Exercice inédit d’écriture créative 52

pluieLe ciel était gris et menaçant.
Il commença à pleuvoir.
Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
Nul doute, le ciel lui adressait un message !

Imaginez la suite

23 réponses

  1. Françoise - Gare du Nord dit :

    Le ciel était gris et menaçant. Il commença à pleuvoir. Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
    Nul doute, le ciel lui adressait un message !

    La première lettre était un P. Un peu court pour en tirer une explication.
    La seconde était un V.

    PV. Le ciel voulait-il lui signifier que ces deux lettres avaient été glissées sous l’essuie-glace par une auxiliaire de police recrutée par la Préfecture et chargée du contrôle du stationnement ? Ces ingrates créatures urbaines toujours vêtues de ce disgracieux uniforme de couleur bleue ? En plus court : une pervenche ?

    Un peu trop évident, sans compter que c’est toujours très contrariant même et surtout si l’on est fautif. Il lui fallait continuer son enquête

    PV. Des initiales  peut-être? Mais où chercher, il y a tant de possibilités ?
    Parmi les poètes  avec le sétois Paul Verlaine ou le messin Paul Valéry ?
    Chez les papistes avec Paul V
    Ou les têtes couronnées avec le roi Philippe V, qu’il soit français, espagnol ou macédonien ?

    Il attendit l’apparition d’une 3e lettre, espérant que la lumière jaillirait. Mais elle ne vint pas

    Il s’apprêtait à monter dans sa voiture lorsqu’il se rendit compte que deux pneus étaient crevés. La panique l’envahit.

    Lorsqu’il aperçut, stupéfait, que son véhicule était garé devant un garage dont l’enseigne était PV « Pneus et Valves – Toutes réparations »

  2. Clémence dit :

    Le ciel était gris et menaçant. Il commença à pleuvoir. Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre. Nul doute, le ciel lui adressait un message !

    Elle attrapa son sac et ses clés. Elle claqua la porte et se dit que bientôt, elle la claquerait définitivement.

    Le ciel était gris et menaçant. Trois gouttes s’écrabouillèrent au moment où elle tourna la clé de contact. Elle se rappela une phrase lue quelque part : « Nul doute, le ciel lui adressait un message…. »

    Le ciel ? Quel ciel ?

    Premier virage, le pont, longue ligne droite, virage en double épingle à cheveux, ligne droite, accès à l’autoroute… dans quel sens ? Peu importe. En dernière minute, elle opta pour le nord.

    A glissa et se fracassa, comme son amour.
    B explosa comme une bombe : une rivale.
    C coula en larmes de rage.
    D déroula la liste les rancœurs
    Et puis quoi encore ?
    Faut pas croire que je baisserai les bras !
    Gare à qui se mettra en travers de ma route !

    Histoire de ne pas m’agacer,
    Illuminer d’un trait de zénitude,
    Jardiner l’estime de soi,
    Kidnapper les mauvaises pensées,
    Louvoyer entre les obstacles .

    M et N sont aussi proches que aime et haine

    Échangeur, quelle direction ?

    Ouest, vers le soleil couchant,
    Parti, le soleil, il pleut, prudence
    Question-réponse.
    Répéter ou quitter ?

    Les gouttes-lettres pleuraient.
    Manquerait plus que je m’écrase
    Attention, aquaplanage,

    Souvenir d’un livre
    Trop bien pour partir, pas assez pour rester…
    Urgence
    Virer et vivre

    Elle glissa un CD dans le lecteur…
    Weber, Karl Maria – Concerto n°1 pour clarinette

    Les gouttes-lettres brillèrent en perles de lumière.

  3. Laurence Noyer dit :

    Le ciel était gris et menaçant.
    Nul doute, le ciel lui adressait un message !
    De son père

    Sur son pare-brise
    Notes de musique
    Comme des mots
    Pizzicato
    La, Si, Do
    Là-bas, Si loin, Dors.

    Confettis de larmes
    Dégringolent du ciel
    Mots averses
    Lettre orage,

    C’est le tam-tam de l’au-delà
    La java du clap-clap
    L’azur jazz
    Le céleste slap

    Il commença à pleuvoir.
    PA
    Une goutte glissa sur le pare-brise
    PAPA
    et dessina une lettre, puis une autre.
    PAPAPAPAPAPA

  4. Fanny dit :

    Le ciel était gris et menaçant. Elle conduisait depuis des heures sur cette autoroute lorsque la chanson préférée de son père passa à la radio. Elle ne supportait plus de l’écouter.

    Elle s’apprêtais à éteindre le poste quand il commença à pleuvoir. Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre. Nul doute, le ciel lui adressait un message :

    « Je t’aime, ma fille. »

  5. Beryl Dupuis-Mereau dit :

    Le ciel était gris et menaçant. Il commença à pleuvoir. Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
    Nul doute, le ciel lui adressait un message
    Il se frotta les yeux, attendit un moment. Non! Il ne s’endormait pas, il n’était pas victime de somnolence au volant ni en proie à un rêve : une lettre encore, puis une pause : le message semblait s’arrêter là, et il distinguait à présent très nettement sur son pare-brise l’appel : S.O.S.
    S.O.S. ?? Pourquoi S.O.S. ? Il tourna instinctivement la tête en tous sens, mis en alerte.
    Quelqu’un autour de lui avait peut-être besoin d’aide, dans une autre voiture ! Jusqu’à ce que l’inanité de sa démarche lui apparaisse, au bout de quelques secondes : comment une personne en danger aurait-elle pu écrire en lettres de pluie sur son pare-brise ?
    Il fallait trouver autre chose.

    Oui ! Mais toute autre proposition était absurde.
    Alors il décida qu’il avait eu la berlue et poursuivit sa route.
    Au bout de deux à trois minutes, rebelote : Très nettement, en plus gros même, donc avec un certaine insistance : S. puis O. puis S.
    Alors il se mit à siffloter, pour se donner une contenance d’abord, mais aussi pour se permettre de réfléchir.
    On lui jouait une farce. Quelqu’un dans un véhicule proche tenait une caméra qui enregistrait ses réactions, comiques sans aucun doute, pour un public de téléspectateurs auquel ce programme était destiné. Peut-être même la caméra avait-elle été cachée dans sa propre voiture, à son insu. Son explication lui parut convaincante, et eut le don de l’apaiser un peu. Que les farceurs rigolent donc tous seuls, il n’avait pas l’intention de leur procurer ce plaisir. Il respira profondément et continua son chemin comme si de rien n’était.

    Quelques kilomètres encore, un laps de temps indéfini, et voici que le pare-brise se couvre entièrement cette fois de S.O.S. Répétés, en grosses, en petites lettres, en vertical, en horizontal, en biais, en mots croisés et les gouttes qui forment les messages résistent au passage de l’essuie-glace, impuissant à les déloger !
    Cette fois c’en est trop, et notre chauffeur décide de s’arrêter au premier parking pour faire un somme réparateur après cinq heures de conduite ininterrompue.
    Il choisit soigneusement sa place de parking, à l’écart du bruit, du va et vient, et après avoir vérifié qu’aucun plaisantin possible ne se trouve à proximité.
    Et là, il s’endort.

    Et voilà que dans son sommeil il voit une goutte, puis une autre, tomber sur son pare-brise. Mais loin d’être agressives, tout se fait dans une douceur infinie, une caresse. Un message se dessine peu à peu : Aide-nous !
    « Oui ! » dit notre dormeur, « mais comment et contre qui ou quoi ?»
    Et voilà que par pare-brise interposé les gouttes de pluie lui parlent :
    « Depuis si longtemps nous tombons sur le sol et venons y mourir sans que personne ne s’intéresse à nous. Nous sommes pourtant si utiles quand nous tombons sur le champ du paysan pour fertiliser sa terre, dans la foret profonde pour y faire naître de jeunes pousses, dans les fleuves pour les mettre en mouvement ou dans la mer où nous nous noyons avec délice ! Mais quand notre sort est de nous écraser sur le dur macadam des routes, ou sur les pare-brises d’engins fous lancés à toute vitesse, qui se préoccupe de nous ? Un destin si vil n’éveille-t-il pas la pitié ? Pourtant dans ces cas-là, personne ne nous plaint, tous nous laissent tomber. Vous, les humains, vous envahissez la Terre de ces durs matériaux stériles, le goudron, l’acier, le ciment, qui pour nous sont les plus ingrats des cimetières, sans vous préoccuper de notre devenir. Aah ! C’était si bien avant, quand les hommes des grandes prairies, des grands espaces, coiffés en plumes d’oiseaux, faisaient des danses et chantaient pour nous implorer de tomber et de fertiliser leurs terres. On se sentait utiles alors. On venait imprégner l’humus nourricier et on était vénérées comme des déesses. Mais maintenant c’est fini ! Les types de la météo à la télé ne sont jamais si contents que quand ils peuvent assurer qu’il ne pleuvra pas aujourd’hui ! Alors on se sent abandonnées, mal aimées. Mais comment changer la mentalité de gens qui ne rêvent que vacances et soleil ?

    Nous avons bien pensé à nous rebeller, à nous fédérer en syndicat de la pluie, mais bien que nous soyons une multitude, nous sommes entravées par notre durée de vie si éphémère, puisqu’une fois tombées nous mourrons en quelques minutes sous les assauts du soleil.

    Alors voilà. Aujourd’hui nous te prenons à témoin de notre malheur. Ainsi, vous, les humains, ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas : Permettez-nous au moins de mourir dans un but noble, qui était le notre avant que vous ne recouvriez la terre de béton stérile, laissez une place aux champs et aux fleuves, et quand je parle de champs, de ceux qui nourrissent les hommes et les bêtes bien sûr, parce que nous, les gouttes de pluie, nous sommes toutes d’accord sur une chose !: Pas question de fertiliser les cultures d’agro-carburants pour vos bagnoles ! »
    Un rayon de soleil vint chatouiller le nez de notre rêveur qui s’éveilla sur cette injonction, et prit aussitôt une décision énergique : Il avait besoin d’un bon café bien fort pour reprendre la route.

  6. Henriette Delascazes dit :

    Commentaire : Le ciel était gris et menaçant.
    Il commença à pleuvoir.
    Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
    Nul doute, le ciel lui adressait un message !
    S.O.P.H.
    Non c’est une hallucination, je rêve, mes yeux se brouillent ! Est-ce de larmes ou de pluie ?
    Sophie (je l’appellerais ainsi. Tout le monde comprendra donc que je parle d’une descendante de celle de la Marquise !)
    Sophie, 12 ans, ma « petite-fille », enfin par adoption sur divers niveaux, mais l’histoire ainsi racontée serait trop compliquée. Notre famille est vraiment embroussaillée. Je suis mal à l’aise, car je n’ai pas l’habitude de parler dans mes écrits de sujets personnels, et mes doigts… ou mon cerveau réfute.
    Aucun dialogue n’est possible, nous, les grands-parents, les oncles et les tantes, l’avons bien compris, et nous, nous sommes trop âgés pour intervenir. J’ai surtout peur de provoquer une catastrophe beaucoup plus importante que la situation actuelle si je parle. Non, ça n’est pas possible.
    J’ai enfin pu trouver un instant de solitude et cette pluie fine, rare dans ma région m’apaise, me bonifie, me lave.
    Mon cœur est lourd, car je me sens impuissante, je n’ai « pas de lien du sang » m’a-t-on déjà dit un jour. C’est vrai je ne suis que la « belle-mère » en autre temps on aurait dit « la marâtre » ! Mais Sophie, combien de temps supportera-t-elle « l’intolérable », la haine de sa mère, – sa mère adoptive – les attaques verbales et psychologiques incessantes, dégradantes. Jusqu’où supportera-t-elle les humiliations subies en présence de tiers, aux ordres contradictoires, et maintenant la mise à l’écart imposée au reste de la fratrie.
    Sur un pan de mur de la cuisine, nous lisons la liste des choses à faire quand on arrive à la maison. Normal, cette liste tous les parents l’ont utilisée pour gagner du temps le matin avant que leurs jeunes étourdis ne partent à l’école… se laver les dents, faire pipi, prendre son manteau, son bonnet, son cartable ! Et aussi celle du soir lors du retour de l’école. Mais ce qui nous heurte soudain c’est l’ordre :
    Lola ne doit pas parler à Sophie.
    Lola, c’est la petite sœur elle a 8 ans.
    Personne ne doit parler à Sophie… ! Et d’ailleurs Sophie ne parle plus dès que sa mère franchit le seuil de la maison, pourtant quelquefois elle explose, car elle n’en peut plus… et la punition tombe, toujours inappropriée.
    Cette année, nouveauté. Les vacances doivent être organisées. On pense à nous pour Sophie, alors que nous prenions les enfants à tour de rôle… ils sont nombreux, nous ne sommes pas très jeunes, la maison est petite.
    Normalement, c’était au tour de Clémence qui trépignait à l’idée de venir chez nous.
    Non, ce sera Sophie qui reviendra. Car elle est punie de vacances en famille ! « C’est nous qui n’en voulons pas, nous dit son père, on veut passer des vacances tranquilles ! » (On ne nous a d’ailleurs pas demandé notre avis !)
    — Mais tout de même, vous n’allez pas la refouler ! dit le grand-père.
    — Elle ne s’entend pas avec Béatrice (la mère), elle nous ment, elle nous vole, elle refuse de retourner ses chaussettes avant de les mettre dans la machine à laver (là on n’a pas compris l’intérêt, si quelqu’un fait ça je veux bien que l’on m’explique !), elle répond, elle est jalouse de ses sœurs et de son frère, elle est avant-dernière en classe (elle a 14 de moyenne), on perd deux heures par semaine pour l’accompagner chez le psychiatre (le psychiatre est gratuit, la psychothérapeute n’est pas remboursée par la sécurité sociale)… et ainsi va la liste des méfaits de Sophie.
    Je me risque :
    — Mais tout ce que tu nous dis André, porte un nom, ta fille a 12 ans et elle se conduit comme une fille de 12 ans, tout ce que tu nous dis, je peux aussi très facilement l’attribuer à mes enfants lorsqu’ils avaient cet âge et à leurs petits, à ta nièce et à des tas d’autres enfants de mon entourage. Sophie est tout à fait normale. Dans deux ans, il te faudra rajouter les 12 ans problématiques de Clémence et l’adolescence de Sophie sera loin très loin d’être terminée, et Lola suivra rapidement dans la foulée… (Dans ma tête les mots se forment, mais n’osent pas sortir… Ta fille, bougre d’imbécile, manque d’amour, ta fille a besoin que sa mère s’occupe d’elle, qu’elle la prenne dans ses bras et lui dise « je t’aime ma Sophie » !) Mais les mots ne sortent pas, j’ai commencé la phrase, mais j’arrête, car je sens le drame poindre.
    Le grand-père me dit :
    — Pourquoi tu ne finis pas ta phrase !
    — Ce n’est pas à moi de le faire. Non ici je ne peux rien dire ici, tu le sais.
    André continue la liste des méfaits de « sa fille ».
    Elle oublie de se laver et elle sent mauvais, elle vient d’avoir ses règles, mais ne pense pas à laver ses culottes… elle ne range pas sa chambre (entre-nous j’aurais aimé voir la chambre de mes fils dans le même état !)
    — On ne peut pas dire que l’on ne fait pas tout pour elle, Béatrice lui a promis une tablette si elle les dépasse les 15 de moyenne, mais elle ne fait aucun effort, on croirait qu’elle « s’auto punit »
    Je n’en peux plus, je vais exploser, je me lève et sors de la cuisine, d’autant plus qu’un ouragan arrive avec l’arrivée de Béatrice. Elle hurle des ordres :
    — Tu n’as pas allumé le four ?, Et les quiches ne sont pas prêtes, la pâte à tarte où elle est ?… J’ai les tenues à repasser, et le coiffeur pour Lola, et, et, et….. !
    C’est vrai, j’oubliais, Lola et Clémence font leur première communion ce soir.
    Je m’en veux de ma lâcheté, mais je sais que si je dis un mot qui ne convient pas la mère (Béatrice) va exploser, hurler, m’agonir de mots. Bonjour ou merci ne font pas partis de son vocabulaire… ! Que faire ! Sophie ne manque physiquement de rien, mange a sa faim, est bien habillée, toute apparence est positive… les parents sont des notables insérés dans la paroisse, et dans la société.
    Mais… je sais surtout que Sophie a besoin d’amour et que nous sommes les seuls à lui en donner. Toute la famille est au courant, tout le monde a baissé les bras… devant les drames de Béatrice.
    Sophie est une petite fille dyslexique, qui vient d’un pays lointain où elle a vu mourir sa maman.
    Mon cœur pleure, j’ai écrit ces mots qui ne modifieront en rien le problème, mais cela m’a fait du bien.

    Henriette

    (Je vais essayer d’écrire un autre texte plus littéraire)

  7. Henriette Delascazes dit :

    Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
    Nul doute, le ciel lui adressait un message !
    S.O.P.H.
    Non c’est une hallucination, je rêve, mes yeux se brouillent ! Est-ce de larmes ou de pluie ?
    Sophie (je l’appellerais ainsi. Tout le monde comprendra donc que je parle d’une descendante de celle de la Marquise !)
    Sophie, 12 ans, ma « petite-fille », enfin par adoption sur divers niveaux, mais l’histoire ainsi racontée serait trop compliquée. Notre famille est vraiment embroussaillée. Je suis mal à l’aise, car je n’ai pas l’habitude de parler dans mes écrits de sujets personnels, et mes doigts… ou mon cerveau réfute.
    Aucun dialogue n’est possible, nous, les grands-parents, les oncles et les tantes, l’avons bien compris, et nous, nous sommes trop âgés pour intervenir. J’ai surtout peur de provoquer une catastrophe beaucoup plus importante que la situation actuelle si je parle. Non, ça n’est pas possible.
    J’ai enfin pu trouver un instant de solitude et cette pluie fine, rare dans ma région m’apaise, me bonifie, me lave.
    Mon cœur est lourd, car je me sens impuissante, je n’ai « pas de lien du sang » m’a-t-on déjà dit un jour. C’est vrai je ne suis que la « belle-mère » en autre temps on aurait dit « la marâtre » ! Mais Sophie, combien de temps supportera-t-elle « l’intolérable », la haine de sa mère, – sa mère adoptive – les attaques verbales et psychologiques incessantes, dégradantes. Jusqu’où supportera-t-elle les humiliations subies en présence de tiers, aux ordres contradictoires, et maintenant la mise à l’écart imposée au reste de la fratrie.
    Sur un pan de mur de la cuisine, nous lisons la liste des choses à faire quand on arrive à la maison. Normal, cette liste tous les parents l’ont utilisée pour gagner du temps le matin avant que leurs jeunes étourdis ne partent à l’école… se laver les dents, faire pipi, prendre son manteau, son bonnet, son cartable ! Et aussi celle du soir lors du retour de l’école. Mais ce qui nous heurte soudain c’est l’ordre :
    Lola ne doit pas parler à Sophie.
    Lola, c’est la petite sœur elle a 8 ans.
    Personne ne doit parler à Sophie… ! Et d’ailleurs Sophie ne parle plus dès que sa mère franchit le seuil de la maison, pourtant quelquefois elle explose, car elle n’en peut plus… et la punition tombe, toujours inappropriée.
    Cette année, nouveauté. Les vacances doivent être organisées. On pense à nous pour Sophie, alors que nous prenions les enfants à tour de rôle… ils sont nombreux, nous ne sommes pas très jeunes, la maison est petite.
    Normalement, c’était au tour de Clémence qui trépignait à l’idée de venir chez nous.
    Non, ce sera Sophie qui reviendra. Car elle est punie de vacances en famille ! « C’est nous qui n’en voulons pas, nous dit son père, on veut passer des vacances tranquilles ! » (On ne nous a d’ailleurs pas demandé notre avis !)
    — Mais tout de même, vous n’allez pas la refouler ! dit le grand-père.
    — Elle ne s’entend pas avec Béatrice (la mère), elle nous ment, elle nous vole, elle refuse de retourner ses chaussettes avant de les mettre dans la machine à laver (là on n’a pas compris l’intérêt, si quelqu’un fait ça je veux bien que l’on m’explique !), elle répond, elle est jalouse de ses sœurs et de son frère, elle est avant-dernière en classe (elle a 14 de moyenne), on perd deux heures par semaine pour l’accompagner chez le psychiatre (le psychiatre est gratuit, la psychothérapeute n’est pas remboursée par la sécurité sociale)… et ainsi va la liste des méfaits de Sophie.
    Je me risque :
    — Mais tout ce que tu nous dis André, porte un nom, ta fille a 12 ans et elle se conduit comme une fille de 12 ans, tout ce que tu nous dis, je peux aussi très facilement l’attribuer à mes enfants lorsqu’ils avaient cet âge et à leurs petits, à ta nièce et à des tas d’autres enfants de mon entourage. Sophie est tout à fait normale. Dans deux ans, il te faudra rajouter les 12 ans problématiques de Clémence et l’adolescence de Sophie sera loin très loin d’être terminée, et Lola suivra rapidement dans la foulée… (Dans ma tête les mots se forment, mais n’osent pas sortir… Ta fille, bougre d’imbécile, manque d’amour, ta fille a besoin que sa mère s’occupe d’elle, qu’elle la prenne dans ses bras et lui dise « je t’aime ma Sophie » !) Mais les mots ne sortent pas, j’ai commencé la phrase, mais j’arrête, car je sens le drame poindre.
    Le grand-père me dit :
    — Pourquoi tu ne finis pas ta phrase !
    — Ce n’est pas à moi de le faire. Non ici je ne peux rien dire ici, tu le sais.
    André continue la liste des méfaits de « sa fille ».
    Elle oublie de se laver et elle sent mauvais, elle vient d’avoir ses règles, mais ne pense pas à laver ses culottes… elle ne range pas sa chambre (entre-nous j’aurais aimé voir la chambre de mes fils dans le même état !)
    — On ne peut pas dire que l’on ne fait pas tout pour elle, Béatrice lui a promis une tablette si elle les dépasse les 15 de moyenne, mais elle ne fait aucun effort, on croirait qu’elle « s’auto punit »
    Je n’en peux plus, je vais exploser, je me lève et sors de la cuisine, d’autant plus qu’un ouragan arrive avec l’arrivée de Béatrice. Elle hurle des ordres :
    — Tu n’as pas allumé le four ?, Et les quiches ne sont pas prêtes, la pâte à tarte où elle est ?… J’ai les tenues à repasser, et le coiffeur pour Lola, et, et, et….. !
    C’est vrai, j’oubliais, Lola et Clémence font leur première communion ce soir.
    Je m’en veux de ma lâcheté, mais je sais que si je dis un mot qui ne convient pas la mère (Béatrice) va exploser, hurler, m’agonir de mots. Bonjour ou merci ne font pas partis de son vocabulaire… ! Que faire ! Sophie ne manque physiquement de rien, mange a sa faim, est bien habillée, toute apparence est positive… les parents sont des notables insérés dans la paroisse, et dans la société.
    Mais… je sais surtout que Sophie a besoin d’amour et que nous sommes les seuls à lui en donner. Toute la famille est au courant, tout le monde a baissé les bras… devant les drames de Béatrice.
    Sophie est une petite fille dyslexique, qui vient d’un pays lointain où elle a vu mourir sa maman.
    Mon cœur pleure, j’ai écrit ces mots qui ne modifieront en rien le problème, mais cela m’a fait du bien.

    Henriette

    (Je vais essayer d’écrire un autre texte plus littéraire)

  8. Catherine MS dit :

    Mauvais temps

    Le ciel est gris et menaçant
    Il commence à pleuvoir
    Sale temps !
    Une goutte glisse sur le pare-brise
    Et dessine un N, puis un autre,
    J’attends le troisième en sifflotant
    Mais c’est un O qui s’est intercalé
    Et tout une série qui s’est imposée
    NON, NON, NON, NON, NON
    Je les distingue très bien malgré la buée
    Nul doute, le ciel m’adresse un message
    Bon ou mauvais présage ?
    Non, quoi ? Non, pourquoi ?
    Non, je ne dois pas aller chez toi ?
    C’est vrai que j’ai un tantinet hésité
    Une visite surprise peut être diversement appréciée
    – Viens quand tu veux, ma petite chérie
    C’est pourtant ce que tu m’as toujours dit
    Mais là je ne sais plus
    D’autant que les lettres ont quasiment disparu
    Pour laisser la place à un abscons gribouillage
    Il faut que je me décide, j’enrage,
    Et les nuages qui s’amoncellent, ça sent l’orage
    L’autoroute touche à sa fin, j’arrive au péage
    La barrière se lève, je suis en nage
    Je m’arrête sur le bas-côté, c’est plus sage
    Quelques respirations pour m’apaiser
    Et puis c’est décidé,
    Je cède à l’injonction du message :
    Je vais faire demi-tour au prochain village.

    Je vous entends d’ici : quel dommage !
    Peut-être …
    A moins que tout ceci ne soit qu’un mirage
    Causé par la pluie et son drôle de langage…

  9. Christine Macé dit :

    Le ciel était gris et menaçant. Il commença à pleuvoir…
    Je venais de prendre cette fille en stop, soulagée que quelqu’un se soit enfin arrêté. Elle attendait depuis un bon moment, l’averse était tombée brusquement, trempant son ciré qui dégoulinait sur le siège passager. Le chauffage de la vieille 2CV fonctionnait mal, mon père refusant obstinément de la confier au garagiste de peur de se faire voler son trésor hors d’âge. Quand j’allais passer quelques jours dans sa maison bretonne, en juillet, il consentait pourtant à me la prêter, histoire de la faire rouler un peu : j’avais ordre d’y mettre 20 litres d’essence, ça ferait la saison.
    La pluie fait partie du paysage ici mais c’est parfois lassant, surtout en plein été, quand le thermomètre peine à atteindre les 15°, ce qui restreint les sorties. Reste la possibilité de faire un tour au supermarché de la ville : les touristes y trouveront naturellement refuge, vu qu’il ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de l’endroit d’où ils viennent.
    Comme eux, je déambule entre les rayons, en poussant mon chariot vide sous le regard soupçonneux du vigile qui se demande ce que je peux bien mijoter. Pour couper court à sa méfiance, j’attrape une bouteille de cidre, de la farine et des pommes avant de reprendre tranquillement mon errance. Il y aura toujours moyen de faire des crêpes ou des beignets pour contrer le mauvais temps. Bien que la cuisine ne soit pas mon fort, mon père le dit toujours : il doit avoir raison.
    Ma passagère avait simplement indiqué qu’elle allait à Vannes : au train où nous roulions, on en avait encore pour une vingtaine de minutes, le temps pour elle de me préciser son point de chute. Elle se taisait, moi aussi. Je n’ai jamais été très bavard, surtout pas avec une fille, encore moins une inconnue. Je me contentais de fixer la route détrempée en prenant soin d’éviter les ornières et l’aquaplaning. Sa présence était étrange et, même dans le silence, je trouvais ça plutôt agréable, sans trop savoir pourquoi.
    Peu à peu, la pluie se tarit : avec un peu de chance, on aurait une éclaircie en soirée. Le balai des essuie-glaces chassait les gouttes d’eau qui s’éparpillaient en étoile aux quatre coins du pare-brise. Je commençais à y voir plus clair et je fis cesser le va-et-vient mécanique. Une goutte égarée glissa sur le carreau, formant une sorte de lettre, immédiatement suivi par une deuxième. La fille souriait aux anges, tentant de reproduire avec son doigt ces drôles de signes. Mais les gouttes coulaient l’une derrière l’autre, interrompant à chaque fois son dessin qu’elle devait reprendre au début.
    En arrivant aux abords de la ville, elle me demanda de la déposer au carrefour le plus proche. Je ralentis et elle quitta la voiture en secouant son imper. Je la regardais disparaître et scrutais la vitre dans l’espoir d’y trouver un doux message tracé à mon intention. Je ne lui avais même pas demandé son nom, ni si elle voulait que je la ramène. Je restai là un moment à rêvasser avant de repartir vers le supermarché où je ne m’arrêtai pas, préférant reprendre la route en priant le ciel de répandre à nouveau ses mystérieux hiéroglyphes.

    Bon week-end, Christine

  10. Sabine dit :

    Le ciel était uniformément gris et menaçant. Il commença à pleuvoir. Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre. Nul doute, le ciel m’adressait un message : « Louise n’est pas morte ». Je freinais à fond, sortis de la voiture en trébuchant, me ramassais le nez dans une flaque d’eau, courus vers la forêt qui longeait la route. Mais à cause du mauvais temps il faisait très sombre : je n’ai pas vu qu’une grosse racine dépassait du sol. Je me suis pris les pieds dedans et mon visage est venu s’écraser violement contre un arbre peu accueillant.
    – COUPEZ ! COUPEZ ! Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? hurla le réalisateur. Tu devais courir vers le ruisseau, pas t’envoyer un arbre ! Qu’est-ce que tu fous ?
    J’avais une sérieuse blessure en travers du nez qui saignait abondamment. Je m’étais à moitié évanoui de douleur.
    – Et voilà ! Tu t’es pété le nez, pauv’con ! Tu veux bousiller mon film ? T’es viré. VI-RE ! Comment tu veux que je garde un mec qui a le nez pété dès le début du film ? Trouvez-moi un remplaçant dès demain à 8 heures. Et que ça saute !

    C’est ainsi que ma carrière d’acteur débuta et cessa le même jour.

    ©Margine

  11. Halima BELGHITI dit :

    « Le ciel était uniformément gris et menaçant.
    Il commença à pleuvoir.
    Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
    Nul doute, le ciel lui adressait un message ».

    Non, il ne rêvait pas. Trois lettres, venant de nulle part, ou plutôt tombées du ciel s’étaient dessinées sur son pare-brise : VIS
    Impossible de les effacer, il avait pourtant tout essayé. Il avait essayé de faire marcher ses essuie-glaces, mais ils ne semblaient pas vouloir fonctionner. Il avait ensuite essayé de les essuyer avec son mouchoir, mais en vain. Séchées, ces lettres paraissaint indélébiles. Ainsi le ciel s’en mêlait…VIS. Cela sonnait comme un ordre, comme une injonction divine à la vie…Lui qui avait tenté d’attenter à sa vie…Lui qui avait voulu en finir, mettre fin à ses jours…Non seulement il avait survécu à l’accident qu’il avait mis en scène, mais en plus, on lui ordonnait de vivre. A quoi bon se défiler, pensa-t-il, à quoi bon vouloir fuir ? Quand on a la mort en face, on lutte souvnt de toutes ses forces pour y échapper…Mais la provoquer ? Est-ce que cela a un sens ? VIS ! Ces lettres que la pluie avait dessiné en disait plus que de longs discours. Comment ne pas se sentir comme un lâche ? Il pensait, en cette nuit orageuse, qu’il aurait pu s’assassiner sans témoins…et sans trompettes ! Il avait tout prévu, un terrain glissant, un arbre…une collision ordinaire qui n’aurait pas dû attirer l’attention ! Mais le ciel en avait décidé auterment. Il comprit alors qu’il était dans le collimateur. Il se devait de vivre, jusqu’à ce que son heure n’advienne et peut-être qu’alors il ne serait pas prêt à partir ni à quitter cette existnce. Alors que ce soir il était prêt à larguer les amarrres, à quitter la vie…mais elle, dans sa majesté absolue, n’était pas prête à le laisser partir…et elle lui faisait savoir…Il n’avait plus qu’à rentrer chez lui. Sa voiture, bien qu’abimée par le choc, aura l’élégance de le ramener chez lui. Alors, il rentrerait dans sa maison, se mettrait au lit…et feignerait ne pas comprendre le lendemain matin, ce qui était arrivé à sa voiture. Alors le soleil, comme tous les jours de l’été, brillerait haut dans le ciel, et son chien, viendrait comme tous les matins, lui lécher le visage pour le réveiller…

  12. Mickaël dit :

    « Le ciel était uniformément gris et menaçant.
    Il commença à pleuvoir.
    Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
    Nul doute, le ciel lui adressait un message ».

    R egardez comme le jour s’habille d’un costume sombre et obscur..
    E gal à une journée d’hiver qui semble interminable et déprimante..
    N e voyez pas là une tristesse céleste qui s’abat inutilement..
    D epuis que je vous ai rencontré dans ce café un matin d’octobre..
    E ntre les mots et les pensées secrètement je radote cette première fois..
    Z one libre d’expression je divague dans les détails de mon prince charmant..

    V olontairement je parle de votre allure débonnaire et de votre reflet adonis..
    O ublier la honte, je m’égare dans l’espoir de vous parler un jour..
    U niquement une fois juste pour libérer mon désir brulant..
    S implement pour que vous sachiez que j’existe juste là..

    A lors quand je vois les nuages pleuraient à chaudes larmes..

    M on être s’emballe et imagine un stratagème pour communiquer..
    I maginons que la vapeur de mon corps libère le message de mon cœur..
    N ul doute que cela peut sembler incongru comme démarche..
    U ne chose, désormais, est au programme pour moi footing tous les soirs..
    I nstaurer une évaporation quotidienne de mon émoi par mes pores..
    T raduire dans la sueur de mon corps l’aveu de mon ivresse affective..

    L e jour où j’ai croisé le regard ténébreux de cet homme qui me hante..
    E nsemble nous pourrions continuer à vivre sans concession ni sacrifice..

    J uste vous et moi, le temps d’une soirée toute au plus..
    O u pour le reste de nos vies si cupidon s’en mêle..
    U buesque soit-elle, mon entreprise n’aura pas de limite..
    R endre possible un vœux si puissant face aux strates d’une réalité figée..

    D éterminer par la folie d’un acte la suite de notre périple..
    E branler la pensée simple par l’imagination d’un tel exercice..

    N ourrir chaque vapeur de mon corps de mon envie débordante et envoutante..
    O ublier que cela est impossible pour finalement y arriver..
    E ngager un combat permanent avec les éléments..
    L utter pour que les nuages se construisent dans le souffle de ma peau..

    S ouhaiter qu’un jour la pluie raconte mes attentes et mes pulsions..
    O stensiblement guider les cumulonimbus au dessus de vous afin de vous dire..
    U ser de mon atavisme maternel pour manipuler les astres..
    S imuler un acte manqué météorologique afin de vous retrouver le jour j..

    L imiter le risque d’échec et attendre le rendez-vous sans ulcère somatique..
    A rriver à crier par les précipitation hydrométrique ma passion insolite..

    T rouver un sens à cela est une hérésie manifeste mais qu’importe..
    O bliger la courbe du bon sens à péricliter les idées conventionnelles..
    U ser de mon charme pour croire que nous serons ensemble ce soir là..
    R épéter à chaque foulée mon désir de vous lover et de vous étreindre..

    E clipser le temps d’un averse la réalité et déposer sur lui mon leitmotiv..
    I maginer un scénario romantique où la pluie traduirait mon supplice..
    F idèle à mes convictions elle parlerait de mes efforts quotidiens..
    F orcer les choses pour finalement que vous soyez là juste en face de moi..
    E crire sur votre pare brise la première lettre de chaque phrase de mon histoire..
    L isez bien et je vous attendrais en robe de princesse bien entendu..

    Mickaël D.
    Ps : en espérant que le message se déposera sur votre écran aussi bien à vous..

  13. François Nugues dit :

    Le ciel était uniformément gris et menaçant.
    Il commença à pleuvoir.
    Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
    Nul doute, le ciel lui adressait un message !

    Curieux que cette goutte en glissant dessine un O ou un zéro, plutôt O.
    Et maintenant un D me semble-t-il.
    QQ : répétition ou embrouille ? odqq… ça ne me dit rien ! Un bout de papier, je note.
    Z : j’attends la suite !
    T : ODQQZS. Il doit y avoir un code… plus rien depuis une minute, ah si ! Sur le pare-brise arrière ! Ce doit être un autre mot.
    Est-ce vraiment le ciel qui me parle ?
    D puis R puis S. Et plus rien. Encore une minute d’attente et de nouveau sur le pare-brise avant les lettres écrivent : RXLOZ et le grand silence après la pluie, avec même un coin de ciel bleu au-dessus des toits gris.

    J’attends depuis une bonne heure maintenant des amis(e)s. Ils devaient venir me chercher à 9h10 à la gare de Bordeaux et ils ne sont pas là. C’est étonnant, d’autant plus qu’aucun ne répond au téléphone. Mais si c’est effectivement le ciel qui m’écrit, il a très bien pu brouiller les téléphones.
    Il faut absolument que je comprenne ce message : odqqzs drs rxloz. Au plus profond de moi, quelque chose me dit que tant que je n’aurais pas compris, ils ne viendront pas me chercher, et comme je ne connais pas le lieu du premier rendez-vous d’écriture, je suis mal !

    Odqq, odqqzt ! Néant dans ma tête !
    Peggy nous avait tous convaincus de venir, que ce seront quatre jours inoubliables… Que la cuisine est aussi délicieuse que le couple d’accueil !
    Trois heures que j’attends ! J’avais émis quelques objections certes mineures mais qui n’avait pas plu à l’équipe, demandant si vraiment les hôtes étaient sympas ? Oui, oui, oui, s’était exprimée Peggy : « Tu devrais avoir honte d’imaginer qu’il n’est pas sympa ! Tu vas rendre le ciel furieux. »

    Et si ce message était codé façon Peggy, c’est-à-dire gentiment, sans difficulté, juste la recherche d’un amical consensus entre le sieur Perrat et moi ?
    ODQQZT, il y a autant de lettres que dans Perrat ! Et voilà les essuie-glaces qui se mettent tout seul en route, et tout est effacé !
    Qu’est ce tut, tut, tut, qui chante à mes oreilles ???? Les voilà ! Bonheur !
    Donc le ciel croit que j’ai compris ! ODQQZT DRS RXLOZ, ok, j’y suis !

  14. Antonio dit :

    T..H…E……E..N..D.

    Soudain, un éclair apocalyptique saisit le ciel de toute son énergie lumineuse durant plusieurs secondes qui lui semblèrent interminables. Il n’y avait pas une once de vent, l’air était chaud et irrespirable, avec une odeur de poussière. Le grondement attendu de l’orage ne vint pas. Il laissa place à une explosion assourdissante qui sembla déchirer l’atmosphère de la terre toute entière.
    Le pare-brise et les vitres vibrèrent. Il se coucha sur le siège passager, les bras collés contre ses oreilles. « C’est la fin du monde, pensa-t-il ». Déjà ? … il aurait eu tant de choses à accomplir encore. Une musique au loin monta jusqu’à lui, en stéréo, de plus en plus forte. Il n’osait relever la tête, de peur de voir des anges ou le diable en personne venir le chercher. Les deux l’effrayaient. Non, pas tout de suite ! …
    Au bout de quelques minutes, il sentit qu’on tirait sur la veste dans laquelle il s’était réfugié sur le siège passager. On insista fortement. « C’est fini ! ». C’était une voix de femme, il leva les yeux et la tête.
    « Allez on y va ! ». Etait-ce une survivante comme lui ou bien un ange, une envoyée de Satan ?
    Il se redressa et à sa stupéfaction vit sur le pare-brise se déverser maintenant une pluie de noms, C’était donc vrai, le jugement dernier. Il n’osa chercher le sien de peur de le trouver. Le ciel s’illumina alors, le soleil ne savait plus où donner de la tête, à droite, à gauche, devant. Une centaine de personnes se levèrent en même temps comme des morts-vivants quittant un cimetière.

    L’ange déchu l’emmena en le serrant comme une proie contre son flanc et le regarda droit dans les yeux
    « Alors mon Théo, t’as aimé la 3D ? … c’était d’enfer, non ? »
    Son cœur battait trop fort pour qu’il pût répondre.

  15. Gwenaëlle dit :

    Le ciel était uniformément gris et menaçant.
    Il commença à pleuvoir.
    Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
    Nul doute, le ciel lui adressait un message !
    Elle regardait se dessiner les lettres une par une, sans chercher à leur donner un sens, sans essayer de comprendre ce phénomène étrange. Tout en elle était en attente, elle le savait, il fallait qu’elle avance, qu’elle prenne une voie.. Mais…  mais celle-ci lui venait-elle du ciel ? Elle n’osait déchiffrer ce mot, totalement formé  désormais sur son pare-brise.. ‘ E..C..R..I..T..’ elle voyait ces cinq lettres, fascinée par leur forme, indépendante les unes des autres et pourtant.. Et pourtant elles lui donnaient ensemble la clé pour libérer son imagination. ‘Écrit’. Comment ce petit mot pouvait il résonner autant en elle, comment cette injonction du ciel pouvait elle lui montrer si clairement le chemin, pourquoi sonnait il soudain comme une évidence ? Sa liberté était devant elle et elle savait d’un coup comment la gagner. Elle n’avait pas voulu y croire, elle se trouvait toujours des excuses, elle ne croyait pas en elle, elle se sous estimait.. Et pourtant tant de mots étaient en elle, se bousculaient dans sa tête, des histoires prenaient naissance a chacune de ses rêveries.. ‘Mais écrire, c’est pas un métier ma fille, passe ton bac, prépare un métier sérieux. La vie c’est pas des mots en l’air, c’est pas des rêves, c’est pas du vent. Travaille ma fille, la vie est difficile, assure tes arrières’. Elle avait écouté, elle avait plié, elle avait un travail, mais elle dépérissait. Sa vie lui semblait terne, vide de sens. Elle ne voulait pas la remettre en question, elle avait pris un chemin, elle le suivait.  Elle ne pouvait penser qu’elle s’était trompée, qu’elle n’était pas maitre de ses choix, une peur au fond d’elle.. Et là, là devant ses yeux, ce mot ! Ce mot en train de se noyer dans les gouttes de cet orage monumental qui s’abattait sur sa voiture et sur sa vie et qui emportait toute sa petite vie étriquée et craintive. Elle allait le faire vivre, elle allait le faire chanter, le sublimer. Écrire serait sa raison d’être et de respirer. Elle savait là, tout de suite que c’était sa seule voie possible. Écrire était sa vie, et elle n’avait que trop de mots pour le dire.
    L’orage se calmait, les nuages se dissipaient et laissaient place à un ciel uniformément bleu..

    © Gwenaëlle Joly

  16. Soize (avec l'intervention céleste d'Olivier) dit :

    Le ciel était uniformément gris et menaçant.
    Il commença à pleuvoir.
    Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
    Nul doute, le ciel lui adressait un message !
    Mais non ! Quelle idée ! Son esprit lui jouait des tours ! Exaspéré, il actionna ses essuie-glaces puis se mit à tapoter nerveusement le clavier du GPS. Encore déréglé !.. Bon dieu de bon dieu de matériel chinois !.. Voilà qu’il se mettait à lui projeter des vidéo-conférences sur le pare-brise !…
    Le boîtier émit un grésillement faible puis s’éteignit franchement, en même temps que les essuie-glaces.
    Quoi ? La voiture s’y mettait elle aussi ?!
    La pluie redoubla et dans le déluge, il vit soudain réapparaître les lettres qu’il avait effacées, suivies d’autres, légèrement flous.
    Les caractères s’accrochaient à la vitre tandis que la pluie martelait tout autour.
    Avec peine, il finit par déchiffrer la céleste annonce : « SI TU PARVIENS À LIRE QUELQUE CHOSE SUR TON PARE-BRISE, C’EST QUE TU AS PLUS DE 0,5 GRAMMES D’ALCOOL DANS LE SANG. POSE TA VOITURE ET RENTRE À PIED ! »

  17. Hazem dit :

    Le ciel était uniformément gris et menaçant.
    Il commença à pleuvoir.
    Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
    Nul doute, le ciel lui adressait un message !
    R…. O….. U….. L….
    Et puis après… qu’avait-il à perdre ? Il n’allait pas rester là à chialer comme un petit cabot qu’on a abandonné. Pour aller où par contre ? Il espérait que le ciel lui dirait, car son GPS n’avait pas la carte intuition, «Mène moi là où il fera bon vivre au moins !».
    Il était dans un état pitoyable après le choc de la rupture. Comment Angèle avait pu le jeter dehors ainsi ? Sans donner de raison, d’explications ? Pétasse ! Il en était sûr, Clément, le beau blond, le nouveau chef de rayon, avec ses grands sourires et son air amical y était pour quelque chose ! Bâtard !
    «Le feu va passer au vert, ne ralentit pas.» Hé bien ! Voilà qu’il se parle à lui même, le bougre ! Eh oui… le feu passe au vert. «Suis ce panneau vert à droite.» Le voilà en pilotage automatique. «Non ! On va pas aller sur le périph à 19h30 un vendredi sous la pluie ? Non !» Une lumière attira son oeil au fond à droite. «Je suppose que je dois y aller… tant pis pour le périph alors !» Il roula ainsi environ un quart d’heure, tantôt une poussière lui indiquait d’aller à gauche, tantôt un chien l’empêchait de continuer et le forçait à tourner, à la vue de cet homme au parapluie, il savait qu’il devait prendre la troisième sortie du rond-point. Il s’arrêta sur un petit parc de stationnement et descendit jusqu’au bord de Seine. Une feuille jaune et pourpre virevolta devant son nez. «Plonger ? Ho non… je suis déjà bien mouillé quand même, ça me suffit !» Alors, il vit à deux cents mettre de là en remontant le fleuve, une barque errant au grès des courants. Elle semblait abandonnée, mais il y avait une forme dessus, dans l’obscurité régnant difficile de dire. «Pfff… Comme si jouer le héros c’était mon truc ! J’espère qu’il n’est pas mort au moins». Il retira ses bottes, laissa ses effets personnels dedans, cellulaire, papier, argent et plongea dans une seine toute accueillante, bien qu’un poil agitée et froide par cette merveilleuse nuit pluvieuse. Il réussit de justesse à rattraper la barque, puis se hissa dedans. L’homme était inconscient, mais vivant.

    Trois jours plus tard, l’homme sortit de l’hôpital, sauvé.

    ⓒ Hazem A.A.H. 2011

  18. Alfred dit :

    Le ciel était uniformément gris et menaçant.
    Il commença à pleuvoir.
    Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
    Nul doute, le ciel lui adressait un message !
    Il ne le voyait pas.
    Le temps avait coulé au rythme de ses larmes.
    Contre l’avis de tous, il avait choisi de revenir dans cette voiture, celle qu’il lui avait offerte la semaine précédente pour leur anniversaire, celle qu’elle avait découverte en se levant ce matin-là, trônant devant le trottoir, entourée d’un ruban rose avec un énorme nœud en forme de cœur, comme dans les comédies sentimentales new-yorkaises.
    Elle s’était jetée dans ses bras et il l’avait taquinée en agitant les clés au dessus de sa tête comme le patron d’un manège le fait avec une petite fille. Ils ne s’étaient même pas changés et elle l’avait entraîné faire un tour dans la campagne environnante.
    C’était trois jours plutôt. C’était il y a une éternité. À leur retour, ils étaient gais comme des collégiens qui découvrent la vie, elle chantait “Aux Champs-Élysées” à tue-tête et il était heureux. Elle avait filé dans la salle de bains alors que lui préparait le café et elle s’était soudain tue au milieu du refrain. Il l’avait hélée pour lui demander si elle préférait du thé mais elle n’avait pas répondu. Alors il avait frappé à la porte de la salle d’eau. Il était entré, prêt à s’excuser. Elle était étendue sur carrelage humide.
    A.V.C. avaient dit les médecins.
    Morte.
    Depuis, il n’avait cessé de pleurer, cherchant des traces d’elle dans la chambre, dans la cuisine, dans le jardin. Il passait des heures dans la voiture, hébété et inconsolable.
    L’orage d’été éclata dans un craquement de foudre, déversant des grêlons qui hachaient les feuilles des arbres dans la rue, rebondissaient sur les pavés et tambourinaient sur la tôle des voitures stationnées.
    L’air se rafraîchit brutalement et il se retrouva coupé du monde par la buée qui se forma sur les vitres.
    Il la revit alors, assise au volant, trois jour plus tôt, approchant sa bouche du pare-brise, y soufflant son haleine tiède afin qu’elle s’y condense puis, du bout du doigt, lui écrivant un message.
    Son “Je t’aime” entouré d’un cœur réapparaissait aujourd’hui tel un éphémère message de l’au-delà.

  19. Soize (avec l'intervention céleste d'Olivier) dit :

    Le ciel était uniformément gris et menaçant.
    Il commença à pleuvoir.
    Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
    Nul doute, le ciel lui adressait un message !
    Il se gara brusquement sur le bas-côté et, les yeux écarquillés, distingua nettement un S puis un A.
    Inconsciemment, il se mit à prier intérieurement, empreint d’une exaltation, d’une béatitude qu’il n’avait plus éprouvées depuis la lecture des aventures du petit Jésus en bandes dessinées pendant les heures de catéchisme. Une envie de partager cette ferveur renaissante, de porter la bonne parole au monde entier s’empara de lui.
    Cependant la pluie redoubla, remettant à plus tard sa tournée des popotes, et un déluge de lettres se forma sur la vitre.
    C’est alors qu’il put lire l’intégralité du divin message : « SAINT-PIERRE FINANCES : DÉFISCALISEZ AU PARADIS ».

  20. Laurenced dit :

    Le ciel était uniformément gris et menaçant. Il commença à pleuvoir. Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
    Nul doute, le ciel lui adressait un message !

    Trois lettres à présent s’étaient déposées sur son pare brise et résistaient à la déferlante que les nuages envoyaient sur la voiture.  » S » « I » « V ».
    Bertrand n’avait pas le coeur à sourire et voulu chasser les formes avec ses balais d’essuie glaces.
    Il actionna la commande et là devant ses yeux ébahis les lettres se reformèrent en un autre mot. Il pouvait lire très clairement  » VIS ».
    Plus aucun doute, il lisait bien une injonction du ciel à vivre. Ce matin quand il avait quitté son domicile, il s’était dit qu’il ne reviendrait jamais. Il était si malheureux.
    Sa femme ne l’aimait plus, ses enfants ne l’avaient jamais regardé avec une once d’amour véritable. Même son patron ne l’aimait pas assez pour le garder.
    Devant lui ces trois lettres avaient cessé leur danse dans les essuie glaces et s’étaient comme figées.
    Bertrand n’avait pas souri depuis si longtemps et il voyait là un signe du divin. Il existait donc et au moins lui l’aimait.
    Il décida alors d’attacher sa ceinture, de ralentir la vitesse de son bolide et de se remettre sur la file qui lui était réservée.
    Bertrand allait vivre mais ce qui est été très clair pour lui c’est qu’il ne rentrerait pas à la maison.

  21. Alain Laboile dit :

    Il plissa les yeux: TERR… et machinalement activa les essuies glace.
    Le temps de prendre conscience des conséquences de son geste et les lettres avaient disparu.
    Le pare brise vierge se couvrit à nouveau de gouttes, mais aucune lettre ne se forma, rien d’autre que des gouttes qui en s’agglutinant finissaient par ruisseler mollement au bas du pare brise.
    Il saisit son téléphone, il fallait qu’il raconte ça à Line, il commença à composer le numéro, puis, comme il l’avait fait pour les lettres sur le pare brise, il effaça le numéro, posa son téléphone dans le vide poche, et tourna la clef de contact.

  22. Lafaurie dit :

    Le ciel était uniformément gris et menaçant. Il commença à pleuvoir. Une goutte glissa sur le pare-brise et dessina une lettre, puis une autre.
    Nul doute, le ciel lui adressait un message !

    D’un geste réflexe, il ajusta la ceinture de sécurité autour de sa panse rebondie, les yeux toujours fixés sur son écran pare-brise. Les premières lettres qu’il déchiffra lui délivra le message suivant :
    MANGEZ.

    Alors qu’il ruminait la signification étrange de cette injonction, une éclaircie soulignée par un arc-en ciel vint interrompre l’envoi du SMS céleste.

    Lassé par cette suspension du réseau, il allait démarrer lorsque l’écriture liquide reprit de plus belle.
    La suite le mit en boule :
    5 FRUITS ET LÉGUMES PAR JOUR.

    De rage, il mit en route ses essuie-glaces.

    Alain Lafaurie

  23. Jean de Marque (alias Jean Marc Durand) dit :

    Malgré tout, têtu dans sa tête, comme quoi ce n’était qu’un crachin passager, qu’un orage pareil par une saison aussi estivale, dans un endroit si désertique, ce n’était vraiment pas possible, il tendit le cou pour continuer à aller de l’avant. C’est en essuyant le pare brise avec son mouchoir qu’il distingua de bien trop près dans les phares du camion la phrase ironiquement céleste déposée par la pluie: « Pense à changer tes balais d’essuie-glaces! »

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