L’anecdote cadeau

De petits faits inattenduss aux conséquences malheureuses mais sans caractère irréparable

Un cadeau anonyme

Aujourd’hui j’ai reçu ce livre par la Poste. Sans un mot d’accompagnement. J’imagine que c’est un cadeau à l’occasion de mon anniversaire, mais je ne sais qui remercier ? Je suis désolé de ne pas pouvoir le faire.
Cela m’a rappelé que j’avais préparé une nouvelle proposition d’anecdote pour le blogue. Moi et le cadeau c’est un monde… J’ai toujours eu des problèmes avec les cadeaux. Je m’explique dans le document audio ci-dessous.

Racontez une anecdote concernant les cadeaux

Ce mercredi, je vous invite à vous souvenir des cadeaux que vous avez offerts ou reçus. Je suis sûr que vous allez trouver une anecdote à raconter. Il suffit de penser au cadeau dont on ne sait que faire, au cadeau abimé, déjà eu, laid, perdu, revendu. Racontez sans vous interdire de romancer


Je ne suis pas un cadeau

Je suis dyslexique. De facétieux neurones font des croche-pieds aux mots dans mon cerveau. Mon orthographe trébuche souvent quand j’écris. Peut-être avez-vous remarqué une faute. Merci de me la signaler : blog.entre2lettres(at)gmail.com

19 réponses

  1. françoise dit :

    Ce mercredi, je vous invite à vous souvenir des cadeaux que vous avez offerts ou reçus. Je suis sûr que vous allez trouver une anecdote à raconter. Il suffit de penser au cadeau dont on ne sait que faire, au cadeau abimé, déjà eu, laid, perdu, revendu… 

    Lors de mon dernier anniversaire j’ai reçu non pas une lettre anonyme mais un livre anonyme si je puis dire avec une page de garde rigolote : un crapaud au volant d’une décapotable rouge ; le titre:le prince charmant est décédé « ; les auteurs (créatrices de Camweb) Isabelle Joly & Aglaë Dufresne. A l’intérieur une page blanche où il était écrit « quelle femme es-tu ?».
    Déconcertée, curieuse, agacée même, j’entrepris ma lecture :
    – en page 2 je lis : pour celles qui espèrent toujours trouver l’âme sœur, vous découvrirez quelques techniques infaillibles.Vous apprendrez à vous mettre en valeur comme une voiture volée, à draguer avec panache et avoir l’air équilibré lors d’un premier rendez-vous. Succès garanti !
    – page suivante :
    panorama du mâle en milieu urbain :
    – le consommateur,
    – la potiche
    – le maso,
    – l’intello,
    – l’ourson,
    – le romantique,
    – le rastignac.
    Je m’arrêtais là. Je lirai les techniques plus tard et je l’oubliai.
    Quelques mois plus tard je fus invitée à la soirée d’anniversaire d’un copain que je n’avais pas vu depuis quelque temps. En panne d’inspiration, je pris le livre « le prince charmant est décédé » l’enveloppai et le mis dans la poche de mon manteau et le moment venu je l’offris à Marc (c’st ainsi qu’il s’appelle). Lorsqu’il ouvrit le paquet il éclata de rire et me dit « ce livre ressemble étrangement à celui que je t’avais offert »…..
    Les mois ont passé et voilà maintenant deux ans que nous sommes mariés Marc et moi .Un soir alors que je le rejoignais au lit, je reconnus le livre qu’il lisait « le prince charmant est décédé « 
    C’est une jolie histoire n’est-ce-pas ? Vécue ? Comme il vous plaira !

  2. Fanny Dumond dit :

    Hou la la ! Demain c’est la fête des mères et je n’ai pas encore eu le temps de me préoccuper du cadeau de ma maman. Comme d’habitude, la dernière fois que je l’ai eue au téléphone, c’est-à-dire hier, elle m’a dit qu’elle ne voulait rien et de garder mes sous. Mais au fil de la conversation elle a, quand même, réussi à me dire qu’elle « veut » un châle pour sortir quand son chéri la sort au restaurant. Et nous voilà partis faire les magasins. J’insiste sur l’article défini « les », car nous passons l’après-midi à la recherche du fameux cadeau. Nous en avons plein les bottes qui nous seraient bien utiles, car nous crapahutons sous la pluie et sous les éclairs qui zèbrent le ciel. Enfin, dans une boutique nous trouvons la perle rare ! Le foulard, l’étole pour la reine mère. Magnifique ! (le foulard). Je le prendrais bien pour moi, pour tout vous avouer. Il est composé de motifs bien distincts. Si bien qu’une fois plié, il offre plusieurs possibilités de décors. Quatre étoles en une ! Qui dit mieux ? Et, puis ce n’est pas de la gnognotte si vous voyez ce que je tente de vous expliquer. Pour une fois j’aurais, peut-être, à défaut d’un merci ou d’un sourire, une exclamation genre : « fallait pas ! »

    Le jour J nous offrons nos cadeaux. Impatiente de voir la réaction de l’heureuse maman, je m’extasie, quand même, devant les cadeaux de ma fratrie, qui n’ont pas trop l’heur de beaucoup l’enchanter. Enfin, elle déballe le mien. Elle sort l’étole, la regarde à peine et la pose sur la table. Je repasserai une autre fois pour avoir un chouia de remerciement. Et pour finir de m’achever, elle me dit qu’elle la donnera à sa sœur, car c’est bien dans son style de porter ça !!!!!

    Merci beaucoup Pascal d’avoir renouveler les anecdotes du mercredi et pour votre explication audio qui m’a fait marrer à la fin ! J’avais lu un article qui expliquait que, parfois, nous offrons le cadeau que nous aimerions bien recevoir. Ah, ces cadeaux pour lesquels ont doit jouer les hypocrites en nous extasiant !

    • Pascal Perrat dit :

      Les cadeaux familiaux c’est souvent la cata. On compte faire plaisir et ça tombe à plat. Contrairement à vous et votre maman, la mienne n’était sympa que lorsqu’on arrivait avec un cadeau, sinon elle nous faisait la g…

      • Fanny Dumond dit :

        Bonsoir, Pascal. La mienne ne nous remerciait jamais comme si c’était un devoir de lui en faire et je pense que si nous nous étions pointés sans, nous nous serions faits chanter Ramona. Le cadeau mémorable, qui nous a tous interloqués, c’est celui pour fêter ses 80 ans. Nous nous étions réunis enfants, petits-enfants, arrières et ce n’était guère facile de trouver un créneau pour faire une photo genre grand poster dans le parc d’un château, avec photographe et encadrement. Le jour J, tous dans l’attente de son émotion, elle le déballe, l’examine un bon moment, puis hurle : mais je ne suis pas dessus ! Nous étions sidérés. Vous savez où il a atterrit notre cadeau ? Au sous-sol, alors que nous pensions qu’elle le suspendrait au-dessus de son buffet. Ça me fait marrer d’écrire ça. Finalement, il vaut mieux en rire !

  3. Blackrain dit :

    J’avais une amie, Anne, qui était férue de peinture. Nous partagions souvent des sorties culturelles. Nous en venions parfois à discuter peinture. Anne en était passionnée. Lorsqu’arriva le jour de mon anniversaire elle me fit le plaisir de s’en rappeler et de me le souhaiter avec un joli paquet cadeau enrubanné. Il s’agissait d’une belle édition, lourde comme un âne mort, toute à la gloire de Marc Chagall. J’étais sensé danser l’opéra ou avoir gagné le loto. Ma joie fut plus que contenue puisque je détestais ce peintre. Les couleurs dansantes et les contours incertains de ses personnages me donnaient le tournis lorsque je regardais le plafond Garnier. Un sourire jaunâtre parut satisfaire Anne qui ne vit rien venir. Lorsqu’elle fut partie, je regardais le cadeau empoisonné, indigne pour moi de déformer les rayonnages agglomérés de la bibliothèque bon marché qui encombraient ma salle de séjour. Il fallait que je lui trouve un bon coin pour finir ses jours. Le site du même nom fut ma planche de salut. Je le proposais à la vente pour une somme modique. Deux jours plus tard, Anne sonnait à ma porte. Elle voulait un conseil pour vendre le buffet Henri II que sa défunte mère lui avait légué. Dans un élan de générosité je lui conseillais les offres du bon coin. Elle insista pour y surfer dans l’instant afin de se faire une idée de la gamme de prix des meubles d’occasion. Je rentrais le mot « meuble » près d’une loupe conviviale. Différents buffets se proposèrent à nos yeux. Anne était offusquée par les prix dérisoires qui étaient affichés. Elle activait la molette de la souris avec nervosité. Le menu défilant stoppa tout à coup. Une photo de la couverture d’un livre apparut alors. Nos yeux s’écarquillèrent à l’unisson : les œuvres de Chagall étaient proposées pour quelques euros sur une couverture qu’elle reconnut aussitôt. Mon visage blêmit mais je ne pus me défiler lorsqu’elle se rendit compte que j’étais le vendeur. Anne prit assez mal cette découverte. Elle se leva d’un bloc et je ne la revis jamais plus. Je m’étais trompé de rubrique lorsque j’avais rédigé mon offre. Cet acte manqué ne manqua point de faire sourire certains de mes amis à qui je racontais l’anecdote. Ceux qui connaissaient Anne savaient que contrairement à ses bouquins, elle n’était pas très ouverte aux goûts des autres.

  4. 🐀 Souris verte dit :

    🐀 Moi les cadeaux on me les montrait mais on ne le les donnait pas parce que je n’avais pas été gentille !
    Alors je me suis fait une raison. Mon plus beau cadeau ce serait ma chance. Oui je sais, ayant été abandonnée et adoptée par des gens qui ne s’aimaient pas eux-mêmes comment voulez-vous qu’ils m’acceptent ?
    Ce fut ma chance ! Aussi paradoxal que ça puisse paraître. Comme il a fallu que je me batte pour tout, ça m’a filé un caractère de cactus. Donc je me laissais approcher difficilement. Tenir les distances ça aussi c’est une chance et même inestimable-regardez encore en ce moment !!!😷!!! Et pour ne pas qu’on me confonde avec les petites fraises des bois je me suis réfugiée dans la musique. Un truc pas encombrant puisque dès que c’est joué, c’est le ciel qui en profite. Très grande et filiforme -et pour cause je n’avais pas de quoi me nourrir!- mon côté grand échalas m’a payé une partie de mes études supérieures.
    Hein ! C’est pas de la veine ça ? Mannequin d’hôtel ! Pas de défilé pour bibi et j’aurais travaillé quand les caprices de Paganini ?
    Je rentrerai donc par la porte de service dans les plus beaux hôtels – mon favori : le Georges V… Et parfois les personnes pour lesquelles j’avais fait les présentations de vêtements m’invitaient dans le même hôtel où là, je rentrais en grande pompe et je mangeais à ma faim pour trois jours !
    Mes ‘adoptifs’ étant commerçants j’avais vite saisi le moyen de moyenner !!! Et fus engagée sur le champ comme vendeuse aux Galeries Lafayette !!! C’est fou ce que j’ai appris, je faisais les plans des cuisines !. Les femmes-vendeuses elles aussi me poulotaient. Va travailler ton instrument tu feras les plans chez toi.
    J’ai appris la sollicitude.
    Une merveilleuse approche des autres que j’ai essayé de transmettre toute ma vie.
    Voulez-vous que je vous dise : une sacrée petite veinarde. Et tous les jours je remercie le ciel de m’en être sortie, et puis de peindre et puis…d’écrire et surtout d’avoir des amis, toujours les mêmes depuis plus de cinquante ans plus d’autres, tous sont ma famille.
    Merci Pascal de m’avoir donné la possibilité d’ouvrir un atelier d’écriture avec une formation qui tient la route… Ça aussi c’est une chance et je la dois à Blackrain qui m’a fait connaître le blog.
    Je vous le dis : j’ai du bol ! C’est le cadeau de ma vie👍

  5. Nouchka dit :

    Les thermes

    Mettant à profit un séjour dans les Pyrénées, je me suis offert une cure thermale d’une semaine.
    C’est un monde particulier, qui rassemble des patients, transformés dès leur arrivée, en palmipède.
    Ainsi, dès la sortie du vestiaire, des troupeaux blancs, portant le sac thermal turquoise (réservé aux chaussures de ville, aux sous-vêtements et aux clés) rejoignent les locaux de soins.
    C’est étrange de constater qu’en dépit d’un uniforme identique, les curistes ont des aspects assez diversifiés. Suivant la taille, le volume et la démarche, ces oiseaux sont plus ou moins courts vêtus, découvrant le poil aux pattes, le bronzage ou la peau glabre et pâle. La démarche est nonchalante ou tonique mais toujours, les pieds semblent plus écartés qu’en ville, sans doute afin d’assurer aux claquettes de plastique une stabilité sur le sol humide. Ce sont ces balancements de l’épais peignoir blanc qui donnent un dandinement de canard aux curistes. La ceinture en est resserrée, lâche ou dénouée. Quant au bonnet de bain ou à la charlotte, il confirme le ridicule de l’accoutrement qui se parfait du masque obligatoire cette saison et de lunettes correctives.
    Hors des couloirs, les curistes ôtent le plumage et découvrent une anatomie qui, souvent, déborde du maillot de bain. Certains modèles de maillot féminins sont particulièrement étonnants. En effet, le maillot une pièce retenu d’une bretelle autour du cou et maintenu d’un lien dans le dos au dessous des omoplates, allant d’une aisselle à l’autre, quand il est porté par une curiste bien en chair – comme le sont la plupart d’entre elles – ce lien interdit la descente de l’amas de chair existant sous les omoplates et donnent à voir deux boules qui semblent être une paire de seins complémentaires posée dans le dos.
    Aux thermes, le bruit est très présent. Non pas celui des curistes qui, depuis le port obligatoire du masque s’expriment peu, d’autant qu’ils sont privés de leurs prothèses auditives dans cet univers mouillé mais surtout, en raison du niveau sonore de l’eau pulsée employée. De son côté, le personnel appelle pour chaque soin le nom des curistes programmés dans la tranche horaire du moment et doivent souvent renouveler leurs appels créant ainsi encore plus de vacarme.

    Nos palmipèdes sortent de leur séance quotidienne abrutis mais prêts à revenir le lendemain, volontaires pour améliorer leurs capacités physiques grâce aux bienfaits de la cure. Dans le village, le sac thermal turquoise les identifie et les différencie des randonneurs et autres vététistes qui, un jour peut-être, abandonneront chaussures, bâton de marche, casque et destrier pour, à leur tour, fréquenter les thermes.

    • Perrat dit :

      Comme c’est bien observé : » Suivant la taille, le volume et la démarche, ces oiseaux sont plus ou moins courts vêtus, découvrant le poil aux pattes, le bronzage ou la peau glabre et pâle. La démarche est nonchalante ou tonique mais toujours, les pieds semblent plus écartés qu’en ville, sans doute afin d’assurer aux claquettes de plastique une stabilité sur le sol humide. Ce sont ces balancements de l’épais peignoir blanc qui donnent un dandinement de canard aux curistes. La ceinture en est resserrée, lâche ou dénouée. Quant au bonnet de bain ou à la charlotte, il confirme le ridicule de l’accoutrement qui se parfait du masque obligatoire cette saison et de lunettes correctives. »

  6. Antonio dit :

    Depuis quelques années, je ne fais plus de cadeau à Noël.
    La raison est simple : s’il n’y a pas d’envie, d’évidence, pas de cadeau. Point.

    Fini de demander à mes soeurs ce que leurs gosses « désirent » pour avoir l’embarras de leurs réponses à défaut du choix.
    « ça, c’est les parents qui le prennent, ça c’est tata bidule, ça c’est mamie machine… »
    Pour se retrouver avec le cadeau n° 15 sur la liste qui ne reçoit en général, le jour N, qu’une demi-seconde de plaisir avant de déballer le cadeau suivant, quand ça vous a pris deux heures de recherche, de queue dans tous les rayons de Jouet Club à Paris.

    Et quand j’ai l’audace, l’inspiration, le toupet de prendre une initiative, sur un coup de coeur, il n’y a qu’à regarder leurs visages pour comprendre qu’en fait, je ne les connais pas si bien que ça. Et c’est là tout le drame de cette fête qui ne se nourrit pas du désir et du partage mais bien des conventions (ça se fait) et du nombre. Quoi, un enfant avec moins de dix cadeaux ?

    Bref, le premier Noël où j’ai assumé ce nouveau choix, mon petit neveu (aussi adorable que malin), qui très tôt ne croyait plus au Père Noël et savait compter jusqu’à mille (dès fois que), scrutait d’un oeil mauvais l’oncle radin. Et là, avec aplomb, il me dit : « T’es nul, t’as même pas fait de cadeau ! »
    Quelle vérité implacable, je ne pouvais me cacher. En effet, je n’en avais pas fait, même pour ce bout de chou avec sa tête à claques qu’on avait envie quand même d’embrasser.
    Alors je lui dis avec le regard du joueur de poker : « Si tu te souviens du cadeau (vous savez le n°15) que je t’ai offert l’année dernière, je t’offre la PS4 que ton père n’a pas voulu t’acheter » (des fois les papas sont pas mieux).

    Et là, il me regarde, il réfléchit… Et au bout de trois mauvaises réponses me dit : « C’est pas juste ! »
    Non, c’est vraiment pas juste, mon pauvre Caliméro. Joyeux Noël !

    • Perrat dit :

      Est-ce vrai ou très romancé ? Si c’est vrai c’est plutôt gonflé. Rien de tel pour déplaire à la famille.

      • Antonio dit :

        T’as raison, c’est gonflé de dire à son oncle qu’il est nul, alors que quand je lui offre un cadeau à l’improviste, et qui lui fait vraiment plaisir, il n’y a plus que lui et moi sur cette terre. et mon cadeau en tête de liste. Lui comme toute la famille a pris le pli à chaque Noël, la valse des cadeaux est la même, et curieusement, le nombre aussi 🙂

    • Fanny Dumond dit :

      Votre anecdote me rappelle la fois où l’une de mes petites-nièces, perchée sur la table était littéralement envahie de cadeaux de la trentaine d’invités. Elle ouvrait les paquets, jetait vaguement un œil sur le présent et l’envoyait valser à travers la pièce avant de passer au suivant. Je ne vous dit pas la tête des invités !

  7. durand JEAN MARC dit :

    Un Noël de mon enfance. Chez mes grands parents paternels. A Courbevoie, France. Moi, déjà grand amateur de musique dite classique. Moi qui venait de m’offrir pour ce même Noël mon premier vinyle, un superbe 33 tours! Le cinquième concerto pour piano de Ludwig par Rudolf Serkin. Je revois encore la pochette, chez Decca, d’un discutable jaune moutardé….mais à l’intérieur, 33 tours de beauté.

    Et ce grand père qui avait toujours à dire sur tout, à montrer que, à prouver que, à mirlitonner sa petite culture, tout naïf et heureux m’offrit un coffret. Sûr de son effet, il se réjouissait d’offrir à ce gamin à l’ouïe si fine, ce qu’il considérait comme le summum de l’art vocal. Et je déballais ce coffret avec les précautions d’un espion américain dans les ruelles de Berlin est. Et stupéfaction, je découvris les vedettes de ce monument de la vocalisation française: Ninon Vallin et André Baugé. Stoïque, je laissais le pépé délirer sur ses chouchous, fier de l’effet de surprise qui effectivement me laissait sans voix. Jusque ce qu’il passe à l’épreuve de l’écoute. Ma mère me lançait des regards complices et rassurants. D’ailleurs, elle qui avait apprécié l’opéra comique devait se demander si ce cadeau ne lui était pas destiné.

    Nous écoutâmes religieusement, c’est à dire comme une mouche s’abreuvant dans un bénitier, quelques extraits, dont le fameux duo des dindons. Je restais scotché à mon mutisme. Ce grand père pouvait être si drôle quand il racontait des histoires grivoises faisant grincer ma grand mère ou quand ‘il boycottait toute morale d’adulte à nous faire déguster, en douce, son cidre maison.

    Et là, il s’était égaré dans peut être le seul « souvenir culturel » de sa vie de représentant des huiles Castrol. Je me demandais s’il avait vraiment séduit ma grand mère en lui chantant ce fameux duo. Mon approche déjà très approximatif des choses de l’amour m’en éloigna encore un peu plus.

    Heureusement, il y eu d’autres cadeaux. Puis mon grand père déboucha des bouteilles….et retrouva naturellement son chemin des dames légères.

    Allez savoir pourquoi, mais ma grand mère riait peu.

    Ne me demandez pas ce qu’est devenu le coffret. Je n’en suis vraiment pas certain. Peut être l’ai je offert à quelqu’un qui m’agaçait ?

    L’année suivante je découvrais, d’un côté les premières œuvres de Schubert et de l’autre, dans un album de Tintin l’existence de la Castafiore.

    La vie déjà me présentait ses premiers contrastes.

    • Pascal Perrat dit :

      Le cidre de Courbevoie cela devait être quelque chose👍
      Souvent, le papi en fait trop, ce sont ses dernière années de gloriole, il en profite.
      « Le chemin des dames légères. » jolie expression.

  8. Urso dit :

    Quelquefois on dit que la vie est dure, qu’elle ne fait pas de cadeau.
    Pourtant moi, vous savez, j’en ai plein des cadeaux, et même tous les jours de ma vie. En effet, et étant encore adolescent, mes copains et copines, se moquent un peu de moi dans la journée, le soir et même la nuit. Car j’ai plein de cadeaux, partout où je vais, à n’importe quel endroit de la Terre, je suis sûr d’en trouver, d’en avoir des cadeaux.
    Et bien oui, certainement les plus forts des lectrices et lecteurs de cette petite histoire, ont-ils déjà et très rapidement deviné : mon prénom est Cadeau.
    C’était une idée de mes parents de m’avoir appelé de la sorte. Et maintenant, je les remercie, beaucoup, de m’avoir donné ce prénom, cela me met de très bonne humeur, lorsque on le prononce le matin pour la première fois, et même à tous moments de la journée …

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