487e exercice d’écriture créative créé par Pascal Perrat

L'écriture créative pour tous
Créativité littéraire

Deux petites culottes éhontées séchaient sur le rebord d’une fenêtre. Soudain une voix s’écria : Vingt-deux, V’la les slips ! 

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NOUVEAU ! Un exercice inédit d’écriture créative chaque mercredi. Une évasion pour oublier, pendant un temps d’écriture créative, le confinement imposé par ce vicieux virus

Mais ce n’est pas moi qui vais commenter les textes enclenchés par mon idée. 

Ce sera aux auteurs de commenter. 

Toute personnes abonnée qui publiera un texte devra donner son avis sur l’un des textes publiés.  

Elle devra dire ce qui lui plait : le style, une image, l’idée, un passage, une phrase, etc.

Je n’interviendrais pas, sauf si une personne ne respecte pas la règle.

Le but est de vous faire interagir entre abonnés (es) à ce blogue. D’oublier un peu son confinement en se distrayant.


Ces exercices inédits d’écriture créative n’apprennent pas à écrire, ils enflamment l’imagination. Le but est de vous conduire vers les ressources imaginatives qui somnolent en vous. Après quoi, vous décidez de mener le projet d’écriture qui vous convient : nouvelles, roman, etc.

38 réponses

  1. oholibama dit :

    Soudain une voix s’écria! Vingt deux, voila les slips…
    Ben pourquoi t’es de sortie toi?
    _Elle a rompue d’avec Claudio, c’est fini, il ne viendra plus farfouillé…si tu vois ce que je veux dire! elle va de nouveau nous sortir. Finis les fanfreluches de luxe…
    _Oh non Cotone, je vais me retrouver au placard?

    _Eh oui Satine, tes camarades et toi, allez prendre un peu de vacances et nous les Cotone, on reprend du service.
    _Ben d’habitude c’est quand elle a ses coquelicots qu’elle vous sort!
    _Dis donc Satine c’est quoi que tu piges pa quand je te dis que Claudio et elle c’est fini?

    _Oh regarde Cotone, regarde vers ta droite!
    _Quoi! Je vois rien moi, le pilier me bloque la vue.
    _Vingt deux Cotone, voila les slips!
    Oh,oh,oh là c’est cool, c’est ceux de Sergio, le beau.
    _Dis moi Satine à quoi ils ressemblent?

    _Ben à des slips pas de quoi s’extasier, ça vaut pas un bon boxer moulant sur des fesses fermes, qui allongent les cuisses musclés…tant qu’à faire. Oups le vent ce coquin vient de les enroulés les uns les autres.

    _Ah bon, alors ce sont ceux de Xavier et de Victor, ne t’extasie pas plus va! Ils ne sont pas pour elle.
    _Attends,attends Cotone, voila un extraordinaire boxer noir, une taille ma coquine je te dis pas, ça, ça vaut le coup d’oeil.

    _Tu vois le gars Satine, tu le vois?
    _Ouiiii, faut qu’elle vienne, faut qu’elle vienne et vite. Un corps de géant, des muscles parfait, de longues jambes musclées, un derrière à tomber. Il pourra la soulevée sans problème tu peux en être sûre Cotone.

    _Oui mais, il est avec les deux autres?
    _Non Cotone, non, il est seul sur son fil,il bouge bien avec le vent…c’est sûr Cotone, c’est toi et tes soeurs qui retournent au placard…nous autres on va avoir du travail et crois moi qu’on va pas chaumée. Soitine cette pimbêche et même les sinthé froufroutantes vont venir en renfort…quel bonheur. Ah Cotone, je suis sèche. Excuses-moi petite mais j’ai un boxer à faire frétiller.

    Ne t’inquiète pas Cotone, tu ressortiras quant elle aura ses coquelicots à moins qu’il ne lui offre un beau bébé! Saches-le Cotone on va l’aider à avoir son bébé,tiens regarde, la voila…oui,oui,ouiiii elle l’a vue. Cotone mon amie, nous reprenons la main.

    Sa joie me fit mal mais pourquoi,pourquoi gémit Cotone,pourquoi ne suis-je pas moi aussi en satin? Deux heures plus tard, on me jeta dans le placard.Quand donc reverrais-je la lumière du jour? Un peu de coton parfois fait du bien à certaines fesses dodues…il ne faut pas nous oubliées au fin fond d’un placard tout noir…Nous avons nous aussi notre utilité et pas seulement certains jours du mois qu’on se le dise.y.l.

    Sur une idée de Pascal Perrat.

  2. Françoise – Gare du Nord dit :

    Deux petites culottes éhontées séchaient sur le rebord d’une fenêtre. Soudain une voix s’écria : Vingt-deux, voilà les slips !

    Elles avaient désobéi à l’injonction qui leur avait été faite : ne pas s’exhiber aux yeux du premier venu, à l’extérieur, au soleil comme de vulgaires bombasses sur une plage de naturistes.

    Mais nos petites culottes ne supportaient plus de se faire pincer sur un étendoir métallique, dans une salle de bains froide et humide.

    Et maintenant, elles devaient faire face aux assauts des slips animés, à en juger la protubérance qui les déformait, par des intentions à conotation clairement sexuelles.

    Pour ajouter de la confusion à la peur qui les animait, elles constatèrent qu’ils n’étaient pas tout seuls. En effet, les caleçons, si mignons en temps normal, cette petite brute de boxer, ce beauf de marcel les accompagnaient

    Nos deux amies eurent la présence d’esprit d’appeler les copines à la rescousse. Elle les sollicitèrent avec des cris déchirants de détresse mais aucune ne vint les secourir. Au contraire, toutes se liguèrent dans un flot de vitupérations où perçaient l’envie et la rancune trop longtemps accumulées.

    « Vous m’avez toujours méprisée, me traitant de vieille fille tout juste bonne à aplanir des ventres distendus » commença la gaine

    « Vous m’avez trop souvent surnommée la mamie ou la mémé» continua la combinaison

    « Depuis toujours, vous me considérez comme une ruine, une vieillerie pleine de toiles d’araignée » vociféra la jarretière

    Cette solidarité toute féminine leur fit chaud au cœur et elles durent se rendre à l’évidence. Personne ne viendrait à leur secours. Une seule alternative s’offrait à elles : soit sauter du 17e étage soit subir leurs assauts. Dans le premier cas, la chute libre, l’écrasement au sol, le piétinement, la mort ; dans le second, la violence, les outrages, le viol.

    Elle se crurent perdues face à cette ruée de testostérone en ébullition quand soudain, elles entendirent dans leur dos :
    « Pas de panique, les filles. J’arrive. Rassurez-vous, ils vont vous laisser tranquilles maintenant. Ils ne s’apercevront même pas que vous êtes là. Ils ne verront que moi »

    Elles se retournèrent et aperçurent leur ennemie jurée, l’éternelle rivale, leur migraine commune, celle qui les faisait verdir de jalousie, la cause de leurs insomnies, peu encombrante et pourtant si envahissante, si discrète et néanmoins si tapageuse : String.

  3. Françoise dit :

    Deux petites culottes éhontées séchaient sur le rebord d’une fenêtre. Soudain une voix s’écria : Vingt-deux, voilà les slips !
    De quelles marques ?
    Cà t’importe ? Quelle snob tu es !
    Hé oui ! Çà dit beaucoup sur l’homme !
    Tu trouves ? Moi qui suis souvent pêle-mêle, dans le tiroir d’une commode avec des slips pour mâle , je ne vois aucune différence, qu’ils soient de marques Arthur,Dagobear , Loïc Henry, que sais-je encore, sauf qu’ils prennent beaucoup de place .
    Je souris et je m’amuse à penser au soir où nous nous retrouverons jetés au sol, sur le côté du lit , avec désinvolture et nous y passerons la nuit .
    L’endroit où je me trouve n’a aucune importance, continua l’une d’elles, sauf bien sûr quand je me retrouve dans la machine à laver. J’en frissonne quand je pense au degré où ils vont la programmer.
    Ah bon, moi on me lave à la main dans une méchante cuvette en plastique dont je déteste la couleur , rouge elle est,
    de quel rouge : fraise, groseille, rouge vif, rouge sang ?
    Tu t’en poses toi des questions
    çà vient sans doute de mon Q.I. élevé
    mais qui t’a mis çà dans la tête ! tu n’as pas plus de tête que beucoup de statues de la mythologie grecque,
    as-tu remarqué que toutes ces statues n’ont ni slip,ni culottes, tel Apollon par exemple !
    Soudain elles furent saisies sans aucune délicatesse par des mains masculines et jetées presque brutalement dans la machine à laver. Et c’est ainsi qu’il fut mis fin à leur papotage…..

  4. Michel-Denis ROBERT dit :

    Cinq cents kilomètres, avec les barrages de police, les tests, les déviations, les autoroutes fermées, il songeait à sa tranquillité. Pas mécontent de retrouver son home après ces turpitudes. En arrivant, il se versa un drink. Enfin dans son confort, il pouvait souffler, il fit du feu à l’âtre. Ca rime toujours avec théâtre.
    Parmi les embûches qu’il avait rencontrées, une émergeait du lot, un autostoppeur qui sortait d’un confinement de plus de dix ans. Ca parait incroyable mais c’est authentique. Cet homme avait été séquestré pour une histoire de rackett. Paul n’avait pas eu le temps de lui poser des questions puisqu’il ne l’avait pris qu’à trois kilomètres d’ici. Il avait juste un petit mot où il était écrit qu’il avait réussi à s’échapper de l’enclos où il avait été enfermé, attaché pendant la nuit, un seul repas par jour. Le pauvre était exténué, très amaigri. Il n’avait même pas son attestation dérogatoire en poche. L’homme avait tout de suite demandé à se reposer. Paul lui indiqua la mezzanine et il s’était effondré sur le canapé. Maintenant, il dormait à poings fermés.
    Paul prit sa douche et quand il redescendit au salon, son verre avait disparu. Une peine immense s’empara de lui. Quel gâchis ! Un vingt d’âge, ça se déguste dans la sérénité. Un craquement éveilla son attention. Lors des hausses de température, la charpente se dilatait, et le soir tombé, elle reprenait sa place. Un deuxième bruit, plus tranchant, plus métallique, celui-là, les plombs venaient de sauter. Il remonta en tâtonnant dans le noir, dans la chambre bleu-nuit, il constata que son protégé avait mis les voiles. Son bon coeur le perdrait, sa mère le lui avait dit encore ce dimanche à propos d’une nuit, quand elle était encore présente, ils sortirent tous les deux de leur chambre. Une bagarre d’oiseaux nocturnes se déroulaient sur la toiture. De sourds battements d’ailes et des cris stridents les avaient sortis de leur lit. Ils écoutèrent pendant au moins vingt minutes les formidables cris dont l’intensité était décuplée par l’obscurité. Depuis ce jour, il se passait des choses étranges dans cette maison. Dans tous les cas, son hôte avait pris la tangente, il devait remettre la main dessus. Dans l’inventaire des endroits où il aurait pu se cacher, il n’en déduit qu’un seul : la maison entière puisqu’il n’y avait plus de lumière, sa lampe étant restée au garage. Dans la nuit sans lune, il se résolut à gagner l’extérieur. C’est quand il revint qu’il entendit les messages amplifiés par un mégaphone :
    – Ici, Londres ! Les Français parlent aux Français : deux petites culottes éhontées sont étendues à la fenêtre ! Je répète : deux petites culottes éhontées sont étendues à la fenêtre ! Vingt-deux v’là les slips ! Je répète : vingt-deux v’là les slips ! Rendez-vous, vous êtes cernés ! Je répète : rendez-vous, vous êtes cernés !
    – Autant de coïncidences en si peu de temps ! Quel jour est-on ?
    – Nous sommes le 1er avril, je répète : nous sommes le 1er avril, dit le mégaphone !

  5. Clémence dit :

    Deux petites culottes éhontées séchaient sur le rebord d’une fenêtre. Soudain une voix s’écria : Vingt-deux, voilà les slips ! 

    C’était en juillet.
    Lily avait quitté la chaleur accablante de Paris pour passer quelques jours en Suisse. Mais ce n’était pas seulement la chaleur torride qu’elle fuyait, c’était aussi les quolibets et les injures cinglantes qu’elle entendait chaque matin alors qu’elle assurait la propreté des rues de son quartier.
    Le seul instant qui lui mettait du baume au coeur, c’était lorsqu’elle passait sous la fenêtre de la belle inconnue. D’elle, elle ne voyait qu’une main qui arrosait une jardinière colorée. D’elle, elle entendait cette chanson de l’ami Pierrot : Lily . Elle frémissait lorsqu’elle entendait :
    Mais pour Debussy en revanche
    Il faut deux noires pour une blanche
    Ça fait un sacré distinguo .
    Des larmes coulaient lorsqu’elle entendait :
    Et quand on l´appelait Blanche-Neige Lily
    Elle se laissait plus prendre au piège Lily
    Elle trouvait ça très amusant
    Même s´il fallait serrer les dents
    Ils auraient été trop contents …
    Et Lily continuait sa tâche quotidienne, rêvant d’un amour absolu.

    C’était en juillet.
    Depuis une année, Lola avait quitté le foyer familial. Pour elle, s’était une question de survie. Ce n’était pas seulement pour travailler ou étudier. Non, c’était pour assumer ses différences et ne plus supporter le poids des quolibets. C’est qu’ils avaient de l’imagination, les villageois, quand ils brandissaient leurs principes ! Alors, un beau matin, Lola remplit son sac de voyage et planta famille et villageois et partit pour la ville.
    De petits boulots en petits boulots, elle s’était fait un pécule. Elle avait un projet pour ses premières vacances : un séjour en Suisse.

    Genève.
    Lola visita la ville, guide touristique à la main.
    Lily fit de même.
    Jamais elles ne se croisèrent.
    Mais il avait suffit d’une affiche pour qu’elles se rencontrent.
    Une publicité pour une ville coincée la-haut, à une vingtaine de kilomètres de Zurich.

    Winterthouse.
    Lily poussa la porte de la Villa Flora.
    Une minute plus tard, Lola poussa la porte de la Ville Flora.
    Trois minutes plus tard, elles étaient toutes les deux face au tableau de Félix Vallotton.
    Mur blanc, cadre doré.
    La Blanche et la Noire.
    Elles se reconnurent.
    La main de Lily frôla la main de Lola.
    Le grand frisson.
    Elles ne se quittèrent plus.

    Fin des vacances. Retour à Paris.
    Leur quotidien changea à peine. Les quolibets pleuvaient.
    Surtout, lorsqu’elles faisaient sécher leur petits culottes à la fenêtre.
    C’est alors qu’une voix aigrelette s’élevait de l’autre côté de la rue.
    – Vingt-deux, voilà les slips !
    Une poignée de malotrus lançaient alors boules puantes et flash ball.

    Lily prenait Lola dans ses bras et murmurait :
    – Ce n’est rien, rien du tout. Un jour, nous partirons, là-bas…

    Sous les cieux de l’Occitanie.
    Lily et Lola aménagèrent dans une charmante petite maison de village, au bout d’une impasse. Là, elles seraient enfin heureuse, oubliées.
    Elles s’émerveillaient devant les mille petits plaisirs qu’offrait leur nouvelle vie. Mais ce qui les faisait rire aux éclats, c’était les fils de linge tendus de part en part de la rue.
    Au tomber de la nuit, elles suspendaient leurs petites culottes par deux, les sages Petits bateaux, les strings audacieux, les slips italiens aux subtiles dentelles et les envoyaient sécher au milieu de la rue.

    Leur joie fut de courte durée.
    Un matin, à l’entrée de l’impasse surgit un camion.
    Lily et Lola n’eurent le temps de rien faire.
    Juste constater les dégâts.
    Les deux slips aux commandes arrachèrent d’un coup d’accélérateur la lingerie coquine des deux amantes.
    – Ne sommes pas racistes pour deux sous , mais on veut pas de ça chez nous bramait l’un…
    – On ne veut pas de ça chez nous, gueulait l’autre en se tapant sur le ventre…

    Un soir, n’y tenant plus, elles s’endormirent à tout jamais dans les bras l’une de l’autre.
    Lorsque la nouvelle se répandit dans la petite bourgade, nombre de bien pensants ne se privèrent pas de commenter ce fait divers.
    – Triste, oui, mais ce n’étaient que des ….et ça, chez nous, on n’aime pas …

    © Clémence.

  6. Laurence Noyer dit :

    22 v’là les slips
    En ce temps de disette
    Vêtus comme ascètes
    Il faut pourtant trouver
    De quoi se camoufler
    Tout le bas du bassin
    L’arrière et le tintouin

    22 v’là les fripes
    En ces temps de carême
    Trouvez le B système
    Pour garnir votre peau
    De quelques oripeaux
    Une croûte de fromage
    Une brosse à cirage
    Une bouée de sauvetage
    Ou un porte bagage
    Tout pour garder la cotte
    Quand on manque de culotte

    22 v’là la grippe
    En ces temps d’indigence
    Si par inadvertance
    Ton p’tit bateau prend l’eau
    En dessous du niveau
    Rapièce des compresses
    T’auras un string express

    22 v’là les flics
    J’ai plus d’attestation
    Plus de dérogation
    J’ai tout utilisé, crénom
    Pour me faire des caleçons

  7. Grumpy dit :

    Éhontées, les deux culottes que nous sommes ? Pas du tout.
    Vu la profession de nos propriétaires, longtemps que toute honte est bue. Elles travaillent tant et bien que maintenant c’est au champagne que nous fonctionnons.

    Au moins nous en cachons, au plus nous rétrécissons, au point que bientôt nous ne seront plus que de l’histoire ancienne. Cache-sexes nous sommes et fières de l’être au point de sécher affichées à la fenêtre.

    Nous sommes le signal envoyé à nos marlous et à notre clientèle, comme l’autre qui dans le temps, arborait des camélias.

    Notre mission est de rendre affriolants les fessiers de Lily et Lola dont le métier est d’arpenter le bitume et de monter ou redescendre plus ou moins vite selon la couleur du billet de banque.

    Du rebord de notre fenêtre, on le voit bien le fétichiste d’en face. Ses jumelles braquées sur nous il s’offre tous les jours des tranches gratuites. Trop facile de mater pour pas un rond, le voyeur va voir ce qu’il va voir.

    Au cri convenu de : vingt-deux, voilà les slips, rappliquent les marlous, les copains, les clients pour protéger la chasse gardée.

    Sa paire de jumelles est la première à faire le grand saut, aveugle à jamais, le bonhomme suit, du 6ème au trottoir, ça fait mal, très mal. Grand sot tout cabossé.

    Tous ensemble boivent le champagne et cette fois, c’est gratos.

  8. Nadine de Bernardy dit :

    Deux petites culottes éhontées séchaient sur le rebord d’une fenêtre.
    De ce poste elles avaient une vue superbe sur les allées et venues du rond-point.
    Le string rose et strass et le shorty dentelle et soie attendaient le signal avec impatience.
    Déjà 9h37
    Enfin ils entendirent :
    22 voilà les slips!
    Le cri se propageât à la vitesse de la lumière de balcons en fenêtre.Nos deux acolytes s’agitèrent pour se faire remarque,le strass miroitât au soleil, tandis que la dentelle diffusait une lumière tamisée très suggestive.
    Hélas,trois fois hélas quand l’escadron fut sous leur fenêtre, quelle déception !
    Un défilé de vieux slips kangourou fatigués, grisâtres.
    Ça pendouillait de l’élastique, certains avaient des accrocs fort peu seyants.
    Une espèce d’aussi sexys que la gaine en latex de tante Denise, au lieu des sémillants spécimens habituels!
    Un peu honteux, très avachis, ils n’en continuèrent pas moins leur chemin de croix sous les quolibets des petites culottes frustrées.
    D’où venaient ils,où allaient ils? Qui avait envie de le savoir.
    On ne les revit jamais

  9. Maguelonne dit :

    Deux petites culottes éhontées sechaient sur le rebord d’une fenêtre. Soudain une voix s’écria : 22 voilà les slips. Sauve qui peut. Mais nos deux petites culottes ne bougerent pas. Elles sortirent leurs messages prêts déjà depuis deux semaines:
    Petite culotte gourmande cherche slip bien kangourou
    Petite culotte bikini petits pois cherche slip léopard sauvage

  10. Fanny Dumond dit :

    Deux petites culottes éhontées séchaient sur le rebord d’une fenêtre. Soudain Tanga leur voisine s’écria :

    – Vingt-deux, voilà les slips ! Vous avez pas vu la mère Michel est en train d’écarter sa lessive sur son balcon.

    – Nom d’une pipe, il y en a sept cette fois-ci, s’écria String. On en a déjà marre quand Skippy nous fait du gringue. Il ne s’est pas regardé dans une glace pour voir la touche qu’il a avec sa poche.

    – Vous ne vous rappelez pas qu’elle a cherché son chat toute la semaine. Elle aura pris du retard pour mettre en route une machine, expliqua Tanga.

    – Oui, elle nous a assez cassé les oreilles avec ses « minou, minou » qu’elle braillait à longueur de journée dans la rue. Et c’est le père Lustrucru, le pizzaiolo, qui l’a retrouvé son matou, gloussa Shorty.

    – Hello, les filles, cria Skippy. Vous avez vu, aujourd’hui je suis avec des potes.

    – Vouais, on n’est pas aveugles, murmura Shorty à sa copine.

    – Alors quoi de neuf aujourd’hui. Vous prenez l’air les filles ? leur demanda Skippy.

    – Ben oui, tu vois pas qu’il fait beau, répliqua String l’effrontée pendant que les compères de Skippy se marraient comme des bossus sur leur corde à linge.

    – Ça fait trop du bien de respirer, j’en avais ma claque de rester confiné dans la panière à linge avec ces imbéciles, expliqua Skippy.

    – Imbécile, toi-même ! crièrent de concert ses collègues de travail.

    – Je vois qu’il y a de l’ambiance chez vous, répliqua String.

    – Dommage, j’aurais bien aimé être avec toi dans la panière, minauda Skippy.

    – T’a bien des copines, je les vois elles sont juste derrière vous, dit Shorty d’un air mutin.

    – Tu les as bien regardées ? Avec elles on ne risque pas de s’amuser un peu.

    – Ouais, on peut dire que la mère Michel a un sacré popotin, se marra String.

    Sur le balcon, toute la lingerie s’invectivait et ce fut une telle cacophonie que les oiseaux alentour ne demandèrent pas leur reste pour s’envoler. String et Shorty ne furent pas mécontentes de regagner les tiroirs de leur commode parfumée à la lavande et s’en donnèrent à cœur joie à glousser. Les dessous si séduisants, après avoir pris une averse de grêle, restèrent trois jours à grelotter et à se morfondre sur leur corde à linge, car la mère Michel cherchait encore son chat.

    Nul ne sait si le père Lustrucru l’a retrouvé. Certaines rumeurs disent que…

  11. Blackrain dit :

    Le père Marius déplia son étendoir sur le rebord voisin avant d’y poser ses slips en coton épais. Beaucoup avaient du être blancs mais, après de multiples lavages, la présence d’un jaune délavé persistait sur la poche qu’un bébé kangourou aurait refusé de visiter. A voir cette échancrure qui baillait, ce kangourou aurait sans doute pris un petit bateau pour trouver un shorty Australien, quitte à payer sa Dim. Avec son gris rassurant, un slip Damart, la fibre tendue, apportait un soupçon de dignité et de chaleur à cette cohorte décousue. Dans sa robe pourpre, le slip Eminence s’afficha sur le devant de la scène, comme une monté en chair, prêt à sermonner le petit caleçon qui ne l’écoutait pas.
    Sur le bâtiment d’en face les culottes féminines se gaussaient. Elles éclataient en rires moqueurs. Les slips en jaunissaient de honte. Elles s’affichaient sans la moindre pudeur. Plus on montait dans les étages, plus les culottes étaient courte. Au rez-de-chaussé, la culotte de la concierge était très enveloppante, en lycra. Au premier, un shorty en nylon ou en polyamide, chantait une Aubade ou un Prélude à la musicienne qui la portait. Au second, une vendeuse qui en connaissait un rayon, voyageaient en slip brésilien, la dentelle affriolante à petits prix. A l’étage suivant, une avocate féministe revendiquait ses tangas et autres strings, entre soie et dentelle. Plus la culotte était chère moins elle n’abusait de tissu.
    Au dessus du père Marius, un jeune cadre se voulait bientôt Boss. Il étendait quelques boxers qui ne manquaient pas de chien, comme cet Hom sportif et soigneux qui les changeait quotidiennement. Il jetait souvent un regard de Triumph vers la jeune Athéna, lointaine et hautaine, qu’il avait croisé un jour dans le palais de justice. Il se prénommait Jil. Il comptait abandonner le boxer pour revenir au caleçon. Son médecin lui avait conseillé de ne pas trop enfermer ses bijoux de famille s’il voulait augmenter ses chances de procréation.

  12. Nouchka dit :

    Deux petites culottes éhontées séchaient sur le rebord d’une fenêtre.
    – J’aime bien sécher dehors. C’est le seul moment où je suis à l’air, soupira la culotte échancrée d’un beau vert glacier.
    – Oui, tu as raison, y’en a marre de rester coincer sous les jeans, avec juste une courte vision du dehors, quand elle va faire pipi, rétorqua le string noir.
    – Sans doute faudrait-il trouver le moyen de vivre autrement que confiné entre vulve et vêtement.
    – T’as une idée toi ?
    – Ben, on pourrait tenter se sentir très mauvais, très rapidement, ainsi elles seraient obligées de nous mettre au lavage et donc au séchage quelques heures après nous avoir enfilé.
    – C’est une idée mais c’est prendre le risque d’être mis au rebut bien plus rapidement que nécessaire.
    Soudain, une voix s’écria : Vingt deux voilà les slips !
    Bleu glacier et Noir se cramponnèrent au fil à linge. Habituellement, elles apprécient peu la cohabitation avec les slips sur le rebord de la fenêtre. Mais en ce début de printemps et parce qu’elles étaient là avant leur arrivée, les deux petites culottes prirent le partie d’accueillir, ce jour-là, les slips différemment.
    Bleu glacier se balança langoureusement sur le fil, se gonflant au vent léger de manière assez peu équivoque.
    Voyant cela, Noir s’étira et profita également du vent pour se replier sur le fil découvrant la couture de son entrejambe.
    Les trois slips stupéfaits de cette attitude inhabituelle se sentirent déstabilisés. Jamais au grand jamais, aucune petite culotte n’avait eu cette effronterie. Ils s’en sentaient gênés, voir inhibés, eux qui d’ordinaire avaient l’ascendant et les provoquaient, voyaient les rôles inversés.
    – Saperlipopette, siffla entre ses dents le caleçon tricolore, j’avais pas imaginé quèque chose comme çà. Qu’est c’qu’on fait ?
    – Ben, chais pas, répliqua dans sa barbe le slip léopard, on fonce dedans ?
    – Ça va pas, t’es malade, chuinta le slip kangourou blanc !
    – On fait comme si on était très occupé sur un coup, comme si on ne les voyait pas, proposa Tricolore.
    – Ouais, ça marche pour moi, dis Kangourou, on se met à l’autre bout du fil et on les ignore.
    – Z’êtes dégonflés, grogna Léopard, c’est pas tous les jours qu’elles sont comme ça.
    – Ben vas-y, si tu veux, mais nous, on reste peinard dans le coin.
    – Bon, j’vais pas vous abandonner, même si j’ trouve dommage…

    Ainsi les heures passèrent. Les petites culottes impudiques, étaient contentes d’avoir mis la honte aux slips qui, trop souvent, la ramènent et qui, cette fois-ci, n’avaient exprimé que couardise et blocage.

  13. mantel isabelle dit :

    Deux petites culottes éhontées séchaient sur le rebord d’une fenêtre. Soudain une voix s’écria : Vingt-deux, voilà les slips !
    Un bande de boxer plus ou mien bien taillés s’approchaient dans une allure bondissante. On aurait dit des kangourous. Ils étaient là pour maintenir la sécurité du régime de Bibi Kini .Il était dit dans tous le pays qu’un groupuscule de sans culotte allait mettre la ville sans dessus dessous et reprendre le pouvoir d’une république non textile.
    Arrivés à hauteur des deux coquines ils s’arrêtèrent dans une ligne élégante. Boxer Denim était chargé d’annoncer la nouvelle .En effet le sujet étant quelque peu coton c’était lui qui avait la meilleur fibre.
    – Mesdames le sujet est grave Son Eminence Bibi Kini m’a chargé de vous annoncer une terrible nouvelle. Des anti textile vont venir envahir la ville pour prendre le pouvoir et nous mettre à nue. Pour votre sécurité nous vous demandons de rester confiné. Interdiction de vous étendre au soleil. Prenez garde ils ne font pas la dentelle alors nous vous conseillons d’obéir.
    Avant même de rentrer par la fenêtre ouverte la culotte la plus galbée remercia la troupe avec rondeur.
    La deuxième un petit string brésilien d’une timidité extrême susurra dans le plus beau de son accent …merci je vous obéirai car je sais oh combien la vie ne tient qu’à un fil ….

  14. ourcqs dit :

    Deux petites culottes éhontées ( rouge dentelle de Calais) déconfinaient sur le rebord d’une fenêtre, enfin au grand air elles pouvaient papoter entre amies, comparer leurs nuances, douceur, et broderies. Intarissables sur les histoires de rencontres, elles se trémoussaient de plaisir en racontant des moments inoubliables.
    Soudain une voix s’écria : Vingt-deux, voilà les slips ! 
    Ah non, pas maintenant, pas eux, tu as vu leur allure
    Jamais je ne supporterai de côtoyer ces atroces matières synthétiques, et ces couleurs, quelle horreur !
    Vite, solution de repli,
    Les voilà se roulant en banales petites boules, se laissant glisser sur le balcon voisin qu’elles connaissaient bien, pour de luxueuses nuits en bonne compagnie.

  15. RENATA dit :

    – 22 voilà les slips , je commençais à m’ennuyer sur cette fenêtre .
    – C’est génial tu veux dire , depuis le temps que je n’en ai pas croisé un , je commence à être en manque . Comment ils sont ? ils sont beaux , propres , bien garnis ?
    – Oui ! pas mal , tu vas bientôt les voir . Ils ont l’air jeunes . Il y a un slip de bain et un boxer .
    – Tu crois qu’on va leur plaire ? qu’ils ne vont pas nous prendre pour des cougars car on n’a rien d’un string . Rien d’échancré ni de suggestif , à peine quelques dentelles qui ne sont plus de première jeunesse .
    – Justement ils auront le désir de la découverte et du mystère , de la retenue et d’un peu de difficulté . Tout le plaisir est là .
    – Arrête , ça m’excite . On n’est encore pas mal quand même . Pourvu qu’on leur plaise . Tu préfères lequel ?
    – Le boxer , regarde comme il est beau et musclé , je crois qu’il cache des choses très intéressantes .
    – Moi je préfère le slip de bain , j’adore jouer dans l’eau . Ils approchent , étalons nous pour mettre nos atouts en valeur .
    Les deux slips passent , sans un regard pour les deux culottes s’essayant aux effets de dentelles aguicheuses .
    Déçues et vexées les deux culottes reprennent leur séchage . Au passage elles purent voir dans le dos des deux slips que leurs élastiques étaient tendrement enlacés .

  16. Pompelair dit :

    Culotte Blanche et Culotte Bleue sèchent sur le rebord de la fenêtre, bonnes copines, l’une étant la remplaçante de l’autre. Ce jour-là l’étudiante propriétaire se balade cul-nu, elle les lavées ensemble dans la cuvette remplie sur le palier de sa chambre de bonne.

    Ça sèche vite ces toutes petites choses. Un peu moins pour elles, en coton, celle qui les enfile ne supporte pas le synthétique.

    Elles sont sur le point de rentrer retrouver le tiroir de la commode, lorsqu’elles aperçoivent une collègue épinglée à la corde tendue au mur d’en face.

    Toute rouge. Celle-là il nous la faut à tout prix. Comme à Naples ou à Montréal : tirez sur la corde, la poulie vous l’emmène et vous propose d’y étendre votre linge mouillé ou de vous restituer le sec. Pratique et décoratif. Des drapeaux …

    Culotte Rouge manque à Culotte Bleue et culotte Blanche, se sachant excitantes elles adorent s’afficher en public, demain elle se pinceront toutes les trois à la corde qu’elle amèneront tout en haut et bien au milieu de la rue. Leur jour de gloire sera arrivé.

    Cela fera plaisir aux militaires qui vont défiler sens dessus-dessous, en-dessous des dessous.

    Tout le monde les regardera, parce que demain, c’est 14 juillet.

    • Pascal Perrat dit :

      Une fois de plus : Adresse introuvable
      Votre message n’est pas parvenu à pompelair@yahoo.fr, car l’adresse est introuvable ou ne peut pas recevoir de messages.
      Voici le message que je tentais de vous envoyer.
      Vivement le 14 juillet en espérant qu’on puisse assister au défilé en compagnie de Culotte Blanche et Culotte Bleue😀
      Emoustillante votre charmante petite histoire.
      Tirons vite sur la corde du temps.

  17. camomille dit :

    Deux petites culottes éhontées séchaient sur le rebord d’une fenêtre. Soudain une voix s’écria : Vingt-deux, voilà les slips !

    Où ça ? Où ça ?

    – Regarde sur ta droite Chantelle, ils foncent sur nous

    – Vite fuyons Lou, fuyons

    – je ne peux pas me défaire de l’épingle aide-moi je t’en supplie

    – Zut… moi non plus je suis coincée. Tais-toi, Ne bouge plus et ferme les yeux.

    A grands pas un régiment de slips avance résolument :

    Chantelle ouvre un œil et découvre une armée de slips :
    des classiques, des minis, des boxers, des caleçons, des rayés, des multicolores, des jamais vus….
    Alors c’est plus fort qu’elle, elle s’extasie : « trop beaux !» murmure-t-elle.
    Lou, intriguée fait de même et ne peux retenir un Hooo ! d’admiration.
    À ce moment, de concert les deux petites culottes changent de tactique.
    Elles se mettent à s’agiter malgré le manque de vent, à babiller, à rire, à chanter, à faire du bruit.
    Leurs dentelles ne savent plus où donner de la tête et leurs élastiques s’agrippent pour ne pas craquer.
    Le régiment avance au pas.
    Magnifique, digne, imperturbable.
    Il passe devant nos deux petites culottes sans lever la tête.
    Le régiment s’éloigne.
    Nos deux petites culottes restent silencieuses, penaudes, vexées.
    Au bout d’un long moment… de réflexion, Lou dit à Chantelle :
    – tu sais, ça fait un moment que j’y pense, nos boites ne sont plus dans le coup avec leur slogan : « invisible, seconde peau », tu vois le résultat ?
    On devrait aller se faire relooker chez Wonderbra. Avec leur :
    « regardez-moi dans les yeux…j’ai dit dans les yeux »
    on n’aurait pas subi cet affront., j’en suis sûre !

  18. Pompelair dit :

    Ouais, ouais … bien sûr !

  19. iris79 dit :

    Deux petites culottes éhontées séchaient sur le rebord d’une fenêtre. Soudain une voix s’écria : Vingt-deux, voilà les slips !
    Elles se laissèrent alors glisser aussi promptement que possible et tombèrent à l’intérieur de la chambre ou gisait en attente de lavage les culottes en attente de soins. Elles firent dégoutées, elles si propres maintenant de se retrouver confinés avec leurs congénères pas très fraiches, tout ça pour laisser place aux slips arrogants du mâle de la maison. Sous prétexte qu’il leur fallait de la place à ses messieurs, les petites culottes se retrouvèrent bientôt accrochées à la poignée de la fenêtre !
    -Non mais vise un peu l’allure ! Ca frime parce que ça en impose mais ici, tout mouillé et froissé sur la rambarde, il n’y a pas de quoi impressionner.
    Elles éclatèrent de rire et cela ne plut pas aux slips à la mine triste en train d’attendre que le soleil fasse son effet.
    -Ah vous les pimbêches, ça va hein ? Ca frime et au premier petit coup de vent, ça s’envole sans prévenir…
    -Ah c’est facile vieux slip troué. Vous n’êtes pas en bonne posture pour nous critiquer ! Parce qu’installés comme ça sur le rebord, on peut dire qu’on voit des trous bien mal placés…
    Ce qui ne manqua pas de provoquer un fou rire entre les petites culottes…
    Un coup de vent les fit brutalement voler et choir sur la terrasse empierrée.
    Jusqu’à ce qu’une main rageuse se saisisse des unes et des autres et les lance sans ménagement dans le sèche-linge. Mélangés dans cette atmosphère confinée, il allait falloir s’entendre parce que les contacts ne manqueraient pas. Même si les petites culottes très débrouillardes s’arrangeaient toujours très bien quand elles tombaient ici pour se cacher dans les manches du vieux sweat gris.
    Les slips, eux, n’avaient qu’une hantise qu’ils cachaient tant bien que mal, ressortir trop petits de cette aventure…Malgré leurs trous il est vrai, ils se plaisaient bien chez leur porteur et y seraient bien rester jusqu’à ce que l’élastique craque…

  20. Kyoto dit :

    Deux culottes éhontées séchaient sur le rebord d’une fenêtre.
    Elles détestaient être exposées ainsi.
    La rugosité de la pierre blanche abîmait leurs fibres.
    Chaudes des dards du soleil implacable.
    Humides des larmes de leur vie misérable.
    Elles rêvaient de caresses du zéphyr, d’odeurs des champs, de la douceur de l’herbe…
    Soudain, une voix s’écria : « Vingt-deux, voilà les slips ! »
    « Enfin, de la visite ! » dit la petite rose qui rougit de plaisir.
    « Oh ! non ! » pleurnicha la plus usée, qui lui fit le teint encore plus gris.
    En fait, ils n’étaient que deux, ces slips.
    C’étaient leurs amis.
    Alors les culottes détendirent leur élastique.
    Leur firent de la place.
    Et ils papotèrent de hier, d’avant-hier.
    Nostalgie du passé.
    Bruissements de tissu.
    Frou-frou de la soie.
    Diamant de satin.
    Soudain, des aboiements brisèrent le silence de la rue.
    Deux boxers, armés de leur matraque, les menacèrent, la bave dégoulinant.
    Ah, ils cherchaient la baston !
    Les quatre amis lancèrent leur « SOS, DESSOUS EN DANGER »
    Les renforts arrivèrent rapidement.
    Les tangas, shortys, strings firent des dégâts.
    Et quand les caleçons longs s’en mêlèrent,
    Les boxers apeurés se sauvèrent.
    Soudain, une voix annonça :
    « Finie la bronzette mes chéris car vous êtes secs. »
    Ils se retrouvèrent dans la nuit, à l’abri dans la commode.
    Et ils savaient que, demain, le tiroir s’ouvrira…

  21. 😺 LURON'OURS dit :

    22V’LA LES SLIPS
    S’était un 1er Mars, les pâquerettes ouvraient timidement leurs corolles, les pissenlits paresseux dormaient encore au vent du printemps la graine ne s’était envolée. Déjà sur le fil alignées, petites culottes de s’agiter, toutes proprettes quoique mouillées, corde à linge ployée.
    Les slips sur la corde raide tentaient de s’aventurer tels des funambules risqués.
    Il était loin le temps de la lessive à la main dans la même bassine du sous-vêtement de grand’mère du maillot de Marcel !
    Aujourd’hui, de peur qu’on les harcelle, les frileuses se voudraient fil, string parfois ou corde à sauter, mais élastiques toujours. 😺

  22. Antonio dit :

    Deux petites culottes éhontées séchaient sur le rebord d’une fenêtre. Soudain une voix s’écria : Vingt-deux, voilà les slips !

    — Manquait plus qu’eux, tiens !
    — Encore ! ils n’ont décidément que ça à foutre. On était bien au soleil !
    — Ils viennent se rincer l’oeil. Regarde le gros, là, comme la sueur perle déjà sur son front. Allez, on se tire avant qu’ils nous mettent à l’ombre.

    Et les deux culottes s’envolèrent aussi sec avant d’être rattrapées sur le fil par une main ferme et humide.

    — Hep hep hep ! Mesdemoiselles, où alliez-vous comme ça ?
    — Nulle part, monsieur lingeant, on prenait juste l’air, se justifia la culotte à grande gueule.
    — Vous racoliez encore sur ce trottoir. C’est interdit, vous le savez bien, dit le gros slip, avec sa mine de kangourou.
    — Nous ne « faissions » rien de mâle, susurra la petite entre les dentelles. Est-ce notre faute à nous si des yeux polissons nous abordent ?
    — C’est la deuxième fois, cette semaine, ajouta d’un ton sec le slip à la tête de boxeur qui ne se laissait pas amadouer. Vous allez nous suivre au. Un peu de temps au frais ne vous fera pas de mal.
    — Allez hop, on y va ! On s’exécute plus vite que ça ! les bouscula le marsupial en chef dégoulinant de tous côtés.
    — Oh ça va ! Doucement, la main au panier. Ça ne vous autorise pas les mauvaises manières. On ne va pas y aller comme ça, le fil à l’air, sans enfiler au moins une paire de fesses !
    — Allez hop, on te dit. C’est qu’ça contesterait en plus !

    Elles montèrent dans leur panier, dans leur plus simple appareil, et se retrouvèrent alignées au poste, au milieu du beau linge, comme les fameuses chaussettes noires ou encore l’actrice rebelle au pull marine, suspendues à un interrogatoire qui n’était pas près de s’échoir.

  23. Souris verte dit :

    UNE HISTOIRE DE PETITES CULOTTES.

    Trois petites culottes échangeaient en séchant sur un fil.
    L’une dit à l’autre
    Tout cela est arrivé à cause du Pet Trouillard.
    Confiné depuis quelque temps, ça faisait un moment qu’il mûrissait l’envie de s’échapper.
    Ce qu’il fit en fuitant peu glorieusement dans un chuintement calamiteux.
    La voisine mutine dit en se dandinant
    – Moi je suis une parure de mariage toute en dentelle et assortie à la mantille de la mariée.
    Après la cérémonie c’est lui qui a soulevé le voile et on m’a jetée sans ménagement dans un coin. Presque oubliée, je désespérais.
    Depuis, je sors tous les dimanches pour l’Office mais l’après-midi, de nouveau elle m’enlève pour aller au cinéma. Ce sera mon regret : de ma vie je n’aurai jamais vu un film.
    À côté une grosse mémé culotte à bords larges et échancrés pesait sur le fil encore mouillée.
    – Hé ! Dites-donc les gamines si je vous racontais ma guerre des tranchées vous seriez étonnées.
    Je ne suis pas une jeunesse et n’ai pas d’élastique, rien ne me retenait et restais toujours accessible. En ai-je vu défiler des…
    – 22 ! V’là les slips cria-t-elle retrouvant sa jeunesse.

    En effet trois caleçons firent leur apparition et tout de suite établirent conversation.
    Le Kangourou compatit au Pet, ici lui aussi victime d’ une entérite entêtée.
    Le Slip -Bleu-Moulant fit son avantageux auprès des dentelles.
    – Quand on sera secs la toute belle, promis je t’emmène au cinéma.
    La gourgandine alléchée par la proposition s’agita, pour se presser de sécher.

    Le troisième, le caleçon de coton aux pattes longues, calme, agit en maître de la situation. Certain de sa mâle assurance il aborda sans vergogne l’échancrée.
    – Dis donc ma vielle, on n’est pas des perdreaux de l’année tous les deux, on sait ce que c’est, on ne va pas nous la faire ! Le vieux bougre savait s’y prendre et la grosse culotte, devant tant de maîtrise, soudain timide comprit -au bout de tant de loyaux services-qu’elle avait trouvé son maître.

    Un Zéphyr malin courut le long du fil, s’insinua par les ouvertures et tout ce petit monde se retrouva à sec rangé en bon ordre dans le tiroir à beau linge.

  24. camomille dit :

    Espiègle et réjouissant… ça fait du bien, merci Sylvianne!

  25. camomille dit :

    Espiègle et réjouissant…. ça fait du bien, merci!

  26. Sylvianne Perrat dit :

    Deux petites culottes éhontées séchaient sur le rebord d’une fenêtre. Soudain une voix s’écria : Vingt-deux, voilà les slips ! De peur, Elle sautèrent à pieds joints dans le jardin.
    Les slips crados du 5e venaient une nouvelle fois les reluquer. Blanches comme neige, chaque matin après la petite lessive dans le lavabo, elles se prélassaient au soleil.
    Une fois, envolées dans l’herbe tendre, pour fuir les 2 « kangourous », elles en profitèrent pour faire une petite balade. Elles saluèrent le drap accroché sur le fil qui voletait.
    Le string de la voisine se frottait au lcaleçon du voisin. Ni vu ni connu.
    Elles papotèrent avec Petit bâteau, accosté là attendant la clientèle.
    Elles gambadaient joyeusement, on aurait dit 2 papillons.
    Au bord de la rivière, elles aperçurent deux petits culs nus.
    Elles se proposèrent. Super ! C était la bonne taille.
    Vite enfilées, elles avaient quitté définitivement l’immeuble et deux slips menaçants.

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