429e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat

Racontez le désappointement de ce jeune fantôme qui s’était inscrit au cours du soir

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23 réponses

  1. Fleuriet Mireille dit :

    Devenu depuis peu fantôme, j’étais un peu désappointé ne sachant comment m’y prendre. Je décidé de m’inscrire au cours du soir.
    J’entrais en catimini dans cette grande salle qui ressemblait à s’y méprendre à la salle Poudlard dans Harry Potter.
    Flottant dans un coin, mon drap flamant neuf, je pus voir tous ces fantômes, tous ces draps devrais-je dire. Il y en avait des gris de vieillesse, des jaunis, des blancs lumineux, tous plus hideux les uns que les autres, à en faire peur, c’était pour cela peut-être qu’ils venaient, apprendre à faire peur. J’écoutais attentivement leur récit, ils s’ingéniaient à vouloir faire peur, les uns hantaient des châteaux, d’autres des maisons et d’autres encore des cimetières.
    Ce n’était pas comme ça que j’entendais être fantôme, j’allais discrètement prendre la tangente lorsque une voix retentit s’adressant à moi.
    Eh toi ! Le nouveau quel est ton nom ?
    On m’appelle Charles, le fantôme chantant.
    Pourquoi es-tu venu au cours du soir ?
    Pour apprendre à être un fantôme, je ne sais pas faire peur et je ne veux pas faire peur. Très peu pour moi, je vais rester le fantôme que je suis. Moi, je hante les fermes et les châteaux, un fantôme qui chante on trouve ça rigolo (sic).
    Au revoir la Compagnie !
    Je chante, je chante soir et matin, je chante sur mon chemin… (sic).

  2. Bitsch dit :

    Paulux hésitait à entrer. Il était mort depuis deux heures, son corps était encore chaud. Il était à l’heure. Il l’avait promis la veille. Est-ce qu’il le verrait ? Le boss lui avait demandé de lui faire un signe quand il serait mort. Depuis les quelques minutes qu’il rongeait ses cuticules, les dix lampadaires de la rue s’étaient tous éteins. Dans la nuit noir, enfermé dans un écrin de brouillard cotonneux, il attendait son maître.
    Le boulot de dieu de la mort n’était pas donné à tout le monde. Il fallait accepter sa future mort, annoncée au préalable par le gardien de la croix pourpre en personne. Un matin de 3 juin 2019, Paulux ouvrait la caisse du petit cinémas de village où il travaillait depuis maintenant trois ans. Le boulot était sympa : il pouvait mater tous les films qu’il voulait. Les films d’horreurs trônaient parmi ses préférés. Pour le festival de l’horreur de la night watch, Paulux était aux premières loges, distribuant pop corn et canettes de coca aux adolescents en délire. Dans son petit tablier rouge, Paulux se trouvait alors indispensable et il aimait ça. A la maison, personne ne le considérait, il était tout juste bon à ramener une paye tous les mois à son père alcoolique. Pourtant, malgré le plaisir qu’il prenait à se glisser dans les allées sombres de salles à moitié vides, il lui manquait quelque chose. Un truc. Le battement de coeur suprême qui pourrait le sortir de sa torpeur du métro/boulot/dodo. Autour de lui, tout le monde se casait, réussissait ses rêves et déverrouillait un nouveau pallier de son destin. Il lui manquait la décharge de la terreur grandiose, du dernier souffle s’échappant de ses lèvres. L’appréhension de l’excitation de la question que se posait tous les êtres humains : Qu’est-ce qu’on trouvera après la mort ? Est-ce que le président de la république française se trouvera à côté de moi, torturé dans le cercle de l’enfer dédié aux âmes perdues. Pourrait-il rencontrer ses acteurs favoris ?
    — Tu es en retard, apprenti Paulux ? Lança une voix caverneuse.
    Le maître descendait les escaliers du parvis de l’Université avec la majesté de la mort.
    — J’hésitais encore à rentrer… Si je deviens un dieu de la mort, je serais à jamais coupé des vivants ?
    Il se gratta la tête.
    — Tu seras une âme à part de toutes les autres. Tu pourras ordonner les horaires des expirations. La planification est notre premier devoir. Ensuite, tu as l’action.
    Le maître sorti de son long manteau ténébreux une lame dentelée, miroitant les faveurs de la pleine lune.
    — Je devrais tuer ?
    Un rictus anima le visage de pierre du maître.
    — Ils sont déjà morts, au moment même où le Haut seigneur décide de l’heure de leur trépas… Assez parlé ! Le cours va bientôt commencé. Nous avons Mireille Zoratique, une jeune infirmière percutée par un bus. Laurent Alberti, un sans abri qui s’est ouvert le poignet avec le cul d’une bouteille, et enfin Kaun Louvetain, un curé qui s’est suicidé en défiant la mort.
    — Je suis un fantôme chanceux, sourit Paulux. Ces amis sont tous à moi ? Quand commençons nous ?

  3. françoise dit :

    Un jeune fantôme qui s’était inscrit au cours du soir était fort désappointé car sa (la) fantomette qu’il convoitait n’était pas venue, comme à son habitude. Se puisse-t-il qu’il se soit mépris sur ses sentiments . Pourtant la dernière fois qu’ils s’étaient donné rendez vous au clair de lune à Maubeuge, elle s’était montrée plutôt aguicheuse, écartant son voile à la limite de la décence .Etait-elle aller rejoindre le fantôme de l’opéra ? Elle lui en avait parlé à plusieurs reprises mais de là à imaginer qu’elle en était tombée amoureuse ?
    Soudain ses yeux furent attirés par une affiche sur laquelle il était proposé, sous condition, une formation d’ange gardien aux fantômes qui souhaitaient se recycler.
    Et c’est ainsi que six mois plus tard on lui proposa un emploi d’ange gardien de Gérard Depardieu.
    Ce fut magnifique, il s’amusa beaucoup notamment lorsque celui-ci joua dans le film Obélisque et Astérix . Ce qui l’inquiétait beaucoup c’est que Gerard tirait un peu trop sur la corde et si un jour celle-ci cassait ? Que deviendrait-il ? Ce n’était pas sans l’inquiéter. Et drôle de coincidence, alors qu’il en était-là de ses réflexions, Gérard rencontra Vladimir Poutine. Bien sûr, ils s’embrassèrent à la russe. Puis après moultes conversations la vodka coula à flots accompagnée de caviar, pelmeni, etc…si bien que fin soul Gérard partit en m’abandonnant.
    Je ne puis vous en dire plus car je suis maintenant l’ange gardien du chef du K G B.

  4. Clémence dit :

    Racontez le désappointement de ce jeune fantôme qui s’était inscrit au cours du soir.

    Dans un chuintement très discret, la missive glissa sous la porte de la chambre de la jeune Eléonore.
    Elle détourna les yeux du spectacle grandiose qui s’offrait à son regard du haut du donjon.
    Eléonore glissa doucement vers la porte, se pencha avec élégance et ramassa la missive.
    Elle la décacheta et poussa un cri silencieux.
    – Oh, my God ! Que me veut donc ma confrérie ? Serait-ce une sanction pour espièglerie ?

    Eléonore continua sa lecture et avec stupéfaction, elle apprit successivement que son entrée dans la confrérie faisait d’elle une fantômette d’honneur. « Grâce à vous, notre confrérie est la première à respecter l’égalité homme-femme … » et que le Grand Maître voulait « …marquer l’événement par la réalisation d’un de vos vœux les plus chers…. »

    La réponse d’Eléonore fut rapide. Elle souhaitait s’inscrire à un cours du soir, avec option « Privilèges ». Cette formation incluait, à l’instar des Compagnons du Devoir, un tour du Monde.
    La demande fut acceptée sans la moindre restriction car les déplacements ne coûteraient absolument rien.

    Eléonore rangea sa chambre, prépara un cartable avec ordinateur portable, carnet et stylo multicolore et quelques effets personnels. Elle ne résista pas à enfourner, à la dernière minute, quelques paquets de marshmallows. Elle ferma la porte de l’intérieur et s’en fut, telle une étoile filante, par la fenêtre du donjon en chantant à tue-tête : « L’aventuuuure, c’est l’aventuuuur-u-u-re… »

    Ecosse : Tout connaître sur le Scotch whisky.
    Eléonore se révéla une élève brillante. A la fin de la formation, les maîtres lui décernèrent son diplôme, mais ils lui firent signer une clause restrictive. Elle tiqua un peu, mais la clause lui semblait d’une grande sagesse : « Pas d’alcool avant d’atteindre la majorité ».

    Allemagne : Fer ou acier/ titane.
    Eléonore visita, écouta, enregistra, pesa, sous-pesa et sortit laminée de cette formation. Elle décrocha, haut la main, le premier prix : « Un jeu de chaînes et les boulets assortis, en titane, le tout d’une légèreté extraordinaire. » On lui fit signer une clause restrictive : « Interdiction de jouer à la pétanque  avec les boulets »
    Eléonore trouva la clause banale, haussa les épaules, apposa sa griffe et râla intérieurement :
    – Ils ne vont tout de même pas me coller à chaque session, une clause restrictive!

    Inde : La soie sur soi.
    Eléonore fut éblouie et ne trouva point les mots pour rédiger son rapport de fin de formation. Et quelle ne fut pas sa surprise, à la fin du repas de clôture, d’être promue au rang de « Rani », mais encore et toujours, avec une clause restrictive : « Interdiction de porter d’autres matières que la soie ». Rani-Eléonore joignit les deux mains sur sa poitrine, salua en guise d’acceptation. Mais un certain agacement lui fit cligner des paupières et un léger rictus se dessina au coin de ses lèvres.

    Les jours s’égrenaient et les cours se succédaient de par le monde. Brésil pour les émeraudes, Afrique du Sud pour les diamants, Tahiti pour les perles , le Japon pour l’optique, le Mont Fuji, Silicone Valley pour l’IA…Eléonore assimilait toutes les connaissances qui conduisaient à la maîtrise absolue. Et elle thésaurisait, avec une joie intense, ses récompenses, mais, en même temps, elle s’agaçait de l’accumulation des clauses restrictives.

    Eleonore était devenue la-plus-jeune-fantôme-la-plus-au top  de tout ce que comptait la vie d’un fantôme d’aujourd’hui ». Enfin, presque, car il lui manquait encore un cours. Celui qui clôturerait cette formation incroyable.

    Destination : la France, le pays le plus beau du monde !
    La mode, les parfums, la gastronomie, Versailles, le Louvre… Un feu d’artifice.
    Eléonore fut éblouie et éblouissante. Et comme d’habitude, elle obtient le premier prix de France et un cadeau offert par la Ville de Paris : une trottinette électrique.
    Eléonore fut enchantée. Ce véhicule original était ce qu’il y avait de plus parfait pour sa nouvelle vie. Quels que soit les lieux de ses affectations, elle n’aurait plus le moindre effort à fournir.

    Elle était sur un petit nuage lorsqu’elle signa le codicille, les yeux fermés. Ce ne serait qu’un petit détail sans trop d’importance…

    De retour au sein de sa confrérie, elle fut la vedette d’un soir. Elle remercia, elle loua, elle félicita et narra, en long et en large, à coup de lieux communs et d’expressions toutes faites, les bienfaits de cette formation unique en son genre. Des prix, des diplômes, des certificats, des titres…mais bon…avec à chaque fois une clause restrictive.
    C’est alors qu’elle se souvint de l’ultime, la française. Elle s’exclama :
    – My God, je n’ai pas pris connaissance de la dernière.

    Elle fouilla dans les replis de son drap de soie, ses chaînes cliquetaient, ses yeux lançaient mille feux… ses mains tremblaient… ses doigts déchirèrent enfin l’enveloppe…
    D’une voix blanche, elle lut :
    «  Obligation de porter des bandes réfléchissantes dans le dos, sur la poitrine et au bas de toute tenue »

    Le comble, pour un fantôme, n’est-il pas?

    © Clémence.

  5. pissenlit dit :

    Racontez le désappointement de ce jeune fantôme qui s’était inscrit au cours du soir …

    On lui avait dit qu’il y trouverait une chance de se remettre à niveau et qu’il pourrait passer le BSA, Brevet supérieur d’anxiété .
    C’est donc plein d’enthousiasme que Georgio, à peine sorti de l’adolescence avait traversé la porte pour rejoindre ce cours du soir « Espoir ».
    Jusqu’à présent son parcours n’avait pas été exemplaire. Plusieurs fois expulsé des écoles classiques, en rupture totale avec ses parents, il avait cherché sa voix à l’étranger, testant des Wouh, Wouh, des Youh, Youh et même des Gling, Gling !
    Ces différents essais de langue n’avaient rien donné. Georgio ne faisait peur à personne, ne provoquait pas la moindre inquiétude, ne parvenait jamais à créer ne serait-ce qu’un petit effet de surprise.
    Revenu en France, il fit les démarches administratives nécessaires pour reprendre sa scolarité et décrocher ce sacro-saint BSA, qui à coup sûr lui permettrait d’être un fantôme digne de ce nom.
    Il s’était installé au premier rang et regardait d’un air distrait « ses camarades » arriver, les uns par les murs, les autres par le toit ou le plancher. Il y en avait de tous les âges.
    Bien-sûr, il faut être fantôme pour savoir tout cela, les mauvaises langues diraient qu’ils se ressemblent tous avec leur drapé blanc, et leur chaîne.

    Faisons ici un petit aparté. Les fantômes font partie du règne des semi-vivants, embranchement des invertébrés, classe des noctambula, ordre des drapae , famille des enchainidés, genre Fantominé, espèce Fantomas vulgaris.

    Les mœurs des fantômes sont très bien étudiées. Leur société est très semblable à la nôtre. D’ailleurs notre langage est imprégné d’expressions empruntées à leur vie : le mariage chez les fantômes s’appelle « l’enchaînement » et il n’est pas rare d’entendre chez les couples qui se disputent « tu es un vrai boulet ! ». De même, pour parler d’une dispute entre fantômes, on dit « qu’ ils lavent leur drap blanc en public ».
    La reproduction entre un Homo sapiens et un Fantomas vulgaris n’est pas possible pourtant les sentiments peuvent exister.

    Mais revenons à Georgio qui, bien décidé à faire peur, attendait avec avec impatience l’arrivée de son professeur. Ce dernier arriva en glissant avec dignité sur le sol de la salle de classe. Très souriant, il déclara : « Vous êtes les bienvenus dans le cours « espoir » qui redonne sa chance à ceux qui n’en ont pas eu. »
    Georgio se trémoussait tant il était heureux et ses chaînes cliquetaient gentiment, mais le maître ne lui en fit même pas la remarque. Vraiment ce cours était génial !
    « Ici, vous apprendrez à rendre les gens heureux, à leur redonner de l’espoir ! Finis la mode des robinets qui se mettent à goutter au milieu de la nuit, vous apprendrez à fermer celui que l’étourdi n’aura pas suffisamment serré. Fini les lumières qui restent allumées, vous veillerez à ce que la maison soit bien éteinte pour les économies du foyer. Vous remettrez de l’huile sur les gonds, vous couvrirez le bruit de la machine à laver, vous apprendrez des chansons douces et soufflerez des rêves chauds et ensoleillés dans les oreilles de vos administrés. Vous chasserez le chat qui veut grimper sur le lit, vous chasserez la souris pour qu’elle n’attire pas le chat. Ainsi, bien reposés, bien dorlotés, votre foyer retrouvera l’espoir de lendemains joyeux. »
    Georgio n’en croyait pas ses oreilles. Ce cours était destiné à lui redonner de l’espoir pas à en donner aux autres !
    On l’avait trompé. Il essaya de se rappeler qui lui avait prodigué ce fameux conseil. Il cherchait dans les méandres de sa jeune mémoire tandis que le professeur de plus en plus exalté, expliquait à coup de grands gestes et de trémolos dans la voix l’importance de rendre les humains heureux plutôt qu’anxieux.
    Ça y est, ça lui revenait, c’était une fée. Règne des semi-vivants, embranchement des vertébrés, classe des lanterna, ordre des vessie , famille des ailés, genre des Prestidigitidés, espèce Féerus sornette.
    Décidément, il aurait mieux fait de s’inscrire au cours du matin « chagrin ».

  6. Arthur, le fantôme du lycée dans lequel je travaillais depuis presque vingt-cinq ans, se délectait dans la journée d’écouter certains cours à sa guise, sans être vu. De temps à autre, une porte s’ouvrait malicieusement, faisant un semblant de courant d’air. Un élève la refermait alors toujours sagement.
    Ce gentil fantôme, qui ne faisait peur à personne, se sentait quelque peu à l’étroit dans ce lieu d’études, à suivre toujours les mêmes cours, même s’il changeait de professeurs ou de classes régulièrement. Il avait la nette impression de stagner. Il voulait évoluer, aller au-delà du bac, tout simplement. Il avait la sensation de redoubler d’année en année.
    Il chercha donc sur Internet les formations disponibles dans sa ville. Il finit par trouver son bonheur : l’université du temps libre de sa ville offrait des cours du soir à toute personne désirant parfaire sa culture générale.
    Arthur se rendit au cours d’espagnol faux débutant, pour être sûr de pouvoir suivre. Il n’avait jamais vraiment pratiqué cette belle langue latine à l’oral. Dans les cours qu’il avait méthodiquement suivis, il se contentait d’écouter et de répéter mentalement ce qu’il entendait. Il sentait qu’il était plus doué que la plupart des jeunes, mais personne ne pouvait le corriger.
    Il espérait alors pouvoir vivre d’autres sensations dans ces cours du soir. En tout cas, il s’y rendait plein de bonne volonté et d’espérance. Il était persuadé de montrer de quoi il était capable. Enfin !
    Mais, au fil des semaines, le même scénario se reproduisait. Il avait beau lever la main, vouloir prendre la parole, donner les réponses justes, personne ne prêtait attention à lui.
    Il avait oublié sa condition : il n’existait pas aux yeux du monde.
    Alors, un soir, las d’être ignoré par le commun des mortels, il décida de se montrer et apparut tel que les gens le voyaient habituellement, revêtu de son drap blanc.
    Toutes les personnes présentes hurlèrent d’effroi. Il y eut même une bousculade impressionnante. La police fut appelée pour gérer la situation.
    Arthur fut si désappointé qu’il n’osa plus se montrer ni se rendre aux cours du soir.
    Il décida de rester dans son bâtiment habituel, retranché dans un angle d’une des salles de classe, telle une araignée tapie dans sa toile oubliée des regards, tapie dans l’ombre.

  7. Arthur, le fantôme du lycée dans lequel je travaillais depuis presque vingt-cinq ans, se délectait dans la journée d’écouter certains à sa guise, sans être vu. De temps à autre, une porte s’ouvrait malicieusement, faisant un semblant de courant d’air. Un élève la refermait alors toujours sagement.
    Ce gentil fantôme, qui ne faisait peur à personne, se sentait quelque peu à l’étroit dans ce lieu d’études, à suivre toujours les mêmes cours, même s’il changeait de professeurs ou de classes régulièrement. Il avait la nette impression de stagner. Il voulait évoluer, aller au-delà du bac, tout simplement. Il avait la sensation de redoubler d’année en année.
    Il chercha donc sur Internet les formations disponibles dans sa ville. Il finit par trouver son bonheur : l’université du temps libre de sa ville offrait des cours du soir à toute personne désirant parfaire sa culture générale.
    Arthur se rendit au cours d’espagnol faux débutant, pour être sûr de pouvoir suivre. Il n’avait jamais vraiment pratiqué cette belle langue latine à l’oral. Dans les cours qu’il avait méthodiquement suivis, il se contentait d’écouter et de répéter mentalement ce qu’il entendait. Il sentait qu’il était plus doué que la plupart des jeunes, mais personne ne pouvait le corriger.
    Il espérait alors pouvoir vivre d’autres sensations dans ces cours du soir. En tout cas, il s’y rendait plein de bonne volonté et d’espérance. Il était persuadé de montrer de quoi il était capable. Enfin !
    Mais, au fil des semaines, le même scénario se reproduisait. Il avait beau lever la main, vouloir prendre la parole, donner les réponses justes, personne ne prêtait attention à lui.
    Il avait oublié sa condition : il n’existait pas aux yeux du monde.
    Alors, un soir, las d’être ignoré par le commun des mortels, il décida de se montrer et apparut tel que les gens le voyaient habituellement, revêtu de son drap blanc.
    Toutes les personnes présentes hurlèrent d’effroi. Il y eut même une bousculade impressionnante. La police fut appelée pour gérer la situation.
    Arthur fut si désappointé qu’il n’osa plus se montrer ni se rendre aux cours du soir.
    Il décida de rester dans son bâtiment habituel, retranché dans un angle d’une des salles de classe, telle une araignée tapie dans sa toile oubliée des regards, tapie dans l’ombre.

  8. yvette dit :

    Pourquoi donc me suis-je inscrit à ce cours du soir? Ah oui, je voulais apprendre l secret de la vie. Suis-je bête comme me l’a susurrer Rodolphe? Non ,pourtant je reste persuadé que l’instructeur ne me prend pas au sérieux. Quoi! Il a ouï dire que je ne venais ici que pour faire gloussé es les filles de la comédie , que mon rôle n’était pas si spontané, que j’amusai la galerie et puis quoi encore! Non, mon rêve à moi… c’est de comprendre la vie,pour bien englobé l’après vie. ben quoi c’est mon droit et les cours de Monsieur Aimar sont explicite… »ici chaque élève reçoit l’éducation qu’il choisit ». Donc! Monsieur Aimar jean de son prénom si, si, si c’est tout à fait son truc, doit me donner des cours sur la vie et sous prétexte que cet imbécile l’a perdu…il décide que cela lui fera perdre son temps…Non Môsieur il est juste, vous,vous devez d’assurer ce que vous promettez. Fort de cela, je le lui dit face à face okay un fantôme contre un harpie mâle ça le fait pas du tout du tout. Et me voila épinglé contre le mur tel un papillon de nuit ,qui aurai perdu ses ailes, servant aux autres afin qu’ils puissent parfaire leur propre cours. Basta ma vengeance sera terrible. Enfin il me détache, je jubile car j’ai eu tout le loisir d’apprendre les ficelles des uns et des autres. Me voila en ce soir ou la lune à son plein nargue mes petits amis. Ah!!! quelle jouissance j’en perdis certes la voix, mais, leurs cris de terreurs je vous le dis…me remplis d’une joie incommensurable. J’ai ainsi reçu de la part de Monsieur Jean -Marde la médaille du plus stupide des fantôme. Moi! Moi je l’emmarde bien ce Monsieur car…ma nouvelle vie me plaît infiniment pour cause…Un château en Ecosse rien que pour bibi, à vous voir,à vous faire frémir, venez donc me rendre une petite visite plus jamais vous vous direz que personne ne vous fiche la frousse…

  9. Odile Zeller dit :

    Le petit fantôme soupirait. Pourtant c’était une bonne idée :un cours du soir de magie. Je ne faisais pas de bruit. Personne ne savait que j’étais là. Pas de ma faute si cette vieille chouette arrivée la dernière s’est mise à hurler en apercevant mon aura blanchâtre. On l’a calmée et on a voulu me chasser. Je me suis fait tout petit caché dans le rideau rouge du théâtre. Mais après j’ai pointé le nez pour m’entraîner, faire disparaître une boule rouge dans ma manche. Un derniers rangs ils ont hurlé en voyant la boule suspendue monter, descendre, raser les têtes. On m’a chassé. Chacun avait son idée pour le faire quitter les lieux. Un courant d’air a eu raison de mon opiniâtreté. C’est juste je ne gênais personne. Je ne suis q’un petit fantôme débutant, âgé d’a peine 200 ans. Je m’ennuie. J’ai essayé le golf, le karaté, les vols planés mais tout seul c’est déprimant. Un cours du soir c’était le rêve. Les autres cours anglais débutant, alphabétisation il aurait fallu parler et avec ma voix caverneuse ! Les autres fantômes plus vieux m’avaient prévenu de ne pas séjourner trop près des vivants’ que je n’aurais que des ennuis. J’aurais dû les croire. Ils auront toute l’éternité pour se moquer de moi et d’en rire.

  10. Michel-Denis ROBERT dit :

    Racontez le désappointement de ce jeune fantôme qui s’était inscrit aux cours du soir.

    Personne ne connaissait le début de l’histoire d’Oscar. C’est vrai qu’il était fantasque pour son âge. A 210 ans il n’était pas encore fixé sur son avenir. Mais le conseil veillait.

    « … La table grimpa au mur. Elle aurait pu atteindre le plafond s’ils ne l’avait retenue, d’horreur pour échapper aux rires. Elle n’aimait pas qu’on se gausse d’un fantôme. Elle aurait pu devenir une arme. Ils auraient dû se méfier d’elle. Quelles forces avaient-ils sollicitées lors de ce premier cours particulier ?
    Au début de la session, les cinq jeunes étaient calmes. Ils resserraient leurs liens, ils riaient à l’idée de se mesurer à l’irrationnel. Pour certains c’était la première fois. Parmi eux un médium sûr de lui.
    Dans la salle d’attente du bureau, le spirite avait préparé le minimum de mise en scène pour démontrer son expérience. Pas besoin de matériel sophistiqué, un simple guéridon prélevé dans le bureau du chef suffisait. En tant que chauffeur, il avait les clés. Chaque weekend, lorsqu’il savait qu’il serait tranquille, il s’adonnait à son hobby préféré : faire la courte échelle aux fantômes.
    Il était habitué aux distractions entre potes, comme après une sortie de boîte. Au lieu de foncer ivre sur les routes, il utilisait sa concentration paranormale sur le focus qu’il partageait. C’était moins risqué à ce qu’il paraît et d’après son vécu, plus sain, aucune victime à déplorer… »

    Les pairs d’Oscar l’envoyèrent dans une maison isolée aux volets bleus et c’est là qu’il tomba sur cet article de journal déchiré. Ni le début ni la fin n’étaient mentionnés. Par le réseau Spectramuse il trouva les coordonnées, histoire de se divertir un peu avec des apprentis. Il se présenta au rendez-vous hebdomadaire :

    – Tu dois signaler ta présence en soulevant la table, dit le médium.
    – Toc toc ! Bon suaire Messieurs, que puis-je pour vous ?
    – Dis-nous le prénom de la fiancée de Patrick qui est là !

     » Non mais ! Ils ne m’ont convoqué que pour ça ! Pour qui se prennent-ils ? J’ai un planning à respecter, autre chose à faire. Le prénom de Jacqueline, tout le monde le sait. Ils ne m’ont même pas dit comment je dois me manifester. J’ai plusieurs cordes à mon arc. Amateurs ! Je dois rendre un travail propre à la confrérie, sinon je ne pourrais pas hanter à plein temps. »

    – Ca ne marche pas ton truc, dit Patrick.
    – Chut ! Il ne faut pas parler, sinon… « Sinon quoi ? dit Oscar, idiot, tu ne contrôles rien !  » Concentrez-vous bien sur le fantôme, il viendra s’il se sent en confiance.

    « L’article que j’ai trouvé ne doit pas concerner ces cinq jeunes recrues. Je pars. Ils m’ont appelé pour des broutilles. Mon intuition n’est pas assez affûtée. Si je rends ma copie vide, ils vont m’enchaîner pendant un siècle. Je m’en vais sur un autre terrain et je raconterai mes histoires de prémonition, de possession et de fantasmes et j’aurai du succès dans un autre monde. »

  11. Françoise - Gare du Nord dit :

    429 Racontez le désappointement de ce jeune fantôme qui s’était inscrit au cours du soir

    Un jeune fantôme, natif des Highlands, se trouva bien dépourvu lorsque la crise fut venue (1). A la recherche désespérée d’un emploi, il avait dans un premier temps choisi la facilité et tenté sa chance dans son pays, la virile et réputée très alcoolisée Écosse, terre première des apparitions d’outre-tombe

    Mais il s’était cassé le nez chez les
    – Mac Abbhée où la place était déjà prise
    – Mac Herosen mais cela sentait trop l’essence
    – Mac Hermess mais c’était trop bruyant
    – Mac Hekett en plein milieu d’une partie fine
    – Mac Hitchnett où il s’y trouva trop à l’étroit
    – Mac Yriell mais la file d’attente était décourageante
    – Mac Kagnott le trop avare
    – Mac Intett hélas ils étaient déjà cinq
    et même des Mac Halachnikoff, ce nom à consonance russe lui faisant subodorer une ascendance douteuse

    Il décida de tenter sa chance à l’étranger et opta pour l’Amérique afin de devenir Poltergeist. Il s’inscrit alors à des cours du soir en vue d’apprendre quelques « trucs » et prendre l’accent yankee mais il fut surpris de constater la présence de ses semblabes venus tous en nombre chercher leur voie hors des frontières de leur gaélique patrie : des futurs zombies pour Haïti, de potentiels vampires en Transylvanie, d’éventuels revenants ou autres spectres et ectoplasmes.

    On ne leur cacha pas qu’il ne fallait pas se faire d’illusions et ne pas trop fantasmer sur cette profession qui faisait beaucoup halluciner

    Alors, il choisit la facilité et décida de rejoindre la France « dans un bateau plein d’émigrés qui venaient tous de leur plein gré vider les poubelles à Paris » (1) .

    Il jeta son dévolu sur l’adresse prestigieuse du 55 rue du Faubourg Saint-Honoré mais, là-aussi il se cassa une nouvelle fois le nez : le palais était occupé par un jeune fantôme quadragénaire, un certain Mac Kron.

    (1) Emprunt au fabuliste natif de Château-Thierry Jean de La Fontaine
    (2) Emprunt au savoureux poète castelsarrasinois Pierre Perret

  12. Souris-verte dit :

    🐀FANTÔMETTE ROUSPETTE

    Ça râloche à l’école !
    Fantômette après avoir longtemps fréquenté sur terre le monde frivole de la nuit, se retrouve, sa vie finie l’autre côté.
    La Dame-blanche qui la reçoit lui fait trois propositions.
    Soit tu prends l’uniforme pour, au carrefour, mettre sur le droit chemin toutes les entités qui se présenteront. Et crois moi, y en a ! Entre les zombies, les revenants, les petits démons, les Lucifer et Mephisto qui se font enjôleurs, ils savent s’y prendre ces petits diables et veulent encore faire la loi… Non, crois moi, y a du boulot, ce n’est pas de tout repos…
    Soit, par un coup de chance inouï sur un million, tu retrouves un errant que tu connais et dans ce cas vous pouvez partir ensemble si vous vous mettez d’accord sur un projet commun pour uniquement faire du bien autour de vous.
    Soit tu acceptes un stage de formation pour devenir comme moi une respectable Grande Dame-blanche
    Un stage de formation ! Mais je suis parfaitement bien faite fulmine Fantômette et je peux vous dire qu’en tout cas personne n’a jamais trouvé à y redire !
    Taratata ! Tu apprendras tous les codes d’un fantôme convenable, le savoir-vivre et les bonnes manières et savoir-faire.
    Alors-là, Fantômette rouspète ! m’apprendre à moi qui suis une professionnelle du savoir-faire !

    En y réfléchissant bien, sergent de villes fantômes n’a rien d’affriolant non plus… Pour peu qu’on m’oblige à coiffer le képi sur mon beau voile blanc ça va faire tache…
    Alors! va pour les cours du soir.
    À l’heure dite, et quand elle voit l’assemblée, elle comprend tout de suite que ça ne va pas être une partie de rigolade.
    En effet, elle se retrouve seule dans son voile blanc immaculé au milieu des zombies tout en noir, des revenants tout en dents et leurs gros yeux qui tournent dans tous les sens en lançant des éclairs de convoitise en la regardant…
    La trouille oui !
    Et puis ceux qui volent bas comme des chauves-souris et qui se ce buttant partout et dans tout le monde passent leur temps à grincer des excuses plutôt menaçantes que sympathiques.
    Fantômette désapointée commence à regretter le képi, au moins c’est elle qui aurait dirigé les opérations.
    Jamais elle ne retrouverait une connaissance parmi tous ces bruyants.

    Toute cette agitation cessa à l’arrivée du Maître… Enfin le prit- on comme tel tant sa taille est imposante son voile couvert des signatures des marques les plus prestigieuses. On peut y lire toutes les lettres de l’alphabet ! chiCChoc, C.Désire, les LW, la flèche du grand Hermès et même un cheval Longpré qui court, court comme s’il cherchait quelqu’un ou, comme elle, une échappatoire .
    Saperlipopette! S’écria Fantômette, je le reconnais, c’est le petit cheval Blanc celui qui était derrière et devant qui était tout seul à mon…
    Non, ça elle ne le dira pas, elle ne l’a pas encore admis.
    Elle enfourcha l’ami fidèle et les voilà partis suivre des stages de clowns.
    C’est décidé, quand ils seront prêts ils iront distraire tous les petits fantômes blancs arrivés récemment et puis, pendant qu’ils y seront les petits zombies et les enfants chauve-souris aussi.
    Après tout, plus on n’est de fous…
    🐀 Souris-Verte

  13. Alain Lafaurie dit :

    Le cours s’annonçait passionnant, il serait dirigé par le fantôme Chapelier, un maître en la matière.
    Après quelques séances théoriques sur les degrés d’épouvante, on passerait aux travaux pratiques. Le premier d’entre eux serait la mode du blanc.
    Nosferati, jeune fantôme débutant avait déjà choisi sa tenue, un ensemble drapé plissé choisi dans le meilleur lin.
    Puis viendrait l’entraînement à l’ouverture de la tombe. Squelettique qu’il était, Nosferati craignait cette étape.
    Il pensait être meilleur au pas chassé glissé. De son vivant, il était un as du moon walk.
    Quant à sa cible qu’il devrait hanter, elle était toute trouvée. Il ferait passer des nuits blanches à Eric, son cousin viking qui lui avait piqué sa petite copine.

    C’est donc d’un pas décidé que Nosferati se dirige vers l’Igloo du Spectre.
    Las, quelle ne fut pas sa déception quand il déchiffra le panneau à l’entrée de l’igloo. «  Cours du soir annulé, cause absence de soir. Maître Chapelier vous donne rendez-vous en décembre pour un stage de longue durée lors de la nuit polaire. En attendant, il vous recommande de profiter du soleil de minuit et de lire attentivement son ouvrage : Stupeur et Tremblements ».

  14. Grumpy dit :

    Ravies les Fantôminettes de la classe de 4° lorsque la prof d’anglais leur fit part du projet d’organiser un voyage en Écosse pour un stage de perfectionnement, en cours du soir, naturellement, vu leur condition d’invisibles.

    La destination serait le château d’Urquhart, Comté d’Inverness, très très en ruine, le pauvre, mais qui conservait une tour parfaitement appropriée, laquelle par-dessus le marché offrait l’avantage d’un point de vue extraordinaire sur le Loch Ness.

    L’imagination des petites se mit à galoper chacune se voyant déjà en Nessie, elle-même monstre fantôme, comme si elle y était, et bien que n’en possédant point, elles firent des pieds et des mains pour être du voyage, jamais si belle occasion ne se représenterait en leur vie éternelle.

    Les voilà donc à l’embarquement sur un vol direct Easyjet, Roissy/Edimbourg. Ça alla très vite : pas de bagages, ni de soute, ni de cabine, billet de groupe et surtout aucun contrôle de passeports.

    Personne ne les vit se faufiler de la passerelle jusque dans leur fauteuil.

    Les autres passagers trouvèrent étrange qu’après avoir poireauté sur une liste d’attente et eu tant de mal à obtenir un billet, l’avion soit vide aux trois quarts. Bien sûr, il y eut des râleurs ce qui fut éprouvant pour le personnel de bord qui, incapable de leur fournir des explications, leur distribua une bière Innis & Gunn bien fraîche pour avoir la paix.

    Un vol de rêve, les petites prenaient leurs 36.000 pieds : elles étaient nuages parmi les nuages. Elles se sentaient carrément actrices du film culte Phantom of Paradise vu en 1976. Autrement dit, elles planaient.

    Et même elles atterrirent. Un bus les attendait sur le tarmac, lequel bien qu’apparemment sans chauffeur, les conduisit sans encombres à destination.

    Sir Archibald Ferguson propriétaire du château, lui-même transparent, ne s’émut pas le moins du monde de ne pas voir ses hôtes et leur réserva le meilleur accueil (pas Écossais pour rien, clientèle visible ou invisible, un penny était un penny.)

    Ah, quel voyage ! Des cours, dispensés avec un terrible accent écossais, elles ne retinrent pas grand-chose, mais avoir fait des vols planés en liberté sur le Loch au son des cornemuses dans ces paysages sublimes … Elles s’en souviendraient jusqu’à la fin des temps, si tant est qu’il y en existât une pour elles.

    Comme dans tout voyage scolaire linguistique qui se respecte, chacune reçut chez elle dans une enveloppe timbrée à l’effigie de la Reine Victoria, la traditionnelle photo de classe.

    My God ! What a disappointment ! la photo, pour être nette, elle était nette, pas le moindre flou artistique, d’ailleurs … l’ombre de personne non plus.

  15. iris79 dit :

    Racontez le désappointement de ce jeune fantôme qui s’était inscrit au cours du soir

    Il n’était pas assez efficace pour semer la terreur. C’est pourtant pour cela qu’il avait été recruté ! C’est ce que les visiteurs attendaient, il devait donc remplir sa mission et les frôler autant que possible, diffusant une atmosphère pesante et les effrayer par des bruits inattendus, suspects et terrifiants.
    Encore stagiaire il y a peu, il avait suivi un maître dans cet art. Tapi dans son ombre, il avait pourtant tellement appris ! Mais visiblement sa période d’essai n’avait pas été concluante.
    Comme son maître l’aimait bien, il lui proposa donc de suivre les cours du soir. Il lui promit qu’il lui gardait sa place si à l’issue de ces six séances de cours il revenait avec des idées neuves, un comportement digne d’un fantôme d’Ecosse.

    Ce jeune fantôme suivit donc avec beaucoup d’assiduité les cours du soir qui avaient lieu dans le grenier d’un prestigieux château. Il retrouva d’autres jeunes fantômes reconnaissables entre tous. Encore trop disciplinés, ils se déplaçaient en ordre rangé et n’osaient se manifester que sur l’invitation des professeurs. Or, c’était là tout le problème ! Jouer sur les effets de surprise, interrompre les conversations, émettre des sons aux moments inopportuns, de l’audace, encore de l’audace. Ils devaient se libérer de leur chaine et osez ! Osez aller se poser sur l’épaule du passant, lui murmurer des paroles effrayantes à l’oreille, faire claquer les portes au nez des humains !
    Ne pas attendre la fin des cours pour montrer de quel drap ils étaient ! Notre jeune fantôme, très scolaire et discipliné dut beaucoup prendre sur lui pour accepter ce que l’on attendait de lui. Mais comme il avait toujours été bon élève il s’appliqua à devenir moins sage, plus effronté et petit à petit y prit un plaisir inattendu. Il découvrit à quel point cela pouvait être grisant d’être un autre, de sortir de sa zone de confort.

    A l’issue des six cours il retrouva son maître qui avait entendu grand bien de son protégé. Il le réintégra dans son équipe et fut stupéfait par ses progrès. Le jeune dépassa le maître et à son tour fut respecté et vénéré. Mais au fil des années, cette vie de trouble faits, de monstre craint et redouté le fatigua, l’ennuya même. Il voulut rénover les fonctions qui leurs incombaient et voulut revoir la formation que l’on dispensait.
    Ainsi sa réputation l’aida -t-elle à imposer intelligemment un nouveau statut à ses étudiants. Il créa un nouveau master ; celui de fantôme protecteur, qui s’apparentait un peu au statut d’ange gardien avec lesquels ils allaient pouvoir travailler et développer un partenariat. Cette perspective l’enchanta et aux vues de la liste d’inscription pour le semestre qui s’annonçait il sut qu’il avait trouver là définitivement sa voix.

  16. Valerie Bosc Goic dit :

    J’me voyais déjà en haut de l’affiche…qu’en nenni.
    J’y ai perdu toutes mes illusions. J’aspirais à une grande carrière lyrique, les fantômes sont légions dans les opéras ! A moi Paris, Milan, Venise, Vienne…en lieu et place des projecteurs, je ne vois que les coulisses, je passe mes soirées à regarder les plus autres briller sous les lumières de ses rampes. Tout me souriait pourtant en arrivant au cours Fantomas. Notre professeur ne tarissait pas d’éloge sur mon jeu tout en finesse, mes ouuuuh tout en délicatesse.
    De grands producteurs venaient assister aux répétitions de notre spectacle de fin d’etude, des sourires entendus étaient échangés. Ma voie tracée.
    J’ai beau rejouer le film à n’en plus finir, je n’arrive pas à croire que tout mon bel avenir se soit envolé ainsi, sans que je ne vois rien venir. Sans que je veille voir…
    C’etait au printemps, vers le 20 mars qu’il est arrivé. Un soir de répétition le maître nous le présenta ce nouvel élève recommandé par un proche ami. Il ne payait pas de mine, pas de quoi affoler les foules. Je l’ignorais, totalement absorbé par mon rôle qui ferait de moi la nouvelle coqueluche des grandes scènes lyriques. Quel idiot j’ai été ! Au royaume des aveugles les borgnes sont rois, voilà bien une triste devise que je peux faire mienne.
    Il joua les humbles, conquit toute la troupe par sa gentillesse et son organisation sans faille. Les costumes étaient toujours prêts, impeccables. Il avait le don pour dénicher l’accessoire qui mettrait en valeur votre prestation, il était partout, attentif. Il est vite devenu indispensable, central, incontournable.
    Puis ce fut le grand soir. La salle bruissait d’impatience, les rumeurs galopaient à qui mieux mieux sur les sommes faramineuses en jeu pour décrocher mon contrat.
    J’étais prêt, concentré, habité par mon rôle.
    Il m’aida à positionner mes chaînes, comme d’habitude. Le clou du spectacle ! Aujourd’hui je me souviens de cette sensation de lourdeur inhabituelle lorsque j’ai été harnaché…ce soir là, rien ne pouvait détourner mon attention. Je n’ai compris qu’au tout dernier moment, au bord du précipice…C’etait à moi. Je m’élance, sûr de moi. Impossible de lever les bras ! J’étais engoncé dans mes chaînes, paralysé, planté comme un tronc mort sur la scène.

  17. Ophélie E. dit :

    Un jour, une nuit, qui sait ? Fardafy fut convoqué devant le Créateur. Ce dernier lui apprit que d’ici quelque temps il reprendrait forme humaine. Farfady ne fut guère enchanté de rejoindre le monde des humains dont il gardait quelques mauvais souvenirs. Il se plaisait bien ici, dans l’éther, à vagabonder à son aise dans le jardin de la volupté. « Mais bon, tel est mon destin » se dit-il, fataliste.

    Se souvenant de ses anciennes lacunes, il décida de suivre des cours du soir afin de ne plus subir railleries et autres punitions mortifères. Il en avait tant bavé pour trouver un emploi avec son orthographe qui faisait atterrir tous ses CV dans les poubelles des recruteurs.

    Un soir, se faufilant incognito dans une salle de classe, il s’installa sur les genoux d’une jeune institutrice. Celle-ci eut un frisson lui traversant tout le corps bien que fenêtres et porte soient fermées. Dubitative, elle se dit qu’elle devait couver une bonne grippe. Quand elle se leva pour aller au tableau Farfady se retrouva les quatre fers en l’air. Lorsqu’il eut repris ses esprits, il se concentra sur le tableau sur lequel la jeune femme écrivait :

    – Je m’apèl madmoisel Eglantine, je croi quon doi maitre un akcent sur le E. Sui poing tro calé en ortografe, mé rasuré vous sui mayeur dent les otre mathier.

    Farfady écarquilla ses mirettes, se dit que depuis qu’il avait quitté ce monde tout avait bien changé, quand même ! Tel Usain Bolt, il piqua un sprint vers la porte, la traversa et respira un bon coup avant de rejoindre son jardin d’Éden.

    L’institutrice laissa tomber sa craie qui se brisa en mille morceaux sur l’estrade et se frictionna le corps en se disant que, décidément, elle avait sûrement chopé ce satané virus de la grippe.

  18. Catherine M.S dit :

    Une carrière brisée

    Quelle horreur !
    J’ose le dire ici, je ne fais plus peur
    Hou, hou, hou
    J’ai beau imiter le cri du loup
    Rien n’y fait
    Plus de succès …
    Si j’essaie de m’installer
    En haut de l’escalier d’un château
    Les passants m’ignorent
    Et continuent à faire leurs photos
    Comme si de rien n’était
    Un fantôme ici ?
    Mais ce n’est que du folklore.
    Quel dédain, quel mépris !
    Père et mère m’avaient pourtant encouragé
    A embrasser cette carrière
    Trop fiers de leur petit dernier
    – Tiens fiston, on te remet ce jour
    Ta tenue des grands jours
    Et des fastueuses nuits
    Aux allures de paradis.
    Ils ont écumé pendant des années
    Tous les manèges alentour
    Au milieu des squelettes et des araignées
    Faisant hurler les petits et les aînés !

    Mais pour moi, fini cette belle vie
    J’ai bien essayé les cours du soir
    Mais la pédagogie dispensée n’a pas suffi
    A me redonner de l’espoir.
    Il ne me reste plus qu’une solution :
    Intégrer en loucedé
    Les vieilles pages jaunies
    D’un bon polar
    Qui donnera de délicieux frissons
    A de futurs lecteurs en mal de sensations.

  19. Anne dit :

    Pourquoi assister à 1 cours du soir alors qu’il était dématérialisé. Qqchose entre ciel et terre. Le passage dans les étoiles ne lui était pas accordé comme à tous défunt. Une chose le retenait mais quoi. Il était pourtant parti d’une manière violente. Entre guillemets, logiquement, sa femme avait sombré dans une grave dépression et semblait se laisser glisser. L’archange Gabriel, le messager, vint à sa rencontre et l’encouragea à regarder ce cours. Il obéit. Les élèves, 10 hommes et 2 femmes y assistaient. Sur l’etabli qui servait de bureau se trouvaient des outils et différentes sortes de pierre. L’enseignant, ou plutôt l’enseignante entra. Quelle ne fut pas la surprise du petit fantôme de voir sa femme…..il en en eu les larmes aux yeux s’il l’avait pu. Alors l’archange lui ouvrit les portes vers les étoiles. Il pouvait partir en paix, sa femme ayant pu rebondir et s’accomplir. L’histoire suppose qu’elle avait été aidé pour se reconstruire.

  20. Nadine de Bernardy dit :

    Lorsque je suis arrivée devant le vieux château de Trevarez,que j’ai vu les grosses voitures garées devant,j’ai commencé à avoir des appréhensions. Ca sentait l’amateurisme,le m’as tu vu à plein nez.
    J’ai rangée ma Coccinelle,suis entrée dans le hall.Il y avait déjà une queue de fantômes et leur vue a confirmé mes craintes.
    Des suaires en polyester,des chaînes fluorescentes,certains avaient même poussé la caricature jusqu’à y ajouter des boulets.
    Je suis fille d’une lignée de fantômes de bonne renommée.Ma mère est une âme en peine,mon père un authentique revenant.Ils m’ont offert la meilleure éducation possible et,mon bac en poche,je suis allée étudier à la High Phantom First School d’Ecosse.
    J’ai fait des stages dans les nombreux châteaux que propose ce magnifique pays.Sortie major de ma promotion on m’a offert d’aller hanter l’opéra de Paris,les catacombes.
    Après un master spécialisation Night and Day, j’obtins mon diplôme avec mention, à la grande fierté de mes parents.
    Et me voilà au milieu de ces olibrius,moi qui ai oeuvré consciencieusement toutes ces années. La routine se faisant sentir je me suis inscrite à ces cours du soir pour étudier de plus près le monde des esprits en Bretagne.
    Mais là,derrière cette horde de guignols,de fantômettes moulées dans leur suaire de chez Dior,ou ficelées dans ce qui ressemblait plus à un drap qu’à une tenue authentique,je ne me sentais pas du tout à ma place.
    Mais j’y étais,j’avais payé….
    L’on nous fit entrer dans un grand amphi,derrière les écuries.
    Le prof. arriva.
    Le choc! le coup de foudre.
    Relativement jeune,élégant,un suaire d’une classe folle,une voix d’outre tombe comme je n’en n’avais jamais entendue.
    Sous le charme,je ne voyais plus les tocards qui m’entouraient,je buvais ses paroles,posais des questions et réussis à me faire remarquer de cet être supérieur.
    La suite? Vous n’y songez pas.Elle est trop privée pour que je vous la livre.
    Il était d’ailleurs convenu qu’on ne parlerait que de mon désappointement premier.

  21. Laurence Noyer dit :

    Ce jeune fantôme avait peur du noir
    Chaque nuit, traqué par les ombres, il était obligé de flotter au-dessus du sol pour leur échapper
    Les murs semblaient être des yeux, et il se perdait dans les couloirs pour les esquiver
    Hanté par le bruit du silence, et il devait crier houhouhou pour l’éloigner
    La plainte du vent frappait ses oreilles, et il déplaçait les meubles contre les portes pour s’en protéger

    Ventre noué, vide intérieur,
    Il avait si peur que parfois il mouillait ses draps

    Désappointé, il s’est inscrit au cours du soir
    Il fantôme de jour désormais.
    C’est lui qui fournit l’écho dans la montagne
    C’est lui qui donne leur raison d’être aux drapeaux
    C’est lui qui coud la nuit aux ombres du soleil
    C’est lui qui distribue le parfum aux fleurs
    Et qui par le brouillard trace son départ.

  22. jean marc durand dit :

    Ya des vies qui vous rongent!

    Et pourtant ça allait de soi. Il était certain que j’avais besoin d’une sérieuse mise à niveau. Mon blanc de travail était tout chiffonné, ma chaîne rouillée et je me prenais trop souvent les pieds dans le boulet. De plus quand j’émettais mon chuintement, les chouettes et les hiboux se marraient sous leurs plumes.

    Le cours du soir commença donc par une séance de repassage mais on m’expliqua vite qu’avant d’envisager un repassage, il faudrait peut-être songer à un lavage. Mon vieux rideau était bien dégueulasse et la bénévole chargée du cours me fit vertement remarquer que ma tenue ressemblait plus à une tente de camouflage qu’à une aube de premier communiant. Je dus me taper une antique lessiveuse manuelle avec du gros détergent de misère qui me dissolvait autant les mains que la crasse.

    Puis je du passer dans une piscine remplie de coca cola avec mon inséparable chaîne. Une heure à tremper dans ce jus de havane en fin de règne, ca m’avait creusé de sérieuses alvéoles en bout d’épiphyses, sans compter que l’ensemble de mon squelette présentait de sérieux signes d’ostéomalacie.

    Ensuite, j’eus droit à deux heures de saut à la corde pour tenter de contrôler l’accompagnement de mon boulet. Je ne vous dirai pas le nombre de gadins que je me suis pris et la couleur violacée de mes rotules. Une vraie misère.

    Le comble fut atteint quand on nous regroupa dans une chorale très approximative dans la salle de garde d’un vieux château. On eut droit à toutes sortes de lamentations, de vagissements et de vociférations. Les chauves-souris perturbées cognaient les murs et les araignées s’emmêlaient dans leur propre toiles qui pétaient comme des élastiques de strings trop tendus.

    Au bout d’une demi-heure, on me décréta apte au service et on me rebalança dans la chaumière où je croupissais depuis déjà dix ans.

    J’étais très déçu, la condition de fantôme n’était pas du tout ce qu’on m’avait prédit. Le poste était inconfortable, souvent glacé. La formation permanente s’avérait très superficielle et je demeurai corvéable à merci pendant des siècles.

    Ce n’était pas possible. Le soir même, je sciais ma chaîne et j’enfilais un gilet jaune. Ainsi, de jour comme de nuit, je serai plus visible et mon nouveau cri prenait corps.

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