonction nouvelle et facilement anxiogène et point important la précision laisse légèrement à désirer. Mais quand on aime on ne compte pas … la seconde près ne joue que rarement, on a toujours une seconde à perdre … enfin on le dit…
    L’affichage quant à lui me pose un problème de netteté. Ma vision avec lunettes ne me permet pas de voir les chiffres nettement à trois mètres surtout de nuit. Le vieillissement… eh oui…
    Mais avec l’âge les horloges moulinent différemment les heures, les minutes et même les secondes. Vous êtes Mesdames, Messieurs encore trop jeunes pour comprendre ce phénomène de la perception temporelle mais votre clientèle actuelle et future risque d’y être sensible comme moi. Une autre difficulté tient aux différents câbles, aucun ne marche. Par chance j’avais gardé le set d’un ancien moulin. Fabriqué en Chine mais pour le prix affiché ces jours derniers … bref je vous renverrai votre exemplaire et ne souhaite pas en faire l’acquisition.
    Je resterai toutefois client de votre marque pour renouveler mes moulins à café, à poivre, à épices … j’ai même un petit modèle à vent et un autre à eau, miniature, que mon petit fils adore manœuvrer.
    Fidèlement votre

    Augustin Bontemps

  26. Camomille dit :

    J’avais déjà testé chez ce fabricant « l’appareil à passer le temps » et en avais été moyennement satisfaite… le temps ne passait pas assez vite et l’ennui bloquait trop souvent le mécanisme .
    J’ai donc essayé leur nouvelle création « l’appareil à moudre le temps » et j’en suis ENCHANTEE !
    J’ai choisi le modèle supérieur à variation de grains :
    GRAINS FINS pour moudre le temps des événements intéressants ; ainsi le temps s’étiole à volonté et les événements se déroulent au ralenti, (ô temps, suspends ton vol…) !
    GROS GRAINS pour moudre le temps sans intérêt, ainsi il passe deux plus vite.

    La gestion de la variation des grains est facile :
    Un bouton vert pour « grains fins »,
    Un bouton rouge pour « gros grains »
    Un bouton noir pour STOP (et alors le temps reprend son cours normal).

    J’ai donc testé ce modèle pendant les vacances de cet été et suis pratiquement restée tout le temps en mode GRAINS FINS. (chouettes vacances en effet!).
    Un seul inconvénient…. mes deux semaines de vacances en temps réel, programmées en « grains fins » m’ont pris un temps fou et je suis retournée au boulot avec un mois de retard.
    Mais tout ça n’est qu’une question de temps…. ou de mouture.

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