398e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat

L’auteur écrivit un mot suivi d’une virgule. Le mot s’enthousiasma, il n’était plus seul. Mais bien vite il récrimina, vivre avec cet appendice n’avait aucun sens.

Inventez la suite

Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Un petit combat pour maintenir en vie l’enthousiasme d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

28 réponses

  1. Jean-Pierre dit :

    L’auteur écrivit un mot suivi d’une virgule. Le mot s’enthousiasma, il n’était plus seul. Mais bien vite il récrimina, vivre avec cet appendice n’avait aucun sens.
    Le mot était « circulez » : il était bloqué par cette connasse de virgule qui l’empêchait d’avancer, et pourtant il n’y avait rien à voir devant elle. Les autres mots allaient bientôt arriver et former un bouchon, qui dégénérerait en concert de klaxons ; les riverains excédés seraient sur le point de signer une pétition qui remonterait jusqu’au préfet et retomberait dans sa poubelle.

    Le mot jeta un coup d’oeil dans le rétroviseur.
    Rien.
    Rien devant non plus, sauf cette satanée virgule devant laquelle il n’y avait rien non plus, même pas l’espace réglementaire qui la sépare du mot suivant, et qui manque à l’appel lui aussi.

    Ils étaient en rade dans le désert de la Page Blanche, et personne ne viendrait les secourir.

    Même pas l’auteur qui était en panne lui aussi, paralysé par un coup de mou dans l’inspiration.

  2. Clémence dit :

    L’auteur écrivit un mot suivi d’une virgule. Le mot s’enthousiasma, il n’était plus seul. Mais bien vite il récrimina, vivre avec cet appendice n’avait aucun sens.

    L’auteur écrivit un mot auquel il attacha une virgule, le mot s’enthousiasma, il avait un bras. Mais bien vite il récrimina, se plaignant d’être manchot.

    Le vol du retour s’était fait sans encombres, en début de matinée. L’atterrissage également. Elle récupéra ses bagages et prit un taxi. Sur la route du retour, elle souriait. Le séjour aux Etats-Unis lui avait fait le plus grand bien. Retrouver une amie de longue date et reprendre les relations comme si elles s’étaient quittées la veille avait été un vrai bonheur.

    Elle arriva devant chez elle. Prit le courrier au passage, s’engouffra dans l’ascenseur.
    Elle déposa ses bagages et ressortit aussitôt. Elle frappa à la porte de sa voisine de palier et récupéra son chat.
    – Comment vas-tu, mon chat ? Content de me retrouver ?
    Le chat lui répondit en clignant de ses yeux d’or.
    – Alors, allons-y, autant s’y mettre tout de suite !

    Lorsqu’elle eut terminé, elle s’installa sur le canapé, un tasse de thé à portée de main et son ordinateur sur les genoux. L’icône de sa messagerie se mit à clignoter furieusement, mais elle résista. Elle cliqua sur l’icône de son blog préféré, avide de prendre connaissance de ce qui s’était passé en son absence.

    Alors qu’elle jonglait avec le curseur, elle se dit que le jetlag était une vaste blague car elle se sentait superbement bien.
    Elle arrêta le curseur en haut de la page et lut :
    – « L’auteur écrivit un mot auquel il attacha une virgule, le mot s’enthousiasma, il avait un bras. Mais bien vite il récrimina, se plaignant d’être manchot. »
    – Bien, bien, va falloir trouver une approche originale, pensa-t-elle en cliquant sur la barre « En savoir plus ».
    A sa plus grande surprise, elle constata que le libellé avait quelque peu changé.
    – « L’auteur écrivit un mot suivi d’une virgule. Le mot s’enthousiasma, il n’était plus seul. Mais bien vite il récrimina, vivre avec cet appendice n’avait aucun sens. »
    ….Et cela n’a plus le même sens, conclut-elle.

    Elle ouvrit une page et fit un copier-coller avec les deux sujets. Elle lut et relut avec application. Comparant les signes de ponctuation et les sens que l’une et l’autre version prenaient à leur tour. Le chat s’installa à ses côtés et se mit à ronronner copieusement. La chaleur qu’émettait l’ordinateur, le ronron du chat et la berceuse des mots eurent raison de sa vigilance. Sentant le sommeil la gagner, elle se connecta sur un site de musique classique. Le dernier mot dont elle se souvint avant de sombrer dans le sommeil fut « virgule ».

    ……………Elle se déplaçait dans les différentes pièces d’une maison avec la sensation d’être une intruse et pourtant, elle entendait des paroles bienveillantes. Elle voyait une table au bois patiné, une plume, un encrier et des pages blanches. Une main enfantine s’empara de la plume, traça des lignes et….et puis, plus rien.
    … De nouveau, elle se déplaçait dans les différentes pièces d’une maison plus spacieuse. Son regard fut attiré par une vitrine dans laquelle était exposé…
    Et tout à coup, tel un film en accéléré, elle revit la scène initiale et sa triste issue.
    Elle entendit les trois coups frappés à la porte, la silhouette toute de noir vêtue. Les paroles tombant telles un couperet et la bourse tendue.
    Elle partagea la frayeur qui s’était emparée de Lui, l’auteur sollicité pour cette tâche.
    Elle savait qu’il n’aurait jamais le temps…
    Elle regarda désespérément autour d’elle.
    Elle vit les feuillets éparpillés sur le sol et le dernier sous Sa main posée sur le drap.

    Elle se pencha et déchiffra:
    – Soprano, Alto, Tenore, clé de sol. Basso et piano : clé de fa ! Clé de fa, comme une virgule ! En haut de la partition, un mot. Un seul : REQUIEM.

    La lune éclairait la nuit d’encre lorsqu’elle se réveilla. Elle déposa l’ordinateur à terre en murmurant : « Demain, demain, j’écrirai mon texte… »

    © Clémence.

  3. AB dit :

    L’auteur écrivit un mot suivi d’une virgule. Le mot s’enthousiasma, il n’était plus seul. Mais bien vite il récrimina, vivre avec cet appendice n’avait aucun sens.
    Merci (virgule)
    Voilà ce qu’avait rajouté Jonas à son écriteau. Une virgule derrière son merci sur un morceau de carton découpé à l’arrache qu’il s’était procuré au super marché d’à côté.
    Il l’avait ressenti ainsi. Un merci c’est bien, mais, un merci avec une virgule derrière, cela change tout. Du moins c’était sa façon de penser il tenait à le préciser.
    Jonas, c’était un bon petit gars. Il ne méritait pas la rue et ses pièges. Il était si jeune. Il y avait atterri comme une cerise qui tombe de son arbre, d’un coup sans préambule et déjà écrasé. Un fruit mûr avant d’avoir été goûté.
    De familles d’accueil en foyers, voilà que la rue s’était offerte à lui, tentante, envoûtante et cruelle.
    Il avait cependant un cœur gros comme ses deux yeux qui sortaient de ses orbites chaque fois que tombait dans son chapeau une piécette. Il était ébloui et heureux. Des sous, comme ça, sans rien faire. Lui, à qui l’on avait appris à travailler sans rechigner et sans rouspétance, voilà que de l’argent neuf tombait sous ce soleil de juin. Cela faisait trois mois qu’il faisait la manche et il s’en portait bien. A peine 18 ans, beau, fataliste et fantaisiste. Alors, un merci sans rien derrière c’était pas normal. Non, il voulait leur dire à tous, merci.
    Une virgule qui prenait la place de cet homme qui lui donnait.
    Une virgule pour cette enfant qui lui souriait en disant :
    -maman, il est pauvre le monsieur !
    Une virgule de merci à cette vieille qui sortait son petit porte-monnaie fripé pour lui.
    Une virgule après merci à cette beauté qui osait poser son regard de compassion et auquel il répondait de cette façon avec sa virgule qui disait à sa place en son nom, sa reconnaissance et son émotion.
    Oui, décidément, cette virgule avait tous les pouvoirs, ceux de la politesse car elle s’adressait à tous sans l’écrire, sans le dire, ceux de la reconnaissance car gagner des sous sans rien faire. ….Ceux de l’espérance car, enfin il allait pouvoir commencer à vivre.
    Cependant, il fut déconfit bien vite que tout ce rose se transforma petit à petit en noir. Une sorte de remise en place à l’envers. L’automne était arrivé et avec lui les jours gris et pluvieux. Les passants qui se frayaient un chemin, vite, ne s’arrêtaient plus.
    Présent, sans être vu, voilà ce qu’était devenu Jonas. Il s’aperçut avec étonnement que le merci s’était effacé comme s’il ne voulait plus s’accrocher à sa virgule, Jonas se rendait compte qu’il avait écrit son merci avec un crayon papier, normal qu’il se soit évadé et la virgule, pimpante et fidèle, rajoutée au stylo feutre indélébile, elle, restait, seule, abandonnée par son merci comme s’il n’en voulait plus, c’est ainsi qu’il s’imaginait la chose. Avait-il raison ?
    Etait-il sans le savoir en train de s’auto-réprimander d’une incroyable manière en s’offrant de cette façon magique une merveilleuse leçon ? Il ne suffisait pas de dire merci à Pierre, Paul ou Jacques en imaginant rien qu’avec une virgule ou bien d’autres subterfuges. Il fallait agir. Virgule oui mais, continuer car une virgule accentue un mot, une action, un sentiment, une tirade voire un ordre mais elle oblige à autre chose, aller plus loin, définir, actionner, emballer, pour lui, ce serait vivre et non survivre.
    Jonas plia son carton, le porta à la poubelle énergiquement, là, juste à côté. Il mis sa casquette vide sur la tête, elle ne serait plus jamais remplie de pièces mais il s’en fichait car sa tête était pleine d’envies, de rage, de revanche et d’espoir. La rue l’avait accueilli, il la garderait contre son cœur chaque fois que le courage lui manquerait, il fallait à présent se battre et il était prêt à affronter son destin.

  4. Ophélie E. dit :

    L’auteur écrivit un mot suivi d’une virgule. Le mot s’enthousiasma, il n’était plus seul. Mais bien vite il récrimina, vivre avec cet appendice n’avait aucun sens.

    – C’est bien, tu m’as fait sortir du néant et, en prime, tu peux faire péter ta science, s’irrita Tamasheq. Mais depuis que tu m’as collé cette languette supplémentaire au Q je me sens tout bizarre. En fait, elle me grattouille aux entournures.

    – Elle te grattouille ! s’étonna l’auteur en relisant sa phrase. Effectivement, tu as raison c’est une faute de frappe. Je vais l’effacer comme ça tu pourras vivre ta vie sans t’entraver sur ce signe qui t’empêche d’avancer.

    « Les berbères parlent le tamasheq qui est leur dialecte »

    – Ça te va comme ça ? demanda-t-il au comble de l’exaspération.

    Si les mots commençaient à rechigner de la sorte il n’était pas au bout de son futur chef-d’œuvre. Il ne doutait pas un seul instant de son talent pour se refaire après la fin imminente de ses allocations chômage.

    – Après tout c’est toi qui vois, ce n’est pas moi l’écrivain, soupira Tamasheq.

    – Quoi encore ? hurla l’auteur.

    – Moi, je ne suis qu’un mot et c’est à toi de savoir les aligner pour faire des phrases légères, colorées et rythmées, pontifia Tamasheq.

    De dépit, l’écrivain appuya sur la touche « supprimer », siffla sa canette de bière éventée, s’affala dans son fauteuil et s’empara de « Seras-tu là ? » de Guillaume Musso.

  5. Maryse Durand dit :

    Alors est très fier : son maître vénéré vient tout juste de le tracer sur la page blanche, avec application et circonvolutions. Fier de son A majuscule, dont la barre transversale, légèrement de biais, lui fait comme un chapeau de Mousquetaire. Puis le l, avec un plein dans la partie verticale, et un très fin délié dans la partie courbe. Fier du o, du r, pour des raisons similaires, enfin le s, comme une sorte d’esperluette miniature pour clôturer triomphalement : « Alors » !
    Et Alors est prêt à s’élancer. Alors avec un A comme dans Allez ! ou dans en Avant ! Prêt à pourfendre le malandrin, à défendre la veuve et l’orphelin !Oui mais voilà, au moment de prendre son élAn, il aperçoit auprès de lui un obstacle, un petit rien crochu, tourné vers le bas, qui semble faire barrage à son ardeur ! Diantre, comment une si petite chose pouvait l’empêcher, lui, le fils de d’Artagnan, d’aller au combat ? Il en était là de son questionnement, lorsqu’une mouche vint, sans la moindre gène, se poser à côté de l’infâme crochet. Apercevant son regard noir, la mouche lui demanda ce qui le chagrinait. Il montra alors son chapeau, ses pleins et déliés, sa mini-esperluette, lui prouva sa parenté avec les Mousquetaires et son impatience d’aller en découdre. Mais il y avait ce crochet… La mouche frotta ses pattes de devant l’une contre l’autre, puis lui exposa le fruit de ses réflexions : « Ceci n’est pas un crochet mais une virgule. Ton maître l’a placée là, car la phrase que tu débutes si brillamment n’est pas finie. « Alors » ne peut pas rester seul sur une page, j’ai dit ! » Le coup fut rude à avaler ! Pas rester seul ?
    Mais il perçut soudain le bruit familier de la plume tintant dans l’encrier. Et la main du maître traça, sans la moindre hésitation, juste après la virgule : pour les veiller, des lumières s’allument…Et des lanternes passent, là-bas dans la brume… Et là, Alors sentit son cœur de Mousquetaire fondre : des lanternes dans la brume ! Quel poète cet Henry* !

    * Henry Bataille (1872-1922)

  6. françoise dit :

    L’auteur écrivit un mot suivi d’une virgule. Le mot s’enthousiasma, il n’était plus seul. Mais bien vite il récrimina, vivre avec cet appendice n’avait aucun sens.
    Mais que veux-tu lui dit la virgule ?
    C’est-ce que m’a demandé mon psychanaliste qui a d’ailleurs mis fin à nos séances !
    Ne te tracasse pas, l’écrivain te fera accompagner par des adjectifs,des verbes des pronoms personnels,impersonnels, il n’aura que l’embarras du choix  et je suis sûr que çà va te plaire à toi et aux lecteurs , ce qui est très important
    Mais pourquoi un tel déluge de mots ?
    Mais pour faire une phrase, un vers !
    un vers solitaire ? tu n’y penses pas ?
    Mon petit doigt me dit que c’est la prose qu’il va choisir
    as-tu remarqué que ton mot en gardant la même prononciation peut s’écrire de façon différente et de ce fait change de sens ; tu es ce qu’on appelle un homonyme !
    Mais comment vais-je me débrouiller
    tu laisses faire l’écrivain qui a forcément l’habitude
    moi dès à présent je peux te dire qu’étant donné que l’écrivain qui a commencé par « faim elle avait » finira son roman par le mot « fin » et je parierai qu’il glissera dans une phrase « feint » .
    Quoi te dire de plus ? Sans doute glissera-t-il aussi quelques interjections et onomatopées pour rendre son texte plus vivant.
    Ecoute je remets mon sort entre ses mains, ma seule ambition c’est que les quatre mots de notre homonye fassent partie de son œuvre ; de toute manière le mot fin ne pourra être remplacé par un autre……..

  7. Cétonie dit :

    L’auteur écrivit un Mot auquel il attacha une Virgule, le Mot s’enthousiasma, il avait un bras. Mais bien vite il récrimina, vivre avec cet appendice n’avait aucun sens. Il s’énerva, tapa des pieds, cria, rien n’y fit, personne ne l’entendit. Fatigué de protester, le Mot s’assit par terre, et entreprit de regarder de plus près cet intrus qui venait de couper son élan, et de l’interroger « que viens-tu faire ici ? »
    Toute étonnée, la Virgule se tortilla un peu, et finit par répondre :
    – Tu le vois bien, je ne suis pas un bras, je suis une virgule, et je viens juste signaler à tes lecteurs qu’ils peuvent marquer une petite pause, reprendre leur respiration, et rappeler à ton auteur qu’il ne peut pas me laisser ainsi en suspens, il est obligé de nous donner une suite.
    Et puis, ne te plains pas, je suis le plus petit, le plus modeste de tous les signes de ponctuation, tu aurais pu tomber sur un beau point tout rond, celui qui signe la fin d’une carrière. Après lui, il faut passer à autre chose, et souvent, le lecteur en profite pour commencer un nouvel épisode, et, devenu inutile, tu passes aux oubliettes.
    Le Mot n’écoutait déjà plus, toute cette grammaire lui passait au-dessus de la tête, et déjà il rêvait, quelles aventures allait-il vivre avec ce compagnon minuscule ? Il semblait impossible de s’en débarrasser, autant accepter ce diktat de l’auteur et s’en faire un ami.
    Ensemble, ils sautèrent hors de la page, et s’envolèrent par la fenêtre entr’ouverte. Il faisait beau, il faisait chaud, la Virgule se tortilla dans tous les sens pour rafraichir son ami puis, fatiguée, s’installa sur son épaule pour un repos bien mérité. Ils venaient de découvrir que la Virgule doit toujours marcher derrière son Mot, elle n’avait donc qu’à le suivre où il voulait.
    Leur amitié ne fut pas de tout repos : il fallait préserver leur intimité contre cette avalanche de mots dont l’auteur voulait les affubler, au prétexte que sa phrase n’était pas terminée.
    Il fallut trouver une solution à la rébellion de la Virgule, s’estimant discriminée parce que féminine dans une langue où c’est toujours le masculin qui l’emporte.
    Il fallut éviter la foule des vacanciers, les embouteillages, les coups de soleil et les coups de froid, résister aux orages et aux coups de vent qui semblaient avoir pour seul but de les séparer.
    Mais les meilleures choses ont une fin : il leur fallut rentrer, retrouver leur place sur la belle page blanche qui n’osait plus espérer d’être enfin noircie.
    Ils jurèrent de ne plus se séparer, et, sans bruit, se glissèrent sur le cahier encore ouvert, où personne ne semblait s’être inquiété de leur disparition : tout le monde s’était intéressé à une finale de foot.
    La victoire enfin acquise, l’auteur retrouva sa place, sa plume, son inspiration, et continua son histoire comme si rien ne s’était passé.

  8. DUCORNETZ Claude dit :

    L’auteur écrivit un mot suivi d’une virgule. Le mot s’enthousiasma, il n’était plus seul. Mais bien vite il récrimina, vivre avec cet appendice n’avait aucun sens.
    Certes, se dit-il, rester seul comme ça au début d’une phrase, comme une vulgaire onomatopée, n’aurait eu guère de sens non plus. Mais au moins aurait-il été suivi d’un point. Un point ça a quand même plus de classe qu’une virgule. Le mot même sonne de façon totalement ridicule ! D’ailleurs virgule et ridicule, ça rime, et, se dit le mot, ainsi qu’avec  » trou du c.l », ce qui n’en fait pas une rime riche pour autant !
    Un point-virgule à la rigueur, cela aurait pu le satisfaire : les auteurs s’en servent tellement peu que cela en deviendrait presque une marque de qualité de se trouver affublé ainsi.
    Mais le point-virgule, aussi original soit-il, tout comme l’indigente virgule, suppose une suite, et l’auteur, manifestement, soit s’était perdu dans ses pensées, le crayon en l’air (et franchement que peut bien faire d’utile un crayon la pointe tendue vers le ciel), soit avait brusquement cessé son écriture, abandonnant le mot à son désespoir virgulesque !
    Si, au moins, il avait eu le réflexe de s’arrêter avant la virgule, comme un bon conducteur stoppe avant le choc : quand on maitrise son récit, on ne fait pas ces écarts d’écriture, bon sang !
    Tiens, un point d’exclamation, voilà qui a de la gueule : le mot, et vous pouvez bien écrire n’importe lequel, prend alors une valeur, une sonorité particulière. On l’entend presque, même pendant une lecture silencieuse. Il claque, il se détache du contexte. Il vit pour lui-même…Alors qu’une virgule, franchement, qui voudrait passer sa vie à côté d’une virgule ?
    Un point d’interrogation, pourquoi pas ? Il interpelle, il questionne par définition, lui, il demande une réponse, il peut parfois se suffire à lui-même sans doute, et alors, pense le mot, je deviens insignifiant, inutile ! Mais, se rassure-t-il, la plupart du temps, le point d’interrogation n’a de valeur que par le mot qui le précède. Oui, finalement, il se serait bien vu avec un magnifique point d’interrogation, voilà qui aurait été bien plus valorisant que cette minuscule virgule…
    Je ne vais quand même pas rester suspendu à cette virgule, comme un moucheron au fil de la toile d’araignée, se dit avec angoisse le mot…
    Si l’auteur l’avait vu à cet instant, il aurait pu constater que le mot rétrécissait, qu’il se ratatinait sur la feuille comme s’il avait voulu disparaitre à jamais, juste rattaché à la page blanche par cette courbure d’encre : sauvé par une virgule, un comble, pensa le mot !
    « Soudain, virgule » repris le maitre d’école, debout devant son pupitre, observant les têtes penchées des élèves, certains plus rapides attendant déjà la suite. Il tourna lentement la page.
    Le mot soudain compris alors que la suite de la phrase était de l’autre côté de la page !!!!

  9. Grumpy dit :

    Ah c’est comme ça ! Tout à coup brutalement on ne veut plus de moi on me répudie paraît que je suis devenue gênante un boulet en somme. Alors que depuis des siècles des siècles je m’efforce de soutenir le lecteur en lui proposant des petites pauses des respirations ou en mettant en valeur pour lui les passages forts. Voilà que je ne vaux plus rien et que l’on me pousse vers la sortie. Comprendra qui pourra.

    Soit ! Je m’en vais vous vous débrouillerez sans moi qui pars certaine que vous réaliserez très vite votre bêtise qui est celle de ceux qui disent que nul n’est irremplaçable.

    D’ailleurs je m’en fous j’ai déjà trois propositions de boulot chez Braille S.A. chez Sténo & Cie et chez Morse Inc. mieux payées que chez vous. Cependant ayant tellement aimé faire partie de vos textes je ne partirai pas sans vous laisser pour le souvenir une petite provision de ce que j’étais fière d’être : une virgule.

    ,cr,r, , l’,ncr, fr,,d, ,, , l’,ncr, ch,,d,  ? V,,l, l, qu,st,,n. J, v,,s ,n d,nn, ,c, l, r,p,ns,  : s, v,tr, ,cr,t,r, , l’,ncr, fr,,d, v,, s d,ç,,t ,t n, v,,s s,mbl, p,s p,bl,,bl, b,v,z ,n b,n c,,p d, j,j, r,pr,n,z l, pl,m, ,t v,,s v,rr,z qu, c,tt, f,,s v,,s ,,r,z ,cr,t , l’,ncr, ch,,de.

    Miis s, d’,n, f,ç,n ,, d’,n, ,,tr, v,,s n’,t,s p,s s,t,sf,,t d, v,tre r,s,lt,t ,ss,y,z d,nc l’,ncr, d, Ch,n, qu, v,,s ,y,z b,,n ,, m,l ,cr,t c,ll,-c, l,rsqu’,ll, s,ch, d,v,,nt br,ll,nt,.

    Profitez des voyelles que cachent les virgules que je vous laisse en héritage cela pourrait vous donner des idées.

    Bonne chance et je ne vous dis pas à la prochaine fois.

  10. iris79 dit :

    L’auteur écrivit un mot suivi d’une virgule. Le mot s’enthousiasma, il n’était plus seul. Mais bien vite il récrimina, vivre avec cet appendice n’avait aucun sens

    -Pssiiit !!!!….Pssittt !
    -Oui ? Qui y a t-il ?
    -Bonjour la virgule , je ne voudrais pas te vexer mais là tu me gênes un peu.
    -Comment ça je te gêne ?
    -Ben oui, tu ne me mets pas en valeur mais alors pas du tout en restant là !
    -Ah bon mais pourquoi ?
    -et bien regarde ce qui est après toi et tu comprendras !
    -Ah bon, oui, peut-être…Mais je te rappelle quand même que je ne me suis pas mis là par hasard ! Adresse-toi au crayon ! Regarde, il est encore là ! Il continue de griffonner…
    En tout cas, c’est bien dommage, j’étais bien moi là, à l’ombre de ton T….
    -Peut-être mais moi je n’ai pas envie qu’on me comprenne de travers, je n’aime pas ça les contresens.
    -Oui, c’est vrai, je peux comprendre. En tout cas nous, les virgules, on adore notre liberté et notre pouvoir de tout changer.
    On adore se balader, faire la course entre les mots, faire changer le sens, obliger les gens à respirer. On n’interrompt rien, on n’est pas comme tous ces points grincheux qui s’arrêtent tout le temps.
    -Bien peut-être, c’est ça, en attendant,s’il te plaît, va respirer ailleurs !
    -Ah et bien puisque tu le prends comme ça c’est sûr, je m’en vais s’en tarder,je ne vais pas rester dans l’ombre d’un grincheux qui va disparaître de toute façon !

    Le maut, qui sera mal écrit, sera effacé.

  11. Jean Louis Maître dit :

    Bravo !

  12. Odile Zeller dit :

    L’auteur écrivit un mot suivi d’une virgule. Le mot s’enthousiasma, il n’était plus seul. Mais bien vite il récrimina, vivre avec cet appendice n’avait aucun sens. L’auteur n’y comprit rien, peu soucieux de plaire à une simple petit mot. A la ligne du dessous un verbe s’indigna : « et moi je pourrais trouver à redire. Il m’a affublé d’un point d’interrogation, j’ai l’air d’être en suspens éternellement. Pas moyen d’y remédier, lui il s’en moque, ce serait son style. » Une petite voix intervint : et moi alors, vous ne devriez pas vous plaindre, j’ai trois béquilles, trois, vous vous rendez compte, je serais contente d’être suivie d’une virgule. C’est léger une virgule mais trois points d’exclamation, ça n’a pas d’allure. Le correcteur orthographique lui a signalé mais, pensez vous, il y tient comme a la prunelle de ses yeux, sa liberté d’auteur. Pourquoi s’arrêter à trois, cinq, six, une ligne entière bientôt ? »
    « Ah la la taisez-vous… nous les jumeaux, nous hurlons à la mort, notre moitié passe à la trappe, un enfant perdu qu’on ne réclame jamais. De nous deux on en oublie toujours l’un et l’autre à beau faire, le rouge est mis … mais rien n’y fait. Même les correcteurs professionnels nous méprisent. Nous sommes supprimés, ça ferait plus moderne. Question lisibilité faudra repasser.
    Un silence consterné s’installa. L’auteur revint et écrivit quelques lignes sans aucune ponctuation. L’écran de la tablette clignota. L’écrivain grogna : «  pas question de tomber en panne, l’éditeur m’a refusé tout à-valoir. Va falloir durer sans fléchir, compris ! »

  13. Catherine M.S dit :

    Tel est pris …

    Un auteur écrivit un mot suivi d’une virgule
    Le mot s’enthousiasma
    Hourra !
    Il n’était plus seul
    Et sur la ligne ça avait de la gueule.
    Mais bien vite il déchanta
    Et récrimina :
    – Je ne peux cohabiter avec cet appendice
    Qui ne peut que me porter préjudice
    Cela n’a pas de sens
    Quelle offense !
    Cette manie qu’elles ont ces virgules
    De se mettre en travers de notre chemin
    C’est ridicule
    Elles ne servent à rien !
    Pour qui se prennent-elles
    Ces petites choses superficielles ?
    Le mot prit la mouche
    Fourbit ses cartouches
    Et tira dans le tas.
    Ce fut l’hécatombe au royaume de la ponctuation
    Mais également le chaos … pour la compréhension !

    Les autres mots n’apprécièrent guère
    Cette prise de position
    Notre mot fut pris à partie de belle façon
    Et dut s’incliner pour de bon :
    Tous les points sauvés furent repêchés
    Et notre petite virgule réhabilitée
    Ouf ! La raison l’a emporté .

  14. Michel-Denis ROBERT dit :

    L’auteur écrivit un mot suivi d’une virgule. Le mot s’enthousiasma. Il n’était plus seul. Mais bien vite, il récrimina, vivre avec cet appendice n’a aucun sens.

    Avec une virgule, on peut s’attendre à tout, soit qu’elle a sa place naturelle et on ne la remarque pas, soit qu’on l’a oubliée et la phrase paraît orpheline. Il manque quelque chose qui saute aux yeux. Si l’auteur avait réfléchi, il n’aurait pas laissé bancal son édifice, à moins qu’il l’ait voulu ainsi. Avec cet oubli, il peut cacher un indice. Cela dépend du contexte proche et de l’ambiance générale. A mon avis, il a une idée derrière la tête.

    Si elle est gribouillée dans un brouillon, l’idée paraîtra toute échevelée, ici, en se promenant parmi les mots esquissés dont l’auteur, à peine réveillé, aura bien l’idée de les classer, mais plus tard ! On pensera alors au génie, à l’homme qu’on ne doit pas déranger pour qu’il se concentre sur la phrase qui pourrait faire le tour du monde. Modeste, il rectifierait en se repliant sur la simplicité. Au propre, on aura une meilleure idée de l’esthétique, dira-t-il.

    Dans une page entière, elle sera égocentrique. Inconsciemment, le regard se dirigera vers elle, sans qu’elle n’ait rien demandé. L’attention dardée, tout irradiera autour d’elle. Le lecteur ne remarquera pas que la force de cette page, réside dans sa présence quasi invisible. Si elle était absente, on comprendrait de la même manière, mais elle est là, et personne ne crie à la perfection parce que la beauté ne se crie pas, on la contemple.

    Si elle se balade, parfois, entre les légumes, elle doit servir un minimum. Là, elle ne s’oublie pas. On sait qu’elle a sa place. Elle ne sépare pas sur l’étal du marché, elle unit dans un paysage bien ordonné. C’est fou ce qu’une virgule peut mettre l’eau à la bouche.

    Entre les fruits, c’est autre chose. Elle hume, à son aise, le parfum de la fraise qu’elle apprécie secrètement. Mais elle hésite et s’attarde sur celui de la groseille, plus affable. Entre les deux, elle ne peut faire son choix. Elle s’en gonfle les pectoraux qu’on ne voit pas, d’une manière tellement gourmande qu’on pourrait le lui reprocher. Mais on s’abstiendra parce que la mode des fruits ne dure qu’une saison.

    Quand elle séjourne dans un policier, il en a plein les poches. Elle doit passer entre les balles. Au toucher, il ne doit pas confondre. Mal placée, elle peut en tuer un autre. « Mince, je me suis trompée.  » Elle peut toujours se camoufler derrière un point d’exclamation pour se disculper.  » Ce n’est pas moi ! c’est l’autre. »

    Mais l’autre ne l’entend pas comme ça.
    – Tu veux mon point dans ta virgule, qu’il lui répond.
    Un échange de points de vue se précise. Entre le point d’exclamation qui a perdu son point et la virgule qui circule, qui sera le plus fort ?
    – On pourrait s’associer, propose-t-il, diplomatique.
    – Je ne vois pas l’intérêt de nous associer, répond-elle, avec assurance. Je vais où je veux, quand je veux. D’ailleurs, nous n’avons pas la même fonction, toi, tu termines et moi, je continue. Tu as beau te dire qu’un point c’est tout, ce n’et pas forcément toi qui commandes. Moi je circule là où il a à voir. En général, je suis bienveillante. Je ne suis pas là par hasard. J’assiste le tué dans ses derniers instants. Je lui souffle dessus comme sur une bougie, en attendant de lui prendre son feu.

    La voilà qui part à l’armée. Comme tout le monde ou presque, elle doit faire son service. Une virgule, à l’armée, mais c’est minuscule ! Cela ne sert à rien. C’est toujours mieux qu’un point d’interrogation. Elle ne se pose pas de questions. Elle serait là, plutôt dans une suite de réponses positives.

    Et l’auteur, dans sa besace, éduqua son petit monde de mots, de points et de virgules. Chacun doit travailler pour le collectif. C’est comme au foot.
    Du fond de sa besace, il entendit crier : « Allez les bleus ! » Mais ce n’était pas la virgule, parce qu’elle n’y connaît rien au foot.

  15. Beryl Dey Hemm dit :

    Ravie que ça vous ait plu virgule Merci Labrosse !

  16. Souris verte dit :

    🐀 LA HAUTEUR DE SES JOURS.

    L’ Obélisque,…

    Les POINTS DE SUSPENSION, dans le respect des traditions avançaient soudés comme des petits scouts par groupe de trois, les indécis, les inquiéts et pour finir les récalcitrants… Tous marchaient soigneusement sur chaque clou du passage protégé.
    En tête, INTEJECTION , surveillait au bon défilement de ses garnements. Ce grand échalas portait haut et droit le point sur le » i  »de sa première lettre une sorte de chapeau à large bord … Indubitablement, un chapeau de chef!
    Lorsqu’ils eurent traversé la chaussée, les Points-de -suspension se groupèrent pour s’asseoir autour de l’Obélisque qui devint, sans le vouloir : un Point d’ Exclamation ! Quelle joie exulta Obélisque-Point d’exclamation, enfin du changement dans la ponctuation !!!
    Une vieille dame qui avait ses habitudes, un rituel bien établi : chaque soir en revenant de Vèpres, elle s’asseyait là, tassée comme une virgule, au pied de l’édifice. Elle se trouva ce jour là englobée par les points-gamins. L’ un d’eux par mégarde posa son sac sur la tête de son ombre… et hop! au milieu des Points-de-suspension elle rajeunit et se fit point virgule…
    Chaque jour, elle attendait le moment où l’ ombre du monument traverserait en diagonale le banc sur lequel elle était posée. Virgule alors se levait, voutée comme une parenthèse, n’avait plus qu’à suivre en droite ligne l’ombre projetée au travers de la place et du pont jusqu’à son extrémité où là, le réverbère qui éclairait sa porte lui donnait une sorte de droit d’entrée.
    La vie de la femme-virgule et celle de Obélisque-Point d’exclamation étaient devenues intimement liées. Une sorte concordat : l’un brillait dans le soleil, l’autre allait se couchait dans son ombre. En fait, au début, l’obélisque était content de cette proximité, une virgule et des points de suspension… Mais ceux-ci étaient partis et il en va des obélisques comme des hommes… Cette ponctuation finissait par le lasser… Mais que faire pour s’en débarrasser ? On ne divorce pas d’une virgule! même si elle avait fait l’effort accepter le point dessus…il en avait assez … Il n’en voulait plus … Point !!!
    Les mois passants, l’ombre se fit changeante ne fila plus tout droit, prit des angles, suivit le bord du caniveau, Virgule n’y prit pas garde s’y tordit le pied. Elle arriva malgré tous ces contours jusqu’au réverbère qui lui, l’attendait sans changer d’orientation. Virgule marchait mal maintenant, elle avançait bancale mais sans réfléchir, toujours en se fiant fidèlement au trait noir, suivait les angles qu’il lui traçait. Un soir sans lune, sur le pont elle prit l’angle du parapet où quelques mètres plus bas, l’ombre jouait à saute mouton avec les vaguelettes dessinant des petits ronds mouvementés…
    Virgule, pas !!! Elle coula à pic sous le pont, sans un soupir… Juste le point brilla un temps sous la lumière du réverbère..
    C’est ainsi qu’on sut que c’était là qu’elle avait chut.🐀

  17. LABROSSE dit :

    L’auteur écrivit un mot suivi d’une virgule. Le mot s’enthousiasma, il n’était plus seul. Mais bien vite il récrimina, vivre avec cet appendice n’avait aucun sens
    Parce que cette virgule n’avait rien à foutre dans sa vie ! Absolument rien, elle venait juste perturber la bonne marche de ses roulements. Certifié acier inoxydable, des petites billes d’acier bien graissées, bien huilées, une machinerie exemplaire, un modèle allemand, éternel. Contrôlé par tous les services qualité du monde. Et pourtant, il avait suffi d’un instant d’égarement, une seconde d’inattention, un simple regard…
    Et voilà cette foutue virgule se retrouvait là, couché sur la banquette arrière !
    Evidemment cela finirait par chauffer, deux cent mille kilomètres au compteur, malgré tous les petits soins maniaco-dépressifs qu’il apportait à ses roulements, on ne pouvait éternellement se prémunir d’un petit grippage. Il fallait se méfier des accélérations. On l’avait prévenu !
    Mais voilà, les vieux se pensent éternels, frétillants, résistants, blindés aux intempéries. Des James Dean en acier inoxydables !
    Alors lorsque la petite virgule s’était assise dans la caisse aux allures de corbillard, s’excusant de se prénommer ainsi, il avait senti l’odeur de brulé. Forcément le combat était inégale, la brillance d’un jeune roulement, tout juste déballé, face aux apparences clinquantes d’un axe moribond. Tout cela allait lui péter à la gueule, si la cadence continuait ainsi.
    Nom de dieu, freine hurlait-il en son for intérieur
    Mais vous connaissez la chanson, la vitesse est grisante et pour peu qu’on vous sifflote le refrain « Heroes » du regretté Bowie. Vous ignorez la température de fusion du métal.
    Alors la petite virgule s’accrocha aux apparences, elle était presque flattée de tenir compagnie à la relique, l’effigie d’une vieille star de rock, un Mike Jagger de passage. Fantasme d’un jeune roulement ?
    Evidemment il fallait essayer, comme toujours !
    Les deux roulements allaient-ils s’emboiter sans se briser ?
    Le vieux s’attendait au pire, mais la bonne vieille Mercedes resta fidèle à sa réputation. La virgule fut presque surprise d’un tel embrayage, elle en hurla de plaisir !
    Mais bientôt le crépuscule arriva, la vieille mule se devait de rentrer au bercail, confortablement, remisé sous son petit garage.
    La petite virgule souhaitait continuait l’aventure, elle étudiait les possibilités mais lui ne voulait point d’un tel appendice ! Pure folie !
    Dans ce cas-là les mots étaient inutiles, il fallait juste foutre le camp ! il jeta la virgule sur le bord de la marge, et mit un point à cette embellie grammaticale.
    PS : En espérant qu’aucune virgule ne se considère comme un appendice.

  18. AMARYLLIS dit :

    L’auteur écrivit un mot suivi d’une virgule. Le mot s’enthousiasma, il n’était plus seul. Mais bien vite il récrimina, vivre avec cet appendice n’avait aucun sens : une virgule, mais qu’est-ce à dire ? Se dit le Mot ! Cela sous-entend que je ne peux plus rester tranquille et laisser les autres mots venir à moi tout seuls, il va falloir travailler pour en choisir de bien beaux afin de m’accompagner. Il faut dire que le mot était Corse, un vrai Corse comme ils s’en décrit dans les histoires éponymes. Cette histoire du mot qui ayant trouvé un billet de 100€ par terre trouva inutile de se baisser pour le ramasser : laissons le vivre sa vie de petit papier imprimé ! Alors, le mot bien gentiment paresseux, mais pas du genre paresseux qui ne voudrait absolument rien faire de ses 10 lettres, non ce genre de «paresse» qui n’en n’est pas, mais qui est un art de vivre,,, vivre en se laissant porter par les flots de la vie, par les mots de la vie ! En fait, un mot bien sage, autant qu’épicurien. Alors, le mot réfléchit, car les mots Corses réfléchissent vite et bien. Et si je restais là tout simplement, sous le figuier, en compagnie des petits cochons noirs, en attendant le passage d’un autre mot qui souhaiterait venir s’abriter à côté de la virgule importune. Il me suffirait de le héler au passage, et si je le trouvais à mon goût, il pourrait venir m’animer d’un verbe joyeux ou audacieux, m’enjoliver d’un adjectif iridescent ou tumultueux, m’auréoler d’un complément aux multiples couleurs de l’Arc-en-ciel… Au commencement était le Verbe m’a-t-on dit ! Mais de quel verbe s’agit-il ? Je n’en supporterais pas qui soit triste ou amorphe. Un verbe plein de Vie, de joie et de bonne humeur, que diantre ! Alors bienvenue à toi, Joli Verbe, Magnifique Sujet ou, déjà, pour déjouer les règles des phrases établies, Complément accrocheur ! Alors, mon gentil petit Auteur, laisse aller ton imagination, laisse-nous venir à notre guise, et n’hésite pas à nous coucher sur ton papier, même en compagnie des ratures, afin de nous laisser rêver dans le paradis bleu des mots !

  19. Nadine de Bernardy dit :

    L’auteur écrivit un mot suivi d’une virgule.Le mot s’enthousiasma,il n’était plus seul.Mais bien vite il récrimina,vivre avec cet appendice,n’avait aucun sens.

    …étymologie
    écrivit l’auteur qui posa ensuite une virgule afin de poursuivre sa phrase en toute clarté.
    Les premiers temps le mot fut charmé de cette compagnie guillerette,ce petit accroche coeur posé à sa droite.Mais bien vite son naturel prit le dessus,il chercha l’origine de cette ponctuation et là,ce fut terrible!
    Cette petite chose sans envergure était issue du latin VIRGULA,dont elle était le diminutif VIRGA….verge!
    Dieu du ciel.
    Rouge de confusion,le mot ne savait plus où se mettre,une telle promiscuité était insoutenable,attentait à sa pudeur native .
    Envahi d’émois incontrôlables,il se tortillait,tentait de regarder ailleurs.Il ne pouvait continuer à vivre à côté de cet appendice si révélateur,cela n’avait pas de sens.
    Il tenta d’attirer l’attention de quelques verbes qui le dévisagèrent en silence,hautains.D’adverbes qui ne voyaient pas où le bât blessait.
    Des adjectifs lui rirent au nez,lui reprochant sa pudibonderie,de se croire au dessus de la mêlée avec son orthographe alambiquée,sa manie d’avoir réponse à tout mot qui venait s’inclure dans le texte.
    La virgule,pendant ce temps,faisait son travail,honnête, efficace.Sans arrière pensée,elle marquait sa pause de peu de durée à l’intérieur de la phrase afin d’isoler,puisque telle était sa mission,des propositions ou des éléments de proposition.
    Quand l’auteur revint terminer son article:
    – l’étymologie,cette science de la reconstitution de l’ascendance des mots….il remarqua un espacement plus important entre la ponctuation après le mot en haut de la ligne précédente et comme un flou dans ses lettres.
    « Tiens,c’est bizarre ce truc,remarqua-t-il,mon ordinateur commencerait-il à faire des siennes? Il faudra corriger à la relecture.
    …des mots qui constituent la beauté et la richesse de notre noble langue française issue…

  20. Camomille dit :

    L’auteur écrivit un mot suivi d’une virgule. Le mot s’enthousiasma, il n’était plus seul. Mais bien vite il récrimina, vivre avec cet appendice n’avait aucun sens…..
    – j’ai du mal à respirer, pousse toi « machine », je suis gros moi, et j’ai besoin d’espace.
    – espèce de gros mot, rétorqua-t-elle, faudrait apprendre un peu à vivre,
    – Quoi ?
    – Ben oui….. si j’existe, y a une raison.
    -?
    – Je suis là pour la subtilité du texte et pour canaliser des gros balourds comme toi figure-toi.
    Après t’avoir lu, si je n’apportais pas la respiration nécessaire, le lecteur te trouverait indigeste.
    Grâce à moi, il peut t’accepter et même t’aimer…. alors, t’as pas trop intérêt à faire le mariole avec moi !
    – Malheur, pensa le gros mot, cette brindille va me pourrir la vie encore longtemps ?
    Et pour l’impressionner il se mit à grossir encore plus ; tant et si bien que la virgule appela du renfort.
    Et c’est ainsi que le gros mot perdit sa toute puissance suivi par une batterie de: virgules, points virgules, guillemets, accents (en veux-tu en voilà), parenthèses et tutti quanti !

  21. durand dit :

    L’auteur écrivit un mot de plus, suivi d’une virgule. Le mot s’enthousiasma, il n’était plus seul. C’était parti vers la multitude. Mais bien vite il récrimina, vivre avec cet appendice, sans suite n’avait aucun sens.

    « Aplati contre la porte de la cuisine, » et puis plus rien…l’auteur avait posé son stylo, rangé son clavier?

    Il avait pris la virgule au sens littéral, une courte pause, une panne de verge mais qui s’allongeait, qui risquait de s’étirer dans les points de suspension.

    L’auteur, de toute évidence avait égaré le tissu de son histoire. Encore un écrivaillon du samedi qui ne savait plus, par manque de plan et d’organisation ce qui pouvait bien demeurer aplati sur la porte d’une cuisine ??

    Pourtant , les possibilités ne manquaient pas.

    Un insecte écrasé, une mouche chancelante, par exemple, lécheuse de vaisselle oubliée ?
    Un cheveu égaré au moment de récupérer une tasse de jus, pressé le gominé ?
    Une tâche de beurre, l’essentiel déjà séché sur le bois, le surplus dégoulinant vers le bas ?

    Ou alors une mouche à peine embourbée dans la crème grasse et onc tueuse de lait battu se rattrapant au dernier moment à un poil de crâne, juste pour éviter l’engloutissement?

    Et la vaisselle qui, de l’autre côté de la porte étalait son ricanement dans le vaste évier de ses vacances.

    L’auteur est sorti de la cuisine, une tasse de café à la main. De l’autre, il se grattait le cuir chevelu.

    Les assiettes pouvaient attendre, l’histoire, non.

    « je colle au givre des vitres qui me glacent le dos. Je dégouline de trouille devant et je gèle derrière. »

    A priori, il ne s’agissait pas de l’autobiographie d’une mouche, le lecteur y pressentait plutôt des lacunes de compréhension entre un père et son fils.

    « Tu les mettras, même si je dois te réduire en bouillie avant. Et plus j’attends, plus ça sera pire »

    La tension se confirmait. Et l’auteur vida sa tasse d’un seul trait, grimaça. Amère, cette histoire!

  22. Blackrain dit :

    L’auteur écrivit : « Il n’était plus seul, elle était là ». Seul était content. Enfin, il allait avoir de la compagnie.
    – Mais qui est Elle ? Questionna-t-il à voix haute.
    – Mais Elle c’est moi, affirma la virgule, le sourcil en accent circonflexe. Je suis là et je reste avec toi. Nous sommes désormais collés l’un à l’autre comme des frères siamois. Et ça me sied à moi cette liaison qui ne manquera pas d’être fusionnelle. J’en suis sûr. Je resterai tout contre ton « L » même si tu ne dois jamais t’envoler par défaut d’en avoir deux. Si l’auteur ne prend pas sa plume pour t’en ajouter une autre, je serai ta béquille pour que tu puisses garder ton équilibre.
    Les deux points sur les hanches, Seul restait perplexe. Après un moment, il prit un accent grave pour récriminer :
    – Plutôt qu’une béquille, vous n’êtes qu’un horrible appendice qui va toujours être dans mes jambes et qui, entre guillemets, « va vivre à mes crochets » !
    Il brandit le point de son exclamation en se penchant sur la virgule. Le point-virgule frappa celui de Seul, avec une certaine douceur, comme un signe de complicité. Ce geste, adressé a brûle-pourpoint, était pour Seul comme un point d’interrogation (?). Il n’y comprenait rien. La jonction de leurs poings avait mis une parenthèse à son agressivité. Sa colère restait en suspension au dessus de son incertitude. Le regard de la virgule gardait son accent aigu, un accent de sincérité et de gentillesse, tout en courbe et féminité. Dans ce regard, Seul se sentit désiré. Il se vit beau et il comprit. Avec elle il serait toujours unique. Il ne craindrait plus les maux puisqu’il pourrait les partager. Virgule ne serait plus une béquille, une entrave à la liberté, mais une épaule sur laquelle s’appuyer. Il sourit. Il se pencha sur elle et lui fit l’accolade, celle de la réconciliation. Un premier geste, pudique, celui d’une histoire naissante…

  23. Beryl Dey Hemm dit :

    Matthieu s’assied à sa table de travail. Il a du mal à se motiver, une légère nausée l’a empoisonné toute la nuit. Devant son clavier il soupire et regarde les touches. Noires et pas très avenantes. L’écran encore éteint lui renvoie le reflet d’un type hirsute aux épaules tombantes et les cheveux en bataille. C’est pas le jour. Mais il tient à respecter son horaire habituel. Il baille à s’en décrocher la machoire. Enfin il appuie sur le bouton « démarrer ».
    Il a commencé son nouveau roman une dizaine de jours auparavant. Et il lui cause du souci. Il cherche ses mots. Les situations sont floues ou bien répétitives. Il n’est pas satisfait. Il y a comme un blocage. Comme une entrave.
    Il parcourt son texte des yeux, hausse les épaules, se concentre, risque un mot, hésite sur la suite, supprime deux adverbes, module sa pensée, cherche une autre façon de dire, s’énerve, peste contre un verbe introuvable, qu’il a pourtant, il le sait, sur le bout de la langue, clot le tout d’un point rageur.
    Il relit sa dernière phrase.
    Et se rend compte qu’elle est envahie de virgules.
    Il s’en amuse et ricane bêtement.
    Il efface tout. Et il recommence.
    Même jeu, toujours autant d’hésitations, de mots fades, situation bancale, invraissemblable, ratures, mots inapropriés, personnages mal définis, ou qui se confondent, les uns pour les autres, rencontres improbables, jeux de mots idiots, volontaires ou pas,
    ÇA SUFFIT !!!!!
    Cri du cœur.
    De pire en pire ! Les virgules sont partout.
    Les virgules envahissent tout !
    Il en a marre de ces virgules qui collent aux mots mal à propos comme autant de bouts de scotch récalcitants à la main.
    Il lui faut se ressaisir.
    Il se lève. Il va à la cuisine se servir un café. Dans une grande tasse. Il ne respire réellement que quand il a avalé deux ou trois gorgées. A l’évier il se passe la tête sous l’eau froide. Il s’éponge rapidement. Et retourne s’assoir devant son ordinateur d’un pas martial.
    A nous deux !
    Il se cale bien sur sa chaise, prend une ou deux respirations, bien profondes, souffle bruyamment, s’apprête à poser, lentement, les mains sur les touches virgule un premier mot lui vient virgule il le juge inaproprié mais virgule pour une raison qu’il ignore lui-même virgule il lui plait POINT
    Il a du appuyer trois fois sur la touche pour obtenir ce point. La touche est peut-être bloquée. Mais pourquoi justement celle-là pourquoi justement celle-là pourquoi justement celle-là. A chaque fois qu’il veut poser la question les mots s’effacent. Et le point d’interrogation ne répond plus du tout !
    Matthieu se frotte les yeux virgule il rêve sans doute virgule il se lève virgule regarde virgule par la fenêtre virgule tout semble normal virgule dehors virgule il ne comprend rien virgule il devient virgule fou virgule sans doute il virgule décide d’aller se virgule coucher virgule ça i virgule ra mieux de virgule main peut-être il a peur il virgule tremble les virgules machines sont en tr virgule
    ain de prendre le virgule pouvoir sans dou virgule te !
    Il n’a plus le contrôle de son ordinateur !
    L’engin vit une vie indépendante de sa volonté.
    Est-il le seul ?
    Il faut appeler !
    Il faut prévenir les autres!
    L’humanité entière !
    Il hurle.
    Au secours !!!!

  24. laurence noyer dit :

    L’auteur écrivit un mot
    Point cardinaux
    Suivi d’une virgule
    Point virgule
    Le mot s’enthousiasma
    Point de croix
    Plus seul n’était
    Point relais
    Mais bien vite
    Point à Pitre
    Il récrimine
    Point à la ligne
    Vivre avec cet appendix
    Point fixe
    Est sans raison
    Point d’exclamation

    Cet accessoire
    Point noir
    N’est pas mieux
    Point Lumineux
    Que des bretelles
    Point faible
    A un pantalon
    Point d’interrogation
    Attendu
    Point de vue
    Qu’un ceinturon
    Point de suspension
    Aurait suffit
    Point de Hongrie

    Nul besoin
    Rond Point
    De support
    Point mort
    Ornemental
    Point final

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