La portes-tu toujours ?

Histoire chargée d'enseignement

Histoire riche d’enseignement (15)

Le pont avait été emporté par les inondations et l’eau bouillonnait encore.
Deux moines zen s’en retournant à leur monastère s’apprêtaient à traverser la rivière à gué.

Une belle jeune femme les rejoignit. Elle aussi devait passer sur l’autre rive, mais la violence du courant l’effrayait.
Le plus robuste des moines lui proposa son aide, elle accepta. Il la chargea sur ses larges épaules et la déposa de l’autre côté sans problème.
Son compagnon avait observé la scène sans dire un mot.
Mais, intérieurement, il soliloquait en fulminant : un moine bouddhiste n’était pas autorisé à toucher une femme et voilà que celui-là en portait une sur ses épaules !
Des heures plus tard, en arrivant en vue du monastère, le moine puritain annonça :
– Je vais informer le maître de ce qui s’est passé, ce que tu as fait est interdit ! 

Le moine secourable s’étonna :
– De quoi parles-tu ? Qu’est-ce qui est interdit ? 
– As-tu déjà oublié ce que tu as fait ? s’indigna l’autre ! tu as porté une belle jeune femme sur tes épaules ! 
– Ah ! oui, bien sûr, se souvint le premier en riant. il y a belle lurette que je l’ai laissé au bord de la rivière, mais toi, la portes-tu toujours ?

Le malheureux sait qu’il est perdu

Je suis dyslexique. De facétieux neurones font des croche-pieds aux mots dans mon cerveau. Mon orthographe trébuche souvent quand j’écris. Peut-être avez-vous remarqué une faute. Merci de me la signaler : blog.entre2lettres(at)gmail.com

4 réponses

  1. Michel-denis Robert dit :

    L’interdit n’empêche pas d’agir en fonction de son libre arbitre.

  2. Sylvianne Perrat dit :

    Oui ! Seule la motivation juste est importante ! L intention est primordiale.

  3. Françoise - Gare du Nord dit :

    Merci Pascal pour cette histoire qui s’adresse, comme tu l’écris, autant à la tête qu’au coeur
    j’en poste une autre, plus légère
    « Un moine tibétain marche sur une route glacée de montagne et entend un faible pépiement.
    Il regarde autour de lui et voit au pied d’une haie, un tout petit moineau à moitié mort de froid. Il le prend et le réchauffe dans ses mains.
    « Que faire », s’interroge-t-il ? « Si je le garde avec moi, il va salir ma robe et au couvent le chat le mangera. Si je le laisse ici, il va mourir de froid. »

    Soudain une idée lui vient. Pour le protéger du gel, il place l’oisillon dans une bouse fumante de vache sacrée, et poursuit son chemin, l’âme en paix.

    L’oisillon se réchauffe et commence à chanter à plein gosier sa joie d’être encore vivant. Un renard qui passe par là, entend la bouse de vache chanter. Intrigué, il s’approche, découvre notre moineau, et le croque.

    Trois moralités à cette histoire.
    Celui qui te met dans la m…. ne te veut pas forcement du mal.
    Celui qui t’en sort ne te veut pas forcément du bien.
    Quand tu es dans la m…..tais-toi »

  4. 🐀 Souris bleue dit :

    Eh oui…. Faut-il braver les interdits. ?
    Faut-il des interdits ?
    Tu nous poses-là une question qui est d’actualité …

    Heureusement ce moine a sauver une ‘ jolie ‘ ‘jeune’ femme ! Eût elle être vieille et moche elle aurait été emportée par les flots ou tenue de rester sur le bord… Après tout ?

    Merci pour cette réflexion cher Pascal.

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