456e exercice d’écriture créative créé par Pascal Perrat

Séparés par la vallée des « AUTRES », deux mondes s’ignoraient. Le village des « NOUS » sur un versant, celui des « EUX », sur l’autre. Jusqu’au jour où, selon les anciens…

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« Cesse de réfléchir, de raisonner et calculer, laisse ton imagination s’en aller rêver » Pascal Perrat

Ces exercices inédits d’écriture créative n’apprennent pas à écrire, ils enflamment l’imagination. Le but est de vous conduire vers les ressources imaginatives qui somnolent en vous. Après quoi, vous décidez de mener le projet d’écriture qui vous convient : nouvelles, roman, etc.

Comment est née cette idée d’exercice

Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Une émulation pour maintenir en éveil l’enthousiasme d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

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26 réponses

  1. AB dit :

    DIALOGUE DU SOUVERAIN ET DU SAGE

    Les « Nous » sommes complets
    Impossible d’agrandir même avec un agnelet.

    Comment s’assurer le boire et le manger ?
    Avec EUX si nombreux, pas question de partager.

    Le vieux sage essayait. En vain,
    De faire lâcher prise à celui qui était le souverain.

    Si le ciel est infini ! Partout.
    N’y a-t-il pas chez nous de la terre un petit bout ?

    Tais-toi, vieil idiot, tu ne comprends plus rien.
    Si EUX se fondent en nous, il n’y aura plus de frein.

    Frein d’aimer, de soutenir voire de ne pas laisser mourir ?
    Ton esprit d’humanité a -t-il choisi de se ternir?

    Réfléchissant, le souverain se gratta le menton.
    Le Sage avait-il sans doute raison ?

    Mais alors, Le Sage es-tu prêt à aller chez EUX ?
    Les inviter à venir chez NOUS ? Qu’on se regarde les yeux dans les yeux ?

    Pari fut pris entre le Souverain et le Sage
    Il y a de cela bien des siècles qu’eut lieu ce bavardage.

    Les EUX franchirent le versant ayant aussi peur que des loups
    Mêlés aux NOUS, en fait, il n’exista plus aucun verrou.

    Ainsi s’est construit le monde, avec des EUX, avec des NOUS
    Rien n’a changé, le mélange est toujours aussi flou.

    Les EUX sont devenus NOUS
    Nous sommes des EUX.
    Qu’importe puisque le ciel est partout
    Il suffit juste de lever les yeux.

  2. Clémence dit :

    Séparés par la vallée des « AUTRES », deux mondes s’ignoraient. Le village des « NOUS » sur un versant, celui des « EUX », sur l’autre. Jusqu’au jour où, selon les anciens…

    Ce soir, elle marchait sur un fil, frêle silhouette blanche.
    Le silence était absolu.
    La salle abasourdie.
    Le rideau pourpre tomba.
    Lola glissa sa main dans sa poche et serra le billet. Et tout lui revint en mémoire…

    Elle travaillait dans un hôtel réputé du centre ville. Elle était à la fois efficace et appréciée.
    Aux yeux de certains clients, elle était la providence, pour d’autres, elle était transparente. Mais c’était ça, sa fonction.

    Un soir, l’hôtel bruissa de mille rumeurs. Un orchestre prestigieux y logerait pour deux nuits. A l’étage où travaillait Lola. Elle ressentit de la fierté et en même temps, éprouva un certain trac. Il se disait tant de choses sur les musiciens !
    Dès le premier soir, elle remarqua un jeune homme au sourire ravageur et aux yeux de braise. Lola cacha son trouble et redoubla de discrétion.

    Au cours de la première journée, elle se fit attentive aux commentaires.
    Le chef d’orchestre, véritable coqueluche, distribuait ses sourires et ses autographes, les musiciens étaient ravis de l’accueil, de la scène et de la salle, de l’ambiance joyeuse que dégageait cette ville du Sud. Les répétitions se déroulaient sans aucun accroc.

    La deuxième journée ressembla à la première. Et pourtant, une impression très étrange n’avait pas quitté Lola depuis le milieu de la journée. Tout en exécutant son travail avec la même efficacité, son esprit vagabondait. Mise en scène, musiciens, instruments, ténor, basse, soprano, mezzo, chœurs, euphorie et excitation. Et puis, elle. Lola.
    Deux mondes qui s’ignoraient et qui, pourtant, avaient besoin les uns des autres.

    Et c’est ce qui arriva.
    Lola dut se rendre précipitamment dans une chambre. Elle frappa et entra dès qu’elle en fut priée.
    Elle trouva le musicien, assis sur le lit, le dos voûté et …en pleurs.
    – En quoi puis-je vous aider ? demanda-t-elle en constatant des éclats de verre à ses pieds.
    – J’ai marché sur mes lunettes, dit-il d’une voix tremblante.
    – Et…
    – Et, je ne vois plus rien, je ne trouve plus le boîtier avec mes verres de contact. S’il vous plaît, faites vite…

    Lola hésitait.
    – Je vous en prie, cherchez, partout, sans crainte. Je n’ai rien à cacher.
    Il se leva et s’empara délicatement de son violon. Il fit danser quelques pizzicati. Lola s’arrêta et écouta ravie et émue à la fois.
    – Oui, dit le musicien, je peux aussi me passer de l’archet.
    – Ah…
    – Mais cherchez, cherchez et trouvez…sinon, je suis perdu…

    Lola s’activa, retournant, déplaçant, bousculant. Au milieu de ce tohu-bohu, elle entendit un bruit étrange : thinkkk suivi d’une belle série de jurons.
    – C’est fichu, hurla le musicien en se levant précipitamment et en tournant comme une toupie.
    – Monsieur ?
    – Une corde vient de casser… et elles sont toutes rangées avec mes lentilles…vite, trouvez…

    – Oui, monsieur, nous allons trouver. Ne vous inquiétez pas, murmura Lola qui se passa une main tremblante sur son front humide. Elle sentait la peur monter du fond de ses tripes et le poids de sa responsabilité s’abattre sur ses épaules.

    Après des minutes d’un silence angoissant, le musicien prit la parole, calmement :
    – Le monde est ainsi fait. Selon les Anciens, il y a toujours une vallée qui sépare…

    Lola sentit son cœur se serrer. Ce musicien aux yeux de braise, au sourire ravageur, aux larmes émouvantes et elle. Deux mondes bien séparés. Le message était clair.
    D’un geste rageur, Lola s’empara d’une trousse en cuir patiné et ouvrit une dernière fermeture éclair et jubila : le trésor convoité était là. Le boîtier !

    – Voilà, vous êtes sauvé, dit-elle, puis elle se dirigea vers la porte.
    – Attendez, ne partez pas, implora le jeune musicien, en fouillant dans une pochette..
    – Non, s’il vous plaît, je n’ai fait que mon travail…
    – Ce n’est pas de l’argent. c’est un billet. Une place. Venez ce soir à l’Opéra…S’il vous plaît, venez, vous serez ma muse…
    – Mais je n’y connais rien, murmura Lola, en se tordant les mains.

    Le musicien la regarda avec bienveillance et lui dit d’une voix douce :
    – C’est simple, l’opéra. C’est toujours la même chose, le même drame, la même déchirure.
    Deux mondes qui s’ignorent ou qui se haïssent depuis la nuit des temps.
    Deux mondes pareils à deux montagnes, séparées par une vallée.
    Deux cités qui s’affrontent.
    Et dans chacune de ces cités, deux familles séparées par une faille.
    Deux milieux qui s’entrechoquent.
    Et pourtant, deux êtres que tout oppose, vont s’aimer.
    Jusqu’à la mort.
    MONTaigu et Capulets : Roméo et Juliette,
    Et EUX aussi,
    Norma et Pollione,
    Aïda et Radamès,
    Violetta et Alfredo…

    Un long silence suivi.
    Lola prit le billet et le glissa dans sa poche et s’en alla.
    Le musicien murmura :
    – Ce soir, la musique nous unira, vous serez ma muse, mon enchanteresse…

    Dans le couloir, Lola prit le billet et lut : « La Flûte enchantée. Mozart… »

    © Clémence.

  3. Anne Lonjaret dit :

    Séparés par la vallée des « AUTRES », deux mondes s’ignoraient. Le village des « NOUS » sur un versant, celui des « EUX », sur l’autre. Jusqu’au jour où, selon les anciens…

    JE, MOI, que fais-je des autres ?
    TU, TOI, tu es l’autre, séparé de moi sur le versant opposé.
    IL, encore l’autre, mais peut-être un autre jour
    NOUS, JE et TU, rapprochés par le besoin d’aller vers la rivière entre les 2 vallées
    VOUS, un regard extérieur à NOUS qui rappelle le discours des anciens
    ILS, finalement c’est tous ensemble que NOUS nous ignorions et que maintenant nous sommes réunis.

    Ah ! la conjugaison, les pronoms personnels Français si compliqués aux étrangers. Finalement, c’est là encore l’AUTRE.

  4. Nadine de Bernardy dit :

    Séparés par la vallée des Autres, deux mondes s’ignoraient.Le village des Nous sur un versant,celui des Eux sur l’autre.
    Jusqu’au jour où,selon la légende, deux vieux sages : T’en penses quoi et Faut trouver une solution,trônant chacun sur les monts Des uns et de Ceux ci, commencèrent à être sérieusement fâchés de la sottise de ces pauvres bornés isolés du monde,qui trouvaient encore le moyen de ne pas se parler.
    T’en penses quoi regrettait les cris joyeux des enfants se rendant ensemble à l’école au fond de la vallée,car depuis la scission dont personne ne savait plus la cause,les Nous et les Eux faisaient classes séparées.
    Faut trouver une solution s’agaçait d’entendre sonner les cloches des églises de chaque versant,au lieu du son grave de l’ancien lieu de culte situé près de l’école en bas.
    Ils décidèrent de prendre les choses en main,envoyant des pigeons voyageurs aux quatre coins du pays afin de réaliser leur dessein.
    C’est ainsi qu’un beau soir de mai embaumé de lilas, un être assez âgé,vêtu de peaux de chèvre,un gros chien trottinant à ses côtés,arrivât au fond de la vallée des Autres, déserte et silencieuse.Il se dirigeât vers l’auberge devant laquelle une femme tricotait ,assise sur un banc.
     » Holà ma brave que se passe-t-il donc ici? J’ai vécu là il y a fort longtemps,je suis un Nous et ne reconnais plus rien.Pourquoi ces deux écoles et ces deux clochers là haut sur chaque versant?
    La femme le dévisageait avec stupéfaction
    – N’êtes vous pas Tous pour un,notre ancien facteur?
    – oui da,je suis heureux que vous me remettiez.Je crois vous reconnaître aussi. vous êtes une fille d’Eux, bien jeunette quand je suis parti. »
    La femme lui expliqua la situation.
    Tous pour un fit des visites,écoutât les Eux,enquêtât chez les Nous et fit si bien que,un mois plus tard, un grand banquet les réunissait dans l’ancienne école du fond de la vallée.
    Tout le monde se régalât,bavardât, dansât puis chacun regagnât son versant en se promettant de se revoir bientôt

  5. françoise dit :

    Séparés par la vallée des « AUTRES », deux mondes s’ignoraient. Le village des « NOUS » sur un versant, celui des « EUX », sur l’autre. Jusqu’au jour où, selon les anciens, des engins de chantier déversèrent des tombereaux de terre tant et si bien que la vallée des AUTRES disparut et il n’y eut plus qu’un bourg où se côtoyaient des maisons habitées par des NOUS ou par des EUX.
    Le premier effroi passé, les habitants se précipitèrent vers leur mairie respective mais toutes deux n’étaient plus qu’ amas de gravats .
    Sans trop se soucier de ce qu’étaient devenus les deux maires, ils votèrent à main levée pour en élire deux nouveaux. Mais seul un candidat se présenta, un EUX . Qui l’aurait imaginé il y a huit jours : Tous l’élirent comme un seul homme.
    Ceui-ci apporta les modifications nécessaires du cadastre communal napoléonien et au début et à la fin du village il fit apposer les panneaux communaux de signalisation EUX-NOUS .
    Un café-bar s’ouvrit au milieu du village où les EUX et les NOUS vinrent trinquer après leur journée de travail.

  6. Palaing dit :

    Séparés par la vallée des « AUTRES », deux mondes s’ignoraient. Le village des « NOUS » sur un versant, celui des « EUX », sur l’autre. Jusqu’au jour où, selon les anciens souvenirs d’une traduction controversée d’un fragment de manuscrit attribué à un hypothétique treizième chapitre du Mystifilékon par certains chercheurs qui furent pour cela répudiés par leur communauté, puis bannis, puis rappelés à chaude voix pour pouvoir être jugés et pendus comme ils semblaient bien l’avoir mérité, jusqu’au jour donc où l’un de NOUS se réveilla parmi EUX.
    Or, par un hasard extraordinaire, il s’agissait parmi NOUS de l’idiot du village. Il était tellement le plus idiot de NOUS, qu’il ne s’aperçut pas qu’il était au milieu d’EUX et, avec la plus grande candeur, les traita comme NOUS. EUX, évidemment, étaient un peu surpris, car ils ne se souvenaient pas l’avoir jamais rencontré auparavant parmi EUX – c’est-à-dire, disaient-ils dans le langage exotique qui leur était propre, parmi « nous ». Si bien qu’ils le traitèrent comme l’un d’EUX, tout comme NOUS aurions traité l’un de NOUS, ce qui n’était pas pour dissiper la confusion. Rendez-vous compte, EUX lui disaient « nous »! Et lui, encouragé par là dans l’erreur de se croire toujours parmi NOUS, leur disait tout naturellement « nous », ce qui les conforta, EUX, dans leur erreur de ne pas être NOUS.
    Alors il advint cet événement remarquable, qui se trouvait être prédit dans la controversée traduction de l’hypothétique chapitre treize du Mystifilékon, si remarquable qu’il apporta soudain à ladite traduction un regain d’intérêt et un début de crédit, à tel point que le Conseil des Sages réuni en séance extraordinaire décida de rouvrir le dossier, révisa le jugement condamnant les chercheurs, les acquitta et ordonna qu’on les dépende. Hélas les années avaient passé et les pendus en étaient morts, Dieu ait leur âme.
    Il advint donc cet événement remarquable, qu’il se trouvait alors chez EUX une jeune personne qui eût été charmante si en plus d’être née chez EUX, elle ne s’était trouvée idiote elle aussi. Ç’avait été un grand malheur pour elle jusqu’au jour où elle rencontra l’idiot de chez NOUS, lequel tomba amoureux, la courtisa, l’épousa, et tous deux dans leur grande innocence se mirent à se donner du « nous », en veux-tu-en voilà.
    Or même chez EUX, il n’était pas tolérable que deux idiots s’appelent « nous » en public sans la moindre pudeur. Aussi furent-ils tellement rabroués, conspués, grondés, bafoués, hués et maltraités, qu’ils décidèrent de s’enfuir chez NOUS. Un beau jour, les voilà donc sur la route, à la sortie de leur village où deux panneaux indiquaient clairement la direction d’où ils venaient (« NOUS ») et celle qu’ils devaient prendre (« EUX »). Ils descendirent vaillament dans la vallée, n’y firent aucune mauvaise rencontre, et remontèrent sur notre versant, jusqu’à ce qu’à l’orée de notre territoire ils rencontrent les deux panneaux par lesquels NOUS indiquons clairement les deux directions possibles: « NOUS » et « EUX ». Là nos deux idiots se trouvèrent dans une certaine perplexité. Venant de chez EUX, qu’ils appelaient chez « nous », ils allaient chez NOUS, qu’ils appelaient chez « eux », et les panneaux leur indiquaient, comme il se doit, le contraire. Croyant s’être trompés ils rebroussèrent chemin et redescendirent dans la vallée. Comme le soir tombait ils s’approchèrent d’une masure dont la cheminée exhalait une bonne odeur de foies de volaille sautés au gingembre. L’ermite qui habitait là sortit et vint à leur rencontre. « Bonsoir, » leur dit-il, « comment allez VOUS ? »
    Ils se regardèrent interloqués: pour la première fois EUX, qui se croyaient NOUS, s’entendaient appeler « vous ». Comprenant alors par un éclair d’intuition qui ils étaient et d’où ils venaient, l’ermite les recueillit chez lui, et se mit à leur enseigner patiemment les arcanes de la langue. Après quelques années nos deux idiots, qui n’étaient pas bêtes, avaient dépassé le maître et le lui révélèrent un matin en l’interpellant d’un joyeux « Salut, TOI! ». Sachant que sa mission était achevée, le vieil ermite rendit grâces et, dans la foulée, rendit l’âme. Ses protégés lui rendirent les derniers hommages, puis n’ayant plus rien à rendre qu’eux-mêmes, se rendirent chez NOUS. Au comité rassemblé sur la place pour les accueillir notre idiot adressa un retentissant « bonjour à VOUS » sur lequel l’idiote renchérit en lançant au chef du village: « t’es qui, TOI ? ».
    A ces mots tous les reconnurent pour des prophètes. De grandes réjouissances furent ordonnées en leur honneur. On dansa et on ripailla sans trêve sept jours et sept nuits, NOUS et EUX, car le village d’en face était rapidement accouru au bruit de la fête. Neuf mois plus tard, NOUS et EUX avions tellement d’enfants que NOUS sommes de concert descendus dans la vallée pour coloniser les AUTRES.

  7. RENATA dit :

    Séparés par la vallée des « AUTRES » deux mondes s’ignoraient . Le village des « NOUS » sur un versant , celui des « EUX » , sur l’autre . Jusqu’au jour où , selon les anciens il y eut un éclair de feu , suivi d’un barouf du diable et un énorme trou apparut juste au milieu de la vallée des AUTRES .
    Chacun dévalant son versant , ils accourent :
    – C’est à NOUS , c’est à NOUS .
    – C’est à EUX , c’est à EUX .
    – Merci à vous , merci à vous .
    – Non , pas à vous , à EUX
    Ce dialogue un peu tiré par les cheveux mais infructueux cessa en arrivant sur les lieux . Ils se retrouvent au bord d’un cratère de grande profondeur et de belle dimension .
    Curieux , ScrogneugnEUX et SacreblEUX veulent y descendre mais CotoNOUS et MiNOUS aussi . On ne tergiverse pas . On les noue deux à deux . On les fait glisser dans le creux .
    Nos 4 aventureux touchent le fond . Devant leurs yeux un carton volumineux . Vite , ils dénouent les nœuds , ouvrent et découvrent : Des Cartes !!?
    Ils les retournent et lisent : « Jeu des trois familles , multiples combinaisons possibles entre EUX , NOUS et les AUTRES » ( vraisemblablement l’origine de notre jeu à nous ) .
    Sans attendre , ils s’essayent au jeu .
    Mme EUX épouse Mr NOUS et élèvent les enfants des AUTRES
    Mme NOUS épouse un AUTRE et il ont des EUX
    Et ainsi de suite ……
    Ils remontent ce jeu fabuleux pour EUX et NOUS . Ces cartes tombées des cieux leur ouvrent les yeux . Elles vont chambouler leurs vies .
    Aujourd’hui , EUX et NOUS s’unissent entre EUX mais aussi avec les AUTRES et les enfants qui naissent sont des enfants heureux même s’ils sont AUTRES puisqu’ils sont aussi de NOUS .

  8. Souris verte dit :

    🐀 DE L’ AUTRE CÔTÉ DU FLEUVE
    Les instruits, les N’OUS qui savaient tout, vivaient à droite du fleuve L’AUTRE. Les bêtas, les Z’EUX, des ignorants, avaient monté leurs cabanons à gauche et de toute façon vivaient dehors.
    Les N’OUS qui étaient nés coiffés étaient maladroits alors que les bêtas pas. Des artistes délurés qui n’avaient pas deux mains gauches ni les pieds-bot. Ils avaient gravé un demi rond avec une tringle au centre pour jouer à l’heure-qui-l’est, vivant nus s’amusaient de tout. Assez rondouillards, ils avaient une drôle de touche. Les cheveux rasés par moitié tout au tour groupés droits comme un bouquet de ciboulette sur la tête, pour ceux qui les avaient raides et en persil pour ceux qui frisaient. Ça sentait bon l’oignon et la simplicité tranquille.
    Sur le versant opposé c’était moins rigolo, le soleil avait du mal à traverser la haute rangée de peupliers qui bordait le fleuve, en gros les N’OUS maigres, efflanqués, vivaient dans l’ombre de L’AUTRE donc au froid.
    Éclairés par leur intelligence ils avaient formé des petits groupes, une sorte de ministères. A leurs têtes des L’UMIÈRES qui réfléchissaient à tout. Le comment mieux se chauffer, se transporter d’un point à un autre sans bruit, se nourrir et uniquement de graines. Ce qui supposait déjà de les faire pousser à l’ombre. Quand ils chassaient, c’était uniquement le gluten. Mais n’oublions pas qu’ils étaient des savants ingénieux, donc ils allaient trouver une solution.
    Les Z’EUX vivaient simplement en gobant joyeusement les œufs de leurs poules, se gavant de bons pots au feu après quoi ils faisaient de la musique et dansaient pour mieux digérer. Une vie débridée en somme.
    Les instruits furent sauvés de la famine par celui qu’ils avaient rejeté: Bio, un beau gars pas ballot mais qui confondait tout, il dérangeait l’ordre établi. C’est ainsi que, la tête à l’envers, il a remonté L’AUTRE à droite… Vous me direz, parti comme il était, il l’aurait descendu au lieu de le remonter il était du bon côté mais bon ! Il était fait ainsi.
    C’est grâce à cette confusion qu’il rencontra Joie, une magnifique jeune personne avenante et un peu grassouillette. En un mot : tentante ! Ils décidèrent de sauter le pas, d’une berge de L’AUTRE et s’installèrent chez les Z’EUX. Les parents N’OUS rapliquèrent ainsi que cousins et patins couffins…
    Aussitôt ils voulurent recréer leurs ministères mais pas de ça Lisette ! Les Z’EUX ne s’en laissèrent pas imposer.
    J’aurais voulu que cette histoire se termine bien mais la première fille qui naquit s’appela Économie… La deuxième Restriction… Et je ne vous parle pas des garçons. Péage fut l’aîné Impôt le second.
    Bonheur et Légèreté très jeunes hélas, les ont quittés.
    Mais ce fut une très grande famille qui marqua le monde.🐀

  9. Blackrain dit :

    Dans le village des « Nous », les habitants étaient beaux et grands, même s’ils étaient nourris au nougat par des nourrices en burnous. Les nouveau-nés avaient de jolis minous. Assis sur les genoux des nounous et le nounours dans les bras, les nourrissons ne s’alimenteraient bientôt presque exclusivement de nouilles. Les « Nous » méconnaissaient la nouveauté. Mais ils faisaient parfois la nouba dans de gigantesques nouilles partys, au retour de la chasse au gnou. Le méchoui de gnou marquait annuellement l’avènement de la chabanou qui avait succédé au Shat tyran. Les « Nous » avaient noué depuis toujours un accord avec les « Eux » : aucun ne devait traverser la vallée des « Autres » qui séparait les ennemis ancestraux.

    Il faut dire que dans le village des « Eux », les gens étaient très différents. Leur physique était calamiteux. Plus que disgracieux, ils étaient affreux. Dieu les avait conçus adipeux, boiteux et cagneux. La plupart étaient anxieux, cafardeux et capricieux, souvent peureux, paresseux mais ambitieux. Habituellement coléreux, ils en arrivaient même à devenir haineux. Heureusement, certains parvenaient à être affectueux et quelquefois amoureux. D’autres se montraient astucieux et même audacieux. C’est avec ces derniers que l’accord avait été conclu.

    Puis un jour la vallée se damna. Elle fut avalée par la montagne qui poussa jusqu’à venir caresser les sommets des « Eux » et des « Nous ». Ceux qui jadis ne pouvaient pas se voir, s’aperçurent qu’ils étaient complémentaires. Lorsqu’un groupe de beaux « Nous » découvrit une douzaine d’ « Eux », ils caquetèrent comme des poules. Ils envièrent leurs défauts car il s’ennuyaient ferme dans leur perfection. Rapidement, on vit les « « Nous » voter » pour le changement, pour le mélange des deux clans afin de jouir de la beauté. Se nouèrent alors des relations qui, de fil en baisers, engendrèrent une nouvelle population : les « Noueux ».

  10. ourcqs dit :

    Séparés par la vallée des « AUTRES », deux mondes s’ignoraient. Le village des « NOUS » sur un versant, celui des « EUX », sur l’autre. Jusqu’au jour où, selon… la gazette locale arriva un grand JE
    JE suis pour la paix et le bonheur des villages,
    JE trouve absurde cette division
    JE joue les conciliateur, JE rencontre, parlemente ,
    JE promets monts et merveilles si rassemblement,
    JE facilite les transactions,
    JE brasse du vent, JE m’agite ,
    JE fais appel à mon double JE-U ….. pour tout réguler, régler
    et le tour est Joué
    JE a tiré son épingle du JEU

    JE s’est bien Joué d’EUX et des AUTRES ….

  11. Fanny Dumond dit :

    Témoignage :

    MOI j’étais sur un versant de la terre en France et LUI, jeune étudiant de 20 ans, sur un autre dans la corne de l’Afrique quand NOUS avons lié de solides liens d’amitié indéfectible, grâce à notre passion commune de la littérature.

    Au-delà de notre différence d’âge, de notre couleur de peau, de nos religions que nous respectons, des milliers de kilomètres qui nous séparent, depuis deux ans déjà, nous avons appris à nous estimer, à partager nos lectures et nos ressentis sur différents sujets, à mieux connaître nos mondes si différents de par leur culture et leurs coutumes. Et au fil du temps, certains de ses amis, EUX aussi, sont devenus les miens.

    Aussi, au crépuscule de ma vie, j’ai foi en la jeunesse trop souvent vilipendée, malmenée et en quête de réponses sur le pourquoi et le sens de la vie.

    Pour toute la richesse du cœur qu’il m’apporte, un grand merci à LUI, mon petit poète.

    Fanny

  12. Grumpy dit :

    Ce qui devait arriver, arriva. Une décennie que ça mijotait. La faute à qui ? A ce gros malin d’Atanase Périfan qui en 1999 lança la brillante idée de l’instauration de la Fête des Voisins.

    Personne ne lui avait rien demandé surtout dans ces deux quartiers qui se tiraient la bourre et ne pouvaient pas s’encadrer, c’est le moins qu’on puisse dire … Ils n’avaient en commun que le nom de la Commune et l’école, communale elle aussi.

    Ils n’attendaient qu’une occasion, voilà qu’on la leur offrait sur un plateau, oh pas d’argent, on n’en avait pas les moyens par ici, mais en tôle brillante et bien solide, comme celui des garçons de café.

    La tension en était à un tel point qu’on se serait cru, du côté des NOUS comme de celui des EUX, en Irlande du Nord contre celle du Sud à la veille de leur Vendredi Saint. Ça sentait la castagne et la poudre, prête à péter.

    Seule la rue des AUTRES séparait les deux secteurs, neutre, une raie blanche en son milieu, la ligne de démarcation, à ne franchir sous aucun prétexte, en tout cas pas pour l’instant.

    Le Maire, homme de bonne volonté (il n’en restait qu’un mais c’était celui-là), était venu soutenir l’idée de la Fête, pensant dans sa naïveté, qu’elle pourrait enfin amener réconciliation et paix. Parce qu’il en avait marre de ces antagonismes, chaque fois que se déclenchait un mauvais coup, au bout du compte c’était lui qui morflait. Les Municipales étaient proches, si ça foirait, il ne se représenterait pas, na !

    Et il y mit du sien, il offrit les affiches, les tréteaux, les T. Shirts, les ballons … Tout fut fin prêt et installé à cheval sur la ligne blanche pour 19H ce dernier vendredi du mois de Mai.

    Les NOUS comme les EUX arrivèrent chargés de victuailles et de bouteilles d’apéro, en fin de compte cela fit une belle table mais ne suffit pas à dégeler l’ambiance, la musique non plus.

    On n’allait pas se réconcilier comme ça, trop facile, hein M. le Maire ? On bouffait gras, on buvait sec, insuffisant pour dérider, gueule et suspicion surveillaient l’incident, l’accident, qui allumerait le feu et déclencherait une bataille dérangée.

    Et ça n’a pas loupé, il n’en fallut guère : la fête tourna au carnage lorsque le gardien d’immeuble des NOUS écrasa l’oeil de perdrix de l’obèse Madame Martin du 4° droite des EUX qui hurlât à la mort avant de danser sur un pied et puis faire mine de s’évanouir.

    Personne ne chercha à savoir s’il l’avait fait exprès ou pas, cette histoire d’agacin* tourna en pugilat général lequel dégénéra en carnage. Longtemps après, on put encore voir de chaque côté de la ligne des éborgnés, des boiteux, des éclopés de toute sorte, parmi lesquels M. le Maire qui jura mais un peu tard qu’on ne l’y reprendrait plus.

    Vous en avez vu vous des voisins qui s’aiment ?

    (*agacin : en provençal = corps au pied)

    • Souris verte dit :

      🐀 œil pour œil !
      on s’y croirait !
      Quel talent chère Grumpy… Un régal ce dîner entre voisins !

      • Grumpy dit :

        Merci ! Mais moi ce jour-là j’ai vu une petite souris approcher du buffet pour essayer de grignoter un toast mais qui, courageuse mais pas téméraire, a fui à toutes pattes lorsqu’elle a vu s’allumer l’étincelle des hostilités… (verte de peur)

  13. Camomille dit :

    Séparés par la vallée des « AUTRES », deux mondes s’ignoraient. Le village des « NOUS » sur un versant, celui des « EUX », sur l’autre.

    Jusqu’au jour où, Ségolène déboula pour faire parait-il le bonheur de l’humanité.

    NOUS, on était bien tranquilles jusqu’à présent.
    On vivait entre-soi, on s’entraidait, on cultivait notre potager, on partageait. Bref ça baignait.
    EUX, on les voyait jamais. Parait qu’ils étaient laids, méchants et même malhonnêtes, c’est vous dire !
    Heureusement que la vallée des AUTRES nous séparait et nous protégeait de ces malotrus.
    Notre vie était donc paisible et bien organisée.
    Les femmes faisaient les enfants, la cuisine et le ménage,
    Les hommes chassaient et cultivaient le potager,
    Les grands-mères tricotaient,
    Les grands-pères fumaient la pipe et commentaient,
    et les enfants étaient par là…..
    Mais voilà…. un jour sur un grand cheval blanc nous arriva la Ségolène qui agitait un drapeau blanc tout en nous aboyant dessus :
    – TOUS ENSEMBLE, TOUS ENSEMBLE! qu’elle criait,
    – Camarades,  Rassemblons-nous : NOUS, sachons tendre la mains à EUX et TOUS ENSEMBLE nous serons plus forts!
    – Soyons généreux, montrons le chemin de la paix et de l’amitié .
    – Demain soir venez tous vous rencontrer dans la vallée des AUTRES,
    – Il y aura à boire et à manger. Que la fête commence et que la paix soit avec nous !
    Toute exaltée qu’elle était la Ségolène, elle parvint à convaincre la plupart d’entre-nous.
    Et c’est là que dans la vallée des AUTRES j’ai participé à un drôle de rassemblement :
    NOUS et EUX nous sommes rencontrés, mélangés, et plus si affinité !
    On a bu, on a mangé, on a dansé, on a….soirée orgiaque digne de LA GRANDE BELEZZA.
    Au petit matin, sonnés et dessaoulés, ahuris et penauds, nous sommes rentrés chez NOUS sans mot dire.
    Nous avons repris la routine de notre vie et nous ne nous rappelons de plus rien.
    Nous n’avons plus entendu parler de la Ségolène.
    Quant à EUX ma foi…parait qu’ils sont laids, méchants et même malhonnêtes, c’est vous dire !
    Heureusement que la vallée des AUTRES nous sépare et nous protège de ces malotrus.

  14. Antonio dit :

    Séparés par la vallée des « AUTRES », deux mondes s’ignoraient. Le village des « NOUS » sur un versant, celui des « EUX », sur l’autre. Jusqu’au jour où, selon les anciens, les choses se gâtèrent. Ce serait l’un ou l’autre.

    Après des siècles à rester dans leur coquille, les EUX étaient désireux de nouer un lien avec leurs rivaux de l’autre côté de la rivière qui coulait dans la vallée des AUTRES et portait singulièrement le même nom.

    Les NOUS, eux, n’étaient pas prêts à parlementer avec les indigènes de la colline et commencèrent à se faire des nœuds au cerveau pour savoir comment les recevoir.

    TOI et MOI, qui régnaient sur NOUS en égocratie et qui, depuis toujours, étaient viscéralement contre le monde entier, ordonnèrent de les combattre si un d’EUX osait franchir l’AUTRE.

    De l’autre côté de la vallée, ELLE et LUI, qui avaient été élus chez EUX en bonne démocratie, émirent l’idée d’un référendum pour avoir l’aval des autres et ainsi mettre à flot en toute légitimité la première traversée du fleuve.

    Le « oui » l’emporta à l’unanimité tant le désir de connaître l’AUTRE et le dépassement de SOI (ce petit IL au beau milieu), titillait chacun d’EUX depuis toujours.

    Mais quelle ne fut pas leur surprise quand les premiers bateaux se mirent à lever les voiles sur l’AUTRE. Comme si le fiel leur tombait sur la tête. Des bombardements des pires insultes, catapultées depuis des pierrières installées le long de l’une des rives (celle des NOUS bien entendu), firent couler beaucoup d’ancres des embarcations tirées vers ce qu’il y avait de plus bas chez l’AUTRE, c’est à dire le fond.

    « ON EST CHEZ NOUS ! » pouvait-on entendre sur la dite rive, accompagnés de cris qui singeaient ceux de poules mouillées qu’étaient forcément les habitants des EUX.

    Les caravelles des malheureux, désarmées face à tant de haine, firent machine arrière et échouèrent sur leur versant, des larmes plein les yeux.

    ELLE et LUI ne pouvaient en rester là. Puisque TOI et MOI avaient décidé de faire barrage à leur élan d’humanité, eux sauraient le faire sauter.

    C’est alors qu’un afflux surabondant de l’AUTRE, tel un raz de marée irréfrénable, inonda la vallée, surprenant les NOUS qui n’eurent pas le temps de s’enfuir. Aucun ne survécut, pas même TOI et MOI

    Les EUX, eux, parce qu’ils avaient crue en l’AUTRE, furent sauvés des eaux.

    « Boudu, quelle histoire ! » conclut un des anciens.

  15. iris79 dit :

    Séparés par la vallée des « AUTRES », deux mondes s’ignoraient. Le village des « NOUS » sur un versant, celui des « EUX », sur l’autre. Jusqu’au jour où, selon les anciens…

    Les NOUS s’étaient autoproclamés les premiers de l’humanité et avaient vu d’un très mauvais œil l’installation des EUX sur l’autre rive.

    Quant à la vallée des AUTRES, elle était magnifique, dotée d’une végétation luxuriante. On y devinait un monde fantastique ou les animaux régnaient en maitre. Le matin à l’aube, des centaines de chants d’animaux y formaient un concert exceptionnel ou chacun parvenait à hisser sa note. Cette vallée faisait donc un peu office de frontière naturelle. Pour qui s’y serait aventuré, ils en auraient pleuré d’émotion tellement l’endroit y était beau, tranquille, plein de ressources naturelles, un véritable havre de paix à l’ombre de la canopé que surplombaient les NOUS et les EUX. L’endroit était féérique, semblable à une forêt au milieu de laquelle se nichaient tout un tas de petites clairières pleines de fleurs, de fruits. Tout y poussait, c’était incroyable. Les cours d’eaux gonflées par les neiges fondues qui avaient dévalé les deux villages et s’étaient réunies en ruisseaux et rivières regorgeaient de poissons.

    Un vrai paradis sur terre.
    Mais ça, personne ne le savait.

    Les NOUS et les EUX se méfiaient de la vallée des AUTRES et peu s’y aventurait. D’ailleurs se trouvaient de part et d’autre des deux territoires des postes de gué afin de surveiller les allers et venues de chacun.

    Chacun craignait l’autre, les NOUS se méfiant des EUX et réciproquement.

    Un jour, des enfants intrigués, de par et d’autre de la vallée, décidèrent en même temps et naturellement sans s’être concertés, de braver les interdits des parents et partirent à la découverte de la vallée des autres. Après des heures de marche à s’émerveiller de ce que la nature leur offrait, à s’interroger entre eux, à se demander pourquoi leurs parents n’avaient jamais osé franchir le pas, ils arrivèrent presque nez à nez. Les aînés des deux groupes s’avancèrent l’un vers l’autre.

    -Qui êtes-vous ?
    -Nous sommes les NOUS !
    -Impossible !
    -Comment cela ?
    -Vous ne devez pas être les NOUS, mais les EUX, car les NOUS, c’est NOUS !
    -Ah non, je ne crois pas ! Les EUX c’est vous ! Car NOUS sommes les NOUS !
    -Pour NOUS, vous êtes les EUX !
    -Mais pour NOUS, c’est VOUS les EUX !
    – ?
    – ???
    Les enfants des deux groupes commencèrent à se regarder, l’air aussi circonspect qu’ahuri par la situation. Des murmures grondaient ou les mots NOUS, EUX, VOUS, AUTRES se mêlaient pour finir par faire une espèce de mélodie inédite mais aussi un refrain incompréhensible. On ne sait pas qui commença mais l’un des enfants se mit à rire, d’un rire franc et sonore qui remplissait toute la forêt ! Les autres rires explosèrent à leurs tours nés de cette situation ubuesque. Ces notes enjouées se mariaient infiniment bien avec les murmures de la nature. Et bientôt, une symphonie de bruits harmonieux monta de la vallée portée par l’enthousiasme des enfants.
    Des enfants déjà grands.
    Aussi après avoir discuté de longues heures entre eux, décidèrent-ils d’un commun accord de taire leurs découvertes à leurs parents et de se retrouver secrètement ici dès que possible. Ils mirent aux points des signaux secrets qu’ils pourraient s’envoyer de part et d’autre de la vallée et se quittèrent heureux et portés par l’adrénaline que leur procurait la découverte de ce nouveau territoire en même temps que celui de l’amitié et de la fraternité.
    Ainsi, pendant des années, ils apprirent à se connaître, échangèrent leurs savoirs, suivirent les règles qu’ils s’étaient imposés pour que le respect et lui-seul règne en maître.

    Le temps passa encore et des unions se firent.
    Il fut question d’informer les anciens de cette situation. Il était temps de sceller pour de bons des unions durables et paisibles. Une autre ère commença, où chacun s’appliqua et s’engagea à avoir une parole irréprochable, à agir de son mieux.
    On frôla parfois de graves conflits mais tous étaient en chemin vers la vallée des AUTRES pour que chacun devienne un maillon de la même humanité…

  16. durand JEAN MARC dit :

    « Séparés par la vallée des « AUTRES », deux mondes s’ignoraient. Le village des « NOUS » sur un versant, celui des « EUX », sur l’autre. Jusqu’au jour où, selon les anciens, des voisins très très éloignés débarquèrent avec leurs projets. Il s’agissait des « QUANT A SOI » cherchant à ouvrir une nouvelle route du métal blanc. Celui ci leur était indispensable pour pouvoir fabriquer leurs grandes gamelles.

    Les « NOUS » s’en foutaient un peu, du haut de leur Haute Arcie. Eux cultivaient et élevaient leurs besoins alimentaires. Ils ne se nourrissaient que de tomates pelées et de cerf brioché…parfois, les jours de fêtes, des pépins de courge fourrés à la semence d’écureuil.

    Les « EUX », coincés dans leur petit coin de Basse Arcie vivotaient surtout de pêche. Ils pêchaient à pied d’oeuvre, à cheval sur les deux rives, à dos de dodo, au lancer de cailloux, jamais ils ne chassaient, ils ne faisaient que pêcher, point, à la ligne.

    Les « AUTRES » vivaient, eux de ce qui leur tombait du ciel. Cela déboulait directement du Grand Espace, des pluies d’eau pour abreuver leurs conversations, des nuages de lait, des grêlons à la framboise. Mais, sans s’en douter, ils vivaient aussi des poubelles des deux versants du dessus leurs résidus de civilisaction. Ainsi leurs cuisinières inventèrent la tomate farcie quotidienne et pour les soirs d’orgies, la bouillabaise.

    Les « QUANT A SOI » chevauchaient de grands quadrupèdes à tête de girafe pour voir l’avenir et à cul de sac car ils avaient beaucoup de bagages. Ils apportaient avec eux une belle panoplie de maladies qu’ils distribuaient généreusement. Maladies d’amour, maladies de la jeunesse. Et d’or et de jais, tout ce qui brillait. Croisés des chemins, ils y installèrent leur première commercerie. On y trouvait du sirop contre tout, de la fortifiente, des onguents de velours et des passe-partouze ».

    L’homme accoudé au bar du ‘ »T’as laissé passer ta dernière chance » sirotait sa douzième vodkamomille. Il n’en pouvait plus de chialer sur le bon vieux temps de sa chère vallée. Moi, petit ethnologue en stage d’immersion, j’avais été mandaté sur le terrain pour trier un peu la légende de la vérité hystérique. J’allais me mesurer à une expérience frontale et violente qui allait orienter ma future carrière de pondeur d’histoires.

    Le soir même, à lueur d’une bougie constituée d’un maigre gras de vautour, je couchais mes premières observations sur le drap tendu de mon futur ouvrage. Il était indéniable que les « QUANT A SOI » avaient apporté la guerre, la maladie, la torture, l’esclavage, l’exploitation, les routes principales, les secondaires et les chemins privés. La polluxtion viendrait plus tard, et elle ne saurait pas dû, comme le prétendaient certains, à la perte de poils d’un trop gros chien de compagnie imaginaire. C’était bien l’excès de leur pitoyable pilosité qui, en tentant même de boucher les volcans risquait de leur faire tout péter plus haut que leur humanité.

    Il semblait malgré tout, qu’au fil du temps, les NOUS, les EUX, les AUTRES et les QUANT A SOI allaient de rapprocher, se mélanger, se brasser. En touillant bien, et longtemps ,on pouvait peut-être obtenir quelque chose de vivable ?

    C’est d’ailleurs beaucoup plus tard que j’appris que ces peuples à priori si dissemblables, réalisme ou utopie, avaient créé le premier G4.

  17. Laurence Noyer dit :

    Sur la planète des Pasnôtres
    Vivraient des familles bien étranges
    Peuplée de Divergents
    Avec des noms exotiques
    Aux accents hétéroclites
    Monsieur Pasmoi, madame Pasnous
    Parlant zazou, priant hindou

    Sur la planète des Pasnôtres
    Des chambres d’autres
    Accueilleraient les différents
    Aux pronoms personnels apparents
    Vous, Vos, Votre et Les Leurs
    Pourraient brandir leurs couleurs
    Produire la nouvelle Pasje
    De l’Universel métissage

    Qu’on soit Pasils ou Paselles
    Qu’on vienne de
    Ou bien d’Eux
    Faisons une proposition !
    Appellons-nous tous On !
    Sur la Pasnôtre des planètes

  18. Kyoto dit :

    Le Monde des Huns.
    Celui des Ostres.
    Séparés par le Fleuve Rouge de leurs sanglantes tueries.

    Puis les Uns.
    Contre les Autres.
    Séparés par le torrent assourdissant de leur haine.

    Un homme, aux cheveux blonds, a tenté :
    « Aimez-vous les Uns, les Autres »
    Vaine prière.

    Le Monde des Nous.
    Celui des Eux.
    Séparés par la vallée désertique de la Vie.

    Un homme, aux cheveux noirs, a acclamé :
    « Eux, c’est Nous. Nous, c’est Eux »
    Insaisissable idéal.

    Disparition des Eux.
    Un monde de Ils.
    Un monde de Elles.

    Une femme, aux cheveux chenus, a décrété :
    « Univers de Paix et d’Amour »
    Utopique oasis.

    Et Vous ?

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