L’anecdote « coup de pot »

De petits faits inattendus aux conséquences malheureuses mais sans caractère irréparable

Il y a quelque chose d’extraordinairement humain dans le fait de chercher à se souvenir. De retrouver dans sa mémoire, non pas ce qui a nécessairement une utilité, mais les traces de vie laissées derrière nous.

Aujourd’hui, je vous invite à conter vos coups de chances petits ou grands.
Procédez en 2 étapes :
1 – Repensez l’un de ces moments où la chance vous a sourit.
Peut-être avez-vous eu, comme moi, de vrais coups de pot : chance au jeu, en amour, en affaire, ou autre ?
2 – Racontez ces moments où une bonne étoile a fait tourner la roue de la chance du bon côté pour vous. Sans vous interdire de romancer cette anecdote.

Deux anecdotes « coup de pot »

J’avais publié un recueil de poésie à compte d’auteur et vendu quelques exemplaires à des amis, pas plus. Même si la presse locale en avait parler. Je donc tenté de le promouvoir en participants aux petits salons du livre organisés, à droite à gauche, par les municipalités.

Un jour, en banlieue parisienne, alors que j’attendais, assis derrière ma petite table et ma pile de livres, d’éventuels acheteurs, François de Villandry créateur de Artère, une revue de poésie-peinture, s’est approché pour feuilleter « Un Regard Peut-être » Après quoi il m’invita à proposer des poèmes au comité de lecture de la revue.
Commença alors ma collaboration à la revue pendant plusieurs années et la chance de côtoyer et de découvrir des grands noms de la poésie et de la peinture : Guillevic, Tardieu, Picabia, Norge, Soulage, Debré, Miotte, Kœning, Piaubert, Butor, Deira, Arrabal, Dhôtel, etc

C’est en les observant que j’ai remarqué une particularité très intéressante chez eux. Ce qui m’emmena plus tard à inventer et exploiter le concept Éveilleur d’idées®


Prix à l’Académie française

Je suis dyslexique. De facétieux neurones font des croche-pieds aux mots dans mon cerveau. Mon orthographe trébuche souvent quand j’écris. Peut-être avez-vous remarqué une faute. Merci de me la signaler : blog.entre2lettres(at)gmail.com

42 réponses

  1. pakitapom dit :

    Ca c’est rigolo à un moment de ma carrière j’ai postulée pour être assistante RH et lors du recrutement, en délirant avec le recruteur sur les images nées des tests de Rorschach et en prenant des sentiers de traverses direction le monde et les voyages… je me suis retrouvée a un poste beaucoup plus créatif dans la même entreprise , tellement différent que le premier jour, je ne savais même pas ce que j’allais y faire …destin quand tu nous prends par la main, parfois tu t’amuses bien !!

  2. françoise dit :

    1 – Repensez l’un de ces moments où la chance vous a souri.
    Peut-être avez-vous eu, comme moi, de vrais coups de pot : chance au jeu, en amour, en affaire, ou autre ?
    2 – Racontez ces moments où une bonne étoile a fait tourner la roue de la chance du bon côté pour vous. 
    Coup de bol ? Coup de chance?je ne saurais dire !
    Alors que la soirée se passait sans anicroche, en me levant, je me pris « les pieds dans le tapis » et en chutant le long d’un divan je me fracturai le col du fémur. Impossible de bouger mais avant que j’aie le temps de paniquer, j’ aperçus mon portable par terre sous le lit. Je n’eus qu’à tendre le bras et appeler la détentrice de la clef de mon appartement. Une heure après j’étais à l’hôpital.
    Coup de bol, coup de chance ? Pourquoi cette question : ce sont tout bêtement des synonymes.

  3. pakita POM dit :

    Madame Irma

    Pas de billet gagnant.. D’abord, j’joue pas. Pas d’amoureux fringant, Meetic , j’y crois pas et puis ca coute des sous ces trucs là et à nos age,s tout de même ! Pas d’intervention magique non plus ,  le génie dans les lampes à faible consommation d’énergie..y a longtemps qu’elle y croyait plus
    .
    Une vie banale dans une petite ville de province… Le train train quotidien.. rien de bien excitant

    Sauf que, tôt, ce matin là , Madame Irma est allée chez le médecin. Ben oui, pour le renouvellement de ses médicaments, pardi. Si c’est pas malheureux de devoir se déplacer et payer une consult juste pour un bout de papier. Et après on s’étonne du trou de la sécu. Ah fait pas bon vieillir !Enfin, Madame Irma est contente parce qu’elle a pu avoir le premier rendez vousde la journée. Au moins, elle n’attendra pas, parce que, moi je vous le dis : « ce médecin, toujours en retard, une vraie calamité, … » .Un p’tit quart d’heure plus tard, c’est terminé. Passer ensuite à la pharmacie puis rentrer et s’asseoir tranquille devant la télé avec son minou sur les genoux . Faudrait voir à pas louper Télé achat!

    Sauf que ce matin là, les choses ne se sont pas vraiment passées comme ça….
    Madame Irma, par principe, ne prend jamais l’ascenseur…  çà peut rester coincé ces machins là-Donc, visite terminée, elle redescend par l’escalier. Un étage… pas de quoi bramer.. Quand arrivée en bas, au niveau de la porte coupe feu, elle voit soudain, dans le hublot, une tête de femme violemment plaquée contre la vitre, le regard terrorisé. Altruiste Irma ? Non pas ! Mais féministe, ca c’est sûr! C’est pas pour rien qu’elle est restée vieille fille . N’écoutant que son courage, Irma fonce dans le tas. Ping pong de portes battantes, la voila rejetée en arriére avec, en prime, la blonde tuméfiée sur les bras et deux escogriffes cagoulés, arme au poing en train de les menacer.

    « -Assises ! Là, sur les marches, silence et pas bouger! »
    Tremblantes, Irma et la blonde tétanisée ont obtempéré.
    Un troisième lascar est arrivé, poussant devant lui, à grand renfort de crosse de mitraillette, un papy tout apeuré . Quel monde on vit, moi, je vous le dis ! Sur les marches d’escalier, les uns après les autres, tous les otages se sont agglutinés. Faut dire que c’est un endroit très passager, cette montée d’escalier avec plusieurs praticiens en étage. Les trois malfrats jouent les gros bras cherchant à intimider leurs prisonniers . Ils n’ont pas à se forcer, la poignée d’individus en face d’eux : hommes, femmes, coursier, technicienne de surface, factrice, etc recroquevillés, blottis les uns contres les autres, se lançant des regards furtifs, n’en mène pas large.

    Madame Irma, elle se dit que cette prise d’otages, c’est mieux que Télé achat mais, dommage, y a pas son chat, et puis, de tout manière, l’heure du rendez vous télévisé est passé. Ben oui, cela fait bien plus de deux heures maintenant qu’ils sont tous coincés là. Apparemment les trois truands ont l’intention de cambrioler la bijouterie qui se trouve en galerie, au rez de chaussée et, pour ce faire , ont prévu d’attraper la femme du bijoutier lorsqu’elle arrivera et la forcer à ouvrir l’arrière boutique et là , à eux le pactole !

    Sauf que,ce matin, la femme du bijoutier, elle met drôlement du temps à arriver.
    Les voleurs, leur plan qui foire, ça les énerve et ils commencent à baliser, à s’échauffer. Le plus grand , celui qui tient la mitraillette, est en train de s’exciter. Sous son masque, Madame Irma voit la sueur perler, sa main sur l’arme trembler… d’ici à ce que ce p’tit con se mette à tirer..
    Quoique, a y bien regarder, Madame Irma qu’y a l’habitude des séries policières à la télé, trouve que cette mitraillette, elle fait pas le poids. Elle a l’air un peu trop légère. Par contre le gourdin et la hache que les deux autres gardent en main n’incitent personne à faire le malin

    Sur les marches d’escaliers,, l’hystérie monte. On manque d’air , les yeux chavirent et les mains se font moites
    « Arretez votre cirque! Si vous vous tenez pas tranquille, on va vous buter…et puis essayez pas de nous doubler, de prevenir les secours e d’abord donnez nous vos portables. »

    Quand Madame Irma avoue, un peu piteuse, qu’elle en a pas – c’est vexant, finalement, d’avoir l’air un peu ringard- le grand , le plus excité, le plus violent aussi, lui arrache son cabas, et, rageur, le renverse sur le sol. Sauf que ça lui plaît pas du tout à Madame Irma qu’on foute le bordel dans son cabas. Non mais des fois ! Heureusement que le papy, tout tremblotant mais efficace finalement, la retient discrètement  parce que Madame Irma,  y s’en est fallu de peu pour qu’elle lui saute sur le paletot , au morveux cagoulé. Et là, franchement, Irma, c’est pas le moment d’exciter la foule, de mettre le feu aux poudres.

    Calmer le jeu, adresser un furtif regard de complicité à celui qui est en train de craquer, soutenir la postière qui, soudain, manque d’air, poser la main sur l’épaule du coursier de spasmes tout secoué, essorer le mouchoir de la technicienne de surface, une vraie serpillière, froncer le sourcil pour intimer courage à la jeune fille qui vacille …bref, s’accrocher, tenir bon !

    C’est foutu ,la bijoutière elle viendra plus!Pourtant, depuis le temps qu’ils planquaient, z’avaient tout prévu. Sauf que le bijoutier, à l’intérieur de sa bijouterie, s’en est douté. Comment ? Un bruit, une ombre ou peut être un trop grand silence … Il a prévenu sa femme : « surtout ne pas venir ! »  et puis, dans la foulée, c’est les condés qu’il a appelés.

    Un téléphone vibre dans la poche d’un des voleurs .une voix stridente dans le micro qui gueule – « Tirez vous ! Y a des flics partout on va se faire gauler ! »
    Un instant, le temps s’est arrêté. Les respirations aussi. Puis c’est la débandade, les voleurs d’un côté, les otages, de l’autre , en hurlant vers les étages se sont rués . Même Madame Irma, elle court, en se disant que l’aventure c’est palpitant mais à son age , tout de même, c’est un peu fatigant

    Trois heures plus tard, les trois minables sont coincés. Au mitard on les a fourrés L’affaire est terminée, les témoins à la gendarmerie convoqués. La justice lente et sereine, fera le reste…

    Madame Irma a du témoigner, comme à la télé, elle a expliqué ce qui s’était passé et, quand on lui a dit que la mitraillette était en plastique, c’était du chiqué, elle s’est écriée, en jubilant : » faut pas j’le savais! » On me la fait pas à moi, je m’y connais, vous savez, tout le temps, je regarde Navarro a la télé. Elle était drôlement fière ,vous pensez.

    Chez elle, à pas menus, elle est rentrée. De toute façon, elle était plus pressée Télé achat, y a longtemps que c’était terminé . Mais Minou devait commencer à s’inquiéter.
    Quand même, toute cette histoire , ça l’avait un peu chamboulée.

    Entre nous,elle avait une sacrée chance, Madame Irma!
    D’accord, la mitraillette était en plastoc, du toc, mais le gourdin et la hache, c’était pas rien !
    Depuis qu’elle a eu droit à une photo dans le journal local «Madame Irma , otage dans le casse de la bijouterie ». elle biche , Irma . Tu parles, elle fait un tabac. Dans son quartier, c’est devenu une vraie star…peut plus se déplacer sans qu’on veuille l’interviewer… Mieux qu’a la télé !

    Sauf que ce jour là, pour de vrai, Madame Irma c’était moi…

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      Je me suis doutée à un certain moment que c’était vous Pakita, cette histoire est racontée de manière si vivante (on s’y croirait) avec une pointe d’ironie. Les émotions sont bien décrites. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette histoire. Je crois comprendre que c’est une histoire vécue. Vous en êtes-vous remise?

      • pakitapom dit :

        Très bien alors que bien de personnes ont demandé l’aide d’une cellule psychologique. l’anecdote de la mitraillette est vraie et cela m’a beaucoup aidé. la police nous a expliqué qu’il s’agissait de jeunes inexpérimentés, envoyés de Lyon vers les villes avoisinantes pour faire des cambriolages. L’aventure n’en était que plus risquée d’ou l’importance pour les otages de garder leur calme et d’être unis …. mais on s’en est sortis !

    • Pascal Perrat dit :

      Histoire captivante, vraiment. Ce n’est pas un jeu de mots. Vous avez l’art de la narration.

  4. durand JEAN MARC dit :

    Comme je le signalais récemment à quelqu’un, toute m’a vie me semble un coup de pot, parfois encrassé de l’échappement, bouché de la tubulure mais, cahin-caha, toujours avançant.

    Un jour, quand même, alors que je filais de mon vieux « Nord » vers les « diableries » basques, dans une superbe ligne droite routière, une rouge, ensanglantée de tant de départs vacanciers et de retours de boîtes. Dans cette moitié de France où tout vous incite à goûter de l’interdit du champignon, à tâter de l’ivresse de rattraper le soleil, je roulais clairement au dessus de la norme autorisée. Cap sur l’illusion de liberté, de maîtrise, de pouvoir….cap sur la connerie!

    Et puis, à un moment, en face, un triste individu au volant d’un véhicule totalement ridicule chercha à croiser ma route. Sa ligne de dérivation ne pouvait que l’entraîner à embrasser le cx du capot de mon auto qui un quart de millionième de seconde me parut beaucoup top court.

    Et là, par on ne sait quel « Milagro » (en français, ça fait tarte!), je donnais un discret coup de volant vers la droite pendant que le triste individu dans son ignoble cacahouète paraissait se décider à reprendre les commandes de sa petite crotte à roulettes.

    Aucun des rétroviseurs, recroquevillés sur sa peur n’avait pu rendre compte de l’incident. On frôle bien la mort, une caresse clairement vicieuse.

    J’ai roulé encore 20 kms, les fesses serrées, histoire que sur le visage, ça ne se voit pas trop, quand même.

    Puis, juste parvenu au bord de la Loire, je me suis arrêté….abasourdi, les jambes flageolantes. Je me suis assis, comme jamais et j’ai regardé couler l’eau. Et j’ai attendu que mes rivières sanguines s’autorisent à couler au rythme du grand fleuve.

    Intérieurement, j’ai du pleurer.

    Et l’année suivante, j’ai remonté la Loire, jusqu’à sa source!

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      Anecdote racontée de manière cocasse. Vous avez eu raison de choisir la paisible Loire à la place de la tempétueuse Garonne

      • jean marc durand dit :

        Oui Françoise, ma littérature tente de rendre l’anecdote cocasse, dans la banale réalité, je n’ai pas rigolé du tout! Sinon, ce ne pouvait être que la Loire, calme et sauvage! Face à la Garonne, je ne serai peut-être plus là pour là pour raconter mes âneries! La Dordogne, je n’en parle même pas, une fois, je l’ai vu , contre toute attente couler dans le mauvais sens! Abus de crus locaux et voisins de chez Pascal 😊 ???

    • Antonio dit :

      Tout est question de « fluide » dans ce récit…tantôt ça roule, tantôt ça bouchonne, à l’extérieur comme à l’intérieur. Pour avoir vécu une frayeur similaire, la connerie en porte-bagages, je te comprends, Jean-Marc, la vie a besoin en ces instants de redevenir un long fleuve tranquille.

  5. Françoise - Gare du Nord dit :

    Comme quoi un mal (votre impécuniosité) peut apporter du bien (de sacrées économies en ayant recours au travail au noir

  6. Maguelonne dit :

    Nous étions jeunes et commencions à nous embarquer dans les choses dites sérieuses. Avec une petite tête blonde bouclée et un bébé de quelques mois nous venions d’emménager dans un pavillon que nous venions d’acheter. Nous avions deux voitures, pas toutes jeunes mais qui avaient l’amabilité de démarrer sans rechigner et de nous mener à bon port. Nous n’ en demandions pas plus. Mais un jour, sur l’autoroute une de nos voitures nous a lâché : bruit fort inquiétant,refus d’obtempérer. Nous avons tout de même pu nous garer correctement. Mon homme souleva le capot, jeta un œil, pour ne pas être en reste je jetais un deuxième œil. Et nous fûmes bien obligés de reconnaître notre incapacité à résoudre ce problème mécanique. Allo service dépannage. « C’est la bobine » dit le garagiste. Mais bobine changée, notre voiture refusa de reprendre du service. « C’est plus sérieux que je ne pensais. Faut emmener la voiture au garage » dit il en se frottant le menton. De toute façon nous n’avions pas le choix. Le lendemain le garagiste nous annonça que le moteur était grillé et que nous étions obligés de le changer. C’était une grosse somme d’argent pour nous qui avions les poches vides. Pas possible dans l’immédiat. Nous avons pu, malgré tout ramener la voiture chez nous en roulant à dix à l’heure et avec un boucan d’enfer sous le capot. Véhicule coincé dans le garage et système D pour nos déplacements, un mois passa. Puis un ami d’ami, ancien mécano vint consulter notre voiture et devait se charger de faire les réparations, au black, nous permettant ainsi de succinctes économies. Il essaya la voiture et nous rassura immédiatement : « C’est pas le moteur ». En fait le garagiste voyou avait changé les bougies. C’était une histoire de culots courts ou longs, peu importe, qui expliquait le boucan d’enfer . Pour « trois francs six sous » l’ami a pu réparé notre voiture. N’ayant aucunes preuves de la malveillance de ce garagiste, nous nous sommes contentés de lui dire ce que pensions de lui. Il a crié plus fort que nous mais pas grave : nous avions vidé notre sac.
    Le coup de bol fût d’être fauché comme les blés à ce moment là, sinon nous aurions accepté les travaux. Nous aurions gentiment payé et même dit merci.

    • Antonio dit :

      ça me rappelle mon joint de culasse (enfin, celui de ma vieille Super 5 plus si super) qui m’a laissé en plant sur l’autoroute entre Clermont et Paris… ça m’a coûté une blinde à l’époque (toujours moins que si ça avait été en région parisienne, m’a-t-on rassuré), alors que j’entrais dans la vie active. Malheureusement, j’avais de quoi payer. Si ça trouve, hein …. j’ai pas eu de pot ! (enfin je parle plus de la voiture là !)

  7. Pompelair dit :

    Pas un accident, juste un ‘incident’ d’avion à bord d’un beau gros Boeing qui va s’avérer être un Boeing Bang Bang.
    Retour de l’Ile Maurice vers Paris, escale à mi-chemin : Djibouti. On en repart. 20mn de vol, vitesse de croisière, et BOUOUOOUMMMM. Grand bruit, très sèche et profonde secousse. Longue gerbe de feu et d’étincelles sur la gauche de l’appareil. vue impec sur le réacteur explosé: je suis près de l’aile côté hublot.

    Le pote que je m’étais fait au Club Med assis à côté de moi me dit « on a tourné, je te dis qu’on retourne » et moi : « non, tu rigoles ? »
    Aucune explication de l’équipage, même pas peur peur puisque même pas non plus – d’attachez vos ceintures – ni d’explications. Et en effet, on baisse en souplesse, on atterrit en douceur à Djibouti : tout le monde descend !

    Il nous est expliqué par la suite que l’avion ayant 4 réacteurs il est conçu pour rentrer même avec un seul, mais que les consignes sont que s’il est à la moitié de son trajet il continue vers sa destination, à l’inverse : il doit retourner d’où il vient.
    Air France nous explique que l’équipage va dormir à l’hôtel, il doit être en forme le lendemain pour nous ramener à Paris. Il a cependant eu d’abord la bonté de rapporter de l’avion blessé les chariots roulants contenant les repas (ayant patienté 12 heures, on a donc eu droit pour la 2ème fois au même veau aux épinards, vu les ressources du coin personne n’a rechigné.)
    Nuit blanche assis sur nos bagages dans ce petit aéroport mal éclairé, mal équipé, très vite débordé, avec pour seule vue angoissante les 360° de désert de caillasses et la perspective de mourir de soif.

    Enfin, la journée bien entamée, nous sommes fatigués, crasseux, suants des 40° locaux, notre équipage revient tout pimpant de moral d’acier comme il est de rigueur dans un zinc.
    Arrive alors un autre grand oiseau dont on peut admirer l’atterrissage impeccable. Ca c’est du pilote ! OUF. On l’attendait celui-là, même on l’applaudit. Embarquement avec une petite larme à l’oeil vers l’oiseau blessé abandonné en bord de piste.
    J’ai toujours adoré l’avion pris tant et plus m’y sentant ‘transporté’. Je revis volontiers le souvenir de cette excitante histoire, sans doute le meilleur coup de pot de ma vie.

  8. CÉNEC Gérard dit :

    Quand j’étais journaliste dans un hebdo dans l’Ain, j’étais parti en reportage dans le Jura tout proche pour rencontrer des fans d’ailes volantes. Bref, une heure heure, j’avais récolté toutes les informations nécessaires pour mon article et pour devenir un spécialiste du sujet ! Vers la fin de l’après-midi, un moniteur me proposa de monter dans un ULM à deux places pour faire des photos aériennes du camp d’entraînement. Quand j’ai vu la machine, je ne me sentais pas rassuré. En plus, je devais compter près de deux heures pour le chemin du retour. J’ai décliné son offre. Bien m’en a pris. Le lendemain en ouvrant le Progrès de Lyon, j’ai appris que ce moniteur, avec ce même ULM avait trouvé la mort à la suite d’une panne. Je vous avoue que j’ai eu un sacré coup au cœur. J’aurais pu mourir avec lui ce jour-là ! Qu’est-ce qui m’avait vraiment poussé à ne pas monter dans cette machine ?
    Quelques années plus tard, j’ai revu avec joie une chère consœur alsacienne à une remise de médailles comme il est demandé bien souvent aux journalistes d’assister. Elle réalisait avec talent tous les reportages photographiques pour le Conseil général du Haut-Rhin. Et un jour, lors d’une mission photographique au-dessus des lacs des Vosges, son ULM biplace s’est écrasé. Deux morts.
    Vous ne me ferez jamais monter dans un ULM !

    • Antonio dit :

      « ‘tain ce qu’il rend blême votre ULM » pour parodier Renaud. Heureusement vous avez suivi votre instinct là où les autres y auraient vu de la peur. C’est une différence difficile à faire avec la raison, mais les tripes ne s’y trompent jamais 😉

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      D’où venait cette petite voix qui vous a soufflé de ne pas monter? Est-ce seulement le hasard – s’il existe- qui empêche un voyageur retardataire de prendre l’avion qui va se crasher peu après? Tous ceux qui comme vous ont échappé à la mort ont-il une petite idée?

  9. Françoise - Gare du Nord dit :

    J’avais 17 – 18 ans. Je faisais de l’auto-stop sur la route nationale qui relie Agen à Cahors. Mes parents habitaient à 17km d’Agen. Très vite, le type devient entreprenant, sans être menaçant. Soudain, nous passons devant une ferme, une voiture est stationnée devant.

    Je dis au conducteur « Laissez-moi ici, c’est la voiture de mon père, il me ramènera ». Il a bougonné mais s’est arrêté. J’ai dû être sacrément convaincante.

    Je me suis retrouvée en rade et ai recommencé à faire de l’auto-stop. J’ai été prise en charge par un camarade de lycée qui m’a reconduite sans encombre.

    Ce qui est étrange, c’est qu’à aucun moment, je n’ai réfléchi me demandant comment j’allais me sortir de cette situation. Cette phrase qui m ‘a sortie d’embarras et peut-être pire est sortie comme cela. Je n’ai jamais pu expliquer d’où cela venait

    Un sacré coup de pot

    • Antonio dit :

      Parfois il y a quelqu’un qui te souffle le texte « parfait » pour l’instant parfait. C’est de l’inspiration comme quand on écrit. Des fois, on ne sait pourquoi telle idée ou telle phrase nous vient et rend le récit d’un coup fluide et évident, nous sauvant de la page blanche. Qui est ce souffleur sous les planches de nos vies ? En tout cas, bien joué, Françoise ! 😉

  10. Fanny Dumond dit :

    Je rentre chez moi pour la pause déjeuner au volant de ma petite voiture achetée d’occasion voici 3 semaines chez mon garagiste qui m’avait expliqué en long, en large et dans toutes les dimensions qu’il s’agissait d’une affaire en or, qui avait appartenu à sa cousine et qu’il l’avait toujours entretenue (la voiture, pas la cousine).

    Arrivée à un carrefour dangereux, je m’arrête à la balise pour céder le passage à un semi-remorque qui arrive à bonne allure, quand, tout à coup, j’entends un grand « boom » à l’arrière de mon véhicule et, bien qu’ayant le pied sur la pédale de frein, la voiture fait un bond en avant et qu’en une fraction de seconde je vois défiler devant mes yeux la masse du mastodonte. Bien sonnée, je sors de mon véhicule et vois une femme tout affolée qui se précipite vers mois en disant : « Mon Dieu ! J’ai bien cru que vous passiez sous le camion, il vous a frôlée de quelques centimètres ». Nous observons nos véhicules qui, étonnamment, n’ont pas une seule égratignure et nous échangeons nos coordonnées, au cas où. Mais ne voilà-t-il pas, à peine ai-je repris le trajet, que ma voiture donne des signes alarmants que quelque chose cloche ; elle n’a plus du tout sa forme olympique, elle se traîne et émet des bruits bizarres. Sur l’avenue principale, je déniche un garagiste qui m’explique, en à peine trois mots, que ma voiture est morte ! Arrivée chez moi, sous l’œil étonné de mon mari de me voir sortir du véhicule de prêt, je ressens une vive douleur quelque part à la tête, ça tourne, ça vire, bref ça ne va pas fort. Direction les urgences où l’on me diagnostique un bon coup du lapin et la prescription d’une minerve, si confortable. Tout rentre dans l’ordre avec la paperasse, mais ce qui me reste encore en mémoire c’est la colère de mon garagiste lorsqu’il apprend que j’ai bousillé cette si bonne petite voiture. Étonnée de sa réaction, je lui explique (avec mon agréable minerve) les circonstances de l’accident et lui dis que je pense avoir eu une chance inouïe d’être encore de ce monde. Mais que nenni, il bougonne encore que cette voiture était du tonnerre de Dieu.

    Comme quoi, le genre humain est, parfois, très difficile à cerner. Et je subodore fortement qu’il a pensé : « femme au volant, mort au tournant ». Dans un sens, il n’a peut-être pas tort, parce que je me suis toujours demandé ce que pouvait bien fabriquer la conductrice qui m’a tamponnée avec une telle violence ? Etait-elle au téléphone ? Roulait-elle trop vite, en ville par surcroit ? En tout cas, on peut dire que ce jour-là, j’ai eu un grand coup de chance, bien que mes cervicales me taquinent quand bon leur semble.

    • Antonio dit :

      Vous ne perdez pas votre humour le long de ce récit pourtant pas drôle. Vous avez surtout eu la chance, Fanny, d’avoir un bon ange gardien. Un sacré choc qui, si j’ai bien compris, a provoqué une hémorragie interne fatale à la voiture.

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      Oui, Fanny, ne changez pas d’ange gardien mais j’espère que vous avez changé de garagiste

  11. Antonio dit :

    Un samedi soir sur la terre.
    Je suis à une fête chez des amis et je rencontre une fille très sympathique et cultivée avec qui je discute longuement. Sans plus d’affinités.
    Avant de nous quitter, elle me propose de l’accompagner le lendemain à un concours hippique de haut niveau (d’après elle) qui se déroule à Longchamp.
    J’accepte sans bien savoir où je mettais les pieds car le hippisme, c’est pas du tout mon truc. Mais elle avait l’air si sympa et mon instinct (ou ma couardise) m’avait poussé à dire oui.
    Ca ne s’explique pas parfois. Durant la nuit, je me suis dit que j’allais annuler, vraiment c’était grotesque, j’allais m’y emmerder.

    Et puis le lendemain, j’y suis allé (car je n’arrivais pas à la joindre), en me disant que je n’y resterais pas longtemps.
    Une fois sur place, elle m’emmène dans des loges officielles où on nous sert des petits fours et tout (c’était l’heure du déjeuner).
    Tout est agréable, j’y suis bien, je regarde à peine les concurrents à cheval passer devant moi.

    Quand, au loin, je crois rêver, je vois Bruce Springsteen en personne.
    Le Boss ! Je me dis qu’il faut absolument que j’aille le voir, d’autant que j’ai un exemplaire de mon dernier roman qui se déroule au coeur de son dernier concert à Paris (j’en ai toujours un dans mon sac à dos, au cas où).
    Je me faufile dans les gradins et je me présente devant lui, tout bêta, et dis en un anglais potable : « je suis fan, je peux vous embrasser ? » Il sourit et s’étonne que je lui fasse l’accolade alors qu’il avait déjà pris la position du selfie. Mon anglais ne me boude pas et j’arrive à lui parler de mon livre que je sors et lui présente. « C’est en français, mais vous trouverez bien quelqu’un pour le traduire » … Dedans il y a tout un comm de presse et ma carte. Il me promet de le lire. J’y crois pas une seconde, mais bon, il l’a. Je repars et reste toute la journée avec mon porte-bonheur que je ne remercierais jamais assez… (non, non, Sylvianne, j’ai pas conclu), encourageant comme jamais la fille de Springsteen qui concourait et a fini à une bonne 14ème place.

    Mon coup de bol ne s’arrête pas là. Trois mois plus tard, je reçois un coup de fil. C’est un éditeur américain qui souhaite me rencontrer car il veut bien faire traduire mon roman et le distribuer dans son pays, voire même au Royaume-Uni. Exactement, ce dont j’ai toujours rêvé depuis … (depuis quand déjà, Sylvianne ?). Il m’explique que Springsteen a demandé à le faire traduire après que sa fille l’a lu et apprécié (elle comprend le français). Je suis tout excité, je crois d’abord à une farce, mais non. Quinze jours plus tard, me voilà en entretien dans un hôtel parisien avec cet éditeur. On planifie sur trois mois le travail avec le traducteur à New-York, nourri logé. Il y a un an, le livre est sorti en anglais aux States et au Royaume Uni. Il se vend comme jamais je ne l’aurais imaginé. C’est juste « amazing » (oui, depuis j’ai pris la grosse tête et l’accent franglais).

    Si je n’avais pas accepté cette invitation, jamais je ne serais l’auteur à succès que vous connaissez.
    Ce dimanche 16 mai 2021 restera gravé à jamais dans ma mémoire.

    C’est ce qu’on appelle une « visualisation », l’anecdote projetée dans le futur.
    Vous verrez bien que je ne vous raconte pas de crack ! 😉

    • Fanny Dumond dit :

      Vous êtes un crack pour nous raconter des histoires « visuelles ». Je vous souhaite de tout cœur que celle-ci se concrétise et que l’an prochain on trouvera votre roman dans toutes les librairies de France et du monde entier. Bravo Antonio ! j’ai beaucoup aimé vous lire.

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      Une sacrée histoire Antonio. Avez-vous réfléchi à ce qui ce serait passé si la jeune fille avait été antipathique et sotte, si vous aviez eu le cran de refuser sa proposition ou si votre instinct avait été aux abonnés absents, si vous aviez pu la joindre le lendemain et annuler la sortie, si vous aviez tourné la tête de l’autre côté et pas remarqué la présence du Boss, si celui-ci avait refusé etc.. etc..
      Les grands moments de notre vie sont cousus de petits fils incassables

      • Antonio dit :

        C’est justement tous ces détails qu’il faut « savoir » observer dans l’instant présent pour se laisser porter vers son destin, car il faut bien lire dans ce récit une anecdote prédictive, ou comment forcer le destin par la pensée. Nous sommes en 2021 et voilà ce qui s’est passé 🙂

        • Françoise - Gare du Nord dit :

          Oui j’avais noté « Ce dimanche 16 mai 2021 restera gravé à jamais dans ma mémoire » mais avais omis d'(en parler. Antonio, vous pouvez écrire des romans d’anticipation

  12. Janine dit :

    Une standardiste qui a changé ma vie.
    Je téléphonais à un promoteur immobilier pour avoir un rendez-vous pour être secrétaire. Sur un ton très pressé, la standardiste me demande « C’est pour quelle annonce ? » Moi : « Pourquoi, il y a plusieurs annonces ? ». La standardiste, toujours aussi pressée « Oui pour une secrétaire et pour une négociatrice » Moi : « Alors je postule pour être négociatrice ». Elle m’a passé le directeur commercial qui m’a accordé un rendez-vous. Je suis devenue négociatrice, puis chef des ventes, et j’ai continué toute ma carrière dans l’immobilier. Ce jour-là, une conversation téléphonique a changé mon parcours professionnel !

    • Fanny Dumond dit :

      Contrairement à vous, je postulais pour un emploi de comptable et en attendant que le poste se libère, on me mit pour un mois sur le poste de la standardiste qui prenait ses congés ! Je m’adapte à tout et pourquoi refuser une telle aubaine ? La pire boîte de mon parcours pro. A la fin du contrat, j’appris qu’il n’avait jamais été question de recruter une comptable. J’avais sûrement rêvé, m’apprit-on.

    • Antonio dit :

      C’est plus de la chance, c’est le destin ! 🙂

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      Comme le dit Antonio, c’est autre chose que de la chance. Le destin? Le karma? En tout cas pas le hasard car, comme me l’a appris mon amie Sylvianne, le hasard c’est Dieu qui agit incognito
      Quel que soit cette main invisible, elle a été semble-t-il providentielle pour vous

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