476e exercice d’écriture créative créé par Pascal Perrat

L'écriture créative pour tous
Créativité littéraire

Racontez une visite au musée du vide et du rien


Comment est née cette idée

Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Une émulation pour tenir en en éveil son pouvoir d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

37 réponses

  1. stephane dit :

    raconter une visite au musée du vide et du rien

    bonjour, je vais vous faire visiter le pâ.
    un pâ est un village fortifié au sommet d’une colline surplombant souvent l’entrée d’une rivière sur la mer, avec une palissade et un fossé suivi par une rehausse pour que les combattants ou les gardien cela dépends du moment, pour être suffisamment haut pour tirer leurs javelots par dessus la palissade à l’intérieur des masures de nattes tissée et ossature bois. connaissant pas l’écriture, leurs moyens d’expressions passaient par la sculpture pour les hommes et le tissage pour les femmes.
    les femmes tissée avec le lin qui pousse naturellement au bord des rivières et court d’eau. leur façon de tissée avec leur forme et leur couleur spécifique et les matériaux ajouter pour leur vêtements des saisons froides, essentiellement de plumes d’oiseaux. la seule raison à cela, c’est que c’est un pays où il n’y a que des oiseaux, sans prédateurs, mêmes certaines espèce niche sur la plage sans protection particulière et d’autre ne volant même plus ou que très rarement. par leur tissage, elles transmettaient la tradition et instruisez les générations avenir.
    l’homme, s’exprimait par contre en gravant et sculptant le bois essentiellement, avec des outils rudimentaires, des greenstonnes récupérer dans les rivières et taillé en fonctions de leurs usages. la terre est sacrée et l’on ne la foule pas. la devise est de ne prendre que ce que la terre nous donne.
    dans le pâ, vous pouvez admirer les portiques d’entrées , en bas reliefs gravés et sculpté et incrusté de coquillages pour les yeux, principalement des pauas, visible de l’intérieur du pâ, étroite et souvent placé au point le plus facile à défendre. quelques fois il existait plusieurs portes d’entrée mais cela était rare.
    les façades des masures était sculpté et dirigée vers l’intérieur et racontant l’histoire de la tribu. ce qui complète, avec le tissage des murs et des toitures, l’expression et l’esprit de la communauté pour les générations suivantes. elle contenais toujours une avancée de toiture que l’on appelle communément véranda finissant le tout. c’était le lieu de vie extérieur principalement pendant la saison chaude.
    ils vivaient essentiellement de la collette de coquillages, de la pèche avec des hameçons en os de Moa, de la collette des langoustes par les nasses et de la chasse au oiseaux avec des perches attaché avec des filins qu’ils ont en abondance dans les forêts environnantes. était stationné au bord de la rivière puisque la mer est dangereuse et les vagues trop forte. les canots sculpté dans les tronc que la mer amené par les marées lors des fortes tempêtes sculpté eux aussi à la proue et à la poupe, leurs voiles triangulaire tissé confirmé l’identité de la tribu. ils étaient de très grands navigateur. il n’avait pas besoin de sextant et savait lire les routes maritimes par les étoiles.
    maintenant, nous sommes en 2020, sur le site de tauwhare pâ à Whakatane, plus rien n’existe en ce lieu. les colons sont passés et ont apporté ce qu’il avait de plus précieux, leur semblable, les porcs, rat. détruisant l’harmonie de ces lieux et leurs esprits que les ancêtres masculin et féminin avaient sculpté et tissé avec le temps et les générations. il ne reste plus qu’une plaine tondu de près par les moutons aussi apporté par les colons.
    donc, je vous fais visiter le musée du vide et du rien, même l’esprit des anciens sont évaporés.

  2. Her dit :

    Musée du vide et du rien.

    Tiens! Un email… Un spam?
    Non, un véritable email concernant une invitation. Une invitation ?!

    Mais depuis combien de temps je n’ai pas reçue d’invitation qui ne soient pas une publicitée ou un spam?

    De quoi s’agit-il ? Un truc existant ? Une surprise ? Quelque chose qui sortirai de l’ordinaire ?

    L’occasion de profiter à fond de ce petit rien d’une invitation pour un je ne sais quoi encore!

    Tout un film me traverse l’esprit, alors que je n’ai lu, seulement, invitation !

    Un vide soudain me traverse la tête !, Non de Dieu; je passe d’un frémissement complètement farfelu, des gazouillis d’ excitation à l’idée d’être invitée, ( je garde les papillons comme effet pour les trucs sentimentaux et Nian Nian).
    Bref et me voici passé du folie passagère à un grand vide, un truc foudroyant, une chute noir à l’idée de la déception du mot invitation !

    Alors, de quoi s’agit-il ?!

    Une invitation pour? ( Qui, quoi, où ? L’idée me fait à nouveau des palpitations !)

    Alors, alors… Lisons tout ceci… En vérité quelques mots à peines, mais mes yeux cultivant certainement avec complicité, le suspens avec mon propre cerveau.

    Donc, nous disions… Une invitation éphémère… Tiens donc! Éphémère ?! Rhooooo lalalalala, c’est encore plus fou! Ce n’est pas une blague quand même j’espère !

    Qui me l’envoie ? Ce n’est pas un spam, un réel adresse mais… Aucuns contacts existant. Attendez, je regarde tout de même! J’ai déjà perdue en un rien de temps, tellement de temps à des subrausceaux de joies sur l’idée d’une invitation.

    Ma vie doit être bien vide non? Où est ce encore la rêverie enfantine et le plaisir de l’inconnu ?

    Alors, cette adresse email ?… Hum. Tiens, on dirait bien un lien vers un évènement municipal et effectivement éphémère. Donc existant pour de vrai, une réel événement, mais qui ne durera que pour cette fois ci, la fois unique de cette invitation.

    Donc bon, ce n’est pas un admirateur secret. Dommage ! En même temps qui? Le voisin quand je sors ma poubelle ? Le jeune qui range les allées du super u?

    Bon, alors donc je suis invitée par la municipalité, c’est déjà mieux que rien non?

    Mouais , et puis on pourra toujours rencontrer son prince charmant… Heu non! Laissons déffinivement tombé dans le vide cette idée saugrenue, pourquoi j’utilise les mots de ma grand mère ?! Cette idée à la con!

    Donc une invitation éphémère à un évènement donc dans les alentours car municipal invitation…
    Pour?

    Vous allez jamais me croire?!!!

    Vous allez me dire, que je suis dingue!

    Une invitation pour un musée du vide et du rien! Non mais sans rire! Tout ceci pour cela?

    Mais on y va quand même non?

    Après tout nous sommes invités !

    Emeline Her

  3. oholibama dit :

    Racontez une visite au Musée du vide et du rien.
    J’ai réussi, ce soir mes amis et moi-même, nous allons entrer dans cet étrange bâtiment, que pompeusement…les gens appellent « Musée ». Avec grand-mère Arnelle, j’ai visité plusieurs Musée et croyez-moi…Ils n’ont rien à voir avec ce truc affreux , qui donne aux gens l’envie de prendre leurs jambes à leur cous…et de disparaître très vite.

    J’ai envie de rire tant mes amis ont la frousse.Quoi? Moi! non je n’ai pas peur. Je m’appelle Charlie Blaksi, j’ai eu douze ans il y a deux jours. Avec mon père, on est venu vivre chez ses parents donc…mes grands-parents paternel.

    Au village, il y a cinq cent quarante âmes environs. Avec mes amis, nous allons au collège situé à huit kilomètres de chez nous. Danton Delais, Hamiche Liche et Sophie Marik, sont mes meilleurs amis. On se rejoins souvent chez l’un ou chez l’autre…bon, il est vrai qu’il n’y a pas grand chose à faire par ici.

    Quand Monsieur le Maire Durieux Fernand a décidé de remettre en état l’ancien « Musée » afin d’apporter un peu de vie dans cette morne campagne, cela a fait peur à certains, d’autres se sont extasiés sur cette idée originale…puis, un débat a eu lieu pour savoir quoi exposer dans ledit « Musée ».

    Les deux soeurs Taprich Violine et Alphonsine aimant les chats, se sont proposées. Leur grande collection de tableau, de poteries, de bronzes, de linge ancien brodé et devinez de quoi encore! De chats bien sûr! Le Maire n’a pas vraiment refusé mais il a mis ce qu’on appel un droit de regard.

    Beaucoup ont pincés du bec. Les époux Depieus ont proposé leurs objets, outils d’anciens agriculteurs. Certains objets pourraient faire parti du « Musée ». Puis Clovis et Liam Bernard tous deux chasseur ont à leur tour proposé leur collection d’armes anciennes…ce qui ravis plus d’un.

    Ainsi petit à petit tous le monde ou presque s’adonna à la chasse aux objets insolites capable de faire parti du « Musée ». Les réunions étaient pleines de surprises bonne ou pas. Pourtant il y avait toujours cette angoisse dont certains parlaient. ..les autres ne voulant pas en parler.

    Hier soir, les profs nous ont donnés tout un tas de devoirs car, on a une semaine de vacance…alors avec mes amis,, on a décider au bout de quatre jours d’aller visiter ce drôle de bâtiment puisqu’il devait être plein de choses drôles,insolites ou d’une certaine beauté.

    On voulaient aussi comprendre le pourquoi de sa mauvaise réputation.Alors nous voila tous les quatre derrière ce bizarre et lugubre bâtiment. Trois étages, éloigné du village, vraiment sombre, trop sombre. Une grande porte, j’essaie ben elle s’ouvre…

    Étonnée, nous entrons quand même. C’est…c’est…vide! Les trois premières pièces immenses sont vide, des ombres, rien que des ombres. La lune se dévoile, nous éteignons nos lampes frontales et nous restons scotchés devant ce vide, ce rien. Ou sont donc passés les objets que les gens ont placés dans ces pièces immenses? Un peu inquiets, nous montons au premier étage,idem trois grandes pièces

    Deux au Sud, une au Nord. Là encore…des ombres, des vestiges fantomatiques d’objets. On reconnaît ici ou là les peintures et poteries anciennes des deux soeurs. Du linge de table, des bibelots…un peu plus loin des armes, plus loin encore du matériel ancien. Puis dans la pièce du Nord…Une vraie chambre,lit à baldaquin avec double voile, un gros édredon lumineux, de gros oreillés enveloppés dans du linge de haute qualité.

    Deux chevets avec un bougeoir orné d’une bougie blanche. Un livre d’un côté, une bible de l’autre, des tapis, des tableaux ornent les murs bref une chambre agréable et vivante. D’un coup, une ombre…la peur s’insinue en nous. L’ombre se tourne vers nous…elle se déplace très vite.

    Elle nous frôle,un froid mordant nous paralyse. Un rire, une voix un peu stridente._ De mieux en mieux, ils m’envoient de jeunes esclaves, quel dommage…le vivant ne peut fantomisé. Hum…je pourrais peut être! L’ombre se rapproche à nouveau de nous en hurlant. Nous prenons nos jambes à nôtre cous et filons sans un regard aux ombres des objets …la peur au ventre nous franchissons la porte pour nous retrouver devant le Maire et plusieurs villageois dans l’attente…oui mais de quoi?

    _Les enfants avez-vous trouver la clé du vide et du rien?
    y.l.
    Sur une idée de Pascal Perrat.

  4. françoise dit :

    Racontez une visite au musée du vide et du rien :
    Je m’étais levé la tête vide et c’est sans doute cet état qui m’a poussé à aller au musée du vide et du rien. Dans la ville tout le monde en parlait, même ceux qui ne l’avaient pas visité.
    Quelle ne fut pas ma suprise quand, arrivé sur les lieux, Je trouvai la porte grande ouverte; à l’intérieur je vis des hommes fermer des cartons. On s’approcha ; on me saisit et on me mit dans l’un d’eux qu’on ferma avec du scotch. Je criais mais ma voix me sembla inaudible.
    Je restai coi! Puis j’eus l’impression d’être dans un camion rempli d’autres cartons qui roulait sur une route sans fin.
    Le chauffeur prit un gars en auto stop. Celui-ci lui demanda ce qu’il y avait dans tous ces cartons. Il lui répondit du vide et du rien. Et bien donne les-moi; je m’en servirai pour mon déménagement. C’est ainsi que tous ces cartons remplis de vide et de rien, furent remplis de tous les meubles, vêtements, q’un honnête homme possède. Bien sûr ils me trouvèrent. Sans se poser de questions ils me sortirent du carton et me déposèrent sans façon sur le terre plein de la maison.
    Sans surprise je vis le camion s’éloigner.
    Sans me poser de question je me mis à marcher d’un pas allègre. Le conducteur d’une voiture sport me prit en stop , me demanda oû j’allais. Je lui donnai mon adresse et quelque heures après il me déposa à mon domicile. N’ayant pas ma clef, je sonnai. La concierge m’ouvrit, me donna la clef. Quand j’ouvris la porte de mon appartement je m’aperçus qu’il était rempli de vide et de rien. Par terre une lettre. Je l’ouvris, ma femme m’informait qu’elle me quittait. La tête pleine je me mis à rire.
    Après avoir pris une douche et m’être habillé, je pris le métro pour aller au musée Beaubourg voir l’exposition « bacon en toutes lettres ».
    Le soir je pris une chambre dans un hôtel et m’endormis paisiblement du sommeil du juste,
    Demain serait un autre jour.

  5. Au musée du vide

    Par curiosité, je pris une « entrée famille » pour le musée du vide et du rien…
    Pour le vide, je pensais y trouver plusieurs choses, un ravin du haut d’une falaise, un puits sans fond, un rêve où l’on bascule dans le vide … ou bien avoir l’esprit vide, avoir un verre vide …. Mais pour le rien je me demandais bien ce que l’on pourrait voir ! Car rien, c’est vraiment rien !

    L’hotesse nous fit entrer et nous demanda de bien nous tenir sur le chemin de verre qui contournait une soi-disant falaise que l’on ne voyait pas et de nous cramponer fortement la rambarde, également transparente qui servait de garde fou.

    Marcher comme ça dans le vide sur un chemin de verre avait de quoi vous donner le vertige. J’osais à peine avancer et faisais de petits pas glissés, mais un de mes enfants, le plus téméraire, trouva cette chose si extraordinaire qu’il se lacha d’une main et envoya l’avion de papier qu’il avait confectionné dans le vide total qui nous entourait … Et le mystère se produisit … l’avion se transforma en un avion réel qui commença à faire des loopings dans le vide. Amusé, il jeta un bonbon qui se transforma en une tas impressionnant de « mistral gagnants ».
    Totalement éberluée, j’oubliais le vertige et me penchai au-dessus de la rembarde. Le camée que je portais au bout d’une chaine se détacha à son tour, tomba dans le vide et se transforma en une scène de vie grecque très ancienne où un bijoutier façonnait ce bijou.
    Impulsivement mon enfant cria « forêt » pour entendre l’écho et une forêt apparut, emplissant le vide. Il cria chemin et le chemin se traça dans la forêt… Cheval et un cheval se mit à galoper sur le chemin. Lui, il avait tout compris … Ce vide était là pour être rempli….
    Je compris alors que ce vide était ma page blanche à remplir …Je me mis à crier « mots » et ma page blanche qui attendait patiemment le déclic commença à se remplir !

    Lecrilibriste

  6. caillaud dit :

    « Bienvenu au musée du Vide et du Rien », accueillie l’hôtesse au calot bleu marine.

    Ses cheveux châtains étaient tirés en un chignon serré. Elle affichait un étrange sourire qui révélait une dentition parfaite, d’une blancheur éclatante. Le brun de ses yeux en amande renvoyait beaucoup de douceur. Son teint hâlé intensifiait la couleur framboise de ses lèvres. Elle était vêtue d’un blazer également bleu, strié par du fil doré et d’une jupe assortie qui révélait des mollets musclés.

    « Si vous voulez bien me suivre, nous allons entamer la visite. »

    « Nous voici à la première salle où vous contemplez l’œuvre de Malimir Kasvitch, Rien sur du vide. Il s’agit d’une œuvre emblématique de l’hypermatisme où le Rien se perd dans le Vide. Chacun peut y projeter son propre vide et rien intérieur. »

    « Vous apercevait ici, la caisse utilisée par Schrödinger pour sa fameuse démonstration. Nous ne savons si elle contient du vide ou du rien. De ce fait, elle contient à la fois du vide et à la fois du rien. »

    « Dans cette vitrine se trouve un cœur humain en forme d’amphore qui est caractéristique du syndrome Takotsubo, plus communément appelé syndrome du cœur brisé. Il nous rappelle qu’un rien peut générer un grand vide. »

    « Sur cette photographie vous découvrez l’intérieur d’une rame de métro où aucun des passagers, malgré leur nombre, ne s’adressent la parole ou n’échangent de contacts visuels. Tous sont focalisés par l’écran de leur smartphone ou de leur tablette. Certains ont même pris le partis de porter des écouteurs ou un casque audio qui leur assurent un retranchement total. Le photographe met ainsi en lumière, la faculté des individus à se mouvoir dans une masse tout en y faisant abstraction, la faculté des individus à se mouvoir dans le vide, dans le rien. »

    « Vous pouvez lire sur ce panneau blanc, en grande lettre capitale rouge le mot « NETFLIX ». Il s’agit de cette plateforme qui met à notre disposition une multitude de médias que ce soit des films, des séries, des émissions ou des reportages. Elle est un outil privilégiée pour la pratique du binge-watching qui garantit une occupation perpétuelle, plongeant la personne dans le rien et comblant son vide. »

    « Je vais maintenant vous inviter à me suivre dans la chambre anéchoïque également nommée chambre sourde où le silence est si absolu que votre corps devient son. Nous nous rendrons ensuite dans une salle couverte par un dôme de verre où nous nous allongerons pour apprendre, le jour, à différencier les nuages et la nuit, à différencier les astres. Puis, nous entameront une marche qui nous conduira jusqu’aux abysses. Je ne vous en dit pas plus pour le moment, le musée du Vide et du Rien vous réserve encore de bien nombreuses surprises. »

  7. Caillaud dit :

    « Bienvenu au musée du Vide et du Rien », accueillie l’hôtesse au calot bleu marine.

    Ses cheveux châtains étaient tirés en un chignon serré. Elle affichait un étrange sourire qui révélait une dentition parfaite, d’une blancheur éclatante. Le brun de ses yeux en amande renvoyait beaucoup de douceur. Son teint hâlé intensifiait la couleur framboise de ses lèvres. Elle était vêtue d’un blazer également bleu, strié par du fil doré et d’une jupe assortie qui révélait des mollets musclés.

    « Si vous voulez bien me suivre, nous allons entamer la visite. »

    « Nous voici à la première salle où vous contemplez l’œuvre de Malimir Kasvitch, Rien sur du vide. Il s’agit d’une œuvre emblématique de l’hypermatisme où le Rien se perd dans le Vide. Chacun peut y projeter son propre vide et rien intérieur. »

    « Vous apercevait ici, la caisse utilisée par Schrödinger pour sa fameuse démonstration. Nous ne savons si elle contient du vide ou du rien. De ce fait, elle contient les deux à la fois. »

    « Dans cette vitrine se trouve un cœur humain en forme d’amphore qui est caractéristique du syndrome Takotsubo, plus communément appelé syndrome du cœur brisé. Il nous rappelle qu’un rien peut générer un grand vide. »

    « Sur cette photographie vous découvrez l’intérieur d’une rame de métro où aucun des passagers, malgré leur nombre, ne s’adressent la parole ou n’échangent de contacts visuels. Tous sont focalisés par l’écran de leur smartphone ou de leur tablette. Certains ont même pris le partis de porter des écouteurs ou un casque audio qui leur assurent un retranchement total. Le photographe met ainsi en lumière, la faculté des individus à se mouvoir dans une masse tout en y faisant abstraction, la faculté des individus à se mouvoir dans le vide, dans le rien. »

    « Vous pouvez lire sur ce panneau blanc, en grande lettre capitale rouge le mot « NETFLIX ». Il s’agit de cette plateforme qui met à notre disposition une multitude de médias que ce soit des films, des séries, des émissions ou des reportages. Elle est un outil privilégiée pour la pratique du binge-watching qui garantit une occupation perpétuelle, plongeant la personne dans le rien et comblant son vide. »

    « Je vais maintenant vous inviter à me suivre dans la chambre anéchoïque également nommée chambre sourde où le silence est si absolu que votre corps devient son. Nous nous rendrons ensuite dans une salle couverte par un dôme de verre où nous nous allongerons pour apprendre, le jour, à différencier les nuages et la nuit, à différencier les astres. Puis, nous entameront une marche qui nous conduira jusqu’aux abysses. Je ne vous en dit pas plus pour le moment, le musée du Vide et du Rien vous réserve encore de bien nombreuses surprises. »

  8. Michel-Denis ROBERT dit :

    Racontez une visite au musée du vide et du rien.

    En ces temps-là, les jours de disette se profilèrent à l’horizon. Il avait faim. Quelque chose empêchait sa progression. Il se dirigea vers le frigo. Il y restait peut-être un petit rien pour redémarrer son inspiration, qui sait ! Mais il était vide. Son porte-monnaie, victime d’un crack boursier, du mauvais cuir, il s’était usé prématurément, une déchirure. A force d’y collectionner les pièces, il n’avait pas résisté. Il n’y avait plus rien.
    La journée s’annonçait bien : rien à faire !

    Quand il descendit l’escalier, pour aller au courrier, il rencontra la belle voisine qui dit au passage :
    – Il n’y a rien, le facteur n’est pas passé.
    – Avec trois fois rien, on peut déjà faire quelque chose, qu’il répondit.
    – Vous me rappelez l’humoriste, comment s’appelle-t-il déjà ?
    – Oh ! fit-il, admiratif, vous connaissez vos classiques, mine de rien ! C’est de Raymond Devos. Le grand Raymond.

    Il continua tout de même la descente dans la boîte à lettres. Il inspecta tous les recoins : presque rien. Même pas un chèque, pas même une facture. Juste un minuscule prospectus, une pub pour le musée. Aujourd’hui, au musée du vide, c’est gratuit, rien à payer. Chouette ! c’est si rare qu’il serait dommage de ne pas en profiter. Je vais me changer les idées pour du néant. Cela me videra la tête, finis les soucis pendant quelques heures.

    Un seul tableau tout blanc sur un mur gris immense. Le musée avait fait l’échange de toutes ses oeuvres pendant la période de l’équinoxe. Faire le vide, tout recommencer à partir de la nouvelle année. Tout le monde se sentant concerné devait participer. Manière de se ressourcer. Faîtes le vide. Fête la Fête ! Quelle bonne idée avait eu l’artiste !
    Au milieu de l’immensité immaculée, un seul point noir. Encore fallait-il le trouver. Que sommes-nous dans cette immensité ? Dès dix heures du matin, le musée était bondé. Quand il croisa une femme tout de rouge vêtue. Elle fit cette remarque :
    – C’est le mois du blanc !

    A cet instant, une musique amérindienne retentit dans l’espace, Le silence est d’or et la musique est de diamants. Au soir, il rentra chez lui. Une journée bien remplie. Il s’endormit tranquille, les deux oreilles bien remplies aussi. Son coeur battait encore au rythme de la musique. A demain les amis !
    Un tout petit rien peut faire une journée.

  9. Clémence dit :

    Racontez une visite au musée du vide et du rien.

    La vie d’Agathe était incroyable ! Plus que cyclothymique, plus que bi-polaire ! Sa vie n’était qu’une succession d’extrêmes.
    Une année, elle vivait en recluse. l’année suivante, elle vagabondait.
    Une année, elle explorait le monde sous-marin, l’année suivante, elle savourait la plénitude dans la canopée.
    Une année, elle s’immergeait dans les pays à plus forte densité de population, l’année suivante, elle se fondait dans les solitudes glaciales ou torrides.

    Pour l’an 2019, Agathe avait placé la culture en première place sur sa liste de désirs. Elle avait ensuite précisé son projet : visiter un maximum de musées où elle pourrait frôler du regard les toiles les plus prestigieuses.

    En cette fin d’année, revenant de son dernier périple à Washington, elle savourait son plaisir. A peine gâché par cette escale prolongée à Heathrow. L’avion ayant atterri avec un peu de retard, elle ne disposa pas du temps suffisant pour prendre le vol suivant.

    Sept heures d’attente.
    Elle meubla les deux premières heures en faisant le tour des boutiques free-taxe. Elle ne résista pas à quelques achats. Elle sirota des caffè alla nocciola, des cafés à la turque , des américanos, des thés verts, des thés noirs tout en observant les voyageurs. Elle en eut des poussées d’adrénaline et des étourdissements. Elle éprouva un besoin impératif de calme.

    Elle inspecta discrètement les environs, à la recherche des commodités.
    Au moment de quitter ces lieux, son regard fut attiré par un espace plus sombre. Elle y risqua un coup d’oeil et se dit qu’elle avait gagné le jack-pot !
    Une petite salle sombre éclairée de quelques points de lumière bleutée meublée de trois fauteuils de velours rouge. Déserte.

    Agathe essaya les trois fauteuils puis s’installa dans « le sien ». Elle prit son smartphone, mit l’alarme en route puis le glissa dans son sac. Elle le cacha entre ses reins et le dossier.
    L’esprit tranquille, elle ferma les yeux et se remémora le dernier chef d’œuvre admiré : le portrait de Ginevra de Benci réalisé par Léonard de Vinci. Quelle patience le Maître devait-il avoir pour peindre les cheveux, un à un….
    – Oh, ce n’est rien, lui souffla Leonardo. Rien qu’un peu de temps où il m’est permis de rêver…

    Agathe ne s’étonna pas d’entendre ainsi Leonardo lui parler. Sa sœur Florence, historienne d’art réputée, lui avait confié que c’était fréquent lorsque qu’une osmose s’installait entre un admirateur et un artiste.

    Le visage de Ginevra s’estompa doucement et une autre toile surgit en un magnifique fondu-enchaîné au clair-obscur étourdissant. La Ronde de Nuit. Troublante.
    – Oh, ce n’est rien ! Rien qu’une technique empruntée au Caravage, lui confia Rembrandt.

    Agathe ne s’offusqua pas de cet emprunt. C’était une pratique courante. D’ailleurs, se conforta-t-elle, nul ne crée jamais rien à partir de rien. C’est évident !

    A peine avait-elle tiré cette conclusion qu’une nouvelle toile fit son apparition. La Leçon d’anatomie. Quelle horreur ! Comment est-ce possible ?
    – Ce n’est rien ! Rien qu’un arrangement entre le Docteur Tulp et moi-même soupira Rembrandt.

    Agathe perçut un léger agacement dans la réplique du Hollandais. Agacement qui se transforma en épouvante lorsque « Tres de mayo » creva l’écran. Que de terreur dans les regards !
    – Ce n’est rien, souffla Goya, ce n’est qu’une infime partie des massacres qui ont eu lieu pendant la répression.

    Le vacarme de la fusillade enfla et une autre toile, monochrome et d’une violence inouïe, envahit l’espace. Le chaos, la dévastation, un éparpillement de membres, de bêtes, d’hommes, de femmes et d’enfants. Pablo, qu’as-tu fait ?
    – Rien. Rien qu’un assemblage pour dénoncer la barbarie.

    L’enchaînement des toiles continua ponctué de réflexions surréalistes.
    Pourquoi ces flèches dans le flanc de Sébastien ?
    Pour rien ! Rien que quelques miracles !
    Pourquoi ces larmes d’une mère dont le fils a été crucifié ?
    Pour rien ! Rien que d’avoir fait marcher de humains!
    Pourquoi ce bandage à autour de la tête de cet homme blafard ?
    Pour rien ! Rien que d’avoir abusé d’absinthe !
    Pourquoi cette nudité printanière ?
    Pour rien ! Il n’y a rien à chercher ! Seul le peintre sait que ce n’est pas du vide.

    C’est alors que Le Cri vrilla les tympans d’Agathe.
    Elle ouvrit les yeux.
    Il faisait noir et elle se sentait légère.
    Soulagée.
    Au creux de ses reins, son smartphone vibrait doucement.

    © Clémence.

  10. Patrick LABROSSE dit :

    Une galerie souterraine, l’antre des mineurs. Non pas un musée, juste une ouverture, un trou, une béance sur l’enfer. Nous étions là, à observer ce trou, immense, vertigineux.
    Un homme, voix caverneuse et accordéon diatonique en bandoulière contait l’aventure humaine.
    Des gueules noirs, brisées, hirsutes, avides de photons.
    L’homme énumérait des noms, justes des noms. L’imagination faisait le reste.
    Et puis sans attendre, nous plongions l’un après l’autre dans les entrailles de la terre.
    Rassemblés au fond du trou, prisonniers, il nous fallait ramper vers la sortie. Seul notre instinct nous guidait. Nous devions chercher, humer, creuser un passage.
    Parfois une odeur de soufre percutait notre imaginaire. allions nous entendre une détonation, un coup de grisou ?
    Certains s’affolèrent, s’indignèrent de cette visite. Il n’y avait rien à voir, aucun indice, on devait juste avancer, espérer. Parfois nous percevions quelques notes d’accordéoniste, fallait –il se laisser guider par les notes.
    Après avoir longé une galerie parsemée de petites lanternes, enfin une salle, une coupole blanche.
    Nos cœurs reprenaient espoir, quelques notes encore, une tarentelle jaillissait ! Il nous fallait rire, danser, cueillir la vie avec boulimie. Petit à petit la coupole s’éteignait, s’effondrait, nous devions partir, vite, peut être un coup de grisou en devenir.
    La seule échappatoire un trou à rat, une chatière ou nous devions ramper, corps accrochés à la terre. La terrible odeur d’humus à plein poumon. Surtout ne pas paniquer, le trop plein d’air nous aurait bloqué dans la veine.
    Soudain, une sirène. La panique, l’adrénaline, avancer, sauver sa carcasse.
    A bout de nerf, nous vîmes enfin la sortie, la lumière. Nous nous précipitions sans attendre. Un sauve qui peut général.

    De nouveau l’accordéon, et une voix caverneuse :
    – alors cette visite de la mine ? Enrichissante ?

  11. Avoires dit :

    Racontez une visite au musée du vide et du rien

    Comment raconter une elle visite ? C’est bien du Pascal de nous demander de pondre un texte sur le vide et le rien ! L’an 2020 promet …
    Que peut-on dire sur ces deux principes ?
    Moi, j’ai envie d’inverser les lettres et d’écrire sur le dive rein.
    Oui, il y a bien la dive bouteille, pourquoi n’y airait-il pas le dive rein ?
    Dive vient de divin et le rein a bien quand même quelque chose de divin dans ses fonctions d’épuration de notre organisme, ne trouvez-vous pas ? Tandis que le rien, accompagné du vide, c’est vraiment l’inverse du dive rein.
    Oui, bien sûr, rien, plus rien , plus rien, ça fait quand même trois fois rien, mais il ne faut pas exagérer et jouer avec les mots !
    Quant au vide, alors lui, il a une de ces réputations ! … puisque la nature en a horreur. A part ça, il n’y a pas grand chose à ajouter. Donc, parler d’un musée pris en horreur et de trois fois rien, c’est se moquer du monde.
    Pourquoi ne pas raconter une visite au musée du rein ? Il n’y a pas de musée du rein me direz-vous ? Eh ! bien, c’est un vide qu’il faut combler non pas à partir de rien car le rein, ça n’est pas rien.

  12. Pompelair dit :

    Dimanche matin au Groenland. KUNIKPOK se réveille dans l’igloo où dort toute la famille, pelotonnée. Il s’étire, suce un morceau de morue mis à décongeler la veille dans une de ses bottes. Il est content, il tient la forme et se réjouit de tenir la promesse faite la veille à sa douce NUNATAF et à leurs trois petits Inuits.

    Il les emmènera visiter le nouveau musée.

    Il secoue TAPEESA, PUKIQ et QUAMANIQ. Debout là-dedans ! Frottez-vous le bout du nez avec cette tranche de lard, avalez votre saumon fumé, enfilez vos fourrures, n’oubliez pas vos gants, vos tuques sur la tête et surtout cachez les oreilles, ne laissez que vos yeux dehors, et hop, c’est parti !

    Les voilà tous les cinq sur le skidoo Bombardier qui démarre au quart de tour. BROOM, BROOM …

    La ville n’est pas loin, vite arrivés, c’est que ça avance ces machines. Quand même, il fait froid, ils se serrent les uns derrière les autres, ils sont habitués mais leurs nez sont bien rouges et pas un ne pipe mot, mal leur en prendrait la salive gèle et les dents font très mal, sans parler des oreilles : pas protégées, il arrive qu’elles tombent.

    OUH ! Beau le musée tout neuf. Plus large, plus haut que celui de l’an dernier qui a fondu au printemps. Fondu ? Ben oui, normal, c’est un Palais des Glaces. On peut s’y mirer dans les parois. Mais on n’y verra pas plus.

    Il y a déjà du monde et du beau, du gros, dont deux baleines qui rigolent. Pourvu qu’elles n’entrent qu’à la queue leu leu dans le couloir du musée, sinon bouchon, un comble pour un pays qui ne boit pas de vin, que de l’alcool américain, et du raide.

    Aussi des phoques aux moustaches taillées façon CGT française, des éléphants de mer, des morses (ceux-là faut pas les agacer, ils ont déjà les crocs,) une famille ours très fière de sa fourrure. Les poissons ne viennent jamais, ils se feraient bouffer.

    Et on entre dans le Musée. Des parois taillées dans le vif, lisses, blanches, brillantes, on les croirait allumées par l’arrière. On en a mal aux yeux, c’est si beau, même on en pleurerait si on n’était pas si content d’être là. Une cathédrale de glace, des absides immaculées, des escaliers taillés bien régulier qu’on grimpe, ils mènent à ‘l’attraction’ si convoitée.

    Rien à voir dans ce musée à la fois éphémère et intemporel, que de la pureté et du vide, ce qui à notre époque désoriente énormément.

    Tout le monde animal et humain s’installe, s’asseyant par terre, ici on se mélange sans a priori tout le monde se les gelant pareil, le dernier donne le coup d’envoi (un grand coup de pied au c… de l’avant-dernier suffit) et YOOUPI… OUIGO, ZOU, C’est parti !

    Ça dévale à toute allure dans le toboggan géant. La joie, le bonheur.

    Circulez, ici rien à voir, on laisse glisser.

  13. Nadine de Bernardy dit :

    J’avais reçu,écrite à l’encre invisible sur du papier d’Arménie,une invitation au musée du Vide et du Rien pour la semaine des quatre jeudi à l’heure de mon choix ,au 0 bis impasse de l’Oubli.
    Ce musée venait d’ouvrir et proposait de découvrir ses salles du Néant total,sa galerie du Rien illimité et ses artistes très représentatifs de la période du Désert dans l’art contemporain.
    Je m’y rendis à pied par le boulevard de l’Infini,traversais le rond point de la Solitude pour arriver,par la rue Circulez y a rien à voir,dans l’impasse de l’Oubli.Je ne fus pas déçue.
    Un grand espace invisible,indiqué par des panneaux de plexiglas,indiquant les différents niveaux et les thèmes proposés.
    Je commençais par les salles du Néant où l’on conseillait d’imaginer les oeuvres d’artistes anonymes.Il régnait là une atmosphère de fin de vie intéressante,une lumière blafarde aidant à se mettre en condition pour entrer dans un monde très particulier.
    Emue par cette découverte je pris l’ascenceur virtuel et me retrouvait au niveau deux,pour apprécier tableaux et sculptures de la période du Désert.
    Je fus éblouie par cette absence de recherche dans l’absolument rien qu’avaient crée les artistes.Les plus grands étaient là,limpides,inspirant ce vide intemporel qui attirait l’oeil et l’esprit
    dans la fulgurance abyssale de celui qui n’a rien à prouver.
    Un peu étourdie d’errer ainsi dans la quintessence du nul et de l’effacement,je rentrais chez moi retrouver mon appartement bien rempli de bibelots et collections inutiles.Mon chat m’attendait en ronronnant avec un certain ton de reproche interrogatif, tandis que les poissons rouges tournaient en rond sans but dans l’aquarium et que les trilles des pinsons me charmaient l’ouïe.

  14. Fleuriet Mireille dit :

    Racontez une visite au musée du vide et du rien.
    C’est la dernière exposition à la mode. Tout le monde en parle et veut y assister, à l’entrée, des personnes en sortent l’air égaré, certaines m’interpellent «n’y allez pas, il est vide, il n’y a rien à voir, c’est une arnaque ».
    D’un tempérament curieux, j’y entre, décidée. Des murs d’un blanc immaculé, une odeur des lys (qui sont à l’extérieur), m’accueille, par les fenêtres entreouvertes, ces effluves envahissent le lieu. Il n’y a rien, aucun meuble, aucune peinture, aucun objet. Je m’y sens bien, détendue, le vide se fait dans mon esprit, le calme m’envahit, des pensées affluent. Oh ! Que vois-je ? Deux papillons jaunes se sont introduits dans la salle, ils volent, se sentent libres, du regard, je suis leur évolution, ils font leur show, seule dans la salle, je me régale de ce spectacle, je me sens papillon, je suis papillon. Mon esprit vagabonde, ce silence m’interpelle, le vide de cette salle m’attire, mon imagination remplit ce rien. Les papillons s’en sont allés.
    Ravie de cet instant, heureuse de ce vide et de ce rien qui en fait, ont rempli mon esprit et laissé libre court à mes pensées. Peut-être est-ce le but recherché ?
    Est-cela que l’on appelle la zenitude ? Si cela était, je l’ai rencontrée…

  15. Laurence Noyer dit :

    Au musée du vide, rien est broutille
    On suit un guide livide
    Au musée du rien, tout est fifrelin
    Du train-train jusqu’au crin-crin

    On y accède par le
    pas de porte
    Dans les galeries glabres
    Toutes les natures sont mortes
    Et les statues restent de marbre

    Au musée du vide rien est futile
    On visite les trous noirs, les abysses
    Au musée du rien, tout est vain
    Le badin, le divin, le déclin

    On nous assène
    Les derniers courants
    d’air
    Désœuvrés
    On nous promène,
    dans les couloirs
    déserts

    Au musée du vide rien est utile
    Les toiles virtualisent
    Au musée du rien, tout est vacant
    Seuls les silences sont présents

  16. iris79 dit :

    J’aimais beaucoup ce musée. Je m’y rendais une fois par an, à chaque fois que je descendais dans le sud aux premiers jours du printemps. C’était un rendez-vous régulier qui devait rester exceptionnel. Car il brassait beaucoup d’émotions. Bien que le connaissant presque par cœur, je savais que cette année encore j’y découvrirai quelque chose de nouveau.
    Ce qui me plaisait avant tout, c’était la conception du musée. Plusieurs galeries partaient en étoiles à partir du hall d’entrée. Moi comme j’arpentais toujours les mêmes, j’aurais pu m’y rendre les yeux fermés ! Et déjà le voyage commençait !
    Je commençais toujours par prendre le temps de faire le vide en moi, de me concentrer sur ma respiration car dans cette première galerie j’allais être confronté au vide. On y pénétrait seul ou bien à deux, rarement plus. Ce grand vide était celui qu’avaient laissé toutes les personnes parties qui avaient compté dans ma vie dont les portraits s’affichaient dans les tableaux au fur et à mesure que je passais devant eux. Il en était de même pour chaque personne souhaitant se recueillir dans cette galerie devant ces « monuments » ayant quitté le monde des vivants. Je prenais le temps de m’arrêter le temps nécessaire pour leur parler, évoquer un souvenir, esquisser un sourire et pour mesurer le vide que la personne avait laissé dans ma vie mais aussi comment elle l’avait remplie à sa manière. Quand j’estimais ce travail de mémoire terminé, je sortais en saluant et en promettant de revenir l’année prochaine. Je laissais la place à un autre arpenteur de mémoire. Ce pèlerinage me touchait profondément mais me faisait gagner aussi en sagesse. Bien sûr, les années passants, le nombre de tableaux croissait irrémédiablement. Aussi était-il nécessaire pour moi avant de repartir de passer impérativement dans la galerie des petits riens.
    C’est là que je passais le plus de temps. J’y découvrais ceux que je connaissais déjà où que j’avais déjà exploré. Je les retrouvais comme de vieux amis, des compagnies. Il y avait là illustrés, le petit rien d’une balade en forêt en automne, celui d’une tasse fumante de chocolat chaud sur le bras d’un fauteuil moelleux au coin de la cheminée, celui d’une légère brise dans les premières feuilles et dans mes cheveux, celui d’un livre retrouvé après des heures égaré, un repas entre amis, le sourire de mes enfants…Tous ces petits riens qui me rappelaient à quel point j’étais vivant, ces petits riens qui remplissaient ma vie ou allaient la nourrir ! J’en découvrais toujours des nouveaux ! Quelle joie de repartir avec pleins de petits riens à ranger dans les petits coins de ma tête. Cela me procurait beaucoup d’énergie ! Je savais alors que je pouvais repartir sur les chemins, continuer à tracer ma route. Je reviendrai l’année prochaine, retrouver les sources de mes peines, m’approvisionner de nouvelles forces. Oui, ce musée du vide et du rien était d’une richesse insondable. On ne pouvait y rester indifférent. Des tas d’émotions bouillonnaient et l’on en ressortait plus riche qu’en y rentrant.

  17. Grumpy dit :

    Mademoiselle Philippa de Châteaudouble venait d’être ‘bien installée en semi-liberté’, (ici vous serez très bien ma Tante) par ses neveux en maison de retraite. Elle y occupait son appartement personnel garni de ses quelques meubles préférés et de sa bibliothèque de livres d’art.

    Diplômée de l’École du Louvre, Musée où ensuite elle exerça une longue carrière de restauratrice, cet impressionnant CV fit que le médecin, aux fins de préserver ce qu’il lui restait de son mental, lui accorda permission de sortie chaque après-midi : elle pourrait aller et venir à son gré pourvu qu’elle soit rentrée ponctuellement à 16H30 pour le service du thé ou du chocolat chaud.

    Et elle en profitait pour partir prestement visiter une nouvelle collection. Elle abhorrait le mardi, jour de la fermeture des musées qui la maintenait par force dans la salle d’activités où on la faisait participer à des distractions d’un niveau …….. vraiment !

    Les autres jours, on la laissait filer où elle voulait avec son déambulateur à roulettes, pas d’escaliers ni de trottoirs (on avait vérifié) et pour cause, elle n’allait pas tourner plus loin que dans le jardin, ou faisait des aller-retour sous le long préau ou dans la véranda les jours de pluie.

    Avant chaque sortie, rituel de la surveillante lui remettant un factice ticket d’entrée au musée vu qu’elle prétendait y avoir souscrit un abonnement permanent, pas question de partir sans ce précieux sésame, d’ailleurs, pour la sérénité de tous, dans cet établissement c’était la règle N° 1, on ne contrariait jamais les pensionnaires.

    Mon Dieu, qu’elle était heureuse. Bien qu’elle ait trempé toute sa carrière dans l’atmosphère envoûtante des œuvres d’arts, son cerveau n’en était point saturé. Elle revenait enchantée de ses visites, si joyeuse d’avoir parfois reconnu des œuvres qui lui avaient donné tant de fil à retordre pour en retendre les toiles, ravauder les accidents, les revernir.

    Elle racontait ses virées aux aide-soignantes : cet ap-midi les Impressionnistes lui avaient mis les larmes aux yeux, avant-hier quel régal avec les Orientalistes, dimanche dernier vu du plus moderne rafraîchissant avec Picasso et Delaunay, vendredi l’extase devant Modigliani et Klimt, une fois seulement elle revint avec le mors aux dents : franchement ce jour-là à Beaubourg, ils y étaient allés un peu trop fort avec l’urinoir de Duchamp et le pouce de César !

    Quand il lui arrivait parfois de retourner un peu trop excitée et qu’elle prétende être rentrée avec mal à la tête, on tenait prêt un comprimé d’aspirine qu’elle réclamait en disant « s’il-vous-plaît, mon cachet, aujourd’hui j’ai la tête pleine de peinture. »

    Sage médecin qui avait jugé plus salutaire de laisser son cerveau s’emplir de peinture plutôt que de le laisser errer dans le musée du vide.

  18. 😺 LURON'OURS dit :

    😺 LE SALON DU RIEN
    Jean-Michel inaugure le ‘ Grand n’importe quoi ‘. Il n’a rien préparé car l’ Architecte est pressé d’ouvrir et de fermer une sorte de salle des pas-perdus : le Musée du Vide. Prière de poser les chaussures, y aller en chaussons ou mettre les patins, emprunter l’escalator, c’est plus sage que l’ascenseur.
    Ce soir, la Bastille ou tout autre lieu voué à la commémoration du 14 juillet 1789 refermera ses portes.
    Cette visite est un essai grandeur nature on aura dix ans de garantie pour tout remettre à niveau et en état de marche pour les siècles futurs et la gloire du Souverain. Ici, autrefois il y avait une gare, on vous transportait… Maintenant, on vous roule !
    Jean-Michel se vrille la moustache, ses yeux pétillent. Non, il ne fera pas mieux la prochaine fois, même dans cent ans ! 😺

  19. Blackrain dit :

    Ce qu’il y avait d’agréable avec le musée du vide c’est qu’il n’y avait rien à voir. Mes petits enfants ayant envie de rien, je les y emmenais. Ils pouvaient tranquillement y jouer du pouce sur leurs Smartphones sans être dérangés par un discours élitiste ou des images caricaturistes. Ils n’étaient plus tristes et attentistes comme dans les musées classiques. Ils n’avaient pas à subir les contraintes de l’apprentissage, à ingurgiter le savoir des adultes. La première fois ils tournaient à vide, n’entendant rien mais s’attendant à tout. Ils furent quelque peu surpris de sortir sans rien n’avoir vu comme taches colorées, ni entendu comme pollutions sonores. La seconde fois, sur eux-mêmes ils tournaient, avides de sensations nouvelles. Plus qu’une marche inutile, ils voulaient s’impliquaient dans la démarche. Ce vide les remplissait de doutes. La vacance de sensations leur gâchait les vacances de ce mois d’aout. Devaient-ils participer au concept, y apportant leur univers, leur imaginaire ? Une minuscule souris dessinée au bas d’un immense mur blanc leur donna une idée. L’un d’eux sortit un marqueur et dessina un gros chat qui se penchait sur la souris. Je le sermonnais avant d’entraîner promptement tout mon petit monde hors des lieux. Quel ne fut pas notre étonnement lors de notre visite suivante. Tous les murs du musée étaient recouverts de graffitis et de fresques colorées. C’était de la Bombe ! Fort émus, je sortis mon mouchoir devant tant de magnifiques pochoirs. Le chat, que mon petit fils avait esquissé, avait bien engraissé. Il était habillé sans accroc d’une belle fourrure mais se voyait dominé par la fureur d’un gros chien dont les babines ne badinaient pas avec les crocs. Les yeux écarquillés, les petits passaient d’un dessin à l’autre, inondant leurs frères de commentaires. Comment se taire devant tant de créativité. Le musée du vide et du rien était devenu celui d’un art populaire, le dessin libre et sans calibre. La nature ayant horreur du vide, rien ne pouvait endiguer cette vague expressionniste et jubilatoire. Le musée ne désemplissait pas. Le rien et le vide était maintenant tout plein.

  20. Anne Lonjaret dit :

    Musée – tout – rien.

    3 mots qui semblent bien contradictoires. Mais à bien y penser, que trouve t on dans un musée ? Vais je y trouver la même chose que mon voisin ? L’un y trouvera son bonheur, son inspiration, sa créativité… Voire même ses émotions. L’autre le trouvera creux, vide de…. rien ou plus probablement trop empli de tout. Y a t il seulement une réelle forme d’organisation ? Là aussi c’est bien subjectif car l’oeuvre de conservateurs chevronnés et formés à une méthodologie bien précise.
    Mais quand je visite un musée, sois j’y vais pour y contempler un thème bien précis, auquel cas je zappe l’essentiel des oeuvres et passes des heures devant le thème sur lequel j’ai jeté mon dévolu. Ou encore je fait un rapide tour d’horizon de l’architecture porteuse des oeuvres. Vous savez ce tout qui englobe le rien, ou encore l’infiniment petit 😉 Oui, j’aime l’infiniment grand pour y distinguer le détail. Que de temps passé à scruter ce que d’autres ne voit pas. Ne dit on pas que l’essentiel est invisible pour les yeux ?
    Tout et rien, finalement ceux-ci sont bien précis et intimement liés….

  21. ourcqs dit :

    Nouveau musée, nouveau concept, quelle découverte !
    J’étais prête à plonger dans le Vide.
    Des salles d’exposition bien sûr, dans un grand silence je voyais beaucoup de points d’interrogation sur la tête des visiteurs déambulant d’un pas pressé attendant une suite. Sur, dans, des espaces libres, je pouvais installer mes  collections préférées, mais je m’amusais avec les aspérités, les irrégularités des cloisons, les couleurs, blanc pas vraiment blanc, le noir étant déjà très étudié, la lumière .. N’ y-avait-il vraiment Rien à voir ??  sans doute, mais quelles sensations perturbantes dans des volumes irréguliers, imprévisibles, aux parois inclinées
    Complètement déstabilisée, enthousiasmée par ce cheminement dans des Vides, pour Rien voir du tout, mais ressentir davantage

  22. Fanny Dumond dit :

    Un beau matin de juillet Mamie entre dans la chambre de ses petites-filles.

    – Bonjour les filles ! Levez-vous vite, aujourd’hui nous allons au musée de l’illustration.

    – Chouette ! s’écrie Mély

    – J’ai trouvé ça sur Internet. Ça devrait te plaire à toi qui adores dessiner.

    – Moi aussi j’aime bien dessiner, s’offusque Sissi.

    – Mais oui ma poupée, toi aussi tu dessines très bien, répond Mamie qui se traite d’imbécile.

    Dans la voiture la petite famille joyeuse chante, raconte des blagues, mais au bout de quelques dizaines de kilomètres l’ambiance s’émousse.

    – C’est long ! soupire Mély.

    – Oui c’est un peu loin, explique Mamie, mais ça vaut vraiment le coup. J’ai regardé la vidéo et ils ont même diffusé un reportage à la télé.

    – Qu’est-ce qui se passe ! s’écrie Papy. Oh, non ! Il y a un bouchon. Manquait plus que ça, s’énerve-t-il.

    – Je ne pensais pas que c’était si loin, soupire Mamie. Il était noté 55 minutes sur leur itinéraire. Mais c’est pas grave, on est en vacances après tout.

    Enfin, après une heure et demie de trajet, la joyeuse troupe s’extirpe de la voiture devant le musée.

    – C’est curieux, on dirait que c’est fermé, s’étonne Mamie. Pourtant regardez là, sur la grille, les jours et les horaires d’ouverture sont bien notés. J’ai pas la berlue quand même, nous sommes bien jeudi.

    – Bonjour monsieur, dit Papy à un passant. Savez-vous à quelle heure ça ouvre ce truc ?

    – Vous ne savez pas ! s’étonne le brave homme. Il est fermé depuis quelques mois, ils n’avaient pas assez de visiteurs.

    – Eh ben ça alors ! s’offusque-t-il. En rentrant je vais faire une réclamation, c’est inadmissible de faire déplacer les gens pour rien.

    Que faire ? La famille plus que déconfite décide de visiter la ville bien vide de lieux à visiter si ce n’est sa cathédrale.

    Comme tous les soirs après diner à l’ombre de l’érable, les filles appellent leurs parents.

    – Coucou Papa ! dit Sissi. Tu sais quoi. Aujourd’hui on est allés au musée du vide et du rien.

  23. durand JEAN MARC dit :

    Heureusement que j’ avais pensé à réserver, car cette magnifique exposition internationale ne devait durer qu’une semaine.

    Paulo et moi, on s’est donc pointé à l’ouverture à 9 heures. On était les premiers, et de toute façon, yavait pas la queue puisqu’on était tout seuls. Enfin deux, quand même, Paulo et moi.

    Mine de rien yavait une porte et elle était ouverte. Alors on est rentré et on a suivi les flèches , par terre, comme à l’hôpital.

    Paulo et moi, on n’est pas des habitués des tralalas des musées. Notre dernière virée culturelle c’était une exposition autour du monde du Lego. Ca on avait aimé. Ca nous ressemblait, cette ville faite de briques et de brocs. Mais toute propre. Un blanc inoculé!

    Dans le hall, on est tombé sur un grand panneau. Dessus, c’était inscrit une invitation à « faire le vide en soi pour se laisser mieux pénétrer par les bagatelles visuelles et les lacunes auditives » que nous allions croiser.

    Paulo, il a dit: « bof! » et puis il a pris une photo avec son phone…pour, qu’il a encore dit, on étudie tout çà, plus tard, à tête reposée.

    Je me suis toujours demandé ce que voulait dire Paulo par une tête reposée, car d’un côté, il est rarement levé avant midi et que de l’autre, quand il fait fonctionner ses bras et ses jambes, la tête n’a plus vraiment les moyens d’envisager quoi que ce soit. D’après le docteur du cerveau, il a une maladie du lymphatique. Il aurait comme un limaçon en délire dans le ciboulot qui lui freine l’essentiel des réflexes et des réflexions courants. Donc il marche, il se traîne difficilement.

    Mais là pour l’instant, ça se passait bien, en mode croisière, pas hors-bord, faut pas rêver!

    Moi, j’étais juste là pour accompagner Paulo. Le hasard m’avait tiré au sort. C’était le prof d’art du plastique qui avait fait la main innocente. Et on allait devoir se taper un exposé devant toute la classe, la honte assurée.

    On a fait le tour de toutes les salles. J’ai pris des notes sur un carnet et Paulo a mitraillé. Il me dictait les titres. « Tas de poussières », « Lac des lacunes », « Le tour du trou », « De l’importance des futilités 1 », « Foutaise de la mort », « Homme habillé montant dans un ascenseur »…etc…etc…

    Il faut l’avouer, « la Tour du Néant » avait quand même une sacré gueule. Avec tous ces amas de déchets de la vie des mateurs de conso…on se serait cru sur le rond- point, dans la zone commerciale , à côté du Feu Vert.

    Finalement, ya un gars qui nous a interpellé comme quoi on n’avait rien à foutre là. On a joué aux cons…çà, on savait faire, comme dirait mon beau-père, on a à la fois l’inné et l’expérience.

    Le gardien nous a raccompagnés à l’entrée en nous expliquant que l’exposition n’était ouverte au public que le lendemain.

    Alors on est reparti tranquilles. L’actualité déchiqueté de leur art nouveau, il avait un goût de beaujolais, un truc chébran sur le fric, juste pour plaire aux japonais.

    On est donc repassé par le jardin public, là où on savaitit croiser la statue d’une femme à poil…celle que j’aime bien…même qu’elle ressemble à ma cousine, sauf les poils.

  24. Antonio dit :

    Annie accompagne Stéphane au musée du vide et du rien. Il veut voir le « Néant absolu » de Steinberg, lui a-t-il dit.
    À elle,ça ne lui dit absolument rien. Et c’est sans doute ce qui l’a attirée dans le vide de ce monument.

    Parce qu’il n’y a personne dans chaque salle. Les visiteurs suivent un dédale de corridors suspendus au dessus, l’œuvre de l’architecte Ikéano. Annie suit Stéphane qui se presse au dessus du « Néant absolu », parmi ce trop plein de visiteurs, tentant de se frayer un passage jusqu’à la vitre.

    Annie, derrière, ne voit rien. Elle finit par s’éloigner et s’avancer au dessus d’une autre salle, intitulée « Vide intérieur ». Elle remet ses oreillettes et appuie sur play sur l’appli de son téléphone portable après avoir sélectionné l’œuvre en question.

    « Il s’agit d’un être humain, tout ce qu’il y a de plus naturel, précise le commentateur exalté. Giorgio Ego a réussi la prouesse de vider complètement cet homme de tout besoin, vital comme artificiel. Entouré de plantes scientifiquement sélectionnées pour leurs apports élémentaires essentiels à un air au taux d’humidité précisément calculé, cet homme n’a ni besoin de se nourrir, ni même de boire. Il n’évacue rien, ni déchet, ni sueur, il ne prend rien et ne perd rien. Chaque inspiration lui procure les éléments vitaux juste nécessaire à son organisme, chaque expiration rejetant les gaz excédentaires. L’équilibre parfait fait homme. Mais ce n’est pas tout. Aucune émotion, aucun désir, aucune frustration, amertume ne pénètre dans son être. L’équanimité absolue, l’état d’âme neutre, ni excessif, ni dépressif, juste bien, satisfait, sans pensée quelle qu’elle soit, cet homme n’a ni passé ni avenir, il est le présent absolu. Mais alors, à quoi sert un tel être humain, allez-vous me dire ? Mais à rien, s’emballe le commentateur, justement ! Il est la preuve que l’exaltation, la passion, l’exubérance, l’agitation émotionnelle permanente fait l’humanité et que sans elles, la vie n’est rien. Il est donc indispensable. »

    Annie reste stupéfaite devant cette démonstration théâtrale mais surtout captivée par le regard béat de cet homme en bas qui semble si paisible, si bien. On dirait une statue en silicone, aussi expressive qu’une œuvre de Rodin, mais sans émotion, vidée de toute tension. Elle se retourne, la foule au dessus du Néant a disparu. Stéphane aussi. Elle regarde son téléphone, il est plus de 19 heures. Elle n’a pas vu le temps passer. Le musée semble fermé. Elle tente de retrouver son chemin, mais des portes sont fermées, elle ose en pousser d’autres quand elle se retrouve, elle ne sait comment, dans la salle du « Vide intérieur » face à l’homme, au milieu des plantes tropicales, respirant calmement, le plus zen qu’elle ait rencontré dans sa vie. Même le Dalaï-Lama lui a semblé plus préoccupé.

    Elle s’approche, n’ose le toucher. Il ne la regarde pas, mais elle sait qu’il la sait là. Pas besoin de toucher pour savoir que sa peau n’est pas du silicone, une peau jeune, parfaite. Son souffle est profond et régulier, elle est soudain éprise d’un sentiment fort à son égard. Elle ne le maîtrise pas. Le regard de l’homme se tourne alors vers elle. Ses yeux brillent, son souffle devient plus court, il halète. Une goutte perle sur son front. Elle croit entendre son cœur battre.

    Quand une porte s’ouvre : « Miséricorde ! Qu’est-ce que vous avez fait ? »

  25. camomille dit :

    – doucement, doucement, ne vous bousculez pas !
    S’il vous plaît … ne poussez pas !
    Aujourd’hui, c’est l’inauguration du MUSEE CREATIF de Draguignan.
    Depuis longtemps les habitants de cette petite ville du sud attendaient cet événement !
    Alors…. ça se bouscule au portillon !
    Tout le monde veut être le premier à l’avoir visité et à raconter avec fierté cette inauguration.
    Tout le monde veut pouvoir dire : « J’y suis allé »… pas toi ?
    – doucement, doucement, ne vous bousculez pas !
    Bref… c’est la gloire aujourd’hui pour le Maire de Draguignan qui avait promis en début de mandat, l’ouverture de ce musée extraordinaire qui allait attirer les foules, les touristes, les artistes, et qui allait forcément rebooster les commerces du centre ville qui sentaient le sapin.
    C’est essentiellement sur cette promesse, sur cet espoir, que son élection avait été un véritable succès.
    Puis il avait été happé par des tâches de tout ordre et le Musée… le Musée, ben le Musée, il avait été un peu oublié.
    Cependant, on commence à reparler des prochaines élections n’est-ce-pas ? Alors, l’ouverture du fameux Musée extraordinaire s’imposait.
    « CHOSE PROMISE , CHOSE DUE » ne cessait-il de répondre béatement à ses concitoyens reconnaissants.
    Et c’est comme ça qu’enfin, oui enfin, aujourd’hui tous les habitants sont invités à l’inauguration.
    Les portes s’ouvrent !
    L’espace est clair, immense… immense.
    les premiers visiteurs autorisés à pénétrer avancent en silence, choqués, stupéfaits :
    la salle est VIDE,
    Il n’y a RIEN.
    Ils suivent disciplinés les flèches du parcours, montent lentement au 1er étage, redescendent toujours en silence et toujours RIEN, le VIDE !
    Personne n’ose faire un commentaire et ils font durer la visite avant de laisser la place à un 2ème groupe.
    – Alors ? Leur demande-t-on à la sortie.
    Et l’un deux craignant le ridicule de ne pas comprendre l’art moderne, choisit de répondre :
    – Alors, c’est Extraordinaire ! Stupéfiant, du jamais vu. Notre Maire est un génie visionnaire !
    Les autres, pris de court, approuvent.
    Le commentaire s’échappe, se répand, et provoque une affluence spectaculaire.
    Et tous les visiteurs suivants, craignant d’être jugés ignorants, ressortent enchantés et subjugués face à autant de talent ; car eux, n’est-ce-pas, sont sensibles à la grandeur du VIDE et du RIEN.
    Le Maire, essoufflé arrive en retard et découvre la situation.
    Il s’apprêtait à formuler des excuses et à expliquer que l’inauguration était reportée d’une semaine car les œuvres n’étaient pas arrivées à temps.
    Que croyez-vous qu’il fit face aux « hourra ! » de la foule en délire ?
    (Perso, je n’aurais pas voulu être à sa place).
    Finalement, il sourit bêtement, remercia et s’enfuit paniqué.

    • Grumpy dit :

      Ah, ça pour être vide, il est vide ce musée en ce moment. En travaux. Inauguration probable en septembre. Mais tout de même connaissant ce Maire fou de culture et plein d’humour : impensable qu’il n’ait pas trouvé la bonne répartie.
      Néanmoins bravo pour cette très Bonne Idée ! (il apprécierait)

      • camomille dit :

        Vraiment Grumpy, vous avez des accointances avec Draguignan?
        J’en suis ravie!
        Peut-être alors nous rencontrerons-nous nous un jour en centre ville ou pourquoi pas lors de l’inauguration du fameux musée?
        en tout cas merci pour votre sympathique commentaire et pardonnez-moi de ne pas avoir trouvé meilleure parade pour Monsieur le Maire!!!!!

    • Elo dit :

      J’ai l’impression de visiter l’Observance entre 2 expositions ! Merci pour vos textes 🙂

  26. Christine Macé dit :

    Racontez une visite au musée du vide et du rien

    J’avais plus d’une fois repéré le bâtiment délabré mais jamais osé y entrer.
    Ce jour-là, pour fuir l’averse, je m’étais abrité sous le porche. Un des battants de la porte était entrouvert, l’endroit semblait désert. Tel un explorateur fougueux, je franchis le hall et passai dans une vaste salle. Toujours aucun signe d’une quelconque présence, pas même celle d’un rongeur qui y aurait trouvé refuge. La pluie battait vigoureusement sur les persiennes, laissant filtrer quelques rais de lumière blafarde en suspension.
    Mes yeux s’accommodèrent sans trop d’effort à cette pénombre fantasmatique. L’odeur de poussière aurait dû m’indisposer, moi qui était sujet aux crises d’asthme, mais curieusement il n’en fut rien. Peu à peu j’avais la sensation de devenir un peu de cette poussière. Mon corps s’allégeait, j’étais en apesanteur. Chacun de mes mouvements devait se réduire au moindre.
    La pièce était profonde, les murs vides avaient gardé la trace des toiles plus ou moins grandes qui les avaient ornées. Au centre trônait un socle sur lequel avait dû reposer une sculpture, bronze ou marbre, léguée par un généreux donateur.
    Et soudain je me mis à dessiner, peindre, tailler, polir frénétiquement. Les créations jaillissaient et chacune d’elle trouvait, immédiatement et naturellement, sa place. Je volais de l’une à l’autre, vérifiant le bon alignement, l’éclairage, la vue d’ensemble.
    Après un dernier coup d’œil, satisfait, je refermai doucement la porte derrière moi.
    Il avait cessé de pleuvoir.

    A tous une très belle année 2020, Christine

  27. Kyoto dit :

    Vide + Rien = Néant.
    Le néant.
    Nez en l’air.
    L’air de rien.
    Le musée du vide et du rien,
    Le musée du non-être, de la non-existence,
    Visité par ceux qui ressemblent à rien,
    Qui pleurent pour un rien,
    La tête vide, la peur au ventre.
    Celle du néant.
    Des moins que rien,
    Qui traînent leurs misères dans cette masse d’agités.
    Des bulles d’air dans ce monde brouillasseux
    Qui éclatent, explosent dans l’indifférence,
    Et ne sont plus rien.
    Alors, ils s’accrochent à un petit rien du tout.
    Pour rire de tout.
    Pourrir de rien.
    Pourtant, ils sont vivants.
    Vides mais vivants.
    Plus pour longtemps.
    Le vide va les aspirer.
    Ils seront l’œil du cyclone.
    Ils disparaitront dans le vortex de la peur
    Et de la mort.

    L’Univers est le musée du rien et du vide.

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