400e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat

Une pointe de jalousie souffrait de ne plus trouver
où s’exciter. 

Quand soudainement un mauvais prétexte l’envahit.
Il avait vraiment tout pour l’attiser… 

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Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Un petit combat pour maintenir en vie l’enthousiasme d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

 

 

 

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22 réponses

  1. françoise dit :

    Une pointe de jalousie souffrait de ne plus trouver où s’exciter.  Quand soudainement un mauvais prétexte l’envahit. Il avait posé,un marteau avec quelques pointes sur un guéridon après avoir restauré le dossier d’un fauteuil du salon quelque peu délabré. Simultanément sa femme avait ouvert les jalousies de la fenêtre et regardait les passants dans la rue ; bien entendu pas les passantes.A cette vue, sa pointe de jalousie lui traversa la poitrine. Fou de rage et non d’amour il lui intima l’ordre de refermer celle-ci. Elle le fit avec plaisir car il était 14 H et le soleil était à son apogée. Elle alla s’asseoir le dos à la fenêtre, prit le livre « les mémoires de Saint-Simon ». Elle en était au chapitre où l’un des frères se vante de l’impression excellente qu’il a laissée à une bourgeoise chez qui ils ont passé la nuit. Le frère lui répond qu’il ne peut le croire puisqu’il a laissé » un étron sur le plancher de sa chambre ».
    Ce passage la fit rire et lui donna l’idée d’en déposer un, elle aussi, près de la porte, sur le plancher de sa chambre. Ainsi son mari qui ne pouvait s’empêcher chaque nuit (ils faisaient chambre à part depuis que celui-ci était impuissant ce qui lui convenait parfaitement car il avait été un amant médiocre) de venir dans sa chambre pour vérifier qu’elle était dans son lit et seule.
    Et c’est ainsi qu’un soir, alors qu’elle dormait paisiblement, elle fut réveillée par les cris de son mari qui avait mis un pied dans l’étron qu’elle avait déposé au bon endroit, au bon moment.
    Depuis ce petit incident, elle dort paisiblement après avoir lu quelques pages des mémoires de Saint-Simon. C’est un peu un somnifère pour elle car le manuscrit compte près de 3.000 pages et elle en n’est qu’à la 485ème.

  2. Jean-Pierre dit :

    Une pointe de jalousie souffrait de ne plus trouver où s’exciter. 
    C’était une pointe tout à fait ordinaire qui servait à fixer le dossier d’une chaise, et que l’artisan avait enfoncée d’un coup de marteau rageur parce qu’il soupçonnait sa femme de le tromper avec un de ses clients.
    La pointe avait été traumatisée par ce mauvais traitement et avait décidé de se venger du mari jaloux. Ce n’est pas à une malheureuse pointe de 25 de faire les frais des soupçons de cet homme, qu’ils soient justifiés ou non. Ni au bois dans lequel elle s’était enfoncée malgré elle.
    — Pourrais-tu travailler pour moi ? demanda-t-elle au bois du dossier.
    — Que ne ferais-je pour une jolie pointe de 25 comme toi ! répond galamment celui-ci.
    — Alors, tu vas te rétracter de trois millimètres pour que je puisse ressortir.
    — Avec plaisir, mais attend un peu qu’il fasse chaud et sec.
    — Pas de problème, la vengeance est un plat qui se mange froid.
    La chaise a été vendue.

    Quelque temps plus tard, la femme de l’artisan revient à la maison avec une robe déchirée dans le dos et une égratignure.
    — Que t’est-il arrivé, ma chérie ?
    — En m’asseyant dans une de tes chaises, je me suis accrochée à une pointe qui dépassait du dossier et qui a déchiré ma robe.
    — Ce n’est pas normal. Je vérifierai toutes les chaises qu’il y a chez ta mère, et j’arrangerai ça un de ces jours.

    Le lendemain, l’artisan reçut une cliente furieuse qui lui présenta un bout de fil ensanglanté qui s’était accroché à une pointe qui dépassait d’une chaise.
    — L’artisan travaille moins bien que le bois, fit-elle remarquer.
    — Je suis responsable de ce défaut, s’excusa-t-il. Je remplacerai votre chaise par une neuve, et je vous rembourserai la facture de la couturière.
    — Ce n’est pas ma robe, fait la cliente. Mon mari me trompe, j’en sus sûre maintenant.

    Il ne lui restait plus qu’à passer chez la cliente avec une nouvelle chaise, et à offrir la chaise défectueuse à sa belle-mère (avec une réparation bien visible).

    L’histoire ne dit pas si l’artisan a trompé sa femme avec la cliente, mais depuis ce jour, il a une femme fidèle qui va voir régulièrement sa mère.
    De plus, comme il est soucieux de la qualité de ses produits, il passe de temps en temps chez sa cliente pour vérifier l’état de ses chaises.

  3. Ophélie E. dit :

    Albin, fier de son talent de menuisier en herbe, avait fabriqué les jalousies de sa maison afin de remplacer les antiques volets à la peinture écaillée et qui, pour certains, ne tenaient plus que par un gond.

    Mais voilà que, trop las pour terminer ce harassant labeur, il avait omis d’enfoncer une grosse pointe dans le chambranle de la jalousie de la chambre à coucher conjugale. Julie, sa femme, ne comptait plus les fois où elle lui avait part de cette imperfection en arguant que ce n’était guère esthétique. Il lui avait ingénument répondu qu’elle n’avait qu’à le faire si elle en était capable.

    Un matin, attiré par les hurlements de sa femme, Albin se précipita dans la chambre à coucher et trouva Julie toute dépoitraillée devant la fenêtre.

    – Nom de Dieu ! hurla-t-il. Qu’est-ce que tu fais devant la fenêtre dans cette tenue ? C’est pour aguicher l’autre, en face.

    – Tu es fou ! parvint-elle à articuler en se pressant la poitrine d’où perlait un filet de sang. Je me suis fait un m…

    – Je sais bien qu’il te mate à longueur de journée et que tu fais tout pour attirer son attention.

    Éberluée Julie parvint à articuler :

    – Tu vas m’écouter à la fin ! C’est la pointe…

    – Quelle pointe ? tonna-t-il. Ne détourne pas la conversation. Tu crois que je n’ai pas vu que l’autre vieux pervers, en face, se pose dans son jardin tous les après-midi quand tu te prélasses au bord de la piscine que j’ai creusée exprès pour toi, ne l’oublie pas.

    – Ah ! s’étonna Julie toute tourneboulée par cette avalanche d’informations. Tu parles d’une piscine, c’est plutôt une marre à canards, ta piscine, lui balança-t-elle désinvolte.

    – Et puis, rétorqua-t-il un tantinet estomaqué, je suis sûr et certain que vous vous en donnez à cœur joie quand je suis à la pêche.

    – Quoi ! hurla Julie outrée. Pour qui me prends-tu à la fin ? Ma mère m’avait bien dit de me méfier de toi.

    – Ta mère, ta mère ! laisse la où elle est celle-là. Elle m’a assez fait suer pendant quarante ans, j’ai eu ma dose crois-moi.

    – Pauvre maman ! s’affligea Julie. T’étais bien content quand elle t’a donné l’argent pour restaurer cette masure.

    – Une avance sur héritage, ne l’oublie surtout pas, ricana-t-il.

    Mais bien déterminé à poursuivre la discussion pendant qu’il était bien chaud pour vider son sac, tout en fouillant dans la penderie, il enchaîna :

    – Et au fait, tu peux me dire ce que faisait cette sandale que j’ai trouvée sous le lit pas plus tard qu’hier matin quand je cherchais ma chaussette, dit-il en brandissant la sandale sous le nez de sa femme.

    – Pauvre type ! s’apitoya Julie. C’est celle que tu cherchais désespérément l’été dernier.

    – Eh ben ça ! On peut dire que toi tu ne fais pas souvent le ménage. Je me demande bien pourquoi je m’escrime à entretenir cette maison.

    – Une maison où l’on pourrait mourir cent fois tant tout est fait en dépit du bon sens. Tu n’as même pas vu que je me suis fait un mal de chien sur la pointe qui, depuis des années, dépasse du montant du store. Et j’ai déchiré ma plus belle chemise de nuit en soie que j’ai eu tant de mal à acquérir pendant les soldes. Elle est partie en lambeaux quand j’ai voulu me dégager de ta saleté de pointe.

    Albin en resta comme deux ronds de flanc.

    – Je vais me soigner, hurla Julie en quittant la pièce.

  4. GREGORIANE dit :

    Dans l’embarras de ses journées, elle n’avait rien à quoi se raccrocher, tout se dérober sous ses pieds. Elle se mit la tête à l’envers en avalant cul sec deux verres de whisky. Elle fixa son Guppy dans son aquarium, son seul ami. Les minutes s’égrenaient avec une lenteur infinie alors que son poisson tournait en rond à une vitesse incroyable. Il frétillait dans son eau douce, remuant sa nageoire caudale en une ronde de mouvements charmeurs afin de sortir de sa léthargie sa maîtresse assommée d’alcool, tout en espérant que son charme lui rappellerait peut-être qu’il était temps de lui servir ses flocons de nourriture ! Elle se redressa avec peine, se mit à lui faire le récit de sa vie. Il était toutes ouïes. Au bout de quelques minutes, il s’en retourna dans les profondeurs sableuses de son aquarium laissant traîner derrière lui quelques bulles en suspension après avoir gobé, à vive allure, ses Goldfish.
    C’est dingue, pensa-t-elle, je fais la conversation à un poisson. Eh ! ma vielle, tu approches lentement mais sûrement de tes 40 ans et si tu ne te décides pas à te secouer un bon coup, tu risques de te racornir définitivement en vielle fille… regarde donc ta bedaine, elle s’arrondit chaque jour, elle te trahit, tu sais bien qu’elle est le coffre des souffrances invisibles, fais donc sauter le cadenas et profite de la vie ! Oui, je sais, tu as du mal parce que tu es jalouse de tout ce qui t’entoure mais crois-tu sincèrement que ta jalousie te sert à quelque chose ! Regarde toi, tu n’as pas de petit ami, tu n’as plus de boulot, tu picoles de plus en plus ! Si tu veux, je peux te donner un tuyau… et si tu acceptes, ce sera un travail de longue haleine. À toi de voir ! Cela dit, quand tu sens la jalousie s’emparait de toi, respire profondément, charme là, dis lui que tu n’as rien à lui envier, que vous pourriez devenir des amis, des confidentes…
    Parce que le paysage de son avenir était d’une laideur à couper le souffle, Léana prit la décision d’aller à contre courant de sa rivalité émotionnelle.
    L’eau de sa rivière tarie coulait à présent vers une destination surprenante. Renversante trajectoire du destin frémissant sur les vagues du temps perdu, ce monde immergé, trop calme, trop silencieux, trop inutile.
    Après quelques semaines de respirations quotidiennes, d’activités sportives intensives, Léana changea totalement.
    Elle était devenue hystérique, ivre de vie, de conquêtes.
    Elle était devenue la belle à éviter…

  5. Clémence dit :

    Une pointe de jalousie souffrait de ne plus trouver où s’exciter. 
    Quand soudainement un mauvais prétexte l’envahit. Il avait vraiment tout pour l’attiser… 

    Elle était absolument parfaite.
    Son teint légèrement satiné et sa silhouette élégante attiraient tous les regards et suscitaient un brin d’envie.
    Quelques propos grinçants se firent entendre, mais elle n’y prêta guère attention.
    Elle trouva cette attitude peu élégante. Sa position la plaçait au- dessus de ces propos inélégants, voire indignes.

    Elle ne travaillait pas, ou si peu. Elle se contentait d’être présente et d’observer. La rue, les passants, la vie.

    Un matin, un détail attira son attention parmi les passants. Une jeune fille habillée de blanc.
    – Une nouvelle dans le quartier ? Affaire à suivre…

    Le soir, elle ne la vit pas, mais le lendemain matin, à la même heure, la jeune fille était là.
    Et ce fut pareil les jours et les semaines qui suivirent.

    Un soir d’été, elle fut étonnée de voir la jeune fille passer dans la rue, le sourire aux lèvres et la démarche légère.
    – Tiens, y aurait-il anguille sous roche ? Un amoureux ? A son âge !

    Et de son poste d’observation, elle ne laissa aucune minute de répit à la jeune fille. Elle l’ observait, la scrutait, l’épiait. Ses tenues, ses gestes, ses mimiques, sa démarche, tout y passait. Elle en vint à l’envier.

    L’envie s’estompa et le courroux s’installa lorsqu’elle la vit en compagnie de son amoureux. Un Roméo adorable. Attentionné, beau comme un soleil, joyeux comme l’eau de la fontaine.

    De sombres sentiments s’insinuèrent en elle et lui gâchèrent la vie. Elle entendait les mots doux, les serments enflammés, mais aucuns ne s’adressaient à elle. Alors, sa solitude lui dessécha le cœur et lui fendit l’âme.

    L’été touchait à sa fin et les amoureux ne se quittaient plus.
    Ce soir-là, ils devinrent plus audacieux, s’enlaçant langoureusement et s’embrassant fougueusement. Une chevelure ébouriffée, une épaule découverte, une main délicieuse, des soupirs…

    Une émotion dévastatrice la submergea. Sa jalousie explosa. Elle sortit de ses gonds. Elle glissa le long de la façade ocre et s’écrasa sur la jeune fille, lui fracassant la tête. Affolé, le jeune homme se pencha vivement sur sa bien-aimée pour la dégager et ne prit garde au clou qui s’enfonça sournoisement dans la paume de sa main.

    La douleur ressentie n’était rien par rapport à son immense désarroi. Ses larmes coulaient et un cri rauque s’échappa de sa gorge. Sa Juliette ne respirait plus.

    Quelques jours après les funérailles, le jeune homme fut prit de douleurs intenses. Contre les bactérie du tétanos, il perdit le combat .

    Après cette triste affaire, dans le vieux quartier niçois, les habitants se réunirent et tinrent conseil. Ensemble, ils cherchèrent quel serait le plus bel hommage à rendre aux deux amoureux.

    Un carreau de céramique avec leurs deux prénoms ? Un olivier? Un oranger ? Un banc ?
    Après des heures de discussions, une idée se dégagea et fut approuvée à l’unanimité. Le sort des persiennes et des volets serait définitivement scellé.
    Désormais, on les appellerait  : « persienne à jalousie » ou « volet à jalousie ».

    Certains y virent une forme de sentence, une mise au pilori.
    D’autres y virent le doux souvenir de Roméo et Juliette….

    © Clémence.

  6. AB dit :

    Une pointe de jalousie souffrait de ne plus trouver
    où s’exciter.
    Quand soudainement un mauvais prétexte l’envahit.
    Il avait vraiment tout pour l’attiser…
    Jalouse, elle l’avait toujours été. Alors, un peu plus, un peu moins, quelle importance. C’était sa façon d’être. L’avait-on peut-être élevée en ce sens ? Sans doute et avec les éléments qui l’avaient construite elle faisait avec. Cependant, lasse de cet excès qui l’envahissait et devenait petit à petit un ennemi qui la mangeait, elle souhaita de toutes ses forces changer. Après tout, on lui avait donné des bases mais, elle seule pouvait modifier le cours des choses, du moins, pouvait-elle essayer et c’était cela qu’elle désirait, plus que tout.
    Elle avait 30 ans, il était temps. Peu d’amis (es) et pour cause. Elle était lassante, elle le savait, le comprenait mais plus fort qu’elle, elle était jalouse. Jalouse du corps parfait de Magalie, jalouse du dernier bijou de Pauline, ce qu’elle voyait, elle voulait et c’était pour tout, les habits, les bijoux, la maison, la piscine de son amie, tout allait crescendo.
    Jusqu’au jour où, véritablement désespérée, elle prit une décision. Me faire aider par un psychothérapeute ou faire la guerre à cette jalousie morbide. Elle opta pour la seconde solution. Après tout, n’avait-elle pas traverser moult situations ? N’en était-t-elle pas sortie victorieuse ? C’est dans cet état d’esprit de guerrière qu’elle opta. Pas de jalousie, plus d’envies mal placées. Juste des envies normales sans jalousie.
    Et depuis quelques temps, après avoir fait ce «come-back» sur elle-même et en avoir récolté l’émotion et la volonté de se corriger, sa jalousie enfin, s’estompait petit à petit. Oh, ce n’était pas facile, voire des jours extrêmement difficile, elle n’avait pas besoin de se mettre en condition puisque son état était conditionné par la jalousie. Cependant, elle y arrivait en mordant journellement dans le fléau et chaque victoire était une bataille qui constituait sa guerre personnelle.
    Un beau jour, au bout de six mois, elle eut besoin de faire le bilan de ses exploits car à bien y réfléchir c’était le mot qui lui venait à l’esprit, bilan. Elle ne se trouvait plus jalouse. Juste des envies normales, comme tout un chacun. Elle avait beau essayer de se mettre en condition, rien. Bizarre d’essayer de se mettre en condition contraire. Avait-elle réussi? Elle le pensait.
    Elle prit une douche, s’habilla joliment car elle se trouvait maintenant belle sans artifice, inutile de rajouter ce qu’elle avait vu chez Pierre ou Paul. Son miroir lui renvoyait une image satisfaisante et tellement différente. Avait-t-elle définitivement gagné ? Seul l’avenir le lui dirait mais en attendant, c’était le graal et elle l’appréciait. Juliette ou Corinne, même Magalie pouvaient arriver et porter sur elles les habits à la dernière mode, elle ne les jalouserait plus. Elle s’était trouvée et ainsi s’était offert le plus beau des cadeaux.
    Une petite promenade lui parut bénéfique, elle avait envie de crier sa joie et son bien-être. Elle était bien. Soudain, une pâtisserie attira son attention. Plein de gâteaux lui tendaient les bras et sa bouche gourmande ne demandait qu’à se satisfaire. Plusieurs gâteaux étaient disposés de façon alléchante, le choix paraissait difficile mais, un de ceux-là, plus que les autres attira son attention et son envie, une petite tranche garnie de pommes croustillantes à souhait et dorée comme un bijou, . Elle entra et paya non sans un sourire satisfait. Puis, en ouvrant la porte, elle se ravisa, se retourna vers la pâtissière et lui demanda :
    – Au fait, Madame, comment s’appelle cette jolie tranche de gâteau.
    – Une jalousie, Mademoiselle !

  7. DUCORNETZ Claude dit :

    Une pointe de jalousie souffrait de ne plus trouver où s’exciter.
    Quand soudainement un mauvais prétexte l’envahit. Il avait vraiment tout pour l’attiser…
    « Il », l’autre là-bas, un peu plus loin, caché par l’angle du mur. « Il », c’était comme ça que Julien en parlait parce qu’en fait il ne l’avait jamais vu vraiment. Parfois le jeune homme devinait sa présence, comme s’il avait été doté d’un sixième sens, d’une acuité auditive hors du commun, alors même qu’ »Il » n’avait même pas encore sonné à la porte…
    A peine la sonnerie avait-elle retentit qu’il entendait sa mère, probablement autant aux aguets que lui, se précipiter pour ouvrir. Souvent « l’autre » ne rentrait même pas, malgré l’invite pressente de sa mère. Enfin, c’était ce qu’il supposait car le plus souvent il n’entendait pas, ou à peine, ce que les deux adultes se disaient. Evidemment, ils parlaient tous les deux à voix basse. Exprès bien sûr pour que lui n’entende rien, qu’il soit exclu de la conversation.
    Julien ne bougeait jamais du décrochement de mur qui lui permettait d’épier sans se faire surprendre. Il le savait bien, sa mère, une douce femme pourtant, qu’il aimait comme un fils se doit d’aimer, et sans doute plus, n’aurait pas apprécié cet espionnage filial.
    Combien de fois ne lui avait-elle pas demandé, alors qu’ »Il » était là, encore, à prendre un café ou une boisson fraîche avant de repartir, enfin, travailler au-dehors, oui, combien de fois, de venir saluer cet « étranger » qu’il détestait sans même le connaître.
    Une réaction normale, légitime même, pensait Julien, pour un adolescent comme lui, élevé depuis toujours par sa mère. Son père ! un inconnu dont il se fichait comme de sa première chemise !!
    C’est ce que Julien prétendait.
    Et aujourd’hui, « Il » était là, comme presque chaque jour depuis que leur manège avait débuté, c’est-à-dire il y avait environ deux mois, comme par hasard pendant les vacances d’été. Rien que pour lui gâcher les siennes de vacances, sans doute. Alors qu’il s’était réjoui cette année de passer juillet et août seul avec sa mère : sa grand-mère, chez qui il séjournait en général plusieurs semaines, avait été admise dans une maison de retraite.
    Comme d’habitude, à la sonnerie, sa mère avait couru jusqu’à la porte. Elle va se ramasser un jour, se dit l’adolescent avec angoisse ! Et une pointe d’espérance, il le savait. Pour la punir, oh légèrement, il ne voulait pas de grand mal à sa chère maman, mais juste assez pour qu’elle comprenne : cet homme est potentiellement dangereux.
    Julien en était convaincu, avec cette certitude que peut affirmer un adolescent pour cacher son manque de confiance en lui.
    Il tendait l’oreille pour distinguer le sens de leurs chuchotements. Mais ils étaient habiles, tous les deux, ils complotaient certainement un avenir dont Julien ne voulait pas. Il accepterait tout de sa mère, car il ne voulait, bien sûr, que son bonheur. Tout, mais pas ça. Un autre homme dans la maison ? Impensable, inimaginable ! Intolérable !!
    Elle était gaie, enjouée, rieuse avec lui, sa maman. Elle se montrait heureuse sans homme. Pourquoi tout bouleverser ?
    Cet homme, dont il n’avait entraperçu qu’une vague silhouette, Julien se le représentait assez grand, sa maman semblait fascinée par les grands mecs, et avec des yeux bleus, elle adorait Paul Newman et Clint Eastwood, dont il avait vu des photos dans un album qu’elle cachait dans son armoire et qu’il avait un jour feuilleté en douce. Des vieux, s’était dit le garçon en examinant les photos, pas si terribles que ça ! Si « l’autre » ressemblait à « ça », sa maman, un peu naïve, un peu trop fleur bleue, à son avis définitif d’adolescent protecteur, n’avait forcément pu être séduite que par ses yeux ! Et aveuglée !
    Car si ça tombe, « Il » avait bien les yeux bleus, mais ternes et délavés.
    Julien avait les yeux marrons.
    Il n’aimait pas non plus sa voix. Une voix dont il ne captait par bribes que des chuchotis incompréhensibles. Trop grave, trop dense, trop assurée, trop « mâle ».
    Le contraire de la sienne, en pleine mue, qui alternait sans qu’il puisse en maîtriser le volume, les graves et les aigus.
    Quelquefois pourtant la voix de l’intrus s’égarait dans des tonalités plus légères, et Julien alors se bouchait les oreilles, car il le savait, il le redoutait désormais, sa mère alors partait d’un rire clair et sonore, qu’il ne lui connaissait pas. Jamais elle ne riait de la sorte quand ils étaient ensemble.
    « L’autre » devait lui susurrer des insanités, tenir des propos scabreux ! Et sa mère, sa pauvre mère prise au piège de la séduction, se laissait emporter sur ces pentes indignes d’elle !
    Sa maman, si belle, si cultivée, si distinguée lui avait dit un jour Kilian, son meilleur ami, qu’il soupçonnait de nourrir envers elle un sentiment quasiment amoureux, sa chère maman qui le reprenait presque sévèrement lorsqu’il se laissait aller à des écarts de langage, sa maman se rabaissait pour se mettre au niveau de cet homme. Quelle tristesse !
    Julien sentit couler sur ses joues d’adolescent blessé de grosses larmes d’amertume. Le cœur serré, le ventre noué, il comprit qu’il devait abandonner son guet vain et douloureux.
    Il tira sur le cordon qu’il tenait à la main et les fines lamelles bleues de la jalousie se refermèrent sur la vitre intérieure du salon.
    Il est des jalousies qui ne tiennent qu’à un fil. Il en est d’autres, plus profondes, qui enchaînent la raison !!

  8. Fleuriet Mireille dit :

    Une pointe de jalousie souffrait de ne plus trouver où s’exciter, quand soudainement un mauvais prétexte l’envahit.
    Il avait vraiment tout pour l’attiser…
    Dans la forêt verdoyante et tranquille, deux chênes centenaires s’extasiaient sur leur rejeton tout fraîchement sorti d’un gland. Tout menu, c’était un tout petit germe, une toute petite tige sans feuille encore. Bébé chêne s’étira, heureux de n’être plus dans ce gland qui lui avait servi d’abri jusqu’ici. Maman chêne toute émue regardait sa progéniture s’ouvrir lentement à la vie de la forêt.
    – « Tu seras un chêne mon fils » nous ferons tout pour te protéger, mais, il te faudra grandir vite pour devenir un arbrisseau, car, les prédateurs dans la forêt ne manquent pas. Il y a les biches, les cerfs, les faons à qui tu pourrais servir d’en-cas, jeune pousse que tu es, il y a aussi les sangliers, eux, ce sont les pires, lorsque le sanglier passe tout trépasse… Elle baissa ses premières branches pour le protéger, Papa chêne en fit de même.
    Une herbe folle qui avait poussé près du petit gland, entendant la conversation des arbres se sentit mise à l’écart, elle qui n’avait pas de parents pour la protéger, elle était, elle aussi, une proie facile. Dame Jalousie passant par là avec sa petite Pointe de jalousie, entendit l’herbe folle qui se lamentait. S’adressant à Pointe de jalousie, elle lui dit :
    – C’est maintenant que tu dois intervenir, fais-toi aussi tes premiers pas dans le monde…
    Pointe de jalousie toute fière, se remémora tout ce que sa Maman Jalousie lui avait enseignée. Tel le serpent dans le jardin d’Eden vient chuchoter à l’oreille de la folle herbe quelques pointes de jalousie.
    – Je crois que les chênes en font un peu trop avec leur rejeton, dit-elle, toi, qui as grandi telle une asperge toute seule, personne pour t’aider, te protéger, te donner des conseils, ne te laisse pas faire, défends-toi.
    Pour une fois que quelqu’un s’occupait d’elle, Herbe folle se sentit poussait des ailes. Elle interpella le petit chêne.
    – Et, toi le poussif pour qui te prends tu ? Tes parents ne seront pas toujours là pour pour t’aider,
    regardes, moi, j’ai grandi seule et sans aide. Etonné d’être ainsi interpellé, le petit chêne ne sut
    quoi répondre.
    Plus elle parlait, plus elle s’énervait. Maman chêne émue par cette petite herbe folle seule et en colère, s’adressa à elle.
    – Bonjour Herbe folle ! Pourquoi tant de méchanceté envers ce petit chêne naissant, mon fils ?
    C’est vrai, il a de la chance d’avoir ses parents, quant à toi, tu es seule, plus tôt que de te fâcher
    contre lui, unissez vous, tu vas grandir plus vite que lui, tu le protégeras et lorsqu’il sera
    devenu plus fort, c’est lui qui te protégeras et puis, nous serons là pour vous protéger tous les deux.
    Herbe folle qui n’était pas méchante dit :
    – Oh merci ! Madame chêne ! Je ne me sens plus seule, j’ai enfin une famille.
    Devant tant de tendresse et de gentillesse, Jalousie prenant sa petite Pointe de jalousie par la main, s’adressant à cette dernière lui dit :
    – Viens, nous n’avons plus rien à faire ici…

  9. Michel-Denis ROBERT dit :

    Une pointe de jalousie souffrait de ne plus trouver où s’exciter. Quand soudainement un mauvais prétexte l’envahit. Il avait vraiment tout pour l’attiser.
    Evelyne et Martine font leur pose au distributeur de boissons. Elles parlent de leur chef qui les surveille.

    E – Ca se voit au premier coup d’oeil.
    M – Quoi, qu’il est jaloux ! C’est pas écrit sur sa figure. Et puis, on est jaloux de ceux qu’on aime.
    E – Ah ! C’est un cliché, ça Madame !
    M – Tu m’as l’air cliché, toi.
    E – Il n’est pas spontané, il cible.
    M – Il cible ? dit-elle, les yeux étonnés. Ca veut dire quoi, il cible ?
    E – Il décèle tout de suite le point faible, il est intelligent, méfie-toi.
    M – Ca, pour être intelligent, il l’est ! Et puis il est beau ! Je l’ai pris en photo. C’est ça que tu veux dire avec ton cliché ?
    E – Si tu veux. Garde le bien au chaud dans ta petite boîte. Mais jaloux de ceux qu’on aime, ce serait plutôt le contraire. Quand on aime quelqu’un on veut qu’il (ou elle) s’épanouisse.
    M – Mais je veux qu’il s’épanouisse !
    E – Méfie-toi !
    M – S’il m’aime, je n’ai pas à me méfier.
    E – Tu devrais lui poser des petites questions du genre : tu as passé un bon après-midi ?
    M – Ben, c’est ce que je lui dis !
    E – Et ?
    M – Il passe toujours des bons après-midis.
    E – Tu vois !
    M – Arrête de me faire flipper.
    E – Il quitte à quelle heure ?
    M – A treize heures, pourquoi ?
    E – Parce que je le vois passer à quinze.
    M – Il va à la salle de sport.
    E – Il y a des filles à la salle de sport.
    M – Et alors ! C’est pas toi qui serait jalouse des fois ?
    E – Oh, moi ! Pas du tout.
    M – T’as quelqu’un en ce moment ?
    E – Non pourquoi ?
    M – C’est pas toi qui le ciblerais des fois ?
    E – Moi ? Je ne me permettrais pas de cibler, comme tu dis, le gars d’une copine. Un gars, j’en ai un quand je veux.
    M – Alors ! Toi qui n’aime pas le sport, pourquoi tu t’es inscrite à la salle de sport ?

  10. Grumpy dit :

    Depuis quelque temps Rosalie ne reconnaissait plus son Robert.

    De jour ça allait encore, quand elle regardait sa figure et sa silhouette , c’était bien lui, elle ne se posait pas la question : petits yeux plissés, moustache jaune tabac, barbe de 3 jours, déjà un peu chauve, pas de doute, il avait vieilli en même temps qu’elle, son dos commençait à se courber, son ventre à déborder …

    D’ailleurs au dernier Noël elle lui avait offert une paire de bretelles sans faire de réflexion pour ne pas le vexer, elle le savait sensible et susceptible, elle ne voulait pas le blesser. Et puis, elle ne voulait pas se l’avouer, elle l’aimait toujours son brave Robert.

    Mais de nuit, franchement non, ce n’était plus le même homme. Bien sûr, il n’était plus aussi vert, sur l’oreiller il s’était bien calmé. Des fois, elle se disait « ben, ç’est moins souvent mais tant pis et tant mieux »

    Ce qui lui avait mis la puce à l’oreille, c’est qu’hier soir, une fois endormi, il s’était agité, avait enlacé le polochon, pire, s’était mis à parler. Au début elle avait cru qu’il rêvait mais à l’écouter plus longuement , elle avait bien compris que son songe n’avait rien d’un cauchemar.

    Un prénom revenait souvent, toujours le même. « Magali, ma Magali, ma belle Magali, Magali Oh là !….) » « Ah ! … Magali jolie, je t’ai choisie, ton pelage c’est de la soie, les longs cils de ton regard, ton petit museau humide. .. »

    A la Rosalie, son sang ne fit qu’un tour aussi vigoureux que l’aiguillon de la jalousie venu la tourmenter à la rendre folle.

    Magali ? Qui c’est celle-là ? Elle visionna dans son crâne palpitant de migraine colérique les visages de toutes les jeunes filles du village, elle en eût vite fait le tour, il n’y en avait plus guère, presque toutes mariées à la ville.

    Ainsi elle passa en revue Simone, Nicole, Eliane, Arlette … de Magali point. D’où sortait-il ce prénom provençal, et puis, qu’est-ce qu’elle serait venue faire par ici en Alsace une gourgandine du Midi ?

    Le lendemain matin, elle ne lui fit pas de sourire au Robert, elle lui fit chauffer son café de bien mauvaise grâce.

    – Qu’est-ce que tu as ce matin, lui demanda Robert, c’est encore ton mal de tête ?
    – Ah, il a bon dos mon mal de tête, si je l’ai c’est de ta faute !

    Robert n’y comprenait rien.

    – Dommage que tu aies mal au crâne ce matin, ça tombe mal, je voulais justement te présenter quelqu’un

    – Quelqu’un tu dis ? Dis plutôt quelqu’une !

    – Ben oui justement, suis-moi à l’écurie que je te présente Magali, tu vas l’aimer cette belle limousine, je l’ai achetée hier à la foire et je voulais t’en faire la surprise, il y a si longtemps que tu en réclamais une de belle laitière.

  11. Antonio dit :

    (attention, c’est chaud, âme prude s’abstenir)
    — Alors tu montes, ma jolie ? … Je sens qu’il y a longtemps que t’as pas vu une tringle à rideaux.
    — C’est que… d’habitude je n’ai pas besoin de ce genre de prétexte pour… enfin, m’envoyer en l’air.
    — Je sais, vous êtes toutes les mêmes, vous, les grandes jalouses. Vous vous masturbez la cervelle à coup de prétexte-toys et puis un beau jour, vous n’arrivez plus à jouir des mêmes raisons qui vous montent à la tête. Rien de tel qu’un professionnel bien monté. Regarde ces formes, c’est pas du mastoc, tâte un peu comme c’est musclé.
    — Han !
    — T’en rougis déjà… Allez monte-va, on lui fait son affaire à ton homme.
    — Le salaud ! Le salaud ! … Je l’savais ! Comment il a pu me faire ça ?
    — Du calme ! Attend au moins qu’on arrive dans la chambre. Et les préliminaires, ma chérie ? Tu n’voudrais pas bâcler ton plaisir, tout de même. Allez viens, caresse les zones sensibles… là.
    — Il ne m’a jamais regardé comme il la regarde elle. L’autre jour, il n’a même pas remarqué que je suis allée chez le coiffeur.
    — Mmm…
    — Le salaud, il doit s’la faire là !
    — Oh ! du calme, tu vas trop vite… Reviens par là.
    — À Noël il m’a offert le même parfum qu’à mon anniversaire. C’était pourtant un mois avant. J’le déteste !
    — Oui… C’est bon ça.
    — Le pire, c’est que l’année dernière je lui ai déjà dit que je n’aimais pas ce parfum-là. Il ne m’écoute pas. Il ne me voit pas…
    — Mmm…
    — Oh le con !
    — Oui…
    — Oh mais ça y est !
    — Oui…
    — Oh mais.. mais ça me vient d’un coup là. Il doit lui offrir le même à cette greluche. Parce que oh !
    — Ouiii… C’est ça, vient au but !
    — Le salaud… le salaud ! Ooooh ! le salaud ! Chaque fois qu’il revient du boulot, il… Oh ! le salaud ! …. Il sent mon parfum !
    — Oh !
    — Que j’suis conne, il doit s’la faire ! … C’est clair !
    — Oui !
    — Au même instant, là ! .. Le salaud ! Oh ! Le Salaud ! … Je le hais ! Si seulement je pouvais … Hoooo !
    — …
    — …
    — Et ben, y avait longtemps que cette envie te tenaillait, dis donc !
    — Merci ! Je n’avais encore jamais atteint un tel pic de jalousie…
    — Quel pied, en effet !

  12. Souris verte dit :

    🐀👩‍👩‍👧‍👧 LES DEUX COPINES
    Jalousie se morfond.
    Que m’ arrive-t-il ? Moi qui d’habitude pique ‘dare-dard’, ne manque jamais ma cible, voilà que je m’en trouve dépourvue.
    Trop calme, tout va trop bien!…
    Envie, par sa détresse émue, arriva frétillante chercher sa copine.
    Allez ! viens amie!…
    Et donne ton anse ma cruche! les voilà parties bras dessus bras dessous semer la zizanie…
    Oui mais où ?
    En longeant un ruisseau,
    elles rencontrèrent
    Gourmandise, cette gourgandine qui, l’air de rien, soufflait chaudement sur les badauds qui se baguenaudaient au bord de l’eau… les poussant doucement à consommer.
    Jalousie et Envie nuagèrent aussitôt vers le camion glacier.
    Pour moi un gros sorbet dit un petit blondinet… Et moi un double à la vanille.
    Non, le mien plus gros! et avec de la chantilly… plein, plein…
    Chamailleries, criailleries… Attirée par ces bruits, Curiosité s’en mêla…
    Comment il est le tien ?
    Le mien a trois boules…
    Brutalité intervint et tous se flanquèrent des volées à coup de cornets.
    Les deux copines malignes s’en donnaient à cœur joie… de leurs piques attisaient les combats…
    Gourmandise effondrée voyant à cause d’elles son plan capoter, souffla un vent d’air froid…
    Arrêtez… Mais arrêtez vos manigances ! Ce n’était qu’un prétexte bon ou mauvais pour les pousser au vice…
    Jalousie et Envie laissèrent la place ravies, elles avaient rempli leur office.🐀

  13. Catherine M.S dit :

    En attendant… samedi prochain

    Une pointe de jalousie
    Très affûtée
    Souffrait de ne plus trouver où s’exciter
    Quand soudain un mauvais prétexte l’envahit
    Il avait vraiment tout pour l’attiser…
    Des rondeurs affriolantes
    Des transparences rassurantes
    Un côté abouti qui séduit.
    Avant son arrivée
    Il fallait du temps pour l’énumérer
    Celui d’avant
    De la salive aussi
    Plusieurs mots pour l’écrire
    Il fallait s’appliquer et réfléchir
    Où mettre un S
    Où le retirer
    Et le fameux tiret
    Où le placer ?
    C’était un peu compliqué.

    La pointe aimait bien se moquer
    Et gentiment l’asticoter
    – Pas trop fatigué ?
    Trois cent quatre -vingt-dix-neuf
    C’est lourd à porter
    Surtout quand un grain de sable esseulé
    Vient s’en mêler !
    Mais ce quatre cents
    Pour qui se prend-il
    Il ne sait pas encore
    Que sa vie ne tient qu’à un fil ?

    La pointe se mit à gigoter
    La jalousie repointa le bout de son nez
    Sournoisement elle lui mit un vilain coup de pied
    -Allez, du balai
    On attend impatiemment. ..le suivant !

  14. AMARYLLIS dit :

    Une pointe de jalousie souffrait de ne plus trouver
    où s’exciter. 
    Quand soudainement un mauvais prétexte l’envahit.
    Il avait vraiment tout pour l’attiser…
    Il était vrai que, depuis que la dame d’à côté avait perdu son époux et semblait errer comme une âme en peine, la pointe de jalousie commençait à ressembler à un tout petit, mais vraiment tout petit début de compassion. Finis les tendres échanges entre les amoureux qui semblaient animés d’un amour éternel. Finis les regards complices, tournés vers les étoiles, quand il lui expliquait Orion, Cassiopée, les Perséides, et même la Galaxie d’Andromède parfois visible à l’oeil nu ! Finis les fous rires et les départs en moto, sans but précis autre que celui de passer encore un bon moment ensemble…
    Mais depuis quelques temps, la petite voisine semblait retrouver le sourire. Des amis venaient remplir sa maison de bonne humeur, partager un verre ou un petit repas… La petite pointe de jalousie, se mit à la recherche d’un prétexte pour reprendre du «poil de la bête». Soudain, il lui apparut : un mauvais prétexte qui lui souffla sournoisement : – Elle a quand même bien de la chance ! Non seulement elle habite dans un joli endroit, reçoit plein de visites amicales mais en plus elle trouve le moyen de partir chaque jour faire un tour en voiture ! Mais où donc va-t-elle comme ça ? Alors la pointe de jalousie se remit à enfler, enfler, jusqu’à se rendre malade, malade de jalousie ! Malade au point que la dame, étrangère à l’envie et à la convoitise, s’en émut et vint aux nouvelles… «Vous ne me semblez pas en bonne forme, peut-être puis-je vous aider ? N’hésitez pas ! Et si vous veniez bavarder un peu à la maison avec une tasse de thé? » Alors la pointe de jalousie s’envola subitement et fut instantanément remplacée par un petit, un tout petit début de sympathie.

  15. Camomille dit :

    Une pointe de jalousie souffrait de ne plus trouver
    où s’exciter. 
    Quand soudainement un mauvais prétexte l’envahit.
    Il avait vraiment tout pour l’attiser… 
    Voilà… voilà… voilà ! Je m’ennuie à en mourir…
    Je tourne en rond depuis que ma Propriétaire consulte un psy.
    Pourtant, je loge chez elle depuis sa naissance et je pensais bien que j’étais incrustée à vie.
    J’ai beau chercher, je n’ai plus de prise sur ses ressentis…..
    et le pire du pire, c’est qu’elle s’est mise aussi à la méditation.
    Alors, entre les visite chez son psy et ses séances de méditation, il n’y a plus de place pour moi…. je me sens exclue.
    Je vais peut-être mourir ? Mourir par absence de prétexte. mais c’est terrible une fin pareille, TERRIBLE !
    Une idée me vient :
    Aller consulter une agence de placement ? Un genre d’A.N.P.E quoi…
    Me voilà donc face à la Directrice de l’Agence qui après m’avoir bien écoutéEme dit :
    – Oui, je connais le problème hélas !
    Il y a de moins en moins de place pour vous dans notre pays.
    Les psy et les sophrologues, ont changé la donne,
    Sans parler du succès de Christophe André, avec ses conférences et ses séances de méditations sur toutes les ondes qui favorisent l’invasion de de «joie», «bienveillance», «compassion» et «indulgence».
    – Cependant j’ai quelque chose pour vous, ce serait même une promotion
    si vous acceptiez de changer de pays?
    – Dites-moi vite !
    – Il y a une très bonne place à Prendre chez un Propriétaire fertile en mauvais prétextes….. mais c’est en AMERIQUE. Je crois que c’est un chef d’entreprise ou quelque chose comme ça.
    – «Paranoïa» y loge depuis longtemps, et à fort à faire,
    – «toute puissance» a pris place depuis deux ans environ, et ça se passe très bien,
    «colère» y fait du très bon bouleau,
    quant à «Jalousie», elle ne sait plus ou donner de la tête et demande du renfort.
    De «pointe de jalousie» vous seriez promue « jalousie » à part entière si vous acceptiez ce logement ?
    – J’accepte ! lui dis-je…. je suis toute excitée par cette perspective.
    Voilà, je pars demain mais je ne vais pas vous oublier, vous aurez de mes nouvelles via BFM et LCI, faites-moi confiance !
    Bye bye !

  16. Nadine de Bernardy dit :

    Une pointe de jalousie souffrait de ne plus trouver où s’exciter.Quand soudain,un mauvais prétexte l’envahit.
    Il avait tout pour l’attiser.

    Elle était là,tapie dans un coin sombre,ruminant son animosité devant cette situation insupportable pour elle qui n’avait jusqu’à présent pas manqué de raisons d’exercer ses talents.
    Etait ce l’âge,son coeur fatigué qui vivait difficilement les accès d’hostilité,les envies de meurtre suscités par les passions bafouées? En tout cas, elle s’était prudemment reconvertie dans la jalousie pépère,à la portée de ses sentiments émoussés. Ce qui la menait à la conclusion suivante:
    – elle s’emmerdait!

    Elle avait beau scruter les situations,décortiquer les réactions, elle ne trouvait rien.C’était calme,serein ou caché et hypocrite.
    Elle s’endormait presque quand un son lui parvint.
    La musique d’un concerto parfait joué avec âme,si merveilleux,déchirant qu’elle en eut les larmes aux yeux.Ce sentiment lui étant interdit,elle y réagit en jalousie froide et féroce,non comme une midinette énamourée.
    Elle écoutât mieux.Cela coulait limpide,fluide exacerbant enfin à nouveau ses facultés,face à un être capable de s’abandonner à ce point pour offrir à tous une telle beauté.
    Elle passât du blanc au rouge puis au vert,signes qui lui disaient qu’elle était prête.
    Elle le tenait son prétexte.
    Quelqu’un qui possédait ce talent,une âme qui faisait frissonner le monde!Quel bonheur,l’on pouvait haïr cet être là,en être furieusement jaloux.
    C’était une injustice totale,une exception inimaginable un talent pareil qu’elle ne possèderait jamais.
    Et cela appartenait à un seul?
    La pointe de jalousie ne souffrait plus,elle avait trouvé de quoi offrir à la terre entière des sentiments d’envie profonde.
    Souriant d’aise,elle fit le ménage autour d’elle,se défroissa et s’assit,bercée par ce poison mortellement harmonieux qui se déversait toujours.
    Que le musicien se rassure,il était au sommet de son art pour encore longtemps,avec une talle compagne.

  17. Liliane dit :

    La dernière tempête ne l’avait pas épargnée.

    Elle se souvient :
    Le grondement de l’océan.
    Le sifflement du vent Santa Ana.
    Le mugissement des séquoias.
    La fureur des éléments.

    Elle souffrait de ne plus trouver où s’exciter.
    Ses lames rescapées étaient désormais impuissantes.
    C’est fini ! pensait-elle.

    Soudain, un mauvais prétexte l’envahit.
    Le craquement des brindilles.
    Le chuchotis des voix.
    L’approche des pas.
    Un cri d’extase.

    Alors, la jalousie reprend espoir.
    Sûr ! Elle va renaître !
    Le bonheur ! espérait-elle.

    Deux hommes sont subjugués par le spectacle qui s’offre à eux.
    Soudain, la joie illumine leur corps.
    Ils viennent de découvrir une pépite.

    L’un est menuisier-ébéniste.
    L’autre est tailleur de pierre.

    Et c’est ainsi que, quelques mois plus tard,
    « adossée à la colline, la maison bleue »…
    Plus précisément, la maison aux jalousies bleues…
    Fit bien des envieux !

  18. Blackrain dit :

    Jalousie a clos ses volets de médisance. Et lorsque cette italienne en perd sienne trop longtemps, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Envie et Convoitise pensent qu’elle dépérit. Elle voit les verres à moitié plein plutôt qu’à moitié vide et supporte le bonheur de ses voisins avec compersion. On dirait même qu’elle éprouve de l’empathie pour ceux qu’elle méprisait la veille. Son visage en est en partie déformé. Ses yeux et sa bouche ne plissent plus, ils se détendent. Jusqu’à son sommeil qui est paisible. Ses deux amies sont inquiètes. Afin de lui porter secours elles demandent l’aide de Prétexte. Il est devenu mauvais depuis qu’il n’a plus d’Excuse à ses côtés.

    Quelque temps plus tard les deux amies sont rassurées. Le mauvais Prétexte a séduit Jalousie. Il a complètement envahi son intérieur, son corps, son âme et son appartement. Il a squatté son cœur pour en faire sortir la rancœur. Il a emprisonné ses bonnes intentions ; l’affection, l’admiration, l’approbation, l’acceptation, pour libérer ses mauvaises vibrations ; la décortication, la désapprobation, la démystification, la dévalorisation, la dégoutation, la détérioration, la démolition, la destruction, la damnation parfois. Grâce à lui, Envie, Convoitise et Jalousie, sont redevenues les trois Mousquetaires qui ne veulent pas se taire, qui se sentent à l’étroit dans leur vie. Après s’être fardé de laideur, elles socialisent. Elles sortent leur langues fourchues, pour se créer une vie paire, une vie sublimée mais jamais atteinte lorsque la mort viendra en baisser le store.

  19. iris79 dit :

    -Non mais tu as vu comment tu la regardes ! Tu veux des jumelles ?
    -Quoi ? La goélette là ? Ah pour sûr, elle est belle ! Mais je ne vois pas où est le problème ?
    C’est ça, la goélette ! Prends moi pour une imbécile !
    Mais je ne vois pas de quoi tu parles !
    -la belle blonde là, ne me prends pas pour une idiote, je vois bien que tu la reluques depuis tout à l’heure !
    -Mais pas du tout ! Je regarde la goélette derrière elle, ce n’est pas de ma faute si cette jeune femme se trouve pile devant ce que je regarde !
    -Ben voyons ! Et il me prend pour une gourde en plus ! Tu as perdu tes jambes ? Tu ne peux pas te déplacer sur le côté ou même la contourner et la dépasser pour la voir ta goélette! Ah ben non bien sûr ! Elle ne serait plus dans ton champ de vision, suis-je bête ! Et puis tu risquerais le torticolis en dépassant celle qui te « gêne »…
    -Mais pas du tout ! C’est juste que d’ici, je suis de face, et que je peux donc la voir en entier !
    -Ah ça pour sûr, tu la vois en entier, c’est le moins qu’on puisse dire et vu le peu de tissu qui l’habille, tu n’es pas loin de la voir parfaitement en entier !
    -Mais enfin, tu délires !
    -C’est cela ! Et bien si ce ne sont que des idées, je t’invite à te lever, on va aller la voir de plus près ta fameuse goélette hein. Je vais payer les cafés !
    -Ah minute !!! On est en vacances ! Tu peux bien me laisser, nous laisser profiter de la vue de cette terrasse de café ! Toi qui attendais ces vacances depuis tellement longtemps, profite !
    -ah mais oui bien sûr ! C’est l’endroit idéal, que dire parfait pour profiter à fond de ces vacances et découvrir tous les charmes du paysage. Dommage, je n’ai pas de paquebot grand, brun, élancé et sexy dans mon champ de vision…
    -Bon et bien écoute, peut-être auras-tu plus de chance à la plage ! De te reposer j’entends…
    -Ah pour sûr, comme ça,tu pourras multiplier les chances de voir quantité de goélettes, plus belles et extraordinaires les unes que les autres…
    -Dis-donc, tu commences à me courir avec tes sous-entendus graveleux !
    -oh, Monsieur fait son prude…Pauvre chéri ! Et moi qui m’étonnais que tu choisisses la mer comme lieu de villégiature après toutes ces années à la montagne…
    -Bon tu as fini avec ta jalousie ?
    -Et toi, tu as fini avec ton mauvais prétexte  minable de goélette ?

  20. Gerson Goirand Suzanne dit :

    Bonjour,
    Toujours une idée originale ou un sujet inattendu pour enthousiasmer l’écriture et la recherche de péripéties ou d’aventures inattendues…
    La lecture de la proposition est toujours un plaisir ! Merci. Bravo… et encore !
    Suzanne Aix

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