385e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat

Ils habitaient une petite récompense de retraités,
gardée par des nains de jardins. 
Un matin, en ouvrant les volets, ils sursautèrent.
Les nains déféquaient dans leurs bonnets en leur faisant un bras. 
Blanche poussa un grand cri et…

Inventez la suite comme bon vous semblera

Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Un petit combat pour maintenir en vie l’enthousiasme d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

 

17 réponses

  1. françoise dit :

    Ils habitaient une petite récompense de retraités,
    gardée par des nains de jardins. 
    Un matin, en ouvrant les volets, ils sursautèrent.
    Les nains déféquaient dans leurs bonnets en leur faisant un bras. Blanche poussa un grand cri et leur demanda ce qui se passait.

    D’une seule voix et sans hacher leurs maux : Atchoum, Joyeux, Prof, Simplet, Timide, Dormeur, Grincheux répondirent qu’ils voulaient :
    1) chaque matin aller en forêt, couper des bûches rentrer le soir pour se reposer, chacun dans sa cabane, dans le respect des 35H hebdomadaires
    2) le week-end et jours fériés voir ensemble, installés dans les canapés du salon, où une de leurs bûches brûlerait , regarder les films de Walt Disney dont ils avaient été les vedettes, sans jamais d’ailleurs avoir touché le moindre cachet .
    3 ) que nous cotisions pour eux à la Securité Sociale car nous n’étions pas sans ignorer que les bûcherons ont sept fois plus d’accidents que les autres travailleurs manuels et aussi que nous les inscrivions au syndicat de cette profession pour éventuellement faire valoir leurs droits car bien que sept ils se sentaient sans défense. Ah si Grimm nous avait fait Huit, tout sans doute aurait été changé car ils auraient un chef……avaient-ils toujours pensé.
    Blanche était restée éveillée toute la nuite scandalisée par la conduite presque obscène des nains ; elle en venait à se demander s’ils avaient une âme car dans ce cas elle devrait les faire baptiser et les accompagner à la messe dominicale.Il faudrait qu’elle en parle à l’Evêque et peut-être même au pape.
    Soudain ouvrant la fenêtre et d’une voix assurée elle leur demanda séance tenante de prendre une douche et de mettre leurs bonnets dans la machine à laver
    Ils s’exécutèrent sur le champ.
    Le matin, les retraités en ouvrant leurs volets, virent les nains de jardin,chacun à son poste de gardien.

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  2. Clémence dit :

    Ils habitaient une petite récompense de retraités, gardée par des nains de jardins.  Un matin, en ouvrant les volets, ils sursautèrent.
    Les nains déféquaient dans leurs bonnets en leur faisant un bras. Blanche poussa un grand cri et…

    Blanche poussa un grand cri et tapa du poing droit dans sa main gauche.
    – Je le savais !
    – Que savais-tu, demanda Oscar en haussant les sourcils.
    – Je le savais que ça finirait comme ça !
    – Comment, comme ça ?
    – Comme ça, avec les voisins, rétorqua Blanche en piquant un crayon dans son chignon.
    – Mais qu’est-ce qu’ils ont fait, les voisins ?
    – Oscar, ne me dit pas que tu n’a rien vu !
    – Heu, non….mais je t’écoute…

    Blanche tendit la main vers Oscar. « Viens ! » lui dit-elle et ils allèrent s’asseoir sur la terrasse, à l’ombre de la glycine. Il la regarda avec tendresse et lui dit :
    – Je te suis toute ouïe…

    Blanche commença d’une voix douce….
    – Tu te souviens, il y a quelques temps, ils se sont vantés…
    – Comme d’habitude…
    – Ils se sont vantés de leur projet : une croisière en Méditerranée, continua Blanche.
    – Oui, je m’en souviens, comme si c’était hier. Ils ne cessaient d’énumérer les escales : l’Italie, la Crète, la Grèce, la Turquie, les Baléares…
    – Et puis, ils sont revenus… et…

    Oscar enchaîna:
    – Et ils ont critiqué le bateau, les passagers, le coût exorbitant des excursions, la météo…
    – C’est vrai, dit Blanche, rien n’était à la hauteur de … de leur… Mais, bon, je n’en dirai pas plus, mon éducation me l’interdit. Cependant, je n’en pense pas moins !
    – Je te reconnais bien là, ma Belle, mais je me tais, je t’écoute…

    Blanche continua et ses yeux pétillaient de malice. Ce qui amusa grandement Oscar… la suite promettait d’être épique !

    – J’ai le souvenir, dit Blanche, qu’ils se sont arrêtés en Catalogne. Tu comprends, la Catalogne.
    – Désolée, mais je ne vois pas le rapport…
    – La Catalogne, l’Occitanie, les santons et le cagador….
    – Le quoi ? s’exclama Oscar.
    – La cagador ! Ce santon dans une posture hum, comment te dire, en position effrontée… Il faut le mettre dans la crèche. Il porte bonheur  et assure une distribution généreuse de cadeaux, de bienfaits….
    – Tu en sais, des choses, ma Belle !
    – Oh, merci ! Alors voilà. J’ai remarqué l’autre jour, en nettoyant le parterre à proximité de la propriété des voisins, qu’ils avaient mis un cagador aussi grand qu’un nain de jardin, au bord de leur piscine.
    – Je ne vois toujours pas le rapport.
    – Oscar, faut-il que je te fasse un dessin, que je t’explique de A à Z ?
    – Peut-être bien…

    Blanche continua…
    – Tu sais, nos nains de jardin, ils sont bien gentils, mais un peu naïfs…Ils ont dû regarder le cagador et ils ont eu envie de l’imiter, juste pour voir s’il y aurait des cadeaux à nous offrir…
    – Vu sous cet angle, je peux comprendre. Mais qu’allons-nous faire, maintenant qu’ils ont intégré cette coutume à leurs us ?
    – J’ai ma petite idée, dit Blanche en regardant Oscar droit dans les yeux.

    Elle lui demanda de lui faire entièrement confiance car elle envisageait de faire une petite escapade, toute seule.

    Lorsque Blanche revint à la maison, Oscar était très énervé. Presque affolé. A peine l’eut-il serré dans ses bras qu’il luit dit :
    – On nous a volé un nain…
    – Mais non, le rassura Blanche. Je l’avais emporté avec moi. Ne t’avais-je pas dit de me faire confiance.
    – Si…
    – Alors, maintenant, plus que jamais tu dois me faire confiance.
    – Si tu veux, mais dis-moi où tu es allée ?
    – A Bruxelles.
    – Non !!!!
    – Si… et tu ne devineras jamais….
    – Si !

    Le lendemain matin, les nains de Blanche et Oscar, alignés près de la clôture, arrosaient à grand jets chez les voisins…
    Zou, du rouge dans la piscine, du brun sur la décapotable, du vert sur la façade ocre, de l’orange sur les persiennes vertes, du violet sur les hortensias blancs, du noir sur les chaises longues en osier, du……

    Oscar regarda Blanche et lui dit avec un clin d’œil malicieux :
    – Tu me surprendras toujours !

    © Clémence.

  3. Robert dit :

    Ils habitaient une petite récompense de retraités,
    gardée par des nains de jardins.
    Un matin, en ouvrant les volets, ils sursautèrent.
    Les nains déféquaient dans leurs bonnets en leur faisant un bras. Blanche poussa un grand cri et les rejoignit, aussitôt elle fut transformée en blanche neige et se retrouva allongée . Les nains au nombre de sept, affligés tintent un conciliabule.
    Ils décidèrent de siffler un des retraités de la maison, le prtmieg qui passerait par là.
    Peu de temps après un vieux monsieur reluisant de propreté et de dignité s’approcha d’eux et les interrogea du regard, curieux de la présence nouvelle de blanche neige.
    Curieux ausdi de la mine inquiète de chacun des nains qu’î Avait connu plus affable et joyeux.
    Il s’assit Sur un banc et leur dit: mon amie Justine a disparu depuis ce matin , je la cherche.
    À ces mots il se retrouva en prince charmant sur un cheval blanc, les sept nains le suivaient sur de petits poney.
    Le prince descendit de son cheval souffla délicatement sur son visage chassa une libellule qui se posa sur son bras , un oisillon l’emporta et tous deux devisèrent .
    Blanche neige s’eveilla , la forêt alentour gargouilla de bruissements, les retraités apparurent en se tenant par la main rajeunis par le souffle d’or du prince qui les emporta tous sur des juments descendues du ciel.
    Ils chevauchèrent toute la nuit et à l’aube montèrent sur une petite planète sereine encore pleine d’espoirs.
    Au bout du 20 ieme cycle lunaire, des pépiements se mêlèrent aux piaillements de jeunes pousses.
    Il fallut heller de nouveau une autre petite planète.
    Quelle morale tirer de cette histoire ? Et bien, celle qui vous plaira.

  4. Souris verte dit :

    LES NAINS GARDENT LES ANCIENS.
    Cet ensemble de maisons de retraités -récompense d’une longue et laborieuse vie d’activité- située dans un paysage magnifique, sans bruit, dans le silence hurlant de l’éloignement de toutes commodités : trains, bus n’auraient pas eu d’utilité tant le premier village était loin.
    Au début, Ils firent connaissance et constatèrent, pour leur plus grande satisfaction, qu’il n’y avait pas de gardien… La liberté bien méritée ! En fait, lui aussi n’aurait servi à rien, passé un certain âge, on n’a moins de besoins. Pas de pelouse ni d’herbe qui auraient demandé de l’entretien. Non ! Juste des allées dallées où, à chaque coin un nain de jardin indiquait le chemin.
    Au fur et à mesure ces retraités découvrirent que, le matin, la porte de cette propriété était ouverte sur la campagne et qu’elle se refermait le soir et pendant la sieste aussi. En fait, les heures de sortie étaient comptées. Sieste obligatoire, plus de télé ni radio, à part le chauffage et le frigo, tout était coupé.
    Unsoir,alorsqu’ilsprenaientlepetitverredel’amitiéilsévoquèrentcequi,maintenant lesoppressait:ces heures rituelles et commençaient à se sentir à l’étroit, comme parqués dans cet endroit pourtant aussi vaste que magnifique.
    Et puis, dit l’un, j’ai besoin de pain, de beurre, de pâtes et moi, une bouteille de pastaga l’autre de Porto, cela agrémenterait nos soirées… Déjà qu’il faut se coucher tôt !
    Le lendemain matin, devant chaque porte un paquet était posé : le pain, le beurre, les pâtes et… l’eau ! On avait zappé le pastis et le vin cuit ! À la place, une triste anisette et quelques sachets d’infusettes.
    Bientôt, Ils n’éprouvèrent plus le besoin de se réunir. Pourquoi faire ? Se plaindre en buvant de l’eau !!!
    Les nains qui veillaient au grain comprirent que, malgré leur dévouement, les pensionnaires perdaient l’appétit et leur bonne humeur et qu’eux-mêmes dans quelque temps seraient au chômage. Cela commençait à les tarabuster, ulcérés, avant de partir Ils ont fait dans leur bonnet qu’ils ont laissé comme ça, en plan pour bien marquer leur mécontentement. Les retraités ne se sont pas donné le mal de les enlever, et savez-vous ?Chaque année, des brassées de muguet explosent et embaument dans les bonnets au premier Mai… Journée merveilleuse de bonheur… La fête des travailleurs

  5. Une petite maison dans la banlieue pavillonnaire de T. Blanche, récemment retraitée de l’administration, sort dès son réveil avec un arrosoir pour abreuver les massifs qui ornent son modeste jardin et qui font sa fierté, en ce beau mois de juin. Son œuvre accomplie, elle prend le temps d’admirer les fleurs épanouies, et aussi de maugréer – comme chaque matin – sur les nombreux nains qu’André a cru bon de disperser sur la pelouse. Ces gnomes grotesques et grimaçants qu’il trouve drôles – elle hausse les épaules – et qui selon ses dires égaient les abords de leur maison. Elle, les jetterait bien à la décharge. Et comme chaque matin, avant de remonter les trois marches du seuil, elle administre un coup de pied à celui qui a un gros nez rouge comme un poivrot, et lui met le bonnet de travers.

    Lundi, 7h. C’est le jour de la semaine où Huguette vient faire le ménage chez Madame, à 3 km de chez elle. Elle a trouvé ce petit travail pour compléter sa maigre pension et passe deux heures à nettoyer la maison après le week-end. Madame reprend son télétravail à 9h sur son ordinateur à domicile. Le lundi, Huguette vide les poubelles, elle époussette, passe l’aspirateur, lave le sol. Le jeudi après midi elle revient pour le repassage et un petit coup de propreté aussi. La maison de Madame est grande, mais surtout ancienne, avec des recoins, de hauts plafonds, une cave attenante : un peu humide… et un refuge rêvé pour les araignées, inoffensives certes, mais Huguette en a la phobie. Et dès qu’elle ouvre une porte, elle craint la surprise.

    Louis est un bon vivant, apprécié, surtout des compères qu’il retrouve au bistrot au coin de la rue, face à la gare. C’est un habitué et chaque matin il vient y boire un petit noir et aussi, une bonne heure après, un petit blanc pour faire bonne mesure. Entre-temps, ça discute, ça blague, grandes tapes dans le dos et fou rires. Il ne pourrait s’en passer, et il estime qu’il a suffisamment travaillé toute sa vie pour s’offrir ce petit plaisir quotidien.
    Joyeux luron à l’extérieur, mais chez lui un tyran. Rien n’est jamais rangé selon son goût. Il pousse le goût de l’ordre jusqu’à l’extrême. Le moindre objet déplacé le plonge dans une fureur démesurée. Et pour la pauvre Lucille, le seul moment de tranquillité de la journée se résume aux deux heures qu’il passe au bar, et qui lui assurent un peu de sérénité .

    Blanche vient de rentrer chez elle. L’air innocent, elle passe devant André qui joue sur l’ordinateur. Elle se poste à la fenêtre pour admirer encore une fois ses fleurs et ouvre de grands yeux. Le nain au gros pif rouge lui chante « Prosper youplaboum ! » en se dandinant et lui fait un doigt d’honneur. Il a les fesses à l’air et ses copains rivalisent de grimaces les plus grossières en la fixant. Elle part en trombe à la cuisine chercher une aspirine.

    Huguette hurle. En ouvrant la porte de la cave elle a vu un monstre, au ventre énorme, aux grosses pattes velues, aux multiples yeux, une araignée géante, avec des tâches roses ! Et qui lui a souri et l’a saluée d’un « Hello ! » quand elle a voulu entrer.

    Louis ne décolère pas. Ce matin, tout a disparu de la salle de bain ! Il a parcouru toute la maison trempé après la douche avant de retrouver sa serviette éponge dans le réfrigérateur. Et à présent il voit sa brosse à dents dans le placard à balais. Mais il n’a pas encore mis la main sur le dentifrice et retourne un à un tous les tiroirs à chaussettes . Lucille, imperturbable, lève les yeux au ciel et, dans le dos de Louis, regarde l’heure à sa montre.

    Les jours passent. Les nains font des concours de défécation dans le jardin, et le meneur au nez rouge insulte Blanche quand elle vient arroser ses fleurs, les araignées empruntent toute la palette de l’arc en ciel et perfectionnent leur anglais, les objets du quotidien rivalisent de raffinement dans la recherche des cachettes et font des paris sur le temps à les retrouver.
    Les victimes, elles, devant la négation de leurs conjoints, ont renoncé dès le départ à parler de leur problème à un médecin. Elles ont toutes dépassé la soixantaine et craignent un diagnostic d’Alzheimer. Et la dépression s’installe.

    Novembre, TF1 , journal de 13h : On apprend à l’instant que le Sofritox, fabriqué par la firme X., un médicament à base d’une nouvelle molécule, utilisé par de nombreuses personnes comme antalgique, vient d’être retiré de la vente suite à la constatation de nombreux effets secondaires indésirables. Des cas de plus en plus nombreux de troubles du sommeil, de nervosité excessive, d’hypersensibilité nerveuse ont été révélés, et il semblerait même que des problèmes d’hallucinations se sont manifestés, bien que les victimes n’ont pas été très précises sur le sujet. Des études plus approfondies et des vérifications expérimentales seront faites avant que soit de nouveau mise sur le marché cette molécule controversée.

    Le Docteur Xavier D. nous a accordé en janvier, dans la revue « Science » une interview dans laquelle il met en garde les firmes pharmaceutiques mondiales contre l’emploi de substances tirées de médecines traditionnelles, certes dans l’air du temps, mais qui ne sont pas sans risques. Elles sont basées sur des principes véritablement actifs et donc efficaces et une erreur de dosage peut conduire à des catastrophes. La molécule dont il est question dans le Sofritox est tirée d’une plante d’Amazonie et le docteur D se souvient parfaitement des pourparlers compliqués et particulièrement longs avec les autochtones pour parvenir à leur en faire révéler les secrets. Conscients que les firmes occidentales visent avant tout les énormes profits financiers de ce type d’industrie, les indiens renâclent à livrer leur savoir et exigent, à juste titre , leur part du gâteau. Faute de quoi, s’estimant bernés, ils peuvent être tentés de ne révéler que de façon parcellaire les propriétés des plantes qu’ils emploient, ou peuvent oublier de préciser certains procédés pour extraire les principes actifs du végétal. En tout état de cause, une telle médecine mérite des études préparatoires poussées et cette nouvelle spécialité ne doit pas se développer sans un contrôle serré.

    Un témoin direct des pourparlers avec les Indiens a, lui, tweeté sur Internet : « A la fin de l’entrevue, je me retourne. Ils se concertent, se lancent des œillades, et l’un d’eux pouffe de rire. »

  6. Cetonie dit :

    Ils habitaient une petite récompense de retraités, gardée par des nains de jardins.
    Un matin, en ouvrant les volets, ils sursautèrent.
    Les nains déféquaient dans leurs bonnets en leur faisant un bras. Blanche poussa un grand cri et s’évanouit…
    Gaston, convaincu de sa supériorité masculine, décida de prendre les choses en mains. Il n’avait pas travaillé durement toute sa vie pour se voir ainsi narguer par ces sous-hommes, et en plus, chez lui, dans ce petit paradis chèrement acquis après tant de privations. C’est Blanche qui avait tenu à y installer ces ridicules petites choses, il avait cédé, un homme n’a rien à craindre de figurines inanimées, mais, là, il devait réagir !
    Le voyant approcher, les petits êtres semblèrent se concerter, puis, avec un bel ensemble, lui tendirent leurs bonnets débordants de matières putrides. Gaston éclata de rire : qu’ils étaient ridicules, le crâne chauve et bosselé, tout patauds, vraiment, qui aurait pu les prendre au sérieux ?

    Il décida cependant d’ouvrir les négociations :
    – Je veux bien croire que vous avez des besoins sinon humains, du moins animaux, mais on ne vous a jamais interdit de faire sur la pelouse, comme les chiens ou les chats, alors ? Quelle est votre revendication ?
    – Nous voulions attirer votre attention sur la profonde injustice dans laquelle vous nous maintenez, depuis des années maintenant. Nous avons toujours rempli avec scrupule et diligence les travaux dont vous vous déchargiez sur nous, notamment cette surveillance permanente qui nous a permis de tenir éloignés tous les dangers d’agression ou de cambriolage de votre domicile, mais nous ne voulons plus être traités comme des animaux !
    Nous attendons de vous que vous mettiez enfin à notre disposition des sanitaires corrects, adaptés à notre taille évidemment, et répondant aux normes les plus récentes.

    Abasourdi, Gaston cessa de sourire : des sanitaires, pourquoi pas, mais quelles seraient leurs prochaines exigences ? Où cette discussion le mènerait-elle ?
    – Je dois en parler avec ma femme, c’est elle qui vous a installés ici… Mais d’abord, reprenez une attitude plus correcte, qu’elle ne s’évanouisse pas de nouveau à votre vue !

    Et ce fut le début de longues conversations au jardin, entre les braves retraités et leurs chers petits nains : ils apprirent à se connaitre et à s’apprécier.

  7. iris79 dit :

    Ils habitaient une petite récompense de retraités,
    gardée par des nains de jardins. 
    Un matin, en ouvrant les volets, ils sursautèrent.
    Les nains déféquaient dans leurs bonnets en leur faisant un bras. Blanche poussa un grand cri et…

    s’évanouit en chutant dans un bruit sourd qui fit rager le beau prince Gaston. « Ah celle-ci, toujours à s’offusquer de la moindre contrariété ».
    Certes les nains s’adonnaient à une provocation supplémentaire qui avait de quoi surprendre même choquer au vue de la réaction de la prude Blanche. Mais ils n’en étaient pas à leur coup d’essai !
    Depuis que Blanche et Gaston avaient en quelque sorte priver les nains de liberté en les forçant par contrat à garder leur propriété, les nains s’étaient organisés pour faire valoir leurs droits. Exploités, ils l’avaient été toute leur vie depuis que Blanche avait croisé leur route. Ils s’étaient montrés plus qu’accueillants, hospitaliers, dévoués au fil des années et tout naturellement étaient restés au service de Blanche et de son prince lorsque le destin les avait enfin réunis. Mais avant qu’ils ne s’en aperçoivent, le piège s’étaient refermés sur eux, pauvres petites gens et ils étaient devenus leurs esclaves, consignés et condamnés à répondre aux mille et uns caprices des uns et des autres car bien sûr au fil du temps, cette chère Blanche au grand cœur avait ouvert ses portes à toutes ses connaissances anciennement bafouées il est vrai par leur famille ou des esprits maléfiques.
    En attendant, à chaque arrivant, les nains s’échinaient à agrandir la résidence, la sécuriser, l’entretenir. Le temps avait passé pour tout le monde et les nains estimaient ne pas avoir volé leur retraite et avoir le droit de jouir de leur propre résidence où ils couleraient leurs derniers jours heureux à leur convenance.
    Mais le prince mesquin et qui s’était révélé au fil des années perfide et fourbe les avait enfermés et impossible pour eux de fuir.
    Il ne leur restait qu’à user jusqu’à la corde les nerfs des résidents et ils avaient des idées !

    Après avoir saboté les conduites d’eau, déraciné la production potagère et souillé le linge de rechange, ils jouaient leur dernière carte en se montrant grossiers, vulgaires et sales, au premier sens du terme en accusant les résidents de l’être tout autant qu’eux par leur comportement inadmissible.

    Cette fois il fallait agir. Blanche reprit son courage à deux mains et convoqua les résidents à se rendre au plus vite dans la grande salle de réception. Cela ne pouvait plus durer, elle avait une idée…

  8. Michel-Denis ROBERT dit :

    Ils habitaient une petite récompense de retraite gardée par des nains de jardins. Un matin, en ouvrant les volets, ils sursautèrent. les nains déféquaient dans leurs bonnets en leurs faisant un bras. Blanche poussa un grand cri et s’évanouit. Le tapis amortit.

    Pépé Prince, dit Pépé, occupé à son sonotone, dans la salle de bains, vaque. Blanche se lève toujours avant lui. Un petit déj copieux et savoureux que Blanche prépare les attend, la routine.
    « Et maintenant, que vais-je faire !… Je chanterai sous la douche ce soir. Je prépare mes graines, ensuite j’irai faire un tour au marché. »
    Pépé descend direct à la cuisine. Tout est prêt comme d’habitude, rien à dire. Blanche l’attend pour qu’ils prennent leur café ensemble. Il ne remarque Blanche allongée sur le tapis rouge. Son estomac grouille.
    – Blanche ! Qu’est-ce que tu fais ! dit-il en écartant le rideau de la cuisine. Tu viens ! Où es-tu ? Il jette un oeil par la fenêtre. Le nain de l’entrée a été déplacé. Elle est peut-être en train d’étendre le linge. La machine a tourné cette nuit.
    Blanche qui s’impatiente gémit : »Mais qu’est-ce qu’il fait ? Il n’avait pas encore mis son appareil, il ne m’a pas entendu crier, se dit-elle.  »
    Pépé cherche Blanche et la découvre enfin.
    – Mais qu’est-ce que tu fais par terre ! Encore tes chutes de tension, faut en parler au médecin, dit-il en s’accroupissant. Je vais chercher les sels, ça va te requinquer.
    – Non ! Pas les sels, je n’aime pas cette odeur !… Les nains !
    – Quoi ? les nains
    – Les nains… Ils ont…
    – Tu sais bien qu’à la fête du pays, les jeunes…
    – Non ! Les nains ! Ils étaient vivants. Ils m’ont fait comme ça, dit-elle en pointant son index. Ils ont étalé les selles comme de la confiture dans leurs bonnets. Ils ont…
    – Qu’est-ce que tu racontes ? Allez, allez ! J’appelle le médecin. La semaine dernière, tu entendais des bruits dans la maison.
    – J’en suis sûre ! Pas le médecin. Il va me donner des médicaments qui me font délirer. Tu sais bien !
    – Viens déjeuner, ça va être froid. On en causera.
    – J’appelle les gendarmes.
    Blanche dont le visage a viré à la même couleur se ressaisit. Pépé ne doit pas mettre en cause ces certitudes.
    – Aide-moi à me relever, lui dit-elle. J’appelle les gendarmes.
    – Appelle plutôt le médecin.
    – Non les gendarmes dont le répondeur poli dit :  » Ici, la gendarmerie, vous allez être mis en relation !  »
    Blanche explique alors la situation et pendant un certain temps, écoute le compte-rendu de la gendarmerie puis raccroche. Pépé, suspendu à ses lèvres dit :
    – Alors ,
    – Zorro. Non ! Le gendarme m’a répondu qu’ils étaient en sous-effectif, qu’ils passaient des oraux. Ils ne peuvent pas s’occuper de cette affaire. Ils m’a dit qu’ils se sont rendus.
    – Qui demande alors Pépé.
    – Ben ! Les nains, ils se sont rendus, m’a-t-il dit. On doit aller les chercher. Il y en a un qui est couvert de nutella. Y a qu’à les prendre. Ils les ont déposés devant la gendarmerie.

  9. Antonio dit :

    Ils habitaient une maigre récompense de retraités, gardée par des nains de jardins.
    Un matin, en ouvrant les volets, ils sursautèrent. Les nains déféquaient dans leurs bonnets en leur faisant des bras. Blanche poussa un grand cri quand Gustave se contenta de leur faire un doigt.

    — Non mais, t’as vu ça, dit-il à sa moitié, blanche comme neige. Nous faire un bras d’honneur, le cul à l’air, en pleine paix.
    — Ils recommencent ! s’écria la vieille femme à la fenêtre. Bande de dépravés, vous n’avez pas honte ?

    Non. L’un d’eux, celui avec les grandes oreilles en forme de chou, lui sourit et la salua en remettant sa coiffe sur la tête. C’était leur chef, leur président, qu’ils disaient.

    — Mes hommages, vieille peau !
    — Vous êtes dégoûtants !
    — C’est qu’il va y avoir du vent aujourd’hui. Un peu de colle naturelle et nos bonnets resteront en selle.
    — Pas con, murmura Gustave qui n’y avait pas pensé une seconde.

    Normal, c’était qu’un vieux con. Mais le bras, à quoi bon ?

    — Simple forme de politesse chez nous, crevure, lui répondit un nain au sourire narquois, avant qu’il ne pose la question. Ah ! Il y a de l’orage dans l’air, ajouta-t-il.
    — Ah bon ?

    Le nain se retourna, fesse au vent, quand une déflagration s’ensuivit.

    — Tonnerre de Brest, dit un des nains, mort de rire.
    — Vous êtes répugnants ! s’offusqua de nouveau Blanche.
    — T’as vu la tronche de la sorcière, s’étouffait en hoquet un nabot défroqué. À moi ! à moi !
    — Ça suffit ! supplia la maîtresse de maison.

    Un concert de pets s’improvisa dans un nuage nauséabond tandis qu’un audacieux urinait par dessus les fleurs.

    — Ça y est, il pleut, dit le président. Quand je vous disais. Sortez parapluies et parapets ! hahaha !!

    Gustave regardait sa Blanche blême. Ses yeux l’imploraient. Il n’avait pas le choix.

    — Bien, je les ramène demain à Jardi’Groland !

  10. Maryse Durand dit :

    en leur faisant des signes amicaux.
    La première réaction d’Hubert fut de refermer les volets. Ce n’était pas possible, il rêvait encore, il allait se réveiller, ouvrir les volets comme chaque matin, et tout le petit monde du jardin se tiendrait gentiment à sa place. Mais Honorine, à ses côtés, tremblait légèrement…. il n’avait pas rêvé ! D’un geste volontaire, il rouvrit les volets et tous les nains se tenaient sous la fenêtre, tendant chacun son bonnet à l’admiration du couple ahuri.
    L’heure était grave ! Dans toutes les catégories de la société autour d’eux le mécontentement se faisait entendre, chaque couche de cette société se sentant flouée par rapport à l’élite triomphante. Mais les nains de jardins ! Jamais on n’avait entendu parler d’une quelconque émeute de ce peuple-là ! Hubert et Honorine descendirent lentement à la cuisine, exécutant machinalement les gestes quotidiens : café, beurre, pain, confiture…. Qu’avaient-ils mangé la veille ? Les champignons dans l’omelette étaient tout-à-fait inoffensifs ! Non, il fallait en avoir le cœur net !
    Enfilant chacun une douillette robe-de-chambre, ils sortirent, main dans la main, le cœur battant…. chaque nain, vêtu décemment, avait repris sa place habituelle, bonnet vissé sur la tête…. mais, sous la fenêtre, un petit tas luisait doucement. S’approchant, ils découvrirent un tas d’œufs de Pâques, enrobés dans du papier brillant. Et, effectivement, les cloches retentissant au clocher leur confirmèrent : c’était bien Pâques ! Mais comment ce petit miracle avait-il pu avoir lieu ? Se tenant, toujours main dans la main, devant le tas d’œufs de couleurs vives, ils ne virent pas les clins d’œil que se renvoyaient, l’un après l’autre, les nains de jardin !

  11. durand dit :

    Ils habitaient une maigre récompense de retraités, gardée par des nains de jardins.
    Un matin, en ouvrant les volets, ils sursautèrent. Les nains déféquaient dans leurs bonnets en leur faisant des bras. Blanche poussa un grand cri et secoua Roger dont la tasse de café frais explosa sur le carrelage.
    – Roger, Roger…as tu vu ?
    – Mon café,….momentanément,…très momentanément…enfin pas longtemps!
    – Mais non, bougre d’âne, je te parle des nains…là qui chient dans leurs bonnets….une honte!
    – Relativisons ma chérie…relativisons, comme si personne n’avait jamais pissé dans ton lavabo !
    – Roger, Roger… ne change pas de sujet…ne déplace pas le verbe…ne noie pas le poisson avec le bébé dans l’eau du bain-marie, mère de Dieu….mais qu’est-ce que je raconte , moi!
    – Fallait y penser dès le départ…!
    – Penser à quoi ?
    – Ben tu n’allais pas espérer…quand même,
    qu’un tel troupeau de nains allait te gardienner ta « propriété », ton gazon fleuri de pensées endormies, ton puits de vérités en pneus, ta tonnelle d’ivresse rouillée, comme cela…sans un minimum de confort…?
    – Mais Roger, tu sais bien que chaque hiver, je les rentre tous dans le garage, je repeins les petits accrocs du temps, parfois même, je les embellis de mes « créations »!
    – Peut-être.. Blanche….peut être, mais le besoin de sanitaires, je t’en avais parlé dès le début….et tu n’as pas voulu m’écouter!
    – Mais enfin, Roger, il s’agit de nains de jardins!
    – Je sais bien, mais les nains de jardins, comme les autres ont commencé petits. Et puis, ils ont grandi…enfin de l’intérieur…et comme tout un chacun, ils ont eu des revendications. Les nains de jardin ont évolué avec le reste de la société. Le grand Le Nôtre l’avait déjà signalé à la Cour mais Louis XIV faisait la sourde oreille et se rabattait sur des dauphins de fontaine, beaucoup plus dociles!
    – Mais de quoi tu me parles ?
    – Comme d’habitude, de tout et de rien, car d’habitude le tout t’enquiquine et le rien t’emmerde!
    – Oui, ben justement, à propos de merde…!
    – De l’engrais , ma chérie, pour tes blanches…pardon pour tes roses blanches….enfin tu sais, celles qu’on chantait pour l’enterrement de ta mère, Marguerite!
    – Oui…n’y revenons pas, c’était douteux comme choix!
    – C’était le tien, ma chérie….!
    – Mais Roger, as-tu vu leur attitude, ne crains tu pas quelques représailles ??
    – Quelles représailles, une attaque en rang serrée, comme les Oiseaux d’Hitchcock…ou les zombies de Romero…non je ne crains rien….demain avec mon Black et Dekker, je vais te tronçonner toute cette céramique de pacotille….et…
    – Et ??
    – Et je t’offrirai un yorkshire pour garder la maison!
    – Ah oui, c’est bien, mon Roger… heureusement que je t’ais et que tu penses à tout! Moi j’aurai pu leur ouvrir la porte…et rends toi compte…ils auraient utilisé nos toilettes!

  12. Blackrain dit :

    Ils habitaient une petite récompense de retraités, gardée par des nains de jardins. Un matin, en ouvrant les volets, ils sursautèrent. Les nains déféquaient dans leurs bonnets en leur faisant un bras. Blanche poussa un grand cri et…

    …appela son Prince déchu. Celui-ci posa son bouquin de la collection « j’ai LU » pour la rejoindre près de la fenêtre.
    – Calme toi ma chérie, tu n’est point victime d’une hallucination. Ce sont encore les gamins de la directrice qui se griment. Les frères veulent te faire peur en te faisant croire que les statues de feu nos amis sont devenues des créatures du diable, agitées et perverses.
    – Tu crois mon beau prince ? En tout cas, pas besoin de descendre pour voir qu’ils sont bien montés. Je n’ai jamais rien vu de pareil !
    – Heu ! Heu ! Tu te laisse tromper par la proportion mon amour.
    – En tous cas Timide ne l’est plus du tout, Prof évoque les règles avec vulgarité et Grincheux nous dévoile plus ses Joyeuses que son frère souriant. C’est une véritable provocation !
    – Jeux de nains, jeux de vilains, ironisa son compagnon.
    Sans plus d’attention au commentaire de Prince, Blanche ajouta :
    – Etrange ! Depuis que j’ai offert une psyché à notre directrice, elle ne me regarde plus comme avant. Une fois elle m’a servit des pommes pourries à table, un vrai poison. L’autre jour elle a même faillit m’étrangler en attachant mon collier en lanière. Tu crois que c’est elle qui monte ses enfants contre nous ?
    Le prince, déçu par le manque d’attention de Blanche, lui répliqua :
    – Elle a du se rendre compte que sa beauté froide à la Joan Crawford n’égalait en rien le charme de ta chevelure argentée ma petite Cendrillon. Elle est jalouse en somme !
    – C’est une Raiponce qui me flatte mon chéri. Il vaudrait toutefois mieux que l’on s’en aille d’ici avant que je finisse dans un cercueil en verre, plaisanta Blanche pour camoufler son inquiétude.
    – Tu as raison ! On fait nos bagages et on appelle le chasseur pour qu’il nous réserve un taxi.
    – A non, pas le chasseur, il me fait peur avec ses dents de loup et son chaperon rouge!

  13. Ophélie E. dit :

    Ils habitaient une petite récompense de retraités gardée par des nains de jardin. Un matin, en ouvrant les volets, ils sursautèrent. Les nains déféquaient dans leurs bonnets en leur faisant un bras. Blanche poussa un grand cri et Florian la rattrapa de justesse. Doucement, il la posa sur le canapé, puis s’empressa d’aller dans la salle de bains. Il ouvrit l’armoire à pharmacie, mais dans tout ce fatras il ne retrouvait pas le remède qu’il s’escrimait à chercher. En proie à la panique et maugréant dans sa barbe poivre et sel, il retourna auprès de sa femme :
    – Je ne retrouve pas tes gouttes pour le cœur.
    – Tu ne trouverais pas un âne dans un sac et depuis le temps tu ne sais encore pas que je les garde toujours dans mon sac à main, s’écria Blanche.
    – Ouais, bon ça va ! Tu ne vois pas que tu m’as fait une peur bleue. Comment vas-tu ? Tu rouspètes alors, à mon avis c’est bon signe, dit-il en se passant la main sur son front moite de sueur.
    – Je pense que ce ne sera pas encore pour cette fois, murmura-t-elle en posant sa main sur son cœur. Apporte-moi un verre d’eau, s’il te plaît. Je vais quand même prendre ce truc que l’autre m’a prescrit. Tu y crois toi, à toutes ces foutaises ?
    – S’il te les a prescrits c’est bien pour quelque chose. Et puis, quand tu fais tes crises de tachycardie, ce remède soulage bien ton cœur qui bat la chamade.
    – Il battait bien la chamade autrefois, mais pas pour les mêmes raisons. Tu t’en souviens ? dit-elle taquine.
    – Si je m’en souviens ! Quelle épopée quand même. Je suis arrivé à temps pour te secourir quand tu t’étouffais avec une pomme.
    – Qu’est-ce qui leur a pris à nos gentils petits nains ? dit-t-elle d’une voix contrite. T’as vu leur conduite ? Et dire que je les croyais être nos amis.
    – Depuis quarante-cinq ans qu’ils vivent avec nous, c’est la première fois qu’ils nous font un coup pareil. Je vais leur demander quelques explications. C’est inadmissible, dit-il en chaussant ses bottes.
    – Je viens avec toi, annonça Blanche en se s’extrayant péniblement du divan.
    – Je préférerais que tu restes allongée après la frayeur qui tu as eue et que moi aussi j’ai eue, soit dit en passant.
    – Non, je t’assure que maintenant ça va. Et puis, je suis plus concernée que toi, n’est-ce pas moi qui les ai trouvés dans la forêt et je n’ai jamais rien fait qui puisse leur déplaire au point qu’ils me fassent un tel affront.
    Bras dessus, bras dessous le couple traversa le jardin et se posta devant les nains assis autour de la pergola.
    – Que se passe-t-il mes chers amis, demanda Blanche d’une voix éteinte. Vous m’avez fait une de ces peines, j’ai cru en mourir.
    Grincheux se leva et s’avança vers elle la tête haute :
    – Il se passe que nous en avons marre de rester là comme des potiches que nous sommes. Tu parles d’une vie depuis plus de quarante ans que tu nous as installés au fond de ton jardin.
    – Mais où voulez-vous donc que je vous installe ? demanda Blanche qui à cet instant portait bien son prénom.
    – Ben, tu pourrais peut-être nous rapprocher de ta maison, pontifia Prof. Depuis quelque temps, on ne te voit pratiquement plus.
    – Oh, mes pauvres ! Je ne savais pas que je vous manquais à ce point, s’exclama-t-elle. Mon arthrite me joue des tours et je n’ai plus mes jambes de 20 ans.
    – Et moi, j’en ai ma claque d’éternuer toutes les cinq minutes, dit Atchoum s’essuyant le nez sur la manche de sa veste. Tu nous as mis en plein courants d’air.
    – Et puis moi, je n’arrive plus à dormir avec toute cette circulation, bredouilla Dormeur. Nous sommes trop proches de la route.
    – Et moi, j’aimais bien quand tu venais nous épousseter, bafouilla Timide les yeux rivés au sol.
    – Et moi… et moi… je ne sais pas, dit Simplet.
    – J’aimerais tant écouter un peu mieux la musique qui sort de ta télé, j’aimerais bien danser, énonça Joyeux. C’est d’une tristesse ici !
    – Et c’est pour ça que vous vous êtes comportés comme des gougeas, des malotrus avec moi, fulmina Blanche outrée. Je ne suis pas madame Soleil. Si vous me l’aviez dit avant, j’aurais certainement compris. Je suis ouverte à toute discussion et votre rébellion me fait une peine immense, mes chers amis.
    Tout penauds, regardant leurs chaussures, ils ne surent que répondre.
    Le cœur chaviré Blanche leur annonça :
    – bon, ben si c’est comme ça suivez-moi, je vais vous installer sur les étagères de la véranda, vous y serez bien à l’aise. Vous serez toujours plus décoratifs que tous les outils que Florian y laisse trainer.

  14. Grumpy dit :

    Ce matin-là, Blanche, toujours plus matinale que son gros Robert de mari, ouvre les volets de leur maisonnette. Prise de stupeur devant le spectacle, elle retrouve néanmoins assez de souffle car elle a du coffre et hurle : Robèèèèèrt ….

    – qu’est-ce qu’il y a ?
    – viens voir …
    – mais qu’est-ce qu’il y a ?
    – viens je te dis, j’ai jamais vu ça !
    – coquin de sort dit Robert, ça alors !

    Ils sont si tranquilles depuis cinq ans qu’ils ont acheté cette petite maison pour y couler les jours heureux de la retraite, et ma foi, ça se passe plutôt bien malgré la récente contrariété infligée par le gouvernement avec cette retenue supplémentaire sur la CSG. Une pilule qui a du mal à passer malgré l’aide de petits verres d’armagnac. Même les cachets contre l’hypertension descendent plus facilement.

    Alors ils vivent douloureusement l’apparition incongrue qui s’offre à eux dans leur petit jardin bien-aimé, bien ordonné, si classique : une clôture solide, du gazon anglais, un petit bassin, le potager d’un côté, les arbustes à fleurs de l’autre, le tout complété d’une petite allée pavée bien proprette, balayée plus souvent qu’à son tour.

    – mais qu’est-ce que c’est que ces horreurs ? Qui c’est qui nous a foutu ça là ?

    – des horreurs, ah tu peux le dire, on est peut-être des gens modestes mais quand même on a du goût, jamais on aurait posé ‘ça’ dans le jardin.

    Et là, Robert de prendre la mouche et d’interpeller les intrus :

    – qu’est-ce que vous foutez là ? Qui vous a permis de vous installer chez nous ?

    – pas besoin de permission, Monsieur, nous on est libres, on se pose où on veut, et si ça vous plaît pas, c’est pareil. On est des Zadistes et vu notre petite taille, celle de votre jardin nous convient à merveille, alors pas la peine de vous énerver, on est là, on y reste.

    – ah ouais, des Zadistes, arrêtez de me faire rigoler, vous allez voir si je vais vous faire déguerpir moi, et plus vite que ça, pas besoin de la police.

    – OK Papi, vas-y, en garde, on t’attend, mais ont t’aura prévenu !

    Robert dont la tension devient inquiétante parle à l’oreille de Blanche. Les voilà qui descendent dans le garage pour s’équiper.

    Il sort le premier, casque à visière sur la tête, brandissant la débroussailleuse et crie « hola, les escargots, la tortue, les asticots, les abeilles, les papillons, tirez-vous ailleurs vite fait, il va y avoir du grabuge.»

    Et s’adressant aux envahisseurs, il démarre sa machine et commence à décrire de grands cercles :

    – et comment que je vais vous la couper l’herbe sous les pieds moi !

    Là-dessus se pointe une Blanche très énervée, armée d’une bombe de laque et d’un vieux fly-tox tout rouillé, bien décidée à les gazer ‘comme elle a vu à la télé’, une provision de boules de naphtaline dans les poches au cas où elle viendrait à manquer de munitions, elle brandit devant elle un couvercle de lessiveuse en guise de bouclier.

    La réplique de l’adversaire ne se fait pas attendre : une grêle de boue s’abat sur eux, s’écrase en plein sur la visière de Robert, et n’épargne pas Blanche, laquelle, c’est le cas de le dire, change de couleur au propre comme au figuré.

    De la boue ? Sans doute pas, ça sent un peu trop fort. Pour juger de l’origine de la chose, Robert soulève sa visière et Blanche baisse la garde, pour constater ébahis le culot de ces nains qui non contents de sortir ces projectiles gluants et puants de leurs derrières, les narguent (qui c’est le plus fort, hein ?) en leur faisant des bras d’honneur avant de balancer.

    Que faire ? Ils n’arriveront pas avoir le dessus contre ces petits excités du bonnet, du bonnet ? Ben justement, leurs bonnets, ces petits ‘merdeux’ les ont ôtés, et c’est depuis ce jour-là que l’on sut que les nains étaient chauves.

  15. Jean-Pierre dit :

    Monsieur et madame Michu habitaient une petite récompense de retraités,
    gardée par des nains de jardins. 
    Un matin, en ouvrant les volets, monsieur Michu sursauta.
    Leur nain déféquait dans son bonnet en leur faisant un bras d’honneur.

    Tout d’abord sidéré, monsieur Michu n’en croyait pas ses yeux et sentait sa raison vaciller.
    Dans un deuxième temps, cet ancien sportif de haut niveau a admiré la performance : il se sentait bien incapable de tenir un bonnet derrière lui à deux mains tout en faisant un bras d’honneur.
    Alors, il soupira et appela sa femme.
    – Viens voir ! C’est incroyable !
    – Oui, quoi !!! Fit celle-ci, excédée, en s’approchant de la fenêtre.

    Le spectacle la mit en colère contre son mari :
    – Je te l’avais bien dit !!! Ce n’est pas le chien du voisin qui dépose ses crottes sur la pelouse ! Maintenant que tu lui as donné des croquettes empoisonnées et qu’on est fâchés avec le voisin, qu’est-ce que tu vas faire maintenant ?
    – Très simple, ma chérie. Je vais lui offrir un superbe nain de jardin pour fêter notre réconciliation.
    – N’oublie pas de le nettoyer et pense à tes pilules.
    – Oui, ma chérie.

  16. Odile Zeller dit :

    Ils habitaient une petite récompense de retraités,
    gardée par des nains de jardins.
    Un matin, en ouvrant les volets, ils sursautèrent.
    Les nains déféquaient dans leurs bonnets en leur faisant un bras. Blanche poussa un grand cri et…S’évanouit. Robert, son mari l’a prit dans ses bras, la trouva si légère et l’installa dans leur grand lit. Il ferma les volets et la fenêtre, ouvrit la porte pour observer les nains. A mesure qu’il avançait sur le gazon les petits êtres se figeaient et cessaient leurs bêtises. Quand il fut tout près du premier il se baissa pour examiner le petit personnage. La céramique était fêlée, la peinture abîmée, le rouge du bonnet écaillé. Ils avaient perdu toute trace de vie. Le peuple de nains s’etait Figé. Étonné Robert jeta un œil chez le voisin. Chez eux plus aucune trace de nains, les lierres avaient poussé, le cerisier ployait sous les cerises qui gisaient sous l’arbre. Les volets étaient cloués et une pancarte affichée sur l’un d’eux annonçait à vendre. De l’autre côté de la rue tout semblait endormi la voiture stationnée sur le trottoir était couverte de poussière. Un chat semblait plongé dans une sieste prolongée. Pas le moindre souffle de vent, aucun cri d’oiseau. Robert prit peur, surtout quand il sentit un fourmillement monter de ses pieds. Il tenta de courir mais ses jambes étaient de plomb. La torpeur avait gagné ses mollets. Il regarda sa montre et vit la trotteuse tourner au rythme des minutes et égrener les secondes au ralenti. Il mit une heure pour faire les quelques mètres qui le séparaient de Blanche. Elle dormait, plongée dans un sommeil profond, son visage avait repris ses traits de 20 ans. Les rides s’étaient effacées. Quand il se regarda furtivement dans le miroir il se trouva un air de jeunesse. Ni ride ni cheveu blanc. Il voulut faire un pas mais s’écroula tout habillé dans le lit. Ses paupières s’alourdirent et il gagna lui aussi les contrées inconnues du pays enchanté de la Belle au bois dormant.

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