468e exercice d’écriture créative créé par Pascal Perrat

L’épidémie se déclara porte de Clignancourt, à Paris. Bientôt,, tout le monde cligna des yeux, comme sous un soleil trop vif, mais il faisait nuit. Puis, tous les feux de signalisation clignotèrent aussi..

Cette idée est née dans une cuisine

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Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Une émulation pour tenir en en éveil son pouvoir d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

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31 réponses

  1. Sonia BDE dit :

    L’épidémie se déclara porte de Clignancourt, à Paris. Bientôt, tout le monde cligna des yeux, comme sous un soleil trop vif, mais il faisait nuit. Puis, tous les feux de signalisation clignotèrent aussi… Je savais au fond de moi depuis bien longtemps que ce moment arriverait. Je pensais y être préparé mais mon sang se glaça, je restais les bras ballants et les yeux écarquillés en entendant un vrombissement sourd, ressentant un poids magnétique provenant d’un objet assombrissant le ciel et l’illuminant en même temps. Depuis mon plus jeune âge, lorsque j’osais parler de ce que j’avais vécu, on me rigolait au nez. Je passais pour un allumé, un enfant au fort potentiel imaginaire et à force, avec le temps j’ai même fini par le croire moi-même. J’ai fini par décidé que mes souvenirs étaient erroné, j’avais donc bien trop d’imagination. Alors oui, j’ai rangé l’information que j’avais reçu le 17 Novembre 1991 et j’ai tout fais pour l’oublier. Mais lorsqu’on m’a dépêché pour écrire un papier sur l’épidémie, une voix intérieure s’est fait entendre : « ça y est, Ils arrivent… »

  2. BEL HADJ Annie dit :

    Beaucoup de générosité dans cette histoire apaisante comme un conte de Noël..

  3. Françoise - Gare du Nord dit :

    L’épidémie se déclara porte de Clignancourt, à Paris. Bientôt, tout le monde cligna des yeux, comme sous un soleil trop vif, mais il faisait nuit. Puis, tous les feux de signalisation clignotèrent aussi, les néons papillotèrent, les lumières des vitrines tremblotèrent, les phares des automobiles cillèrent et même, si l’on écoutait certains, la lune scintillait.

    Les premières investigations évoquèrent une épidémie de chikungunya provoquée probablement par la proximité du Marché aux Puces.

    Craignant prurits et dermites, les plus croyants du quartier se hâtèrent vers la Porte de la Chapelle pour prier et quémander la protection du Tout-Puissant  puis se dirigèrent vers la Porte des Lilas où ils furent momentanément arrêtés par une contagion de rhinite allergique due au pollen ambiant.
    Ce furent ensuite les Portes de Montreuil et de Vincennes – malgré les risques de récidive de chikungunya et autres maladies tropicales dus au Marché aux Puces et au Parc Zoologique tout proches, et enfin la Porte Dorée où ils furent atteints par la mythique fièvre de l’or.
    Pendant ce temps, les athées et les mécréants prirent la fuite pour l’Ouest, traditionnelle terre d’accueil, en évitant la Porte des Poissonniers et ses pestilentielles odeurs.
    Ils trouvèrent un refuge provisoire Porte de Saint-Ouen dans le Service des Maladies infectieuses de l’Hôpital Bichat.

    Le flot sans cesse grossissant des migrants continua son pénible périple périphérique par la Porte de la Muette – pandémie d’extinctions de voix, et la Porte d’Auteuil – fléau de l’addiction aux paris et aux jeux,

    Heureusement, un jour d’août 2044, arrivèrent par la Porte d’Orléans, artère décidément vouée aux libérateurs de la capitale, un valeureux sauveur, le Dr Leclerc et sa célèbre D.B (Décontamination Bactérienne) qui proclama, lorsque toutes les infections furent enfin éradiquées, ce discours demeuré célèbre : « Paris infesté, Paris gangrené, Paris contaminé mais Paris guéri, Paris rétabli, Paris épanoui! »

  4. nadine de Bernardy dit :

    L’épidémie se déclara porte de Clignancourt à Paris. Subitement tout le monde se mit à cligner des yeux comme sous un soleil trop vif, mais il faisait nuit.Puis tous les feux de signalisation clignotèrent eux aussi tels des guirlandes.Nous étions le 24 décembre, par une nuit claire et froide.
    Venant de Simplon et Marcadet Poissonière,une soucoupe volante atterrit sur la place de la mairie du 18èmè en pétaradant,girophare allumé.
    Les badauds ébahis regardaient cet engin et tweetaient frénétiquement pour signaler l’évènement.
    Du vaisseau spatial jaillit une échelle descendue par un vieillard barbu en jean,
    bomber’s, boots rouges, une casquette sur le crâne, guitare en bandoulière, suivi de plusieurs petits hommes juchés sur des Harley Davidson.
     » Hey les amis,dit l’individu en lissant sa barbe blanche,heureux de vous voir si nombreux à nous accueillir.Vous me connaissez bien,je suis le Père Noël du 21èmè siècle et j’ai tout ce dont vous pouvez rêver à l’intérieur.
    Les curieux applaudirent châleureusement,les enfants le dévorant des yeux.Il prit sa guitare et entama un pot pourri rock-échevelé des standards :Mon beau sapin, Jingle bell, Sainte nuit…
    Les gens se mirent à swinguer,danser en couple,certains improvisant des paroles sur ces airs nostalgiques.
    Le héros fut bissé, acclamé, puis porté en triomphe jusqu’à Barbès, Pigalle, Montmartre. Sur le passage du cortège les feux marquaient la cadence,les policiers dansaient avec le public,les prostituées offrirent un sexe service gratuit et la basilique s’illumina de centaines de cierges.
    C’était le plus beau des spectacles qu’on ai jamais vu dans l’arrondissement

  5. françoise dit :

    L’épidémie se déclara porte de Clignancourt, à Paris. Subitement, tout le monde cligna
    des yeux, comme sous un soleil trop vif, mais il faisait nuit… Tous les habitants, très affolés se posèrent mille questions :
    s’agissait-il d’une bactérie , d’un microbe.
    À la suite d’une intervention d’un élu d’opposition du XVIIIè arrondissement le conseil d’état parla de cécité chronique et de surdité absolue des édiles.
    Notre moral était à zéro quand soudain quelqu’un émit soudain l’idée que le nom clignotement avait peut-être été bêtement le premier nom de notre cité transformé ensuite par Clignancourt.Mais quand, pourquoi ?

    Quelque jours plus tard, sous ordre du Ministère de la santé, les habitants furent hospitalisés, subirent une batterie d’examens et avant qu’un traitement approprié ne leur soit prescrit, ils repartirent sur leurs deux jambes, les yeux grand ouverts.
    Malgré de nombreuses études on ne sut jamais pourquoi les gens de Clignancourt – et seulement eux – s’étaient mis soudain à cligner des yeux…..

  6. Maguelonne dit :

    L’épidémie se déclencha porte de Clignancourt à Paris. Bientôt tout le monde cligna des yeux, comme sous un soleil trop vif,mais il faisait nuit

    Dans les devantures des boutiques les automates s’agitaient, les poupons gigotaient, les Barbies n’en finissait plus de se changer, de se maquiller, de se coiffer…Tous les véhicules, police, pompiers, ambulances, poubelles avaient mis leurs gyrophares en marche. Les voitures, de la bonne vieille voiture à pédales à la plus rutilante voiture de course se mirent à courir comme si elles étaient au Mans. Les hélicoptères, les avions volaient avec plus ou moins de succès et se fracassaient sur les murs. Les vélos, les trottinettes, les skates hurlaient «on veut sortir, libérez nous». «On arrive»criaient les super héros «délivrer, c’est notre job».

    Les sirènes se mirent à hurler. Les guirlandes lumineuses qui brillaient de mille feux voulaient étinceler de million de feux. Toutes et tous voulaient faire plus et plus encore. Et surtout faire mieux et épater la galerie. Même les feux de signalisation, atteint par la maladie, se mirent à clignoter aussi!!

    Cette cacophonie et cette pluie de lumière créèrent une atmosphère angoissante qui réveilla les pauvres parisiens qui n’arrivaient même plus à maîtriser leurs paupières. Ils crurent que le ciel allait leur tomber sur la tête. Qui appelait sa mère, qui priait son dieu. De nouveaux dieux eurent même droit à leur avènement.

    C’est alors qu’un coup de tonnerre éclata. Un éclair, brillant comme le diamant traversa le ciel et amena le Père Noël. «Oh, Oh, Oh…» dit il de sa voix bougonne «quel vent de folie souffle ici! Fée Clochette aide moi à calmer ces excités avant que tout explose et gâche les fêtes» Dans un halo lumineux, Fée Clochette sortit de la hotte, agita sa baguette magique. Toutes les lumières s’éteignirent, les sirènes se turent et le calme revint. Un silence puis une exclamation comme un Oh qui n’en finit pas, se murmura de fenêtres en balcons. Le ciel étaient constellé d’étoiles qui scintillaient merveilleusement. Il y avait si longtemps que les parisiens ne savaient plus voir ce si beau spectacle

  7. Etrange énigme, Porte de Clignancourt

    Mais que se passe t-il Porte de Clignancourt ? Subitement, tout le monde s’est mis à cligner des yeux, comme sous un soleil trop vif, alors qu’ il faisait presque nuit… Tous les médias se relaient pour diffuser l’info à vitesse grand V .
    C’est une fake news disent les plus blasés, pas la peine de se déplacer …  Mais la petite Kitty ne l’entend pas de cette oreille. .. Journaliste fraîche émoulue, le regard pétillant, férue de bouquins d’anticipation, elle se fait fort d’éluder cet événement futuriste, bien loin du fait divers et des chiens écrasés où elle est désespérement reléguée et de trouver le fil d’Ariane qui la mènera aux arcanes de la chose. ça fera un sacré scoop et pour le moins la Une du journal . Car ce fait étrange se perpétue et tous les médias sont maintenant sur le pont  ! Mais qui est derrière ? Les réseaux sociaux se déchaînent … Les américains ? Les russes ? Les chinois ? Le djihad ?Elle veut en avoir le cœur net, Kitty ! Elle note tous les éléments sur son carnet.
    Donc cette chose étrange a commencé à 18,30 h … En un clin d’oeil, tous les gens se sont mis à cligner des yeux avec de petits jeux de paupières brefs et rapides. Ce qui a provoqué une certaine émotion dans le coin, car les dames croyaient que les messieurs leur faisaient du gringue pour pimenter leur quotidien et les messieurs croyaient que c’étaient les dames pour alimenter leurs fantasmes … Mais, c’était pénible de cligner de l’oeil comme ça sans arrêt et tout le monde s’est bien vite rendu compte que ce clignement d’oeil répété était général … Ce qui pourrait sembler normal Porte de Clignancourt, mais qui ne s’était pourtant jamais produit…. A 19 heures, ce sont les feux clignotants qui se sont tous mis à clignoter en même temps, si bien qu’on ne savait plus si c’était le rouge, le vert ou l’orange, ce qui a provoqué une sacrée pagaille et quelques carambolages. A 19h 30, les phares des voitures ont commencé eux aussi à clignoter ! Cela faisait un effet assez étrange de lueurs soudaines suivies et ténèbres, et les cosmonautes en voyage sur la lune ont envoyé un message affolé croyant qu’on les appelait en morse depuis la terre  pour rentrer illico ! Mais non, c’était seulement dans la périphérie de la Porte de Clignancourt que cet étrange aventure avait lieu.
    Kitty était depuis le début plantée devant la fameuse porte pour essayer de comprendre l’événement quand elle remarqua dans l’immeuble d’en face une fenêtre qui demeurait tout le temps éclairée, sans clignoter.
    Il y a quelque chose de bizarre par là, se dit-elle en se faufilant à travers la foule clignotante, dans la cacophonie générale. S’approchant de la porte d’entrée, elle entendit deux immenses éclats de rire et s’empressa de sonner à la porte d’où ils parvenaient. Un jeune et beau gars, un crayon sur l’oreille, vint lui ouvrir et lui tourna le dos alors qu’une voix masculine et complice criait « Attends, viens voir ! Je Clignencore ! Allez ! je lance les réverbères ! » Au cri de la foule au dehors et au fou-rire des deux garçons, Kitty sut que les réverbères clignotaient de concert avec le reste. Elle s’approcha et découvrit enfin la supercherie. L’un d’eux, celui qui lui avait ouvert, dessinait des BD et avait écrit cette histoire qui s’étalait en bulles sur sa table de travail , et l’autre, son ami, c’était un hacker de génie, un Einstein en puissance, qui s’était amusé à connecter toute la zone, Dieu seul sait comment, pour donner vie à la BD. Se rendant subitement compte de la présence de Kitty, le hacker soudainement se retourna, cliquant rapidement sur sa souris et curieusement tous les clignotements cessèrent et la vie redevint ce qu’elle avait l’habitude d’être Porte de Clignancourt.
    C’est ainsi que par ce truchement, Kitty devint une grande journaliste d’investigation, la BD du dessinateur un Best Seller ainsi que celles qui suivirent et le hacker de génie fut embauché au secret défense ….. mais Chut !!! Personne n’eut jamais connaissance des raisons de cette drôle d’aventure.

    Lecrilibriste

  8. BODO PHILIPPE dit :

    En courant ? Tout doux… essayons plutôt le trot, au moins pour nous laisser le temps de nous retourner. Quant à Robert, quand nous nous retrouverons, je ne manquerai pas de lui dire.
    Et pour vous, je vous remercie de m’avoir suivi dans ce voyage ( sans vous perdre ).
    A+

  9. BODO PHILIPPE dit :

    L’ère de rien…

    L’épidémie se déclara porte de Clignancourt. Subitement, tout le monde cligna des yeux, comme sous un soleil trop vif, mais il faisait nuit… Puis, les parapluies s’ouvrirent les uns après les autres. Un rassemblement fragile de dômes en tissu multicolore, des rouges, des verts, des gris, des sobres, des ostentatoires avec toute sorte de publicités, venaient subitement de pousser en pleine ville, comme des champignons après la pluie. Pourtant, en plein mois d’août, la sécheresse durait depuis plus d’un mois. Pas une goutte d’eau. Zéro précipitation.
    Midi trente sonna à l’horloge de l’église Sainte-Hélène alors que les lampadaires étaient tous allumés. Dans le ciel, un disque gigantesque, dont les contours se noyaient dans une brume épaisse, avait tout obscurci. Le soleil, en un instant, avait été digéré par cette masse sombre qui n’en finissait pas de s’étendre et qui se rapprochait inéluctablement. Abrités sous leur protection de fortune, les habitants, avec une curiosité irrépressible, s’étaient précipités dans la rue pour observer le phénomène. Une pluie phosphorescente s’abattait dans le silence. Pas de clapotis, pas de ruissellement. Le liquide aux vertus évanescentes s’évaporait avant même de toucher le sol. C’était plus une sensation que la réalité, car comment accepter ce qui n’a pas de consistance. Ceux qui tendirent la main pour tenter de recueillir ces larmes d’argent, ne ressentirent pratiquement rien, tout juste, un discret picotement, en tout cas, pas de quoi s’alarmer.
    Pourtant, les consignes avaient été claires, personne ne devait sortir et encore moins entrer en contact avec cette entité. C’était bien trop dangereux ! Plus risqué que de plonger la main dans une marmite d’eau bouillante. Ils devaient tous rester chez eux, le temps que l’orage magnétique s’éloigne. La mairie de l’arrondissement avait distribué à ses administrés un kit de survie pour les jours à venir. On leur avait conseillé de ne plus utiliser leur ordinateur, de s’éloigner des téléviseurs et de tout ce qui avait des circuits imprimés, et de privilégier le papier et les stylos. L’électronique ne devait pas sortir des maisons. On redoutait le pire. D’ailleurs, l’opinion publique avait été échaudée par ce qui s’était déjà produit dans ce minuscule village d’Ardèche dont tout le monde avait oublié le nom et qui avait disparu après l’incident. Si le nom existait toujours dans les cartes, sur le terrain, à la place, il ne subsistait qu’un trou béant que rien ne pouvait remplir. Un trou de rien. D’imminents spécialistes, des mathématiciens, des physiciens, des géologues, s’étaient penchés sans succès sur ce mystère. Ils n’avaient aucune explication logique en retour et conseillèrent aux autorités d’isoler le site afin qu’il ne s’étende pas.
    Malgré ces précautions, le phénomène se produisait de nouveau à des centaines de kilomètres, à Paris dans le dix-huitième. Personne ne pouvait expliquer pourquoi ici et pas ailleurs ni la raison de cette nouvelle manifestation. Mais cette fois, le problème était plus sérieux, car il ne s’agissait pas d’un village, mais de la capitale de la France. Plusieurs millions de personnes étaient concernées. D’autant plus que les Parisiens, méfiants par nature des gouvernants, refusaient de suivre les recommandations. Ils voulaient se rendre compte par eux-mêmes, affronter la vérité plutôt que de se terrer comme des animaux au fond de leur tanière en attendant qu’on les débusque. Les hommes, les femmes, les vieillards et les enfants, serrés les uns contre les autres dans la rue, faisaient bloc face à cette attaque.
    Bientôt les curieux s’éparpillèrent dans un questionnement silencieux. Pour mieux profiter du spectacle, les parapluies se replièrent et chacun sortit son portable pour filmer, enregistrer, photographier. Lorsque les premières gouttes entrèrent en contact avec la peau, les gens perdirent leurs points de repère. Ils n’avaient plus d’odorat, d’ouïe et leur vue se troubla. A demi aveugles, ils envoyèrent leurs mains en éclaireur. En vain. Tout se dématérialisait. Ils ne pouvaient plus communiquer. Ils étaient coupés du monde. Plus d’interlocuteur vers qui se tourner. La contamination avait commencé. Une connexion s’était établie entre cette entité qui semblait venir du ciel et les portables des protagonistes. Pareille à une bête sournoise, elle s’emparait des corps et des esprits pour les transformer en un brouet insipide qu’elle aspirait à travers un réseau de fibre optique. Les membres d’abord, le corps ensuite, puis le cerveau. Les humains quittaient le monde réel pour basculer dans le monde virtuel. Un nouveau paradigme avait pris le commandement. Il ne laissait plus d’espace pour la matière, il la réinventait, se l’appropriait.
    La contamination était en marche. Les humains, à force de vouloir réinventer un monde où tout serait dématérialisé, avaient fini par perdre le goût de l’existence. Ils n’avaient plus de raison d’être ni de vivre. Un maelstrom béant qui ne cessait d’augmenter les avait pris de vitesse et avait confisqué leur identité. Le trou devint abîme, l’abîme devint abysse.
    D’autres foyers se déclenchèrent en Europe, en Asie, en Amérique, en Afrique. Partout ce mal galopait sans qu’on sache comment le ralentir et encore moins l’arrêter. Un instant le temps se suspendit. Un peu comme si le Créateur hésitait. Puis, il y eut une implosion et tout fut englouti. La planète avait été dématérialisée.
    Fin de l’humanité.

  10. Clémence dit :

    Quatre claquements secs ponctuèrent la fin de cette journée.
    Des éclats de rire fusèrent dans la chambre.
    – Enfin… dit la Blonde sulfureuse !
    – A nous la belle vie, renchérit la petite Brune en tournicotant ses accroche-coeurs.

    Elles s’étaient rencontrées sur un plateau de tournage et très vite, elles étaient devenues la coqueluche de toute l’équipe. Les femmes enviaient leur liberté. Les hommes étaient subjugués par leur sex-appeal. Elles trouvaient cette vie normale, agréable, excitante.
    C’était ainsi.

    Mais un jour, elles furent lassées, des répétitions sans fin, des paillettes, des séances photos, des nuits sans sommeil ou des nuits trop arrosées, des rumeurs, des dérives.
    Et en plantant leurs dents dans un sandwiche – tant pis pour la ligne- et en sirotant un Coca-Cola, elles prirent une grande décision. Tout plaquer et partir. Loin, très loin.

    Paris ferait l’affaire !
    Elles lisaient avec attention tous les prospectus qui leur tombaient sous la main.
    Les noms des quartiers, des Portes, des rues et avenues provoquaient des fous-rire ou des commentaires succulents.
    Dans la plus grande discrétion, elles achetèrent leur billet de transport, réservèrent des chambres dans des hôtels de charme situés au cœur des quartiers qu’elles désiraient visiter.

    Arriva le moment de boucler leurs valises après avoir choisi leurs tenues dont leur robe fétiche : une blanche au bustier échancré et à la jupe plissée et une rouge courte, moulante dont la fente laissait entrevoir un porte-jarretelles.
    Quatre claquements secs. Valises bouclées. Elles pouvaient pousser la porte et partir.

    Etait-ce leur côté fleur bleue qui avait guidé leur choix ? Elles ne purent l’avouer, mais ce qui est certain, c’est qu’elles firent leur entrée dans Paris par la Porte des Lilas.

    Dans la ville lumière, elles firent très vite tourner les têtes. Leurs silhouettes, leur démarche, leur façon de parler, de s’extasier interpellaient les passants. Ils les regardaient avec étonnement, admiration ou indignation. Personne n’était insensible à un petit détail.
    Les femmes gloussaient avec irritation:
    – Tu as vu leur yeux, leurs regards, leurs…
    Les hommes se pâmaient :
    – Tu as vu ! Quelle carrosserie ! Sexy en diable ! Et ce clin d’oeil !

    A Montmartre, dans le Marais, puis à St Germain, les commentaires allaient bon train et les comportements des Parisiens changèrent.
    Les admirateurs se firent plus audacieux, les admiratrices les copièrent audacieusement.
    Un petit air de folie s’emparait de la capitale.

    Le temps passait à une vitesse folle, et la fin séjour s’annonçait pour bientôt. Mais on ne sait pour quelle raison, elles décidèrent d’une dernière halte à la porte de Clignancourt…

    Et c’est là que l’épidémie a commencé.
    En plus des admiratrices inconditionnelles, ce fut toute la gente féminine qui, la bouche en coeur, se mit à cligner des yeux. Avec coquetterie, espièglerie ou sensualité.

    Mais la gente masculine, redoutant les salmigondis , envoya ses premières alertes . En moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, dans une totale anarchie, les feux de signalisation de toutes les portes de Paris clignotèrent et des hauts parleurs se mirent à débiter en continu : « Attention, danger ! Attention, danger… »

    Les hommes filèrent en douce par la Porte de Bagatelle et tant pis, si on les prenait pour des pantins !
    Les femmes, elles, rentrèrent chez elles pour préparer leur révolution.
    Les brunes coupèrent leur chevelure pour ne garder que des petites mèches noires en folie. Elles pomponnèrent leurs joues de rose, allongèrent leurs cils d’un noir charbonneux.
    Les blondes s’entouraient d’un nuage du 5 de Mademoiselle.
    Devant leur miroir ou juchées sur un tabouret, elles chantaient poo poo pee doo .

    © Clémence.

  11. Kyoto dit :

    L’épidémie se déclara porte de Clignancourt, à Paris.
    Subitement, tout le monde clignota des yeux.
    Comme si le soleil était trop vif.
    Mais il faisait nuit.
    Puis, les feux de signalisation ne signalisaient plus rien.
    Ni personne.
    Ils clignotaient. Même pas en cadence. Mauvais tempo.
    Ils finirent par ne plus clignoter. Epuisés.

    Les rames de métro stoppèrent net dans un grincement à vous dévorer les tympans.
    Plus de lumière. Plus de bruit.
    Le noir a tout englouti.
    Comme une nuit sans étoiles.
    Comme une nuit sans lune.

    Une lumière clignota dans le cerveau d’un homme.
    Il se servit de la torche de son téléphone portable.
    Idée géniale. Aussitôt imitée par les autres.
    Les moutons de Panurge bêlaient.
    Les cris fusèrent.

    La peur. La panique.
    Vite ! Grimper les escaliers.
    Retrouver l’air vif. Respirer.
    Bousculades. Piétinements.
    Un mot se propagea.
    Attentat ?

    Place de Clignancourt. A Paris.
    Les yeux hagards.
    Estomacs vidés.
    Intestins liquéfiés.
    Statues d’incompréhension.
    Apocalypse ?

    Ils voyaient des squelettes géants surgirent du bitume.
    D’autres se déplaçaient en détruisant tout sur leur passage.
    Systématiquement. En silence.

    Et si pour niquer les Vivants
    Les morts faisaient leur Révolution ?

  12. LABROSSE dit :

    L’épidémie se déclara porte de Clignancourt, à Paris. Bientôt, tout le monde cligna des yeux, comme sous un soleil trop vif, mais il faisait nuit. Puis, tous les feux de signalisation clignotèrent aussi dans sa tête. Il s’arrêta, l’oreille aux aguets. Aujourd’hui il pleuvait.
    Alentour, un concert de klaxons monocordes stridulait vainement. Il fut intrigué par le fait qu’hormis ce tocsin agressif, les autres sons ne lui parvenaient plus. Pas de courses, de cris, de paroles. Les bruits de la ville s’étaient tus. Seul persistait les gémissements de klaxons dont il percevait l’agonie prochaine. Bientôt ce serait le calme absolu.
    L’homme avança à tâtons, une main contre le mur, l’autre en paravent pour ne pas se cogner. Il s’accrochait aux aspérités du mur comme à une ligne de vie. La moindre anfractuosité l’effrayait, une courbe lisse l’attendrissait. Il ne savait pas, n’osait pas appeler ! On l’aurait pris pour un fou.
    L’angoisse qui le tenaillait émanait principalement de l’absence de sons. Certes la lumière avait disparu mais il était effrayant de rien entendre. Soudain, sa main qui jonglait dans le vide heurta une texture mobile. Il poussa un cri de surprise amplifié par l’écho d’un autre son plus aiguë. Il n’était plus seul, sa main continua à fouiller le vide. Cette fois, il cherchait à renouer le contact. Peu importe le bruit, il devait retrouver l’objet.
    Sa main traçait des cercles, fouillait l’espace. Les doigts tendus, ouvert au monde, en quête d’une prise. Après de longues minutes à palper l’inconsistance du vide, il y eut de nouveau une rencontre. Plus douce cette fois. Il eut l’impression qu’une araignée géante, peut être une tarentule, sondait ses phalanges. De petits tapotements répétitifs exploraient sa main. Il ne s’enfuit pas, peu lui importait l’étrangeté du contact, c’était déjà un espoir.
    Lui n’osait pas, l’autre s’aventurait, explorait, effleurait. La prise semblait se raffermir, sans pour autant l’étrangler. Il se laissa faire. Avait- il d’autre choix ?
    Quelques sons rauques lui parvenaient par intermittence, des notes aiguës et incompréhensibles, un grommellement inconfortable. Il préféra se taire.
    Le contact persista, il pouvait à présent en sonder la texture, aucun doute c’était une autre main. Rassuré de n’être point seul, ils avancèrent de concert, puis lassés de se cogner trop souvent, ils firent halte. Après moult explorations tactiles, ils s’enquirent d’un banc. Ne sachant que faire, les mains se rassuraient, se caressaient parfois, se superposaient. L’inquiétude diminuait d’un cran, les mains faisaient office de paroles.
    Et puis sans prévenir, un imposteur remis la lumière, un flash aveuglant en plein visage. Les bruits de nouveaux, les klaxons hurlant tels une meute de loups, la course du monde, effrénée. Les deux mains surprises de ce réveil impromptu furent prise en flagrant délit de complicité. Après un instant d’hésitation, chacun décida de refermer les yeux …

  13. iris79 dit :

    L’épidémie se déclara porte de Clignancourt, à Paris. Bientôt, tout le monde cligna des yeux, comme sous un soleil trop vif, mais il faisait nuit. Puis, tous les feux de signalisation clignotèrent aussi. Il fallut un certain temps avant de comprendre que quelque chose d’anormal était en train de se passer. Les appels à SOS médecins et dans les commissariats alentours se multipliaient et les gens qui se croisaient voyaient bien par (intermittence) que tout le monde semblait atteint par le même phénomène. Cela devint cacophonique quand toutes les alarmes, les klaxons et autres sonnettes se mirent également à fonctionner par intermittence. Tout cela donnait un drôle d’aspect à la vie dans le quartier. Les volets s’ouvraient à un rythme effréné amenant les gens aux fenêtres, l’air hagard tirés de leur nuit par ce qu’ils croyaient être d’abord un cauchemar.
    Ce chaos prit fin aux premières lueurs de l’aube. Tout le monde au petit matin ne parlait plus que de ça, les chaines d’infos se saisirent de la nouvelle. Les plus téméraires posèrent même leur caméra aux pieds de la porte de Clignancourt, là, où semble-t-il, tout avait commencé. Les hommes et les femmes épuisés par leur nuit sans sommeil se contentaient de reprendre leur migration quotidienne non sans jeter quelques regards inhabituels çà et là pour trouver un semblant d’explication qui ne venait pas. Tout sembla normal en cette journée qui ne l’était pas vraiment. Et plus les heures avançaient plus on sentait monter une certaine tension. Nombreux étaient ceux à formuler l’hypothèse que le phénomène allait se reproduire la nuit prochaine.
    Mais la nuit suivante, c’est à la porte de la Chapelle que des phénomènes étranges furent observés. Les cloches des églises se mirent à sonner toute la nuit sans que l’on puisse les arrêter. La nuit d’après, ce fut à la porte d’Aubervilliers que l’on enregistra des manifestations inhabituelles. Puis au cours des autres nuits, ce furent autour des portes de La Villette, de Pantin, de Saint-Gervais puis celle des Lilas, celle de Bagnolet. Les autorités avaient bien évidemment saisi l’ampleur du phénomène qui semblait suivre une logique circulaire calquée sur le boulevard périphérique.
    Qu’arrivait-il à Paris ? Les théories les plus folles virent le jour. Paris signalait qu’elle allait fermer ses portes, se replier sur elle-même, Paris souffrait, mais pourquoi ? Paris étouffait sous les nuages de pollution, Paris ne pouvait plus respirer, elle tirait la sonnette d’alarme, décidait de fermer ses portes aux voitures, de ne plus se laisser envahir par les assauts des trottinettes électriques, Paris voulait ralentir…
    Les autorités finirent par décréter une semaine de quarantaine au cours de laquelle les habitants étaient sommés de suivre certaines dispositions parmi lesquelles : marcher doucement, se croiser en se regardant, se saluer, échanger, se parler, ne plus se presser, respecter les consignes de sécurité au volant, sur les engins roulants, partager les courses en taxi, ne plus se presser, prendre le temps de respirer, ne plus se laisser humiliés, ne plus accepter l’inacceptable. La bienveillance était devenue le maître mot pour tous et dans tous les domaines. C’était étrange et kafkaïen de mettre en place de telles mesures. Tout le monde se demandait maintenant ce qu’il adviendrait une fois que la porte de Montmartre aurait, elle aussi, donner ses signes d’avertissements. Certains craignaient le pire et envisageaient de quitter la ville pour aller vivre en Province. D’autres au contraire, sentait poindre un renouveau.
    Beaucoup se demandèrent ce qu’ils allaient faire, rester ou partir ?

  14. Avoires dit :

    L’épidémie se déclara porte de Clignancourt, à Paris. Bientôt,, tout le monde cligna des yeux, comme sous un soleil trop vif, mais il faisait nuit. Puis, tous les feux de signalisation clignotèrent aussi… 

    tant et si bien qu’il ne faisait plus nuit. C’était multicolore, c’était agité, c’était surréaliste, finalement très beau. C’était une chorégraphie lumineuse désordonnée, aérienne et terrestre, joyeuse et en même temps terrifiante.
    Des photos prises depuis un satellite montrèrent une France clignotante : Clignancourt avait débordé et tout le pays s’était mis à scintiller.
    Les étoilent regardaient ce spectacle avec amusement, elles qui clignotent depuis toujours, elles que les hommes ne voyaient plus.
    La lune souriait également en voyant ce spectacle surprenant. Elle regarda l’étoile sa copine la plus proche et lui fit un clin d’œil. Leurs doux clignotements étaient ignorés de la majorité des humains ; c’était donc une bonne leçons qui leur était donnée par ce dérèglement de tous leurs lumignons artificiels. Mais allaient-ils en être conscients ? Leur faudrait-il d’autres épidémies, dans des nuits scintillantes multicolores plus longues ?
    La lune et les étoiles finirent par disparaître pour laisser la place au soleil qui se mit à scintiller lui aussi avec une ardeur inhabituelle. Tout le monde cligna des yeux puis les ferma tant vive était la lumière. Le satellite renvoya des photos d’un pays qui ne voulait rien voir, aveuglé qu’il était par ses lueurs artificielles.
    Clignancourt pouvait encore clignoter, c’était un moindre mal 

  15. Grumpy dit :

    L’évacuation de tous les campements illégaux autour de la Porte de Clignancourt venait d’être décrétée pour le lendemain matin à l’aube.

    Cette annonce fâcha très fort ceux du quartier qui éprouvaient quelque empathie à l’égard des sans-abris et autres expatriés démunis. Jojo qui s’était fait des collègues parmi eux pour apprendre quelques bribes de langues étrangères se dit qu’on ne pouvait pas les laisser partir comme ça, eux sans rien et nous sans broncher.

    Il lança l’idée : On va leur faire un baroud d’honneur. On vota à l’unanimité pour une fête des lumières. Presque tous furent d’accord et promirent de ne rien laisser filtrer afin de créer la surprise.

    Jojo partit fouiner aux puces proches et dénicha un trésor : une interminable guirlande encore garnie de ses ampoules, enroulée autour d’un touret, au rancart depuis l’interdiction d’une fête foraine. Il demanda à l’essayer, on la brancha et toute roulée qu’elle était, elle se mit à clignoter de toutes ses ampoules multicolores. Belle comme ça, elle pourrait se permettre de narguer les illuminations de la Tour Eiffel, même celle du Nouvel An.

    Ils durent se mettre à quatre pour rouler le touret à sa place. Ils allaient faire ‘un feu de Dieu’ comme ces pauvres hères n’en avaient jamais vu dans leur pays. Tout le quartier s’y mit : une véritable épidémie. Les commerçants doublèrent leurs néons et ajoutèrent des lumignons sur leurs tables, les feux des carrefours furent trafiqués afin de passer encore plus vite du vert au rouge, les réverbères furent poussés en puissance, même en-dessous les conducteurs du métro gardèrent allumés tous les signaux de leurs rames et déclenchèrent pour ceux qui vivaient en bas les feux de secours installés dans les tunnels.

    L’Armée du Salut planta des bougies sur ses casquettes, les maraudes, les associations de tout bord, les kiosquiers, les éboueurs, même les pompiers qui venus au cas où, allumèrent les loupiotes de leurs casques. La population du quartier et les passants s’y mirent aussi déposant des bougies sur les trottoirs, brandissant briquets et portables.

    Quand les sans-abris ayant déjà roulé leur baluchon réalisèrent que tout ça c’était pour eux, chacun alluma sa lampe de poche, voilà que leurs tentes bleues, rouges, jaunes, vertes, ajoutaient au décor leurs cloches colorées. Tout le secteur clignotait, une marée de lumière, c’était beau. Des étoiles palpitaient dans leurs yeux irisant des larmes d’émotion.

    Ėmotion qui, eux partis, disparut en même temps que s’éteignirent tous les feux… jusqu’à la prochaine fois ?

  16. Fanny Dumond dit :

    L’épidémie se déclara porte de Clignancourt, à Paris. Bientôt, tout le monde cligna des yeux, comme sous un soleil trop vif, mais il faisait nuit. Puis, tous les feux de signalisation clignotèrent aussi.

    La pandémie se propagea dans plusieurs communes de France. Les habitants d’Angoisse se suicidaient à tire larigot, ceux de Crotenay polluaient la ville et avaient des pifs gros comme des patates, ceux de Montretout déambulaient dans le plus simple appareil, la petite ville de Vatan se mourrait seule dans son coin.

    La liste était si longue que, pour endiguer la contagion, par un bel après-midi caniculaire, quelques personnes endormies dans l’hémicycle promulguèrent un décret qui rebaptisa toutes les communes de France. Et c’est ainsi que depuis j’habitais à 2293-125-31513205 et que je n’arrivais pas à me mettre ce code dans la tête qui ne disait plus rien à personne. Cette ingénieuse idée eut pour effets que les cartographes s’arrachèrent les cheveux, que les GPS tombèrent en rade, qu’elle écorna davantage les finances publiques…

    La liste des inconvénients était si longue qu’un tollé général dans les rues, tous les samedis, invita les endormis à se réveiller pour revoir leur copie.

  17. camomille dit :

    Puis tous les phares des véhicules, puis tous les lampadaires, se mirent à clignoter ce qui mit en panique les feux de signalisation qui perdaient le contrôle de la situation.
    L’événement remonta à la préfecture et les média se déchaînèrent :
    « CA CLIGNOTE A CLIGNANCOURT» titrèrent les annonces.
    Des médecins furent réquisitionnés, mais dès qu’ils arrivaient dans la sphère géographique de la Porte de Clignancourt, ils se mettaient eux-même à cligner des yeux ce qui rendait impossible leur diagnostic.
    – « C’est le dérèglement climatique » justifiaient certains,
    – « c’est la punition de Dieu » justifiaient d’autres,
    Bref, c’était un vrai bordel.
    Le petit jour se leva et alors tout redevint normal.
    Mais c’était sans compter sur l’acharnement médiatique.
    Le sujet était trop croustillant et les reporters de tout horizon accoururent Porte de Clignancourt pour attendre la tombée du jour en espérant que le phénomène se renouvelât.
    Et le phénomène se renouvela.
    Et la panique se réinstalla.
    Les scientifiques se concertaient,
    Le gouvernement se réunit en séance extraordinaire,
    Les croyants priaient,
    les médiums sortaient leurs pendules,
    et les médias re-titraient : « CA CLIGNOTE ENCORE A CLIGNANCOURT ».
    Bref, le mystère demeurait.
    C’est alors que vers minuit, un grand éblouissement inonda le quartier de Clignancourt : « PAF ! »
    Tout s’immobilisa pendant quelques minutes, et enfin la nuit réapparut : l’épidémie avait disparu.
    Les médias s’inclinèrent et re-titrèrent « CA NE CLIGNOTE PLUS A CLIGNANCOURT ».
    Mais que s’est-il donc passé vous demandez-vous ?
    Figurez-vous que mon petit doigt m’a tout raconté. Ecoutez-moi bien :
    Le soleil avait rendez-vous avec la lune (juste au dessus de la porte de Clignancourt),
    Mais la lune n’était pas là et le soleil l’attendait.
    Quand elle est enfin arrivée…fort en retard, il lui en a fait le reproche et s’ensuivit une scène pas possible.
    Elle s’est vexée, elle lui a répondu et il se sont disputés pendant deux nuits.
    Ca a fait des étincelles, ça a tout déréglé là haut. Lui il allumait pour montrer sa puissance, elle, elle éteignait pour se venger, d’où les effets de clignotements sur la Porte de Clignancourt.
    et finalement c’est lui qui a eu le dernier mot. Il a repris le pouvoir et elle s’est éclipsée.
    Le calme est revenu dans le ciel chacun ayant repris sa place.
    Depuis, le soleil ne veut plus entendre parler de la lune, et la lune ne veut plus entendre parler du soleil.
    Et les éclipses alors ?
    Ben…. peut-être qu’il n’y en aura plus ? Allez donc savoir ?…..

  18. durand JEAN MARC dit :

    Il s’agissait bien du jour J, pour Jugement, Jean- foutre, Jacassements, Jackpot… allez savoir ?? Le jour du grand clignotement de l’existence. un jour sans joker.

    Juché sur sa tourelle, Paul regardait l’eau envahir la dernière cuve. Juguler la montée du flot était impossible. L’eau fondue des glaciers trimballait ses continents de plastique et d’algues moisissantes. Quelques monuments non submergés lui faisaient des clins d’œil, des borgnes aussi, des éoliennes. Les avions, las de ne pouvoir atterrir tombaient comme des mouches. Le cimetière marin n’avait rien de poétique. Les vaches flottant, tout le long des boulevards, ca surprenait les cormorans.

    Toute cette épidémie de noyé(e)s, ca gonflait encore un peu plus les océans pacificateurs, même pas belliqueux, débonnaires de leurs calme certitude.

    Paul avait l’air con d’être fier avec sa bouée canard. « Et s’il n’en reste qu’un » chantonnait ‘il en pleurnichant. Ses nerfs craquèrent quand l’eau atteint ses narines.

    Dans le ciel, il crut voir, quelque chose clignotant encore, certainement des grues et des oies, migrant vers d’autres étoiles.

  19. Nouchka dit :

    En direct de la Porte de Clignancourt à Paris, notre envoyé spécial nous signale un phénomène étrange.
    En effet, indiqua Raymond, dans les travées du Marché aux Puces de Saint Ouen, un stock de feux de Bengale s’est embrasé vers minuit, sans que nous n’en connaissions, à l’heure où je vous parle, la cause.
    Le spectacle était éblouissant. Tous les témoins ont été choqués par le phénomène. Les uns évoquent un attentat, d’autres une bagarre entre bandes rivales.
    Les pompiers et les forces de police dépêchés sur place ne peuvent que constater les fumées colorées qui terminent de se consumer.
    Parmi les quelques piétons présents, certains déclarent souffrir de difficultés respiratoires et d’autres de problèmes ophtalmiques. Les plus incommodés se sont rendus à l’hôpital Bichat, situé à proximité.
    Mais toutes les personnes sur place, indiquent qu’elles voient toutes les sources lumineuses, comme les feux de signalisation, de manière « clignotante ».
    Le phénomène tend à s’atténuer les heures passant.
    Pour le moment, aucune explication n’a été donnée de la cause de cet embrasement qui ne peut être spontané. Nous ne manquerons pas de vous tenir informé des éléments de l’enquête en cours.
    C’était Raymond, en direct de la Porte de Clignancourt.
    Allo, la régie, snif, ici Raymond, snif, je complète mon reportage sur la Porte de Clignancourt.
    Snif, trois nouvelles séries d’explosion lumineuses viennent de se produire. Snif, l’atmosphère est rouge des fumées des engins déclenchés. Toutes les forces de police, les pompiers et les badauds sont en pleurs. Snif, le médecin des pompiers parle de photokératite due à la luminosité des feux de Bengale. Les douleurs oculaires sont intenses. Les Urgences de Bichat vont être débordées cette nuit… Snif, snif…
    Allo, la régie ?
    Il pleut, snif ; il pleut à verse ! C’est super, snif ; pour se laver les yeux. La douleur est plus acceptable. Personne ici ne pense à rentrer se mettre à l’abri. Nous gardons la tête levée vers le ciel, heureux de cette douche inopinée.
    C’était Raymond, en direct de la Porte de Clignancourt.

  20. 🐀 Souris verte dit :

    🐀 LE CLIGNOTEMENT

    Un fait divers remarqué et relaté dans un journal.
    Il est à noter que tous les samedis soirs vers 24h très précisément juste après la diffusion du film, sur la chaîne X, tout se met à clignoter.
    Après un récent sondage l’aspect démographique fut constaté en forte hausse dans ce quartier de Clignancourt, le bien nommé pour la circonstance et que le prix de l’immobilier y a explosé.
    Pourquoi ?

    On a cru tout d’abord à une épidémie. Était-ce normal tous ces yeux qui papillonnaient en même temps ?
    Pourquoi ?
    Mais les astronomes sont formels : un astre mi-jour mi-nuit stationnerait juste au dessus de cet arrondissement. Cette alternance de lumière inciterait au rapprochement des corps.
    Les habitants auraient dans ce moment d’extase des étoiles dans les yeux.
    Les savants craignent la saturation de la population si cette lumière clignotante quasi orgasmique venait à s’étendre.

    Nous vous faisons part de la satisfaction des édiles quant aux naissances.
    Je citerai Alphonse Allais : la maire rit de son arrondissement !🐀

  21. 😺 LURON'OURS dit :

    😺 UN CAS DE CONSCIENCE

    Une épidémie, ça fait polémique.
    Aux portes de Paris, pour l’endiguer, il faut un signal fort. Que me fait que ça cligne à Clignancourt ?
    Ça n’est animé que le week-end. Nous y allions aux Puces, quand ce n’était pas à Bagnolet, ou, je l’ai oublié. .. Oui là, sur le boulevard des Maréchaux. Des lapins, ceux-la ! Chauds comme des marrons. Mais mieux vaut y aller à l’aurore : à l’arrivée des camions des fourgues.
    Un de nos amis y retrouva le contenu de sa maison de campagne. Il se fit justice lui-même, il était procureur de la République.
    Comment, pourquoi était-il là ce jour-là ? Quel fluide l’avait-il conduit ? Ou quelle maladie ? Lui, c’était un cas… Un genre d’  »objeteur  » de conscience ! 😺

  22. Laurence Noyer dit :

    Et le monde se mit à clignoter
    A nous faire des appels de phare,
    Pour attirer notre attention
    Pour nous signaler un danger imminent
    Eboulement de terrain
    Inondation, chute de pierre
    Vent latéral
    Risques de collision
    Fumées toxiques
    Descentes dangereuses
    Vitesses excessives

    Pour les usagers peu respectueux du code de la planète
    Qui éblouissent, qui infractionnent

    Le monde n’est pas une guirlande lumineuse
    Il met ses feux de détresse
    Pour nous demander de ralentir
    Risque d’embouteillage : « Rangez-vous sur le côté »

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