471e exercice d’écriture créative créé par Pascal Perrat

La clef des champs ne se nourrit pas de trous de serrures

La clef des champs ne se nourrit pas de trous de serrure, ni de trous d’air ou de cliquetis comme celles qui vivent en troupeau. Elle..

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Ces exercices inédits d’écriture créative n’apprennent pas à écrire, ils enflamment l’imagination. Le but est de vous conduire vers les ressources imaginatives qui somnolent en vous. Après quoi, vous décidez de mener le projet d’écriture qui vous convient : nouvelles, roman, etc.

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24 réponses

  1. RENATA dit :

    Elle est libre de ses choix et de son destin . Elle en tient les manettes . Elle visite le monde , elle passe partout . C’est le bonheur .
    Un jour , alors qu’elle erre rue Sésame , elle rencontre un rossignol , beau parleur , qui volait de serrures en serrures . Il lui sort le grand jeu et crochète son
    cœur .
    Ils s’installent rapidement dans un nid douillet , un superbe trou de souris , pour abriter leur amour .
    Mais , un matin , le rossignol reprend son activité de portes en portes , prenant garde de bien enfermer la clé des champs à double tour . Pas question qu’elle lui échappe . Elle ne peut pas filer à l’anglaise .
    Toute la journée elle grince , loquette , tourne dans le vide entre ses quatre murs . Elle rouille de chagrin en attendant le retour de son geôlier .
    Pas d’échappatoire possible , elle se fane .
    Soudain le verrou claque , la police ouvre . On lui explique :
    Le rossignol a été arrêté en flagrant délit de viol de cadenas . Il a été immédiatement mis au trou . Elle peut aller où bon lui semble .
    C’est dans cette même rue Sésame qu’elle trouve sa porte de sortie et s’évade vers sa liberté retrouvée qu’elle ne laissera plus lui échapper .

  2. oholibama dit :

    de serrures, ni de trous d’air,ou de cliquetis comme celles qui vivent en troupeaux.
    Elle s’échappe libre comme l’air , dans une folle farandole. elle chante dans le vent. elle n’a d’yeux que pour sa liberté, ne voulant rien lâché. Cherchant pas tous les moyens à sauvegarder son intégrité… ces douces tranches de vie.

    Passant le seuil des investigations la tête haute, n’ayant aucun fil à la patte. Oh oui…on lui fait miroité monts et merveilles, on lui offre des cadeaux qu’elle refuse sachant, que si malheureusement elle accepte la moindre miette, s’en ai fini de son travail, fini pour elle de dire non… fini pour elle de taper de la main sur la table.Fini de protester contre une mauvaise loi.

    Alors, elle s’accroche, elle virevolte, sourit, approuve certaines choses, en réfute d’autres, accepte les invitations, les vernissages, les petites mondialités sans courir de risque. Elle refuse celles qui se montrent barbantes, collés_montés, se lance dans des débats. Farouche elle ne se laisse pas démonté.

    On lorgne sur elle, on lui passe tant et tant de pommade sur le dos, qu’elle pourrait en revendre. Quant au cirage de pompes…n’en parlons pas. Pourtant tous cela la fatigue énormément. Alors…quant elle rentre le soir chez elle, la clé fidèle à elle même,pousse un gros soupir de contentement.

    Pour rien au monde elle ne veux être attaché tels ces bagnards de la vie, ces moutons prêt à tout pour avoir une petite place sous la grande maison ou, dîners, assemblés,marche forcé, cérémonies et touti quanti absorbe leur force.

    Ah respirer cet air frais même si elle est loin, même si l’envie parfois la titille, les couleurs, les odeurs, la foule, le monde…même si parfois cela sent le fumier…elle préfère rester une petite clé sans maison,libre de voir le ciel d’un noir d’encre éclairé par une myriades d’étoiles.
    Une petite clé sans trou peut elle encore vivre à notre époque sans être attachée…?

    C’est certes très difficile, mais oui, des clés sans maisons fleurissent de plus en plus en cette saison. …Certaines trouveront des monuments prêt à les accueillir ,d’autres se méfieront…chacun trouvent sa voix car ici bas ne sommes nous pas libre de nos choix?
    y.l.
    Sur une idée de Pascal Perrat.

  3. Maguelonne dit :

    La clé des champs ne se nourrit pas de trous de serrures, ni de trous d’air ou de cliquetis comme celles qui vivent en troupeau. Elle s’apprend, elle se cherche, elle se travaille, elle se mérite.

    Enfant je ne savais même pas que ça existait. Fais comme ci, fais comme ça, fais pas ci, fais pas ça…A l’époque on marchait droit ou presque. L’envie de s’échapper est venu plus tard. Mais j’étais timide, ignorante, maladroite…enfin pas finie,quoi!

    Alors j’ai voulu croire le bla- bla d’un beau gourgandin. Je pensais «qu’il m’envolerait».Naïve que j’étais. Je suis tombée de haut. Quelle gamelle! .

    Alors n’ayant toujours rien compris j’ai voulu m’échapper, en sécurité. Il était raisonnable, ennuyeux, gagnait déjà bien sa vie et amoureux. Je l’ai épousé en me disant que je le mènerai par le bout du nez. Raté: bien trop obsessionnel pour se laisser mener en barque. Je me disais «faut revoir la copie»

    Alors est arrivé le premier bébé Ogino, puis le deuxième, puis le troisième puis, enfin, est arrivé Madame Pilule. Merci, grand merci. Allez vous évader avec un mari ronchon et des gosses par dessus la tête. Quasiment impossible. On peut juste grappiller un petit trou de verdure par ci, un petit moment de lecture par là, un petit rêve de ci, une petite liberté de là

    Alors les enfants ont quitté le foyer. Et moi, j’ai quitté le mari. Je savais que je n’avais plus de temps à perdre. Mais j’ ignorais que je n’avais toujours rien compris. Je comptais sur les hommes pour me donner la clé: clé des champs, du bonheur, de la liberté…Erreur. Grimper aux rideaux, un: ça ne marche pas à tous les coups, et deux: le soufflé retombe toujours.

    Alors, en visite à Marseille, il m’est venu l’idée qu’un matelot m’apporterait l’air du large, des îles, des cocotiers, le chant des baleines…Mais la femme du marin reste à quai

    Alors j’ai envisagé l’aventurier. Mais je n’ai même pas cherché. Trop tard. Et puis les aventuriers ont besoin d’un port d’attache mais l’aventure, il la vive seul

    Alors j’ai rêvé d’être un gypaète barbu, de survoler les Alpes, le Mont Blanc, les Dolomites, de voler dans le bleu d’un ciel infini…Mais le gypaète est il heureux ou rêve t il d’ailleurs?

    Alors au soir de ma vie, dans mon EPADH, je me dis que ,peut être, parfois, j’ai pris la clé des champs: un peu, beaucoup, pas du tout. Mais ce matin, j’ai trouvé la clé de la vengeance: j’ai réussi à pisser sur les pieds de Mauricette, la plus désagréable, la plus aigrie des aides soignantes. On a les échappatoires qu’on peut! J’en ris encore, j’en ai oublié toutes mes vieilles douleurs et mon âge. Si ça, ça ne s’appelle pas prendre la clé des champs, je ne m’appelle plus Maguelonne

  4. Clémence dit :

    La clef des champs ne se nourrit pas de trous de serrure, ni de trous d’air ou de cliquetis comme celles qui vivent en troupeau. Elle..

    Depuis deux siècles ou plus exactement deux cents et neuf années, la clé des champs se repaissait de jalousie tout en veillant à ne pas en crever. De la nourriture, elle en trouvait à volonté dans les riches plaines rhénanes , mais son mets de prédilection était la betterave. Elle la dégustait en tranches fines ou épaisses, mais froides comme la vengeance.

    Un soir d’automne, un bougre de citadin, la trogne avinée et le ceinturon cliquetant d’un troupeau de clefs, croisa le chemin de la clef des champs et lui demanda d’une voix pâteuse :
    -Warum, warum tant de jalousie ?
    – Warum ? Mais tu ne comprends rien ! Tu es comme tous les autres ! Trois petites notes de musiques, deux chopes de bière et une gironde et t’es content.
    – Et alors ?
    La clef des champs coupa court et répéta :
    – Et alors ? T’es pathétique, mon vieux ! Vraiment pathétique !

    La clef des champs le planta là et s’en alla. Direction la Grand Place. Un poète, cape au vent et nez en l’air, le heurta violemment.
    – Donnerveter ! Tu ne peux pas regarder où tu mets tes pieds ? grinça la clef.
    Le poète lui sourit. Cette question était aussi pointue qu’une note piquée. Un poète qui fait des pieds, on ne peut plus juste !
    – Excuse-moi, l’ami, je rêvais à ma Belle. Mais pourquoi tant d’agressivité ?
    La clef des champs ne prit pas le temps de lui répondre, lui tourna le dos et fila au pas de charge.
    – Pathétique… murmura le poète.

    Ces quelques indices, ajoutés aux informations que la clef des champs détenait déjà, cinglèrent son imagination. Elle savait maintenant où elle devait se rendre. Et cette fois, elle était sûre de tenir sa vengeance. Juste une petite charge, héroïque et elle parviendrait enfin à la plénitude, à la reconnaissance, à la célébrité !
    Essoufflée, elle s’arrêta devant une boutique. La porte de chêne était massive et le trou de serrure aussi béant qu’un trou d’air.
    Elle y plaqua son œil. Tout était là. Tous les feuillets déposés sur une vieille table, un coffret et une clef.
    Il ne lui restait plus qu’à faire le guet.

    Les heures passaient lentement. Enfin, un Rat des champs se pointa. Il renifla l’air autour de lui, sortit une clé de sa besace, la glissa dans le trou de la serrure et poussa la lourde porte. Pour se donner du courage, il se répétait les paroles de Ludovic :
    – Si tu respectes à la lettre mes consignes, tout se passera bien et la richesse te sera assurée, jusqu’à la fin de tes jours.

    La mission du Rat des champs était simple : 1. S’introduire chez l’imprimeur. 2. Déposer tous les feuillets dans le coffret et le fermer à clef. 3. Déposer le coffret à l’adresse mentionnée et remettre la clef en mains propres.

    Mais c’était sans compter sur l’habileté de la clef des champs. A peine le Rats des champs eut-il refermé la porte de la boutique, que la clef des champs lui sauta dessus, l’estourbit d’un direct en plein museau, s’empara du trésor et se fit la belle !

    La clef des champs se rendit à l’adresse mentionnée. Elle frappa à la porte et attendit.
    Une magnifique jeune fille lui ouvrit :
    – Mademoiselle Élise ?
    – Oui.
    – J’ai ceci à vous remettre.

    La jeune fille s’empara du coffret et voulut l’ouvrir. Mais il était fermé à clef. Elle regarda, étonnée, la clef des champs qui piaffait sur le seuil.
    – S’il vous plaît, implora Élise, il faut que je puisse découvrir le contenu, s’il vous plaît, la clef, répéta-t-elle, en tendant sa menotte.

    La clef des champs prit une grande respiration et lui dit :
    – A une condition…
    – Je me languis, soupira la Belle. Quelle condition ?
    La clef des champs baissa d’un ton et se confia :
    – Le titre de clef des champs vous ouvre peut-être les portes de la liberté, mais elle ne vous ouvre pas nécessairement celle de la renommée ! Cela ne nourrit pas son homme, vous savez. Alors, je souhaite que vous m’éleviez au rang de Clef des Chants.

    Élise regarda la clef avec bienveillance et lui répondit avec un sourire moqueur :
    – Je vous promets. Donnez-moi la clef, laissez-moi ouvrir le coffret et si le contenu m’émeut, j’en toucherai un mot à Ludovic. Je suis sûre qu’il ne sera pas sourd à votre requête.

    © Clémence.

  5. Françoise Maddens dit :

    La clef des champs ne se nourrit pas de trous de serrure, ni de trous d’air ou de cliquetis comme celles qui vivent en trousseau. Mais elle ne peut s’empêcher de les envier. Ca doit être bien agréable d’être bien au chaud, dans une poche, un sac, une valise à roulettes….Soi-disant, le pire qui puisse leur arriver était de se retrouver aux objets trouvés  bien que certaines avouaient y avoir passé de bons moments, papotant, riant, racontant tout et n’importe quoi.De plus, elles y ont vu des clefs à rêves qui, un peu crâneuses,ne se mêlaient jamais à leur conversation.

    Un jour des policiers vinrent voir si l’une d’entre nous pourrait ouvrir la porte d’entrée d’un appartement où ils avaient découvert un cadavre tenant dans sa main gauche une clef à molette . Ils semblaient en avoir trouvé une et l’emmenèrent.Toutes , en leur for intérieur prièrent pour que s’il lui arrivait malheur, Saint Pierre avec sa clef légendaire lui ouvrirait la porte du paradis.Mais elle n’en était pas là car elles surent qu’elle devait servir de pièce à conviction lors du procès de l’assassin.En attendant , elle avait rejoint quelques-unes de ses consoeurs accrochées en lieu sûr à un mur de la prison où elle avait été incarcérée avec ledit malfrat.
    Elle avait triste mine car pendant son incarcération elle avait rouillé mais elle ne s’en souciait guère car ce n’est pas demain qu’elle ferait partie du trousseau de clefs de Saint-Pierre. En effet le malfrat avait été condamé à 10 ans de réclusion sans possibilité de remise de peine

    En ce qui concerne la clef des champs il se murmure qu’elle vit une belle histoire d’amour avec une clef anglaise . Souhaitons-leur tout le bonheur possible.

  6. 😺 LURON'OURS dit :

    😺 LE GOUROU FAIT RESET !

    La clé des champs ne se nourrit pas de trous de serrures ni de trous d’air ni de cliquetis. Ce cliquetis nourrit l’espoir.
    Mes amis, c’est ici que tout commence quand tout est fini.
    Que ceux qui ne peuvent se baisser s’agenouillent. La manne terrestre est là sous vos pieds. Gratter la croûte, fouiller la glèbe, récolter ces légumes à votre image. Plus de bocage, l’oiseau s’est envolé par les trous d’air, vers d’autres ramures, ensemencer d’autres terres.
    Hosanna au plus haut des cieux !
    Et maintenant au boulot

  7. La clé des champs

    A travers le trou de la serrure
    Je contemplais la clé des champs
    qui ouvrait les belles aventures
    fourmillant dans mon cœur d’enfant

    Y’avait des habits de lumière
    du soleil et plein de printemps
    pas de tempêtes ni d’hivers
    seulement l’éternel beau temps

    Y’avait du rock et des balades
    à pieds ou en chemin de fer
    des aubades et des camarades
    des bougies aux anniversaires

    J’entrevoyais la vie des chats
    la nuit, errant sur les gouttières
    et j’aurais voulu être chat
    indépendant et libertaire

    Je me grisais de liberté
    ce n’était pas pour me déplaire
    libre d’aller où je voulais
    en avion, en hélicoptère

    Mais fallait quitter ma maman
    n’était-ce pas trop téméraire
    de rêver à la clé des champs ?
    c’était une bien lourde affaire

    J’ai bouché l’trou de la serrure
    plus pensé à la clé des champs
    qui ouvrait les belles aventures
    fourmillant dans mon cœur d’enfant

    Plus tard j’ai retrouvé la clé
    dans le coffre à jouets d’enfants
    que j’avais caché au grenier
    je l’ai tournée dans la serrure
    j’ai enfin pris la clé des champs

    Lecrilibriste

  8. 🐀 Souris verte dit :

    🐀 LA CLÉ

    Le trousseau des clés délurées voire perdues pendait à un clou fixé dans la colonne du temps. Dans le vent les clés tintinabulaient comme des sonnailles au cou d’un troupeau. À la porte du ciel la serrure résistait, le penne était coincé refusant l’ouverture. Toutes, comme Cendrillon s’efforçaient de le faire tourner pour gagner leur paradis. Mais aucune ne répondait. Un trou d’air les aspira et elles tombèrent, glissèrent jusqu’aux grilles de l’enfer.
    C’est une simple targette en tiges de blé, tressées, ornées d’un bleuet qui rentra comme une fleur et actionna le loquet.
    Fragile mais efficace cette clé des champs donne à penser.🐀

  9. Grumpy dit :

    – Le voyant enfiler ses bottes puis son blouson en mouton retourné, elle lui demande : Tu sors ?

    – Oui, il lui répond.

    – Et tu risques de rentrer tard ?

    – Oui, à la nuit sans doute, je vais poster une lettre et puis je marcherai un peu ?

    – Alors prends ta clé, je serai sans doute couchée, je suis fatiguée ce soir.

    – D’accord, bonsoir.

    Il traverse la cour puis passé le portail, il se met à chanter « c’est une maison bleue accrochée à la colline, ceux qui vivent là ont jeté la clé … »

    En voilà une idée !

    Il sort la clé de sa poche revolver. Une grosse clé, en fer, lourde, encombrante, une clé de porte de ferme puisque c’est là qu’il habite. Une comme ça, si on la perd, c’est qu’on l’a fait exprès.

    Pas lui, risque pas, il a son idée.

    Il la tient serrée dans son poing, l’enfile dans la serrure imaginaire qui enferme le champ, et entre, et avance, droit devant comme quelqu’un qui sait où il va.

    C’est son chien qui l’a retrouvé recroquevillé dans la boue après avoir reniflé sa trace pendant deux jours, il avait marché longtemps, loin, très loin…

    Dans sa veste, l’enveloppe qui disait : j’ai refermé le champ derrière moi, j’ai jeté la clé.

  10. iris79 dit :

    La clef des champs ne se nourrit pas de trous de serrure, ni de trous d’air ou de cliquetis comme celles qui vivent en troupeau. Elle…est souvent seule. Elle ne supporte aucune contrainte, aucun train-train, ne suis pas le rythme imposé, la cadence de ballets ordonnés.
    Elle se trouve rarement au fond d’un sac ou d’une poche, plutôt derrière une porte qui ouvre sur dehors, sur le contact d’un véhicule sans gps, dans la main d’insouciants n’ayant pas peur des lendemains, ou des pressurisés qui ne peuvent plus rien supporter que l’avenir et les surprises qu’elle pourrait apporter.
    La clef des champs a le plus beau des noms et porte à son cou les plus belles promesses. Son nom appelle des évasions ensoleillées, estivales et festives même si elle supporte très bien les saisons froides et les climats hostiles.
    Les enfants la prennent souvent sans retenue ni appréhension. Les adultes sont habités par plus de gravité et de raison.
    Mais une fois dans leurs mains, leurs craintes s’envolent et elle leur fait vivre leurs envies les plus folles.
    La clé des champs nourrit nos fantasmes et même si on ne peut la retenir en permanence, on sait qu’on peut la trouver, la prendre, l’emprunter sans qu’elle ne fasse défaut à quelqu’un à tout moment.
    Sur le porte-clefs des rêves, elle apparaît comme par magie à la main qui se tend. Et même si elle est solitaire, elle peut être partagée ! Ce qui est là, l’une de ses plus grandes qualités.

  11. La clé des champs

    A travers le trou de la serrure
    Je contemplais la clé des champs
    qui ouvrait les belles aventures
    fourmillant dans mon cœur d’enfant

    Y’avait des habits de lumière
    du soleil et plein de printemps
    pas de tempêtes ni d’hivers
    seulement l’éternel beau temps

    Y’avait du rock et des balades
    à pieds ou en chemin de fer
    des aubades et des camarades
    des bougies aux anniversaires

    J’entrevoyais la vie des chats
    la nuit, errant sur les gouttières
    et j’aurais voulu être chat
    indépendant et libertaire

    Je me grisais de liberté
    ce n’était pas pour me déplaire
    libre d’aller où je voulais
    en avion, en hélicoptère

    Mais fallait quitter ma maman
    n’était-ce pas trop téméraire
    de rêver à la clé des champs ?
    c’était une bien lourde affaire

    J’ai bouché l’trou de la serrure
    plus pensé à la clé des champs
    qui ouvrait les belles aventures
    fourmillant dans mon cœur d’enfant

    Plus tard j’ai retrouvé la clé
    dans le coffre à jouets d’enfants
    que j’avais caché au grenier
    je l’ai tournée dans la serrure
    et puis j’ai pris la clé des champs

    Lecrilibriste

  12. Nouchka dit :

    La clef des champs ne se nourrit pas de trous de serrure,
    Ni de trous d’air ni de cliquetis
    Comme celles qui vivent en troupeau.
    Elle prend le large, met la clé sous la porte.

    Après avoir consulté la clé des songes
    Et caché la clé de la pendule,
    Elle cherche la clé de l’énigme :
    Sous la clé de voute,
    Serait la clé du mystère tenue sous clé ?

    Satisfaite de sa trouvaille,
    Elle choisit la liberté,
    Part pour un territoire bleu et sauvage,
    Accompagnée des clés de sol et de fa,
    Ses meilleures amies.

    Il n’est pas aisé
    Rompre les amarres.
    Par soif de beauté et de concordance
    Les trois clés, a capella,
    Démarrent un arpège allegro
    Avec harmonie et nuance
    Et parviennent à l’appogiature
    Attentives à la dynamique,
    Sans craindre
    Quelque inopiné bémol !

  13. Blackrain dit :

    Elle s’ouvre sur un monde nouveau, comme une fugue adolescente qui s’envole sur sa partition. Partir devient indispensable à celui qui adule les sens, incandescence qui dévore sans clémence l’adulescent qui refuse de grandir pour s’établir. Il refuse le clairon du patron, le ronron des tacherons, le Macron presse citron. Il ne veut pas finir dans un coron, rompu ou corrompu comme larron en foire. Il se rêve Huron au milieu des hérons, sur le dos d’un percheron du Lubéron, libre de vivre de la terre, libre de se taire pour écouter la nature. Sa clef de voûte lui paraît être une clef de sol, un sol libre des griffes aux actes productifs, débarrassé du glyphosate et de tout ce qui l’appauvrit, un sol qui se voudrait triennal pour se reposer un peu. Il en a marre d’être taclé, d’être bâclé pour la rentabilité, d’être cerclé par les normes et recyclé indéfiniment pour l’énorme, pour une productivité, pauvre et sans qualité. Cet adolescent fugueur nous éclaire la route du bio et du beau. Il fera bientôt fureur sur les ordinateurs et les réseaux sociaux en refusant la consommation à tout crains, une consommation qui craint, qui nous fait mourir. Laissons-le s’enfuir pour mieux nous revenir, adolescent qui a trouvé du sens à sa vie, et à la nôtre en écoutant ses avis.

  14. Laurence Noyer dit :

    La clef des champs ne se nourrit pas de trous de serrure,
    Dans la nature plus de murs, plus d’armures
    Les pâtures offrent leurs sculptures et les ramures leurs signatures
    Devanture de l’aventure

    La clef des champs ne se nourrit pas de trous d’air
    Elle déverrouille l’ordinaire, la liberté est sa grammaire
    Elle contrefait les faux airs du faussaire
    Elément terre élémentaire

    La clef des champs ne se nourrit pas de cliquetis
    Elle préfère la saveur adoucie des chuchotis
    La pluie convertie des myosotis
    Ainsi soit-il

  15. LABROSSE patrick dit :

    J’ai oublié une petite phrase juste après par les soirs bleus d’été, il faut ajouter j’irai par les sentiers ! tout de même c’est Rimbaud !

  16. LABROSSE patrick dit :

    La clef des champs ne se nourrit pas de trous de serrure, ni de trous d’air ou de cliquetis comme celles qui vivent en troupeau.
    Elle s’invite à pas feutrés, s’immisce tout doucement dans la conscience.
    C’est aux premiers temps un faible cliquetis, un murmure, un soupir intérieur qui magnifie l’harmonie.
    Paradoxalement !
    Ce peut être un cataclysme, une folie amoureuse, un coup de tonnerre en plein hiver…
    La fuite est toujours bonne à prendre, disparaitre aux yeux de ses semblables, s’enfuir une bonne fois pour toute, peu importe l’aventure, le voyage est déjà en soi une véritable quête.
    Toutefois la plupart se contentent de trous de serrure, de tout petits pas, ils observent l’élan des autres, leur course folle à travers le monde. Tout ce bruit les effraye. Ils se cloitrent, ferment tout à double tour et attendent le printemps pour ouvrir les volets.
    Mais il suffit d’un interstice lumineux ou qu’un couplet de Rimbaud s’invitent à leurs mémoires

    « Par les soirs bleus d’été j’irai par les sentiers
    Picoté par les blés, fouler l’herbe menue,
    Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds
    Je laisserai le vent baigner ma tête nue
    Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
    Mais l’amour infini me montera dans l’âme
    Et j’irai loin, très loin comme un bohémien
    Par la nature, heureux comme avec une femme »

    Alors comme pris d’un vent fou, ils ouvrent les volets, sautent par la fenêtre, courent à perdre haleine, prennent le premier train sans en connaitre la destination.
    C’est cela la clef des champs, juste cette réalité poétique qui s’enfuit à grandes enjambées
    Evitez donc de trouver cette clé, elle pourrait vous perturber !

  17. jean marc durand dit :

    La clef des champs ne se nourrit pas de trous de serrure mais de trous de verdure. Elle ouvre les portillons de l’imagination. J’y cours vite, je saute les barrières.

    De l’autre côté, cheminent les douces traces circulantes des hommes. La vallée du Bosquet vous emmène jusqu’au Martimont. Puis on traverse le Champ des Ronces, sans trembler car la peur s’est éteinte et les fruits sont à cueillir. Nos talons sont en sabot, nos chevilles en mocassin.

    Là-bas, l’alignement du Haut Rideau, les peupliers de garde, cachent à peine le Champ du Coq. Une buse très variable, selon les lumières, pioche son repas dans les talus. Le minuscule tente de disparaître, chacun cherche sa sortie. Les taupes aveugles nous guident.

    Près de la Mare aux Sables, les demoiselles pique niquent, d’une tige à l’autre. Des bulles d’espoir éclatent du fond vaseux. La source n’est pas que surface.
    On peut y surfer sur le presque immobile.
    Ici pas de trou d’air dans la carlingue de la vie. Pas un cliquetis d’inquiétude. On rame tendrement du canoé. On fait la planche, plus de clous rouillés accrochés au volet moisi de la fenêtre. Les rideaux ne protègent que de l’humilité d’être là.

    Pour un temps, pour un temps seulement, l’humanité abandonne sa vieille routine carnassière.

  18. camomille dit :

    La clef des champs ne se nourrit pas de trous de serrure, ni de trous d’air ou de cliquetis comme celles qui vivent en troupeau. Elle..
    Elle s’est fait la belle depuis belle lurette, et depuis je lui cours après.
    Me voilà bien essoufflée et les années ralentissent mes pas mais…..je lui cours après et n’abandonnerai pas dussé-je en crever.
    – Ohé clef des champs! Où es-tu ma Belle ?
    Arrête de jouer avec moi, tu vois bien que je m’essouffle,
    Aie un peu de respect pour mon grand âge…
    Aie un peu de considération pour ma quête et arrête de faire ta coquette.
    Je te cours après depuis si longtemps….
    s’il te plaît… je suis fatiguée et je n’ai plus la force de jouer avec toi.
    S’il te plaît clef des champ… s’il te plaît montre-toi… aide-moi !
    Je veux m’enfuir, je veux m’évader,
    Toi seule peut m’ouvrir les portes de la Liberté,
    Ohé clef des champs… ne m’abandonne pas,
    Tu vois bien que je n’arrive plus à repousser les murs, que j’étouffe, que je
    me recroqueville.
    Alors ?…. aucune compassion ? Serais-tu si égoïste ?
    Tu sais, je me ferai toute petite dans la Liberté, tu ne me verras même pas tellement je serai discrète… je te le jure !
    – Waouh…. que tu es belle ! Enfin te voilà ! Mais tu es en or ? Tu m’éblouis !
    Attends moi, je prends un chapeau !

  19. Kyoto dit :

    La clef des champs ne se nourrit pas de trous de serrure. Cependant elle ouvre les portes de l’infini. Avec elle, j’ai pris la poudre d’escampette. Plus de trous d’air. Finies les turbulences. M’arrêter. Respirer. Humer. Cueillir des fleurs des champs. Offrir le bouquet au premier quidam rencontré. Surprise. Sourire. Ne pas m’attarder. Il m’attend.

    Là-bas, derrière ces hauts murs gris, où le cliquetis des clés qui vivent en troupeau résonne nuit et jour dans sa tête. La folie guette. Son regard s’évade à travers les barreaux. Ses bras se tendent vers le ciel noir et menaçant. Attraper la clef des champs. Se libérer de ces boulets qui entravent ses pensées. Tuer les regrets et le temps plombé. Attendre. Espérer. Rêver.

    Prendre la clef des champs.
    Courir vers l’océan.
    Se gorger de soleil.
    Nager vers l’horizon.
    Enfin, la vie pétille dans chacune de nos cellules.

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