L’anecdote de voyage

De petits faits inattendus aux conséquences malheureuses mais sans caractère irréparable

Qui n’a pas vécu quelques imprévus lors des ses voyages ? Des faits ou des événements auxquels on ne s’attendait pas du tout. Nous avons tous ce genre d’anecdotes à raconter. Il suffit de chercher dans notre mémoire pour les faire remonter à la surface.
C’est ce que je vous propose ce mercredi

Aujourd’hui, 40e jour de confinement, je vous invite à passer un bon moment en 2 temps :
1 – Repensez aux voyages que vous avez effectué et vous trouverez certainement quelques anecdotes de voyage.
2 – Racontez l’une de ces anecdotes par écrit en soulignant l’incongru, l’inattendu, le surprenant, etc. Sans s’interdire de l’enjoliver, ni soucis d’exactitude. Comme pour une nouvelle.

Une anecdote de voyage parmi d’autres

Nous circulons à bord de notre voiture dans les rues de Madrid, je cherche vainement la gare principale. Le GPS n’existe pas encore.
Débouchant dans à un carrefour, j’aperçois un policier surveillant le trafic. Je garde notre véhicule tant bien que mal et je cours à sa rencontre. Je ne parle pas l’Espagnol, ni l’anglais, d’ailleurs. Le français est déjà suffisamment difficile pour un dyslexique.
Je me risque tout de même : « Buenos dias sénor policial, don esta la station del tran principador, por favor sénor ? » Un charabia enrichi par une gestuelle censée imiter les pistons d’une locomotive à vapeur.
Le policier se gratte la tête, sourit malicieusement, puis me dit en un français parfait : Vous désirez vous rendre à la gare principal, c’est très simple, prenez la première rue à droite puis tournez… »


Le roman d’une abonnée publié par Vibration Editions

Le chemin de Santa Lucia, Sylvie Wojcik

Le roman de Sylvie-Wojcik

Depuis sa course dans la garrigue pour échapper aux assassins de ses parents, Marco grandit avec une soif de vengeance.
Dans un style vif et lumineux, Sylvie Wojcik a écrit une captivante fiction, entre enquête policière et histoire passionnelle.

Ce devoir est-il encore le sien ? Celui de Marco ? Celui de Julien ? Courant à perdre haleine vers son destin, Marco découvrira peut-être ce qu’il cherche et ne cherche pas.

Plus qu’une simple histoire de vengeance, ce livre trace le cheminement intérieur d’un homme qui doit se construire avec un lourd passé, avec ses doutes et ses contradictions.

Prendre Le chemin de Santa Lucia, c’est partir en randonnée loin de ce maudit confinement.


Votre avis n’a pas de prix

Le 9e livre de Pascal Perrat

Si vous aimez mon livre, pensez à mettre un commentaire sur le site où vous l’avez téléchargé :
Apple Book,
Amazon,
Fnac,
Kobo,

De ce livre, parmi les exemples, plusieurs textes écrits par Sylvie Wojcik

Je suis dyslexique. De facétieux neurones font des croche-pieds aux mots dans mon cerveau. Mon orthographe trébuche souvent quand j’écris. Peut-être avez-vous remarqué une faute. Merci de me la signaler : blog.entre2lettres(at)gmail.com

64 réponses

  1. Françoise - Gare du Nord dit :

    Un auatre histoire que j’aimerais bien connaître. Et pourquoi l’amie n’était-elle pasl à?

  2. Pascal Lemarchand dit :

    Une pêche à la mouche bousculée !

    Ils en avaient rêvé de cette pêche à la mouche, ce quarteron parisien de quinquagénaires finissant. La décision de passer à l’acte s’était prise à l’automne 2018, lors d’un gueuleton bien arrosé où les deux aînés Jean-François et Patrick fêtaient, en ripaillant, leur célibat d’occasion, ces dames étant parti en voyage, qui aux Etats-Unis, qui au Canada. « Dis donc mon Patrick, et si nous partions pêcher une semaine, le saumon en Irlande tous les quatre au printemps prochain ? Imagine un peu: pêche avec guide dans la journée, retour au cottage en fin d’après-midi, délassement devant le feu de tourbe avec un bon pure-malt ? » lança Jean-François.

    Aussitôt contactés, l’idée fut validée par les deux autres compères, qui y voyaient l’occasion de fêter leurs 240 ans réunis, sans la surveillance des femmes qui ne les accompagneraient sans doute pas dans cette activité halieutique. Tout semblait s’ordonnancer au mieux quand les premières déconvenues arrivèrent.

    Tout d’abord, l’organisateur de l’agence « Chasse, Pêche et Voyages » leur « démonta » le projet Irlandais : trop peu de saumon désormais, accès réservé d’une année sur l’autre par de richissimes clients qui trustaient les rares spots. Il les orienta vers une région d’Italie du Nord : Les Dolomites où des débutants comme eux pouvaient, avec l’aide de guides de pêche, avoir des chances de prendre en « no kill » de belles truites « marmorata », endémiques de cette région.

    En outre, Blandine, nouvellement en couple avec Patrick et ne voulant pas le lâcher, entraîna dans le mouvement les trois autres compagnes. De plus son occupation – au combien primordiale ! – de professeur d’encadrement versaillais ne pouvant l’autoriser à laisser ses élèves pour une semaine entière, le périple fût donc réduit à la portion congrue de 4 jours dont 3 seulement de pêche !

    A Charles de Gaulle ce jeudi matin de l’Ascension, tout le monde était cependant de bonne humeur à l’embarquement dans l’A320 d’Easyjet. Elle était encore présente à l’arrivée vénitienne quand, après un déjeuner rapide, ils sautèrent dans les deux voitures de location direction le village alpin d’Almazzago. Enfin vers 19h00, après 3 heures de route, ce fut l’arrivée au « Tevini Dolomites Charming Hotel », un quatre étoiles avec Spa que les hommes avaient choisi pour que leurs « moitiés » – qui ne pêcheraient pas – soient chouchoutées !

    Le vendredi matin, les pêcheurs néophytes, s’équipant maladroitement de waders firent bien rire ces Dames ravies, en outre, d’être courtisées par les deux guides de pêches locaux : Paolo et Stéfano. Au retour de cette première journée de pêche radieuse, les hommes, heureux de retrouver à la grande table de la salle à manger leurs chéries, furent soudain douchés dans leur enthousiasme ! La cuisine était « vraiment nulle » et puis, Betty, la femme de Marc le chirurgien – une « accro » au shopping – était furieuse : « l’organisateur s’est bien foutu de votre gueule : aucun magasin dans ce bled pommé et ceux alentours » !

    Après un court conciliabule le lendemain matin, les hommes décidèrent, pour calmer leur gente féminine, de changer leur organisation du dimanche, dernier jour de pêche, pour les emmener avec eux dans un magnifique spot : un lac d’altitude cristallin ! Ils ajoutèrent même au programme du lundi, une journée à Venise avec bateau privée comme l’heure tardive de leur avion de retour le permettait.

    Malgré ces dispositions compensatoires le sort s’acharna sur cet octet amical ! Le Dimanche, suite à la demi-heure de montée pentue vers le lac situé à 1800 mètres, Patrick, victime quelques mois auparavant de son second infarctus, faillit en faire un troisième. Descente expresse, puis repos à l’hôtel ne suffirent pas : il fallut appeler les secours et l’hospitaliser à une heure de route !

    Le lundi 2 juin qui marqua la fin de cette équipée, marqua également la fin du rêve vénitien car le temps qui lui avait été réservé fut passé à l’Hôpital où Blandine, au chevet de Patrick, tentait de savoir s’il allait pouvoir prendre le vol du retour parisien, le soir-même. Quand elle descendit vers midi dans le hall de l’Hôpital, elle était en larmes. Certes sa vie ne semblait pas en danger mais il devait rester hospitalisé, le temps que tous les examens soient réalisés. Elle allait devoir rentrer sans son « jeune » amoureux, l’abandonnant au fonds des Dolomites italiennes !

    Illustrant la célèbre loi de Murphy, le comble des emmerdements arriva le soir à l’aéroport de Venise où l’aéropage d’amis, fatigués, vit son vol de retour Easyjet annulé et remplacé par un vol retardé de 24h ! Or, le lendemain, Marc avait des opérations programmés et Olivier une soutenance clé pour un gros appel d’offre : ils devaient être absolument de retour à Paris, mardi matin à 9h00. Ils y furent ! Tous les trains saturés, ils louèrent deux Kangoo avec lesquels ils traversèrent l’Italie septentrionale d’est en ouest puis remontèrent la France du Sud au Nord, roulant pendant 12 heures d’affilée, en se relayant régulièrement ! Marc opéra, shooté aux amphétamines, Olivier soutint vaillamment, puis, enfin, Patrick regagna la France en fin de semaine sain et sauf ! Mais désormais le quarteron de sexagénaire ne parle plus de pêche à la mouche : l’envie leur en est définitivement passée !

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      Je les comprends. Merci Pascal de m’avoir fait découvrir la loi de Murphy et un mot que je ne connaissais pas : halieutique

  3. Maguelonne dit :

    Nous étions jeunes, un peu fauchés . Nous voici partis pour une quinzaine dans les Alpes avec la camionnette grossièrement aménagée pour pouvoir y dormir : c’est à dire un matelas, une grille pour le barbecue, deux sièges auto pour s’asseoir, deux assiettes, deux verres et probablement quelques autres bricoles. Et c’était super !
    Ce jour là, nous avions trouvé un joli coin verdoyant, nous étions seuls, le rosé rafraîchissait dans le ruisseau,nous avions de quoi faire les grillades et nous espérions dormir à la belle étoile. Mais le temps se gâte, les nuages noirs s’amoncellent, le tonnerre gronde de plus en plus fort. Comme nous étions dans un trou, nous avons eu peur, récupéré la bouteille et sommes partis. Je crois que nous avons passé le gué à temps.
    Cette foutu pluie ne s’arrêtait pas : nuit, jour, nuit…Le quatorze août au soir, nous étions à Chamonix avec la ferme intention de prendre une chambre d’hôtel : besoin de confort, de sécher, de se réchauffer. Mais week end de quinze août à Chamonix, allez trouver un hôtel. Rien, tout était plein et nous étions fort dépités. À la sortie de la ville nous apercevons un bel établissement, au moins trois étoiles voire quatre. Peu importe nous tentons notre chance. Il reste une chambre à condition que nous prenions la demi pension. D’accord, tout ce qu’on veut, c’est échapper à l’humidité.
    La salle de bain était vaste, grande baignoire, serviettes moelleuses et j’ai vraiment apprécié le sol chauffé : un vrai bonheur. La chambre, c’était autre chose. Elle était désuète au possible. Je me souviens d’une petite table recouverte d’une sorte de plaid à grosses fleurs sur fond noir. Ça ressemblait à une table mortuaire. Nous regardons les prix affichés derrière la porte : aie, aie, aie. Le soir nous allons au restaurant. C’est une grande salle, aussi laide que notre chambre. Il n’y a que des couples âgés, le silence est assourdissant et notre assiette est peu garnie.
    Il pleuvait toujours à verse donc soirée dans la chambre moche. Nous trouvons qu’on paye beaucoup trop cher, et nous passons le temps à élaborer des scénarios pour se tirer sans payer. De la fenêtre nous voyons la camionnette, nous sommes au premier étage donc on peut sauter s’il le faut, etc, etc..

    Le lendemain matin nous avons pris notre petit déjeuner qui était copieux et avons réglé la note sans dire un mot. On ne se défait pas aussi facilement de son éducation.
    Et puis, nous nous disions qu’une camionnette dans cette hôtel était tellement peu à sa place qu’ils avaient dû relever les numéros. Ça aide à être honnête

  4. TRUAN Michele dit :

    C’était dans les années 80…A L’époque, pas d’internet, pas de téléphone portable, pas de réseaux sociaux, aucun des modes de communication actuels…
    Nous avions décidé, une amie et moi-même de partir dans les îles grecques au mois d’août. Mon billet avait été acheté -un beau billet cartonné- et j’étais toute excitée de partir à l’aventure…
    Le jour du départ, je me rends à l’aéroport (je crois que c’était l’aéroport d’Orly) et attends de retrouver mon amie qui devait me rejoindre d’un petit séjour dans le sud de la France. Mais l’heure avance, le vol est annoncé et toujours personne…Que faire ? Annuler mon voyage et rentrer à Paris ? Perdre mon billet (il n’existait pas de remboursement à l’époque)?… Je n’ai pas réfléchi longtemps : même seule, je visiterai la Grèce ! J’ai donc pris ce vol, seule avec mon sac à dos et j’ai passé des moments extraordinaires et inoubliables !… mais ceci est une autre histoire !

  5. Nadine de Bernardy dit :

    Je partais en vacances pour la première fois de ma vie,en Grèce,il fallait traverser le France,une partie de la Suisse et de l’Italie en train.
    Arrivée à la frontière suisse,terminus.Il est 22h.Je me retrouve,une fois tous les voyageurs locaux sortis,seule dans une gare vide.
    Une dame revient sur ses pas et me demande ce que j’attends
    – Le train pour Ancône
    – Mais ma pauvre il n’y en a pas avant demain matin! Je ne peux pas vous laissez comme ça,Venez à la maison
    Elle habite non loin de la gare.Après m’avoir prépareé un dîner tout simple que j’apprécie énormément,elle m’offre la chambre de son fils car il rentre tard.
    – Je vais mettre un mot sur la porte pour qu’il ne vous dérange pas.
    Je ne peux pas dormir de peur de ne pas me réveiller et de rater mon train ,bien que ma charmante hôtesse m’ait assurée qu’elle me réveillera à temps.
    Un peu plus tard je vois la porte s’ouvrir tout doucement et un tête d’homme s’avancer.
    J’ai envie de rire mais ne moufte pas.La porte se referme.
    Après des remerciements affectueux et la promesse de lui envoyer une carte grecque je roule vers l’Italie.Pour Ancône,changement à Milan,2h d’attente .Arrivée à destination en début d’après midi, pour apprendre que le bateau qui devait partir à 18h,ne sera là que vers minuit.
    Deuxième nuit sans dormir ,cette fois dans un hôtel.Embarquement de nuit et je trouve ma couchette dans une cabine que nous sommes quatre à partager.
    Et là,bercée par le roulis,je doooooors.

  6. RENATA dit :

    J’ai 12 ans et ce sont nos premières vacances avec nos parents . On va aller à la capitale ! et au zoo de Thoiry . Visiter un zoo en voiture , avec mon frère on a du mal à y croire . Et pourtant .
    Nous voilà de bonne heure devant l’entrée , dans notre 3 chevaux .
    Mon père nous lit les recommandations , surtout ne pas ouvrir les vitres ni les portières . Bien compris . De toute façon je ne suis pas téméraire et mon frère encore moins , de plus nous sommes obéissants .
    C’est parti . Nous écarquillons les yeux devant ces animaux venus d’ailleurs , qu’on ne voit habituellement qu’à la télé . Ils font le spectacle :
    – l’ours nonchalamment allongé en travers de la route qui nous oblige à attendre son bon vouloir
    – l’autruche qui vient picorer notre capot
    – les lionnes qui tournent autour de notre voiture
    – le rhinocéros qui vient se frotter à notre pare choc
    – les girafes qui nous toisent , et j’en passe
    Nous arrivons au terme de ce périple avec les éléphants , majestueux et d’un calme apparent . Ils nous tournent le dos . Et c’est là que j’ouvre ma fenêtre , mon père aussi d’ailleurs .
    Lentement un éléphant s’approche , même pas peur , je tends la main .
    Le pachyderme tend sa trompe et l’engouffre dans la voiture , par ma fenêtre . Je hurle et me retrouve sur les genoux de mon frère qui hurle de plus belle , me refusant son assise . Mon père comprend rapidement la situation me disant : »donne lui le pain qu’il y a sur la plage arrière c’est ce qu’il veut , donne lui le pain!  » Tu parles!! je suis paralysée de trouille , je ne peux pas!!
    L’éléphant , lui , ne parvenant pas à son but , pousse de la tête pour gagner des centimètres . Ce faisant il pousse aussi notre voiture qui vacille , se soulève , retombe ….
    Je pense notre fin arrivée , retournés et écrasés au zoo de Thoiry .
    Ce sont les soigneurs qui ont réussi , non sans difficultés , à extraire de la 3 chevaux , la trompe de ce gourmand , avec le pain!!
    Retrouvant notre stabilité et nos esprits nous avons fuit ce lieu , sans aucun commentaire .
    C’était il y a 50 ans ; je n’y suis jamais retourné . Aujourd’hui encore , ma mère adore raconter cette anecdote , qui fait rire toute la famille .

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      Et j’imagine sans peine qu’elle ne vous fait pas rire Renata. J’imagine en revanche votre terreur tant la tête d’un éléphant et sa trompe doivent être impressionnantes

  7. Sylvianne Perrat dit :

    New York. Un voyage entre amis. C est l’été.
    On monte au sommet d’un Immense building boire un verre. Une plateforme tourne pour nous faire découvrir la ville , cela va être époustouflant.
    Un des hommes est en bermuda. Il ne peut pas entrer ! Tenue incorrecte.
    On fait demi tour vers l’ascenseur.
    Une idée ! Je lui prête mon paréo. Il le place autour de sa taille. Un peu comme un Tahitien.
    Et nous entrons !

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      Très bonne idée Sylvianne le paréo. Moi qui cherchais une tenue élégante et originale pour le mariage de Martin. Merci Sylvianne de ta suggestion

  8. durand JEAN MARC dit :

    A l’époque, jeune et déjà fada, je m’étais embarqué avec ma copine pour ce qui n’était, à priori qu’un voyage, mais me parait avec le recul, quand même plus proche de « l’expédition ».
    Mon fidèle coursier possédait 4 roues, un moteur et des sièges au dessin tigré du plus bel effet. Il s’agissait d’une Aronde Grand Large, une auto française se la jouant américaine avec seulement deux grandes portes, pas de montants entre les vitres avant et arrière, une superbe peinture, bleu en bas, crème sur le toit. Je ne l’avais pas payé bien cher. J’étais encore au doux âge de la confiance et j’avais craqué pour de si belles jantes. Je parle bien des belles jantes de l’auto et non des belles jambes de ma copine.
    Et nous étions partis, innocents, sur les routes, jusqu’en…Turquie. Au fil des kilomètres, l’état du véhicule se dégradait. Ce fut d’abord la première qui ne voulut plus passer, puis les clignotants qui tournèrent de l’œil. Mais 4000km, plein Est, ça ne nous faisait pas peur.
    Nous avons atteint la Turquie, nous avons traversé le Bosphore…nous avons goûté les pêches de Bursa…nous avons vu un cheval à Troie…nous avons zigzagué un peu partout sur des routes éternellement droites et des courbes pisteuses essentiellement caillouteuses. Les freins fatiguaient et depuis quelques temps, la serrure de la portière ne fonctionnait plus. De peur qu’on nous pique notre ancien destrier transformé peu à peu en vieille mule, nous dormions tous les soirs dans l’auto.
    Un jour où je venais de constater que la marche arrière ne fonctionnait plus non plus, je me lançais dans un demi-tour hasardeux. Le soleil tapait de toute sa royauté versaillaise (expression choisie également en rapport à un autre modèle SIMCA), la route demeurait la plus directe vers un horizon furieusement lointain et la solitude pire que celle d’un gardien de but en temps de confinement.
    C’est toujours bêtement que ça arrive, et c’était arrivé. J’avais planté les deux roues avant dans le fossé. Nous jouions à la bascule, les pneus tentant vainement d’accrocher le vide.
    En ce temps-là, évidemment, pas de GPS, pas de smartphone, pas de balise…juste un jerrycan de flotte douteuse…quelques fruits frais…et 3 boîtes de sardines. Espérant ne pas baigner bientôt dans la même huile, je tentais de faire le tour de la question, des possibilités, de l’avenir. Et franchement, le tour fût vite fait, un tour de con, quoi !
    Nous en étions à notre deuxième heure d’extrapolations vaseuses, d’insinuations douteuses, d’humeurs rageuses lorsqu’apparut un individu.
    Un turc, quoi, normal dans le secteur, paysan, ouvrier, un taillé pour bouffer des épines, pour redresser la tour de Pise d’une seule main.
    Dans ce genre de situation, même le langage des signes est inutile. L’homme avait déjà fait le tout du problème. Je lui avais expliqué par gestes mon incapacité à bouger l’auto. Mais ça, avec son large sourire, il l’avait saisi.
    Et puis, il était reparti, nous laissant comme deux touristes, abandonnés par leur guide au sein mortuaire d’une vaste pyramide.
    Nous en étions à douter de la solidarité entre les peuples, lorsque notre gaillard réapparut. Il était accompagné d’un frère, d’un siamois, d’un double, d’un cousin, et que deux armoires comme ça, au bord d’une route déserte, ça impressionnait.

  9. 🐀 Souris verte dit :

    SUITE DE CONCERTS
    Nous voilà parties assurer un concert de quatuor(féminin) en Afrique. L’organisateur nous a confié avoir eu un peu de mal à remplir la salle.
    Derrière le rideau, nous entendions un brouhaha digne d’une place de marché.
    Pomponnées, accordées, nous faisons notre entrée sur scène où, tout d’un coup, un silence impressionnant nous accueillit.
    Que des hommes !
    Nous enchaînons nos trois quatuors toujours dans ce silence recueilli.

    La dernière note jouée, nous nous levons pour saluer, la salle aussi !
    Deuxième salut, eux aussi de lèvent et personne ne part. On demande à l’organisateur pourquoi tous ces hommes se lèvent et ne partent pas ?
     » pour remplir la salle, je leur ai bien dit que c’était un quatuor féminin et qu’à la fin,… Vous feriez un strip-tease.  » !!!

    N’empêche que nous avons été merveilleusement reçues par certains dont on a connu les épouses qui ont beaucoup ri quand on leur a raconté l’histoire. En fait, nombreux aimaient la musique… Mais je soupçonne qu’ils aimaient bien les femmes aussi !
    Encore des hommes déçus ! 🐀

  10. ourcqs dit :

    Voilà une dizaine d’années, nous sommes partis pour une traversée de la Mongolie, pas à cheval mais en camion-bus soviéticomongols, à la fiabilité toute relative .. Rencontres inoubliables avec les éleveurs, soirées vodka avec de lointains voisins qui passaient par hasard.. Les paysages sublimes, lumière et couleurs steppiques qui m’ont fait regretter ma nullité en dessins aquarellés . Et les nuits en yourtes , sous des ciels profonds…Trois semaines de trek et nous revenons à Oulan Bator. Notre guide veut absolument nous faire une surprise, et un peu seet romans,cptiques, nous nous retrouvons dans un « Café Français » avec vrai café et madeleines …. pour changer du thé ! Mais le summum, à la porte voisine, c’était la Librairie française,( des yourtes de l’autre côté de la rue ) avec les classiques, des récits de voyage, des ouvrages pour les étudiants en Français, et quelques articles de papeterie . Quelques uns cherchaient, et nous voilà discutant de la France, répondant à une foule de questions, assis dans un petit coin plus intime, avec coussins et le chat de la libraire, ravissante jeune Mongole francophone parfaite, amoureuse de notre littérature … Surréaliste.
    Dans certains pays librairies ferment et là , un petit bijou des steppes

  11. Pascal dit :

    Comme quoi à Paris il vaut mieux avoir un sac à ventre qu’un sac à dos. Dans d’autres villes aussi d’ailleurs

  12. Je vais vous conter une scène incroyable qui s’est déroulée lors d’une de mes visites à NOTRE DAME-de-PARIS, quelques années auparavant. Ce souvenir restera à jamais marqué dans ma mémoire, jusqu’à mon dernier souffle, un souvenir mémorable et éternel, avec ce que vient de subir notre chère cathédrale, symbole de la France depuis plus de 850 ans !

    Il y a dix ans, en plein été, je me suis rendue à Paris avec ma mère, comme cela était prévu. C’était son cadeau de Noël. TGV à Angoulême, deux heures trente de trajet et nous voilà toutes les deux dans la capitale.
    Cela faisait longtemps que ma mère ne s’était pas rendue dans la capitale, au vu de la distance, habitant en Charente-Maritime. Elle ne se voyait pas non plus s’y rendre seule, craignant les déboires dans le métro ou de se débrouiller seule.
    Quant à moi, Paris, c’est une seconde nature : j’y ai fait mes études à La Sorbonne, j’ai arpenté ses rues et trottoirs, visité ses musées, et comme mon fils aîné y résidait à l’époque, je profitais régulièrement de mes vacances pour y séjourner, résidant moi aussi dans le sud ouest. Je me sens à l’aise dans cette ville et je retrouve vite mes réflexes d’il y a quelques décennies.
    NOTRE DAME -de-PARIS, cela fait 40 que je m’y rends, se situant non loin de mon cher Quartier Latin, avec quelques bouquinistes le long de ses quais, ce qui en faisait une destination de choix lors de mes pérégrinations parisiennes.
    Évidemment, ma mère souhaitait ardemment revoir NOTRE DAME -de-PARIS pour aller y prier, allumer des cierges en mémoire de ceux qu’elle aimait, pour la revisiter, s’imprégner de sa magnificence, de sa beauté époustouflante.
    Il y avait du monde ce jour-là, et nous dûmes faire la queue un certain temps. Que de touristes pour venir lui rendre hommage ! J’entendais toutes les langues possibles ; les gens venaient de partout !

    Nous rentrons, et bien sûr, l’atmosphère particulière nous prend à la gorge, la grandeur de ce lieu historique, la force qui s’en dégage, la majesté de NOTRE DAME nous font devenir toutes petites.
    Nous décidons de commencer par l’aile droite, d’admirer les premiers tableaux majestueux par leur taille.
    A peine j’ai fini de contempler un des tableaux, un diacre à l’accent africain m’interpelle et me demande de venir l’aider, car il se trouve dans un pétrin insoluble, me dit-il.
    Je regarde ma mère et lui dit de continuer la visite sans moi. Me trouvant dans la nef centrale, il sera aisé pour elle de me retrouver.
    Je ne sais toujours pas pourquoi ce diacre a fait appel à moi, alors que nous étions des centaines de visiteurs dans la cathédrale ce jour-là, parlant toutes les langues. A-t-il senti que je suis bilingue en anglais ? Mystère ! Je ne le saurai jamais !
    Il commence par m’expliquer succinctement la situation: une femme japonaise, se trouvant devant nous, essaie de lui expliquer quelque chose en anglais, mais il ne comprend rien. Il est très embêté de ne pouvoir lui répondre et attend mon secours.
    Effectivement, cette femme se tient bien droite, avec deux énormes valises de chaque côté, dans la nef centrale, arborant un air très inspiré par les lieux.
    Je me présente à elle et lui explique que le diacre a recours à mes services, ne comprenant pas l’anglais. Je lui pose quelques questions, et là, rien. Je ne comprends rien de ce qu’elle baragouine dans la prétendue langue de Shakespeare.
    J’explique au diacre que je ne comprends rien, et il commence à se sentir catastrophé de la situation, comprenant que quelque chose cloche avec cette femme étrangère.
    Je lui dis que je vais trouver une solution. Apercevant des gens qui me paraissent être des touristes japonais, je les aborde très poliment, en anglais, pour ne pas les effrayer ; je leur explique que nous avons un problème avec une de leurs compatriotes.
    Gentiment, ils acceptent de la questionner en japonais ; puis, ils me traduisent le tout en anglais, et ensuite, je traduis tout ça au diacre en français. Une situation ubuesque et incroyable ! Une scène digne d’un film !
    La conversation polyglotte dure bien vingt bonnes minutes, et je vois mes Japonais qui prennent de plus en plus un air ahuri. « Ça ne sent pas bon », me dis-je en mon for intérieur, me gardant de partager mes pensées avec le diacre, qui devait ressentir les mêmes choses, avec une certaine appréhension.
    Phénomène assez curieux pour une Japonaise, cette dernière s’appelle Maria. Elle arbore de façon très voyante une grande croix sur son gilet, et parle comme si elle a reçu un appel divin.
    Ne rigolez pas, c’est effectivement le cas. Maria a tout laissé tomber au Japon, son métier, sa vie, sa famille (elle est célibataire, fort heureusement!). Elle explique qu’elle a reçu un appel de Dieu, lui intimant l’ordre de se rendre à NOTRE DAME -de-PARIS pour y travailler.
    Le diacre, de noir qu’il est, commence à virer de couleur. Je me dis qu’il va faire un malaise. Il se reprend, et le dialogue repart dans l’autre sens. Il me dit qu’on ne peut pas venir comme ça en France sans papiers précis, qu’on ne peut pas travailler sans permis de travail, qu’aucun poste n’est libre dans la cathédrale et qu’il faut parler français.
    Je traduis à mon gentil couple de Japonais, qui traduit en japonais à notre chère Maria. Et la conversation fait des allers-et-retours multiples dans les trois langues. Pendant encore au moins vingt bonnes minutes.
    Pour finir, le diacre, voyant la situation plus que bloquée, décide de nous libérer de nos bons et loyaux services. Je salue mes amis japonais à la japonaise en joignant mes deux mains et en les remerciant infiniment, le diacre fait de même avec ma personne et il accompagne Maria au bureau des étrangers de la cathédrale pour que le personnel la prenne en charge pour lui trouver un toit et un repas pour le reste de la journée.

    Je ne sais pas ce qu’il est advenu de cette femme inspirée, mais, son souvenir reste vivace en moi. J’avais tout oublié, où on était, le temps qu’il faisait dehors, l’heure qu’il était, où était ma mère.
    Elle s’impatientait quelque peu, ne comprenant pas de quoi il retournait. Je lui racontai la scène pittoresque qui venait de se dérouler dans cet endroit majestueux. Une scène insolite, qui me fait encore rire aujourd’hui et que tous ceux à qui je la raconte, trouvent incroyable.

    Je me devais de raconter ce souvenir en mémoire de notre chère NOTRE DAME -de-PARIS.

    Je ne sais pas ce qu’il est advenu de cette femme inspirée, mais, son souvenir reste vivace en moi. J’avais tout oublié, où on était, le temps qu’il faisait dehors, l’heure qu’il était, où était ma mère.
    Elle s’impatientait quelque peu, ne comprenant pas de quoi il retournait. Je lui racontai la scène pittoresque qui venait de se dérouler dans cet endroit majestueux. Une scène insolite, qui me fait encore rire aujourd’hui et que tous ceux à qui je la raconte, trouvent incroyable.

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      Une scène insolite en effet et cocasse. De l’émotion aussi pour cette foi affichée et la confiance qu’elle donne parfois. Je suis comme vous : qu’est devenue cette dame?

    • Pascal Perrat dit :

      C’est une histoire extraordinaire, elle excite notre envie d’en savoir plus. Et comme ce n’est pas possible, il nous reste à l’imaginer.

  13. camomille dit :

    LE GRAND VOYAGE
    Lorsque j’ai pris pour la première fois ce train, je ne savais pas où il allait me conduire.
    Au fur et à mesure qu’il avançait, je découvrais, j’apprenais, je m’étonnais.
    Mais je ne pouvais plus l’arrêter.
    Je m’accrochais à mon siège tant bien que mal ;
    Parfois il avançait tranquillement sans embûches,
    Parfois il roulait à vive allure et j’avais très peur,
    Parfois il ralentissait et je m’impatientais,
    Mais souvent il heurtait un obstacle, et ça c’est arrivé plus d’une fois… Oh oui ! Plus d’une fois !
    A tel point que je souhaitais en descendre de ce train à obstacles.
    Mais le paysage continuait à défiler et j’étais happée.
    Et puis… et puis… il a commencé à ralentir tout doucement, tout naturellement.
    Je suis maintenant beaucoup plus à l’aise sur mon siège…. question d’habitude ou d’expérience ?
    J’ai appris à regarder sereinement le paysage qui défile et à en profiter…. le plus longtemps possible !

    (d’après une idée originale de Pascal Perrat)

  14. Antonio dit :

    Ah! la Gare du Nord, un théâtre à anecdotes !

  15. Fanny Dumond dit :

    J’en ai fait des voyages dans ma vie, mais celui dont je me souviendrais toujours est un périple lorsque j’avais une douzaine d’années. Nous avions passé quelques jours pour la Toussaint chez Mamie à Clermont-Ferrand. Elle ne supportait pas mon Mimi, mon confident. Donc tout le temps de notre séjour mon chat était exilé dans une pièce au sous-sol. Le matin de notre retour à Lyon, ne voilà-t-il pas qu’il neigeait et qu’une bonne vingtaine de centimètres recouvraient le paysage. Mamie, affolée, exhortait son fils à reporter le voyage, il ne pouvait pas faire cent soixante kilomètres dans ces conditions, qu’elle se ferait un sang d’encre… Mais Papa ne voulait rien entendre, car il devait reprendre le boulot le lendemain. Mamie et ma mère le suppliaient d’attendre un peu. Nous partîmes après avoir pris notre petit-déjeuner. Quelle galère dans la 4L ! Papa, les essuie-glace à fond, roulait à la vitesse d’un escargot en s’agrippant au volant et ma mère aurait fait de l’huile si elle avait eu des olives sous ses fesses. À mi-chemin, paniquée, je hurlais : on a oublié Mimi ! Ma mère dit qu’on le récupérait la prochaine fois et moi de pleurer toutes les larmes de mon corps. J’expliquais que Mamie ne le garderait pas jusqu’à Pâques, car elle ne l’aimait pas et qu’il s’ennuierait sans moi (et moi sans lui, in petto). Ma mère s’énervait tant et plus et disait que ce serait un bon débarras, car cette sale bestiole lui coûtait, tous les mois, les yeux de la tête en litière et boîtes de « Ronron ». Elle avait fait ses comptes d’apothicaire. J’étais inconsolable et, brusquement, Papa fit demi-tour sous les cris d’orfraie de sa femme. Mamie fut très surprise de notre retour et un peu beaucoup vexée de savoir que nous ne lui avions pas fait confiance. Nous sommes arrivés sains et saufs à Lyon en début de soirée ! Et moi, avec mon Mimi dans mes bras. Je n’en revenais pas de l’avoir oublié, lui, mon seul ami. Depuis, je pense que c’est à cause de tout ce stress lors de notre départ.

    • Antonio dit :

      Mon père, ce héros. Vraiment, quel courage, papa ! 😉

    • Perrat Pascal dit :

      Un papa comme ça c’était rare à l’epoque. Impossible à oublier.

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      En effet, comme le dit Antonio : « Bravo Papa ». Je suis une amie des chats et suis sensible à cet acte de courage et d’amour paternel.
      J’aime bien votre expression  » Ma mère aurait fait de l’huile si elle avait eu des olives sous ses fesses. »
      Une petite remarque : Pascal ne comprend pas que l’on puise pleurer toutes les larmes de son corps

      • Fanny Dumond dit :

        Oui, Françoise ! C’est un cliché. Si j’inclus ce petit texte dans mon futur recueil, je veillerais à trouver une autre expression. Merci beaucoup pour votre remarque. Je vais me creuser les méninges, ça me passera un autre moment, en espérant ne pas sortir trop confite le 11 mai (peut-être). Je suis également une amie des chats et mon Chatterton m’a inspiré tout un roman. Merci beaucoup pour votre sympathique retour de lecture et belle fin d’après-midi à vous et à toutes et tous.

    • Nadine de Bernardy dit :

      oui on imagine avec attendrissement les retrouvailles de Mimi et sa maîtresse,je l’entends ronronner d’ici.Mimi,pas la petite fille que vous étiez alors.Quoique !!!!!!

      • Fanny Dumond dit :

        Tous les matins il attendait son câlin et ne me lâchait pas tant qu’il ne m’avait pas débarbouillé le visage de sa langue rapeuse, en ronronnant. Et je n’avais pas besoin de rouge aux joues pour avoir bonne mine !

    • RENATA dit :

      Merci papa , qui irait au bout du monde pour sa fille . J’en connait quelques uns aussi .

  16. Antonio dit :

    Ça me rappelle mon premier grand voyage aux States. Le seul d’ailleurs.
    Je n’ai jamais été très chaud pour le vols long courrier. Moi et l’avion, comment dire, on s’envoyait en l’air sans que ça n’ait jamais été le grand amour.

    Bref, ce voyage, c’était moi qui l’avait voulu et organisé. Ma route du Blues, entre New-Orleans et Chicago, que mes deux potes avaient accepté de subir, tels des Huckleberry Finn et Joe Harper derrière Tom Sawyer.

    J’espère que vous êtes bien installés car je vous fais la version longue. Après tout, on a jusqu’au 11 mai pour se lire.

    Le vol affrété par Continental Airlines était prévu le 8 septembre. Et déjà, ça partait mal, voire ça ne partait pas du tout. Car un autre pote nous avait gentiment proposé de nous emmener à Roissy. Sauf que ce tchatcheur étourdi au volant s’était engagé sans s’en rendre compte sur la A6, direction le sud, obligé de faire demi tour à Rungis. Ironie d’une sortie de route, à l’heure préconisée de l’enregistrement, nous étions plus près d’Orly que de la bonne destination. Au finale, on est arrivés trop tard, l’enregistrement était clos, et pour les américains, on ne badine pas avec le règlement. J’aurais trois semaines pour valider cet adage à chaque occasion, mais cela fera l’objet d’autres anecdotes.

    Mes potes ont finalement réussi à négocier des places sur un vol pour le lendemain, alors que ma trouille au cul projetait le désir secret d’un séjour improvisé en Bretagne. On est donc allés chacun à Roissy par ses propres moyens pour être sûr d’être à l’heure, cette fois. Le vol se décomposait en deux temps avec une escale à Washington DC où un Boeing 767 d’United Airlines terminerait le voyage jusqu’à la Nouvelle Orléans.

    Arrêtons-nous un instant à cette escale qui me laissa ma première mauvaise impression de ce pays si peu accueillant.

    Alors que j’étais heureux d’être là, vivant, un douanier, qui ressemblait plus à Lee Van Cleef qu’à Clint Eastwood, se mit à me questionner sur mes intentions sur le sol américain, comme si j’avais le nom d’une tombe à lui donner. Déjà, j’avais rempli le questionnaire, sans jouer au con, mes potes m’avaient prévenus. Mais là, je sentais bien que mon anglais approximatif pour dire « chouette, je suis en vacances au pays du Blues » commençait à agacer l’employé de l’aéroport. A ce moment-là, je ne sais pourquoi, j’ai pensé au film « Midnight Express ». Il allait trouver de la coke ou un produit illicite dans mon bagage à main, surtout que j’y avais rangé tous mes harmonicas qui ressemblaient à des chargeurs métalliques sur l’écran de contrôle. Mais rien, il n’a rien trouvé à redire et m’a laissé passer. L’avion décolla et atterrit, le temps d’une collation, sans que je n’y vis du feu de mon amertume d’être là.

    Cette journée du 10 septembre, dans la ville mythique du jazz, fut très particulière. Maintenant que j’y repense, elle avait une atmosphère de fin du monde. Chaude, humide, festive, musicale, à tout coin de rue, j’avais l’impression d’être sur une autre planète, ou dans un film où tout n’était que décor. Sensations étranges mêlant amertume, fatigue et décalage horaire, sans doute, qui nous emmenèrent mes potes et moi jusqu’au bout de notre nuit. Deux heures du mat’, on était lessivés et on est rentrés au motel pour s’endormir comme des nouveaux-nés.

    Le jour d’après restera gravé comme le premier d’après la fin du monde. Rien ne sera plus pareil. Je me suis levé le dernier, laissant la salle de bains au deux autres pour grappiller quelques longues minutes de grasse mat’. Quand j’en suis sorti à mon tour, ils regardaient la télé hébétés, sans bien comprendre ce qui s’y passait. Une tour était en feu. On m’expliqua que c’était à New York. Quand je vis débouler un avion. Il me semblait petit, j’ai cru un appareil de reconnaissance ou quelque chose comme ça. Mais, manque de pot, il s’est vautré dans la tour d’à côté. C’est comme cela que je l’ai vécu. Et je me souviens avoir eu cette phrase absurde, moi qui n’avais jamais mis les pieds à New-York :

    « Il a voulu passer entre les deux tours, vous croyez ? »

    C’était un Boeing 767 d’United Airlines. Les trois semaines qui suivirent furent empreintes, chez moi, d’un patriotisme américain que je ne soupçonnais pas tant la douleur était palpable à chaque regard, à chaque rencontre.

    Le blues n’avait jamais autant vibré de tout son sens à mes oreilles.

    • Dumond Fanny dit :

      Bravo pour votre texte en deux temps. Il débute avec un humour que j’apprécie particulièrement et se termine dans la stupéfaction, dans la douleur que seul le blues est capable d’exprimer. A la semaine prochaine pour d’autres anecdotes. C’est qu’on va y prendre goût au confinement !

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      Dès le début, je me suis doutée que c’était en lien avec le 11 septembre. un témoignage émouvant car vécu en direct. Et un revirement pro-américain compréhensible. Nous étions un peu tous américains et en empathie avec le peuple afghan les jours qui ont suivi.
      J’espère que les anecdotes du mercredi continueront après le 11 ami

    • Pascal Perrat dit :

      Moi, ce même 11 septembre j’animais un stage d’écriture au CFPJ à Paris, pendant la pause je suis descendu dans le hall pour je ne sais plus pourquoi exactement. il y avait un écran de télé derrière le bureau d’accueil, j’ai vu un avion percuté un tour et je me suis dit: Encore un film américain à la con ! Je m’en suis voulu longtemps

  17. Nouchka dit :

    Cet été-là, Geneviève et Denis nous avaient invités au Botswana où ils vivaient avec leur petite Ameline.
    Les liaisons aériennes avec cette partie de l’Afrique n’étaient ni très nombreuses ni bon marché depuis Paris.
    Notre fils préféra un séjour au bord de la mer avec ses grands-parents plutôt que de venir découvrir un monde inconnu.
    La première étape nous amena, après plusieurs escales, à Johannesburg en Afrique du Sud. Nous avions choisi au hasard, le nom d’un hôtel trouvé dans l’unique brochure disponible en anglais.
    Débarquant, en ce mois de juillet vers 18h, dans l’aéroport international, nous découvrîmes l’hiver austral. A cette heure-là, la nuit était tombée, la température extérieure n’était que de quelques degrés, les femmes noires parcouraient les halls la tête couverte de bonnet de laine et, pour les plus fortunées, parées de manteaux de fourrure.
    L’adresse de l’hôtel fut indiquée au chauffeur de taxi, qui s’assura que nous tenions vraiment à nous rendre dans cet établissement. Méfiants, nous insistâmes et fûmes conduits à la dite adresse.
    Chris me proposa de rester dans le taxi avec les bagages pendant qu’il allait vérifier qu’une chambre était disponible. Je découvris un hall d’accueil très spacieux, de nombreuses personnes le traversant pour rejoindre les ascenseurs.
    Enfin, arrivés après 24 heures de voyage ! Nous avions envie de profiter de la salle de bain avant de partir à la recherche d’un endroit où diner.
    Quelques vingt minutes plus tard, un membre du personnel vint nous proposer de changer de chambre. Fatigués, nous arguâmes avoir déjà utilisé la salle de bain et ne plus vouloir bouger. Quelques instants s’écoulèrent et nous fument de nouveau sollicité par un membre de la Direction qui souhaitait nous installer dans une parte de l’immeuble plus calme et de meilleur standing. Nous finîmes par obtempérer après nous être assuré que notre note n’en serait pas alourdie. Nous suivîmes le personnel qui nous installa dans une suite à laquelle nos précédents voyages ne nous avaient pas habitués.
    Nous n’avions toujours pas diné et partîmes dans l’hôtel, à la recherche d’un lieu de restauration que des panneaux de signalisation semblaient indiquer. Pour ce faire, nous traversâmes des salles qui nous donnèrent l’impression d’être des lieux de jeu très fréquentés. Chris portait à l’épaule un sac-reporter contenant son matériel photo. Un vigile vint lui barrer l’accès à ces lieux, à l’aide d’une batte, l’interpelant de manière menaçante en afrikaans. Nous tentâmes d’expliquer que nous recherchions le restaurant tandis que nous étions repoussés vers l’ascenseur. Chris avait en mémoire les romans d’André Brink et devint méfiant. A peine refermée, la porte de l’ascenseur se rouvrit et deux membres de la Direction, fort aimables, nous présentèrent leurs excuses pour cet incident et nous encouragèrent à retourner dans notre suite afin d’appeler le room service. Nous nous exécutâmes, troublés et de plus en plus las. Lorsque nous furent livré les sandwichs commandés, le serveur amena sur une table roulante de nombreux plats que nous n’avions pas sollicités accompagnés d’une bouteille de champagne et nous indiquât qu’il s’agissait d’un cadeau de la Direction.
    Tout nous paraissait très bizarre mais, enfin seuls, nous fîmes honneur à toutes ces bonnes choses et passâmes une nuit toute à fait sereine ayant bu l’intégralité de notre bouteille de champagne…
    Le lendemain matin, quittant la chambre afin de faire nos premiers pas dans la ville, la Direction de l’hôtel s’inquiéta de la sérénité de notre nuit et nous indiqua que nous quitterions l’hôtel (où nous avions prévu de rester trois nuits) pour être installé dans un établissement plus agréable et mieux situé en centre-ville. Décidément, nous allions de surprise en surprise ! Reprenant l’ascenseur pour rejoindre notre suite et rassembler nos affaires, nous croisâmes de belles femmes noires en tenue de soirée, l’œil vitreux et l’attitude nonchalante de celles qui ont fait la fête, accompagnées d’hommes blancs au regard torve, qui s’apprêtaient à quitter les lieux.
    Notre nouvel hôtel était effectivement bien plus pimpant que celui que nous venions de quitter.
    J’ai encore en mémoire la salle du petit déjeuner où étaient servis de nombreux plats très appétissants, préparés à la demande devant les convives.
    Dès que nous rejoignîmes Geneviève à Gaborone, nous lui racontâmes nos aventures hôtelières de Jobourg. Attablés en compagnie de médecins coopérants, notre histoire les fit bien rire. En effet, l’un d’eux connaissait la réputation de l’hôtel initial qui, disait-on, recevait des femmes noires louées, pour la nuit, par des hommes blancs, ce qui, sous le régime d’apartheid d’alors, était tout à fait hors norme.

    • Antonio dit :

      Une belle histoire dans laquelle on se laisse volontiers embarquer. On voudrait presque connaître la suite 🙂

    • Dumond Fanny dit :

      Votre histoire me rappelle la fois où nous nous sommes rendus à Paris pour la première fois. Tels Jean Lefebvre dans « un idiot à Paris », nous vivons au fin fond du trou du cul du monde (En Auvergne). Après avoir visité la ville dans tous les sens, fourbus nous avions atterrit dans le premier hôtel venu. Les incessantes allées et venues durant la nuit, nous ont laissé à penser que nous étions dans un hôtel borgne.

    • Pascal Perrat dit :

      Quand j’étais scénariste en devenir… j’avais retenu une chambre à des kilomètres d’Angoulême car tous étaient complets pendant le festival. Nous ne savions pas que cet hôtel était plutôt de passe… Nous l’avons découvert au cours de plusieurs nuits tapageuses.

      • RENATA dit :

        J’ai dormi aussi , sans le savoir , dans un hôtel de passe à Lyon. Rentrée plus tôt de ma formation j’ai trouvé mon lit « garni » d’un couple très afféré ….

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      Une histoire étrange. La façon dont vous la racontez votre aventure inquiétante pour finir de façon plutôt amusante

  18. Françoise - Gare du Nord dit :

    Me revient le souvenir d’un voyage que je n’ai pas effectué. C’était en août 2006, je partais, avec mes deux plus jeunes enfants, pour une semaine de vacances dans un hôtel-club en Turquie.

    A la Gare du Nord, avant de prendre le RER pour Roissy, je sors de mon sac à dos les titres de transport et remets le sac sur mes épaules. Dans l’escalator qui descend vers les quais, je sens un petit quelque chose au niveau de mon sac. Je me retourne, sans me méfier et vois un jeune homme, l’air innocent.
    Sans me douter de rien, je monte dans la rame quand une dame me fait remarquer que mon sac à dos est ouvert. Mon sac à main avait disparu. Adieu argent, carte bancaire, billets d’avion, clés… Adieu les vacances.

    Je vais au poste de police pour déposer une plainte. Un policier me montre un monsieur, italien qui vivait la même situation que moi et qui se rendait en Italie pour assister aux obsèques de son père auxquelles il n’a pu assister. Je me suis dit, pour me consoler, qu’il y avait pire qu’une semaine de vacances loupée.

    L’après-midi même, j’ai dû emmener ma fille souffrante à l’Hôpital Robert Debré et la semaine à Paris fut pluvieuse

    Bon courage à tous et à toutes pour les semaines à venir. Je remercie Pascal de nous offrir, avec les écrits du mercredi, un nouveau mode de communication

    • Fanny Dumond dit :

      Peut-être que si votre fille avait du être hospitalisée en Turquie vous auriez été dans une autre galère. C’est tellement triste pour ce monsieur italien ! Oui, il y a toujours plus malheureux que soi.

    • RENATA dit :

      Quelle cascade d’événements désagréables ! peut-être pleuvait-il aussi en Turquie ?

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