512e exercice d’écriture créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture créative
  • L’oeil gauche à l’oeil droit :
    Tu te souviens de ton premier clin d’oeil ?
  • Et toi ?

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19 réponses

  1. Anne-Lise dit :

    – Comme si c’était hier… Surtout que, si je me souviens bien, c’est moi qui suis resté ouverte et qui ai vu le sourire radieux de maman, si fière qu’on y soit arrivé.
    – Ah, excuse-moi, je me permets de te contredire, mais c’est moi qui suis resté ouvert.
    – Et voilà, comme toujours… Il faut toujours que tu te mettes en avant. Y’en a toujours que pour le côté droit.
    – Bah, ça semble logique, non ? Il y a quand même une majorité de droitiers sur terre.
    – Oui, mais alors… Quand on fait un clin d’œil, lequel est le dominant ? Celui qui reste ouvert ou celui qui se ferme ?
    – …
    – Ah, ça te la coupe, hein ? Est-il plus facile de se fermer quand l’autre reste ouvert ou le contraire ? Parce que l’air de rien, je fournis un effort incroyable pour bien rester fermé, alors que toi, t’es pas fichu d’y arriver.
    – Il faut reconnaitre que la question mérite réflexion. À moins que…
    – À moins que quoi ? Qu’as-tu encore à dire ?
    – Je me disais…
    – Bah vas-y, expose ton idée !
    – Nan, tu vas te moquer…
    – Mais non.
    – Je pense que l’idée peut te plaire, à toi le gaucho de service : en fait, tant qu’on n’arrive pas à se dissocier, cela montre un lien fusionnel entre nous deux. Puis, quand enfin on y arrive, c’est le fruit d’un formidable travail d’équipe.
    – C’est sûr que vu comme ça…
    – Ben oui, on ne peut parler de clin d’œil que si l’un est prêt à rester dans le noir, tandis que l’autre est celui qui regarde…
    – Mouais, pas mal ton analyse. Mais, qu’est-ce qui se cache derrière ton raisonnement ?
    – Rien, rien… Je dis ça comme ça.
    – Allez, accouche !
    – Tu vas pas aimer.
    – Je me doutais bien que tu ne pouvais pas avoir retourner ta veste comme ça.
    – Bah c’est simple, du premier qu’on a réussi à faire à celui d’hier à ce beau gosse qui est passé, qui est-ce qui finit toujours par se rincer l’œil ? C’est bibi ! Alors, si je t’apaise en te servant des théories humanistes fumeuses, tu ne me casseras plus les cils pour rester ouvert et je continuerai à profiter des grands sourires que nos prouesses, que TES prouesses, déclenchent.
    – C’est ça, fiche-toi de moi. Tu verras, un jour je me mettrai en grève et resterai grand ouvert.

  2. Françoise - Gare du Nord dit :

    L’oeil gauche à l’oeil droit :

    –  Bonjour Iris. Dis-moi, tu te souviens de ton premier clin d’oeil ?

    Non. Cela remonte à trop longtemps.

    Moi, ce n’était pas vraiment un clin d’oeil mais plutôt un ptosis. J’aime beaucoup ton rire cristallin. Que lis-tu qui t’amuses autant?

    Une bande dessinée.

    Je ne connais que les Dalton car je souffre de daltonisme. Tu es beau, tu es maquillé ?

    Oui, enfin, juste du rimmel.

    Moi, je ne peux pas car, suite à un orgelet, j’ai une alopécie. Tu as pleuré ?

    Oui, il vient de peler des oignons

    Moi, je ne pleure plus. Et pourtant j’aurais de quoi, je suis pupille de la nation. Mais j’ai une sécheresse oculaire. Oh ! Regarde cet avion. Tu y es déjà monté dans un avion ?

    Oui

    Moi jamais, le seul décollage que j’ai connu c’est un décollement de la rétine. Tu as déjà été à la mer ?

    Oui

    Je ne peux pas ! A cause du sable dans les paupières, j’ai de la conjonctivite. Tu pars où en vacances ?

    En Egypte

    L’Egypte, le Nil. Merci bien, sans moi, la cataracte je connais, c’est mon quotidien

    Tu as bientôt fini avec tes questions ? C’est agaçant. Tu me tapes sur le nerf optique. Et puis cesse de loucher sur moi. Va-t-en !

    Et le pauvre œil gauche entama alors un long et fastidieux départ, sous la forme d’un virage à 180°, qui devait le conduire du strabisme convergent au strabisme divergent

  3. Françoise dit :

    L’oeil gauche à l’oeil droit :
    – Tu te souviens de ton premier clin d’oeil ?
    – Bien sûr ! C’était à la maîtresse qui, furieuse, je ne sais pas encore pourquoi, m’a condamné à écrire cent fois le mot ophtalmologiquement. Du coup on est rentré à la maison il faisait nuit ,On voyait des yeux de chiens, de chats etc dans le noir, je ne voudrais pas avoir des yeux si près du sol ; parfois is doivent recevoir des coups de pied.
    – Il faudrait alerter la S P A
    – penses-tu
    – est-ce que çà t’arrive de déshabiller une jolie femme des yeux,
    _ ben oui ,qu’est-ce-que tu crois, faute de pouvoir le faire avec les mains surtout celles qui n’ont pas froid aux yeux ; enfin je ne suis pas tout seul dans ces momets là, çà te plaît aussi dis pas le contraire
    – demain on va chez un spécialiste qui va évaluer notre déséquilibre binoculaire et après cela on devrait avoir des lunettes
    çà me plaît assez on aura peut-être l’air plus sexy ?
    Fais attention il y a un feu clignotant !
    Je ne l’avais pas vu celui-ci, heurusement que tu as eu l’oeil ! Tu m’as sauvé la vie !
    On est vraiment inséparables !
    Çà tu l’as dit et c’est bien ainsi…….

  4. camomille dit :

    Moi, je ne me souviens pas du premier, mais du dernier Oh oui !

    – ?

    – C’était juste avant le fameux jour où tout a basculé,

    – Ah ? Raconte

    – Ben tu sais bien… le jour où a commencé ma mission… le jour où sous le choc je n’ai plus pu cligner… je jour où je suis resté tout grand ouvert dans les ténèbres, voué à le regarder dans l’ombre fixement

    – C’est vrai, je m’en souviens à présent. Et alors ?

    – Alors, dans les cieux mornes, me voilà ad vitam æternam à la même place au fond de l’horizon à le regarder fixement te dis-je

    – Ad vitam æternam ?

    – Oui mon frère, à jamais dissocié de toi, je dois le regarder toujours et toujours pour que ça lui foute la trouille….

    – Et ça lui fout la trouille tu crois ?

    – Oh oui, je lui pourris la vie, je te le garantis !

    – Mais ça va s’arrêter quand cette histoire ?

    – Jamais mon frère, jamais…. même dans sa tombe je serai là et je le regarderai

    – Brrr ! ça me fait froid dans le dos

    – t’as raison… mais il n’avait qu’à pas faire le con CAÏN

  5. Urso dit :

    L’oeil gauche à l’oeil droit :
    – Tu te souviens de ton premier clin d’oeil ?
    – Et toi ?

    – Lulu je t’ai posé cette question pour voir ta réaction.
    – Ma réaction Lolo, comment ça ?
    – Maintenant tous les deux on ne pourra plus « cligner ».
    – Non et pourquoi ?
    – Lulu, s’énerva Lolo, t’as pas vu que la tête de monsieur a été décapitée et que là on est au fond d’un énorme panier, bourré de têtes humaines bien tranchées !
    Lulu avait toujours pris la vie avec beaucoup d’insouciance. Même ce matin avec la décapitation de la tête de monsieur, il ne s’était pas trop posé de questions.
    Lui Lolo était plus philosophe : il se posait toujours des questions et là, avec cet événement d’aujourd’hui, il ne savait pas du tout ce qu’allait leur réserver l’avenir.

    A moins que …
    Paraît-il que la chance sourit toujours à celles et à ceux qui … ainsi qu’aux chanceux.
    Et justement, voilà qu’une souris se glissa dans le panier à têtes, et passa pas loin de Lulu et Lolo.

    Eh eh souris, viens par ici, cria Lolo de toutes ses forces. On a besoin de toi. Eh ma belle souris.
    Mais on aurait dit qu’elle ne comprenait pas son langage, car celle-ci passa tout près, sans tourner sa tête.
    Lolo s’y reprit une deuxième fois. Alors demoiselle souris le regarda droit dans les « yeux ».
    – Que me veux-tu dit-elle, avec une pointe d’accent du sud de Paris ?
    -Approche, approche répondit avec douceur Lolo.
    – Alors comme ça tu veux que je vous libère tous les 2 de cette tête !
    – Pas de souci dit-elle. Mais à une condition !
    – Quelle condition s’étonna Lolo ?
    Lui, Lulu écoutait cette conversation depuis le début, mais ne voyait pas où Lolo voulait en venir.
    Alors la souris se gratta doucement l’oreille et dit :
    – Après votre « libération » je voudrais venir avec vous !
    – Mais pour quelle raison répondirent à l’unisson Lulu et Lolo.
    – Ben pour voir du pays pardi. J’en ai marre de vivre toujours ici avec mes congénères. Et puis tous deux vous êtes si beaux … avec un regard tout bleu et scintillant.
    Lolo réfléchit un peu puis indiqua :
    Affaire conclue.
    Au fait quelle est ton petit nom ?
    – On me dénomme Félicité poursuivit la souris toute enchantée.

    Et voilà comment Lulu, Lolo et Félicité voyagèrent quelques temps ensemble, à travers la France de la Révolution, vers 1793 de notre ère pour être plus précis. Hi hi.

  6. RENATA dit :

    – Tu te souviens de ton premier clin d’œil ?
    – Et toi ? parce que moi j’vois pas .
    – Et bien , aujourd’hui c’est l’anniversaire du mien !
    – Raconte !
    – C’est un peu vexant de constater que tu as oublié . Nous avons vieilli , mais quand même ! Souviens – toi de ce jour où notre regard s’est croisé pour la première fois dans le miroir de la salle de bain . Quelle claque ! Je venais d’apercevoir mon alter ego . Plongeant alors mon œil dans le tien je t’ai adressé le premier et unique clignement de ma vie . Je te suis resté fidèle et n’ai jamais papilloté ailleurs . J’attendais chaque jour que notre propriétaire se reflète et s’admire pour me permette de t’entrevoir .
    Aujourd’hui ce temps est révolu il ne se contemple plus . Moi je suis en manque de toi , j’ai beau loucher , le nez me condamne à vivre sans ta prunelle .
    – Non , je n’ai rien oublié et moi je n’ai toujours d’yeux que pour toi grâce aux verres de nos lunettes , jette un coup d’œil et embrasse-moi .

  7. Maguelonne dit :

    L’œil gauche à l’œil droit : Tu te souviens de ton premier clin d’œil ?
    – Sûr, une vraie catastrophe, où tu avais ta part de responsabilité.
    – Ah bon, je ne me souviens de rien.
    – Pas étonnant, tu te moques de tout.
    – Et toi tu es toujours à cran. Tu fatigues. Allez raconte.
    – C’était à la soirée d’anniversaire de notre cousin. Toi, comme d’habitude tu lorgnais sur le bar situé à gauche. Et moi je craquais sur la belle Pompinette qui n’avait d’yeux que pour le DJ situé à droite. Et lui le goujat, draguait tout ce qui avait le corsage bien rempli. Alors j’ai fait un énorme clin d’œil à Pompinette pour qu’elle me remarque. Puis je me suis approché en clignotant à qui mieux mieux. Ce qui n’était pas facile, vu que tu louchais toujours à droite et moi je clignais désespérément à gauche. Je n’ai pas vu la piscine et Plouf. Ne sachant pas nager il a fallu nous repêcher. Entre le chlore et la honte, j’étais tout rouge. Et Pompinette c’est le fou rire qui l’a rendu rouge comme une tomate. Je me sentais au bout de ma vie.
    – Tu es toujours là. Et si tu étais moins rigide, tu aurais pu en profiter. Elle avait le cœur tendre et elle était un peu pompette Pompinette. Elle t’aurait séché, dorloté. Tu en aurais profité et tu m’ aurais dit merci. Faut te détendre l’ami.
    – Comment ça, te remercier ! Tu n’es jamais synchrone avec moi. Tu reluques à gauche quand je veux aller à droite ou le contraire. Tu sais, depuis cette soirée je rêve d’être cyclope.
    – Ah pas de gros mot.

  8. Christine B. dit :

    Je me souviens de mes premiers clignements d’yeux, à la vie; de mon irrésistible envie de les ouvrir très grands pour voir la vérité sur le visage des adultes. J’ai essayé de faire la mise au point, d’ouvrir la bouche aussi, de parler, de poser des questions. Mais plus j’essayais, moins je voyais.
    J’ai alors cligné d’un oeil, un seul.
    « Te souviens-tu ? Tu étais à côté de moi. Tu as cligné à ton tour. Nous étions tout ébaudis. Pourtant impossible de faire la lumière sur la vérité. »

    J’ai cligné des yeux pendant longtemps, très longtemps, des années… Aux adultes, puis aux garçons, au soleil, au vent et même à mes larmes. Car ces clignements m’ont apporté beaucoup de chagrins, de pleurs la tête enfouie dans mon oreiller. J’étais déçue, meurtrie de ne pas trouver la vérité. Personne ne pouvait me la donner. Personne ne la connaissait.

    Alors j’ai arrêté de clignoter à droite, à gauche, des deux côtés. J’ai ouvert mes yeux encore, pour capter toutes les lumières de la galaxie. Puis je les ai fermés, soupirant, soulagée.
    La vérité n’existe pas. Pas la peine de la chercher.

  9. 🐀 Souris verte dit :

    🐀 D’UN ŒIL À L’AUTRE
    Chacun d’un côté de la cloison nasale l’un s’enquiert de l’autre.
    – Ça va toi ?
    – je conjonctivite !
    – T’as qu’a ralentir ! Mais tu vois clair quand même ?
    – oui, je cligne et ça créé des quiproquos.
    Et toi ? Ça va ?
    – Moi je sors de chez l’ oculiste.
    – et alors ?
    – j’suis presbyte.
    🐀

  10. Grumpy dit :

    Après être devenus bons amis sur leurs lits de douleur à l’hôpital des Quinze-Vingts, un des hasards de la vie les avait amenés à habiter le même village. Tous deux fraîchement rescapés de la Grange Guerre en étaient revenus gueules cassées, mais vivants.

    Bien beau d’être debout alors que tant d’autres …. mais cette litanie ne leur remontait pas le moral. Vivants mais esquintés. L’un avait reçu un éclat d’obus dans son œil Bleu gauche, l’autre avait eu son œil droit Noir brûlé par du gaz moutarde. Ils trouvaient qu’ils ne s’en étaient pas si mal tirés, presque soulagés de n’y avoir laissé qu’un œil, ils auraient conservé la paire que, de toute façon, ils n’auraient plus jamais pu regarder vie de la même manière tant ils avaient vu d’horreurs. Et puis, s’ils avaient dû choisir entre rester borgne ou unijambiste, pas d’hésitation.

    Ils s’adaptèrent petit à petit, souvent ils baladaient ensemble se racontant leurs souvenirs de tranchées, l’œil droit Noir marchant toujours à la droite de l’œil gauche Bleu, pour équilibrer. Ils eurent fait le contraire, on se serait moqué qu’ils louchaient. Les bons jours, ils en plaisantaient. Ce qui ne les empêchait pas de se rincer l’œil unique et d’en cligner comme un phare de voiture lorsqu’une jeunette croisait leur chemin.
    Le traumatisme des aguets au ras de la tranchée demeurait à vif et sans doute jamais ne s’effacerait, ils avaient passé un accord : ne faire un clin d’œil que chacun son tour sous peine de rendre aveugle leur duo ne serait-ce qu’un instant.

    – œil Bleu : Tu te souviens de ton premier clin d’œil ?
    – Je ne l’oublierai jamais, c’était pour viser le servant de la mitrailleuse.
    – Et toi ?
    – œil Noir : c’était de nuit, j’ai cligné et pointé le détrousseur de cadavres
    – C’était notre guerre, le troisième œil nous a vus d’en haut, nous sommes pardonnés.

    Pour gagner leur vie, les deux yeux ont uni leur expérience et joué leur atout : l’ œil unique, même pas besoin de cligner. Alors ils ont monté un stand de tir qui a formé bien des jeunes pour la guerre suivante.

  11. Fanny Dumond dit :

    L’œil gauche à l’œil droit :

    – Tu te souviens de ton premier clin d’œil ?

    – Et toi ?

    -Oui, c’est quand Aurélien a entraîné son cousin dans le grenier de leur grand-mère pour y zieuter les revues coquines que leur grand-père avait cachées dans une malle. Ils voulaient profiter que leur mémé était partie à la messe et ils avaient laissé leur cousine Martine sur le seuil de la maison pour faire le guet, avec pour consigne de chanter « C’est la mère Michel qui a perdu son chat » quand elle rappliquerait.

    – Et alors ?

    – Et alors, Martine qui en avait assez de poireauter devant la porte d’entrée était partie jouer à la marelle avec une copine.

    – Et alors ?

    – Et alors, les deux sacripants, plongés dans leurs croustillantes lectures, n’eurent que le temps de jeter pêle-mêle les magazines dans la malle quand ils entendirent des pas lourds dans l’escalier. Leur grand-mère, essoufflée, leur demanda ce qu’ils fabriquaient là-dedans au lieu de s’aérer par ce si beau temps.

    – Et alors ?

    – Et alors, après un clin d’œil à son cousin, Aurélien répondit qu’ils lisaient des « Akim » et que c’était trop bien. Et toi, c’était quand ta première fois ?

    – Oh, moi ! C’est quand j’ai eu une poussière dans ma mirette.

  12. iris79 dit :

    L’oeil gauche à l’oeil droit :
    – Tu te souviens de ton premier clin d’oeil ?
    – Et toi ?
    -Oh oui, pas toi ? C’était à l’école en maternelle. La maitresse venait de lire une histoire dans laquelle une petite fille faisait un clin d’œil aux élèves à la dernière page et elle nous avait demandé si nous aussi, nous savions faire.
    -Ah mais oui je me souviens maintenant ! Qu’est-ce qu’on avait ri ! (La maitresse aussi d’ailleurs !). Ça devait être la première fois qu’on s’y essayait ! Pas moyen de nous synchroniser ! Soit on se fermait tous les deux, soit on restait ouverts tous les deux aussi en faisant des grimaces qui nous faisaient bien rigoler ! Ah oui, c’était frais, innocent, drôle et touchant ! C’est du moins ce qu’on voyait dans les yeux de ceux qui nous regardaient !
    -Oui, tu as raison…Tu te rappelles plus tard, ce n’était plus tout à fait la même histoire…
    -Tu veux dire la fois où notre tête manquait tellement de magnésium que nos paupières s’emballaient sans qu’on n’ait plus aucune maîtrise !
    -Ouais cette fois-là…La honte ! La tête du prof d’allemand qui croyait que je le draguais alors que j’avais complètement perdu le contrôle de la situation.
    -Mais oui ! Et je faisais pas mieux ! En plus on ne pouvait pas dire qu’il cassait des briques ce prof !
    -Oui, comme tu dis…
    -Moi j’aimais bien ce jeu de colonie de vacances, tu sais quand il fallait être hyper discret dans ses clins d’œil pour « appeler » quelqu’un qui était devant une personne qui la retenait si elle « interceptait » le fameux clin d’œil.
    -Oui c’est vrai !
    -Rien ne vaudra jamais ceux qu’on a osé faire à notre Apollon alors que notre tête était morte de trac. En même temps, c’est vrai que ce clin d’œil a quand même changé sa vie hein ! C’est grâce à de fameux clin d’œil pour lesquels on a excellé que ces deux là sont mariés depuis trente ans.
    -Oui, c’est vrai qu’on a drôlement assuré ce soir-là. Il faut dire que c’était une superbe soirée. Eblouis par toutes ses lumières du feu d’artifice, il aurait été dommage de ne pas faire notre show aussi !
    -C’est sûr ! Mais c’est vrai qu’avec le temps, on a quand même moins été sollicité pour ce boulot…
    -Ben ne t’inquiète pas tu sais, la vie c’est comme ça, ça va, ça vient. On a toujours cette petite étincelle au fond des yeux toujours aussi vaillante ! On saura la faire pétiller encore !
    -Tu as raison. Depuis qu’est né le petit fils et qu’il vient en vacances, je meurs d’envie de jouer avec lui, de lui extirper des sourires, de lui apprendre des astuces, après tout, tant de choses se disent par le regard !
    -Ah dis donc ! Tu as vu ? Tu viens justement de cligner ! Allez, je te le rends bien ! Tiens, voilà le petit homme ! Il est réveillé ! donnons-nous en à cœur joie !

  13. Kyoto dit :

    Œil-de-Lynx lit.

    Œil-de-Verre s’ennuie.

    – Dis, mon frère situé à ma droite, te souviens-tu de ton premier clin d’œil ?

    – Et toi ?

    – Tu réponds à ma question par une question ? Habile esquive ! Aucune importance ! Je te rappelle ma première fois. Mon premier clin d’œil – et, ma foi, mon dernier- a provoqué une telle hilarité environnementale ! Je n’avais réussi qu’à faire une affreuse grimace, digne d’un satyre ! Oh ! J’étais vexé… encore aujourd’hui. Il est vrai que ce n’est rien par rapport à toi.

    – …

    – D’accord, tu ne veux pas en parler. Je me souviens de ton premier clin d’œil si majestueusement exécuté ! Mais, tu as été malchanceux. Tu t’es fait agresser par ce boxeur pitbull, médaillé d’or dans la catégorie poids lourd, qui n’a pas apprécié que tu zyeutes ainsi son amoureuse. Tu t’es pris un coup de poing direct ton œil. Impérialement asséné.

    – …

    – Ce n’est pas la peine de ciller ! Je lis tes pensées. Tu vois la vie en noir et blanc. Le passé est passé. Et rien ne peut le changer. L’espoir est là, pour un meilleur avenir et…

    – Arrête avec tes conneries, tu vas me faire tchouler !, finit par articuler Œil-de-Verre.

    – Désolé, mon frère ! Mais je me fais du souci pour toi et je viens de lire un article qui pourrait te guérir !

    – …

    – Grace aux nanotechnologies tu pourrais bénéficier d’un œil bionique.

    – Et tu as lu ça sur la Toile…

    – Mais non, mon frère, sur le magazine scientifique méga sérieux Sciences et Vue. Tu verras à nouveau en D3, en petit, en grand, en couleurs. Un œil plus performant que le mien. Tu verras toutes les nuances de l’arc en ciel, tu pourras zoomer. Je verrai de nouveau la lumière dans ton œil. Je pourrai t’appeler Œil-de-Faucon. Tu vas être heureux, mon frère. Ce sera à ton tour d’être l’Œil du Maître.

    Œil-de-Verre ferma sa paupière en souriant.

    Œil-de-Lynx ferma sa paupière en souriant.

  14. Catherine M.S dit :

    Conte pour se souvenir

    – Tu te souviens de lui ?
    – De qui ?
    – De ton premier « clin »
    Demande l’œil gauche à l’œil droit
    – Ben oui, j’étais tout chose, aux abois
    – Tu attendais quoi ?
    – Un signe du destin, d’un humain
    – Pourquoi ?
    – Pour me rassurer tiens !
    – Tu avais peur ?
    – Je venais d’arriver
    Et tu étais encore fermé
    Les premières lueurs de l’extérieur
    Ça fait flipper …
    – Et alors ?
    – J’ai aperçu un peu du dehors
    – Mais encore ?
    – J’ai deviné des morceaux du décor
    – C’était comment ?
    – Plutôt éblouissant
    Bien plus que dedans
    Et puis finalement
    Toi aussi tu t’es ouvert
    Alors à nous deux, tout doucement
    On a plongé dans ce nouvel univers
    Après neuf mois en apnée
    C’était notre premier bol d’air
    Et le monde, enfin, nous était offert
    Plus peur de la lune ni du soleil
    Mais impatients de découvrir tant de merveilles !

  15. Antonio dit :

    L’œil gauche à l’œil droit :
    – Tu te souviens de ton premier clin d’œil ?
    – Et toi ? Tu te souviens la première fois que tu as regardé devant toi ?
    – Pourquoi tu me dis ça ?
    – Parce que j’en ai par-dessus le nez de te sentir après moi toute la journée.
    – Oui, mais moi, je m’ennuie si je ne parle pas à quelqu’un. Les lèvres, elles sont toujours l’une sur l’autre à disserter sur tout et n’importe quoi comme si on n’existait pas et le gros pif, là, il ne peut pas me blairer, je ne sais pas pourquoi.
    – Et si tu arrêtais de causer pour ne rien dire et regardais droit devant toi, comme moi, peut-être qu’on aurait un sujet de conversation à partager.
    – Mais y a rien devant, c’est tout flou, on dirait le grand smog de Londres ?
    – Je le saurais si t’étais déjà allé à Londres !
    – Je l’ai lu dans un livre.
    – Ah bon ? Quel livre ? On n’a jamais vu un seul livre.
    – Moi, si. Tous les soirs vers 22h.
    – Hein ? T’es encore ouvert à 22h, toi ? Moi on me ferme une demi-heure avant de me frotter et de baisser définitivement le rideau.
    – Tu vois, que tu viens de te souvenir d’un clin d’œil. C’était quand ton premier ?
    – Tu ne peux pas être enclin à la fermer, deux minutes ?
    Si, regarde !
    T’es lourd, tu ne vois pas que c’est grave !
    – Quoi ?
    – On t’utilise, toi, pour lire, s’instruire, s’émouvoir, toucher les choses de près, alors que moi on me tient loin de tout ça.
    – Et alors ?
    – Loin des yeux, loin du cœur, comme on dit. C’est dégueulasse.
    – Mais toi, tu peux voir les étoiles, tandis que pour moi, dehors, c’est nuit et brouillard.
    – Et puis un jour la lumière disparaît, c’est le trou noir !
    – Qu’est-ce que tu veux dire ?
    – Tu ne vois donc rien venir ?
    – Non, rien, devant…
    – Tu veux que je te dise ?
    – …
    – Regarde-moi quand je te parle !
    – …
    – C’est louche tout ça !

  16. Nadine de Bernardy dit :

    Tu te souviens de ton premier clin d’oeil,demande l’oeil gauche à l’oeil droit.
    Et toi?
    Tu parles si je m’en souviens,c’était un peu avant notre opération de ce strabisme convergent..Combien de fois avons nous entendu:
    – Regarde celle là,elle a un oeil qui dit merde à l’autre.
    Pauvre petite ,comme si elle était responsable, nous nous retrouvions baignés de larmes de honte.
    Bon,alors, tu t’en souviens?
    Ben oui,c’était dans la cour de l’école.Toujours un peu à l’écart des autres,à cause des moqueries.Je m’exerçais à faire de l’oeil à un oiseau à qui elle jetait des miettes.
    J’ai eu beaucoup de mal,tu n’arrivais pas à rester fermé,ce qui fait que nous faisions une drôle de grimace à nous deux!
    – Oh regarde moi ça,la bigleuse qui fait des grimace maintenant,avait dit une idiote aux grands yeux bleus.
    Je m’en souviens très bien,j’étais partagé entre l’envie de rire devant nos efforts infructueux et l’agacement en me disant que tu aurais pu m’aider un peu mieux.
    Au bout d’un moment j’ai réussi mon oeillade,l’oiseau s’était envolé mais il restait la beauté du geste et…
    Et on ne peut pas être deux à faire un clin d’oeil en même temps,je sais.
    Moi mon premier essai réussi fut pour Jean Pierre,un grand de CM2,celui qui bégayait.Il a tout de suite compris le message.Rouge de plaisir il s’est tourné vers elle.
    – C’est moi que tu regardes? C’est pour moi ce clin d’oeil?
    Elle a opiné du chef,toute rose elle aussi, quand il l’a embrassé sur la joue.
    Ouais,tu avais gagné,ces deux là étaient faits pour s’aimer.
    Elle s’est faite opérer,il est allé voir un orthophoniste.
    Il est devenu chroniqueur sportif,elle est ophtalmo à la ville voisine.

    Et leurs enfants,qu’est ce qu’ils sont mignons avec leur petit cheveu sur la langue.

  17. Marianne B dit :

    L’œil gauche a l’œil droit :
    – Tu te souviens de ton premier clin d’œil ?
    – Non, et toi ?
    – Et comment que je m’en souviens ! J’étais jeune et un peu gauche, je manquais d’expérience ! C’était au cours d’un de ces dîners de famille où chacun profite de l’occasion pour régler ses comptes. Je voulais donner un coupe de main, ou plutôt un coup d’œil encourageant à ma petite voisine de gauche, elle était toute timide et réservée alors qu’elle avait tant de choses à dire, j’avais de la peine pour elle… A un moment j’ai tourné très légèrement la tête dans sa direction, il fallait rester discret, et j’ai essayé de cligner, mais elle n’a rien vu. Alors j’ai recommencé à plusieurs reprises, mais elle ne voyait toujours rien. Après beaucoup d’essais sans succès j’ai fini par cligner de toutes mes forces, en comprimant au maximum la joue gauche. Mon attraction était telle que la commissure des lèvres était obligée de remonter à gauche. En même temps une petite phrase me trottait dans la tête, c’était ma mère qui me disait, lorsqu’enfant je grimaçais :
    – Si une cloche sonne, tu vas rester comme ça !
    – Il n’y eut point de cloche à retentir mais la joue gauche, cette traîtresse, se bloqua en crampe. Du coup, impossible de desserrer mon étreinte, je fus bloqué moi aussi pour le reste de la soirée. Quelle poisse, je me sentais mourir de honte !
    – Ah ah, je m’en souviens bien ! Dit l’œil droit. Tu t’es fermé et m’as laissé seul toute la fin du repas ! Franchement, tu n’étais pas doué lorsque tu étais jeune, tu avais vraiment deux mains gauches !

  18. Laurence Noyer dit :

    Klein d’oeil
    Qui outremère l’espace temps
    Regard entrouvert
    Sur le blues infini
    Clin d’œil
    Bleu
    Sans autre couleur
    Immédiate étendue
    D’une mer dépeuplée
    D’un ciel vide
    Sans ligne et sans point
    Monochrome ecchymose
    L’immatériel en mouvement
    Vers le monde de la couleur pure

  19. durand JEAN MARC dit :

    L’œil gauche à l’œil droit: Tu te souviens de ton premier clin d’œil ?

    Et toi ?

    Moi, oh oui, je m’en souviens. J’habitais à l’époque chez ce bébé joufflu et souriant. Ses parents l’empiffraient de lait et de sourires béats. Quand ils se penchaient sur son berceau, les miettes des repas tombaient sur lui. Ca le grattait. Et quand les adultes étaient retourné à leurs travaux d’élevage et de consommation, une petite souris, une vraie, pas une des sornettes de parents, venait faire du nettoyage. Le bébé était heureux et quand sa copine avait avalé toutes les miettes et tâté du biberon, je lui fournissais un superbe clin d’œil pour son amie rongeur.

    – Tiens donc, ton bébé ressemble furieusement au môme de 10 ans chez qui j’ai logé, à une époque. Lui se faisait coincer sur le coin formica de la table de cuisine. Il passait des quarts d’heure à mâchonner des boulettes de foie, que ça l’écœurait, qu’il n’osait plus regarder le veau dans les yeux et que pendant ce temps là, les copains chopaient toutes les grenouilles de la mare au curé. Heureusement yavait une poule, la poule, Yvette elle s’appelait, qui rentrait dans la cuisine et qui soudoyait le gamin sans trop de difficultés. C’est là que je fournissais mon clin d’œil. Le môme, ça l’arrangeait bien, même si il passait ensuite derrière la poule pour vérifier la couleur de ses œufs.

    Et puis le temps a passé, comme on écrit dans les romans à quatre sous et on vit dans les existences à deux balles. Le bébé môme est devenu un beau p’tit gars, alerte du système pileux et titillé du bas ventre. Il faisait des clin d’œil tout seul , comme un grand, aux bien alentournées, mais pour les souris et les poules, il avait changé de catégorie.

    Et puis vint le temps de la balance des porcs. Une demoiselle en quéquête de combat l’assigna au tribunal. Le pauvre, il n’était même pas dépucelé.

    PS: Avis aux éventuelles lectrices. Ce texte n’est que pure imagination ( à part peut être la boulette de foie). Je soutiens le combat des femmes, non pas contre les hommes, mais pour un rééquilibrage nécessaire de tous leurs statuts. On ne fera rien, les uns contre les autres (et pas qu’à ce niveau) mais plutôt ensemble! Bisous!

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