Les œuvres d’art ouvrent les portes de l’écriture

La beauté comme source d’inspiration

Les œuvres d’art, la peinture surtout, m’ouvrent les portes de l’écriture. Quand je suis en panne d’idées, la visite d’une exposition, les pages d’un livre d’art ou les portraits de femmes, que j’ai achetés lors de mes voyages, me donnent des pistes. Je m’offre un bain de beauté et la créativité revient.

Certaines expositions attirent les foules et interdisent les pauses créatives ou même l’émotion esthétique. Dans ce cas, je sélectionne quelques œuvres et j’en fais des photos (sans flash) ou j’en achète des tirages en carte postale. Ce n’est qu’un pis aller, un support visuel.

Les musées proposent des collections permanentes, où je peux musarder et prendre le temps du plaisir. Ces chefs d’œuvres possèdent une forte énergie et déclenchent une émotion esthétique propice à la créativité. Je me faufile dans le tableau, dans son originalité et j’y trouve des embryons d’idées, de l’optimisme.

J’ai eu la chance de m’initier à cette technique au Musée des beaux arts d’Ottawa, au Canada. J’y ai découvert des peintres canadiens : William Kurelek, Mary Pratt. Assise devant leurs œuvres j’y ai plongé ma plume avec bonheur. Détachée des thèmes classiques de nos grands peintres j’ai pu retrouver la naïveté qui permet de voir, d’entrer dans une toile.

Tous les arts, musique, danse, sculpture, etc, permettent de trouver des pistes, des idées. Chaque œuvre d’art est un catalyseur d’idées, l’artiste y a interprété le monde et nous a livré sa vision.
À nous d’y piocher l’inspiration pour aujourd’hui.

Odile Zeller, membre certifiée de l’Académie des Éveilleurs d’idées ®

Odile organise et anime des ateliers d’écriture dans les musées des plus grandes villes : Paris, Rome, Vienne, etc.

Je suis dyslexique. De facétieux neurones font des croche-pieds aux mots dans mon cerveau. Mon orthographe trébuche souvent quand j’écris. Peut-être avez-vous remarqué une faute. Merci de me la signaler : blog.entre2lettres(at)gmail.com

11 réponses

  1. Beryl Dey Hemm dit :

    Je rejoins l’avis d’Achille. L’art n’est pas là pour faire beau mais pour nous ouvrir des portes vers des mondes inconnus, pour nous montrer une réalité que nous croyons familière sous un autre angle, pour nous parler une langue étrangère à celle que nous employons habituellement mais qu’il ne tient qu’à nous de nous approprier. Pour nous reapprendre à nous servir de notre intuition comme perception première du monde qui nous entoure. Retour au « sauvage » qui est en nous hors de toute norme sociale. L’Art est une échappée belle inaliénable de l’Humain.

  2. Souris-Verte dit :

    🐀 Ce sujet est effectivement celui qui nous habite, nous artistes, de savoir si notre interprétation, notre ressenti va toucher l’auditeur au même endroit que nous, en tout cas l’emmener… le décoller de sa chaise serait l’aboutissement d’un travail colossal : de l’analyse de l’œuvre (en premier lieu) et de la mise en pratique (en deuxième). C’est là que les sentiments doivent transparaître sinon : à quoi sert-on ?
    En peinture le beau est il indispensable ? Personnellement oui.
    Tout en admirant le  » travail des peintres expressionnistes russes- Zadkine et confrères- témoins d’un temps extrêmement difficile qu’ils nous font partager en peignant sur la toile  »LE » morceau de bœuf.
    Ce morceau de  »viande »tentateur pour eux exprime une souffrance et une proximité qui me gène.
    Devant certaines peintures j’ai du mal à ressentir le bien-être qui m’est nécessaire pour écrire.
    Ou les personnages sont trop présents ou leur signification (comme les chiens dans les peintures anglaises) me gênent.
    Les expliquer est pire !!!
    Dans ce cas, si le but de l’artiste est atteint le mien-d’ écrire- est éteint.

    Danser pieds nus devant un tableau en revanche est une belle image évocatrice de liberté que je n’ai jamais ressentie même quand je travaillais avec les danseurs de l’Opéra. Ils m’ont toujours tétanisée par la somme de travail appliquée à l’étude de chaque geste. C’est quelque chose dont je n’ai jamais pu me libérer et ainsi créé une barrière entre leur art et le mien.
    Écrire sur la liberté de danser pieds nus tels les elfes c’est tentant. Merci pour l’image.
    Merci aussi à Odile qui a su en ce petit matin’ grisounet’ m’éveiller par son sujet. Lire les textes des ‘ blogueurs’ me rapproche d’eux. L’art est un moment intime: ou on le garde pour soi ou on l’offre.
    Merci à tous et à Pascal qui ne manque pas de discernement à ce sujet.
    🐀 Souris-Verte 🎻

    • Odile Zeller dit :

      Merci
      Mon expérience est diverse. Le beau favorise l’écriture mais face à de l’abstrait par exemple même si l’écriture se déclenche plus lentement, les lambeaux de textes forment peu à peu une vue personnelle de l’œuvre. Le choix du tableau est personnel et l’œuvre appelle certains plus que d’autres. C’est à chaque visite différent et une expérience totalement différente de celle de la carte postale.

  3. Kah Emilie dit :

    Grace à ton article, Odile, j’ai un peu découvert les deux artistes canadiens dont tu parles : William Kurelek et Mary Pratt. J’ai été vivement intéressée par le travail de cette dernière. Si j’ai bien compris, elle photographie les moments de beauté de sa vie quotidienne puis elle utilise les clichés, non pour les reproduire, mais pour tenter de se souvenir de l’émotion qui l’a saisie quand elle a capturé l’image. C’est cette émotion qu’elle peint. J’aimerais beaucoup en savoir plus sur cette artiste. Peut-on voir des oeuvres quelque part ? Peut-on se procurer un livre ? Je suis allée sur Amazon. Le livre que le site présente est indisponible.
    Grand merci pour ton article.

    • Odile Zeller dit :

      Voilà le livre sur Mary Pratt que je possède
      Mary Pratt
      Aux éditions Goose Lane en partenariat avec le musée des beaux arts de la nouvelle Écosse.

      Kurelek est peut être plus facile à voir dans le catalogue du musée des beaux arts d’Ottawa où se trouve les pots de confiture l’une des toiles de Mary Pratt que je préfère.

      Kurelek et Pratt étaient dans la même salle un bonheur.

      Odile

  4. ACHILLE dit :

    Toute oeuvre d’art peut en effet inspirer celle ou celui qui écrit. J’émets une petite réserve sur l’expression « bain de beauté »: l’art, ce n’est pas seulement le beau – quelles que soient les définitions de la beauté, qui diffèrent avec les individus. L’art est bien sûr une réinterprétation du monde, et à ce titre, la beauté n’est pas le seul but de l’artiste. L’art peut choquer, interroger, traduire une vision de ce qui n’est pas « beau » dans le monde. L’art doit déranger.

  5. Michel-Denis ROBERT dit :

    DANSE AVEC LES TABLEAUX

    Je n’avais pas prévu. Je ne m’étais pas préparé. L’improvisation est un domaine individuel. Dans cette expérience, j’ai été aspiré par ma curiosité envers la nouveauté. Entrer dans la nouveauté passe par un apprentissage.
    Danser pieds nus, dans un musée, devant un public potentiel, c’est intégrer une dimension en plus de la vie ordinaire.

    « Danser avec les tableaux », cela ne me parlait pas. Le titre ne me paraissait pas approprié. Et puis je me suis mis devant ce tableau où Pénélope accueille Ulysse revenant de son voyage. D’après leur posture je pus en déduire leurs sentiments et l’idée générale que prétendait rendre le tableau en entier et qui est sa raison d’être, m’apparut comme une lumière.

    En continuant le mouvement amorcé par chacun des personnages, j’eus la sensation de faire vivre ce tableau. Il m’a semblé qu’il avait une âme indépendante de celle du peintre et je pus communiquer avec et même communier. Je me suis retrouvé près de trois mille ans en arrière à l’époque d’Ulysse, ce qui a quelque chose de grisant de l’ordre de la transcendance, du dépassement de soi. Le vent venant de la mer s’est chargé d’iode et le fumet d’un cuissot de chevreuil vint à mes narines. Pénélope me tendit les bras et je dansais en sa compagnie. Qui peut dire qu’il a dansé avec Pénélope ?

    Dans ce voyage où le temps n’existe plus, où le public me regardais danser ou était indifférent, je me sentis bien.

    Chaque oeuvre parle en individuel. Je dirais plutôt « Dialogue avec l’artiste ». Je parle avec lui, j’essaye de rivaliser. Je travaille mes muscles pour faire bouger les personnages. Je m’approprie son énergie et je la sculpte dans mes mouvements. J’improvise et je ne suis plus celui qui regarde puisque je suis regardé. Et la pudeur vient s’en mêler. Qu’est-ce qu’elle vient faire ici ?
    Dans ce « Danse avec les tableaux », le thème n’est pas imposé puisque nous sommes dans l’improvisation.

    Je choisis une sculpture, le principe est le même. Deux personnages luttant contre le vent. Le vent symbolise les adversités de la vie. Il s’engouffre dans leur manteau et les empêche de progresser. Je saisis leurs mouvements leur histoire et je pars sur un roman. Ce sont deux musiciens qui parcourent les routes pour gagner leur croûte et l’un d’eux s’agrippe à l’épaule de sa compagne car il est aveugle. Il s’appuie sur une canne et hausse les sourcils vers le ciel. Son nez est sous le vent comme si sentir l’air l’aidait à supporter sa nuit continuelle. Il porte un violoncelle à l’épaule…

  6. Laurence Noyer dit :

    Si nous savons ouvrir les yeux

    Par l’art seulement nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n’est pas le même que le nôtre, et dont les paysages nous seraient restés aussi inconnus que ceux qu’il peut y avoir dans la lune. Grâce à l’art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier, et, autant qu’il y a d’artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition, plus différents les uns des autres que ceux qui roulent dans l’infini et, bien des siècles après qu’est éteint le foyer dont il émanait, qu’il s’appelât Rembrandt ou Ver Meer, nous envoient encore leur rayon spécial.

    Proust, Le Temps retrouvé,1922, p. 895.

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