503e exercice d’écriture créative créé par Pascal Perrat

L'écriture créative pour tous
Créativité littéraire

Un câlin abandonné sur une page a été retrouvé par…

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Processus d’émergence de cette idée d’exercice

Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Une émulation pour tenir en en éveil son pouvoir d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

28 réponses

  1. Patricia dit :

    Un câlin abandonné sur une page a été retrouvé par quelqu’un qui en avait besoin.
    Car oui ça existe certains n’en n’ont plus besoin.
    il ont vécu tant d’aventures de câlins qu’un jour, ils se sont aperçus que les histoires de câlins, ça n’était rien, rien qu’un moment qui passe dans une vie pleine d’autres aventures.

    Ils en ont vécu des câlins pour en arriver là, des câlins passionnés, des câlins tout doux, des câlins de tendresse et d’autres des câlins maternels.
    Et puis peut être aussi des câlins paternels.
    Et il en ont redemandé, et redemandé. Jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent, qu’un câlin ça pouvait être aussi, le câlin du vent dans les cheveux. Le câlins des vagues pendant un baignade dans la mer, le câlin du sable pendant une sieste sur la plage, ou bien le câlin d’un arbre pendant une balade en forêt.
    Aussi le câlin de leur pull préféré pendant des soirées d’hiver.
    Ils en ont vécu, et puis un jour, ils se sont décidés. A parler du plus gros câlin qu’ils ont connu. A parler sur le papier.
    Alors ils ont écrit et décrit leur câlin et leur chagrin. Et alors il l’ont laissé tombé pour aller vivre une autre vie, de câlins différents ceux là, de ceux qu’on se donne exactement quand on en a besoin.

  2. oholibama dit :

    Un câlin abandonné sur une plage a été retrouvé par deux jeunes chiens errant entre deux matelas et tentes, il faut d’abord dire que c’est une délicieuse odeur qui les attira…Un reste de gâteau laissé par l’un des enfants…sans doute trop pressé d’aller se jetait dans les vagues scintillantes.

    comment dire non à ce lent mouvement? Bien que les éclaboussures, les vagues s’en allant et revenant sans jamais dire  » Bon les enfants cela suffit, j’en ai assez! » Non les vagues étaient là pour les amusés eux les petits vacanciers. Entendre leur rire, leur cri telle des mouettes rieuses à foison juste pour un mois ou deux après…après eh bien elle resterait seule en se languissant d’eux.

    Alors les petits avaient oublié le câlin et ils l’avaient abandonné sans un regard en arrière. Il traînait sur la serviette du petit dernier enfoui presque dans le sable mou. Du bruit, du mouvement mais pas les petits. Un reniflement, un autre, une odeur plus une autre mais…là encore, pas les petits.

    Qu’allaient faire ceux qui venaient d’arriver? Allaient ‘ ils le mâchouillé, lui bavait dessus, le jeter en l’air, le tordre dans tous les sens? Le tirer jusqu’à ce qu’il craque encore? Quelque chose de chaud, quelque chose de doux, des dents qui le soulève avec délicatesse…

    Un reniflement, un autre, un murmure, les dents le reprennent. Un tour à gauche, un tour à droite. Un piétinement, un petit cri puis, un oumphhh retentit. Le câlin se trouva loger entre les deux jeunes chiens, lové dans leurs pattes. Leur museau pas très loin de lui. La douce chaleur de leur souffle le réconforta.

    Il était bien, il se sentait enfin à sa place là, ou il fallait donné de l’amour, sans comprendre, sans question, sans envie, sans rien, juste ça se donner un câlin. Emplit de joie le câlin fondit, s’enfonça dans les poils des chiens.

    Les enfants revinrent avec leur père. Riant, se trémoussant, éructant d’avoir bu la tasse trop souvent- puis le plus petit surpris, poussa un petit cri._Papa câlin en à fait deux, c’est super on a deux câlin en plus!Maman va être contente…regarde ça papa un blanc et un gris tous ce qu’elle aime.

    Le petit se mit à gloussé, les chiens venaient de se réveillés et avec jubilation, ils donnèrent des coups de langues, des coups de truffes à qui le voulait…même le père en reçu plus d’un. Le coeur en liesse, la famille compris qu’il n’était plus besoin de câlin imaginaire car, avec eux…les deux chiens ils auraient de vrais câlin à chaque instant de leur vie fut ‘ elle courte, fut ‘ elle longue.

    L’amour de ces deux câlins là ne finirai pas et en effet maman fut très heureuse de garder avec eux tous ces deux vrais câlin la que la vie leur avait offert.Pour un bel été, ce fut un bel été fait de joie et de partage…et plus encore car les deux câlins rentrèrent avec la famille après tout, ils en faisait partis eux aussi.

    Si comme le mien de câlin, le vôtre dort de plus en plus…alors songez y c’est parce qu’il vieillit mais ce n’est pas pour cela qu’on le laissera à la maison! Ah ça non, comme tous les ans, il viendra avec nous voir la mer et entendre chantaient les mouettes de l’océan.

    Les balades à pieds et la pêche sont plus belles quand il nous regarde de son beau regard noisette avec l’air de dire: » Dis c’est quand qu’on rentre se couché? » Qu’il se pelotonne contre nous restant aux aguets, nôtre câlin vieillit mais…il n’est pas avare de  » câlin » Bel été à tous. y.l.
    sur une idée de Pascal Perrat.

  3. Jean-Christophe Knaub dit :

    erratum: j’avais lu « plage » pour « page »
    je vais reprendre par le bon début…

    • Jean-Christophe Knaub dit :

      Un câlin abandonné sur une page a été retrouvé par l’écrivain, aussi surpris de ce colis de mots indéfinissable qu’il l’avait lui-même créé. C’était hier.

      D’abord : Mais qu’est-ce qu’il lui avait pris ? Au moment où son stylo se portait sur le cahier calligraphié, il pensait avoir évoqué le patelin de son enfance, où c’était lui au matin qui avait aperçu ce camion abandonné, au fond de l’impasse. Cela avait fait toute une histoire. Il venait de l’étranger. Et l’on n’en avait jamais retrouvé le propriétaire. La cargaison, devinez de quoi elle était composée ?…

      Ensuite : Ce câlin abandonné, je l’ai retrouvé dans un très ancien carnet, mon premier ; j’avais douze ans.
      Je notais à l’époque plutôt des anecdotes, comme celle du camion abandonné. S’il a été retrouvé dans une impasse, c’était qu’il était arrivé au bout de son chemin, qu’il avait fini sa course. Quant à son contenu, on peut dire qu’il nous avait été réservé, à nous les enfants de l’orphelinat, car il s’agissait d’une cargaison de peluches pandas, avec un cœur cousu sur la poitrine de chacun d’eux. Le premier que j’ai sorti a été pour l’offrir à mon élue, celle qui deviendra ma femme, tout de même beaucoup plus tard.
      Aussi, quelque part, ce câlin n’a jamais été abandonné par ce geste trouvé, ce câlin est retrouvé jour après jour.
      Si j’en parle aujourd’hui, c’est qu’il était temps pour lui d’être mis en mots, que l’histoire soit vraie ou fausse ?

  4. Jean-Christophe Knaub dit :

    Un câlin-câlin sur la plage

    Au début, je n’avais pas décrypté ce que je voyais en marchant le long d’une plage de Normandie, les pieds parfois dans l’eau selon la force des vagues.
    De fait, en me rapprochant, c’était un panda peluche abandonné sur le sable, à côté d’un château du même nom atteint déjà fortement par la marée haute.
    Abandonné ou perdu?
    Quand cela arrive dans la rue, un doudou tétine girafe « Sophie » tombé lâché sur le trottoir je ramasse l’objet perdu et le place sur un rebord ou un poteau, mieux en vue et épargné par les semelles de passants indifférents.
    Ici, Panda semblait attendre, voire avoir pour mission de garder le château, de résister à l’assaut des vagues, bien que leurs avancées soient inexorables.
    Combat perdu d’avance.
    Autre hypothèse : Panda a été puni de câlins, et les représailles ont été poussées au point de l’abandonner jusqu’au lendemain, afin de le « faire réfléchir ». Il est tout le temps à réclamer des câlins et lorsqu’il s’agit de se jeter à l’eau il est absent. Il fait semblant de lire, sur cette plage, toujours la même histoire… et la même page maritime illustrée !
    Donc aujourd’hui cette nuit sera son baptême de l’eau et de la solitude.
    Y est-il préparé ? L’enfant savait que non; lui non plus n’avait pas compris le voyage en haute mer de son père trop attiré vers le lointain et l’inconnu, dont il n’est pas encore revenu.

  5. pakitapom dit :

    Un câlin abandonné entre les pages d’un livre a été trouvé par un chineur invétéré, un amateur de belles lettres, un vrai poète, qui fait son miel des trésors dont regorgent les étalages des bouquinistes sur les quais de Saône.

    Un chineur invétéré à n’en pas douter. Très tôt le matin alors que les bouquinistes n’ont même pas encore fini d’installer leurs éventaires, il est déjà là, l’oeil brillant, les mains crispées sur quelque nouveau livre de poésie des siècles passés à la couverture doucement parcheminée. Il s’y accroche, le feuillette avidement …
    Amateur de belles lettres vraiment ? Il y a dans sa quête plus de rapacerie que d’émotion, il chasse, cherchant à chaque page à débusquer la phrase inattendue, presque jamais lue, le mot qui fait rêver , la tournure inusitée , l’émoton sous jacente qui feront se pâmer le lecteur …
    Un vrai poète …Non rien de tout cela, l’ homme, assez banal dans son allure, l’est encore plus dans son écriture et si, avec maniaquerie, il traque les mots poétiquement fanés du passé, c’est parce qu’il n’est rien d’autre qu’une coquille vide de sentiments, sans aucun talent . Il n’est rien d’autre qu’un plagiaire, un pitoyable voleur de mots . Roué, l’usurpateur prend bien garde de ne pas copier de textes récents. Non, il affectionne plutôt les textes assez anciens et souvent peu connus , poésies désuetes et charmantes qu’il trafique, bricole, châtre et recoud à son goût . C’est ainsi qu’il a réussi, l’ignoble detrousseur de mots, à se faire une reputation d’écrivain à la plume riche et fantasque, parfum de violette et venin mêlés pour mieux ses lecteurs fasciner. Poudre de riz , œillades assassines qui font mouche tout droit sorties des pages du carnet secret d’une courtisane d’un autre siècle , autant de mots qu’il torture, écartèle sans mesure, pour le plus grand plaisir de ses fidèles lecteurs .

    Minable faussaire, triste pilleur de mots. Sa vie n’est qu’un immense tricherie où son ego pèse si lourd qu’il étouffe son peu de cerveau . D’émotions totalement démuni , c’est au service de sa gloire personnelle qu’il met toute sa passion et il réussit. On l’encense, on le flatte on le porte aux nues
    « Quelle imagination, quel foisonnement, un nouveau genre …Sulfureuse et talentueuse poésie » Voila ce que l’on dit de cet équarrisseur d’alexandrins oubliés et pourtant jamais , au grand jamais sa plume se s’est laissée aller, libre et féconde, sur la page blanche tant redoutée, Il n’a jamais rien fait d’autre que de copier servilement les textes d’antan sans scrupule ni tourment.

    Aussi, ce jour là, quand assis à sa table de travail, il a pris en mains le dernier cahier de poésie qu’il avait trouvé pour trois francs six sous au marché aux puces du canal . Il s’est régalé par avance de son aspect un peu terne, oublié, comme s’il n’avait pas souvent été lu, donc très peu connu. Une véritable aubaine pour le pasticheur et pourtant, le petit livre s’est ouvert de lui même à une page . Curieux, non  ? Une écriture manuscrite- le faux poète jubile – fine, racée, assez fleurie et ne manquant pas de fantaisie. Il lui semble même percevoir entre les lignes comme une odeur poudrée de rose ancienne, une femme amoureuse . Il se délecte : saupoudrer d’un peu de vitriol tout ce doux sorbet, le presser, lui faire rendre gorge et enfin, en tirer l’essence ultime

    Quand tout à coup , sous sa main, léger, doux, palpitant , une vraie boule de douceur, un petit câlin depuis si longtemps entre les pages abandonné, vient, plein d’espoir, se blottir au creux de ses doigts

    D’un geste nerveux, l’auteur à succès, qui n’a pas de temps pour semblable niaiserie et n’en a aucune envie, tente de s’en débarrasser mais la boule de tendresse si longtemps confinée a besoin de s’exprimer. Elle ronronne, s’étire, se roule, moelleuse, au creux de la main sèche, titille, chatouille, effleure, caresse. Avec dégoût , l’écrivain lâche le cahier et se frotte violemment les mains , essayant en vain de se débarrasser de cette moiteur qui l’écœure .Le câlin, partageur, s’invite alors volontiers dans l’autre main. Libre, facétieux il s’en donne à cœur joie et bientôt le voleur se retrouve, horrifié, à contempler ses mains en coupe contre son giron, saint Graal dégoulinant d’amour… quelle horreur !

    Le câlin, généreux, déborde de tendresse et s’enroule, gaillard, autour des poignets du scribouillard .
    La tache est ardue , l’hôte récalcitrant mais le petit câlin a du répondant . Chaque coup, il esquive, et continue sa joyeuse progression. Il a tant d’amour à donner .Ulcéré ; les yeux révulsés, le profanateur de mots doux, l’exterminateur de bonheurs épistolaires voit le petit câlin remonter le long de ses bras, s’étaler, un rien lascif sur son torse glabre et ramper doucement mais inexorablement jusqu’à son cœur

    Ce matin Jean X, jeune écrivain talentueux,
    unanimement plébiscité par les maisons d’éditions
    a été retrouvé mort à son domicile .
    Il aurait, semble t-il, succombé a un arrêt cardiaque

  6. Catherine M.S dit :

    Le « Seulement voilà  » à la fin s’est malencontreusement glissé. ..
    Le texte s’arrête à  » amants  »

    Mille excuses…

  7. Catherine M.S dit :

    Un câlin abandonné sur une page en plein tournage
    Quel dommage !
    Moteur demandé ! Action !
    Mais que vont faire les deux personnages
    S’ils sont privés d’effusions ?
    C’était bien précisé dans le scénario
    Mardi matin, Adam et Eve, très tôt
    Devront se rapprocher sur le plateau
    Des oeillades, des accolades
    Des frolements, des frissons
    De la tendresse, des caresses
    Des baisers, de la volupté
    Eh oui, sinon comment y croire
    À cette histoire d ‘ amour au paradis ?
    C’est écrit sur le manuscrit
    Adam et Eve doivent s’aimer et la croquer
    La pomme. ..

    Seulement voilà le câlin sur le papier
    A complètement disparu
    L’encre s’est effacée
    Les mots ont mystérieusement fondu
    Les deux acteurs ne savent plus quoi faire
    Le réalisateur est sur les nerfs
    Le producteur en colère
    Le film qui devait faire un tabac
    S ‘annonce comme un fiasco
    Les critiques vont se déchaîner
    Haro sur le cinéma nouveau
    Incapable de raconter fidèlement
    L ‘Histoire de l’Humanité
    Celle d’Eve, d’Adam, de la pomme et du serpent
    Tout simplement
    Celle des deux plus célèbres amants

  8. iris79 dit :

    Un câlin abandonné sur une page a été retrouvé par un adolescent qui venait sur ce banc chaque matin.
    Il aimait arriver en avance. Cela lui donnait le temps de jeter un œil à la boite à livres qui se trouvait là. Et chaque jour, il remerciait la personne qui avait eu l’idée de la fixer dans cet endroit. Lui, les livres, il n’en avait pas. Ou si peu. Il en demandait à chaque anniversaire. Et le reste du temps, il allait à la bibliothèque deux fois par semaines aux heures d’ouverture hebdomadaire.
    En attendant chaque matin donc, il aimait faire glisser ses doigts sur les reliures des livres alignés, la tête très légèrement penchée pour découvrir les titres qui le feraient voyager avant même d’aller au lycée. Ce matin, sa main s’arrêta sur une tranche verte qui l’intrigua. Il saisit le livre et l’ouvrit. Il fut incroyablement étonné d’y trouver ce câlin qui ne semblait attendre que lui. Il releva la tête et regarda dans les alentours avant de reposer son regard sur la page. Il referma délicatement le livre et le glissa dans son sac, convaincu que ce câlin était pour lui.
    Il grimpa dans le bus qui venait d’arriver et fila à sa place. Il posa son sac sur ses genoux et sourit en regardant l’arrêt de bus et la boite à livres s’éloigner. Ce câlin qu’il avait hâte de retrouver lui avait déjà réchauffer le cœur pour la journée. Ce soir, il aurait surement autre chose à lui dire…

  9. Avoires dit :

    Un câlin abandonné sur une page a été retrouvé par…
    une écharpe de soie encore imprégnée du parfum subtil de celle qui en avait fait un nid pour son cou. S’y mêlait un autre parfum, jeune, frais… Ah ! oui,je me souviens…
    Tu m’avais trouvée à Monoprix, l’hiver où il avait fait si froid. J’étais enroulée sagement sur une étagère et je t’attendais , oui, toi Delphine, je voulais que tu me touches, me déploies, m’apprécies avec ta si jolie petite moue. Ce n’est pas toi qui m’a choisie mais moi qui voulais me lover autour de ton cou gracile de jeune fille, sentir la peau fine près des oreilles et les tiennes étaient si délicates. Deux coquillages qu’il fallait aussi soustraire au froid mordant de cet hiver-là. Après plusieurs instants d’hésitation entre moi, qui rêvais de toi et mettais en avant la richesse des impressions dont dont j’étais si fière et une autre, non pas moins belle mais qui ne te désirait pas comme je te désirais, tu me pris enfin dans tes mains. Ça y est ! Ma douce soie du Cachemire avait eu raison de tes hésitations . J’étais la plus belle de toutes les écharpes de Monoprix de cette saison-là et il était normal que je devienne le nid de ton cou. J’allais devenir ton câlin.
    Combien d’hivers avons-nous passé ensemble ? J’étais si heureuse lorsque les froids revenaient et que tu me sortais du tiroir. Retrouver ta chaleur, ta douceur, ta candeur étaient devenus pour moi un bonheur immense. Tu prenais si soin de moi lorsque tu me lavais- c’était généralement un jour où tu ne sortais pas pour ne pas avoir à te passer de moi- qu’à peine sentait-on l’odeur que la lessive laisse. Je préférais mille fois la tienne… Tu étais mienne.
    Un jour pourtant, je changeais de peau : tu me donnas à Roland.
    Oh ! Roland, tu avais toi aussi une peau tendre de jeune homme, tombé follement amoureux de toi, Delphine. Il m’avait déroulée de ton cou en t’embrassant et s’était approprié ma douceur empreinte de ton odeur. Je câlinais donc quelqu’un d’autre, ce n’étaits pas désagréable en définitive. Il étais très épris de toi et je le ressentais vivement lorsque les veines de son cou battaient plus fort quand vous vous retrouviez. Roland était très tendre avec moi, il m’embrassait, fourrait son joli visage dans mes volutes indiennes, me parlait. Je l’écoutais, ravie…
    Le printemps arriva, le temps se radoucit, la chaleur fit son apparition. Anne entra dans la vie de Roland : elle exigea qu’il ne me porte plus. Roland, follement amoureux d’Anne se débarrassa de moi et je ne fis plus de câlins.
    J’avais vécu une belle histoire depuis ma fabrication dans un atelier en Inde où des mains habiles avaient déposé sur moi des motifs qui appelaient aux câlins. J’en étais ressortie, longue bande légère, prête à câliner. J’ai rempli ma mission.

  10. Blackrain dit :

    Marouchka se rendit au kremlin de la ville qui bordait la Volga. Le château était fort impressionnant pour la jeune paysanne, le châtelain aussi. Malgré le déclin de la cité, il avait la capacité de la relever des invasions cosaques car il était malin et enclin aux choses du commerce. Elle venait le solliciter pour un emprunt afin de s’affranchir de sa servitude. Elle avait un projet de traitement du kaolin avec un produit alcalin. Elle comptait sur les liens qu’ils avaient noués dans leur enfance, partageant les jeux dans les champs et sur les bords du fleuve. Il se présenta à Marouchka tout de lin vêtu, plein de force et d’élégance, félin et majestueux, le nez aquilin et le regard brumeux. Il se montra très affable avec elle. Il la reçut dans ses appartements privés et lui offrit des pralins pour la faire patienter. Il avait à faire pour un moment. Marouchka était curieuse, c’était son grand défaut. Elle ne put s’empêcher de regarder dans un tiroir du bureau qui était entrouvert. Il était empli de papiers. Il y avait les lettres de dénonciation de ceux qui s’étaient plaints d’un tiers, les textes sibyllins d’échevins et de juristes, et enfin il y avait une belle lettre sur papier vélin. C’était une lettre écrite de la main même du souverain. Quel fut son étonnement lorsqu’elle vit que ces mots lui étaient adressés. Ils étaient pleins de douceurs et de tendresse pour elle, emplis du bonheur de leurs jeux partagés. Mais les jeux de l’amour avaient remplacés dans son cœur ceux de l’insouciance. Il éprouvait pour elle un profond sentiment. Son oncle Merlin lui ayant affirmé qu’il était vilain, il n’avait jusqu’alors pas osé le lui exprimer. La lettre était signée d’un baiser. Mais voilà, il n’avait jamais envoyé la missive. Elle était restée lettre morte, enfouie au plus profond de sa mélancolie. Marouchka était touchée par ce câlin abandonné qu’un page aurait dû lui apporter. Elle se sentait portée par un sentiment qu’elle partageait depuis toujours. Si elle se savait belle, elle n’avait point tentée de lui révéler son inclination à cause de sa condition de vilain. Le châtelain entra dans la pièce. Il vit Marouchka penchée sur sa lettre. Lorsqu’il découvrit ses larmes et son sourire engageant il sut alors qu’ils étaient faits l’un pour l’autre. Ils se jetèrent dans les bras l’un de l’autre avec la passion des années perdues. Ils se marièrent bientôt et eurent beaucoup d’enfants, turbulents et ingénieux.

  11. Nouchka dit :

    C’était un petit câlin
    Que j’avais remarqué
    Il était tout froissé
    Sur le bord du papier
    Quand il m’a entrevu
    Entre ses cils mouillés
    Il m’a interpelé
    Et m’a sollicité :
    « Madame, emmenez-moi
    Je suis perdu, je suis si seul…
    Si vous me laissez là je vais mourir, je vais mourir.
    Je serai attentif, tendre et soumis à vos désirs
    Madame, adoptez-moi, SVP, j’ vous en conjure ».
    J’ai posé mon index
    Contre sa couenne meurtrie
    Et ai réalisé
    Combien sec et rêche, il était.
    Après quelques instants
    Il s’est détendu, à changer de couleur
    Et s’est alangui.
    Je n’avais pas prévu telle rencontre, telle aventure
    Et ne savais ni quoi lui dire
    Ni quoi en faire
    Sur le bord du papier
    J’ai alors écrit, un court message
    Sur cette page :
    « Petit câlin perdu
    Recherche amour sincère même éphémère,
    Appelez au 06 16 13 10 00
    Pour un moment de tendresse ou pour la vie ».
    Et c’est ainsi que depuis,
    J’ai trouvé l’amour de ma vie
    Et le partage avec le p’tit câlin
    Qui a oublié tout son chagrin.

  12. RENATA dit :

    Un câlin abandonné sur une page a été retrouvé par le serial killer du roman .
    Il n’en n’avait jamais eu et ne savait qu’en faire : L’écorcher , le découper , le violer , le torturer , le brûler ?? Les idées ne manquaient pas mais comment s’y prendre ?
    Impossibilité pour lui de se rappeler ce que c’est , à quoi ça sert et qu’est ce que ça fait là sur la page de son histoire alors qu’il est en pleine action . Sa victime ligotée attend et s’angoisse sur ce qui va lui arriver . Jusque là tout se passe bien . Et voilà que lui , le dangereux kidnappeur se fige et se questionne sur ce truc qui n’a de place , ni dans son livre , ni à ce moment du suspense .
    Lui , le brutal , le mauvais , le méchant ne sait que faire de cette trouvaille .
    Qui a osé poser ça là ?
    L’auteur ? non il le connait depuis longtemps , ce n’est pas le genre au contraire , ses créations sont de plus en plus violentes . Pas de place pour le câlin .
    Un autre protagoniste voulant changer le cours de l’intrigue ? ils sont tous terrifiés , ils n’auraient jamais osés .
    Le flic qui le poursuit depuis 5 ans de roman en roman ? ce n’est pas son genre et surtout il n’a pas le temps de s’attendrir avec toutes les horreurs qu’il découvre , à moins que ….
    Il se retourne violemment et ce qu’il redoutait se vérifie : sa victime a disparu .
    Un stratagème!!!!
    Ne reste qu’un mot sur l’étal de boucher où elle était saucissonnée .
    « Un câlin pour ne plus être un assassin » signé Ange Gardien .

  13. durand JEAN MARC dit :

    Un câlin abandonné sur une page a été retrouvé par un bénévole de la SPC. Il est toujours inconcevable que des écrivains inconscients, abandonnent ainsi de petits câlins, sans défense, au milieu d’histoires non finalisées et de contes à réveiller les enfants endormis.

    Tout cela, parce que les vacances, les écrivains, ils pensent y avoir droit comme les autres. Pauvres ouvriers de la plume, ils souhaiteraient être payé à la ligne, point, celles écrites de nuit largement majorées. Mais bien évidemment, ça ne fonctionne pas comme cela. Pendant la « COVI crise », ils ont tous cru original de rédiger un journal de confinement. Ils ont tous pensé être les seuls à ne pas se faire chier chez eux, à découvrir de nouveaux espaces dans l’étriqueté de leur couple. Que les enfants, c’était très bien à l’école. Et que finalement, un chien qui fait ses nécessaires besoins sur la moquette, car son esclave n’a pas le droit de le sortir au delà de, c’est chiant.

    Bref, ils n’ont pas vraiment adhéré à quoi que ce soit, de la crise, de l’après crise, de l’anthécrise, juste à leurs projets de retour aux vacances.

    Car ils aiment vaquer. A la campagne, de préférence.

    La nature des écrivains, c’est veaux, vaques et cochonnailles, parfois une libellule de proésie, cet art aimablement suspect d’en dire tant en si peu.

    La mer, ce n’est pas pour eux, trop de traces du passé, cette pelouse de poésie transformée en Hugolf, en Baudelairmarin, toutes ces cabines alignées pour la parade de Juillet, ce gargouillis incessant de galets d’un triste commun de marée.

    De fait, les écrivains paraissent réellement bouder le câlin, mesure trop mièvre pour leurs visions d’un amour si pur, si purulent, si bestial et possessif.

    Parfois, ils permettent la rencontre d’un bambin et d’une poule rousse, d’un ancien avec un poney dans une structure sécurisée entre deux heures de repas. Et que personne n’ait plus l’autorisation de sabots.

    Pourtant, le câlin, ce dorlotage entre êtres survivants, cette berceuse attendrie des regards, ces égards de paroles, cette tendresse du sourire, cet effleurement, sans le vouloir de caresses rêvées, il existe, laissez vous faire!

    Contre le mur trop certain du vide à venir de ce trou d’air de rien, mais si présent, en l’estomac ne sachant plus quoi digérer ou régurgiter, un air de vie, quoi!

    Laissez vous câliner, et, faute de trop peu des autres, câlinez vous!

  14. Maguelonne dit :

    Je suis un câlin abandonné en plein milieu de page par une écrivaine tombée folle en amour pour un plombier beau comme un dieu, s’esclaffe t elle. Elle me laisse en plan et pourtant j’ai des choses à dire.
    Je suis un câlin des plages. C’est particulier un câlin des plages. L’été nous vivons à fond la caisse puis l’automne arrive, les plages se vident et nous nous enfonçons dans le sable pour hiberner. Nous avons droit à cinq vies. Certains petits débrouillards arrivent à grappiller une ou deux vie de plus mais c’est exceptionnel.
    Durant ma première vie j’ai découvert les gros câlins tout doux, les câlins du bout des lèvres, les câlins à durée déterminée, les câlins radins, les calculateurs, les câlins sans modération, les câlins altruistes, les câlins qui vous reboostent, les câlins pour « de faux », les câlins pour la vie…
    Avide de découvertes je n’ai pas vu arriver l’automne. Malgré moi je me suis enfoncé dans le sable. J’étais tout seul ou presque : une vieille carcasse de crabe me regardait avec des billes noires et sèches : effrayant. De gros efforts m’ont permis de me rapprocher d’une famille de câlins. « tu pues le crabe » m’ont dit les jeunes, « dégage ». Quel long et triste hiver. J’ai si mal dormi. Enfin le printemps est revenu !
    J’ai vécu un été merveilleux. J’ai connu petit Marcel et Lily-Rose. Sur la plage leurs maisons de vacances étaient voisines et pendant deux mois j’étais leurs câlins plein de tendresse. Marcel se rêvait pirate, pourfendeur des flots et découvreur de trésors. Lily-rose était princesse admirant son pirate, sirène lui montrant la route, déesse le guidant pendant les tempêtes… Ces deux là partageaient tout. Et moi j’étais câlin magique, câlin merveilleux, câlin plein de promesses. Lorsque j’ai vu les larmes couler sur leurs joues, j’ai su que l’été était fini.
    Mais pas question de retourner sous terre. Me laisser emporter par une vague était effrayant. Elles se mettent parfois en colère. Et là, idée de génie : une bouteille à la mer et j’irai au gré des vents, au gré des vagues. Pendant des mois, dans ma bouteille j’ai affronté des tempêtes terribles, le mal de mer m’a soulevé le cœur. J’ai presque regretté mon hiver en sous sol.
    Enfin, me voici sur une plage de sable doré, les cocotiers me saluent. Ça sent l’île où il fait toujours beau, où les câlins ne connaissent pas les hivers. Je vais me nourrir de toute cette chaleur, de cette beauté et devenir éternel câlin : voyez bien que c’est possible. C’est alors que deux câlins hallebardiers m’entourent. « Tu es sur l’île du Pirate à câlins, suis nous ». Devant moi, un pirate difforme remplit un fauteuil Émmanuelle.
    « Si tu veux vivre ici, faut payer la dîme ».
    « Avec quoi, je n’ai rien, que mon amour »
    « Tout arrangement est envisageable » dit il avec un rire gras et des yeux vicieux.
    « Dans mon vaisseau j’ai une arme à câlins. Je vais la chercher »
    Ils me courent après mais je vais bien plus vite qu’eux. Je remonte dans ma bouteille et vogue la galère et vive l’aventure.
    Je suis repêché par un couple à bord de son bateau de location. Ils se font des mamours sirupeux du matin au soir, et la nuit ronflent de manière très sonore. Nuits sans repos et journées sans aucune imagination, quel ennui !! je saute dans ma bouteille et suis vite reparti sur les flots.
    Ce n’est pas de tout repos la vie en mer. J’ai été happé dans un tunnel tout noir, puis j’ai flotté dans une poche immense et sombre : Monstro ou Moby Dick. Y en avait pas un pour racheter l’autre. Pourtant il fallait sortir de là. J’ai libéré de la liqueur douceâtre du bateau des mamoureux. L’animal a semblé aimé ça, tout le monde a ses faiblesses. J’ai secoué la bouteille de toutes mes forces, tant et si bien que le gigantesque animal m’a recraché avec fureur. Je suis tout tourneboulé, je ne sais plus où je suis , qui je suis. Mais je sais, et ça je le sais bien, il me faut de toute urgence une écrivaine pour me sortir de là et m’embarquer sur mon île paradisiaque : HELP

  15. françoise dit :

    503:Un câlin abandonné sur une page
    a été retrouvé par un cœur meurtri
    le câlin lui susurra des mots enjôleurs
    l’oreillette droite était prête à s’en laisser conter
    mais l’oreillette gauche prit son air revêche
    le ventricule gauche se dit qu’il leur voulait du bien
    le ventricule droit pensa de même
    du coup le cœur palpita
    le calin dit attention aux « extrasystoles »
    tu as raison câline-nous et je me calmerai
    il y a si longtemps et j’étais si inquiet car comme dit le proverbe
    le temps perdu ne se rattrape jamais
    avec moi tu ne crains plus rien
    tu te prends pour Don Quichotte
    oui mais demain j’aimerais être le Petit Prince
    le jour d’après on pourrait aller battre
    dans la poitrine de Jean Valjean
    Et après dans celle de Juliette Drouet
    où on entendrait
    Victor Hugo lui chuchoter
    La vie est une fleur. L’amour en est le miel.
    Et puis avec Beaudelaire on irait voir
    si sous le pont Mirabeau coule la Seine
    Ensuite nous pourrions aller
    du côté de chez Swann
    où Proust doit toujours être
    à la recherche du temps perdu
    Fatigué le cœur demanda à aller se reposer
    dans le livre « la mécnique du coeur »
    qui semblait avoir été oublié sur un banc
    le câlin se lova entre les pages
    et c’est ainsi que finit l’histoire
    du câlin et du cœur meurtri.

    .

  16. Mya Lafon dit :

    Un câlin abandonné a été retrouvé sur une page par une cédille ayant perdu le ca auquel elle s’était attachée tant de siècles auparavant. Fauchée par l’ultime désillusion, échouée sur cette page déchirée par les embruns de la modernité, oubliée des policiers-typographes pointilleux , la cédille se fendit et s’affaissa (de fort belle manière latérale l’aurait-on observé si la page n’avait pas été si déserte). Cédille ainsi faite circonflexe, l’éperdue se glissa au dessus du a, l’enserra et lui murmura, la voix tremblante des accents terribles de la réalité :  » Je serai ton âme dédoublée, je te gravirai le temps qu’il nous sera encore donné, permets-le. Mais, frère, autant le savoir, mon ca perdu augure de grandes pertes. Il faudra s’accrocher et fuir les majuscules grandes faucheuses devant l’eternel et les noel. »

  17. Fanny Dumond dit :

    Deux héritiers à la recherche du testament de leur tante trouvent un câlin abandonné sur une page enfouie dans le tiroir d’une commode instable sur ses trois pieds.

    Après avoir parcouru la feuille, Jérôme s’écrie :

    – Eh ben, je n’aime pas lire, mais je savais que tantine vendait pas mal de bouquins, mais là c’est chaud, nom d’un chien ! Lis ça.

    – Comme tu dis, c’est chaud, s’étonne Alice après avoir parcouru le brouillon. J’ai lu tous ses romans et celui-ci m’avait beaucoup plu. Elle aurait dû insérer ce passage ? Mais cela ne m’étonne pas, telle qu’on la connaissait si effacée, si pudibonde, elle n’a pas dû oser.

    – Il se serait vendu comme des petits pains, j’en suis sûr. On va l’apporter à son éditeur, car la littérature érotique est la plus prisée.

    – Tiens, voilà le testament se réjouit Alice. Comme nous sommes ses seuls héritiers, à nous le pactole. Voyons voir.

    « Je vous lègue mes meubles et mes droits d’auteur iront à l’association pour la défense du livre papier. Fait un double exemplaire, dont un déposé chez mon notaire. Votre tantine adorée »

    – La garce ! s’écrient en chœur les héritiers tandis que le câlin voltige en boule dans la cheminée.

  18. Kyoto dit :

    Un câlin abandonné sur une page a été retrouvé par des yeux langoureux qui s’ennuyaient de ces mots qui défilaient sans conviction, erraient sans aucun sens.

    Une main, fine et douce, s’aventura à cet endroit endormi, pour le réveiller, le caresser et pourquoi pas l’adopter.

    Une odeur de camomille, de lavande et de menthe poivrée émana de ce tendre échange. Un nez s’en réjouit et éveilla les papilles.

    Il fallait goûter ce délicieux mélange, le déguster à petites doses, et se laissait emporter par les vagues de silence.

    Epanouissement de l’âme.

    La page fut abandonnée.

    Le lendemain, un Caïn abandonné sur une plage a été retrouvé par Elle. Mais c’est le début d’une autre histoire…

  19. Souris verte dit :

    🐀 LA DÉCLARATION
    Léon se décide après beaucoup d’hésitation à dire à Sophie pour ses sept ans -l’âge de raison !- qu’il l’aime plus même que son chat. Pour le petit garçon c’ est une réelle preuve d’amour.
    Sur un papier à fleurs tout autour il dessine des cœurs et puis des fleurs aussi, les colore de rose émouvant.
    Mistigri, trouvant qu’on ne s’occupe pas de lui, vient piétinner les beaux dessins qui en disent si long.
    Lui était là avant elle, il faut qu’elle le sache et n’hésite pas à imprimer ses papattes au milieu des messages de tendresse. C’est sa façon à lui de mettre son grain de sel.
    Léon découragé glisse sa déclaration entre deux buvards dans son cahier de brouillon.
    Les années passent.
    Aujourd’hui il a vingt ans, tombe dessus en rangeant sa chambre avant de prendre celle d’étudiant.
    Ému de retrouver sa première lettre d’amour abandonnée dans un vieux cahier.
    Le papier est fané mais les fleurs et les cœurs ont gardé leurs couleurs tendres des câlins d’enfant.
    Il serre le message dans la poche intérieure de sa veste… Il la montrera ce soir à Sophie pour lui prouver que lorsqu’on aime à sept ans, ce n’est pas de la rigolade.
    🐀 Souris verte

  20. Antonio dit :

    Sur la page, abandonné
    Un câlin est retrouvé
    Qui l’eût cru! Déplorent la perte de l’effet
    Qui depuis s’en est allé

    J’ai adoré sa romance
    Dans ses décors en carton
    Et c’est triste quand on pense aux sensations
    De l’éveil des tentations

    Pourtant je sais bien la nuit prochaine
    Tout refleurira en relisant
    Mais en attendant je suis en peine
    De quitter l’amère frustration

    Le plaisir va s’habituer
    À courir sans nuance de grey
    Et c’est dans ma relecture ébouriffée
    Qu’il va le plus me manquer

    Le désir ce grand coquin
    Ne me brûlera que de loin
    Croyant que nous sommes ensemble un peu fâchés
    D’être tous deux séparés

    Le train-train m’emmène, monotone
    Retrouver la vie de mes soucis
    Mon bouquin j’en parle à personne
    Je me le réserve pour cette nuit

    Car dès qu’elle sera tombée
    Les enfants seront couchés
    Je reviendrai faire la fête aux crus phrasés
    De mon câlin retrouvé
    De mon câlin retrouvé

    (changeons de style, en chanson parodiée, dans la moiteur de l’été…)

  21. Nadine de Bernardy dit :

    Un câlin abandonné sur une page a été retrouvé par la femme de ménage.C’est François ,le câlineur en chef de la revue  » A chacun son câlin chaque matin « qui l’avait oubliée sur son bureau.
    On était le 31 juillet,veille des vacances,il avait assemblé à la hâte toutes les pages disséminées sur sa table de travail,afin de les expédier à qui de droit et n’avait pas vu un feuillet tombé à terre.
    Madame Leclerc,la technicienne de sol,n’en cru pas ses yeux,elle qui passait son temps à mettre de l’ordre et de la propreté dans ces locaux,n’avait jamais eu un câlin pour elle.
    Elle se contentait d’en percevoir leur tendresse à travers des brouillons déchirés ou roulés en boule au fond des corbeilles.
    Tandis que là, un vrai petit câlin,mignon,intact,sous le bureau de Mr François!
    Elle saisit la page avec douceur, la caressa précautionneusement en lui murmurant des mots doux.
    Elle se laissa aller à l’embrasser furtivement comme si quelqu’un pouvait la surprendre.
    Afin de ne pas froisser le petit câlin,elle la roula soigneusement,la glissa dans son cabas où,tout à l’heure,elle mettrait sa blouse et ses gants de ménage,avant de retourner chez elle avec son précieux cadeau.
    Si vous étiez passé par cette rue quelques heures plus tard,au lieu de croiser une petite femme banale et tristounettre,son cabas à la main,vous auriez entendu une femme guillerette fredonner:
    C’était un p’tit bonheur que j’avais ramassé….

  22. LURON'OURS dit :

    🐻 RÉ-MI-SI-ON
    La Ré-pétitrice l’a retrouvé La. Un câlin abandonné sur une page. Page de garde ?
    C’était entre deux notes. SolFaSiLaSiRé. Car La Mi La Mi La dans un Do Mi Si La Do Ré. Le câlin était à La Ré.
    Panda, un jeune chinois travailleur etait venu en stage de piano en 2019 à Nan-Si. On l’appela Pan. Tant sa queue en pompon était petite part rapport à celle du piano noir. Seules les touches évoquaient son pelage. Celles d’ébène surplombaient le blanc digitodrôme. Pan s’appelle maintenant : Pan Ré Mi.
    C’est le Do Si La Mi.
    😺 LURON’OURS

  23. Agnès P. dit :

    Un câlin abandonné sur une page a été retrouvé par des voyageurs de la ligne automatique 14 du métro parisien. En fait, le livre était là, ouvert sur une banquette et le câlin s’étalait chaleureusement sur toute la double page.

    Deux trois voyageurs se sont approchés très craintivement, et ont commencé à s’inquiéter.
    Un musicien d’Amérique du Sud qui jouait de la guitare et chantait à ce moment là dans la rame, voyant leur mine inquiète s’est approché, faut dire qu’ils avaient une mine de papier mâché, le teint cireux, les traits tirés et qu’ils pointaient du doigt l’objet, leur malaise était palpable.

    Le chanteur a regardé, a fait un grand sourire rayonnant et avec un accent mélodieux, et plein de soleil, s’est exclamé “oh ! Un câlin, et quel beau câlin !”
    Mais cela n’a en rien rassuré les autres voyageurs. L’alarme a été lancée : il y avait là quelque chose de suspect, potentiellement dangereux.

    La rame a été immobilisée, pendant ce temps le trafic sur cette ligne l’a également été, créant tout un bazar . On a prévenu une unité de déminage, ce câlin abandonné là, comme un colis, c’était comme une bombe par ces temps de terrorisme , de froideur sociale citadine.
    L’équipe a fini par arriver, s’est approchée très doucement, très professionnellement selon le protocole de sécurité. Tous les voyageurs avaient été évacués. Les lieux sécurisés.

    Les appareils de déminage sortis, l’équipe a exploré la zone sur laquelle était posé le livre, puis l’objet lui même, enfin, cet étrange phénomène…A part un rayonnement doré et chaud qu’ont pu constater les intervenants, rien d’autre : pas de danger !

    On a emballé précautionneusement le livre ouvert, dans une pochette plastique hermétiquement close et puis quelqu’un du service l’a apporté aux objet trouvés.

    Le préposé aux objets trouvés l’a reçu en main propre, tout de suite son regard a été attiré par le câlin qui transparaissait, ses yeux se sont illuminés, son sourire s’est étiré.

    Très délicatement il a retiré le livre ouvert de la pochette, l’a pris au creux de ses mains , et a admiré le câlin, ressentant la tendresse de son énergie dans tout son être, il est resté là longtemps, un temps hors du temps, puis avec beaucoup de douceur il a collé le livre toujours ouvert aux mêmes pages contre son cœur.
    Consciencieusement il a vérifié qu’il n’y avait pas de nom de propriétaire, approuvé le joli titre du livre “le vieil homme qui aimait les histoires d’amour”, et lu le nom de l’auteur Luis Sépulvéda.

    Puis il a collé le livre contre sa poitrine, “ j’ai un nouvel ami” a t-il pensé tout joyeux.
    Lorsqu’il est rentré dans son petit F1, il ouvert à nouveau le livre aux mêmes pages, le câlin était toujours là, l’homme l’a posé sur sa table de chevet. Sa vie simple et solitaire venait de se transformer. Tout le petit appartement baignait dans une nouvelle atmosphère.

    Chaque soir, il a lu quelques pages du livre, très lentement, savourant chaque mot, pour faire durer le plaisir de la lecture le plus longtemps possible, chaque fois il veillait à laisser les pages où le câlin avait été abandonné, ouvertes, le caressait , le posait contre son cœur, et s’endormait paisible et heureux.

    De ce jour toutes sortes de beaux rêves le visitèrent, chaque matin il s’éveillait avec le sourire,
    Et souriait au câlin.

    Une ou deux personnes remarquèrent, un peu intriguées que le préposé n’était plus le même homme, la triste petite souris s’était métamorphosée en une personne épanouie et souriante, pleine de gentillesse.

    Personne ne vint jamais réclamer le livre et le câlin…

  24. camomille dit :

    Un câlin abandonné sur une page a été retrouvé par
    Christophe.
    Et ce câlin figé sur cette page et qui ne cessait de crier « Aline » pour qu’elle revienne, ne connaissait pas encore sa chance.
    Christophe fut ému par le désespoir de ce câlin abandonné.
    Il l’écouta lui raconter son histoire entrecoupé de sanglots.

    – Ne pleure pas câlin, ne pleure pas ! lui disait Christophe ….

    – C’est plus fort que moi Monsieur, j’ai trop de peine.
    Vous savez, elle était en train d’écrire une merveilleuse histoire d’amour dans laquelle j’avais le rôle principal et puis pschitt !… la belle dame a disparu ?

    – Peut-être était-elle en mal d’inspiration ? Lui dit Christophe,

    – sais pas, lui dit le câlin… plus de nouvelles. Disparue que je vous dis… disparue…
    et puis si vous aviez vu son doux visage qui me souriait le matin… Ah ! Si vous l’aviez vu son doux visage ! Vous comprendriez mieux mon désespoir Monsieur,

    – J’entends bien disait Christophe, j’entends bien…

    – Oh ! J’ai trop de peine Monsieur, j’ai trop de peine !
    Quand j’ai compris que la belle dame s’était enfuie, j’ai pleuré, j’ai pleuré Monsieur, j’ai crié, j’ai crié « Aline » pour qu’elle revienne… mais rien… toujours rien…
    Et me voilà abandonné, figé sur cette page dans une belle histoire d’amour inachevée. Quel gâchis Monsieur… Quel gâchis !

    Mais comme signalé au début de cette histoire, le câlin ne savait pas à qui il avait affaire et un tel désespoir ne pouvait qu’être une source d’inspiration pour notre sublime artiste qui se mit spontanément à l’ouvrage.

    Et lorsque le câlin entendit Christophe lui chanter « Aline », il en resta bouche bée.

    Depuis, certains disent que l’âme d’une belle dame vient visiter tous les matin un câlin abandonné sur une page.
    Et certains disent aussi que le câlin ne pleure plus !

  25. Laurence Noyer dit :

    Un câlin abandonné sur une page a été retrouvé …

    La SPA, Société Protectrice de l’Amour, lutte chaque année contre l’abandon de câlins en période estivale

    LES CAUSES:
    Déménagement, raisons financières, séparation, départ en vacances… chaque année près de 40000 câlins et bisous sont délaissés sur les pages.
    Pourtant, des solutions existent pour conserver ses sentiments pendant les congés : mettre l’amour en cage ou le faire garder par un ami.

    MISSION DE LA SPA:
    Aider les câlins abandonnés.
    La SPA recueille chaque jour des sentiments en détresse, abandonnés ou perdus. Ils sont pris en charge par les équipes puis identifiés, réanimés, soignés, et sociabilisés avant d’être proposés à l’adoption.
    Face aux abandons des enfants de câlins ; les petits modoux, la SPA mène des campagnes de sensibilisation à la communication. En effet, un sentiment non déclaré peut engendrer un grand nombre de malaimés et d’incompris qui se retrouveront dans des conditions de vie difficiles.
    La liste des modoux à adopter figure sur le site de la SPA, on y trouve par exemple, « mon petit chat », « ma puce », « ma biche », « chaton », etc…

    ABANDONNER SON CALIN, DES RÈGLES À RESPECTER
    Parfois, certains se retrouvent contraints d’abandonner leur câlin. Il est alors essentiel de le laisser dans un refuge, qui veillera à lui retrouver une nouvelle page.

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