Exercice inédit d’écriture créative 32

Cela faisait des années que j’écrivais comme un malade.
Alors j’ai enfilé une blouse blanche et j’ai commencé par soigner mon style.
Puis…

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7 réponses

  1. Shirley dit :

    Cela faisait des années que j’écrivais comme un malade.
    Alors j’ai enfilé une blouse blanche et j’ai commencé par soigner mon style.

    Puis, plein de détermination, j’ai commencé à curer les trous causés par mes lacunes, afin de pouvoir les combler et les panser, pour ne pas qu’elles reviennent.
    Quand ce fût fait, j’ai entamé un traitement afin de booster ma créativité, et comme ce n’était pas suffisant, je choisis de m’injecter une bonne dose de génie.
    Ajoutez à cela de l’imagination par perfusion et une cure de talent, et vous obtenez tout le nécessaire pour arranger mon cas !
    Enfin, après une courte convalescence, j’ai délicatement désinfecté ma plume, et c’est désormais avec l’esprit clair que je laisse s’écouler les mots.

  2. Clémence dit :

    Cela faisait des années que j’écrivais comme un malade. Alors j’ai enfilé une blouse blanche et j’ai commencé par soigner mon style. Puis….

    « Cela fait des années que j’écris comme un malade. Il est temps que j’enfile une blouse blanche et que je soigne mon style… » se répétait un chirurgien- écrivain chaque soir de déprime. »

    …. En fait, cela ne s’est pas passé comme cela. Il a enfilé un blouse blanche. Pas de précipitation ! Il se mit en observation. Calepin d’une main et bic rouge de l’autre, il a pris des notes, puis sa trousse d’urgence pour soigner son style.

    – D’abord, dit-il, désempeser pour retrouver la fluidité des fibres.
    Puis alléger.
    Alléger de toute analogie : comparaison, métaphore ou allégorie.
    C’est une blouse blanche, point.

    – Continuer dans la légèreté :
    Enlever les manches ballons, trop ampoulé.
    Enlever la dentelle du col Claudine, trop naïf.
    Enlever le col lui-même, trop sage.
    Fin des anaphores !

    – Modifier subtilement :
    Découdre les hyperboles qui alourdissent le revers des poches,
    Enlever l’accumulation des plis dans le bas du dos.
    Retirer les anaphores de la patte de boutonnage,
    N’est-ce pas du travail d’orfèvre ?

    Assoiffé par ce travail dévorant, il offrit à ses lèvres et à sa gorge, un bol thé. Son œil scrutait l’ouvrage à la recherche de quelque hyperbole, litote ou euphémisme perdus.
    – Ne serait-elle pas un peu trop longue, cette blouse?
    – L’encolure n’est-elle trop osée ?

    L’écrivain-chirurgien opérait tout en délicatesse, tout en subtilité. Mais, il manquait encore « ce petit quelque chose »…

    – Un bain d’encre peut-être….

    Le résultat fut stupéfiant : une ligne sobre et parfaite. Il avait trouvé son style.

    Il appela sa ligne « Synecdoque ». Son premier chef d’œuvre : une petite robe noire « Trois trous ».

    Le chirurgien-auteur enfila sa création, s’assit à son bureau, rédigea sa lettre de démission.
    Elle rentra chez elle et créa sa start up  : « Métalepse-Style »

    © Clémence

    .

  3. Halima BELGHITI dit :

    Cela faisait des années que j’écrivais comme un malade.
    Alors j’ai enfilé une blouse blanche et j’ai commencé par soigner mon style. Il faisait état de quelques lourdeurs qu’il me fallait soulager. J’ai procédé à de petites incisions ici et là pour lui permettre de respirer puis lui ai administré des vitamines pour le remettre en forme. Puis, j’ai ausculté ma syntaxe. J’ai fait appel à quelques opérations esthétiques pour traiter sa dyslexie. En fait, pour la remettre sur pied, il fallait d’abord soigner la lettre. Ensuite je me suis penché sur mon orthographe. Son niveau avait baissé avec les années, et un bon traitement devait lui être sans fautes administré d’urgence. Ses lacunes étaient grandes et profondes, et nécessitait une mise à niveau salutaire. Ce fut ensuite au tour de la grammaire. A présent il s’agissait de soigner sa coordination. Ses écarts du temps passé compromettait son futur. Il me fallait conjuguer sa médication avec la concordance des temps de pause pour que son traitement lui soit bénéfique. Il ne restait plus qu’à guérir ma ponctuation de son déséquilibre chronique. Terminer les écarts, point à la ligne. D’abord lui imposer des règles strictes de conduite et surveiller sa cohérence syllabique. Enfin il s’agissait d’éviter les contresens dans mes comptes-rendus et respecter mes prescriptions à la virgule près…
    Halima BELGHITI

  4. marsienfr75 dit :

    Cela faisait des années que j’écrivais comme un malade.
    Alors j’ai enfilé une blouse blanche et j’ai commencé par soigner mon style. Puis je finis par abandonner ce désir.
    Depuis tant d’années sans style, mes ordonnances de médecins de ville ne pouvaient changer sous prétexte que je me retrouvais à l’hôpital.
    La grande majorité de mes mots était absente du dictionnaire de la langue française et celui médical ne m’était d’aucun secours.
    L’utilité avait force de loi ! Au diable toutes les enluminures, toutes les règles de grammaire ou autres complications liées au langage et ses contraintes !
    L’absence de considération pour une quelconque notion du « beau » était frustrante. Ressentant que mon envie n’avait aucune chance de faire évoluer quoi que ce soit, je finis par délaisser mes projets avec d’énormes regrets mais je n’ai pas eu envie de voir le résultat du pot de terre contre celui de fer !
    J’ai fini par n’adopter qu’un seul changement : utiliser une machine pour être lisible !

  5. Peggy dit :

    N’en connaissant que très peu la prophylaxie, je m’entourais d’une montagne de documents que je compulsais avec avidité.

    Parvenu au bout de mes milliers de pages j’acquis une connaissance détaillée, affinée même, de ce que l’on nommait « le style ».

    En fin chirurgien, je disséquais patiemment chacun de mes textes pour compléter là, alléger ici, remplacer un mot par un autre, fignolant chaque phrase pour la ciseler au mieux. Je jonglais avec la ponctuation, mon stylo dansait sans complaisance sur les feuilles noircies d’une écriture régulière, presque scolaire.

    Lorsque je terminais cette opération, j’enlevais ma blouse blanche.

    Je m’installais confortablement dans mon vieux fauteuil, fidèle compagnon de mes lectures pour vérifier le résultat de mon remède et m’endormais sans terminer.

    J’avais trop bien soigné mon style, j’avais oublié d’en laisser le sel, la spontanéité.

  6. Antonio dit :

    Puis je me suis fait quelques piqûres de rappel, une fois par jour, du Syntaxol sous l’ordonnance d’un professeur de lettres. Si la forme semblait revenir, je ne touchais pas suffisamment le fond pour rebondir, d’après le docteur. J’ai du réapprendre à me nourrir de belles histoires, naturelles ou cuisinées, m’imprégner de leurs saveurs, leurs parfums, leurs couleurs.
    Mes récits commençaient alors à prendre du poids, je retrouvais l’appétit d’écrire, en qualité. Je retrouvais l’envie aussi, du toucher, de la musicalité. Mes mots ne me prenaient plus la tête, ils couraient tous les matins sur le papier, légers et insouciants, tant l’exercice leur faisait le plus grand bien.

    Cela fait deux jours que j’ai arrêté le traitement de texte, j’ai repris un carnet tout neuf et mon vieux stylo, puis on est allé se promener au grand air, cueillir les premières idées printanières. Et je peux vous dire que depuis l’on se porte bien, mon écriture et moi.

  7. Marie-Ange dit :

    …puis j’ai mis des mots sur mes maux… pas facile d’opérer ! je n’arrivais pas à extraire les mots de mon cerveau ! l’opération a été difficile… Ils me restaient sur l’estomac ! Le stress s’est mis de la partie… les mots sortaient de plus en plus difficilement ; je n’arrivais plus à écrire, puis je les avais sur le bout de la langue… Très difficile d’extraire un mal ou des…. mots lorsqu’ils voyagent ! Puis, tout-à-coup, à la pointe de mon bistouri… non, pardon, de mon stylo, les mots, les maux… et l’émo…tion sont sortis !

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