Tenir son stylo d’une main et celle d’un enfant dans l’autre

conte-haricot-1Les enfants aiment les histoires et s’en souviennent une fois devenus adultes. C’est peut-être ce qui explique, en partie, l’envie prégnante chez de nombreuses personnes, d’écrire des textes destinés aux petits.

Les enfants sont beaucoup plus exigeants et moins patients que les adultes. Ils ont horreur de s’ennuyer à lire des histoires qui ne correspondent pas à leur univers imaginaire. Cet univers à l’envers, dont les adultes ont égaré les clés depuis des années…

En son temps, Jen Piaget, réputé pour ses avancées pédagogiques, l’expliqua très bien. Quand ils commencent à écouter puis lire des histoires, les enfants font la différence entre rêve et réalité, mais leur rationalité n’est pas affirmée, ils sont dans une « pensée magique ». Il est  donc normal que les objets et les animaux aient des pouvoirs extraordinaires et vivent dans un monde surréel. Les auteurs qui n’en tiennent pas compte sont souvent « à côté de la plaque », tels ces politiques qui discoureraient dans une classe de maternelle.

Avant de poursuivre, permettez-moi une anecdote. Après avoir obtenu une prix décerné par l’Académie Française, pour Un Regard Peut-être, j’animais des « Eveils poétiques » dans les écoles primaires. CM1, CM2 Je croise un jour un créateur et formateur, Bernard Leblanc, qui me dit : « Vous animez des éveils poétiques pour les enfants, c’est le plus difficile, vous devriez intervenir dans les entreprises, ce sera beaucoup plus facile ! »
Il avait raison.

Intéresser les enfants et les séduire, tout en les instruisant est difficile. Plus on s’éloigne de la pédagogie traditionnelle, plus ils sont heureux.*
Il faut toujours les mettre en attente du plaisir de découvrir, faire en sorte qu’ils aient envie de vous suivre parce que vous les entrainez sur des terrains de jeux inhabituels et bienveillants.

Je pense qu’il en est de même quand on veut raconter des histoires aux enfants. Il faut tenir son stylo d’une main et celles des enfants de l’autre main. Avoir beaucoup d’inventivité et de fraîcheur d’esprit. Laisser son imagination renouer avec les cours de récréation. Ces  lieux de jeux, de rires et de pleurs, que nous avons quittés, parfois depuis si longtemps…

Cet article m’amène à vous signaler Audine ou la véritable histoire du haricot de Castelnaudary le nouveau livre d’Andrée Avogadri, abonnée à l’Entre2lettres.

Ce conte mettant en scène les produits du Languedoc

Roussillon, oscille entre imagination et histoire. Joliment illustré par Claire Degans

Conte-enfant

4 réponses

  1. MALLERET PEGGY dit :

    Cher Pascal,

    Merci de ces merveilleux conseils. Je pense que mes contes allient bien des objets et des animaux qui s’animent dans un mélange de réel et d’imaginaire. Par contre je n’avais pas pensé à leur tenir la main pendant que je racontais.

    Si vous avez du soleil, un petit bout nous ferait plaisir

    Excellente journée à vous 3

  2. Rébecca dit :

    L’avantage quand on a des enfants à la maison, c’est qu’ils nous offrent souvent les bonnes idées pour inventer les histoires qu’on leur destine. 🙂

  3. SoizeD dit :

    Les enfants voient spontanément une autre réalité au delà du réel. J’ai animé il y a quelques temps un atelier photo où nous devions chercher, voir et « capturer »des lettres de l’alphabet dans les lézardes d’un mur, les tâches d’un trottoir, des ombres, du mobilier urbain etc. Toutes les générations étaient représentées. Qui a trouvé le plus de lettres de l’alphabet ? Le plus jeune (6 ans) ! Venaient ensuite ceux qui avaient pris l’exercice comme un jeu, mis dans leur poche pour un instant leur regard d’adultes formatés par leur éducation et accepté de poser un regard d’enfant sur ce qui les entourait. Photo/écriture, rien à voir, me direz-vous. C’est pourtant le même processus qui se met en route : se faire plaisir, jouer, débrider son imagination, « laisser son imagination renouer avec les cours de récréation » comme vous le dites avec justesse.
    Accéder à cette capacité de renouer avec l’enfant qui est en nous -et malgré notre part adulte qui essaie souvent de le faire taire !- c’est le plus beau dopant pour l’imaginaire !

  4. Sabine dit :

    N’hésitez pas à lire des histoires pour enfants. Alors, quand ils jouent aux playmobiles, vous avez le plein d’idées pour attraper un petit bonhomme, le faire grimper sur les arc-en-ciel, remonter la rivière sur un cheval bleu… Et deux yeux dessinés sur un bouchon en liège ou sur votre doigt (qui a bien sûr un pouvoir magique) seront le point de départ de grandes aventures…

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