395e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat


Racontez l’histoire de cette plume
qui avait pris son rôle trop à la légère.

 

 

Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Un petit combat pour maintenir en vie l’enthousiasme d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

26 réponses

  1. Mamireille dit :

    Racontez l’histoire de cette plume qui avait pris son rôle trop à la légère.
    Bien fol qui s’y fie, femme volage, comme la plume au vent… Il suffit d’un mauvais exemple et d’un chant à succès pour faire la mauvaise réputation de toute une population ! Réputation mauvaise et tenace. Et plus le temps passe, plus il est difficile de démêler le vrai du faux. De savoir qui a commencé… Est-ce la poule ou l’oeuf ? Est-ce la femme ou la plume ?
    Certaines plumes, lassées de tant de frivolité, désertèrent les bibis affriolants de ces dames qui paradèrent sans couvre-chef. L’oisiveté ne leur seyant pas plus que la frivolité, elles fondèrent la compagnie des plumeaux qui plaisait fort à la gent féminine et réciproquement. Hélas, hélas une fois encore, la légèreté de l’une nuisit à l’autre. Ce plumet ne fait que déplacer la poussière disait la dame. Dame, répondait le plumet, si tu ne me secoues pas quand il faut, il m’est impossible de tout garder pour moi ! On ne pouvait lui donner tort… Mais que pèse la parole d’une plume contre celle d’une femme ? Bien peu hélas… Surtout quand ni l’une ni l’autre n’a connaissance de cette phrase d’Alexandre Vialatte : « L’homme n’est que poussière ! C’est dire l’importance du plumeau »…. qu’il ne faut jamais prendre à la légère.

  2. Blanche dit :

    Glenn Gould et ses Partitas 1, 2, 5 et 6
    Concerto italien
    Les icônes du classique
    Diapason d’or !

    Où l’on entend jusqu’à son souffle tandis qu’il joue, qu’il vibre, penché le dos presque plat au dessus du clavier, sa mèche rebelle, sa bouche entrouverte, parce qu’en même temps il chante aussi et murmure aussi …bien installé sur sa petite chaise de bois fabriquée par son père afin que son corps et tout son être soit ergonomiquement parfaitement agréablement positionné pour donner le meilleur de lui-même, puisque Bach était toute sa vie et que cet artiste autiste si talentueux ne vivait que par Bach et pour Bach

    Sa chaise il l’emportait partout, refusant même de jouer sans elle

    Elle devenait sa base, cet outil de travail indispensable, posé entre son piano et lui-même…

    Son visage sublimé par la passion
    Son regard rivé sur les touches
    Ses mains diaphanes
    Son… »

    Tandis qu’elle me tient entre ses doigts, qu’elle écrit à l’encre rouge sur ce Glenn Gould.. que sa plume courre, crisse, galope sur le papier ivoire de son carnet de moleskine noir, je jubile

    Car

    Je lui ai planqué ses cartouches d’encre noire sous la longue écharpe de soie bleu nuit, qu’elle ne porte QUE la nuit, lorsqu’elle écrit encore

    Bien sur, elle n’est pas contente, fébrile, légèrement N R V,,,
    presque furax car il lui faut
    SON MATOS, comme elle dit, ses stylos aux plume coupées, son porte-plume en onyx vert, là, à gauche de sa lampe rouge, son « écritoire » posé sur ses cuisses, pile à la taille de tous ses cahiers de travail: cette grande boîte Royalty Line Switzerland RL -COL6 knive set non-stick coating !
    Assise, adossée dans son canapé chintoc 3 places, recouvert d’un plaid en polaire blanc immaculé, si doux …elle écrit en écoutant Glenn Gould, parce qu’il est le meilleur côté interprétation de Bach, parce qu’il est the best côté musique divine-inspirée par Dieu-qui vous file des torrents d’énergie à chaque phrase musicale.,,

    Juste en l’écoutant
    Juste en prêtant attention
    Juste en ouvrant son cœur…

    Glenn et son toucher parfait
    répète-t-elle à qui mieux mieux
    Son émotion intacte à chaque concert
    Ses mains diaphanes
    Sa mèche rebelle
    Sa passion
    Sa fougue
    Sa petite chaise

    Et plus elle écrit sur lui, plus elle me tient, plus elle me maitrise, plus elle m’emprisonner, plus elle me serre fort entre ses doigts aux ongles rouges vif brillant, plus elle me soutient de son majeur orné d’une intaille romaine, là, à ma droite

    Et plus je suis son esclave,
    Captif de son art

    Franchement je me demande ce qu’elle lui trouve à ce Gould, ce mec assis tout bossu au dessus des touches noires et blanches, mal coiffé, bouche ouverte, à jouer comme un fou
    Comme un fou j’vous dis
    Comme un fou

    D’ailleurs je vais me venger je le jure
    Je vais cacher son bloc de cire rouge afin qu’elle ne puisse plus apposer le sceau de son intaille au dos de l’enveloppe qu’elle ferme chaque soir
    Avec dedans une lettre d’amour
    une de plus
    à son Amour

    Man tora dust daram
    Azizam
    Esgham
    Ghalb
    Asalam
    Delboram

    Je t’aime
    Mon Chéri
    Mon Amour
    Mon Coeur
    Mon miel
    Voleur de mon cœur !

    Et maint’nant ! Vous savez pas :
    Voilà qu’elle apprend le Persan !

    Et moi alors ?
    Et moi ?
    Et ELLE et MOI
    Si terriblement fidèle
    Toujours là pour elle

    Acceptant tout sans mot dire, des cartouches, ses états d’âme, ses lettres au cachet de cire rouge frappée de son intaille romaine montée sur argent, ornant son majeur droit, cette pierre marron si douce, creusée d’un cavalier assis sur un cheval paraissant avoir été tout juste dompté…

    Et ce Glenn, ce Gould, ce mec génial
    Fou de Bach
    Fou de Bach

    Blanche Ziba

  3. Clémence dit :

    Racontez l’histoire de cette plume qui avait pris son rôle trop à la légère.

    « Ce 5 décembre, il faisait un temps glacial. Il était seul. Son visage était blême. Sa main posée sur le drap blanc laissa s’échapper une page qui s’enroula doucement. J’étais tétanisé.
    Après de longues minutes, je quittai mon poste d’observation. Je m’approchai du lit et m’emparai de la page. Avec stupéfaction, je lus sa dernière note manuscrite : «  Je rends mon âme et Sa liberté »

    Je m’affalai sur la chaise. J’étais abasourdi. A qui rendait-il Sa liberté ?
    Je fermai les yeux. En une fraction de seconde, il m’était devenu insupportable de le voir ainsi. Mort. Un flot de souvenirs m’assaillit. Les larmes et les rires se mêlèrent puis s’estompèrent, laissant place à une question lancinante. A qui rendait-il Sa liberté ?

    La lumière du jour s’en alla et je restai à côté du lui. Je ne pouvais me résigner à l’abandonner, ni à laisser venir la foule le voir ainsi….
    A qui rendait-il Sa liberté ?
    Ma tête devenait lourde et je la posai sur le lit, près de sa main.
    C’est alors que je compris. C’était d’une telle limpidité !
    A lui la reconnaissance éternelle.
    A elles, la reconnaissance d’avoir dansé à s’en rompre les os, d’avoir dansé nuit et jours, sur six cordes noires…à elle, la dernière qui ne soit ni ébréchée, ni cassée, à elle, la liberté ! »

    Un long soupir emplit tout l’espace….

    «  Cela vous semble bien confus, n’est-ce pas ? Mais, ce n’est pas fini, pas encore….Peu de temps après que je ne comprenne le sens de son denier message, un léger souffle effleura ma nuque. Je me redressai. Rien n’avait changé, mais une voix divine s’éleva. Je reconnus immédiatement son Ave Verum Corpus, mais les paroles étaient autres. Le message était clair.
    Sa liberté lui était rendue, et son vœu le plus cher allait enfin se réaliser… »

    Le silence emplit cette fois tout l’espace….

    «  Voulez-vous connaître la suite ? Je suppose que oui. Alors, voilà….
    La liberté fut rendu à la plume. La dernière plume survivante de la Confrérie des plumes qui avaient permis au plus grand compositeur de la terre d ‘écrire ces pages de musique merveilleuse, enchanteresse, divine….
    Mozart rendait sa liberté à sa dernière plume et veillerait à ce que son vœu se réalise. Elle le méritait mille fois après tous les tourments qu’il lui avait fait subir.
    Et en ce jour tragique, elle acquit le droit de voyager librement, dans le temps et dans l’espace…. »

    «  Elle quitta Vienne pour l’Italie et chantonna à l’oreille de Verdi : « La dona e mobile »…puis elle s’en alla, comme une plume au vent.
    Elle s’arrêta dans le canton d’Uri et connut la peur de sa vie car Rossini l’avait coincée dans la flèche de Guillaume.
    Remise de ses émotions, elle quitta le Vieux Continent et devint pour quelques temps, la compagne de Sitting Bull. Elle ne supporta guère la violence des conflits entre les hommes et s’en fut à tire d’aile.
    Elle fit une incursion dans le monde de la mode et orna les plus beaux chapeaux, mais la plume d’autruche lui fit rapidement ombrage. Elle déchanta et revient à ses premières amours : les arts et la poésie. Elle fut pour quelques jours la muse de Prévert, le temps de compter deux et deux quatre et qu’il écrive son oiseau-lyre. Elle inspira, au passage, Cocteau et Picasso qui la transformèrent en colombe. Elle s’envola.
    Elle avait besoin de liberté, elle avait besoin de la nature, sauvage…

    Des doigts agile la caressèrent et elle succomba.
    Il suffit d’un instant.
    Un instant sublime.
    Elle dansait sur l’eau fraîche d’une rivière non loin de Vienne.
    Insouciante. Elle n’avait pas compris le piège qui lui était tendu, au bout du fil.
    Une truite l’avala.
    Le jeune homme rentra chez lui.
    Il s’installa à sa table,
    S’empara d’une partition vierge et d’une plume.
    Vif comme l’argent, il composa « La Truite. »

    Un souffle….

    «  Drôle de fin pour une plume….n’est-il pas ? »

    © Clémence.

  4. Christine Cultiens dit :

    La plume qui a pris son rôle trop à la légère

    Dansant selon les souffles du vent, chutant du ciel, flottant dans les airs ou bien coincée entre le pouce et l’index, la plume légère épouse les caprices des vents.Ou bien définie comme étant un tuyau corné, garni de barbes et de duvet, oiseau couvert de plumes du ventre à la queue, serrées les unes contre les autres, chacune unique. Rêver, dormir sous la plume sans y laisser des plumes mais prendre la plume et se concentrer sur les mots plus que sur la plume, le défi du jour à relever. Piquée sur le chapeau, blanche ou noire selon l’importance du personnage,. Tour à tour objet de collection, de décoration, symbole de protection ou instrument utile à l’homme, la plume est digne d’être considérée. Comment peut-elle s’y retrouver ? Citons l’objet protecteur :
    Psaumes 91:4
    Il te couvrira de ses plumes, Et tu trouveras un refuge sous ses ailes; Sa fidélité est un bouclier et une cuirasse.

    Remarquons l’instrument d’écriture :
    Psaume 45:1
    Chant d’amour. Des paroles pleines de charme bouillonnent dans mon coeur. Je dis: Mon oeuvre est pour le roi! Que ma langue soit comme la plume d’un habile écrivain!

    Insouciante, magnifique, puissante et pourtant incomparablement douce, sollicitée, utilisée, comment peut-elle n’être qu’à un seul poste ? Docilement elle se métamorphose selon nos besoins, libre comme l’air … elle est partout à la fois

  5. GREGORIANE dit :

    Ce matin là, tout redémarra comme au premier jour. Elle se sentait en pleine forme, prête à noircir les pages les unes après les autres. Depuis des semaines, l’inspiration lui manquait. Elle avait triste mine. Elle s’était blessée en faisant quelques menus travaux de bricolage. Catastrophe, le manuscrit commencé demeurait inachevé, le contrat risquait d’être annulé, l’éditeur n’avait de cesse de lui voler dans les plumes. Elle déprimait. Sa plume tentait de trouver une solution pour lui remonter le moral. Rien n’arrivait à l’apaiser. Une nuit, alors qu’elle s’endormit profondément, la plume décida de s’installer sur le pupitre et de tremper sa pointe dans de l’encre imaginaire espérant être frappée par une grâce lui garantissant de terminer le manuscrit. L’effet escompté fut long à venir puis, comme un éclat de lumière, les mots, les idées, les soupirs, les silences s’alignèrent sur les pages blanches, sous le regard amusé d’une lune argentée. Au petit matin, la main trouva sur son bureau un tas de feuilles noircies par sa dévouée plume qui, l’air de rien, attendait d’assister au bonheur de la main réjouie. Tout allait pour le mieux.
    À présent, tout pouvait redémarrer comme au premier jour. La main n’avait plus aucune douleur aux doigts. L’écriture pouvait reprendre. Une main sans sa plume n’est rien.
    Le manuscrit fut vendu à des milliers d’exemplaires.
    La plume perdit quelques plumes.

  6. Beryl Dey Hemm dit :

    PLUME
    Je suis le transmetteur des mots légers
    qui volent
    comme chacun sait
    je suis le transmetteur des rêves
    des poètes
    qui naviguent
    LIBREMENT
    au milieu des nuages
    je suis le symbole du
    VOYAGE
    de la pensée
    sans entrave
    Alors
    aujourd’hui
    je prends conscience que les mots ne suffisent plus
    Je ne peux plus me contenter de ces
    mots
    dont ils se gavent
    autant que de graillons et de sucreries
    Aujourd’hui je passe aux actes
    Je m’offre à devenir gigantesque
    moi la plume
    Imperméable à l’eau
    je me transformerai en
    RADEAU
    pour reccueillir tous les migrants du monde
    pour passer outre cette mer méditeranée
    qui ne fut
    MARE NOSTRUM – bien commun –
    que pour les romains
    pourtant pas férus de droits de l’homme
    qui à l’époque n’existaient pas
    pour les transporter
    ces migrants
    sur les océans sans fin
    à la recherche d’un horizon
    Alors
    seulement
    j’aurai rempli mon rôle de transmetteur
    j’aurai joué mon rôle de
    PASSEUR !

  7. iris79 dit :

    Elle coiffait le dos de la blanche colombe depuis toujours.
    Elle volait au gré des saisons et vivait intensément.
    Elle savait bien qu’il y avait pire comme destin
    mais elle rêvait tout de même de choisir les paysages où elle pourrait flâner,
    le temps qu’elle pourrait y rester
    et les aventures qu’elle pourrait y mener.
    Aussi un soir que la colombe se reposait près d’un rosier plein d’épines,elle parvint à s’accrocher à l’une d’elle quand l’oiseau pris son envol.
    A moi l’aventure !
    Elle attendit la petite brise légère du soir pour monter au dessus du parc et choisir un point de chute. Virevoltant à s’en donner le tournis
    grisée par sa nouvelle liberté
    elle se laissa doucement déposer par le vent,
    sur la main de l’enfant.
    Il l’a saisit délicatement et la tint fermement
    pour la montrer à ses parents.
    Admirée pour ce qu’elle était,elle profitait de sa notoriété toute personnelle mais comprit assez vite que sa liberté pourrait être entravée
    par l’admiration du petit garçon.
    Finir dans une boite à trésors, pourquoi pas mais pas maintenant.
    Elle profita que l’enfant desserre ses petits doigts et sous le souffle du vent
    repartit voir du pays.
    Elle continua sa course folle, et s’éleva en tourbillonnant
    Elle riait aux éclats et s’enivrait de son périple sans entrave.
    Une nuit où les vents furent plus violents,
    elle prit peur et crut périr un instant.
    Lorsque le jour pointa,elle se posa comme elle put sur le bout de ce qu’elle reconnut
    être un canon.
    Elle prit peur et se voyait déjà éclaboussée de sang
    Elle ne put fuir à temps.
    saisi par la main robuste mais aux doigts délicats
    de celui qui portait le fusil.
    Il l’a fixa comme il put sur ce qui lui servait de couvre-chef.
    Épinglée et trônant sur la tête du soldat qui
    n’attendait d’elle qu’un vaste dessein ;
    celui de lui porter chance
    de lui transmettre sa liberté et sa légèreté.

  8. Michel-Denis ROBERT dit :

    C’est l’histoire d’une plume bien sage.

    A neuf heures, elle était prête. Elle prévoyait son rythme d’écriture sur son terrain favori, un petit cahier à grands carreaux où elle courait dans l’espace, entre deux lignes directrices, là où il y a la place, pour une syllabe de petites lettres. Là, elle se sentait portée pour entonner la suite.
    Pour les grandes lettres, c’était plus délicat, il fallait sortir la panoplie de pleins et de déliés. Elle redoutait les complications du k dont elle peinait à prendre les virages. La calligraphie étant un exercice de concentration pris entre deux sons, celui de la voix du maître et le crissement sur le papier, plus rien ne devait exister, que l’encre violette glissant doucement pour faire corps avec lui.

    Le coude, le poignet, les doigts ne devaient pas se crisper sur l’ouvrage mais au contraire, rester fluides et confiants pour lui rendre toute sa souplesse. Quand elle contemplait son oeuvre, elle devait avoir le sentiment d’une beauté équilibrée. Et le buvard donnait son aspect définitif comme le fixateur d’une photo.

    L’application dans le dessin du A majuscule leur donnait à tous deux de la prestance, elle dans l’exécution de ses boucles décoratives, lui, en se posant comme un alpha en tête. Ils tenaient ainsi leur rang. Fiers l’un de l’autre, avant de se quitter :
    « Chapeau bas, Madame la Plume, vous m’avez bien servi aujourd’hui je serais heureux de vous rencontrer à nouveau.  » Et la plume de répondre : « Je vous trouve un peu léger mon cher A, la prochaine fois, je vous chargerai d’un accent grave ! »

    Tandis qu’A s’affichait crânement, en attendant d’être saisi sur le vif d’une interjection, la belle courtisane continuait dans les allées qu’elle emplissait d’admiration.
    « Attention, la voilà ! chuchotait la main en aplatissant la page. On ne bronche pas. La piste est claire. Tout se passera bien. Pas de fautes, pas de pâtés. Le maître prononce bien les liaisons et dit les e du féminin à la fin des mots. Tout se passera bien. »

    A quatre heures, le petit b dégustant son espace comme un petit beurre, réapparaissait bientôt majuscule et ventripotent à l’angle de la marge. Bien nourri, il avait sûrement mangé le beurre et l’argent du beurre. Bibendum se prenait ainsi pour gros nounours. Manquaient plus que les Bonbons pour contempler le plaisir de contempler ses courbes majuscules. Avec un grand B, les Bonbons, c’est bien meilleur !

    « C’est ouvert ! » Le maître n’a pas fait la liaison. « Il peut donc entrer. – Qui ? – Le personnage, bien sûr ! » Certaines liaisons dangereuses peuvent conduire dans un pays tout vert. Rien de tel qu’une petite plume pour s’envoler. Elle se risqua à découvrir l’inconnu. Elle remarqua que dehors, ce n’est pas tout vert, ni tout rose d’ailleurs, non plus. Donc, pas question de s’endormir sur ses lauriers et de jouer les plumes oisives.

    Elle finit plume de cabaret. Mais comme elle y fit trop de folies, elle se ravisa. Elle aurait bien été bergère, pour le coup ! mais elle n’avait pas appris. Elle se dit que ce mot de « tout vert » lui convenait bien et qu’elle pourrait peut-être faire carrière, non pas comme plume écologique mais comme plume, tout simplement. Comme compliment, ne dit-on pas : « Elle a une plume ! »

  9. françoise dit :

    Racontez l’histoire de cette plume
qui avait pris son rôle trop à la légère,
    Ou plutôt sa dernière histoire
    car des histoires elle en avait vécues
    puisque dès qu’elle était en mauvaise posture
    elle préférait disparaître pour se réincarner sans attendre.
    C’est ainsi qu’ il y a peu elle avait été une plume blanche de paon (sa couleur est due à l’absence de mélanine) Son propriétaire avait été condamné à la cage à vie au Parc de Vincennes pour abus sexuels sur paonne mineure. Et là elle avait eu la chance de sa vie : un visiteur , voyageur écrivain, l’avait plantée sous le ruban de son chapeau. Et ils avaient gravi ensemble les montagnes jusqu’au sommet du Mont Blanc. Hélas le chapeau s’était envolé; elle avait cru vivre ses derniers instants mais c’était sans compter sur les forces du destin : elle s’était retrouvée par le plus grand des hasards fichée entre les seins d’une jolie parisienne qui sur son balcon admirait la tour Eiffel. Celle-ci l’avait mise entre deux pages d’un livre .Fatiguée elle s’était endormie et rêva qu’ elle était une plume d’oie avec à son bout une plume Sergent Major et Romain Gary écrivait son livre « la vie devant soi » ; cela lui sembla de bon augure.
    C’était promis juré, elle ne prendrait plus ses rôles trop à la légère…..

  10. Cétonie dit :

    L’enfant choisit avec soin la plume qui devait lui permettre d’immortaliser ses rêves. Elle devait être aussi légère que les nuages qui flânaient là-haut dans le ciel de printemps, aussi douce que son regard d’ange, aussi patiente que sa pensée en construction…
    Il choisit un joli petit pot d’encre, une belle feuille de vélin satiné, et s’installa à l’ombre douce de la tonnelle odorante
    Et plongea dans son rêve d’avenir
    La plume s’ennuyait, elle n’était pas venue là pour rêver, et elle répondit à la tentation : un courant d’air l’emmena au-dessus des arbres, lui promettant « je te ramène dès qu’il a besoin de toi, en attendant, tu peux danser tant que tu veux »
    Danser, mais aussi regarder ce qui se passait en bas, quelle agitation ! La rue, les jardins, les routes, les champs, même les montagnes et les mers étaient occupées, valorisées, exploitées.
    Cela ne lui donnait guère envie de redescendre, pourtant, l’enfant l’appelait avec insistance « viens, maintenant je sais ce que je veux écrire, j’ai besoin de toi ».
    Elle hésita, et, à contrecœur, revint dans la petite main impatiente.
    Ce fut alors un combat terrible entre ce qu’avait rêvé l’enfant, et ce que voulait raconter la plume qui maintenant débordait d’idées… un mot pour l’un, un mot pour l’autre, ce fut un fatras incompréhensible de joies et de désespoirs, de rêves et de témoignages, que l’enfant innocent déclinait patiemment de sa plus belle écriture.
    Le vent curieux y jeta un regard et jugea qu’il en savait assez ; en un tourbillon, il emporta la plume légère et le vélin noirci.

  11. durand dit :

    Il était une fois une plume inconsciente. Elle se fit embaucher comme plume de compagnie, secrétaire à tiroirs, plus ou moins bonne à tout faire. Le boss avait l’air cool. Il habitait une vaste maison isolée au bord d’une falaise se jetant dans l’amer. Mais ça, elle ne le savait pas encore.

    Vu l’âge du patron, elle pensait se la couler douce, à choisir entre les trois baignoires disponibles. Mais l’ancien la sollicitait à n’importe quelle heure du jour où le soleil fait des étincelles et de la nuit où la lune éclabousse les étoiles.

    Le vieux avait entamé son autobiograffitis. En réalité, avant l’arrivée de la plume, il avait couvert les cloisons de notes confuses, de phrases détournées, quelques grandes idées coincées dans les toiles d’araignée.

    Il avait gouverné un pays pendant deux mandats. A la fin du premier, il avait claqué la porte: « trop cons ces mitoyens ». Deux mois après, par manque de personnel, on le rappela aux manettes du pouvoir. Mais vu qu’il n’était le levier de rien, juste champion de son petit bilboquet, au second mandat, c’est l’opinion publicitaire qui le vira.

    Depuis, il tentait de justifier ce qu’il croyait son œuvre, un pauvre labeur besogneux, des tractations vaseuses, des alliances fétides, des amitiés inconstantes, des collaborateurs véreux,les éternels projets de procrastination.

    En 3 mois, la plume reclassa 1220514 notes, paragraphes,interminables parenthèses, révélations répercutantes sur 2622 pages. Elle allait entamer le troisième tome lorsque le vétéran disparut. C’était le jour de sa promenade hebdomadaire.

    En tombant de la falaise, il ne risquait plus d’éclabousser personne, c’était marée basse.

    Les persuadés du suicide échafaudèrent des tas de preuves invérifiables.

    Les zobsédés prônaient la vengeance d’une ancienne collaboratrice éconduite.

    Les partisans de l’attentat croisaient des piles de fiches avec des fils de pêche aux renseignements.

    Les acquis au complot perpétuel penchaient selon les vents vers un coup tordu d’un des pays de l’Est, puis vers une manœuvre du Grand Ouest, toujours en conquête.

    La vie étant si compliquée, on n’en avait oublié que la mort pouvait se montrer d’une exemplaire sobriété.

    En fait, le bougredin de la politique avait simplement glissé sur une fiente de mouette.

  12. Grumpy dit :

    Comme chaque jour sur le coup de cinq heures, le vieux Marquis assis sur le banc à l’ombre apaisante du tilleul, travaille à la rédaction de ses mémoires.
     
    Tout près, sur une chaise basse, Fanchon la fille de cuisine, une bassine d’eau bouillante entre les genoux, plume l’oie qui sera cuite au pot, en respect de la coutume préconisée par Henri IV.
     
    Le Marquis la regarde du coin de l’œil, quelle fraîcheur, quelle beauté cette jeunesse aux joues rondes et rosées.  Ah là là  ! S’il pouvait encore…
     
    « Petite, regarde cette belle plume qui t’échappe et que le vent emporte dans les vignes, cours, un Louis si tu la rattrapes ! »
     
    Fanchon saisit l’aubaine, pensez donc, un Louis, rutilant, le joli châle qu’elle pourra souffrir pour aller danser.
     
    La voilà de retour avec la plume qu’elle brandit comme une fière épée. Essoufflée, elle rit, son corsage tressaute.
     
    Le poignet du Marquis tremble d’émotion. Il caresse la menotte en y glissant la récompense, il y saisit la plume, s’en chatouille le visage, hume pensif un souvenir de jeunesse dans cette blanche et pure perfection.
     
    « Fanchon, dit-il, allez donc mettre cette fraîche plume à la place qui lui revient, dans l’encrier d’Entre deux Lettres, et profitez-en pour en changer l’encre, ainsi nous aurons des écrits très frais. »
     

  13. Grumpy dit :

    Comme chaque jour sur le coup de cinq heures, le vieux Marquis assis sur le banc à l’ombre apaisante du tilleul, travaille à la rédaction de ses mémoires.

    Tout près, sur une chaise basse, Fanchon la fille de cuisine, une bassine d’eau bouillante entre les genoux, plume l’oie qui sera cuite au pot, en respect de la coutume préconisée par Henri IV.

    Le Marquis la regarde du coin de l’œil, quelle fraîcheur, quelle beauté cette jeunesse aux joues rondes et rosées. Ah là là ! S’il pouvait encore…

    « Petite, regarde cette belle plume qui t’échappe et que le vent emporte dans les vignes, cours, un Louis si tu la rattrapes ! »

    Fanchon saisit l’aubaine, pensez donc, un Louis, rutilant, le joli châle qu’elle pourra souffrir pour aller danser.

    La voilà de retour avec la plume qu’elle brandit comme une fière épée. Essoufflée, elle rit, son corsage tressaute.

    Le poignet du Marquis tremble d’émotion. Il caresse la menotte en y glissant la récompense, il y saisit la plume, s’en chatouille le visage, hume pensif un souvenir de jeunesse dans cette blanche et pure perfection.

    « Fanchon, dit-il, allez donc mettre cette fraîche plume à la place qui lui revient, dans l’encrier d’Entre deux Lettres, et profitez-en pour en changer l’encre, ainsi nous aurons des écrits très frais. »

  14. Fleuriet Mireille dit :

    Racontez l’histoire de cette plume qui avait pris son rôle trop à la légère..
    Dans le tiroir du secrétaire d’époque Louis XIV où l’on m’avait remisée, je me mis à rêver.
    Le Lido, les Folies Bergères, le Casino de Paris, toutes ces grandes enseignes où la plume est reine, où elle pare toutes ces belles girls triées sur le volet, et si, j’avais pu me glisser dans une de ces magnifiques parures, j’en aurais fait des jalouses. Je m’voyais déjà en haut de l’affiche (sic) mêlées à d’autres congénères oh ! que c’était grisant de faire partie du spectacle. Je m’égare, je m’envole !
    Ah la plume s’envole, s’envole
    Ah la plume s’envole au vent.
    Mais, revenons sur terre. Je ne veux pas que l’on dise que je prends mon rôle trop à la légère, je suis sérieuse moi…
    Combien de lettres d’amour ai-je écrite, d’une écriture souple, envolée, que de sentiments j’ai pu exprimer.
    J’ai aussi, là, c’est moins drôle, écrit des lettres de rupture, d’une écriture appuyée exprimant, la rage, la colère, la peine, le désarroi…
    L’écrivain débordant d’idées, trempant sa plume dans l’encrier, noircissant des pages et des pages avec frénésie, raturant, barrant, mot, paragraphe, pour enfin terminait par ce qui deviendrait, un roman, une nouvelle…
    Pendant ma rêverie, le tiroir du secrétaire s’ouvrit, Mathilde apprentie écrivaine se dit à haute voix :
    Si je m’essayais à écrire avec une plume d’oie…
    Vous voyez que sous des apparences anodines, je ne prends pas mon rôle de plume à la légère puisque je vais donner une seconde vie à cette plume.

  15. Maryse Durand dit :

    A l’étroit dans son encrier, une plume. Elle n’est plus là que pour le décor, depuis l’invention du stylo plume, et ce constat la remplit d’amertume. Parfois, en passant, Pierrot la caresse, puis la délaisse, et elle retourne à sa solitude. Isolée sur le coin du bureau, d’amour pour lui elle se consume, mais il a bien d’autres maîtresses. Pour attirer son attention elle joue d’artifices, se gonfle, s’emplume, mais son pied effilé semble une enclume. Alors, c’est décidé, au moindre souffle la frôlant, elle se laissera emporter, elle le quittera. Ah ! il allait pleurer !
    Et à la première brise d’automne, on vit sortir par la fenêtre un objet au pâle costume, si léger, tremblotant dans le vent. D’abord grisée de liberté, notre plume sembla pourtant hésiter : où puis-je aller ? Et ce froid, je sens que je m’enrhume ! Autour d’elle passaient certaines de ses congénères, sur le dos d’oiseaux volant à tire-d’aile. Elle voulait les retenir, mais les autres n’en avaient cure ! Comment leur raconter sa vie prisonnière, sa soif d’aventures ? A peine entrevues, elles avaient disparu ! Ainsi, à sa solitude d’antan ne s’opposait donc qu’une autre solitude… Et Pierrot ? Sur son bureau, au moins, elle était quelqu’un, ici, dans le monde, elle n’est rien ! Plus jamais elle ne tracerait de jolies lettres, avec les pleins et les déliés. Il ne lui restait plus qu’à se jeter dans le fossé ! Pour finir en beauté, elle se laissa choir lentement et atterrit sur le bitume. Un poète qui passait par là, la trouvant belle, la ramassa. Il avait sur le coin de son bureau un encrier. Comme elle pourrait bien le décorer !
    Ainsi se résume l’histoire d’une plume qui, délaissée, voulut voler, s’émanciper, mais qui passa sa vie d’un encrier à un autre, d’un Pierrot à un autre.

  16. laurence noyer dit :

    Sarah Laplume

    On ne sait pas de quel nid elle est tombée
    Rue de la Michodière ? Boulevard Saint-Honoré ?
    On ne sait pas non plus qui était son père,
    « Parti voler en Chine » après avoir séduit sa mère,
    Elle s’installe dans la capitale
    et devient courtisane.

    Un jour, délaissée,
    Elle se jette par la fenêtre !
    Avec son boa d’arc en ciel pour étayer son aile éborgnée,
    Elle fait le tour du monde dans son costume de Phèdre
    Légère comme l’ombre elle dort dans un cercueil
    Papillonne, elle collectionne
    les fauves à aigrette et les amants…

    Elle a joué tous les rôles
    Des ailes de l’ange Gabriel aux Deux pigeons de La Fontaine.
    Tous admirent son timbre étonnant et son art postural
    Ses cris d’étoile qui remuent jusqu’à l’âme
    Sarah Laplume jouera l’Aiglon avec panache
    Spectaculaire jusque dans les scènes d’agonie
    Sa voie d’or s’ éteindra dans l’édredon maritime de Belle-Ile.

  17. DUCORNETZ Claude dit :

    Racontez l’histoire de cette plume qui avait pris son rôle trop à la légère.

    Je voudrais que tu sois
    La plume d’autrefois,
    Avec elle j’écrivais
    Sur mes cahiers rayés,
    La plume d’oreiller
    Où reposaient mes rêves.

    Je voudrais être plume
    Pour partir en voyage
    Où vivent les nuages,
    Pour cueillir sur les vagues
    L’écume du soleil
    Et les saveurs du sel.

    Je voudrais être plume
    Au battement de pourpre
    M’envoler pour toujours
    Comme volent les plumes
    Légères comme une courbe
    A l’horizon des jours.

    Je voudrais être plume
    Pour marquer dans le ciel
    Les fantaisies du vent
    Une aile blanche et pure
    Qui frôlerait l’azur
    Comme un engoulevent.

    Je voudrais être plume
    Pour effleurer ton bras
    Pour dessiner ton pas,
    Une plume d’hirondelle
    Pour arrêter le temps
    A l’éternel printemps

    Je voudrais être plume
    Féminin singulier,
    Et seulement t’aimer,
    Une aile de papier
    Que la plume déchire
    En un très long soupir.

    Je voudrais que tu sois
    Ma plume d’autrefois
    Ma source ma lumière
    Une grande plume d’oie
    Pour t’écrire une lettre,
    Oublier ton absence.

  18. Souris verte dit :

    🐀 UNE PLUME PAS COMME LES AUTRES.
    Je vais te raconter l’histoire de cette plume indisciplinée et surtout d’où elle vient.

    À l’orphelinat, certains gamins comme moi avaient le don d’attirer les oiseaux. Nos seuls confidents cuicuitaient joyeusement sur le bord de la fenêtre du dortoir. Nous chapardions quelques bouts de pains et, en leur offrant nos trésors de guerre, cela nous donnait l’impression unique de ne pas vivre pour rien.
    Oh! Nous n’étions pas vraiment malheureux,  »juste » un peu de chaleur humaine et l’hiver un bon calorifère nous manquaient un peu. C’est finalement de celui-ci dont nous avions le plus conscience : le reste, nous ne pouvions en souffrir, puisque nous ne le connaissions pas.
    Mon oiseau était original, la gorge feu et sur la tête des plumes indisciplinées plantées bien droites rouges vertes lui donnaient l’air arrogant. Tout rond, il était sans nul doute celui qui chantait le plus fort..
    Un soir, je le mis en garde et, comme à toi maintenant lui racontais une histoire. L’histoire de ce petit oiseau si dodu si dodu qui, quand il ouvrait le bec se fermait le cul!!!… Et mourut !!!
    Mais ce n’est pas ainsi qu’il partit… Non, le nouveau directeur prit conscience de l’hiver rigoureux qui s’annonçait et muni d’un immense filet attrapa tout ce qui volait ou pas, des moineaux aux poules tout, il pluma tout pour en faire des oreillers et des duvets bien chauds… Et… Nous les offrit à Noël. !!! Le pire Noël de ma jeune existence…
    Une nuit, je fus réveillé par quelque chose de pointu qui me piquait le cou. J’y mis la main, une goutte de sang perlait. De rage je tirait sur cette pointe et sortit de mon oreiller une jolie plume rouge et verte que je reconnus aussi tôt comme étant une de celles qui couvraient la tête de mon oiseau.
    Je l’ai gardée précieusement, et, dans mon chalet, si tu regardes bien dans le coin en haut entre les deux poutres il y a un nid. Tous les ans ils le reconstruisent… Je mets alors, l’air de rien ma plume sur le rebord de la fenêtre et avec autant l’air de rien l’oiseau la prend et la pose en berceau dans le fond de son nid pour accueillir ses petits… 🐀

    Dans la collection ‘sniff ‘!🐀😰

  19. Nadine de Bernardy dit :

    Racontez l’histoire de cette plume qui avait pris son rôle trop à la légère.

    Comment voulez vous qu’il en fut autrement,là où elle se trouvait.
    A dix centimètres d’une paire de fesses rondes, fermes,couleur cannelle? Avec cette musique endiablée,au rythme de laquelle se trémoussaient ces deux globes de concupiscence!
    Cette plume là avait la belle vie,au soleil,ornant ce postérieur d’une parure mouvante,aguichante.Ses soeurs plumes se prenaient au sérieux,mais elle,elle était la reine du carnaval,se pâmant,se faisant admirer,caresser sans vergogne,comme par inadvertance,par des mains qui n’en pouvaient plus.
    Elle entrait en transe.On sifflait,on applaudissait,les viva fusaient ici et là,elle prenait tout pour elle.Ses voisines tentaient de la calmer du regard mais elle batifolait,saluait,toute à son plaisir, aguichant tant qu’elle pouvait.
    De temps en temps,elle chatouillait voluptueusement la peau douce pour agacer la belle et la sentir se trémousser plus fort au son de l’orchestre afin de calmer cette irritation intempestive.
    La plume riait,se balançant toujours plus sensuellement, toujours plus fort.C’était le paradis,l’extase.C’était Rio.

    Jusqu’au moment ou un vent qui soufflait par là,la cueillît au passage.Alors elle s’envola au milieu des confettis,des serpentins et des ballons vers le ciel.Légère,légère……

  20. Blackrain dit :

    Cette plume avait jeté l’ancre dans un journal parisien. Elle voguait au gré de la fantaisie acide d’un critique littéraire. Cet homme était littéralement odieux. Au dieu du bon mot il cédait avec une facilité désinvolte. Il usait d’une acidité pleine de voltes pour électriser ses lecteurs. La plume égratignait les espérances de ces embryons d’écrivains qui désiraient briller sous les feux parisiens. Elle volait d’un verbe à l’autre pour fustiger une tournure de phrase ou gommer un trait d’esprit. Elle chatouillait la moquerie comme on se rit d’un chat qui a la trouille d’une souris.

    Mais un jour, après avoir plumé le jeu d’un jeune talent, après avoir percé le talon d’Achille, elle découvrit l’encre sombre d’un avis de décès. Achille avait mis fin à son Odyssée littéraire en coulant son corps dans la Seine, lesté du poids de sa honte et d’un parpaing attaché à son cou. La plume eut de la penne jusqu’à en perdre sa kératine. Elle tailla la route pour aller se perdre dans un moulin à vent, pour retrouver cette vérité terrienne du meunier Tudor qui se moque bien de l’apprêt de cet intelligentsia parisienne.

  21. Odile Zeller dit :

    Racontez l’histoire de cette plume
    qui avait pris son rôle trop à la légère.
    Notre petite plume avait écrit, écrit, folâtre en petites phrases et en beaux discours et un jour se retrouva bien démunie en sans la moindre goutte d’encre. Elle alla demander de l’aide à sa voisine la plume sergent-major. L’attente sur le seuil fut longue et l’autre très mesquine entrouvrit à peine la porte. Vous voulez ? De l’encre ? J’ai fait mes réserves, moi… vous toujours à improviser, à batifoler dans la fiction. Non je ne peux pas, vraiment pas … si on me demandait de rédiger un rapport … il me faudrait puiser dans mes réserves. Elle claqua la porte.
    Notre amie, la plume légère, resta là toute déconfite. Elle n’entendit pas arriver à ses côtés, le voisin, un iPad Pro de la toute dernière génération.
    Pas serviable la vieille bique et elle se croit. Une antiquité, celle-là qui ne sait que bougonner. Viens chez moi, je dois avoir quelque part une bouteille d’encre sépia. Eh oui mon propriétaire s’en sert pour dessiner à la plume et si ça peut t’aider, il ne remarquera rien si je t’en donne une petite quantité en dépannage.
    La petite plume se sentit plus légère.
    L’iPad vivait dans un loft moderne et bien rangé. Il revint très vite avec une ampoule d’encre noire. Tu vois, nous avions des réserves et celle-là il ne s’en sert jamais . C’est moi qu’il utilise pour tout à longueur de journée.
    Même pour des notes ? Oh oui pour tout même ses brouillons. Avec le stylet il … tu pâlis ? T’inquiète pas. Tu trouveras des artistes, écrivains ou dessinateurs qui se sentent mieux à la main. C’est pas pareil, une autre voie pour créer … sois pas triste, ni inquiète… tu as aussi ton utilité allez … faut rentrer… la messagerie est pleine … il va revenir et si je ne suis pas rechargé … ciao à plus petite plume …

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