452e exercice d’écriture créative imaginé par Pascal Perrat

Depuis qu’il était bénévole à la SPA il se comportait bizarrement.
Quand un inconnu l’interpellait, il le reniflait avant de lui adresser la parole. Après quoi, il s’arrangeait pour lever la jambe sur un arbre…

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D’où vient cette idée ?

Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Une émulation pour maintenir en éveil l’enthousiasme d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

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27 réponses

  1. Anne Lonjaret dit :

    Depuis qu’il était bénévole à la SPA il se comportait bizarrement.
    Quand un inconnu l’interpellait, il le reniflait avant de lui adresser la parole. Après quoi, il s’arrangeait pour lever la jambe sur un arbre…

    Je vous dirai tout sur le toutou !
    Le petit, le gros, le moyen,
    Et pourtant je ne respecte point l’être humain
    A le renifler alors qu’il se tient main dans la main
    Je vous dirai tout sur le toutou !
    Alors qu’il m’interpelle,
    Il se prend dans mes pattes une pelle
    et de mots en forme une ribambelle

    Un matin je me suis réveillée chien.

  2. françoise dit :

    Depuis qu’il était bénévole à la SPA il se comportait bizarrement.
    Quand un inconnu l’interpellait, il le reniflait avant de lui adresser la parole. Après quoi, il s’arrangeait pour lever la jambe sur un arbre.
    Les responsables avaient fini par remarquer son étrange comportement  d’autant que certains visiteurs et amis n’avaient pas été sans attirer amicalement leur attention sur ses habitudes qui auraient pu à la longue nuire à la réputation de l’association.
    Prétextant la visite anuelle à un médecin du travail auquel tout employeur était en principe tenu de faire bénéficier chaque employé même si celui-ci était bénévole , ils lui prirent rendez-vous chez un psychanalyste qui après quelques séances crut bon de l’adresser à un vétérinaire ce qui à première vue eut l’heur de plaire à l’intéressé. Après plusieurs séances ,celui-ci comprit enfin par lui-même pouquoi ses étranges  manies : lors de sa vie précédente il s’était réincarné en chien….
    Depuis notre homme ne renifle plus un nouvel interlocuteur ; par contre il ne peut s’empêcher de lever la jambe sur un arbre.

  3. oholibama dit :

    Il le reniflait.
    _Alpha Centaure, Alpha Centaure à Auxilière Roork, vous m’entendez gardien Roork ? Auxilière Roork au rapport…Roork que faites-vous par la galaxie bleu veuillez répondre Auxilière! Roork m’entendez-vous?
    _grrr, mmmrrr, grrrr , oui au rapport, j’écoute, Roork au rapport j’écoute…autres choses à faire que ça moi…grrr, alors! c’est vous Capitaine?

    _Roork veuillez passer en mode Humanis, je ne capte pas vos pensées, ni grognements. Roork, c’est la dernière fois, non d’un petit bonhomme de l’espace!
    _grr Capitaine Verlerk est ce vous? Roork au rapport.
    _Qui voulez-vous que ce soit sombre crétin galactique, connaissez-vous un autre Capitaine qui vient vous voir sur votre misérable point SPA de dépôt?(Science-Post-Animalis).

    _Grrr, oui…Capitaine Arlez, Capitaine Volon, Capitaine et sous-Lieutenant Armstrong tous deux descendant d’un illustre homme de l’espace. Le Colonel Verlanert parce qu’elle recherche son…
    _Oui, bon, bon. Que faisiez-vous donc Roork? J’ai pas toute une année inter-galactique à passer ici moi!

    _Boire, manger, nettoyer, soigner, répertorier, préparé la dernière visite avant les tempêtes stellaires, passé commandes multiples pour station dans l’espoir d’avoir au moins la moitié cette fois…
    _Ah oui, je comprends mais…pourquoi ne pas laisser le canal ouvert?
    _Parler à qui? Au scriitch, scricht,scricht du canal?

    _Pas pensé à ça, bien Roork nous serons là dans six petits  » pleks » amorcez la passerelle…nous avons du fret pour vous, quelques caisses de l’Amicale Fondation pour Indigents et d’autres choses encore. Serez-vous prêt?

    _Grr oui Capitaine.
    _Oh Roork…deux attributs nécessaires pour le débarquement veuillez-y.
    _Oui grrr, grrr. Roork coupa court puis grognant de plus belle, il partit vers les stases. Il opéra les contrôles de réveils adéquats, verrouilla trois moyennes capsules et attendit.

    Le processus ne dura pas longtemps. Il grogna, gronda puis avec force fit comprendre aux trois nouveaux à peine éveillés qui était le boos sur place. La force vocale fit tremblé les pauvres recrues. Leur laissa t’il le temps de faire le point avec ce retour à la vie civile? Bien sûr que non.

    Roork était un vieux briscard, des combats il en avait fait et gagné plus d’un au sein même de sa compagnie. Les jeunes générations qui se  » battaient » au chaud dans des navettes, vaisseaux de guerre, ou petites sections standard, ne pouvaient se comparé à lui…alors, il faisait valoir dès le départ à ceux-là que lui le vieux était encore et toujours au commande même si…son âge l’avait rétrograder au fin fond de cette petite station dépôt.

    Il y tenait. Ses nombreuses médailles attestaient elles aussi sa valeur. Le plus jeune des trois se tint fermement devant Roork une lueur assassine au fond de ses yeux bleu de ciel. Roork lui envoya de suite un coup de poing doublé d’un chassé croisés des pattes. Le jeunot pinailla et couina.

    _Ou tu te calme et tu vis avec moi plusieurs jours redevenant pour un court moment utile et vivant…ou je te remet en stase à toi de voir!
    Grognements, coups de pattes, coups de têtes, morsures, griffures le tout y passa démontrant que le vieux était toujours aussi solide.
    _ Le Capitaine Verlerk arrive, suivez-moi en mode Humanschis.

    _On va servir la nation?
    Roork eut un son presque inhumain, un rire…Roork riait mais son rire n’était que le reflet de ce qu’il était avant. Là…il avait tout d’un rire affreux d’une méchante parodie Humaine.
    _Ne croyez-pas cela chers petits, nous ne sommes même plus des compagnons…justes des futurs…Roork ne finit pas sa phrase ce qui fit froid dans le dos des Humanschis.

    _Alpha Centaure, ici Verlerk …ouvrez écoutilles.
    Roork grogna, ses commis obéirent, ils se placèrent de chaque côté des vitres en simplex ultra renforcé. Le panneau s’ouvrit. Deux navettes glissèrent sur l’appontement. Greuser le plus jeune referma l’écoutille.

    Deux humains bardés de cuir épais, sabre brillant au côté, pistolet incapacitant au holster. Riant de leur propre blague débarquèrent.

    _Ah Roork mon ami, bonne idée que d’avoir éveillé trois de vos…Argrrr cessez donc cela Roork depuis le temps, vos comportements sont toujours aussi déstabilisant.Si cela vous manque tant, je vous rapatrie et vous redeviendrez un SChi. Est ce cela que vous voulez Roork?

    _Mais que fait’il Capitaine?
    _Quoi! mais regardez donc ce bon gardien qui ne comprend pas ou ne veut pas comprendre que c’est à cause de son comportement qu’il en est réduit à vivre loin de moi…
    _Euh oui Capitaine mais encore?
    _il vous renifle, par la comète, il vous renifle afin de vous reconnaître…il va ensuite se chercher un arbre pour pisser dessus afin de marquer son territoire…voila ce qu’il fait ce bougre de clébard décérébré.

    _Pissé, arbre, marqué, territoire , clébard , qu’est ce que tous cela Capitaine?
    _Oh vous les jeunot , vous ne faites même pas l’effort de comprendre. Bref, Roork est ce que l’on appel un humanschi, l’un des premiers à avoir eu l’honneur d’être converti en Humans…mais vu son âge c’était trop tard. Il a garder en lui certaines habitudes.Le temps ne les a pas fait passé, c’est pour cela que j’ai perdu mon meilleur lieutenant du temps ou j’avais encore la casquette de Commandant du vaisseau amiral le San Saltor.

    Un arbre? Oh ça il vous faut lire un relec tex, il vous montrera quelques espèces et leurs fonctions. Pissé, voyons, votre attribut mon jeune ami vous fait’il défaut?
    _Non! Bien sûr que non!

    _Pissé c’est cela se servir de son attribut pour se vidé la vessie. Territoire, ça c’est vaste, quand la terre était notre terre mère certains l’ont divisés en plusieurs morceaux, Roork en pissant montre qu’il est sur son territoire pas vous!
    _Ah oui, cela je comprends mais…pourquoi cette folle tristesse au fond de son regard? Et pourquoi les autres ne font’ils pas la même chose?.

    _Pour Roork, il n’y a pas d’oubli possible, les odeurs,images,impressions,il a tout en tête…c’est un foutu bon compagnon. Pour les autres Humanschis dès la naissance,plus de risque, on les emplois dès nécessité et voila tout, la plupart du temps…ils sont en stases.
    Le regard écœuré du jeune enseigne se refléta sur l’immense tableau de garde et Verlerk détourna son regard.

    _Capitaine, vous l’avez oublié ici pourquoi?
    _Pour qu’il vive encore mon jeune ami,pour qu’il vive encore.
    _Ah je comprends, que veulent dire vraiment ces lettres SPA?
    _Société Protectrice Animal.
    Le jeune reprit les paroles
    de Verlerk ne semblant pas comprendre.

    _L’humain est terrible, besoin d’affection mais incapable d’aller jusqu’au bout. Certains voulaient un petit à cajolé puis dès qu’arrivaient ces moment de détentes tant attendus,ils rejetaient ce qu’ils avaient aimé au bord des routes…alors l’humain construisit des centres pour récupéré ces laissés pour compte de l’amour.

    Barbares. Verlerk ria à plein poumons, c’est ce que nous sommes encore petit, c’est ce que nous serons toujours des barbares.Car nous, nous nous en servons pour un autre usage tout aussi barbare, vous voyez…nous ne changeons pas…jamais.
    y.l.
    sur une idée de Pascal Perrat.

  4. Avoires dit :

    Depuis qu’il était bénévole à la SPA il se comportait bizarrement.
    Quand un inconnu l’interpellait, il le reniflait avant de lui adresser la parole. Après quoi, il s’arrangeait pour lever la jambe sur un arbre…

    Bénévole à la SPA depuis quinze ans, Michel était devenu Pluto, le bon vieux toutou touche à tout, prêt à tout, dévoué corps et âme à l’association qui l’avait en quelque sorte recueilli. Oui, lui, Michel était quasiment devenu le bras droit de Katie, la responsable.
    Tout comme son célèbre prédécesseur, le fidèle compagnon de Mickey, dont Michel fut un fidèle lecteur durant son enfance, il la suivait partout, lui suggérait ses choix, surveillait , reniflait, sentait. Au début, les visiteurs étaient surpris par cette manière de faire mais très rapidement Michel/Pluto fut apprécié par tout le monde : aussi bien par ceux à deux que ceux à quatre pattes. Enfin, pour les quatre pattes, il se tenait Pluto éloigné des chats car il s’était fait méchamment griffer le nez, ce qui avait rendu sa truffe sensible.
    Il ne parlait guère mais s’exprimait de préférence par des mimiques, des regards, des sortes de grognements que l’on pouvait prendre pour des aboiements refoulés, et ça marchait avec tout le monde, tout le monde trouvait l’adjoint de Katie efficace, serviable, sociable. On pouvait dire qu’il y avait comme une histoire entre Katie et Michel/PLuto. Du reste, il l’appelait Minnie, oui, la souris de Mickey !
    Une seule chose avait failli pourtant mal tourner : lever la patte sur un arbre. La partie Pluto de Michel ayant un jour pris trop d’importance, l’avait conduit au pied de l’arbre de la cour alors qu’un besoin pressant se faisait sentir. Il leva la patte, enfin la jambe mais, à moins de baisser son pantalon, Michel n’arriva à rien. Honteux, il alla se soulager dans un endroit approprié. Lorsqu’il revint, Katie/Minnie qui l’avait vu, le regarda avec colère et Michel jappa de repentir. Se prendre pour Pluto, soit mais pour un chien mal éduqué, ça non !

    Les chiens ne sont-ils pas pour autant tous mal éduqués ?
    Bon, cette question sort un peu de l’histoire bancale que j’ai tenté de raconter, c’est la faute à Pascal qui propose des thèmes d’écriture bizarres. C’est parfois dur de s’y mettre et puis, on se laisse aller. C’est tout le charme de ce blog.

  5. Le bénévole dévoué

    Depuis qu’il était bénévole à la SPA, il se comportait bizarrement. L’adage populaire ne dit-il pas que les animaux ressemblent à leur maître ? Dans le cas d’Antoine, c’était l’inverse : il copiait ses faits et gestes sur les animaux qu’il côtoyait à chacune de ses visites au refuge. Ce n’était pas que du mimétisme.

    Quand un inconnu l’interpellait, il le reniflait avant de lui adresser la parole. Après quoi, il s’arrangeait, d’une manière ou d’une autre sur un support quelconque se trouvant dans les parages, pour lever la jambe sur un arbre et marquer son territoire.

    Antoine éprouvait une empathie totale envers ces animaux abandonnés ; il leur vouait son existence. Il comprenait le désarroi qu’il lisait dans leurs regards : lui-même avait été abandonné dès la naissance. Il ne supportait plus non plus tous ces humains qui abandonnaient, surtout à l’approche de l’été, leurs animaux qu’ils nommaient ‘domestiques’. S’il avait eu un pouvoir, il les aurait tous casés en prison pour un bout de temps.

    Comment peut-on se prétendre humain quand on est capable d’attacher un chien à un arbre, puis de partir tranquillement vers son lieu de vacances, l’air de rien ?

    Antoine pensait aussi que, dans ses autres vies, il avait été un animal, et qu’il en gardait des traces. Il n’aimait pas vivre auprès de ses congénères humains, tous hypocrites, menteurs, égoïstes, méchants. Ils étaient tous des mécréants à ses yeux, et rien ne pourrait le faire changer d’avis à ce sujet. A ses yeux, les humains étaient autrement plus cruels que les créatures qu’ils appelaient ‘bêtes’.
    Seuls les animaux trouvaient grâce à ses yeux.
    Autour de lui, Antoine passait pour l’idiot du village, un benêt, un homme bon à enfermer, un taré en somme. Il se moquait éperdument de ce que les autres pensaient de lui. Il était sain d’esprit et de corps, à son corps défendant.
    Antoine aimait trop les animaux : voilà son péché. Il souffrait de ce que les hommes nommaient ‘l’anthropomorphisme’. Il considérait, à tort, les animaux comme des humains ou comme des êtres intelligents. Il les comprenait, et eux aussi en retour. Il les aimait, et il recevait tout l’amour dont ces petites bêtes étaient capables. Si les animaux pouvaient parler, pensait-il, ils en auraient des choses à dire sur le traitement qu’on leur fait subir, partout sur la Terre, dans toutes les civilisations.
    Antoine était bien intentionné à l’égard de ses chéris et veillait sans cesse à leur bien-être à la SPA. Il était dévoué, et avait aussi une année une médaille du « meilleur bénévole » décerné par le centre. Il avait été fier comme Artaban, à ce moment-là.

    Une nouvelle bénévole était arrivée au refuge un été. Elle n’avait pas trouvé de job et souhaitait s’occuper intelligemment. Antoine l’avait repérée tout de suite. Il se comporta comme il en avait l’habitude : il la renifla, pissa non loin d’elle, poussait des beuglements plutôt que des paroles intelligibles. Betty ne s’en formalisa pas. Lui avait trouvé son alter ego.

    Ils se mirent en couple au bout de quelques mois et créèrent un centre pour animaux maltraités en pleine campagne. Ils vivaient heureux parmi leurs amis à quatre pattes.

  6. Clémence dit :

    Depuis qu’il était bénévole à la SPA il se comportait bizarrement.
    Quand un inconnu l’interpellait, il le reniflait avant de lui adresser la parole. Après quoi, il s’arrangeait pour lever la jambe sur un arbre…

    Ce matin, au cours du petit déjeuner, elle avait dit à son homme :
    – C’est ta dernière chance, il faut que tu répondes impérativement à l’ annonce 452, sans quoi….

    Il avait compris son ultimatum. Il termina mentalement la phrase et se la répéta en boucle : « …Sans quoi, je te quitte. »

    A la tombée du jour, il reprit le chemin de la maison, copieusement éméché.

    – Tu as encore bu, s’exclama-t-elle.
    – Oui, mais c’était pour fêter ma victoire. Je l’ai ! J’ai décroché le job ! Champagne !

    Elle haussa les épaules et se dirigea vers le frigidaire d’où elle sortit une bouteille de cidre bouché.
    – Cela fera l’affaire. On verra si tu t’y tiens. Car j’ai des doutes. Avec toi…

    Il prirent place, face à face, dans leur petite cuisine. Elle posa deux verres sur la table et il se chargea de faire sauter le bouchon.
    Ils trinquèrent. Elle tristement, lui, goguenard.
    – Alors, raconte, souffla-t-elle.
    – J’ai le job ! Bénévole à la SPA.
    – Bénévole ! Tu as accepté un poste de bénévole ? Mais ça va pas, la tête ? Et le pognon ?
    – J’ai un arrangement. Des poignées de bon d’achats ! Et pas que , avec un erégularité de mtronome,

    Elle vida son verre d’une traite et lui dit d’une voix sourde :
    – Je vais lire dans ma chambre.
    Elle ne remarqua pas la drôle de grimace qu’il lui fit dès qu’elle eut tourné les talons.

    A partir de ce jour, il se rendit , avec une régularité de métronome, à la SPA.
    Chaque soir, à son retour, son épouse l’observait avec attention. Elle était incapable de dire ce qui avait vraiment changé dans son comportement, mais pourtant…il y avait quelque chose de bizarre. Des choses qu’il n’avait jamais faites. Par exemple humer sa peau avant de ….et ce n’était pas si désagréable.

    Elle s’inquiéta de cette habitude lorsqu’elle constat qu’il avait le même comportement avec les autres femmes, mais aussi avec les hommes. Quels que soient leurs âges respectifs.

    Environ un mois plus tard, elle fut effrayée de constater qu’après avoir humé les gens, il s’en écartait ostensiblement et allait lever la jambe au pied d’un arbre.
    Elle trouva ce geste choquant, voire obscène. Elle eut préféré qu’il lève le coude, les commentaires en auraient été moins virulents.

    Un soir, alors qu’il semblait particulièrement calme, elle engagea la conversation et lui demanda comment ça se passait à la SPA. Elle lui demanda ce qu’il faisait vraiment, combien il y avait de chats abandonnés, combien de chiens, dans quels états ils étaient. Ses questions n’en finissaient pas.
    D’un geste de la main, il l’interrompit et lui dit brusquement :
    – Mais qu’est-ce que tu racontes ? Je ne travaille pas à la SPA ! Du moins, pas à celle dont tu parles !
    Elle le regarda bouche bée. Il continua :

    – Je travaille comme bénévole à la SPA, acronyme de « Société Pathétiquement Absconse ».
    Elle faillit s’étrangler.
    – Et tu y fais quoi, alors ?
    – Je liste et je teste.
    – Tu testes quoi ?
    – Les comportements abscons.
    – Continue, ça m’intéresse, lui dit-elle d’une voix de velours.

    Toute la soirée, il lui dressa la liste des comportements abscons. Elle se prit la tête entre les mains et lui confia :
    – Mais nous aussi, nous avons ces comportements abscons ! Que pouvons-nous faire ?
    – Ne te tracasse pas, j’ai déjà ma petite idée. Viens, lui dit-il en la prenant par la main et en l’emmenant vers la chambre.

    Comme c’était l’été, la fenêtre était grande ouverte et, toute la nuit, les voisins les entendirent rire aux éclats.

    Dès le lendemain, dans leur maison de grands changements eurent lieu.
    Et puis aussi dans leur quartier
    Et puis dans toute la ville
    Et puis dans le pays
    Et dans le monde.

    La vie changea du tout au tout. Elle était devenue si simple ! Plus aucune pollution. Le Paradis avait repris ses quartiers sur Terre.
    Ils n’étaient plus qu’eux deux. Elle le regarda amoureusement et lui tendit une pomme.
    Il haussa les sourcils et s’exclama :
    – Bon sang, mais c’est sûr ! Il me semblait bien que j’en avais oublié un sur la liste !
    – Lequel ? Susurra-t-elle ?
    – Ne trouves-tu pas abscons que tu sois née d’une de mes côtes ?
    Elle s’esclaffa et lui donna un coup de coude …

    C’est alors qu’il se réveilla, ivre mort, au pied d’un arbre.

    © Clémence.

  7. iris79 dit :

    Depuis qu’il était bénévole à la SPA il se comportait bizarrement.
    Quand un inconnu l’interpellait, il le reniflait avant de lui adresser la parole. Après quoi, il s’arrangeait pour lever la jambe sur un arbre…
    Il essayait de façon très clinique de se mettre, autant que faire se peut, dans la peau d’un chien pour comprendre ce qui pouvait pousser les gens à abandonner leur fidèle compagnon et ceux qui ve-naient ici pour en adopter.
    Il ne poussa pas le mimétisme jusqu’à sentir le derrière des gens, cela aurait définitivement mis à mal sa couverture. Déjà qu’il commençait à sentir les regards suspicieux des bénévoles qu’il croisait tous les jours…Contre toute attente, il développa un sixième sens qui lui fit atteindre les tréfonds de l’âme de ceux qu’ils croisaient. Il pouvait ainsi laisser repartir certains animaux fraichement adoptés en toute sérénité ayant eu accès aux bonnes âmes des adoptants.
    Son enquête dura plusieurs semaines. Ce qui fut déjà un exploit. Il avait croisé maints et maints re-gards canins, tristes, déprimés, en état de choc, sidérés, éplorés, malheureux, désespérés. Il avait passé beaucoup de temps avec eux et pensait à l’issue de tout ce temps, pouvoir comprendre le pro-fond désarroi de ses compagnons d’infortune et ce qui les avait conduits là. Il avait été estomaqué par les arguments des gens qui ne se cachaient même plus d’abandonner leur bête usant de prétextes des plus fallacieux.
    Ayant accès aux archives où étaient consignés les données de certains monstres anciennement maîtres de ces pauvres bêtes et fort de ses nouvelles compétences extra lucides, il élabora un plan machiavélique pour rétablir une certaine justice en donnant une leçon mémorable aux maltraitants. Aux camarades abandonnés et pas encore adoptés, il dévoila son plan et à sa grande fierté, il consta-ta qu’il s’était très bien fait comprendre…Ensemble, ils allaient se venger, qu’importe le temps et la forme que cela prendrait…
    Quelques temps plus tard, on constata que le nombre d’abandons avait drastiquement bais-sé…Personne ne fit le rapprochement avec les mille et uns accidents de tous ordres dans la région, (feu de maison, jambe cassée, voiture volée, divorce, perte d’emploi…).

  8. RENATA dit :

    Après quoi il s’arrangeait pour lever la jambe sur un arbre …
    « WAOUH! » Incroyable ! quelle sensation agréable , une libération testiculaire inimaginable , mais un gros problème directionnel car , ne pouvant utiliser ses mains pour un bon équilibre , il s’arrosait abondamment l’autre jambe .
    Il se rendit chez l’éducateur canin espérant qu’il pourrait lui apprendre à garder la jambe au sec mais non ce n’était pas de sa compétence .
    Il rencontra le vétérinaire qui , surpris par sa demande , le dirigea vers une consœur comportementaliste .
    Elle le soumis à plusieurs tests :
    – Remuer la queue pour se faire bien comprendre
    – Renifler l’autre avec méthode et organisation pour un meilleur relevé d’informations
    – Attraper sa queue pour attirer l’attention
    – Aboyer pour expliquer
    – Dans quel sens tourner avant de se coucher
    – Fuguer ou rester quelle préférence ?
    Après analyse des résultats , le diagnostique fut sans appel :
    « Vous n’êtes pas un chien , mais un chat  » lui annonça t’elle
    « vous devez revoir toutes vos bases éducatives . Si vous êtes d’accord je veux vous adopter , j’ai une chatte qui attend de rencontrer le matou de ses rêves , elle est douce , câline et très accueillante , je suis sûre qu’elle sera enchantée de parfaire votre apprentissage et votre éducation « …
    Ainsi fut fait .
    A la spa aucun avis de recherche , chacun pensait qu’il avait fugué ou rencontré quelques femelles en chaleur .
    Pas d’inquiétude il reviendra , comme toujours .

  9. Françoise - Gare du Nord dit :

    Depuis qu’il était bénévole à la SPA il se comportait bizarrement.
    Quand un inconnu l’interpellait, il le reniflait avant de lui adresser la parole. Après quoi, il s’arrangeait pour lever la jambe sur un arbre pour uriner

    Sur scène, il ne jouait plus, il cabotinait

    Il ne rongeait plus ses ongles mais des os, son épouse ne l’embrassait plus sur la bouche mais sur le museau, il ne se léchait plus les lèvres mais les babines et il ne s’asseyait plus sur les fesses mais sur la croupe

    Il partait à la chasse armé non plus jusqu’aux dents mais jusqu’aux crocs, la truffe en alerte ; durant la traque attendre lui cassait les pattes et laisser échapper un gibier lui faisait mal au poitrail et non plus au ventre ; après la battue, il avait des douleurs aux jarrets.

    Il ne parlait pas, il aboyait ; il ne mangeait pas, il dévorait ; il ne se lavait plus, il se séchait : il ne buvait pas, il lapait et quand il remarquait une jolie femme il frétillait de la …, non je ne peux en dire davantage, la décence me l’interdit.

    Bref ! Tout cela l’interpellait. Il commençait à devenir braque et dingo

    Ce ne fut que dimanche dernier alors qu’il chassait le sanglier, qu’il flaira enfin la solution.

    Il avait débuté depuis peu l’édification de son arbre généalogique. Au cours de ses recherches il découvrit qu’il était issu de :

    d’une mère originaire du Yorkshire, terre des sœurs Brontë, ce qui pourrait expliquer son romantisme échevelé et son goût immodéré pour le thé
    d’un père chinois, pékinois pour être précis, peut-être à l’origine de ses ses yeux en amande
    d’un grand-père maternel dalmatien … de qui il tenait son corps puissant et musclé ?
    d’une grand-mère maternelle venue du Labrador ce qui justifierait sa résistance au froid
    d’un grand-père paternel maltais … ce qui incitait sa mamie à le bichonner ?
    d’une grand-mère paternelle native de Poméranie … d’où son surnom de Loulou ?
    D’un arrière-grand père émigré de Terre-Neuve … d’où son brevet de 500 m nage libre départ plongé ?

    Un sacré pedigree. Un arbre généalogique de bois exotiques, très racé certes mais qui pourrait expliquer la longue liste de nombreux surnoms dont il était affublé par la meute de ses semblables : bâtard, corniaud, toutou, roquet…?

    Mais ce qui l’inquiétait plus que tout, c’est le comportement de son épouse qui lui imposait de dormir dans une niche. Il voulait en finir avec cette vie de chien 

  10. Blackrain dit :

    Il se prénommait Didier. On l’appelait Didier des chants. Il chantait toute la journée « I will survive ». Et quand un chien était adopté, il le chantait encore plus fort. Il était Digne et Martial, et n’hésitait jamais à mette la main à la cazette pour Payet un coup à boire. Il se conduisait en véritable chien de garde, n’hésitant jamais pour aboyer après celui qui venait abandonner son animal dans le refuge. Il eut d’ailleurs quelques Dembélé avec la direction pour son comportement jugé un peu trop agressif. « Kanté méchant avec les visiteurs tu renies tes promesses. Que m’as-tu dit des efforts que tu allais accomplir ?? », Le sermonnait le boss. Alors le man faisait grise mine quelque temps avant de se remettre à chanter. Quand on le caressait dans le sens du poil il remuait la…tête d’un plaisir non dissimulé. C’était pour lui une véritable récompense, une gratification qui lui grattait l’amour propre. Il était certes un peu attardé mais il rendait de grands services à l’association. Il était aimé de tout le personnel même s’il demandait toujours du Rabiot à la cantine, surtout lorsqu’on servait des croquettes ou des os à moelle. Malgré quelques puces mutines, il était toujours propre sur lui, la peau lustrée que moussa Sissoko, son savon de Bamako, les chaussures cirées au Varane et un long clou planté en travers du nez tel un véritable Fekir indou. Doux, il l’était avec ses amis à quatre pattes avec qui il communiquait par quelques aboiements brefs et compréhensibles de ces derniers. Quant à ses deniers, il les reversait pour moitié à la SPA, sa maison familiale. Il passait la plupart de son temps libre à regarder les matches de football de l’équipe de France. Nous étions en juillet 2018.

  11. Grumpy dit :

    Seulement voilà, on ne l’avait accepté pour s’occuper des chiens qu’à la condition qu’il se plie aux consignes rendues nécessaires par de mauvais expériences survenues par le passé. La Direction avait eu plusieurs fois auparavant maille à partir avec des volontaires refusant à tel point toute médecine que c’étaient eux qui avaient collé des puces aux chiens ! Depuis, le règlement intérieur avait été durci et précisait :

    A L’INTENTION DES BENEVOLES :

    Article 1 – Port du collier anti-puces obligatoire. 

    Article 2 – Pose d’une puce électronique (on avait dû une fois appeler les pompiers et utiliser le flair d’un berger allemand pour retrouver l’un d’eux s’étant salement égaré lors d’une promenade, il lui restait bien la laisse mais on n’a jamais revu le chien)

    Article 3 – Certificat de Vaccin anti-rabique de moins d’un an et ses rappels (là-aussi un bénévole enragé de gros rouge avait mordu un employé qui lui refusait de promener ce jour-là pour cause d’ivresse sa Loulou de Poménarie préférée)

    Lui s’était plié à ces nouvelles règles, c’était un petit homme triste et gris, il avait trouvé cette astuce de permanences à la SPA où il pouvait caresser et promener les chiens à volonté, il les aimait tant ces compagnons d’infortune, de solitude et d’ennui, abandonnés, comme lui.

    Et de comme lui, c’est lui qui devint comme eux vu qu’ils étaient plus nombreux.

    Son odorat se mit à se développer prodigieusement, ce qui ne l’enchantât pas forcément, il percevait maintenant à 100 mètres des odeurs qu’il aurait préféré ne jamais connaître. Au lieu de se fier comme avant à son instinct pour juger à qui il avait affaire, il s’était mis à renifler les inconnus, d’un museau bien plus efficace que son pifomètre utilisé jusqu’à présent. Il avait juste à tous les coups sur les intentions du suspect.

    Du poil lui poussa un peu partout (d’Epagneul en plus !) Il se rasait jusqu’au feu chaque matin et pour que l’on en voit le moins possible, abandonnés les bermudas et T. Shirts, il ne portait plus que des pantalons et des chemises à manches longues.

    Et quand on lui reprocha de faire sans cesse halte pour arroser de petites giclées tout poteau, tout arbre qui se présentait sur son chemin, là il eut vraiment le sentiment qu’on finissait par le trouver bizarre. On allait le prier de ne plus assurer ses permanences, il le sentait d’autant mieux venir que comme on l’a dit, son odorat …

    Il pensa dans cette éventualité plaider sa cause en prouvant, certificat du vétérinaire à l’appui, que la stricte application du règlement intérieur était responsable de sa transformation.

    On voulut le mettre dehors, on le veut encore, voire le piquer pour s’en débarrasser mais personne n’ose le brusquer depuis qu’un employé qui tentât le coup par surprise s’était vu arracher une moitié de fesse, plus personne ne s’y risque, et quand il sent venir l’entourloupe, il faut le voir grogner, relever ses babines et montrer les crocs …

  12. Souris verte dit :

    🐀 J’ai eu beau renifler dans tous les coins avant de l’envoyer..
    Mais en réponse à ce sujet je n’ai trouvé que cette pauvre chanson-nette !

    De tous les animaux qui pissent
    Y a qu’le chien
    Y a qu’le chien

    De tous les animaux qui pissent
    Y a qu’le chien qui lève la cuisse !

    Je n’ai pas mordu😵

  13. Ophélie E. dit :

    Depuis qu’il était bénévole à la SPA il se comportait bizarrement.
    Quand un inconnu l’interpellait, il le reniflait avant de lui adresser la parole. Après quoi, il s’arrangeait pour lever la jambe sur un arbre.

    Un soir, en se douchant, il remarqua que ses membres étaient de plus en plus velus et que son torse glabre se couvrait de poils doux et soyeux. Affolé il se demanda ce qui pouvait bien lui arriver et il en parla à sa femme étonnée sur le coup, mais qui appréciât de se pelotonner contre son « gros nounours », la nuit venue.

    Le lendemain matin, il constata que des griffes noires avaient poussé comme par enchantement à la place de ses ongles. Il se précipita devant la glace et se mit à hurler. Il avait une truffe humide et des oreilles toutes pointues. Il se rua sur l’armoire à pharmacie et avala une poignée d’anxiolytiques. Hélas, rien n’y fit !

    Le surlendemain, en s’extrayant péniblement de son lit, il découvrit qu’il ne pouvait plus se tenir debout et qu’il devait marcher à quatre pattes. Il tenta de réveiller sa femme en poussant des petits cris plaintifs puis, devant son manque de réaction, il se mit à aboyer comme un forcené.

    Et c’est ainsi que sa tendre moitié le baptisa « Youki », lui acheta une panière, de succulentes croquettes, une laisse et un collier étrangleur, car il avait pris la mauvaise habitude de s’élancer sur le premier passant venu.

    Un sursaut le réveilla. Se tâtant le corps, le cœur au bord de l’implosion, il se jura que dorénavant il ne lirait plus que des romans à l’eau de rose.

    À ses côtés, sa femme émergea du sommeil et tout enjôleuse lui dit :

    – Tu sais pas, j’ai rêvé qu’on avait un chien ! Si on allait en choisir un dans ton refuge. On l’appellerait « Youki ».

  14. Nouchka dit :

    Jean-jean n’a pas fréquenté l’école très longtemps. Il ne s’y plaisait pas. Les autres enfants le boudaient. Ils lui reprochaient son visage sale, ses cheveux emmêlés et malodorants ainsi que son absence de conversation.
    Jean-jean préférait vivre au grand air, seul dans les bois. Là, la nature l’accueillait sans réserve.
    Devenu adulte, il fut intégré, par la Société Protectrice des Arbrisseaux, comme bénévole. La connaissance du milieu forestier de Jean-jean était impressionnante. Il savait voir et écouter les plantes comme personne. Aussi réussissait-il à sauver des plants en souffrance quel que fut l’espèce concernée.
    Il avait, par ailleurs, développé un langage sifflé qui lui permettait de compenser ses piètres capacités d’expression orale. Il conversait avec les oiseaux et comprenait les messages que la faune envoyait suivant la saison, le climat, les dangers…
    Cet homme des bois avait peu de contact avec les habitants du coin. Il ne fréquentait pas les commerces, se nourrissant de fruits sauvages, de poisson attrapé à la rivière et l’hiver, quand il fallait s’y résoudre, il mettait un collet pour piéger un lapin. Sa constitution robuste l’avait préservé des maladies et la ruine, dans laquelle il avait aménagé sa couche, était particulièrement spartiate. Il avait, au fil des années et de ses expériences et observations, acquis des connaissances géologiques et géographiques complémentaires fort utiles à maintenir l’harmonie ambiante.
    Quand arrivait la période de la chasse, il était inquiet et tentait d’aider les animaux en leur sifflant des messages qui leur permettent de s’éloigner ou de se cacher des prédateurs et de leurs chiens. Ce qui mettait alors en émoi Jean-jean et les animaux était davantage le bruit des armes et des chiens qui détruisaient l’ambiance mélodique des lieux que la mort de certains.
    Il lui arriva qu’un individu l’interpelle. C’était souvent pour obtenir une indication sur le chemin à prendre pour rejoindre un lieu-dit ou une route. Jean-jean reniflait alors l’inconnu afin de connaître ses intentions. Sensible aux phéromones, il savait si le sujet était agressif, craintif, ouvert à des rapports charnels… ou autres.
    Très souvent, le visiteur tournait les talons et s’éloignait de l’homme des bois aussi rapidement qu’il le pouvait. Parfois cependant, un inconnu téméraire ou inconscient, interpellait en souriant, afin d’obtenir l’information souhaitée. Jean-jean, qui avait quasiment perdu l’usage de la parole et ne savait sourire, se mettait alors à siffler une réponse, levant la jambe ou le bras sur l’arbre le plus proche pour signifier qu’il était sur ses terres, (sans qu’il y ait la moindre idée de propriété mais le besoin de montrer qu’il était là, pour protéger cette flore et la faune locale), et entendait qu’elles soient respectées.
    Le prenant pour un fou, le promeneur inquiet de son attitude remerciait d’un sourire crispé et allait raconter au village qu’il venait de voir le diable et qu’il n’était pas prêt de retourner dans les bois.
    Un jour, le feu prit sur le bord de la route et s’étendit rapidement dans la forêt en ce mois de septembre au sol sec.
    Jean-jean perçut successivement l’odeur, le cri des animaux, le bruit du feu, sa chaleur et, impuissant à combattre le fléau se réfugia dans la rivière. Ses sifflements ramenèrent des animaux vers l’eau mais le feu réussit à s’étendre rapidement avant que les pompiers n’interviennent. Jean-jean se retrouva le lendemain avec un tiers de son territoire totalement brûlé.
    Pendant tout le reste de sa vie, il n’eut de cesse de replanter, bouturer et préserver les jeunes plants qu’il introduisit et surveilla avec soin sur la terre calcinée. Quinze ans plus tard, la forêt avait repris sa beauté et les élus de l’agglomération décidèrent de renommer la forêt, Forêt Jean-jean.

  15. Camomille dit :

    – Didier…. appelez-moi Didier, dis-je en me présentant à la SPA.
    Et tout de suite, je fus sur sur tous les fronts.
    Incontournable et indispensable Didier ! Gentil et dévoué Didier,
    Didier par ci, Didier par là,
    Mais…
    Mais je haletais, je sautillais, et un jour, je me mis à aboyer !
    – Oh la la ! Didier ! Tu nous fais quoi là ? Me demanda la responsable de la SPA.
    Aussitôt je me mis à la renifler et à lui lécher le visage.
    – Oh Didier, me dit-elle en reculant…  tu te prends pour un chien ou quoi ?
    Penaud, je baissais la tête et me dirigeais vers un arbre.
    Perplexe, la responsable réunit tous les membres de l’association pour discuter de mon cas.
    A ce moment là, je sursautais car le générique de FIN venait de me réveiller.
    Oups !
    Je m’étais endormie devant l’excellent, le délirant, l’hilarant film d’Alain CHABAT : DIDIER

  16. durand JEAN MARC dit :

    Depuis qu’il était bénévole à la SPA, il se comportait bizarrement. Quand un inconnu l’interpellait, il le reniflait avant de lui adresser la parole.

    Quand il tenait une permanence, il abordait les visiteurs en remuant la queue et en quémandant une caresse. Vu son allure d’ours mal léché, son pantalon hors mode et son tee shirt délabré, on s’adressait rapidement à une autre personne.

    La directrice l’avait prévenu: » Une cliente s’est encore plainte, allons, Monsieur Jean, ce n’est pas possible de se jeter ainsi au cou des gens, vous les faites fuir…

    – Oui, je sais, trois mille excuses, je me croyais de bonne compagnie, mais, ne possédant pas les atouts de la dernière mode, de la masse porteuse, de l’ambiance poisseuse du petit chien à sa mémère, on va encore m’abandonner sur le bord de la route. Ne vous inquiétez pas, j’ai bien compris que je n’étais pas adoptable. Pourriez vous, juste, s’il vous plaît, avancer le jour de mon euthanasie….non, ce n’est pas possible…le règlement…la loi des humains. Ah, je comprend mieux ma tendance actuelle à ne plus lever la patte sur les arbres, mes frères de misères et à pisser sur les hommes….j’exagère, toujours vous croyez, j’abuse, je dramatise.La vie est magnifique, prétendez vous…la chorale des petits oiseaux recouvre le typhon des autoroutes…? On vient d’inaugurer le premier métro pour les taupes…ah bon ?. Le vol des grues devient prioritaire sur celui des oies dans leur airbus…pas possible ? L’écureuil épargne enfin pour sa propre retraite….le zébu n’a plus soif…? oui, j’arrête, Madame la directrice, j’arrête…

    Vous savez, les mots, on leur fait dire à peu près tout ce qu’on veut taire. La salade de fruits que vous aviez affectueusement composé devient vite, selon l’humeur du vent, ce tourbillon dans les têtes, une infâme ragougnasse, un truc pas présentable à ne surtout pas étaler sur la table d’un préfet….stop…stop…dites-vous…au pied…couché. D’accord, je cesse de gémir, ça pourrait plomber l’ambiance….je reprends mon collier….pardon, ma laisse….à ce propos, existe t’il des hommes guides, pour les chiens aveugles…oui, je sais, Madame la directrice…n’importe quoi, certainement la canicule, vous savez, ce truc qui fait fait bouillir le cerveau des chiens quand ils n’en peuvent plus de tirer la langue…

    Mais quand même, Madame la directrice, une faveur… Molos , là, ce chien condamné pour avoir bouffé un chasseur… ne pourrais-je pas le sortir, s’il vous plaît…juste ne dernière fois ?

  17. Laurence Noyer dit :

    Cahier de vacances
    Exercice 1 : trouvez le mot juste
    C’est sûr, il y avait…sous roche. Lui qui était doux comme un …, mais têtu comme un …, il ne voulait pas être le … émissaire. Il devait rester fort comme un …, et ne pas sauter du … à l’… . Rester muet comme une …, et lui faire des yeux de …, il avait sans doute d’autres… à fouetter, cet inconnu ! Il n’était pas venu pour faire le pied de …, il ressemblait à un … mal léché, il avait un cou de … , une tête de … , il était myope comme une … et rouge comme une … , il semblait fier comme un …, et soufflait comme un … malgré sa crinière de … !
    Mais, revenons à nos … , c’était une fine … , fallait pas le prendre pour un … . C’était même parfois une peau de … quand il gueulait comme un … , gare aux … mouillées ! il était habile comme un … pour vous tirer les … du nez. Alors n’essayez pas de noyer le … si vous ne voulez pas pleurer comme un …

    Solution de l’exercice 1 :
    C’est sûr, il y avait veau sous roche. Lui qui était doux comme un poisson, mais têtu comme un vers, il ne voulait pas être le singe émissaire. Il devait rester fort comme un putois, et ne pas sauter du chat à l’ours. Rester muet comme une poule, et lui faire des yeux de grue, il avait sans doute d’autres coq à fouetter, cet inconnu ! Il n’était pas venu pour faire le pied de biche, il ressemblait à un veau mal léché, il avait un cou de crevette , une tête de bouc , il était myope comme une anguille et rouge comme une girafe , il semblait fier comme un agneau, et soufflait comme un mouton malgré sa crinière de boeuf !
    Mais, revenons à nos carpes, c’était une fine vache , fallait pas le prendre pour un putois. C’était même parfois une peau de taupe quand il gueulait comme un âne, gare aux linottes mouillées ! il était habile comme une mouche pour vous tirer les écrevisses du nez. Alors n’essayez pas de noyer le paon si vous ne voulez pas pleurer comme un lion.

  18. Odile Zeller dit :

    Les visiteurs lui lançaient un regard étonné ou courroucé. On évitait Jean Daniel. Personne ne savait comment lui faire comprendre que son comportement était inapproprié. Il affichait un sourire suffisant et fouinait partout depuis des semaines. Curieusement chiens et chats prenaient aussi leur distance. La directrice prétendait le connaître de longue date et apaisait l’hostilité croissante dans l’équipe en parlant d’humour et de phénomène transitoire. C’est quand il commença à renifler le postérieur d’une jeune visiteuse qu’elle décida de prendre les choses en mains. A la manifestation canine suivante elle prit un air étonné : „ Eh Jean Daniel tu te prends pour un chien maintenant, on va te trouver une niche, t’appeler Medor et te faire manger du Canigou ou des Frosties. „
    Il aboya en réponse et proposa qu’on le nomme Belle comme dans son feuilleton préféré. Le canigou non merci sa pâtée maison était bien meilleure. Ici la nourriture offerte par le supermarché était périmée et fort mauvaise. Le tout fut ponctué d’un Wouf retentissant qui fit sursauter une fillette devant les cages des animaux à placer rapidement.
    Elle prit le parti de rire mais lors du conseil d’établissement suivant on décida de changer les serrures d’accès et d’exclure Jean Daniel.
    La semaine suivante un article parut dans la presse locale et quelques jours plus tard dans un quotidien national relatant la vie quotidienne d’un refuge de la SPA : traitement des animaux, nourriture, mépris pour les bénévoles, élimination des pensionnaires pendant la période estivale …gestion des ressources humaines et du budget … tout y était. La signature ne disait rien à personne mais tout le refuge suspectait l’origine des informations.
    Jean Daniel reparut des mois plus tard goguenard. Il voulait adopter un gros chien et l’appeler Milou. Son don fut généreux. Personne ne le remercia. La directrice en le raccompagnant lui demanda la raison de sa colère et de cet article corrosif.
    Il sourit et aboya d’un grand Wouf. Milou au bout de la laisse s’arrêta et lança un son sourd un Wouff plaintif.

    • Grumpy dit :

      Excellent Odile, très drôle. Le sujet me plaît bien mais pas sûr que j’y réponde : représailles contre le Maître du Blog (suivez mon regard de chien battu) lequel la semaine dernière n’a pas daigné se fendre d’un commentaire sur mon texte, médiocre j’en conviens, il devait déjà être parti en vacances après m’avoir lâché au bord de la nationale)
      A bon aboyeur … Salut !

      • Pascal Perrat dit :

        C’est étrange, parce que je suis sûr d’avoir commenté le texte de Anne-Marie, la semaine dernière. Je me souviens très bien du mode d’emploi en 3 phases et surtout de « ma femme tourne en orbite »

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