511e exercice d’écriture créative créé par Pascal Perrat

L'écriture créative pour tous
Créativité littéraire

Frémissant sous le vent, une feuille avait involontairement montré ses dessous.
Un coléoptère raconta à ses confrères combien il s’était rincé l’oeil. Ils s’y précipitèrent.
Je vous laisse raconter ce qui s’en suivit.

Chaque jour, des essaims d’idées bruissent dans votre cerveau. Les exercices de Pascal Perrat vous entraînent à en faire votre miel.

18 réponses

  1. Blanche dit :

    La Feuille

    Il l’entendit crier
    « oh ! Mes dessous! »
    Et son cortex préfrontal se ferma
    Et il tomba amoureux

    Elle continuait de se laisser pousser, tournebouler, rouler, dérouler, frôler, stopper, déchirer par le vent Autan !
    Ou était-ce le Libeccio ?

    Elle ne savait plus vraiment les distinguer ces deux vents là depuis la seconde où elle l’avait vu, Lui, le grand branchage de chêne tomber à terre, dès la première rafale…

    Il était posé la sur l’herbe, immobile, muet
    Ses feuilles frémissaient encore mais sa branche était inerte

    il l’observait entre deux nervures, totalement immobile, lourd, faisant le mort
    Qu’elle était cool avec ses dessous couleur vert bambou !
    Et puis quelle légèreté, quelle élégance coquine sous les assauts du vent !
    Enfin … quel lâcher prise …
    Quel laisser faire …
    Et si c’était l’Autan qu’elle aimait ?
    Ou bien le Libeccio ?

    Et puis perdant son calme ( il lui fallait savoir) il bougea légèrement sa grande branche et surprise elle cria à nouveau
    « oh! Mes dessous «
    Car En fait elle se tenait juste au dessus de lui
    Le croyant mort

    Il n’y tint plus et se retourna d’un coup communiqua par télépathie et elle lui répondit en criant aussitôt
    « Non, mon cœur appartient déjà à Libeccio«

    Brusquement, son cortex prefrontal se réouvrit
    Puis ses yeux
    Il se redressa
    Regarda le vent qui faisait frémir le petit charme devant la fenêtre
    Il l’avait déjà oubliée…

    Blanche

  2. Anne-Lise Simond dit :

    Qu’est-ce que j’aime me laisser porter par le vent comme ça. Je me sens si légère, si libre aussi. Entre le temps où je demeure attachée à mon arbre et celui où je croupis par terre, ces quelques instants d’insouciance sont un pur délice…
    Tiens, que se passe-t-il ? Qu’est-ce c’est que cette nuée qui me fonce dessus ? Une meute de coléoptères ? Qu’est-ce qui leur prend ? C’est bien ma veine, pour une fois que je peux faire ce que je veux en toute tranquillité, voilà qu’une colonie de bestioles a décidé de venir me gâcher la vie. Je me demande bien ce qu’ils me veulent.

    – La voilà ! C’est elle !
    – T’es sûr ?
    – Mais oui, c’est comme ça qu’il me l’avait décrite : légère, abandonnée au vent, insouciante, la tige en l’air.
    – T’as raison, la description lui va bien.
    – Bien sûr que j’ai raison. Je ne me trompe jamais pour ces choses-là. Les feuilles aux mœurs légères ça me connait ! J’en ai vu plus d’une. Et, c’est toujours avec un grand plaisir !
    – J’imagine, j’imagine… Tu sais, moi, c’est la première fois. Tu crois qu’on va voir quelque chose ?
    – Il suffit de bien la faire tournoyer. Gilbert a eu de la chance, il l’a prise au dépourvu. Mais, on va devoir être plus malins. On va se creuser les antennes et bien réfléchir pour créer un joli courant d’air qui nous soit favorable.
    – Ah, Michel, tu sais toujours quoi faire, quelle que soit la situation. Vraiment, tu m’impressionnes.
    – Ça, mon pote, c’est le fruit de nombreuses années d’expérience. Et puis, faut dire que je suis plutôt futé de naissance.
    – Ça c’est vrai Michel. Pour être futé, t’es futé.

    Ils ressemblent beaucoup au petit jeune homme de tout à l’heure. Je crois que je commence à comprendre. Alors que je me croyais seule et m’offrais à tous les vents, je me suis laissé découvrir par un courant d’air. Le jeune coléoptère est passé pile à ce moment-là… Il a sans doute aperçu mes petites dentelles et est allé s’en vanter auprès de ses congénères. Ah le gredin ! Je lui avais pourtant demandé de rester discret. Je lui ai fait confiance, sotte que je suis.
    Bon, il va falloir être fine à présent. Je ne peux plus me dérober. Il est trop tard.
    Ah, mais, qu’est-ce que c’est ?

    – Geneviève !!! On vient en renfort ! Ils vont en avoir pour leur argent, tu vas voir.
    – Oh, les filles, comme je suis contente de vous voir. Mais qu’avez-vous en tête ?
    – C’est simple, en suivant le courant d’air chaud, nous allons nous laisser porter au-dessus de ces voyeurs et nous leur tomberons dessus !
    – C’est malin, je le reconnais. Mais ensuite ?
    – Ensuite, c’est simple, en glissant, nous leur retirerons leur pantalon à tous et on verra bien qui verra les dessous de l’autre ?
    – Oh ! Je me réjouis déjà de ce plan.
    – Allez les filles, en formation !

    – Michel, il se passe quelque chose de bizarre, là, non ?
    – Au contraire, ce n’est plus une, mais un tas de feuilles qui nous accueille. Le rêve !
    – Oui, mais là, quand même…
    – T’inquiète, je gère.
    – T’es sûr ? Parce qu’on dirait qu’elles…
    – … Je gère, je te dis !
    – Bon, bon. Ok, Michel.
    – Ah !!!!!!!!!!!! Mais, qu’est-ce qu’elles font ????

    – Euh… Là, on dirait que t’as pas vraiment géré Michel.
    – Je me passe de tes commentaires.
    – En tout cas, j’aime bien ton slip scarabée. Il est très chouette.

  3. françoise dit :

    Frémissant sous le vent, une feuille avait involontairement montré ses dessous. 
    Un coléoptère raconta à ses confrères combien il s’était rincé l’oeil. Ils s’y précipitèrent mais ,entre-temps, la feuille avait disparu.Ils cherchèrent , cherchèrent et soudain ils virent deux coccinelles copuler et sur qui ? Mais sur la feuille qui avait montré ses dessous
    étant donné qu’elles faisaient partie de leur famille, ils détournèrent leur regard et partirent sans but précis. Soudain ils aperçurent un membre de leur famille : un scarabée dont une des six pattes avait l’air mal en point : un des leurs qui avait quelques notions médicinales le remit « sur pied « . Soudain, ils aperçurent un autre des leurs, un hanneton apparemment mort. Ne pouvant rien faire pour lui, pas même réciter la prière des morts puisqu’ils étaient athées, ils le recouvrirent d’un peu de terre . Plus loin ils aperçurent quelques doryphores en train de dévorer un reste de pomme de terre. Il ne pouvait pas rester au Mexique ricana l’un d’entre eux.
    Soudain ils aperçurent une colonie de fourmis. Miam miam se dit le scarabée qui conseilla à ses amis de se reposer en attendant la nuit pour festoyer.

  4. Françoise - Gare du Nord dit :

    Frémissant sous le vent, une feuille avait involontairement montré ses dessous.

    Un coléoptère raconta à ses confrères combien il s’était rincé l’œil.
    « Je lui ai tout vu, je vous le dis, tout»
    « Dis, elle a des petits ou des gros bourgeons ? questionne le charançon
    « Un bon 95 D, je t’assure »
    « Et question tiges, combien ? » s’enquiert le scarabée aux antennes palpitantes
    « Pas plus de 20 tiges au compteur. »
    « De la limbe toute fraîche alors ? » interroge Scato le bousier
    « Une limbe toute verte, toute tendre, je t’assure »
    «  De la nervure je présume ?»  demande le ver luisant de concupiscence
    « Je ne le sais. Mais en tout cas, une belle cambrure et beaucoup de vitalité »
    « Dis-moi, le pétiole, pas trop large, j’espère ? s’inquiète Malmonté le hanneton
    « Étroite comme un ostiole, sois tranquille »

    Rassurés par toutes ces précisions, ils s’y précipitèrent comme un seul homme, à l’exception de Coccinelle qui, au nom de la solidarité féminine, refusa de les suivre.

    Lorsqu’elle les vit arriver, la feuille se mit à frémir non de désir, mais plutôt à trembloter d’effroi en se remémorant son passé.

    « J’ai été chassée du Paradis terrestre » se dit-elle « toute couverte d’opprobre et de honte. Puis, je me suis fait farcir par les Grecs après avoir pris la pose, confuse et mal à l’aise, pendant des siècles puis pour les peintres libidineux de la Renaissance.

    Je retrouvais décence et dignité dans les terres d’Aquitaine où je portai un nom de château jusqu’à une grave maladie ne vienne me mettre au plus mal.

    Je fus contrainte alors de monter à Paris où, après maintes misères, je trouvais un emploi car dentelée et pas moins fort pennée, sur une effeuilleuse dans un prestigieux cabaret de la capitale où je fus remarquée par cet infâme charançon. Ma sève me dit que je vis mes dernières heures et vais finir dévorée par ces abjectes bestioles

    Pour faire court, ma vie a débuté au Paradis terrestre pour finir au Paradis latin »

    Mémoires d’une feuille de vigne

  5. Nouchka dit :

    Une coccinelle trainait au pied d’un tilleul, à l’heure du déjeuner. Elle aimait ce coin tranquille, sans chien ni autres grosses bestioles, susceptibles de dénaturer de leurs effluences naturelles, le plaisir de s’enivrer du parfum des fleurs du tilla, si subtiles quand elles sont ainsi à l’apogée de leur floraison. Notre coccinelle savourait donc la température clémente à l’ombre de l’imposant tronc d’arbre. L’esprit toujours orienté vers les plaisirs des sens, notre jouisseur aspirait à trouver quelque réjouissance pour parfaire son insatiable recherche de volupté.
    Son vœu fut exhaussé lorsqu’il vit une feuille du tilla, en forme de cœur, trembler sous le frémissement du vent, se décrocher de la branche et descendre doucement en larges volutes. La coccinelle pu ainsi observer à loisir la délicate dentelure de la robe vert tendre et les fascinantes petites touffes de poils à l’aisselle des nervures sur la face interne du limbe. Rarement l’excitation ressentie par un spectacle aussi achevé n’avait, à ce point, bouleversé notre coquin, rouge de plaisir sur ses points noirs. La sémillante feuille atterrit à proximité du voyeur occasionnel. Il s’approcha sans vergogne de la belle et décida de se poser sur la délicate longue pointe, à l’extrémité de la robe nervurée, et d’y goûter.
    Repu de ce plaisant apéritif, la coccinelle s’éloigna et rencontra trois confrères ressassant quelques blagues oiseuses. Il raconta par le menu sa rencontre avec la belle feuille et le plaisir qu’il avait pris à l’observer rejoindre le sol à ses côtés. Bien entendu, il insista sur tous les détails croustillants des dessous de la belle.
    Les trois compères, à leur tour émoustillés par le tableau, lui demandèrent de les amener près du tilla avec l’espoir de voir une nouvelle feuille tomber de l’arbre ou de retrouver les restes de celle, décrite par notre conteur solitaire. Chemin faisant, ils continuèrent à délirer sur la beauté et la séduction que leur imagination et leur discours amplifiaient à l’envi.
    Quand enfin, ils parvinrent au pied le l’arbre, ce fut pour y trouver un abruti de chien, l’arrière train abaissé et la queue relevée, en train de déposer quelque étron à l’endroit même où la belle feuille de tilla avait été laissé amputée.
    Bien qu’ils fussent quatre, ils ne purent rien engager contre l’horrible Médor qui maintenant reniflait effrontément le tour de l’arbre et grattait le sol pour y enfouir, Dieu sait quoi !….

  6. Antonio dit :

    Les coléoptères, pas mécontents de mater du morpion, décollèrent illico de leur base et tournoyaient déjà en escadrille au-dessus de leur cible.

    – Pappy Boyington, je l’ai dans mon viseur, annonça un premier appareil avec deux points rouges sur la coque. Demande autorisation de me poser.
    – Moi aussi !
    – Et moi !
    – Du calme, jeunes scarabées ! bourdonna le chef d’escadron. Vous voulez froisser la feuille et mettre l’opération à la poubelle ? Il s’agit d’un vol discret d’observation. Chaque chose en son temps.
    – Mais on ne voit rien, Pappy !
    – Patience ! Dès que le vent soufflera, je repartira, soyez alors prêts à contre-plonger avec moi.
    – Et après chef ?
    – Dès que les vents tourneront, nous nous en ailerons…
    L’escadrille vrombissait d’excitation
    – GO ! hurla le chef,piquant tête la première
    – Oh !
    – Whouaaa !
    – Oh làlà ! Que c’est beau ! Mais que c’est beau !
    – C’est quoi, Pappy ?
    – Mon dieu, c’est énorme !
    – De la première catégorie… J’en salive déjà.
    – Je vous l’avais dit… J’espère que vous vous êtes bien rincé l’oeil.
    – Mais c’est quoi, Pappy ?
    – J’en peux plus ! Faut que je m’y pose, suppliait une coque à onze points qui connaissait bien la chose.
    – On reste calme, j’ai dit. On tient les rangs et on rentre à la base. Demain, promis on revient et on bouffe ces suceurs de sève.
    – Mais c’est quoi des suceurs de sève, Pappyyy ?
    – Des pucerons, gamin, comme t’as pas fini d’en niquer !

  7. Urso dit :

    Frémissant sous le vent, une feuille avait involontairement montré ses dessous.
    Un coléoptère raconta à ses confrères combien il s’était rincé l’oeil. Ils s’y précipitèrent.

    – Allo Tom, où es-tu ?
    J’ai peur, viens vite ! Ici, il y a plein d’hannetons. Je crois qu’ils veulent me violenter.
    – Pas de chance. Tom se trouvait à quelques kilomètres de sa belle. Il décolla à toute vitesse et enclencha le turbo mais sa vitesse n’était pas celle d’un TGV.
    – J’aaarrive …
    Enfin, il aperçu sa belle. Mère Feuille l’entourait.
    – Qui est-ce dit celle-ci, en voyant Tom arriver à plein gaz.
    – Un copain répondit fille Feuille, je t’expliquerai maman.
    – Alors, alors que s’est-il passé lança Tom, tout en retirant son casque, en ayant eu soin au préalable, de faire un signe de salut à la mère.
    – Rien de grave, rien …, enchaîna fille Feuille comme pour le rassurer.
    – Rien, rien ! mais au téléphone tu étais toute affolée.
    – Cinq hannetons Tom, à peu près de notre âge.
    Ils étaient juste là et 3 d’entre eux voulaient me toucher les f …, avec l’intention je crois d’aller plus loin … et de me violer.
    Toute haletante, elle reprit : Et puuis, comme par un miracle descendu du ciel, d’un coup, un nombre incalculable de guêpes sont arrivés.
    Et là les hannetons ont presque changé de couleur, et ne m’ont pas demandé la permission pour partir.
    – Ah ah, fit Tom, en serrant ce qui lui tenait de poing. – Tu as de l’humour toi.
    Moi, si j’avais pu être là, je les aurais broyés d’une main.

    Cette réplique fit sursauter Maman Feuille, qui jusqu’à présent était restée muette. Elle imagina les 5 hannetons tout broyés, devenir liquide comme de la soupe.
    Ensuite, sans aucune raison, elle cria à sa fille :
    – Mais lui, il en est aussi ! D’ailleurs, il a un accent et sa tête ressemble à celle d’un hanneton. C’est donc un complice.
    – Non maman, il leur ressemble mais ce n’est pas cet insecte.
    – Tom parut amusé. Pas un hanneton, mais d’une famille très proche répondit-il poliment à cette dame, en faisant un clin d’oeil à sa chérie.
    Bombant le torse il ajouta :
    – Retenez cela, pas hanneton, oh que non, mais toujours « coléoptère ».
    Tom pensa que cette dernière phrase était de trop et qu’il ne devait pas se moquer d’une grande personne.

    Elle, mère Feuille n’en revenait pas. Sa fille était tombée amoureuse de cette bestiole à plusieurs pattes.
    De son temps, son clan ne pouvait parler qu’aux végétaux. Ah les choses avaient bien changé dans cette drôle de société.

    A ce moment, ce qu’elle ne savait pas, ce qu’elle ne pouvait imaginer, c’est qu’un jour sa fille Feuille allait s’unir avec cette bestiole – comme elle disait – et vivre avec Tom, un amour plus que fusionnel.

    Autre chose aussi :
    quelques jours après ce petit événement, on sut que l’escouade de  » rafales guêpes  » n’étaient pas là par hasard.
    Ils avaient été appelés à la rescousse par Tom pour qu’ils viennent sauver sa belle, des griffes des jeunes hannetons.

    Également, cette histoire fit des petits car – pour des observateurs avertis – on voit de plus en plus dans les bosquets de nos « pays », des sortes de colonies – d’insectes et de végétaux – qui se tiennent par la main et qui, même sans Pacs, se sont dits oui pour la vie. Hi hi hi …

  8. iris79 dit :

    Frémissant sous le vent, une feuille avait involontairement montré ses dessous.
    Un coléoptère raconta à ses confrères combien il s’était rincé l’oeil. Ils s’y précipitèrent.

    Mais en arrivant ils ne purent que constater la majesté du chêne. Ses branches élégantes ondulaient discrètement sous la brise automnale et certaines feuilles il est vrai, virevoltaient presque dangereusement. Ils virent avant même d’arriver que la danse hypnotique du feuillage offrait des figures inédites et révélait subrepticement l’envers du décor, des couleurs en devenir, des nuances inédites, des ombres envoutantes. Les coléoptères hâtèrent le pas autant qu’ils le purent mais ne firent que rester sans voix devant ce spectacle saisissant. Pour ne pas perdre une seconde de cette vision incroyable, ils se tordaient la carapace jusqu’à en avoir mal, le regard happé par ce qui se passaient au-dessus d’eux. Installés sous la forêt de branches, ils ne sentirent bientôt plus la douleur de leur position précaire et ne purent anticiper leur chute en arrière. Couchés sur leur carapace, ils furent pris au piège de leur curiosité mal placée qui n’avait point le pouvoir de les rétablir sur leurs pattes qui s’agitaient maintenant désespérément. Trop lourds, trop éloignés les uns des autres, ils ne purent retomber sur leurs pattes. Les feuilles, elles, poursuivirent leur ballet unique et bientôt, emportées par le vent, se détachèrent pour venir mourir par terre. Elles échouèrent sur le corps des coléoptères qui n’en demandaient plus autant. Etouffés bientôt asphixiés par les résidentes du vieux chêne, les coléoptères scellèrent leur destin à ces fières demoiselles en retournant à la terre où ils pourrirent ensemble.

  9. camomille dit :

    Il s’y précipitèrent…….

    – Mais où qu’ils courent ces grands couillons ? Tu le sais toi ?

    – Oui ! ils courent pour voir les dessous du dessus de la feuille,

    – C’est quoi cette histoire ?

    – Ben c’est l’histoire d’une feuille qui a involontairement montré ses dessous,

    – Et alors ? Y a de quoi faire tout ce tintamarre ?

    – Ma foi, faut croire que c’est un événement !

    – Mais ils sont graves ces coléoptères, ils sont graves de chez graves !

    – Je te le fais pas dire !

    – Et tous ces gens qui se mettent à écrire sur cette pauvre feuille…. tu crois pas qu’ils se déchaînent pour rien ?

    – Ah ! Ça c’est autre chose. Pour eux, tout est prétexte pour écrire… c’est des fadas de l’écriture… Alors, une feuille à l’endroit, une feuille à l’envers, ça les occupe et pendant ce temps ils enquiquinent personne. Tout le monde s’y retrouve.

    – Ouais, mais la feuille dans tout ça, elle a rien demandé que je sache ?

    – C’est vrai, elle a rien demandé la pauvre, et en plus elle est confuse d’être à l’origine de cette effervescence… elle ne sait plus dans quel sens se tourner… Faut que ça cesse, faut la sauver : elle a droit au respect et à la paix.

    – t’as raison : STOP aux coléoptères, STOP au raconteurs d’histoire sur les feuilles
    Et vive l’association « TOUCHE PAS A MA FEUILLE » !

    Et c’est ainsi qu’une feuille, frémissant sous le vent, et qui avait involontairement montré ses dessous, pu finir ses jours paisiblement à l’endroit ou à l’envers car tout le monde s’en battait l’œil.

  10. Blackrain dit :

    Le coléoptère lui collait aux basques depuis quelques jours. Il était très porté sur la chose mais très dure de la feuille. La feuille ne disait rien. Comme elle semblait ne pas répondre à ses avances il s’était mis à boire. « Les litres » de raisin fermenté l’avait bientôt rendu devin. Il s’était senti tout « blizzard ». Il s’était imaginé faire une petite « bise » à la feuille pour qu’elle dévoile ses nervures mordorées. Il l’avait alors vu rougir puis se décoller doucement du sol sur lequel elle reposait, à demi morte des fatigues de l’été. Il avait alors vu ses dessous duveteux et en était resté sans dessus dessous. Il avait tous les stigmates de l’insecte amoureux. Une fois bien éveillé, le hanneton prit sa faucille qui lui servait de mandibule puis s’en alla couper des joncs. En chemin il rencontra quatre jeunes et beaux spécimens de sa connaissance. Sous leur carapace ronde les coccinelles vrombissaient. Pourtant, elles venaient juste de perdre des points pour un excès de vitesse. Il leur raconta son histoire. Les bolides rouges à pois noirs se montrèrent intéressés par le dessous des choses. Comme le hanneton, elles adoraient jouir de la situation sous le duvet des feuilles automnales avant de se transformer en chrysalide. Tous les quatre attendirent un petit vent pour se glisser sous les feuilles choisies. Ils s’y cocoonèrent longuement. Mais il leur fallait une compagne. Ils se devaient de faire aumône à la gente féminine. Les coccinelles se mirent à crier Aline, penchés sur la plage de leur traction avant. Les femelles se mirent à l’antenne pour mieux sentir leur demande en mariage, même s’il ne devait être que d’une nuit. « Nuitamment », elles donnèrent naissance à des petits à pois lorsque les feuilles qui avaient recueilli leurs amours se décomposèrent.

  11. Grumpy dit :

    Il était un scarabée, oui, mais un scarabée doré. Doré sur le dos, doré sur la tranche. Il prenait bien garde de cacher ses origines et son dur labeur de scarabée bousier qui avait dû si longtemps rouler sa bosse avant que fortune soit faite et que cousu d’or il devint.

    Pavaner, il pouvait, vêtu de sa remarquable carapace rutilante, il faisait tourner ses antennes de drone et déployait ses élytres de Rafale, le roi de la famille Hélicoléoptère, sans conteste, c’était lui.

    Ce n’était par pour autant qu’il avait été heureux en amour. Beaucoup de déceptions, d’échecs, ne l’avaient pas découragé, il continuait de courir après autant que le lui permettaient ses pattes devenues cagneuses le grand âge venu.

    Pour ce faire, il s’était mis au goût du jour, la drague à l’ancienne ça ne marchait plus. Si l’on voulait paraître vieillot et démodé il n’y avait qu’à continuer à l’utiliser. Pas bête (bien qu’un peu Bébête, forcément…) il avait suivi le progrès et assimilé les nouvelles technologies. On le retrouva donc chaussé de ses lunettes passer en nocturne des moments interminables sur le site de rencontres Insect & Co.

    Jusque-là, avec peu de bonheur. Premier essai raté avec une Coccinelle (vraiment trop jeune et trop petite, détournement de mineure, non merci, et puis tous ces points noirs sur le dos ce n’était guère appétissant.)
    Puis, il tenta sa chance avec coup sur coup trois Cétoines : il commença modestement par courtiser une grise qu’il trouva terne et triste, il passa à une cuivrée qui en promettait plus qu’elle n’en put donner, enfin une aussi dorée que lui ce qui porta ombrage à son orgueil.

    Il commençait à se décourager lorsque arriva sur son écran profil et photo d’une Hannetonne. Une Beauté ! Carapace noire lustrée, brillante, antennes élégantes, pattes fines, et surtout quels beaux gros yeux qui le dévoreraient peut-être ! Ils convinrent de faire connaissance sous la ramure impressionnante d’un acacia cinquantenaire.

    Tout commença fort bien, ils se plurent au premier regard, se mirent à bavarder à pattes rompues. Hardi, il s’essaya à l’embrasser. Elle ne rechigna point et même y mit du sien. Vite fatigué vu son âge, il s’assit en soufflant. Elle en fut décontenancée puis vexée, comprenant qu’il ne tiendrait pas la route, elle s’envola en lui criant cruellement qu’il n’était qu’un minable.

    Dépité, un peu honteux, il s’allongea sur le tapis de feuilles que lui déroula l’acacia pour le consoler afin qu’il s’y repose et s’y remette de ses émotions de vieux coureur.
    Vieux coureur mais aussi vieux cochon. Voilà qu’il se mit à reluquer les dessous d’une jolie feuille. Comme si, épuisé par seulement quelques baisers, il allait pouvoir être capable de faire mieux avec cette petiote encore bien verte.

    Lui frémissait à la vue de ces jeunes nervures, elle, de peur. Il en bavait de plaisir bien qu’abattu, recevant là la révélation de son évidente impuissance. Alors, matamore, il rameuta ses copains. C’est par ici que ça se passe, vue imprenable, émotion garantie.

    – Vous savez, moi je l’ai eue, se vanta-t-il.
    – Sûr ? Pas vrai … dirent-ils en un chœur dubitatif
    – Si, si je vous le dis.

    Tous, comme un seul coléoptère, se rincèrent l’œil et profitèrent tant et plus de cette jolie vue. Voyant une larme couler sur la robe de la mignonne prise au piège de ces lubriques, l’acacia arbre tueur les paralysa d’un crachat bien glaireux de sa sève empoisonnée.

    Les ailes collées, ne pouvant plus s’envoler, ils subirent l’humiliant sermon de l’acacia, symbole de Savoir, Tolérance et Détachement. Tout ce qu’ils n’étaient pas.

  12. 🐀 Souris verte dit :

    🐀 COUP DE VENT
    Un coup de vent fripon avait soulevé le jupon feuillu d’une branche basse.
    Un hanneton qui prenait ses aises dans la rosée du matin en profita pour se rincer l’œil du paysage.
    Un escargot faisait sa cour à marguerite jusqu’à l’effeuillage.
    Le pissenlit perdit sa fleur éméchée par le vent.
    Un nuage mit fin à cette nature en joie
    En orage éclata.
    Le vent facétieux surpris décampa.
    🐀 Souris verte
    ———
    😸UN AIR D’EAU
    Je marinais là, sur mon banc, ne faisant qu’un avec ma canne, son fil et le bouchon.
    De sous l’eau le poisson gobe et fait des bulles. L’œil globuleux recueil du dessous le reflet, la nervure des feuilles taquinée d’insectes à l’envers qui ne tomberont pas au centre des cercle de leurs déjections sucrées.
    L’ argyronète flotte, se propulse en menuet. N’atteindra pas l’orgasme pour un phasme sur la tige du roseau. La salamandre tachetée se cache dans la boue, dédaigne le triton tapageur. Les coléoptères trop fiers de leurs élytres se convoquent, coquets, à une garden-party à l’abri des feuilles duveteuses du frêne.
    Je marinais là, sur mon banc. Les autres déjà partis, je me perdais dans le miroir de mon microcosme.😸

  13. Nadine de Bernardy dit :

    Une feuille de chêne toute jeunette
    Par un sombre jour de tempête
    Montra bien involontairement
    Ses verts dessous fort innocents
    Un coléoptère qui passait par là
    Se montra fort indélicat
    Au lieu de détourner le regard
    Il lorgna longtemps ce que le hasard
    Lui offrait en toute innocence
    Comme spectacle sans aucune indécence
    Le malotru à ses amis coléoptères
    Cette bonne aubaine ne voulu taire
    Ceux ci émoustillés aussitôt coururent
    Aussitôt profiter de cette aventure
    Las!La belle était partie
    Enlevée par un aquilon très épris
    Non de ses dessous dévoilés
    Mais de sa tendre beauté
    Les amoureux disparurent
    Otant au chêne quelque parure
    Les insectes fort dépités
    Bredouilles chez eux sont retournés

    Moralité
    Il est bien bas de vouloir lorgner
    Quand l’amour nous offre tant de beauté

  14. Fanny Dumond dit :

    Frémissant sous le vent, une feuille avait involontairement montré ses dessous.
    Un coléoptère raconta à ses confrères combien il s’était rincé l’œil. Ils s’y précipitèrent, mais parmi la multitude le hanneton ne put la reconnaître.

    – C’est peut-être celle-ci, disait-il en pointant ses antennes sur l’une d’entre elles. Ben, non ! Elle était beaucoup plus dentelée. Tiens, celle-là lui ressemble davantage avec ses couleurs jaune-orangé. Eh non, ce n’est pas elle ! s’exclama-t-il dépité.

    Après avoir parcouru l’orée de la forêt, en long, en large et en diagonale, l’escouade de voyeurs en avait plein les pattes et commença de s’invectiver.

    – Tout ça pour ça, s’énerva le ver luisant qui n’en pouvait plus de se tortiller.

    – Moi, je reluque le catalogue de vente par correspondance sur la table basse, se vanta le cafard.

    – Ouais ! s’agaça le scarabée. Et moi je grimpe tout en haut des rayonnages de la librairie et je mate bien plus que des dessous, si vous voyez ce que je veux dire.

    Au moment où, désabusés, ils décidèrent de s’en retourner à leurs occupations, ils en prirent plein les yeux lorsqu’un grand coup de vent emporta les feuilles dans un french cancan endiablé.

  15. Laurence Noyer dit :

    Quand nous chanterons les dessous chic du cerisier

    Printemps

    Les pendants d’oreille

    Chanter

    Eté

    La folie en tête

    Regarder

    Automne

    Le soleil au coeur

    Languir

    Hiver

    Le merle moqueur

    Embaumer

  16. Kyoto dit :

    Frémissant sous le vent, une feuille avait involontairement montré ses dessous. Un coléoptère raconta à ses confrères combien il s’était rincé l’œil. Ils s’y précipitèrent telle une armée de robots, sans cervelle, ni cœur. En un battement d’ailes, la feuille fut mise à nu. Il ne restait même pas une nervure.
    Avait-elle vraiment existé ?
    La guerre avait-elle été déclarée ?

    Le printemps avait pris ses quartiers depuis peu. Ses créatures étaient si jeunes. Belles de tendresse naïve. Elles venaient à peine de naître. Etaient-elles déjà condamnées ?

    Rugissant sous le vent, les consœurs de leur amie disparue, criaient vengeance. Un bataillon de coléoptères bombardiers vint à leur secours. Défaite ou victoire ?

    Cependant, bruissant sous le souffle doux et léger du vent estival, les feuilles rescapées montraient volontairement leurs dessous. Personne ne vint les attaquer.

    Bientôt, elles mettront leur habit automnal et tout le monde viendra les admirer..

    Le bonheur des uns fait-il le malheur des autres ? A moins que ce soit le contraire ?

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