457e exercice d’écriture créative créé par Pascal Perrat

Un chuchotis saisi tout à coup d’un grand frisson est rentré précipitamment de vacances. Depuis, un murmure court…

Inventez la suite

Cette idée est née au bord d’une rivière

Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Une émulation pour maintenir en éveil l’enthousiasme d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

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20 réponses

  1. Françoise - Gare du Nord dit :

    Un chuchotis saisi tout à coup d’un grand frisson est rentré précipitamment de vacances. Depuis, un murmure court…

    Si l’on en croit le ouï-dire, il serait allé Bagnères-de-Bigorre soigner un prétendu bégaiement ; si l’on écoute les on-dit, il revenait de Bagnères-de-Luchon où il était allé pour se soulager d’un soit-disant zézaiement ; tandis que des potins, bien intentionnés, susurraient qu’à Bagnoles-de-l’Orne il s’était délivré d’une aphasie opiniâtre.

    Peu soucieux du qu’en dira-t-on, il voulut faire cesser les ragots, ne  craignant pas de clamer, à cors et à cris, qu’il était parti à Vichy pour guérir d’une simple extinction de voix. Le traitement : de simples pastilles avalées avec un verre d’eau pétillante.

    Hélas ! La médication fut sans effet, son mutisme persista et ses aveux suscitèrent tumultes, vacarmes et vociférations.

    Ce tapage et son impuissance à s’égosiller le conduisirent à renoncer à son rêve de toujours  : interpréter, avec sa voix de baryton, les personnages les plus virils de l’Opéra, dans les salles les plus prestigieuses de la planète. Don Giovanni à la Scala de Milan, Nabucco au festival de Bayreuth, Figaro à l’Opéra Bastille, Escamillo au Metropolitan, Rigoletto au Royal Opera de Londres.

    Mais les cordes vocales, blessées, tout autant, que sa vanité, il dut se contenter de susurrer des ouï-dire, répandre des racontars, chuchoter des on-dit, laisser bruire des cancans, clabauder des commérages, murmurer des ragots et médisances ainsi que leurs sœurs siamoises, les calomnies.

    Rien ne le consola vraiment de cette existence sournoise et souterraine, pas même d’être considéré comme le plus ancien et le premier média du monde : la rumeur

  2. françoise dit :

    Un chuchotis, saisi tout à coup d’un grand frisson, est rentré précipitamment de vacances.
    Depuis, un murmure court qu’il était parti avec son amoureuse mais que celle-ci était tombée sous le charme d’un gazouillis qui lui susurrait des mots tendres à l’oreille.
    Un médecin spécialiste, après auscultation, affirma que ses troubles étaient psychologiques et qu’il ne tenait qu’à lui d’en guérir. Il lui prescrivit 15 séances de films muets allant même jusquà lui conseiller d’aller voir en premier Sherlock Junior de Woody Allen. Désireux de retrouver son état normal, Il y alla sans tarder. A côté de lui était assis un gazouillement.
    Dès le début du film le gazouillement gazouilla et notre chuchotis, à tort ou à raison, après 30′ de projection, fut sûr qu’elle lui faisait des avances. Il l’enlaça et ce ne fut que chuchotement, gazouillement, si bien que plusieurs spectateurs leur demandèrent le silence. Ils sortirent et dans la rue on put entendre leurs chuchotements et gazouillis,si bien qu’un agent qui passait par là leur délivra une contravention pour bruit de comportement.
    Sous l’effet d’un long frissonnement ils s’envolèrent et leurs chuchotements et gazouillis se mêlèrent aux cris des oiseaux.Ils ne s’étaient jamais sentis aussi heureux et décidèrent de demander un permis de séjour qui leur fut accordé sans aucune formalité

  3. RENATA dit :

    Depuis un murmure court :  » il va arriver , il va arriver ! »
    Ont-elles bien entendu ? il est déjà annoncé ! elles en tremblent d’émoi .
    Elles chuchotent :  » il arrive , il arrive , il va nous enlacer , nous effleurer , nous chatouiller , nous ondulerons sous ses caresses . Nous attendons cela depuis si longtemps . Nous sommes prêtes . »
    Elles tressaillent de peur et de désir . Les cœurs palpitent d’excitation . Qui sera la première à l’embrasser ?
    Grandes ou petites , fines ou larges , toutes le savent , il va être l’heure du grand frisson .
    Elles s’apprêtent , revêtent leurs plus belles couleurs pour lui plaire , se redressent pour le voir arriver et être la première à se faire soulever .
    Il susurre : « me voilà mes toutes belles , il est temps , êtes-vous prêtes ? »
    Un frémissement , un bruissement , quelques secousses et dans un souffle toutes s’envolent . Elles dansent et se balancent . Quelques unes ont le vertige , certaines ont peur pendant que d’autres vibrent de plaisir mais toutes savourent ce moment .
    Puis , elles redescendent et dans un dernier frou-frou se posent au pied de leur père pour le protéger de l’hiver qui vient d’arriver .

  4. Souris verte dit :

    🐀 VAPEURS ET GRAND FRISSON

    Un murmure s’échappe du Calçon
    Frisotti de dentelles dans le Jupon, émotion.
    Chuchotements enhardis du pantalon
    Dans les atours
    Vapeurs et grand frisson
    Faisons la fête, faisons l’amour
    Cul par dessus tête
    Que tes dentelles recouvrent mes fonds
    Vapeurs et grand frisson.
    Toujours, longtemps, jamais, folie des ‘encore’
    Chochottis des mots, promesse
    Usure, les coutures ont lâché
    Dentelles raides, pantalon mou
    Amour lassé 🐀

  5. Odile Zeller dit :

    Un chuchotis saisi tout à coup d’un grand frisson est rentré précipitamment de vacances. Depuis, un murmure court : il serait très malade, une grippe exotique d’origine inconnue, il aurait perdu la voix et serait soigné par un baryton fort connu, il aurait eu une aventure avec une Alizée et tomberait dans la mélancolie, il aurait rencontré au bord de la mer, à marée basse une sirène et la voyant plonger dans les eaux …serait rentré chez lui … ce qui est avéré c’est qu’on l’a vu le smartphone en mains discuter, pâlir et frissonner … la suite n’est que suppositions et conjectures …. de source officieuse on a appris qu’il serait du prochain remaniement ministériel comme conseiller à la communication non verbale mais surtout nous n’en savons rien. Monsieur Chuchotis n’aurait pas encore donné de réponse ferme, il continue de frissonner de timidité.

  6. Fanny Dumond dit :

    Un chuchotis saisi tout à coup d’un grand frisson est rentré précipitamment de vacances. Depuis, un murmure court qu’il serait nominé pour le futur prix Goncourt.

    Il écrivait depuis son adolescence des textes qu’il laissait au fond de son tiroir. Puis, grâce l’avènement d’internet, il s’était enhardi à les proposer à la lecture. Devant les commentaires élogieux de ses centaines de lecteurs, l’idée lui était venue de terminer l’œuvre de sa vie. Ses proches et ses amis prenaient son petit hobby en dérision et s’étonnaient de le voir passer tant d’heures à cogiter, à écrire, à effacer, à recommencer, à vingt fois remettre l’ouvrage sur le métier. Son épouse n’en pouvait plus de le voir sans cesse ailleurs comme s’il vivait dans un monde parallèle. De guerre lasse, elle avait fini par vaquer seule à ses occupations et laissait monsieur l’écrivain dans son antre d’ours de l’Alaska. Sous le sceau du secret, elle avait confié ses tourments à la boulangère. La rumeur avait vite fait le tour du bourg et chacun se gaussait de ce scribouilleur, peu loquace, qui se prenait pour Victor Hugo.

    Revenue à de meilleurs sentiments et fière comme une poule qui a pondu un œuf, la tendre moitié de l’incompris fut prompte à répandre la bonne nouvelle. Son couple allait devenir riche, célèbre et elle pourrait enfin vivre comme une princesse sous les flashs des journalistes. Tout le village y allait qui de sa fierté qui de sa jalousie. Quelques jours plus tard, elle tomba de son piédestal quand elle lut que le dernier lauréat n’avait reçu qu’un chèque de 10 euros. Revenue sur terre, elle fit sa valise et quitta son romancier.

    Depuis, dans l’attente du mois de novembre, bien tranquille dans son refuge, le chuchotis rédige la suite de l’œuvre de sa vie. Son imagination ne tarit pas : il en a encore tant à raconter sur la nature humaine !

  7. Blackrain dit :

    Il court après celui qu’il croit être son père. Rumeur, sa maman, avait grossi cet été là. Elle s’était amplifiée depuis qu’elle avait revu Chuchotis qui faisait le beau entre deux Confidences. Elle avait marqué son émoi en reconnaissant son aimé depuis longtemps perdu. Babillage et chuchotage avaient été les deux mamelles de leur amour. Lui très discret, elle plus généreuse et belliqueuses. Ils s’étaient embrassé la première fois pendant que « Cris et chuchotements » s’était éveillé funèbre sur l’écran de la paroisse. Les deux amoureux avaient profité des ronflements de Borborygme, le père de la volcanique Rumeur, pour coucher leur passion dans le lit du péché. Après les frémissements, les frous-frous, les gazouillements et les froissements, les gémissements et les grognements avaient filtré sous la porte. Lorsque ses battants s’ouvrirent sur le père offusqué, ce ne fut que bruit et fureur, clameurs et grondements. Le Russe, imbu de sa fortune, n’eut aucune pitié pour les lamentations et les plaintes de sa fille unique. Ses promesses d’amour n’étaient pour lui que pleurnicherie. Il n’écouta pas non plus les protestations du loqueteux qui avait osé la souiller de sa basse condition et encore moins sa demande en mariage. Il le fit rosser et chasser par ses valets. Alors, Chuchotis s’en alla dans un autre pays pour oublier sa belle et son humiliation. Neuf mois plus tard, Murmure naissait. Il était malingre, mais heureusement, malingre comme un singe. Ce ne fut point alors qu’une maigre consolation qui emplit la vie de la Rumeur mais un susurrement quotidien d’affection. Lorsque durant les vacances Chuchotis vit cet enfant au bras de celle qu’il avait tant aimé il préféra s’enfuir, persuadé qu’elle avait refait sa vie avec un autre. Murmure se trouvant assez mûr, arracha le secret de sa naissance à travers les balbutiements de sa mère. Il enquêta avant de prendre le train pour retrouver son père.

  8. Clémence dit :

    Un chuchotis saisi tout à coup d’un grand frisson est rentré précipitamment de vacances. Depuis, un murmure court…

    Août 2019. Aujourd’hui.

    Lola, Lola… encore elle !
    Lola, Lola, toujours elle !
    C’est vrai, depuis quelques temps, Julia n’en avait que pour sa meilleure amie Lola. Lola et sa vie. Lola et ses vies  ! Et les vies de Lola faisaient rêver Julia. Mais pas sûr que ses vies aient été des vies de rêve car il y avait eu autant de fêlures que de rêves.

    Ce soir, encore, il avait suffit de la retransmission d’un concert de Mstislav Rostropovitch pour que Lola revienne encore au centre des conversations entre Paul et Julia. Et Paul n’avait pas manqué de marquer son exaspération. Il planta Julia.
    – Je monte, lui dit-il, boudeur. Je suppose que tu as encore envie de ressasser cette histoire de Lola.

    Julia se leva précipitamment, haussa les épaules et se dirigea vers la cuisine. Elle s’empara d’un sachet de chips et se servit un verre de vin rouge. Local et bio.
    Elle glissa un CD dans le lecteur et s’installa dans le canapé. Elle empoigna son livre, l’ouvrit d’un geste rageur et, en quelques secondes, elle plongea dans un autre monde. Le Berlin de la Guerre Froide décrit par Douglas Kennedy. Mais très vite, les mots se mirent à danser dangereusement devant ses yeux et les phrases n’eurent plus aucun sens.
    Julia ferma les yeux et son livre et se laissa, une fois encore, emporter par le souvenir de la voix si douce de Lola…

    «  Tu sais, Julia, c’est parce que tu me connais bien que je peux te raconter mon histoire berlinoise et que je sais que tu me croiras. C’était un 2 novembre, en 1989. Cela a commencé par un coup de téléphone. Je devais faire mes bagages à toute vitesse et emporter des vêtements pour diverses circonstances et me rendre à l’aéroport de L-F. au plus vite. Mon billet était réservé et mon contact me retrouverait à la salle d’embarquement.
    Le vol eut lieu sans le moindre problème, avec une escale à F-a-M. Puis, à Berlin le programme était simple, en principe: discours d’inauguration, visite guidée de la ville et soirée officielle.
    Mais rien ne fut simple.
    – Le discours, préparé avec soin et traduit en allemand, ne plaisait pas. Après de nombreuses discussions, la solution fut trouvée : discours en français. Aucune susceptibilité ne serait alors froissée par des mots mal chosisis.
    – La visite guidée aurait été parfaite si, en certains lieux, le chauffeur du taxi n’eut cet air ravagé en s’excusant : « Je dois vous déposer ici, continuez à pied. Je n’ai pas l’autorisation de m’approcher… du Mur, de la Porte de Brandebourg, de Check point Charlie…
    L’atmosphère devint tout à coup pesante. Je compris ce qu’était la liberté. Ou son absence.
    Et puis, un air de vacances, trop court, revint avec la longue promenade sur la Kudamm. Au bout de l’Avenue, se découpait dans le ciel, le clocher de l’église du Souvenir. La lumière du soleil déclinait doucement et les premiers néons criards prirent le relais. Le temps était venu de rentrer à l’hôtel et de se préparer.
    – La soirée officielle ou la plus grande frayeur de ma vie. Tout commença pourtant dans un éblouissement général. Les lieux, la décoration, les invités, les conversations qui commençaient immanquablement par des salutations et une brève présentation.
    A peine mon nom (de consonance slave) prononcé, un homme s’avança vers moi et me demanda si j’étais déjà retournée dans mon pays d’origine. J’avoue que sa question m’a désarçonnée car je n’avais jamais quitté mon pays et donc y retourner me semblait très étrange. J’eus un moment d’hésitation avant de lui expliquer « ma » vie.
    Il m’écouta avec beaucoup d’attention et me dit d’une voix tranquille que la frontière n’était pas loin et qu’il pouvait m’y conduire. De plus, murmura-t-il en cachant sa bouche derrière une main, il se propage des rumeurs qui pourraient probablement vous intéresser, ou du moins, vos proches…
    Je fus saisie d’un grand frisson, tiraillée entre l’envie et la peur. Pour décliner cette invitation, sans choquer mon interlocuteur, j’invoquai la « fin toute proche de ma mission aux accents de vacances , car Berlin est une ville fantastique ».
    Le lendemain, à 11 heures 30, l’avion se posa sur la piste de l’aéroport de L-F., sans escale cette fois. »

    Julia aimait à se remémorer cette histoire de Lola et, à la fin de se l’être tant répétée, elle en devenait l’héroïne.
    L’apothéose de l’histoire berlinoise eut lieu une semaine plus tard. Une nouvelle incroyable déferla sur les ondes et des images stupéfiantes crevèrent les écrans : le Mur de la honte s’écroulait !
    Et Lola répétait en boucle : « Tu te rends, j’y étais, juste avant… »

    Le CD était fini depuis longtemps. Julia se dirigea vers la baie vitrée. Une fois encore elle fut émerveillé par la vue du petit village illuminé, lové au creux d’une nuit étoilée.
    Elle souffla sur la vitre et dans la buée, elle écrivit : liberté.

    © Clémence.

  9. Grumpy dit :

    Bourré, rongé de remords. Mais qu’est-ce qu’il lui avait pris, pourquoi lui qui l’aimait tant, dont il ne pouvait se passer, avait-il pu faire une chose pareille ?

    Pourquoi, il ne le savait que trop, sur un coup de tête et pour son confort il l’avait sacrifiée, là où il était parti en vacances, elle n’était pas acceptée. « donc, comment avait-il pu y aller au risque de la laisser seule » : le voilà son remords.

    Il avait pris soin de la confier dans les meilleures conditions de garde, malgré cette attention quelque chose lui disait qu’elle était malheureuse, qu’elle trouvait le temps long, qu’elle perdait espoir de le revoir.

    C’était ce quelque chose, sa conscience, un chuchotis récurrent dans l’oreille : « Elle ne mange plus, ne dort plus, elle pleure, elle dépérit, elle perd sa beauté qui te l’avait fait choisir entre toutes. » Ses gémissements, il lui semblait les entendre, il lui étaient familiers.

    Il l’avait recueillie, toute petite orpheline, il avait tenu sa promesse d’offrir à cette nouvelle compagne une bonne vie pour la vie et voilà que tout à coup, pour son confort personnel, quel beau motif …. il la ramenait à son origine d’abandonnée.

    A quoi ça servait alors de l’avoir tant bichonnée, parée de jolis colliers, gâtée régulièrement d’agréables toilettes, la meilleure nourriture, les balades quotidiennes. Son bon plaisir à lui, qui ne suffisait pas à faire son bonheur à elle.

    Elle qui ne lui avait jamais rien demandé, n’exigeait ni son amour, ni ses caresses, seulement sa présence, avoir en retour la même fidélité qu’elle lui vouait. Et voilà qu’il était parti sans lui dire où, si c’était pour un temps ou pour toujours.

    Elle avait beau savoir que les hommes c’était comme ça, l’abandon ils avaient ça dans les gènes, que faire d’autre que de se coucher en rond sur le lit, respirer son odeur, attendre et se résigner, facile à dire, ça ne lui enlevait pas le chagrin dont elle se laissait mourir.

    Elle ignorait que lui, de son côté, était tout aussi malheureux, elle lui manquait tant, Il parlait tout seul pour essayer de ne plus entendre le long murmure de regrets qui tournait en boucle autour de lui, où qu’il aille, quoi qu’il fasse, à l’en étouffer « la seule qui l’avait jamais aimé et il lui avait fait ça ! »

    Le rouge de la honte bue le secoua d’un si grand frisson qu’il lui remit les idées en place, les pieds sur terre, la valise dans le coffre, la ceinture dans son clic.

    Dès la clé dans la serrure, il l’entendit griffer la porte, la frapper de sa queue, trépigner en sauts de joie, l’aboiement plaintif se fondant dans la joie.

    Et dire qu’elle ne lui en voulut même pas ….

  10. Avoires dit :

    Un chuchotis saisi tout à coup d’un grand frisson est rentré précipitamment de vacances. Depuis, un murmure court…

    Quoi, le chuchotis a pris froid, il rentre chez lui ! Que ne l’a-t-il fait plus tôt ?
    «  Chuchotis, il y a bien longtemps que tu es absent de notre vocabulaire, que tu es devenu désuet, inusité, bref, tu n’existes plus que dans le dictionnaire de l’Académie française et ça, il n’est pas dans toutes les bibliothèques ! Pauvre chuchotis, tu es un mot ravissant mais inconnu pour beaucoup, tu es tellement léger, aérien, discret, dentelé, que l’on t’a oublié, ignoré, mis de côté, mis au placard, abandonné, balayé. Tu n’es plus à la mode, tu as fait ton temps et le murmure a pris ta place. Le murmure se déplace, lui, il court, il va de bouche en bouche alors que toi, tu es à peine audible, tu es sur le bout de la langue, comme un frisottis, tiens, lui aussi tombé dans l’oubli.
    Mais j’y pense, tu n’es pas le seul dans cette chute. Avec ton copain le frisottis, tu peux ajouter à la liste tortis, appentis…
    – Clafoutis ?
    – Ah ! non, celui-là, il revient chaque année au temps des cerises, donc, périodiquement il revit
    – Caillebotis ?
    – Oui, celui-là aussi, ça va encore, et puis, c’est écolo. De même, pilotis, devenu très tendance depuis les inondations à répétition.
    – Plumetis ?
    – Lui, il est quand même très joli et on le voit encore mais j’ai peur qu’il ne soit remplacé par du synthétique »
    Le murmure lui aussi devrait frissonner, maintenant, ce sont les fake news qui prennent le relais

  11. iris79 dit :

    Un chuchotis saisi tout à coup d’un grand frisson est rentré précipitamment de vacances. Depuis, un murmure court…

    Il court depuis qu’il est chargé d’un lourd secret transmis là-bas près de la ri-vière par les chuchotis de la famille Dubois. On ne sait vraiment quel est le poids de ce secret mais il doit être vraiment très lourd car il a entrainé dans son sillage bien des chuchotis venus soutenir ou faire grossir tous les mur-mures de la famille.
    Rentrés précipitamment dans la nuit de la grande ville, les chuchotis ne tardè-rent pas à être noyés par les bruits de la rue. Jusqu’à ce que parents, frères sœurs et cousins s’élancent dans la cage d’escaliers. L’heure tardive les em-pêchaient de libérer les paroles, de clamer haut et fort ce qui les brûlaient de l’intérieur, les chuchotis laissaient parfois échapper un son perçant dans la nuit qui suscitaient aussitôt des « chut » d’indignation » !
    Ils finirent par arriver à l’étage ou un silence à couper au couteau les saisit sur le palier ; c’était inattendu, inquiétant, surprenant. On aurait pu croire au contraire que les bruits déchireraient la nuit. Mais non. Ils n’osèrent sonner. La sonnerie aurait déchiré la nuit et ramener bien des petits cris, des jurons ou des murmures presque bougons.

    Papy tapota la porte du bout de ses doigts et tout le monde attendit suspendu au silence puis au bruit des pas lourds sur le tapis qui se rapprochaient de nous. Le cliquetis de la porte prit tout l’espace puis le grincement des gonds se turent à la vue du nouveau-né dans les bras de son papa qui libéra en dé-couvrant sa famille sur le palier :

    – « ah !!! Vous voilà »

  12. Kyoto dit :

    Un chuchotis suivi d’un grand frisson.
    Un murmure au creux d’une oreille.
    Finies les vacances.
    Secret d’enfants.
    Douce mélodie.

    Un murmure au bord des lèvres.
    Un effleurement du bout des doigts.
    Main dans la main.
    Secret d’adolescents.
    Ballade harmonieuse.

    Un bruissement d’étoffe.
    Un froissis de caresses.
    Peau contre peau.
    Secret d’amants.
    Symphonie de couleurs.

    Grésillements de l’air.
    Eclats de tonnerre.
    Néant contre néant.
    Tambours et trompettes.
    Cymbales et clairons.

    Le gazouillis des oiseaux explose.
    Elle ne l’entend pas.
    Une brise de feu caresse sa peau.
    Elle ne la sent pas.
    Le clapotis de l’océan l’appelle.
    Elle va vers lui.
    Marche droit devant.
    Les yeux éblouis de soleil.

    Diamant englouti.

    Paix et silence.
    Pour l’éternité.

  13. Antonio dit :

    Un chuchotis saisi tout à coup d’un grand frisson est rentré précipitamment de vacances. Depuis, un murmure court…

    Il a pris sa langue à son cou, déliant sa foulée pour semer la discorde dans la ville. Seulement, d’autres bruits, qui circulent déjà, le rattrapent et le mettent à terre pour accorder leurs violons.

    Dans une cave tabou de la rue Dauphine, Bobby donne le tempo à coups de grosse caisse. Un son de basse couvre les premiers cris de douleur du quatre cordes qui ravale son gazouillis. Ce n’est plus la même musique, les violons remballent, l’archer entre les jambes, et scelle la place aux gros bras du Jazz Band. Miles Trumpet, Charlie Sax et Bennie Trombone aux muscles cuivrés retentissants, font leur entrée. Marcus Bass et Bobby Drums, en hommes de mains, donnent le rythme.

    Depuis, plus aucun murmure ne court dans la ville, on « jazze » !

  14. Anne Lonjaret dit :

    Un chuchotis saisi tout à coup d’un grand frisson est rentré précipitamment de vacances. Depuis, un murmure court…

    Il court le long des murs de pierre, traverse le torchis et la paille. Il ramène les souvenirs de ces cases où l’homme d’antan a vécu.
    Quel frisson depuis ces vacances…. Le frisson des Incas, des Aztèques, des Mayas dont le déclin a été précipité. Le voyageur a admiré leur rapport au temps et à l’espace. Ils ont tout perdu avec les machines à feu. Qui peut aujourd’hui comprendre l’étreinte qui l’a parcouru alors que tout y a été perdu. Le temps a fait son office mais n’a rien pu ou presque transmettre. Qu’ont fait les Hommes à force de vouloir partir à la recherche de l’or. Chaque parcelle de montagne a été creusée pour quelques pépites. Les peuples dans ces régions ont perdu d’où ils venaient.
    Que je comprends ce frisson au retour des vacances, lui, voulant découvrir avec bienveillance, comprendre, faire corps. Une partie de son passé y a été perdue. Ces vacances le font revenir avec tant de questionnements.
    Ce murmure l’a invité à parcourir les bibliothèques en quête de sens.
    Les vacances ne sont elles pas un temps de ressourcement avant de reprendre le chemin de la vie quotidienne ? Le temps du ressourcement pour mieux investir son présent ?
    Ce frisson a invité le voyageur à se repositionner pour comprendre le pourquoi du comment.
    Mais nous savons par expérience que l’Homme réitère les mêmes erreurs…. malgré une remise en cause. L’appât de la conquête, du sentiment de propriété passe au dessus de louables intentions.
    Mais quelques uns savent en tirer des leçons et tentent de faire comprendre aux jeunes générations le sens de l’Expérience. Qui y sera réceptif ? A chacun sa vision et la responsabilité de ses actes le temps venu.

  15. durand JEAN MARC dit :

    Que je ne souhaite pas à toute personne dont le couple bourgeonne encore à chaque printemps…! Bon week-end à toustoutes!

  16. Nouchka dit :

    Fraîcheur du petit matin
    Bien être sous le drap
    Silence à l’extérieur
    Écoute de son corps
    Main chaude le long du dos
    Paupière entrouverte un instant
    couleur douce du mur
    Lumière déjà blanche au-delà de la fenêtre
    Encore un moment
    Plaisir de la passivité
    Rester ainsi à demi endormie
    Une odeur sucrée monte à l’étage
    Aller vers la conscience
    Ecouter les bruits
    Craquement du parquet
    Léger grincement d’une porte
    Clapotis de la fontaine
    Tilleul bercé par le vent
    Ronflement d’un moteur d’avion
    Ciel bleu tendre et rosé
    Sur les Alpilles au bout du champs
    Quelques voix chuchotées
    Puis les premiers rires
    D’une journée de plaisirs partagés
    Chants, danses, lumières de l’été
    Beauté des couleurs vives de l’eau
    Peaux chauffées au soleil
    Vent léger à l’ombre des arbres
    Tension à l’entrée dans l’eau fraîche
    Bien-être de partager ces instants
    Vibrations des voix
    Un chuchotis, saisi tout à coup d’un grand frisson
    Est rentré précipitamment de vacances.
    Depuis, un murmure court, scandé
    Doucement à l’envi
    « Je ne rentrerai pas, je suis trop bien ici »
    Encore, encore

  17. Laurence Noyer dit :

    Dans le lavis du soir
    Quand l’ombre s’exhibe
    L’eau des fleuves bourdonne
    Et offre aux dernières rumeurs
    Sa piste à ricochets.

    Dans la syncope du jour
    Les bruits défaillent
    Et les échos s’étalent
    Les clameurs s’éparpillent
    Et les gazouillis s’installent

    Dans les embruns du soir
    Le silence fait escale
    Le monde fait relâche
    Et donne congé
    A son inlassable tournée

    Dans la vacance du jour
    La nuit abandonne
    Ses étoiles aux rivières
    Et procure aux murmures
    D’incomparables frissons.

  18. Camomille dit :

    Un chuchotis saisi tout à coup d’un grand frisson est rentré précipitamment de vacances. Depuis, un murmure court…
    qu’il est en grande dépression.
    Ca ne m’étonne pas.
    Ca fait des lustres qu’il opère en toute impunité.
    Qu’il se mêle de tout,
    qu’il sème la zizanie.
    Avec cet air de sainte nitouche genre : « moi ? Mais j’ai rien dit » .
    Dès qu’il s’introduit dans une salle de cinéma on arrive parfois en s’en débarrasser en lui criant : « CHUT ! »
    Au théâtre, c’est pareil : « CHUT ! »
    A l’école, on l’appelle « bavardage »… CHUT !
    Dans les églises, il est à son affaire, surtout au confessionnal,
    dans les jardins publics, il rôde autour des amoureux tel un voyeur,
    Aux enterrements, il se fait un festival, il virevolte de l’un à l’autre dans une danse frénétique,
    Dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, il se déchaîne,
    et avec les commères… je vous dis pas ! Et il en rajoute, et il en rajoute. Il n’a même pas honte.
    Alors MOI j’ai décidé de mettre le holà et de rétablir l’équilibre.
    Je m’appelle SILENCE et tiens à me faire respecter.
    J’ai attendu que CHUCHOTIS parte en vacances dans le sud pour intervenir afin qu’il ne soit pas sur ses gardes.
    Au fait, sachez que CHUCHOTIS est tout petit, voire invisible et que moi je suis IMMENSE et impressionnant.
    J’ai donc attendu qu’il arrive à Marseille et qu’il se manifeste dans le MUCEM.
    Je me suis alors planté devant lui, bras écartés.
    Il s’est arrêté net.
    Un grand frisson l’a saisi, suivi de tremblements bizarres.
    Il a chopé la trouille quoi !
    Honnêtement, Je ne m’attendais pas à réussir du premier coup.
    La trouille, c’est pas si facile que ça à la communiquer. (la vraie trouille j’entends).
    Mais quand on l’attrape, je ne garantis plus rien.
    Donc, notre CHUCHOTIS a chopé la trouille en plein été à Marseille dans le MUCEM .
    On a du l’hospitaliser et le rapatrier.
    Depuis… on ne l’entend plus.
    Il nous fait la grande dépression.
    Quoi ?
    Qu’est-ce-que vous dites ?
    Mais parlez plus fort… je ne vous entends pas !

  19. durand JEAN MARC dit :

    Un chuchotis saisi tout à coup d’un grand frisson est rentré précipitamment de vacances. Depuis un murmure court, le long des murs, il a le souffle long.

    S’agissait il, d’elle, la petite effrontée du village et, de lui, le benêt de la ville. Ou bien s’agissait ‘il ,de lui, le maître-nageur en eaux troubles et de la grande hollandaise, celle qui souriait à tous les français du camping.

    S’agissait ‘il de Monsieur et Madame Toutunchacun raclant le fond d’un pot de lune de miel ?

    Ou de la Germaine négociant son escalope avec le boucher ?

    S’agissait ‘il de Monsieur le Curé, rêvassant sous l’éternel pêcher ?

    Ou de Jacques et Pierre, les deux premiers mariés du village ?

    Ou de Jacqueline et Pierrette les deux futures mariées du village ?

    Ou du facteur, pour une simple miction, un regonflage de pneu ?

    Non, juste, en prévision de l’automne à l’affût, des intérieurs à récurer, des enterrements à programmer…là-bas , dans le pré

    vert…deux escargots, se câlinant le naturel!

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