461e exercice d’écriture créative créé par Pascal Perrat

On m’a toujours nommé l’automne. Je mène ma vie, entre l’hiver et l’été, comme elle me plaît. Mais, si je m’ensoleille un peu, on m’appelle l’été indien. Vous n’imaginez pas comme…

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20 réponses

  1. Aujames Roxane dit :

    On m’a toujours nommé l’automne. Je mène ma vie, entre l’hiver et l’été, comme elle me plaît. Mais, si je m’ensoleille un peu, on m’appelle l’été indien. Vous n’imaginez pas comme cette image me va si bien. Conquérant dans l’âme, je parcours notre monde, chevauchant impitoyablement le vent.
    J’attaque la sève des arbres, les poussant à se plier à ma volonté. ils se recouvrent lentement d’oranger, de jaune, de rouge et brun.
    J’autorise parfois le soleil à illuminer mon univers magnifiant ma genèse de couleurs de terre.
    J’invoque la pluie qui redonne aux rivières leur force passée. elles se déchaînent sur leurs terres reprenant progressivement leurs droits à l’été.
    Un monde remplis de mystères. L’ours se prépare pour son grand sommeil. Le loup m’invoque dans les rayons lunaires, les oiseaux se taisent et la brume s’élève écoutant mon appel.
    Regardez- moi magnifique, fier et courageux. Moi je vous regarde, hommes.
    Vous me craignez et m’admirez derrière les vitres de votre foyer. Parfois,munis de manteaux et d’écharpes, certains viennent me rencontrer. Je respecte leur bravoure et les laisse regarder mon combat. Il se finira , quand les feuilles seront à terre, que la pluie aura fait rage et que le froid sera là afin que l’hiver, mon frère d’armes, termine la guerre.

  2. Grumpy dit :

    Automne, cette année, tu n’imagines pas notre soulagement de te voir succéder à un été vraiment trop chaleureux. Jamais on ne t’a tant désiré.

    Pourtant, nous étions moins ravis de te voir approcher et baisser toi-même en douce la température degré après degré quand nous étions petits. On savait que tu venais taper sur le gong du calendrier « 1er octobre : rentrée des classes ».

    Après avoir fait tout l’été l’école buissonnière, devoir à nouveau emprunter le chemin des écoliers ….

    On avait tous été entassés à l’arrière de la Traction-avant , serrant entre nos pieds les pots de géraniums qui nous accompagnaient en estive, direction chez Mémé à la montagne. Trois trimestres qu’on attendait ça. Le trajet avait eu beau être émaillé de haltes-vomi tant il y avait de virages, au bout nous accueillait Mémé, sa tendresse, ses pastilles Vichy et le grand air « bon pour les poumons ».

    On profitait de toute notre âme de ces vertes forêts, torrents, pâturages, sachant qu’ils n’auraient qu’un temps.

    On se moquait pas mal des vendanges qui débutaient ‘en bas’ chez nous, on n’y pensait même pas, on s’occupait plutôt des champignons. Seigneur, les sanguins à la poêle ou au vinaigre, et les petits gris garnissant le rôti, le délice !

    Nous étions fascinés par les chasseurs lustrant leurs canons de fusils, garnissant leurs cartouchières de calibres 12 et 16, selon qu’ils ambitionnaient du lièvre ou du sanglier, du chamois pour les plus hardis.

    Et c’était au meilleur de la saison qu’on venait nous arracher… Adieu vaches, brebis, lapins aussi. A cause de toi, tout s’arrêtait net. Les valises et la descente brutale à la ville. Comme on t’en voulait !

    Que cette fois le trajet était beau, sillonnant l’émeraude du Verdon, contraste des gorges grises aux parois émaillées des camaïeux somptueux de touffes de sumac jaunes, oranges, rouge, bruns.

    Et puis, la rentrée, ses odeurs de cartables et godillots neufs, encre et papier, culottes courtes et tabliers. Nous revoilà un peu sonnés se racontant nos vacances dans la cour d’école, shootant dans les feuilles de platane que tu prenais plaisir à faire mourir à petit feu. On en choisissait une, celle qui nous paraissait être la plus belle : premier sujet du cours de dessin.

    Les habitudes reprenaient, on se consolait vite, sachant bien qu’à la Toussaint on referait le circuit le temps d’une fin de semaine pour déposer nos chrysanthèmes, alors là, toi l’Automne, on te pardonnerait, en plein été indien, c’est là que tu serais le plus beau.

  3. iris79 dit :

    On m’a toujours nommé l’automne. Je mène ma vie, entre l’hiver et l’été, comme elle me plaît. Mais, si je m’ensoleille un peu, on m’appelle l’été indien. Vous n’imaginez pas comme…

    J’en suis fier !

    J’ai tous les atouts de ma saison si belle avec la douceur de l’été qui s’est achevé.

    Mes journées peuvent être incroyablement douces ornées des couleurs les plus chatoyantes inhé-rentes à ma personnalité. Les gens ne se lassent pas de ces jours exceptionnels où les odeurs se mê-lent aux teintes les plus belles. Ils aiment marcher en humant mon odeur et en se régalant de la quié-tude, de la beauté de mes heures qui s’éteignent tôt le soir pour retrouver la chaleur des foyers.

    Certains se persuadent tellement que l’été domine encore qu’ils se risquent à des baignades dans une mer réchauffée pas encore refroidie par mes pluies qui feront remonter les bonnes odeurs des sous-bois que les marcheurs de saison et autres cueilleurs de champignons ne se lasseront de savourer.

    J’aime mon statut, je l’avoue et pour rien au monde ne laisserais ma place. J’aime ainsi m’étirer comme un chat alangui. Quand il en est encore temps, profitez de moi, j’adore vous caresser de ma lumière automnale. Ne boudez pas votre plaisir. Tout le monde sait bien que l’été indien est une sur-prise de l’automne, que chaque année on attend, on espère. Et j’aime ainsi être désiré, quand finit l’été.

  4. Clémence dit :

    On m’a toujours nommé l’automne. Je mène ma vie, entre l’hiver et l’été, comme elle me plaît. Mais, si je m’ensoleille un peu, on m’appelle l’été indien. Vous n’imaginez pas comme…

    Fallait pas me chercher….

    Il m’appelait Summer Lowtown ! Ce n’était pas mon nom de plume et encore moins mon nom de papier. Mais allez savoir pourquoi il m’avait ainsi surnommée ! Je n’étais ni une faible femme et encore moins une citadine. Mais au fil de notre histoire, je m’étais fait à cette idée.
    Et lui, me direz-vous ? Lui, il se faisait appeler Winter Spring. J’ai toujours pensé que c’était un clin d’œil à son chanteur préféré : Bruce Springsteen.

    Nous nous sommes rencontrés sur une plage de Californie, il y a bien des années de cela. Nous y avons vécu des années et puis, un beau jour, la nostalgie du Vieux Continent nous a heurté de plein fouet et nous sommes rentrés au pays où nous avons eu une vie active et passionnante.
    Et puis, comme soleil se couche en fin de journée, l’heure de la retraite est arrivée pour nous.

    Un soir de septembre, alors que le soleil étalait sa palette de couleurs flamboyantes, Winter ne put s’empêcher de commenter :
    – Tu as vu, cette rayure mauve qui traverse le soleil…
    – Mouai…
    – Et là, l’orange qui se décompose en paillettes d’or…
    – Mouai…
    – A moins que ce ne soit l’inverse…
    – Hmmm.

    Je commençais à fulminer intérieurement. Une fois de plus, il pourrissait un instant magique par ses allusions pseudos poétiques. Moi, j’avais envie de silence pour admirer. Tout simplement.

    Il soupira en se rapprochant de moi :
    – Tu boudes ?
    – Mais non !
    – Alors…
    – Alors ? Alors, tu ne peux admirer la nature, tout simplement ? En silence ?

    Il fit volte-face et me déclara, comme on déclare une guerre :
    – Tu es trop intellectuelle.
    – Ah ? Et où est le problème ?
    – Le problème ? c’est que tu as cinq sens et tu ne les optimises pas. Enfin, pas comme il le faudrait.
    – Et comment le faudrait-il, lui demandais-je en haussant les sourcils.

    Il prit une profonde inspiration. Et là, je me dis que j’avais posé la question qu’il ne fallait pas. Il allait encore se lancer dans des discours scientifiques, puisant ses arguments de ci, de là, étalant des exemples dans son entourage et de son vécu. Mais je fus surprise car rien ne se passa comme je l’imaginais.

    Il me prit par le coude et me poussa à l’intérieur de la maison alors qu’un dernier rayon de soleil caressait mon épaule. Sur Radio Nostalgie, Joe Dassin pleurait son amour perdu aux couleurs de l’été indien.

    C’est alors qu’une chose incroyable se produisit. Deux bras vigoureux saisirent mes mains et les attachèrent dans mon dos. Un genou bien placé empêchait tout mouvement. Et puis, ce fut le noir.

    Je repris conscience, assise sur une chaise, un bandeau sur les yeux et noué avec fermeté à l’arrière de mon crâne. Je poussai un hurlement.

    Un coup porté sur mon épaule me força à me taire. Je me dis qu’il valait mieux ne pas me cabrer. Jouer le jeu et surtout, emmagasiner un maximum de détails au cas où, rescapée ou échappée, j’apporterais mon témoignage au commissariat…

    Mais rien ne se passa comme je l’imaginais. J’étais immobilisée sur une chaise dans un silence absolu.

    Et vous ne pouvez pas imaginer les trésors que votre cerveau met tout à coup à votre disposition.

    Des souvenirs d’un polar où l’héroïne kidnappée joue mentalement une œuvre de Bach et associe à chaque mesure un indice du trajet en voiture.
    Je tentai un essai avec le Rondeau du concerto 22 pour piano de Mozart, mais une angoisse folle assécha ma gorge.
    Un autre souvenir surgit, à l’instar de la madeleine de Proust : la saveur mielleuse de morceaux de couques de Dinant que je laissais fondre contre mes joues…
    Cela me fit saliver, mais aussitôt, la peur prit le dessus et je me sentais nauséeuse.
    Je tentai de me calmer en appelant un autre souvenir.
    Celui des danses et courses folles dans les tapis moelleux de feuilles mortes. Elles volaient en pluie d’or et retombaient sur mon visage et entre mes doigts en mille brisures picotantes et chatouillantes…
    J’en eus des frissons et une série d’éternuements me firent sursauter.
    Une main lourde s’abattit à nouveau sur mon épaule et des doigts vigoureux me pincèrent. Oh, juste un peu, mais j’avais compris. C’était du sérieux….
    Pour lutter contre la panique qui grandissait, je fis une dernière tentative sensorielle : réunir en un album virtuel, les plus beaux paysages qui m’avaient émerveillée.
    Et l’apaisement me vint. Comme par enchantement.

    Ma respiration devint calme et profonde.
    J’étais sur le point de me dire que jamais, je ne m’étais sentie aussi sereine, aussi apaisée.
    Mais c’était sans compter sur l’inconfort de cette chaise droite sur le siège de laquelle mes muscles commençaient à s’endolorir.

    Que me restait-il donc pour tenir le coup ? Avec mes cinq sens, j’avais fait le tour de mes émotions. Que me restait-il ? L’intuition, peut-être ?

    L’intuition que ce n’était pas un acte qui se révélerait criminel.
    L’intuition que ce n’était somme tout qu’un mauvais moment à passer…
    L’intuition que c’était peut-être dans un tout autre registre que je devais trouver la clé de cette énigme qui m’était tombée dessus, comme ça, un soir d’automne ensoleillé comme un été indien.

    Mon intuition appela mon imagination et elles créèrent des scénarios foutraques. Mais aucun ne tenait la route. Un comble, vu que j’étais aveugle, assise et immobilisée sur une chaise !

    C’est alors que j’entendis des chuchotis, des froufroutements…
    Je me raidis, imaginant encore cette lourde main qui allait s’abattre sur mon épaule.
    Mais rien ne se passa comme ça…

    Je perçus un souffle léger puis une odeur d’humus et de musc. Deux doigts s’emparèrent de mon menton et me forcèrent à ouvrir la bouche.
    Un léger coup sous le menton me la referma et alors… ce fut l’explosion.

    L’explosion des saveurs ! La truffe, le diamant noir, le trésor de l’automne !

    Sans que je m’y attende, le bandeau fut arraché et je vis une tablée magnifique avec tous mes amis et amies qui hurlèrent : « Joyeux anniversaire Lawtown ! »

    © Clémence.

  5. Fanny Dumond dit :

    On m’a toujours nommé l’automne. Je mène ma vie, entre l’été et l’hiver, comme elle me plaît. Mais, si je m’ensoleille un peu, on m’appelle l’été indien. Vous n’imaginez pas comme je suis triste et enjoué à la fois. Selon madame de Staël, je suis la saison des décadences. Pour qui se prenait-elle celle-ci ? Moi, je l’affirme haut et fort : je suis celle de l’humour et de la sagesse.

    Printemps, le fougueux, gorge les arbres de sève. Puis Été, le plan-plan, déploie les frondaisons pour donner une ombre fraîche aux promeneurs solitaires, aux amoureux qui se bécotent sur les bancs publics et aux petits vieux somnolant dans leur transat. Ensuite, tel un Indien, je les scalpe au plus fort de leur splendeur que les peintres et les photographes ont immortalisée. Les jardiniers les ratissent, mais quand un petit hoquet me prend ils n’ont plus qu’à tout recommencer. Que je vous raconte encore : moi, toujours malicieux, pendant quelques jours je réveille Été et c’est ainsi que promeneurs, amoureux et petits vieux se retrouvent en bras de chemise et, huit jours plus tard, à engorger les salles d’attente des médecins. Quand j’en ai terminé de mes blagounettes, je cède ma place à Hiver, l’endormi, qui laisse les arbres squelettiques.

    Moralité : « en demi-saison, garde ton blouson »

  6. danielle78 dit :

    On m’a toujours nommé Automne. Je mène ma vie entre l’hiver et l’été, comme il me plaît. Mais si je m’ensoleille un peu, on m’appelle l’été indien. Vous n’imaginez pas comme ça me met en rogne, ça rouille tous mes circuits.
    Est-ce qu’on aurait idée d’affubler l’hiver lorsqu’il se permet d’offrir de douces journées d’été arctique ? Ou le printemps pluvieux, d’été mousson ? Quelle injustice de faire de l’été la référence. Vous n’aurez pleut-être ( !) plus de larmes pour pleurer quand votre été sera celui de l’équateur…
    Toutes ces comparaisons déplaisantes, toutes ces volontés de classer chacun dans des cases hermétiques, ça me fait sortir de mes couleurs. Parce que ça, pour nous les saisons, la couleur c’est notre vraie identité. La lumière aussi. Nous avons chacune une relation singulière avec le soleil. Et c’est très bien ainsi. Chacune notre personnalité, chacune notre place comme dans une vraie société diverse, complémentaire et unie pour faire un An.
    Moi, par exemple, je ne suis pas fait d’un bloc. Je suis complexe comme tout à chacun. Ma vie est éphémère certes : trois mois comme mes congénères, et je ne suis pas d’humeur égale chaque jour, chaque semaine. J’ai des hauts et des bas, des moments de joies et de tristesse, des moments de grande activité et des rêveries surprenantes. Des moments de colère et de grande empathie. Comme vous.
    Alors arrêtez de me dire que je dois changer de nom au fil de ma vie comme si le mien ne suffisait pas à me nommer. Pourtant Automne, c’est déjà un peu original : un m et un n accolés, c’est pas courant.
    Je vous apporte des couleurs insensées, des délices de champignons, de noix, de marrons aux saveurs délicieuses, des paysages brumeux qui stimulent l’imagination, quelques vents et pluies qui vous rafraîchissent les idées, Je suis aussi à vos côtés pour les premières soirées douillettes sous le plaid ou près du feu dans la cheminée. Je flatte aussi d’autres sens : quand vous marchez dans un sous bois, ou quand vous repensez à l’odeur de la salle de classe de votre enfance. N’oubliez pas que je suis l’image des vendanges et la promesse de toutes les rencontres que vous scellerez autour d’un verre de l’amitié. Je vous accompagne aussi dans un moment de mémoire, de témoignage de reconnaissance pour tous ceux qui vous ont précédés et qui sont encore, bien que disparus, dans votre cœur.
    Je suis la saison de l’espoir puisque je vous conduis jusqu’au solstice d’hiver qui voit mon décès et vous annonce un nouveau cycle.
    Alors, de grâce, appelez-moi AUTOMNE quelle que soit mon humeur !.

  7. Nouchka dit :

    “On m’a toujours nommé l’automne. Je mène ma vie, entre l’hiver et l’été, comme elle me plaît. Mais, si je m’ensoleille un peu, on m’appelle l’été indien. Vous n’imagez pas comme…”

    … je suis déçu de me voir qualifier ainsi. A chaque saison sa définition ; et les périodes de transition de l’une à l’autre ne nécessitent pas l’injure de s’entendre dénommer du nom d’une autre. D’ailleurs, je suis bien la seule à être ainsi bafouée et des clichés comme : « Eté de la Saint Martin », me stigmatisent. Personne ne parle d’hiver automnal, ni d’été en bourgeon !
    J’aime la saison que j’incarne.
    J’aime ressentir les feuilles changer de couleur et de texture. Elles illuminent trottoirs les allées forestières de cette palette de tons chauds, du jaune pâle au rouge carmin, voire au brun sombre.
    J’aime les parfums des sous-bois humides où foisonnent champignons et fruits à coque. J’aime le craquement des feuilles sèches sous les pieds des passants. Certains, comme Baudelaire ou Verlaine, m’ont associé à la tristesse, la mélancolie, voire la mort. Il n’en est rien. Je suis la saison des récoltes de céréales, des fruits, pommes et poires, des vendanges, des fruits à coque, amandes, noisettes et châtaignes.
    La pluie, souvent très attendue nourrit la terre desséchée par le soleil d’été. Dès que les températures baissent, chacun est heureux de se rapprocher de son voisin, de lui tenir le bras pour partager cette douce nouvelle fraîcheur du climat.
    Dans les maisons, les cheminées s’allument à la soirée, heureuses de griller les marrons et d’offrir tous ces parfums et saveurs du bois qui crépite dans l’âtre, de la fumée odorante des bûches et des fruits secs roussis.
    C’est la saison du repli dans les bras de l’autre, celle du bien-être chez soi, de la douceur et de la paix lors des promenades.
    C’est aussi la saison d’un certain renouveau. En effet, associée à la nouvelle année scolaire, c’est en automne que chacun fait des choix, prend ses résolutions pour la période qui s’ouvre. C’est la saison des projets à moyen et long terme; des projets qualitatifs de nature diverse en fonction des goûts des uns et des autres.

    Le jour diminue pour le plaisir de rester sous la lampe à lire, écrire ou écouter la musique qui touche les âmes.
    J’aimerais entendre chacun chuchoter, chanter, crier : Vive l’automne !!

  8. oholibama dit :

    On m’a toujours nommé l’automne . Je mène ma vie entre l’hiver et l’été, comme elle me plaît. Mais, si je m’ensoleille un peu, on m’appelle l’été indien. Vous n’imaginez pas comme cela me perturbe…avant mes effets sur dame nature étaient clairs, parfois rigides .

    J’ empiétai un peu sur l’hiver avec mes sautes d’humeur.Mes vents étaient violents, mes pluies abondantes et glaciales présage d’un bon hiver en devenir…Mais les hommes le savaient, ils discutaient entres eux et fulminaient parfois puis se reprenaient disant

    : » Bah de la pluie il en faut et c’est bien mieux qu’elle tombe maintenant qu’en été pas d’accord avec ça vous? » Et ça repartait pour une discussion légèrement houleuse mais franchouillarde.
    Les gens se prenaient pas la tête, ils prenaient ce qui venait point.

    Mes colères je l’avoue me donnait bien souvent un mauvais rôle dans les saisons…L’homme de l’hiver n’était pas content lorsque je laissais mes grosses colères prendre le pas sur son domaine. Il tempêtait mais que voulez-vous, c’était déjà passé alors…

    L’été me semblait être le plus difficile à géré, lui il empiétait réellement sur ma saison me laissant bien souvent avec des éclats de colères des gens et cela ne m’amusait pas. Je suis du genre tempérant, mes souhait pour un bel automne sont ceux-ci: » Voir les arbres se courbaient, tristes car ils perdent leurs atours sous les assauts de mes vents.

    De voir l’herbe si tendre perdre sa douce couleur ,vibrante, nourrissante. De comprendre et de voir ces vols d’oiseaux se massant sur les fils téléphoniques et partirent une fois au complet… de voir les volets qui se ferme car le soir tombe plus vite, les gens s’enfermant dans leur maison douillette.

    Au petit matin de percevoir la tristesse du monde, emmitouflée dans des manteaux à peine chaud…d’entendre ces petits cris d’animaux en détresse n’ayant pas eu le temps d’engranger la nourriture nécessaire pour bien survivre à cet hiver qui approche…

    Alors quand l’été s’était fait froid, pluvieux, décevant nuageux je savais que j’allais en prendre pour mon grade. Quoi! Suis-je responsable de tout ce qui se trame dans les saisons? Eh bien non! Ne vous en déplaise Messieurs, dames et Enfants du monde, je ne suis qu’un maillon d’une chaîne qui lentement se défait, est ce ma faute? Non, moi je ne suis qu’une saison.

    Je sais, je sais, vous aimez tant lorsque je me fait doux vous permettant des farnientes , des moments de douceurs, des soirées entre amis, mangeant les viandes et salades dehors, riant ,laissant les petits jouant et profitant de la douceur de la nuit.De vous levez le matin et de percevoir le soleil vous donne le sourire…mais je n’y suis pour rien…cela provient d’un dérèglement et ce n’est pas normal…ne le comprenez-vous pas?

    Sachez-le petits ingrats que vous êtes…on y peut rien, nos saisons sont un peu comme vos caractères hum ! Riez, riez -donc mais c’est tellement vrai. Aujourd’hui, je suis présent. L’été à lâchait son tour…Le soleil c’est fait brûlant n’est ce pas et vous appréciez que moi l’automne je vous accorde ces précieux moments….J’en suis fort aise comme le disait si bien Monsieur de la Fontaine.

    Mon temps sera court, donc mon petit conseil du jour…profitez malgré la pluie, je suis doux mais…Maître Hiver comment sera t’il lui? Mystère!
    y.l.

  9. Blackrain dit :

    Vous n’imaginez pas comme je m’éteins quand je ne m’ensoleille plus. Alors je m’ensommeille. L’eau tonne et je me sens “plus vieux”. Je n’en finis plus de pleurer à mesure que je suis apeuré par la baisse du jour. Je m’éveille plus tard et je m’endors plus tôt. L’humide se poisse et s’empare de brumaire pour griser ma mélancolie. Les oiseaux changent de continents, “mêlant colis” de nouveaux nés aux contes pour enfants. Les fourmis, dont les “chants, pignons” de la forêt, pleurotent comme moi, sont “mi gratteurs”, mi bâtisseurs. Elles dégustent cette nature qui se décompose. Lorsqu’elles ont froid, ces fourmis crohondent. Très zélées pour se reproduire, elles deviennent volantes et vibre avant que leur libido ne s’endorme durant l’hiver. Aujourd’hui les rhizomes rient jaune alors que c’était le riz hier. Ils ont les pieds gelés et s’enfoncent dans la terre. Pour la flore et la faune, c’est la dormance. Les feuilles mortes se ramassent à l’appel de la froidure qui les prive de nourriture. Les fruits se tiennent dans un coing en attendant la récolte. Je leur souffle dessus pour les faire tomber. Craignant les châtaignes de ma grêle, les viticulteurs se font devins. Face au “vent danger” de ma bise froide, ils devancent vendémiaire pour vendanger, et ainsi ne point vendre à perte et se retrouver marron. Ils préféraient la brise chaude de l’Eté. Mais voilà que mon autre sœur, Hiver, s’approche pour prendre ma place. Elle me caresse les pôles de ses mains glacées. Elle avoine mes derniers jours de ses flocons neigeux qui emplissent mon flacon d’un parfum d’au revoir. Mais ce n’est que partie remise, je reviendrai l’année prochaine. « Dis l’Hiver, tu donneras bien le bonjour au Printemps. Il me manque, je ne le vois jamais ».

  10. Jean-Pierre dit :

    On m’a toujours nommé l’automne. Je mène ma vie, entre l’hiver et l’été, comme elle me plaît. Mais, si je m’ensoleille un peu, on m’appelle l’été indien.

    Vous n’imagez pas comme le mot « indien » me rappelle Annie Cordy dans une opérette qui s’intitule : « Un indien vaut mieux que deux tu l’auras ».

    Essayez de placer : « l’été deux tu l’auras » dans la conversation, et vous verrez.
    Au mieux, on vous regardera d’un air apitoyé.
    Au pire, on rebondira sur « tu l’auras » et on précisera où, avec un fort risque d’insultes par la suite.

    Dans tous les cas, ça jettera un froid.
    Une petite contribution à la lutte contre le réchauffement climatique, penserez-vous.

    Que nenni !
    En tant qu’automne, je ne suis pas du tout d’accord.

    À mon humble avis, il me semble que le réchauffement de la planète est dû à un manque de chaleur dans les relations humaines qui me rappelle l’arrivée inexorable du froid de l’hiver.
    Et cette chaleur, aucun radiateur, aucun réchauffement de la planète ne pourra l’apporter à qui que ce soit.

    Quant à moi, en tant que saison, je sais que ma vie est courte, mais j’ai un gros avantage sur vous les humains : je sais que je reviendrai au bon moment, celui où on raconte les souvenirs de vacances… sans être obligé de m’emmerder à travailler pendant onze mois pour gagner ma croûte (terrestre).

    À l’année prochaine braves gens !

  11. MF Morel dit :

    On m’a toujours nommé l’automne. Je mène ma vie, entre l’hiver et l’été, comme elle me plaît. Mais, si je m’ensoleille un peu, on m’appelle l’été indien.
    Vous n’imaginez pas comme c’est bon de s’ensoleiller et d’offrir aux arbres, à leurs feuilles et leurs branches cette somptueuse parure qui les couvre d’or, d’argent, et de cuivre, transformant tout à coup la nature en écrin précieux pour enchanter les dernières belles journées avant l’hiver.
    Vous n’imaginez pas comme c’est bon de lancer ainsi ces derniers feux, ces dernières douces chaleurs, repos bienvenu après la canicule estivale, avant les froidures hivernales.
    Vous n’imaginez pas comme c’est gratifiant d’offrir à l’humanité dans la crainte de l’hiver, une consolation ensoleillée faite de vives couleurs, pour abriter ses rêves et les illuminer de douceurs printanières.

    Si ? vous l’imaginez ? vous vous sentez capable d’en parler, de l’écrire ? alors c’est que vous êtes poète, comme Hugo, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Apollinaire et tant d’autres….

    “Colchiques dans les prés fleurissent, fleurissent
    Colchiques dans les prés, c’est la fin de l’été.
    La feuille d’automne emportée par le vent
    En ronde monotone tombe en tourbillonnant. ”

    Tenez, je vous l’offre cette feuille, et je la pare d’or afin de vous porter chance.

  12. Orchidée Douc'Ange dit :

    Vous n’imaginez pas comme ma joie est profonde de me glisser dans l’enveloppe de mes camarades.
    Se parer d’un manteau inconnu, flirter avec des sensations nouvelles.
    Mes feuilles bronzent, minaudent et se tordent de plaisir sous la caresse du soleil.
    Prairies verdoyantes, hautes herbes ondulantes, une caresse est le museau des vaches croquant mon herbe. Toisons douces et odorantes, je me vautre, de ces troupeaux de moutons. Farandole des hirondelles, chatouillant de leurs ailes, mon ciel émerveillé de les apercevoir, enfin. Gouteux et savoureux mûrons, noir et juteux je me délecte. Bercé de ces cloches d’alpage au son glorieux, résonnent et vibrent au loin. Je m’enivre de cette chaleur brûlante, aux crépitements d’une forêt active. Ivresse de se rouler dans les blés, au rythme d’un balancement synchronisé. Malice oblige, piaffer sous la cascade, éclaboussures, je me couvre, gerbes scintillantes et perlées. Un univers, où point n’est courbées mon branchage sous l’orage. Au socle de la charrue, point n’est retourné mon sol. Silence est d’or, où dort la quiétude, biches, chevreuils, lièvres, loin de la traque des chasseurs.
    Au pauvre de moi !!!! l’orchestre des couleurs chatoyantes, robe du brouillard, soprano du vent, déposent mélancolie à l’essence de mon existence. Je me languis de pleuviner une pluie arrosant. Bien mal en n’a pris de fanfaronner. Mes bois craquent d’excès de zèle. Soif, faim, d’enfiler à nouveau, gants de poésie, pinceaux de création, gouache de fantaisie. Tableau automnal, témoignage de ces joyaux, fleurer la magie de cette saison. Eté indien, volé pour un temps, tant d’émotions, autant de talent, d’une nature discrète, en mouvance permanente.

  13. françoise dit :

    Mais non ce n’est pas entre l’hiver et l’été mais entre l’été et l’hiver.
    J’ai d’autres définitions :
    -: astronomique (depuis l’équinoxe d’automne jusqu’au solstice d’hiver),
    – météorologique (qu’on appelle en Europe l’été de la Saint-Martin (fêté le 11 novembre) ,
    – calendaire (dont les dates varient selon que l’on est dans l’hémisphère nord ou dans l’hémisphère sud.
    Si vous êtes intéressés par ce sujet allez sur google tapez « climatologue » et voilà ce que vous y lirez :
    « Le climatologue est un professionnel qui étudie les climats et les phénomènes climatiques. Son étude concerne le climat du passé et actuel mais aussi celui du futur, parfois au-delà d’un siècle. Son objectif est de mieux comprendre l’évolution du climat et l’impact d’un éventuel changement climatique sur notre planète. ».
    Vous pourriez aussi en profiter pour parfaire vos connaissances si bien sûr cela vous semblait intéressant, en tapant, équinoxe, solstice d’été, d’hiver…
    Sur google j’ai relevé aussi quelques jolies citations sur « l’automne » qui m’ont fait plaisir et que je vais essayer d’apprendre par cœur :
    – Printemps, été, automne, hiver… Inlassablement le cycle recommence. Les feuilles tombent, puis renaissent pour donner leurs fruits..
    – “Ce qu’il y a parfois de beau avec l’automne, c’est lorsque le matin se lève après une semaine de pluie, de vent et brouillard et que tout l’espace, brutalement, semble se gorger de soleil.”
    -“Les nouvelles sont comme les feuilles d’automne. Le vent qui les porte les malmène.”
    -(un peu mélancolique Christian Bobin)
    -Je finirai avec George Sand “L’automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagio de l’hiver en écoutant « sonate d’automne ».
    « Et vous n’écoutez pas les pessimistes qui disent qu’avec le réchauffement climatique il n’y aura plus de saison.
    Je vous quitte car l’hiver me saute sur les épaules…

  14. Françoise - Gare du Nord dit :

    On m’a toujours nommé l’automne. Je mène ma vie, entre l’hiver et l’été, comme elle me plaît. Mais, si je m’ensoleille un peu, on m’appelle l’été indien. Pourtant vous n’imaginez pas comme il m’est pénible de traîner cette réputation de tristesse, de grisaille déprimante, de triste mine. J’ai même été accusé d’avoir une tête de rentrée scolaire et d’avis d’imposition.

    Ses congénères, au nombre de trois, étaient las de ses jérémiades
    « Que dirait-il », ronchonne H. « s’il était, comme moi, qualifié de froid, voire de glacial, comme si j’étais dénué de sentiments et d’émotions ; alors que si je manifeste un peu de fantaisie, on m’appelle “ le givré ”. Et cette blancheur cadavérique. Comme j’envie ces chaudes couleurs et tous les portraits que les peintres en ont fait! »
    « Comment ose-t-il se plaindre » surenchérit P. « Supporterait-il cette montée en moi de la sève qui me donne des boutons. Je suis blâmé pour mon manque de ponctualité : où j’arrive trop tôt ou trop tard, pour ma jeunesse. Moi je convoite sa maturité et le sérieux avec lequel il est considéré »
    « Quant à moi », conclut E, « je suis qualifiée de chaude, de torride et si, en revanche, je suis trop humide, on me traite de “pourri ”. Je me suis vue surnommée, par des racistes probablement, de “ bronzée”. Moi, je jalouse sa pâleur, son sang froid et combien de gens me maudissent et le regrettent lorsque ma température avoisine les 40°. »
    Insatisfaits de leur sort, ils cherchèrent ensemble une autre voix dans la sculpture, la musique, la peinture et le cinéma. Mais les places étaient déjà prises.
    Ils trouvèrent enfin la plénitude et connurent une renommée mondiale dans la cuisine transalpine, se faisant connaître sous le nom de « La quatre saisons », création du restaurant italien « La casa di Pasquale », du nom du pizzaïolo de réputation départementale (Gironde – Code INSEE 33 – Préfecture Bordeaux) basé dans l’aimable et souriante commune de Béguey.

  15. Nadine Berthereau dit :

    On m’a toujours nommé l’automne. Je mène ma vie, entre l’hiver et l’été, comme elle me plaît. Mais, si je m’ensoleille un peu, on m’appelle l’été indien. Vous n’imaginez pas comme…

    la chanson de Joe Dassin me colle à la peau : on ira où tu voudras, quand tu voudras et on s’aimera encore lorsque l’amour sera mort…
    Quelle voix égrenait ces paroles !…
    Mais l’été indien n’existe que dans le Nord de l’Amérique et on aime tellement l’Amérique que l’on n’hésite pas à importer ses saisons même éphémères ! On a aussi droit à Halloween, fête automnale s’il en est mais quand même assez éloignée de nos traditions. Bref, l’automne est devenu la saison américaine.
    Autrefois, on disait de moi l’arrière-saison, en pensant toujours à l’été. Saint Martin s’en mêle aussi puisque l’on m’associe à lui en novembre – c’est vrai que je produis en ce mois-là un soleil jaune magnifique, d’une lumière exceptionnelle. Il semble donc difficile de m’appeler par mon vrai nom : automne

    Pourtant, je suis mi-figue, mi-raisin.
    Mais, je suis aussi la saison des morts, du dépouillement, de l’enfouissement. C’est vrai, je ne suis pas folichon et c’est sans doute pourquoi on m’affuble des restes d’été pour me supporter.
    Pourtant, Jean Ferrat, lui, me nommait comme il faut. Souvenez-vous de sa chanson La Montagne
    « Pourtant que la montagne, est belle
    Comment peut-on s’imaginer
    En voyant un vol d’hirondelles
    Que l’automne vient d’arriver »

    Et Georges, oui Georges Brassens m’a si bien célébré dans le joli poème de Verlaine, Chanson d’automne
    « Les sanglots longs
    Des violons
    De l’automne
    Blessent mon cœur
    D’une langueur
    Monotone

    Tout suffoquant
    Et blême, quand
    Sonne l’heure
    Je me souviens
    Des jours anciens
    Et je pleure

    Et je m’en vais
    Au vent mauvais
    Qui m’emporte
    Deçà, delà,
    Pareil à la
    Feuille morte.

    Tout ça me perturbe et je n’y me retrouve plus, surtout depuis que Joe est mort.

    Répondre
    Daniele Berlioz-Arthaud 2 octobre 2019 à 15 h 10 min (Modifier)
    Eté Indien

    Quand l’été indien nous sourit
    avant que l’hiver nous harcèle
    le ciel, encore bleu, s’ensoleille
    et la pluie nous oublie
    On se croirait au paradis
    Mais la fin de l’été gémit
    la lumière cligne sur la nuit
    sur les instants de nostalgie
    craquelle la peau de la fin d’un monde
    Dort et s’envole le rêve
    jusqu’aux printemps
    et s’éveille aux premiers soleils

    Lecrilibriste

  16. Fabien Henocque dit :

    On m’a toujours nommé l’automne. Je mène ma vie, entre l’hiver et l’été, comme elle me plaît. Mais, si je m’ensoleille un peu, on m’appelle l’été indien. Vous n’imaginez pas comme c’est pesant d’être comparé à l’été. Si je suis fidèle à moi-même, c’est l’automne, en revanche si je me trouve de bonne humeur, et que je laisse le soleil briller, que je cherche à réchauffer un peu les cœurs, alors là oui, « l’été indien ». On ne peut pas dire « un bel automne ». Il faut forcement comparer avec l’été. Parce que l’été c’est beau, l’été c’est sympa.
    C’est pesant d’être la saison la moins aimée des gens. Bien sûr, il est plus facile d’aller se pavaner sur la plage en petite tenue, de parler avec enthousiasme des « longues soirées d’été », de mettre de mettre ses photos sur les réseaux sociaux du ciel bleu, du sable fin ou de son bronzage. C’est tellement facile. L’été, la saison préférée des médiocres. N’y voyez pas ici de la jalousie, oh non ! Moi, jaloux de ce grand nigaud qu’est l’été ? Laissez-moi rire ! Je ne l’envie pas, être entouré de prétentieux, des personnes superficielles !
    Je suis fier de mes admirateurs. Ils sont certes peu nombreux. Mais comme on dit proverbe, il vaut mieux la qualité que la quantité. Ceux qui préfèrent l’automne sont des romantiques, des poètes, des artistes. C’est la saison des mélancoliques, des penseurs, des amoureux.
    Honnêtement, qui n’a jamais été ému devant le rougissement des feuilles ? Cette symphonie de couleurs ? Jaune, orange, rouge, les couleurs qui se mélangent pour former un ensemble unique ? Les marronniers donnent ses fruits dans la cour d’école. On rallume le chauffage, on commence à s’emmitoufler dans sa couette, on passe des après – midi pensifs, à la fenêtre à regarder la pluie qui tombe.
    Je suis l’homme face au miroir. Grâce à moi, l’homme réfléchit sur lui- même. Il réfléchit sur son destin. Sans moi l’homme se serait ramolli sous le soleil, ou se serai laisserai ensevelir sous la froideur de l’hiver. Ah l’hiver ! Un autre spécimen lui aussi. Il a bien caché son jeu, sous son air jovial fait de chocolat chaud et fêtes de fin d’année ! Il a eu de la chance, le lascar. Grâce à une religion qui s’est implanté un peu partout dans le monde, les personnes associent l’hiver à une fête de famille ! Voyez-les, ces hommes lorsque viennent l’hiver, à décorer les rues, décorer leurs maisons ! Que les hommes aient la mémoire courte ! Ont-ils oublié que l’hiver était synonyme de maladie, de décès, de famine et de misère ?
    Enfin, laissons là les comparaisons inutiles. Je ne veux pas être la saison aigrie. Je connais mes forces, je suis un artiste après tout. C’est moi qui donne les couleurs aux arbres. Un peu comme le printemps. Je l’aime bien le printemps. C’est un artiste comme moi. Il peint les arbres, il met des couleurs. Nous avons un style tout à fait différent, mais on se ressemble. J’aime ses traits d’humeurs. Ça le rend plus humain. Les giboulées de Mars, en avril « ne te découvre pas d’un fil », malgré sa relative bonne humeur général, il ne faut pas l’embêter ce monsieur !
    Après tout chaque homme a sa préférence. Je ne suis personne pour juger. Une simple saison. Un vieil ami que l’on retrouve chaque année. La seule chose que je demande, c’est un sourire, un « bienvenue ». J’ai trop souvent été reçu par regret, par obligation, « ça y est l’été est bien fini… » Et si on m’appréciait à ma juste valeur, si on pouvait dire enfin « ça y est, voilà l’automne ! »
    Au final, si les personnes avaient un peu plus de poésie…

  17. Nadine de Bernardy dit :

    ” On m’a toujours nommé l’automne.Je mène une vie entre hiver et été ,comme elle me plaît, mais si je m’ensoleille un peu, on m’appelle l’été indien.Vous n’imaginez pas comme…
    – S’il vous plait monsieur Automne
    – Oui?
    – Tout d’abord un petit coup de gueule.Vous ne devez pas accepter qu’un simple rayon de soleil vous fasse appeller été indien alors qu’en français de France, nous avons un terme pour cela:l’été de la saint Martin .Peut être dans certaines régions reste-t- il quelques Indiens, au fin fond de vignobles de grande réputation, -mais en général, nous n’en avons guère connu dans le reste du pays.
    Ceci dit, je suis d’accord, vous avez raison cette vie entre été fleurant l’ambre solaire, les gaz d’échappement autoroutiers et l’hiver aux arbres noirs avec ciel gris, c’est la gloire. Vous, soleil ou pas, vous flamboyez, éblouissez, émerveillez de ces teintes chatoyantes vantées par des milliers d’admirateurs.
    Vous êtes le symbole multicolore d’un déclin annoncé, les derniers feux avant l’assoupissement hivernal.
    Mais excusez moi cher monsieur, dans mon irrépressible envie de m’exprimer, je vous ai coupé la parole.
    Vous disiez donc:
    vous n’imaginez pas comme…

  18. CONSEILS
    Pour réussir le casting de l’automne

    ETRE PONCTUEL
    L’équinoxe n’attend pas le solstice

    VENIR AVEC SES FEUILLES VOLANTES
    Choisir des couleurs qui hantent: exemple, éclatantes, flamboyantes, tournoyantes

    AVOIR LA PÊCHE
    Mais aussi le champignon et le raisin, les noix-chataignes et les citrouilles

    AVOIR LE TEINT FRAIS
    Tisane de brume et pilules de pluie avant le sommeil couchant

    ET UNE JOLIE SILHOUETTE
    Branches galbées à force de contorsion

    METTRE UNE TENUE ADAPTEE
    Avant le grand strip-tease hivernal

    PENSER A REMERCIER
    Et à dire au revoir

  19. BORELLO Annick dit :

    vous n’imaginez pas comme il est particulier de se situer entre deux rives. Curieux, oui , mais aussi enivrant, époustouflant. c’est ce pourquoi je suis. Et je suis bien ainsi.

    En fait, je peux vous dire que si j’étais un sentiment je serai entre le feu et la tendresse grâce à mes couleurs, jaunes et vertes. Entre le froid et le chaud, j’hésite car je ne sais pas toujours exprimer mes ressentis. parfois je possède la chaleur d’une fin d’été et d’autres jours j’exprime ma présence avec des frissons plutôt saisissants. Je cousine avec l’été et mon héritier c’est l’hiver. Je ne vis aucun enfer malgré tous mes contrastes car ils se créent avec douceur et même une pointe de mélancolie. On m’appelle « Automne ».

    Mon prénom vous plaît ?

    A moi, il me ravit. Il me va si bien. Je suis un peu présomptueuse mais on dit que je suis belle, alors, coquette, je me pare de mille feux. Parfois le vert de mes feuilles s’en va doucement comme un chagrin d’amour mais c’est pour me rappeler que jamais rien ne finit totalement et que tout recommence. Ma cousine l’été m’a fait promettre de rester digne jusqu’à la naissance de mon successeur l’hiver .

    – Si tu t’éteins avec dignité, l’hiver ne pourra que te regretter et faire le maximum pour se tenir sans trop tout malmener.

    C’est ainsi que doucement, en attendant le moment de ma disparition, je m’occupe de mille façons en donnant à la nature, mes ordres car, il n’y a rien qui ne m’échappe. tout doit être parfait. La toile que je peins ne demande aucune erreur. Je délègue et me repais à sentir les bogues qui tombent des arbres et ravissent les promeneurs sur les sentiers. Et puis, des enfants qui cueillent les feuilles jaunies ou rougies pour en faire de petites robes végétales dans les cours de recréation quand les platanes se meurent, ou bien de la caresse régulière du vent quand il décide de souffler pour venir sympathiser avec les hommes. Je suis alors la plus heureuse. Une communion se crée pour magnifier la vie.

    Souvent de petites pluies viennent réhydrater la terre et les végétaux me disent  » merci ». Je leur répond, « de rien », la prochaine fois je serai peut-être plus véhémente et je ricane un peu. C’est ma façon d’exister et d’aimer les humains. Je m’efforce de ne pas m’attacher, pas de sentiments trop forts car les choses meurent malgré moi quand j’arrive à bout de course. Je suis obligée de préparer l’arrivée de mon héritier « Monsieur Hiver » et de faire mourir ce qui à donner du plaisir. Simplement je pactise avec lui afin qu’il me promette de donner du plaisir lui aussi avec sa neige, son froid qu’il aiguise, pour que rentrent au chaud les hommes et qu’ils apprécient la douceur d’un foyer.

    En fait, si je suis entre deux rives comme entre deux saisons, je suis l’amie de tous et les regrets que je laisse ont l’odeur du bois mouillé et de la feuille séchée. Cependant si je nais tous les 23 septembre je ne meurs véritablement, jamais, puisque chacun me porte dans son coeur. Je suis l’entre-deux, sorte de contrat entre l’humanité et la nature, celui qui a un goût d’éternité.
    .

  20. Souris - Verte dit :

    L’automne.
    Je suis ici ce qu’on appelle une demi-saison.
    Celle des mi-figue mi-raisin.
    L’été boréal au Nord
    L’hiver austral au Sud.
    Ici, je suis l’automne. Point !
    Tout est déjà cueilli et mis à l’abri.
    Un moment de calme où je repose la nature.
    Certains arbres rutilent encore d’écus d’or
    Alors que d’autres pleurent des feuilles de sang.
    L’été indien souffle des fumettes de brouillard, le soleil qui se cache dernière une colline sort les flèches de son carquois beaucoup plus tard pour les ranger de plus en plus tôt.
    Frimaire par ses frimas matinaux annonce Nivôse et son manteau de neige.
    L’automne a déjà bien la tête près du bonnet.

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