Exercice inédit d’écriture en liberté

liberte-egalite-fraterniteConformément à la clause de conscience dévolue à mon statut, je vous informe que j’ai décidé de faire valoir mes droits à la retraite. Ce départ intervient au bout d’une carrière commencée en 1789.

J’ai débuté, jeune LIBERTÉ, en compagnie d’ÉGALITÉ et FRATERNITÉ. À cette époque, tout le monde nous portait aux nues, mais cela n’a pas duré.
D’année en année, les entraves se sont multipliées :  défense d’uriner, de marcher sur les pelouses, de jurer, de cracher, de fumer, de boire, de penser, de se moquer…

Je vous invité à prolonger ce texte de circonstance

26 réponses

  1. smoreau dit :

    OUi ! C’est cela, exactement… Si vous voulez me lire mon pseudo c’est smoreau, un peu plus haut.
    Bonne journée
    Sylvianne

  2. Marie Pierre Robert dit :

    Je lis vos textes à tous, et je vous admire, je me trouve démunie, j,ai laissé mes maux de côté pourtant, malgré cela les mots ne sortent plus, Liberté,Égalité, Fraternité, soumises à la question, torturées, pourchassées, mon cœur palpite, , il y a arythmie, l’émotion est à son comble et enterre mes mots.
    Je suis une vivante, touché par les balles, atteinte par l’onde de choc.
    Mes ancêtres sont là, groupés autour de moi, leurs regards me parlent en silence, ils sont chaleureux, je revois leurs luttes, leurs combats, leurs fiertés , ils me sourient et portent en moi leur espoir.
    Les générations futures sont prêtes à pointer leurs frimousses. Je sais maintenant quel va être l’essentiel de mon quart de siècle restant .
    Liberté, Égalité, fraternité, je suis la pour vous et eux.

  3. Gwenaëlle dit :

    Chère Liberté

    Je comprends ton désarroi et ta volonté de prendre ta retraite. Mais je te le dis, tu ne peux pas nous faire ça, tu ne peux pas arrêter de te battre, ni abandonner Egalité, Fraternité,
    C’est vrai que les valeurs de la République sont menées à mal, qu’elles sont souvent bafouées, qu’elles perdent leur sens au fur et à mesure que notre société devient de plus en plus dure, directive, policée, stigmatisante, fragmentée, communautaire.

    Chère république française, fière de tes enfants, de tes différences, de ta terre d’accueil, de ta liberté d’expression, de tes lois et de tes acquis, je comprends que tu pleures sur ce que nous avons fait de toi. République française si belle de ta diversité, de ton peuple de toutes les couleurs, de toutes les religions, de ta langue, de tes patois, de tous ces accents, de l’école pour tous, de la santé pour tous, de ton ouverture d’esprit, qu’avons nous fait de toi ?

    Liberté, liberté chérie, liberté si chèrement acquise au cours des siècles, au prix de tant de sang versé, de livres brûlés, de pensées détruites, liberté si majestueuse, tu te vois anéantie dans des interdits de toutes sortes, de restrictions bêtes et méchantes, de contraintes continuelles, délits de faciès et autres et aujourd’hui on te tue dans ton droit d’écrire, de dessiner, de penser. L’homme perd son libre arbitre, ses échelles de valeur, son humanité. Tout lui est dicté par des règles de plus en plus restrictives.. ‘Fais pas ci, fais pas ça, viens ici, mets toi là… (J. Dutronc). Nous sommes infantilisés, guidés dans tout ce que nous faisons, nous ne savons plus réfléchir par nous mêmes, nous faire notre idée personnelle, analyser, approfondir, avoir un avis, réagir, nous indigner, aimer notre prochain. Où est notre esprit critique ? La société et ses ‘défense de..´, ses caméras, ses barrières, ses radars, ses renvois aux frontières nous a lobotomisés.. Nous ne réagissons plus à l’horreur du monde. Nous protégeons ou pensons protéger notre cocon en laissant plaquer nos œillères, en laissant nos peurs nous envahir, sans comprendre que nous sommes le monde et que ce qui touche le monde, nous touchera.
    Soyons libre avec nos idées, notre sensibilité, notre compréhension et notre compassion. Ne nous laissons pas dicter notre pensée et nos actions, gardons notre esprit ouvert et critique.

    Liberté, chère liberté, aide nous à te retrouver, à être fiers, a accepter l’autre, la différence, à oser, à nous exprimer, à respirer dans l’amour et la paix, à être nous, à vivre en ton nom, à être Toi.

    © Gwenaëlle Joly

  4. Françoise -Gare du Nord dit :

    Conformément à la clause de conscience dévolue à mon statut, je vous informe que j’ai décidé de faire valoir mes droits à la retraite. Ce départ intervient au bout d’une carrière commencée en 1789.

    J’ai débuté, jeune LIBERTÉ, en compagnie d’ÉGALITÉ et FRATERNITÉ. À cette époque, tout le monde nous portait aux nues, mais cela n’a pas duré. D’année en année, les entraves se sont multipliées : défense d’uriner, de marcher sur les pelouses, de jurer, de cracher, de fumer, de boire, de penser avec des arrière-pensées, de se moquer de la charité, de voter inutile, de rire aux larmes, de parler fort, de plonger en apnée, de ne pas croire en Dieu, d’écrire à l’encre rouge, de lire entre les lignes…

    Je me suis vue contrainte de porter des vêtements trop lourds, trop grands pour moi, de l’Extra-Large moi qui suis restée en 36.

    J’ai été amputée du bras de la justice et du pied d’EGALITE. Depuis, manchote et boiteuse, je marche de guingois tiraillée de droite à gauche, écartelée par les extrêmes, obligée d’en voir de toutes les couleurs du blanc « monarcho » au noir « facho » en passant par le rose « socialo », le bleu d’une virago, le vert « écolo » et le rouge « coco »

    Et FRATERNITE ? Tous ces enfants que j’ai recueillis, ventres affamés, sexes torturés, croyances persécutées et consciences tourmentées.
    Et les autres, ceux nés sur ma terre, nourris par mon buste, instruits sur les bancs de mon école , élevés dans mes cités.

    Pourquoi sont-ils toujours en train de se déchirer ? Pour un Dieu pas si donné que cela ? Un bébé non désiré ? Une école à libérer ? Un mariage interdit à tous ? Un maillot trop cher payé mais pas assez mouillé ? Un drapeau aux couleurs délavées? Un hymne qui parle d’un sang impur ? Un vote trop étranger ?

    Ceci dit, il semblerait que depuis mercredi LIBERTE, EGALITE et FRATERNITE soient de mise, obligatoires, voire imposées. Tous mes enfants marchent d’un seul pas et parlent d’une même voix. Mais je vais avoir du mal à différencier mes petits. Ils prétendent tous s’appeler Charlie

    Journal de Marianne. 13 janvier 2015

  5. Maryvonne dit :

    Je n’ai pas de mots depuis ces tristes jours… Fraternité ou es tu passée ? Je t’ai retrouvée hier, là au coin de la rue.. je crois bien. D’abord je ne t’ai pas reconnue, trop seule et fermée dans mes pensées vers tous ces morts pour rien ! Et puis on a fait un bon bout de chemin ensemble, et petit à petit on a retrouvé les mots, des mots, nos mots communs et partagés depuis bien longtemps, qu’on avait juste oublié… On s’est souvenu des bons moments, on s’est parlé de notre histoire commune… on s’est dit que cette fois on ne laisserai pas passer tout ce temps vide pour rien. On s’est dit que demain notre histoire pouvait continuer si on a encore cette envie qui brille dans chacun de nous. Fraternité c’est toi que je veux voir ce matin dans chaque regard croisé sur le chemin du bureau… ce matin et tous les jours. Et si tu es là au rendez-vois je suis convaincue que Liberté et Égalité seront à nos côtés.

  6. Pascal Perrat dit :

    Très beau texte avec comme super bonus, l’espérance.
    Et un beau néologisme : Charliberté
    Merci Sylvie

  7. Sylvie dit :

    Conformément à la clause de conscience dévolue à mon statut, je vous informe que j’ai décidé de faire valoir mes droits à la retraite. Ce départ intervient au bout d’une carrière commencée en 1789.
    J’ai débuté, jeune LIBERTÉ, en compagnie d’ÉGALITÉ et de FRATERNITÉ. À cette époque, tout le monde nous portait aux nues, mais cela n’a pas duré. Après quelques heures de gloire, notre triumvirat est allé à vau-l’eau. Nous étions beaux, tous les trois, trop beaux pour certains. Dans les attaques perpétrées contre nous, j’étais toujours la première visée. J’ai connu dans ma carrière des hauts et des bas : des périodes fastes où je guidais le peuple et gagnais toutes les batailles, mais aussi des périodes sombres d’occupation et de haine. J’ai été de nombreuses fois menacée, mise au placard, bafouée, séquestrée, parce qu’il m’arrivait de flirter avec AUDACE ou RÉBELLION. On m’a même parfois outrageusement dépossédée de mon nom pour le coller à des causes qui étaient tout le contraire de moi. Mais je me suis toujours relevée de mes cendres. Jusqu’à il y a quelques jours, j’étais plutôt en forme, même si je faisais désormais presque cavalier seul. De mes deux compagnons de la grande époque, FRATERNITÉ s’est vidée peu à peu de son sens et ÉGALITÉ est rapidement tombée malade, prenant les voiles pour l’île de l’Utopie. Seuls leurs fantômes ou illusions sont restés ici-bas sur les frontons de la République.
    Aujourd’hui, j’ai reçu le coup fatal, celui qui mettra fin à ma carrière. Les crayons et les plumes qui se nourrissaient de mon encre sont tombés. L’encrier s’est renversé. La barbarie m’a mise à terre. J’ai mal. Je pars. Je me retire.

    Mais que vois-je à l’horizon ? Un mirage, une illusion ? Est-ce que je quitte définitivement le monde et arrive moi-aussi sur les rivages de l’Utopie ? Non, je ne rêve pas, je suis bien encore de ce monde. Elle arrive. C’est elle, massive, belle et forte, universelle, là sur la place de la République : FRATERNITÉ est de retour, elle brandit mon nom, elle me réclame. Je m’appelle aujourd’hui Charliberté et je ne mourrai pas.

    ©Sylvie Wojcik

  8. Pascal Perrat dit :

    Ces quelques mots ont tout leur pesant. Rien à ajouter.

    Quand vous rejoindrez la marche des Charlie, avec en tête les politiques…
    Si la foule est immense, arrangez-vous pour vous trouver sur le bord et non pas au milieu.
    Sait-on jamais…
    Conseil amical d’un vieux baroudeur

  9. J’aurais aimé pour ce sujet si grave
    User de mots qui frappent
    En quelques coups de stylo
    Exécuter un R à LibeRté
    Attacher une L à EgaLité
    Servir le T à FraterniTé
    Alors pour ce sujet si grave
    J’irai marcher demain

  10. Tissier mireille dit :

    De vivre tout simplement en homme libre. De quel droit et au nom de qui doit-on obéïr et suivre les pensées négatives! De personnes névrosées, sous xanax qui se croient supérieur soit par leur intelligence ou le leur savoirs?
    Ne dit-on pas qu’il est interdit d’interdire?
    Ne sommes nous pas tous égaux devant l’éternel?
    Nous sommes tous autant que nous sommes étouffés par cette doctrine commune qui tente de faire de nous des humains modèles (pour ne pas dire moutons), à l’image de nos biens-penseurs qui se plaisent à nous manipuler tel de pantins.
    Soyons fort au nom de la liberté, de l’égalité et de la Fraternité.

  11. smoreau dit :

    Conformément à la clause de conscience dévolue à mon statut, je vous informe que j’ai décidé de faire valoir mes droits à la retraite. Ce départ intervient au bout d’une carrière commencée en 1789.
    J’ai débuté, jeune LIBERTÉ, en compagnie d’ÉGALITÉ et FRATERNITÉ. À cette époque, tout le monde nous portait aux nues, mais cela n’a pas duré.
    D’année en année, les entraves se sont multipliées : défense d’uriner, de marcher sur les pelouses, de jurer, de cracher, de fumer, de boire, de penser, de se moquer…
    Sous nos trois noms, souvent est écrit : Défense d’afficher. Un paradoxe !
    Souvent, j’ai failli démissionner tout au long de ma carrière. J’ai souvent été bafouée ou utilisée. Mes potes égalité et fraternité me retenaient. Nous faisions bloc face à la connerie humaine en espérant des jours meilleurs.
    Accrochés parfois comme des pantins, au fronton, on se chamaillait, on se réconciliait. Mais on y croyait.
    Les hommes sont compliqués. Ils veulent être libres et dicter des lois. Libre de pratiquer une religion mais sans porter de signe ostentatoire. Libre d’écrire, de dessiner mais sans blesser, choquer.
    Aujourd’hui, la liberté d’expression a été assassinée. L’égalité et la fraternité se sont carapatées en douce mercredi dans la nuit. Elles m’ont saluée en pleurant. Fatiguées, elles abandonnaient. Je suis restée, courageuse.
    Aujourd’hui, je marmonne « Et maintenant ? » que vont-ils faire ?
    Refermer les yeux ? Allumer des bougies ? Faire et refaire des minutes de silence ?
    Je suis une vieille dame et j’ai peur….

  12. Pascal Perrat dit :

    On pourra toujours rire de tout, bien sûr, du moment que l’on ne se moque de personne !
    « On pourra plus que jamais s’exprimer librement, caricaturer même, dans la mesure où cela n’affecte bien entendu aucune sensibilité.
    Car n’oublions pas :
    S’exprimer responsable, c’est accepter de se taire pour le bien du « vivre ensemble » entre nos communautés. » GENIAL !

  13. Antonio dit :

    (c’est pas tout mais faut quand même bosser)

    … D’année en année, les entraves se sont multipliées : défense d’uriner, de marcher sur les pelouses, de jurer, de cracher, de fumer, de boire, de penser, de se moquer, de se gratter le nez, et les couilles, de s’embrasser sur les bancs publics, et tout ce qui les entoure, de chanter ou de rire, sans que le texte ou le prétexte ne soit bien identifié.

    Et puis, l’entrave suprême est tombée: interdit de baiser !

    J’ai débuté jeune libertaire, avant de virer grand libertin, en compagnie des gars littéralement obnubilés par le sexe, phallocrates en puissance, Wolinski et Reiser, mes frères. A cette époque, tout le monde nous portait au nu, c’était notre premier dessein.

    Mais cela n’a pas duré, les féministes, la femme de Wolinski nous sont tombées dessus, il a fallu s’émanciper fin. Avec Egalité on a composé. Et à les voir fraterniser dans le libertinage, il faut l’avouer, on se marrait bien moins.

    Oui mais on baisait encore !

    Là, c’en est trop ! … J’ai vu partir Fraternité à la retraite, il a quelques temps. Ca m’a fichu un coup. Ils l’ont remplacé par Communauté, un pas drôle, toujours reclus dans ses dossiers. Déjà qu’ils n’ont jamais voulu embaucher ma femme, Humanité, pas assez diplômée. La vie au bureau est désespérante depuis quelques temps. J’ai l’impression de passer mon temps à me battre. On ne se marre pratiquement plus.
    Même Egalité passe son temps à la comptabilité, nous faisant des crises de nerfs au moindre chiffre erroné, cumulant des pressions et arrêts maladie.

    Interdit de baiser ! Se reproduire, enfanter, procréer, veuillez utiliser les termes appropriés !

    Conformément à la clause de conscience dévolue à mon statut, je vous informe que j’ai décidé de faire valoir mes droits à la retraite. Le chef d’entreprise de la République l’annoncera officiellement demain.

    Le lendemain. Communiqué officiel :

    Suite au départ à la retraite anticipée de notre regretté collaborateur Liberté, je vous informe de la nomination de Responsabilité, déjà en place chez nous, qui lui succèdera au poste de première devise de la république. Sa fonction prendra effet le 8 janvier 2015. Je vous demande donc de l’accueillir avec le respect qui lui est du, et de l’aider dans sa tâche à redessiner les valeurs de la république, main dans la main avec Egalité et Communauté.
    Car il s’agit bien sûr de poursuivre l’excellent travail de son prédécesseur et d’en améliorer la finalité.

    On pourra toujours rire de tout, bien sûr, du moment que l’on ne se moque de personne !
    On pourra plus que jamais s’exprimer librement, caricaturer même, dans la mesure où cela n’affecte bien entendu aucune sensibilité.

    Car n’oublions pas :
    S’exprimer responsable, c’est accepter de se taire pour le bien du « vivre ensemble » entre nos communautés.

    Votre Président de la Vème république.

  14. ourcqs dit :

    Conformément à la clause de conscience dévolue à mon statut, je vous informe que j’ai décidé de faire valoir mes droits à la retraite. Ce départ intervient au bout d’une carrière commencée en 1789.
    J’ai débuté, jeune LIBERTÉ, en compagnie d’ÉGALITÉ et FRATERNITÉ. À cette époque, tout le monde nous portait aux nues, mais cela n’a pas duré.
D’année en année, les entraves se sont multipliées :  défense d’uriner, de marcher sur les pelouses, de jurer, de cracher, de fumer, de boire, de penser, de se moquer…

    ON voudrait que je parte en retraite avec mes compagnes, que nous disparaissions du paysage ??? ON a tort.
    Nous avons surmonté des obstacles,assumé, pas question de lâcher prise. ON se trompe.Des entraves se multiplient ? non,des défis stimulants, plus de réflexion, de dialogues, de responsabilité,de tolérance, plus d’humour, plus d’impertinence. ON voudrait nous soumettre, nous faire taire ?
    Nous resterons debout, ne vivrons pas à genoux,

  15. Sabine dit :

    Hier, entre deux sanglots, j’ai demandé à l’illustrateur de mon site de nous faire une de ces petites tortues en rapport avec l’actu. Je pensais à quelque chose lié à la liberté d’expression.
    Il ne me laisse pas parler, et me dit directement :
    — Ca dépend. Ou je te fais un dessin engagé et tu te fais plastiquer, ou je parle juste de liberté.
    Je réponds immédiatement :
    — Je m’en fous, s’il y a bien une chose pour laquelle je n’ai pas peur de mourir, c’est pour mes idées.
    On raccroche, et je répète à mon mari :
    — S’il y a bien une chose qui ne me fait pas peur, c’est mourir pour mes idées.
    Mon mari me répond froidement :

    — Comme eux.

    Un frisson glacé m’est monté dans le dos des talons aux derniers cheveux. Et ma bouche est restée muette.

  16. Durand Jean Marc dit :

    Ce matin, je m’étais presque interdit d’écrire! Tous ces mots, transformés en

    symboles, accrochés aux façades…aux masques! Je ne voyais plus bien où

    aller…ni comment!

    J’étais un tout petit phare, isolé sur un rocher. J’avais encore le droit à

    l’allumage automatique. Mais aucun gardien ne venait plus m’astiquer

    l’escalier de ses pas. Au loin, les cargos de la haine déversaient un pétrole de

    plus en plus gluant. Et moi, avec ma petite pelle amarrée….je ne sauvais de la

    noyade que de petits cailloux. Je recollais mon mur de vigilance.

    Mais une mauvaise lune engendrait des tsunamis humains de plus en plus

    destructeurs.

    Je montais à la bibliothèque, me replongeais dans les livres d’histoire.

    Je démontais le Meccano des économies et des politiques. Je repassais

    plusieurs CAP, nombre de DEUG…j’apprenais encore et toujours , du nouveau, à

    rajeunir. Je tentais une nouvelle maquette.

    Un peu de guingois, elle pourrait quand même, peut être, ressembler à quelque

    futur lumignon.

    Sous la première pierre, j’y enterrai un petit mot plié: »Si tous les phares du

    monde pouvaient se donner la main »

  17. Christine Macé dit :

    J’ai davantage envie de me taire, de faire taire la colère et la peur. Il faut parfois des drames pour éveiller nos consciences. Mais pour combien de temps ? Depuis des mois, des années, les guerres « ailleurs », qui s’en soucie ? Et les immigrés dans leurs camps de fortune, et les Roms à qui on refuse une sépulture, et mon garagiste, maghrébin, qui n’ose plus sortir de peur d’être agressé. La liberté c’est aussi le respect de l’autre, de ses différences, la tolérance. Les Charlie l’ont payé de leur vie, quatre personnes – juives probablement – aussi. Je n’ai pas de réponse. Je suis triste mais j’ai la chance d’être libre. Soyons-le, le plus possible dans notre vie quotidienne. Vivons-le, montrons-le. Pour nous et pour ceux qui sont morts pour que cela continue. Ici et ailleurs.
    Christine

  18. Kacyne B. dit :

    Comment le slogan Liberté, Egalité, Fraternité aurait pu survivre, alors qu’il est né dans la terreur, dans l’horreur des têtes tranchées.

    Le sang a continué et continue d’éclabousser les murs de la République.

    La Fraternité, l’Egalité? Personne n’est dupe.

    La Liberté? Une peau de chagrin?

    Réveillons-nous! Révoltons-nous… en douceur.

    Interdit de marcher sur les pelouses? Retrouvons-nous et marchons sur ces pelouses! L’herbe ne va pas nous couper les pieds.

    Interdit de jurer? Jurons si l’envie nous prend, mais n’injurions pas.

    Interdit de cracher? Crachons si ça peut dégager les misères qui encombrent nos poumons, mais ne crachons pas sur la gueule du voisin.

    Interdit de fumer? Des murs ont été construits pour enclaver les fumeurs dans des zones, où eux-mêmes sont allés, tête baissée.

    Ca rappelle d’autres guerres.

    Interdit de boire? Buvons, Levons notre verre, et trinquons pour la Paix.

    Personne ne nous interdira de penser, d’écrire! Mais, sans mettre de l’huile sur le feu, loin de la Haine.

    J’ai lu, hier, suite à l’Horreur de ces derniers jours : »Notre Dieu n’est qu’Amour, le leur est Satan. »

    Alors, je crie, je hurle : Stop! Arrêtez vos conneries!

    Seul un écho revient, un écho qui résonne en vain dans le cosmos.

    LIBERTE! RESPECT! TOLERANCE!

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