entre2lettres – Le blog de Pascal Perrat

Dyslexie

Je ne suis allé à l’école qu’à 6 ans, du fait de la guerre...
Jusque là, j’étais un enfant heureux. Je ne savais pas que j’allais devenir un cancre…

C’est lorsque j’ai dû apprendre à lire, écrire et compter, que je les choses se sont gâtées.
Impossible d’écrire un mot sans inverser ses syllabes, de rédiger une phrase sans fautes. Impossible de multiplier ou diviser correctement. Quand aux leçons à apprendre « par cœur » c’était l’horreur. Je ne retenais que quelques bribes.

Pourtant, au début, j’ai essayé. J’ai tenté d’apprendre ce que les « maîtres » voulaient « m’enfoncer dans la tête ».

J’aurais tant aimé être parmi « les bons élèves », tant voulu que mes parents soient contents de moi.
Qu’ils cessent de me traiter d’étourdi, de dissipé, de fainéant. Qu’ils soient fiers de signer mon carnet de notes.

Peine perdue, cette pédagogie dont je ne comprenais pas les règles, était hermétique pour moi. Je me suis donc fait à l’idée que j’étais nul, mauvais, distrait. Pas tout à fait crétin, tout de même, car quand il s’agissait de trouver une idée originale, j’étais souvent le meilleur...

À dix ans, vu mon niveau, pas question d’entrer en 6e. Mes parents se résignèrent. Je ne serai jamais ingénieur comme mon père l’espérait, jamais docteur comme ma mère le rêvait.

À cette époque, la dyslexie était encore méconnue. Les enseignants ignoraient qu’un dyslexique permutait, à son insu, les syllabes dans un mot ou les chiffres dans un nombre. Ils n’imaginaient pas une seconde, que les mots tordus que j’employais dans mes phrases étaient cohérents pour moi. Que mes yeux lisaient à l’endroit ce que mon cerveau écrivait à l’envers.

Je connus vexations et brimades, gifles et punitions. Je fus humilié devant mes camarades de classe, mortifié en famille. Ce fut une période de grande souffrance, je me croyais nul.

Une blessure de plus aurait suffi a transformer mon désespoir en pathologie.
Heureusement, j’ai eu comme un sursaut. J’ai décidé de ne plus tenir compte du jugement des autres, de ne plus essayer d’apprendre selon leurs méthodes. J'ai décréter de ne découvrir que ce qui m’intéressait vraiment. Pas plus.

Les mots qui chantaient m’enchantaient. J’ai écris des poèmes phonétiquement libres. Je pouvais jouer avec des mots amis, comme il me plaisait, écrire des histoires que personne ne corrigeait.

C’est dans cet esprit que j’ai traîné mon cartable et mes blouses réglementaires de pensionnats publics en pensionnats privés, censés me « dresser » .

À 15 ans, un « spécialiste » m’a orienté vers un lycée professionnel. On allait faire de moi, un mécanicien agricole…

Là aussi j’ai essayé. J’ai tenté de devenir un "OS" : tourneur-fraiseur-ajusteur... Mais les choses se sont encore gâtées. Impossible d’utiliser adroitement une lime ou une scie à métaux. J’étais incapable de placer mes doigts « là où il faut », d’intégrer le mouvement du bras nécessaire pour « faire comme les autres » de lire une graduation sans inverser les chiffres.

Enfant, je n’avais jamais rien compris aux robinets qui fuient dans les trains qui se croisent. Ado, je ne « savais rien faire de mes dix doigts ». J’étais doublement cancre : intellectuel et manuel !

J’ai vite rejoint mon univers d’idées saugrenues et j’ai continué à écrire des histoires sur mon livre imaginaire. C’est à cette époque que j’ai commencé à les raconter aux copains, le soir au dortoir. Mes inventions leur plaisaient. Ils attendaient une suite, que je m’empressais d’inventer pendant les cours…

Une façon pour moi, d’être reconnu et admis.

Bien sûr, je n’ai pas obtenu le CAP. J’étais trop gauche, trop maladroit, nullement intéressé par le machinisme et le cambouis.

À 18 ans il fallut trouver un travail. Mon père me présenta au garagiste qui entretenait sa voiture, il m’engagea comme aide mécanicien. J’ai tenu une semaine à l’atelier, le temps de bousiller le moteur d’un client…
Le patron avait un fils de mon âge, une flèche dans mon genre... Indulgent, il me donna une seconde chance. Je fus « promu » aide pompiste, chargé de nettoyer les pare-brises.

Aujourd’hui, toujours dyslexique, j’enseigne dans plusieurs écoles supérieures, conseille des magazines grand public, forme des journalistes et des communicants. Je suis même reconnu comme un expert en communication écrite !

La dyslexie, d'après mon vécu : observations et conseils

NB : je n'ai psa retouhcer le texte qui suit, il est resté tel quel, dsyslexique…

Qu’est-ce qu’un dyslexique ?
C’est quelqu’un qui fonctionne dans une autre logique. Un individu qui n’est pas fait pour la pédagogie dipsensée dans le système scolaire. Il est incapable d’en comprendre les règles communes.
Pour écrire, par exemple, un dyslexique se « parle dans sa tête » et sa main traduit phonétiquement ce qu’il est en tarin de vouloir écrire… Vous, quand vous cherchez comment écrire un mot, vous le voyez dans votre esprit. Un dyslexique ne peut pas le voir. C'est un aveugle dans sa tête. Il est obligé d'écrire les mots "à l'oreille". Il transcrit sur le papier les sons qu'il entend en prononçant chaque lettre des mots qu'il doit écrire. C'est harassant et décourageant et le résultat est catastrphofique.

En général, un dyslexique n'est pas attentif, il a beaucoup de mal à écouter les consignes que vous lui donnez car il est distrait par votre physique, vos vêtements, les objets, les bruits extérieurs, votre façon de parler, etc.

Un dyslexique est incapable de se repérer sur un plan, mais il à une mémoire extraordinaire pour retrouver un chemin déjà emprunté. Il y parvient avec une facilité déconcertante grâce à des repères visuels, sonores ou olafctifs.

Le dyslexique démonte beaucoup, il veut voir ce qui se cahche à l'intérieur des objets, gagets, jouets, machines, etc., mais est incapable de remonter ce qu'il a démonté.

Le dyslexique globalise, le détail ne le retient pas, il s'en moque. Il préfère faire plusieurs choses à la fois que se concentrer sur une seule.

L'esprit d'un dyslexique est occupé par des sons avec lesquels il joue sans cesse. Ses jeux de mots étonnent et désarçonnent souvent les gens "normaux".

Les dyslexiques deviennet rarement matures. Ils restent toute leur vie des enfants joueurs. C’est la raison pour laquelle ils sont souvent plus imaginatifs que les autres.

Comment apprend un dyslexique ?
Il n’apprend pas, il découvre. Enafnt, il ne s’intéresse qu’à ce qui l’amuse, le reste l’ennui. Plus trad, il découvre ce qui lui est utile. « Il découvre pour »
Un exemple : à un moment, j’ai décidé de devenir agent immobilier. Je ne suis pas allé suivre des cours, je suis entré comme commercial dans une agence et j’ai tout appris sur le ainterr. Un mois plus tard je créais mon agnece. De même pour le journalisme, j'ai suivi 3 stages d'écriture journalistqiue au CPJ à Paris, et dans les mois qui suivirent, j'ai révolutionner la pédagogie de cette prestigieuse école *. Depuis, toutes les écoles de journalisme nous ont copiés. Si quelquye chose intéresse le dyslexique, il peut devenir excellent.

Comment sauver un dyslexique de l’échec scolaire ?
Bien sûr, il y a les ortophonistes qui améliorent grandement les choses. Mais pour la plupart, leurobjectif est que le dyslexique s’intègre dans le système existant. Qu’iul s’y conforme. Or un dyslexique est hors norme de naissance et le reste toute sa vie.
Il est dans une autre logique, dans un autre monde.
En enfant dyslexique écrira, par exemple, la mers, avec un "S" parce qu'il y a des vagues... pas seulement un vague dans la mer.

 

Selon moi, ce qu’il faudrait, en plus de l’orthopohnie et de ces dérivés, c’est permette aux dyslexisques d'exprimer leur créativité pour sortir de l’echec scolaire.
Héals, ce n’est pas possible dans notre système. Car que se passe-til ? Soit l’enfant s’adapte parfaitement, c’est le bon élveve qui suivra le chemin balisé des diplômes. Soit il ne s’adpte pas et sera dirigé vers les lycées professionnels. Ce qui revient à dire que s’il n’est pas « assez intelligent » pour suivre des études secondaires il deviendra bêtement un manuel ! Merci pour celles et ceux qui choisissent vraiment un métier manule !

Ce qu’il manque, c’est une 3e voie, un cursus créatif. Et là, je peux assurer que les dyslexiques seraient parmi les meilleurs.
Nombre d’artistes dyslexiques ont réussi leur intégration sociale grâcr à leur créativité : comédiens, chanteurs, potiers, peintres, scupteurs, etc.
Malheureuesement, l’imagination n’est pas une priorité en France. On voit bien d’ailleurs comment nos élus font preuve d'imagination pour régler nos problèmes de société !

Comment aider un enfant dyslexique ?

Surtout ne le blessez pas avec des remarques négatives.
L'inquiétude par rapport à l'avenir d'un enfant qui ne peut suivre à l'école entraîne les parents à lui dire des méchancetés. Des piques qui blessent son amour-propre pour toujours.
Un enfant qui reçoit une gifle à mal sur l'instant, puis la douleur disparaît, mais l'humiliation par les mots ça fait mal toute la vie...

Accordez-lui votre confiance. Aimez-le tel qu’il est. Aidez-le à libérer ses émotions par le biais de son imagination.

Ne l’obligez pas à mentir
Un dyslexique devient menteur dès qu’il entre à l’école.
Pourquoi ? Parce qu’il ne réussit pas à obtenir de bonnes notes, celles que ses parents attendent de lui.
Quand j’ai fait ma première dictée je commettais des fautes comme tous les enfants, ça ne m’a donc pas inquiété. Je faisais de mon mieux. Mais au fil des dictées, je me suis rendu compte que je commettais beaucoup plus de fautes que les autres, là encore, ça ne m’a pas catastrophé.
À la fin du trimestre, vint la dictée qui permettait de nous situer au classement général.
Je me suis retrouvé le dernier, le plus mauvais.
Quand j’ai ramené mon bulletin à mes parents ils m’ont fait beaucoup de reproches. C’étaient la première fois : « Tu n’es pas assez attentif ! », « Tu es trop dissipé ! », « Tu ne penses qu’à t’amuser », « C’est un fainéant ! », « Qu’est-ce qu’on va faire de lui ? », etc.
Alors, pour leur faire plaisir, j’ai commencé à mentir : « Tu as bien fait attention pendant la dictée ? » ,« Oui je n’ai fait que trois fautes, la maîtresse m’a dit que c’était très bien »,. « Tu as fait tes devoirs ? « Oui maman ! », etc.
Et ça va continuer comme ça toute la vie ! Comme nous sommes incapables de suivre l’enseignement traditionnel et qu’en général nous n’obtenons aucun diplôme nous serons sans cesse obligés de mentir quand on nous demandera : « Quel est votre parcours ? »

Valorisez et encouragez sa créativité. Montrez que vous vous intéressez à lui et à son mode de fonctionnement.

Notez avec lui ses mots tordus et riez ensemble. Amusez-vous à en trouver d’autres, collectionnez-les.

Montrez-lui que la connaissance de l’orthographe n’est pas un signe d’intelligence. Que l’une n’entraîne pas l’autre. Qu’il n’y a pas d’équivalence entre ne pas réussir en orthographe et ne pas réussir dans la vie. Qu’aujourd’hui, il y a des correcteurs automatiques qui font très bien le boulot à notre palce (enfin, presque…) Que l’orthographe n’a plus la mêm importance qu’autrefois.

Encouragez votre enfant à écrire avec un ordinateur.
Vous verrez, il hésitera moins à écrire car il permet d’exprimer ce que l’on pense en l’écriavnt comme on veut. Aprsè, le correcteur signale ce qui ne va pas.
Laissez-le jouer sans contrainte avec l'ordinateur et le web. La multiplicité des chemins possibles, les liens, les couleurs, les dessins, les sons, tout ce fouillis informatqiue lui convient très bien.
Vous serez étonné par ses facultés à se frayer un chemin iintuitif dans ce dédale d'informations.

Ne donnez pas à votre enfant un texte à recopier correctement, ça ne sert à rien, asuf à le fatiguer et le décourager. Lire un texte et le retranscrire sans faute est un exercice trsè difficile et fatigant pour un dyslexique.

Un dyslexique a généralement un vison globale des choses, et ça lui suffit. Trouvez des trucs avec votre enfant pour organiser agréablement son travail ça l'aidera à structurer son cerveau. Notamment son hémisphère gauche, acr il se sert principalement de l’hémisphère droit.

N’oubliez jamais qu’un dyslexique n’a pas la même logique que vous, qu’il ne s’intéresse guère au « comment », l’important pour lui, c’est le « porquoi «
Pourquoi il faut écrire un mot comme ça est beaucoup plus intéressant pour lui que comment on doit l’écrire.

Ceci dit, la dyslexie est une épreuve. Soutenez votre enfant et aidez-le à être fort. Si vous lui montrez que vous avez confiance en ses possibilités, ils trouvera les forces nécessaires en lui. Il les a, elles existent, ce n'est pas un faible.

Enfin, vous lui éviterez des problèmes psychologiques en le scolarisant dans un milieu d'enseignement rassurant et ouvert.
Mefiez-vous d’ailleurs des « psy-quelque-chose » qui vous diront que votre enfant est dyslexique parce qu’il est anxieux ou parce qu’il a des troubles affectifs. Rien de tel pour vous culpabiliser et aggraver le problème !

Encore un mot. Observez et écoutez bien la plupart des titulaires d'un diplôme sanctionnant de hautes études. Les détenteurs de ce bout de papier qui leur confère le droit d'accéder aux plus hautes fonctions. Qu'est-ce que leur diplôme prouve ?  Juste la preuve d'un cursus réussi, mais absolument pas un gage de leur créativité. Jamais un diplôme ne mentionne que son possesseur a de l'imagination. Un enfant dyslexique est imaginatif dès sa naissance et pour toujours.  La vie lui a décerné le meilleur diplôme du monde. Il se sortira de toutes les situations.

* Stages créés par Pascal Perrat pour le CPJ et le CFPJ : Enrichir son style®, Libérer son écriture®, Savoir Titrer, L’art d’écrire un bon papier magazine, Écrire avec humour, Dépoussiérer son style®, Dépoussiérer son site®, Rédiger des accroches percutantes, L’art de la critique, Rédiger des textes vendeurs, etc.

Pour conclure : je vous conseille de lire :

Le don de dyslexie, Ronald Dell Davis

L'auteur ne se livre pas à une démonstration scientifique ou une étude psychologique, il montre simplement ce que seul un cerveau de dyslexique peut comprendre...
Le travail à faire pour vivre heureux dans le monde des gens normaux...

Vive la dyslexie ! Béatrice Sauvageot, Jean Métellus

Les auteurs, spécialistes du langage, ont une approche ludique et épanouissante. Ils partent du principe que la créativité des dyslexiques est inépuisableles. Leur méthode aborde l'écrit par des approches artistiques : chants, danses, théâtre, jonglage, etc.

L'alphabet des cinq sens, Dr Régine Zekri-Hurstel

L'auteur, neurologue, a inventé un alphabet pour apprendre à lire et écrire en sollicitant l'odorat, la vue, l'ouïe et même le goût !

Quelques dyslexiques qui n’ont pas trop mal réussi…

Andersen, Agatha Christie, Auguste Rodin, Galilée, Beethoven, Richard Branson, Pasteur, Jules Verne, Wiston Churchill, Mozart, John Irving, Edgar Poe, Mark Twain, Léonard de Vinci, Michel Ange, Edison, Albert Einstein, Gustave Flaubert, Hugues Auffray, John F. Kennedy, Graham Bell, Benjamin Franklin, John Lennon, Steven Spielberg , Richard Strauss, Johny Hallyday, Kenzo Takada, Nelson Rockefeller, Robin Williams, Steve McQueen, Pascal Jardin, Vincent Van Gogh, Pablo Picasso, Bill Gates, Walt Disney...

Etre dyslexique aux USA est UN PLUS. Les grandes universités recherchent les étudiants dyslexiques et versent une bourse spéciale à certains pour leur permettre des études supérieures.

Source : France 2- Envoyé Spécial La fuite des cerveaux 9/2000

Témoignages des dyslexiques

Ma scolarité a été très difficile a cause de mon impossibilité d'écrire correctement, au fil des années je me suis inventé des systèmes pour éviter les fautes d'orthographe en utilisant par exemple les quelques mots dont j'étais sur, ce qui appauvrissait mon vocabulaire et renforçait l'idée que j'étais nul en français, J'ai maintenant 61 ans et depuis environ un an j'écris des poèmes et suis membre d'un site de poésies (voici deux poésies qui illustrent mon parcourt très difficile)

La dictée

Pour vous punir je vous invite
Ainsi j’espère vous calmer
A prendre une feuille très vite,
Nous allons faire une dictée

Entendant ces mots fatidiques
Mon pouls aussitôt s’accélère
Gorge serrée pris de panique
J’suis en état d’échec scolaire

Pourtant messieurs les correcteurs
Je rédigeais du mieux possible
En travaillant de tout mon cœur
Mais l’on me traitait d’imbécile

Protéger avant tout nos règles d’écriture
Et traquer les auteurs des écrits anarchiques
Qui devront à tout prix éviter les ratures
Respectant exceptions et lois orthographiques

Donner à un support une telle importance
Condamne, tous ceux qui maîtrisant mal l’écrit
A voir déprécier les matières où malchance
On réprime la forme en oubliant l’esprit

Le hasard mauvais augure
M’a donné insidieusement
La passion pour l’écriture
Avec un outils défaillant

Traitement de texte salvateur
Et correcteur orthographique
Levèrent cet handicap majeur
Qui générait ma peur panique

Tu crois que la rancœur filtre entre ces lignes
Sache que ce ne sont tout au plus que regrets
J’ai écrit ce pamphlet rêvant, honneur insigne
Qu’il sera à son tour sujet d’une dictée.

Le mal des mots

J'ose enfin écrire sur le bord de la toile
Espérant que les gardes ces cerbères zélés
Garants de la doctrine substantifique moelle
Ne reniflent des mots mal orthographiés

Je fait partie de ceux dont l'expression écrite
Provoquait aussitôt la haine du correcteur
Attribuant zéro c'est tout ce qu'il mérite
Deux heures de retenue, apprend les mots par cœur
Des classes de français j'ai eu tous les trophées
Les titres de fainéant de cancre de cossard
Je reste le vainqueur du zéro en dictée
Et des points défalqués sur les autres devoirs

Les notes désastreuses les lazzis les brimades

Ont finis par briser ma combativité
Et petit a petit blessé la mort dans l'âme
J'ai enfin accepté de porter le bonnet

Je me suis installé dans le rôle du cancre
Persuadé que rien ne pourrait me hisser
Hors de ce trous sans fond emplis de noires encres
Ou l'on relègue ceux qui ont démérité

Par voie de conséquence comme ont ne me lit pas
Ou bien a contre cœur, au bord de la nausée
Les ratures les fautes quel horrible fatras
Qui verra que mes mots expriment des idées

Je suis persuadé n'en déplaise aux puristes

Que l'on peut exprimer joliment ses pensées
Même si affublé d'un esprit fantaisiste
Les règles orthographiques sont parfois bafouées

Les gardiens de la règle durs et sans concession
Se trompent de moulins pendant que Dulcinée
Se gave a satiété de clips anglo-saxons
Help ! c'est la langue U S qui "go-home" le français

Jacques 2007

Salut

J’ai 25 ans, je suis dyslexique on voulait m’envoyait en CAP après ma troisieme. Personne ne me comprenait et je ne comprenait personne. Je voulais tout savoir mais personne etait capable de repondre a mes questions ou bien meme il ne comprenait pas mes questions. Puis j’ai commence la boxe, je me suis epanoui et j’ai eu confiance en moi. Puis bam, vice champion de France de Boxe a 16 ans, premier de la classe au lycee, mention tres bien au bac, prepa math (major de math et meca quantique), ecole d’ingenieur, permis moto, permis voiture du premier coup (a Paris sans lire un seul bouquin c VRAI), concours de pilote de chasse reussi mais recalè a la visite medicale, roule en porsche a 23ans, appartement a 24 ans et je vais construire ma maison, plus important une femme formidable… Mon vecteur de reussite LA PASSION, le feeling, la creativite, le formalisation originale, en gros sortir des sentiers battue et ma memoire visuelle. Je dis toujours j’ai « reussi » car je ne savais pas que c’etait impossible. Et depuis je réussi tout ce que j’entreprends."

Walid: Un dys de plus qui c reconnu ds test ecrits, et que tu as emu

"La dyslexie peut prendre différente forme. Celle dont j'ai souffert s'appelle la dysorthographie - c'est à dire l'incapacité à mémoriser l'orthographe des mots, notamment pour les doublement de consonnes, les terminaisons en "ant " ou "ent" et autres plaisirs du genre.
J'ai eu la chance d'être rééduquée par une femme extraordinaire qui m'a donné le goût de l'écriture et ouvert la porte de mon imaginaire à base de jeux et d'exercices de créativité. Pourtant, j'ai traîné ce handicap pendant toute ma scolarité avec la hantise des dictées et l'incapacité à faire la différence entre un accent grave ou aigu...
Depuis j'ai développé des stratégies personnelles qui m'ont permis de garder intact le plaisir d'écrire, de rendre mes textes lisibles pour les autres (du moins sur le plan orthographique) et de faire de la communication écrite mon métier et ma passion.
Il m'arrive encore d'avoir des doutes sur l'orthographe d'un mot et de chercher alors un synonyme ou de vérifier dans le dictionnaire. Lors de mes animations de formations, cela ne m'a jamais empêché de noircir un paper-board lors d'un brainstorming ou pour noter un exemple.
La dyslexie et ses multiples formes peut se révéler une grande richesse à terme puisqu'elle oblige à développer des stratégies personnelles qui favorisent l'imagination et la créativité. Par contre, elle semble vouloir se transmettre dans les gènes car ma fille de 7 ans traverse depuis le CP les mêmes difficultés. Mes souvenirs scolaires m'ont heureusement permis de réagir dès le départ et après un an d'orthophonie, elle suit maintenant un
CE1 tout a fait normal. Elle est peut-être plus lente que d'autres enfants, son orthographe est parfois totalement fantaisiste... mais elle lit et écrit aujourd'hui sans difficulté.
Voilà pour ma modeste contribution.

Bien cordialement "

Françoise

Bonjour Pascal,

Pas très assidue aux ateliers, mais 100% dyslexique!

J'ai eu la chance d'avoir une maman à la vocation d'instit brimée, et un grand frère nul en orthographe. Bilan : dictées en buffet ouvert (voire gavage) les week-ends et vacances scolaires, ce qui m'a permis d'être bonne en orthographe jusqu'à ce que la vie active et son lot de non-écriture et de fatigue ne révèle la dyslexie.

Pourquoi mon entrainement masqué a marché ?

L'enfant perçoit quand il y a du plaisir à travailler les mots et se
l'approprie. Ma mère et moi en avions créé une véritable connivence.
L'essentiel est que l'enfant sente que ce n'est pas un pensum qu'il doit faire pour éviter de gâcher sa future vie (et qui lui pourrira bien son enfance et le conduira au refus) mais un exercice qu'il pratique avec quelqu'un comme relation privilégiée. Comme faire la gym du matin ensemble.

Attention, il faut varier les exercices. Je crois que mon incapacité à écrire autre chose que des formes courtes vient de là : je me suis aperçue que mon maximum correspondait à la longueur des vieilles dictées.

Je pense qu'il faut mettre à l'ouvrage plusiseurs adultes, y compris ceux de l'entourage de la famille. J'ai toujours été de suivi de devoirs avec les neveux les week-ends où je les voyais : ils apprécient qu'on s'intéresse à leur "vie professionnelle" et multiplient les méthodes. Ils peuvent y rencontrer une approche qui leur convient mieux. C'est aussi l'occasion pour l'adulte "étranger" de détecter ce que les parents ne perçoivent plus àforce de quotidien. J'ai ainsi détecté la dyslexie chez un neveu là où les parents s'acharnaient à "lui faire faire sa lecture". Et puis, les autres ayant toujours plus raison que les parents, les messages peuvent passer...

C'est devenu une forme de jeu. J'ai expérimenté le jeu avec mes neveux pour les devoirs de vacances : ça marche très bien, ça se fait à n'importe quelle occasion (celle où on les sent le plus disponibles). Nous avons trituré les tables de multiplications en essuyant la vaisselle, à l'endroit, à l'envers, en ligne droite. Ils adorent le défi .

Et puis, dédramatiser. Réussir sa vie n'est pas devenir pdg, mais vivre du mieux que l'on peut avec ses forces et ses faiblesses. Connaître ses faiblesses, c'est déjà avoir une longueur d'avance.

Les astuces actuelles :
les ziguigui rouges sous Word qui révèlent les inversions de lettres, savoir où ça pêche (toujours les mêmes);
un cerveau plein de "balises à retrouver automatiquement les mots critiques" lors d'écriture manuelle.
De toutes façons, relire, accepter qu'on ne saura jaiamis écrire correctement quelques mots bien identifiés.
Avoir un dictionnaire à portée de main, accepter de ne jamais rien comprendre aux contrepétries, sinon ça fout tout en l'air (ah, la vie en société!)
Sommeil dès que les mots se bousculent. Avec l'âge, j'en arrive à bégayer.
Pas bon pour le moral, mais réversible au repos.
Repérer les fautes des autres pour se regonfler...

Au fait, elle fait quoi dans la vie, la dyslexique ? Chargée de
communication. La reine de la coupe et de la relecture. Na !"

Courage aux heureux parents !

Elisabeth

"Oui je le suis, un peu vieille car à l'époque on tapait les doigts avec une règle à telle pont qu'en 10 ème j'ai eu une jaunisse qui a duré...un an
Une des premières orthophonistes m'a récupérée et aujourd'hui avec la fatigue, l'altitude (à partir de 6000 m !) ça me revient
Et gaspard le fils est aussi dylesxique mais a été détecté et suivi dès la maternelle mon père l'était sans doute aussi voilà c'est tout pour ce soir"

Cécile

"Bonjour,

Je suis dyslexique comme beaucoup d'autre d'ailleur.

Je prépare un « témoignage » sur mon vécu de dyslexique, pour des profs de collège. Je suis naturellement tombée sur votre site et je ressens tellement ce que vous dites dans votre vécu de dyslexique.

A la fin, vous présentez des dyslexiques qui ont bien reussi, ca fait plaisir!! et moi aussi je commence à me dire que je réussis : www.psychoactu.org ( j'en suis le webmaster).

Cordialement"

Céline Chemla

Puissance Dys
Un travail remarquable réalisé par Béatrice Sauvageot

« Les dyslexiques sont le fruit de la dernière mutation neurologique de l’espèce humaine ». Béatrice Sauvageot, orthophoniste et co-fondatrice de l’association Puissance DYS, en est persuadée, la dyslexie est loin d’être une tare. Bien au contraire. « Ils sont comme les gauchers », explique-t-elle. Un gaucher à qui l’on apprend à écrire de la main droite devient souvent ambidextre. Il en va de même pour les dyslexiques. « Ils utilisent la langue neurologique, mais si on leur enseigne notre lexique, ils sauront utiliser les deux. Ils seront alors bilexiques ». Parce que leur traitement de l'information linguistique fait appel à des régions cérébrales qui ne servent pas forcément au traitement du langage, ils sont doués d'une façon originale d'appréhender la lecture et l'écriture.

Comment reconnaître un enfant dyslexique ? Béatrice Sauvageot dresse un profil très précis de ces enfants, de ces adolescents, si singuliers à ses yeux. « Outre les difficultés à lire, les dyslexiques ont la particularité d’apprendre les règles mais de ne jamais les appliquer. Ce qui exaspère en général les parents et les professeurs, qui ont l’impression que l’enfant est paresseux, qu’il le fait exprès, ou encore qu’il est débile. Ils font des fautes qui ne sont jamais les mêmes. Ils se caractérisent aussi par leur grande lenteur : faire leurs devoirs nécessite 3 à 4 heures par jour à partir du CE1 ! La notion qu’ils ont du temps est dilatée, on dit souvent d’eux qu’il leur faut deux heures pour se préparer le matin avant de partir à l’école. Mais ce sont aussi des enfants dotés d’un sens de l’observation exceptionnel, d’une impressionnante capacité d’analyse des nuances (couleurs, odeurs, textures…), et d’un sens de l’intuition unique. »

Commentaires (5) ackbacks (0)
  1. tres interessant, merci

  2. J’aime vraiment votre article. J’ai essaye de trouver de nombreux en ligne et trouver le v?tre pour être la meilleure de toutes.

    Mon francais n’est pas tres bon, je suis de l’Allemagne.

  3. Une lettre, puis une autre, apparaissent sur la page blanche. D’autres s’ajoutent aux premières pour former un mot. Un espace. Puis tout recommence. Les lettres se suivent pour former des mots entrecoupés d’un espace de silence. Est-ce les lettres ou les espaces qui définissent le mieux où se situe ma pensée, mes émotions, mes sensations, mes souvenirs, mes réflexions ?

    J’ai découvert les mots dans le mauvais ordre. Enfant dyslexique, je construisais mon propre alphabet où les lettres s’écrivaient à l’endroit ou à l’envers, et où leur place, dans les syllabes, était interchangeable. Ainsi une conjonctive « et » devenait possessive « te », ou même ibérique « y » (Espagnol) ou saxe « and ». Mes professeurs de français y perdaient leur latin en corrigeant mes dictées. Les chiffres avaient eux aussi leur propre magie d’infinies possibilités : 363, 636, 663, 336, etc. étaient siamois. A tout cela s’ajoutait l’originalité têtue de la gaucherie. Un dyslexique gaucher pense à contre sens et fonctionne à contre courant dans une classe. Sur les bancs d’école, nous écrivions encore à l’encre. Il nous fallait tremper la plume dans l’encier (en haut à droite du pupitre d’écolier – emplacement stratégiquement conçu pour les droitiers) puis revenir à notre cahier, y poser les pictogrammes demandés, les éponger avec notre feuille de papier buvard, puis recommencer le processus. Mais pour un gaucher, il me fallait traverser de la main toute la surface du pupitre en diagonale du bas gauche au haut droit pour abreuver ma plume et la ramener à la ligne appropriée sur mon cahier. En cours de route, j’y perdais quelques gouttes, qui d’un voyage à l’autre s’étalaient au contact de la manche de ma blouse d’écolier. Tout cela créait un joli bariolage à la fois sur mon pupitre, sur mon cahier et sur mes manches. Mon poignet gauche glissait nécessairement le long de ma ligne d’écriture créant un effet d’épandage des plus disgracieux. Non seulement mes mots bavaient de gauche à droite, mais les lignes disparaissaient dans un arrière fond crasseux tout aussi sombre que mon tranchant de main qui faisait effet d’essuie-glace à chaque passage.

    La discipline corporelle était encore au menu ces années-là. Les taloches, les coups de règles et les remontrances pleuvaient chaque fois que les yeux de mes professeurs se penchaient sur mon cahier. Il fut une mode où être gaucher était strictement banni des salles de classe. Tout gaucher se devait d’écrire de la main droite. Il était même imposé, au récalcitrant dont je fus, de se voir la main gauche attachée dans le dos pour en proscrire l’usage durant l’écriture. Me forcer d’écrire en inclinant mes lettres vers la droite constituait un véritable défi que je ne relevais avec succès qu’un mot sur deux ou trois. Mon style, ainsi, semblait totalement aléatoire. On aurait dit un texte écrit sur un navire en pleine tempête, les mots tanguant au fil des vagues.

    Par je ne sais quel miracle, ces déboires d’écrivain en herbe ne me découragèrent point. Je persistais à écrire. Mal, mais à écrire quant même. C’est vers l’adolescence que je découvris la poésie. D’abord à l’école, puis par moi-même, pour mon propre plaisir. L’harmonie des mots, des vers, de la prose, combinée à la sonorité propre à chaque vers me réconfortait. J’apprenais plus facilement les textes en vers, les fables et les récitations que les leçons d’histoire. Parce que les mots chantaient ! J’apprenais avec facilité les paroles de chansons populaires parce que les phrases étaient reliées entre elles phonétiquement. La poésie fut le premier véhicule pour mes émotions : amour, tristesse, chagrins, tendresse, excitation, joie, désespoir, amertume, colère, envie, peur, éblouissement… mille et une rêveries d’images et de sensations traduites en lettres, en mots, en vers, en poèmes, page après page.

    A l’université, c’est la lecture des mots qui me passionna. Je fis plusieurs rencontres émouvantes. D’abord avec les philosophes qui jonglaient avec les concepts tels des mathématiciens qui déchiffraient les multiples équations de toutes les possibilités. La logique me permit de combiner mathématiques et philosophie dans un langage dénué de contrainte. Les mots ou symboles philosophiques remplaçaient chiffres et nombres qui m’exacerbaient en mathématiques. Je comprenais enfin, par la logique, pourquoi j’aimais tant les maths malgré ma nullité dans cette matière. Autant j’excellais en logique, autant je sombrais en maths. Et pourtant, désormais, toutes deux avaient leur sens, toutes deux, en théorie, m’étaient désormais accessibles.

    La philosophie m’aida aussi à rédiger. Il me fallait, pour passer mes épreuves écrites, pondre un texte d’une dizaine de pages à l’énoncé d’un seul mot (par ex. « L’âme »). De plus, il me fallait être cohérent, méthodique, logique, structuré et clair. Mon texte devait répondre aux triple canons de la dissertation : introduction, développement, conclusion. Il me fallait donc structurer ma pensée avant de poser le premier mot sur la page. Je devais concevoir l’ensemble de ma dissertation dans ma tête avant même d’en rédiger la première ligne. Penser, réfléchir, structurer, analyser, concevoir et rédiger en dernier. Ce n’est pas tout à fait ce que l’on appellerait de l’écriture spontanée. Mais écriture c’était ! Et passionnant, c’était aussi !

    De plus, dans un cours de littérature contemporaine, il nous avait fallu écrire une nouvelle, et la lire en classe. L’exercice m’avait emballé. Pas pour ce que j’avais moi-même produit, mais pour ce qu’une collègue de classe avait écrit. Son récit était absolument passionnant. Tous, nous attendions d’un cours à l’autre que son tour de lecture revienne tellement son style, son histoire et sa composition nous ravissaient (cette collègue est devenue sénatrice). C’est là, j’en suis certain, que la piqûre pour l’écriture m’est venue… pour demeurer.

    Un jour, à mi-vie, un ami du travail publia un roman. J’étais émerveillé par sa prouesse, non pas littérairement parlant, mais pratiquement parlant. Comment, lui, un homme de carrière, un mari, un père, une personne familialement et socialement engagée, avec de nombreuses occupations, pouvait-il trouver le temps pour écrire un roman ? Il m’expliqua sa méthode : deux ou trois heures par jour, au moins cinq fois par semaine, tronquaient son temps libre, et à défaut, son sommeil, pour écrire. En fait, l’écriture était plus un exercice en gestion du temps qu’en créativité. Son approche cartésienne me plut. Je l’adoptais. Je me lançais sans tarder dans une première tentative raisonnable : une nouvelle. Cinquante pages. Cinquante petites pages insignifiantes. Quoi de plus raisonnable ?

    Quoi de plus simple ? L’exercice serait amusant. J’y consacrais une partie de mon temps libre, grignotant sur mon temps de sommeil, quatre heures par nuit me suffisant amplement à l’époque. La première page fut écrite au moins vingt fois avant de me satisfaire. Et puis les autres suivirent. Deux cent autre pages survirent. La nouvelle prenait vie. Elle devint un roman. Accepté par une maison d’édition, le manuscrit se métamorphosa en un joli roman publié. Aujourd’hui j’ai deux romans publiés et une collaboration reconnue dans l’ouvrage de deux autres auteurs. Pas mal pour un dyslexique !

    Daniel Mathieu, auteur

  4. Touchant, si vrai et encourageant pour les parents d’enfants dyslexique. Quel beau témoignage ! De tout coeur, merci Daniel.

  5. Tout cela est fort émouvant et passionnant. Merci pascal et merci aux autres personnes qui ont témoigné.
    Je vais commencer bientôt des ateliers d’écriture avec des ados en « refus scolaire anxieux » comme on dit pour expliquer que l’école les terrorise et je m’emploierai à surtout les faire écrire avec plaisir, dans le jeu et en laissant de côté l’orthographe pour que cela ne ressemble surtout pas à l’école! Je suis heureuse de faire ça avec eux et espère que cela leur donnera une autre façon de voir l’écrit et de l’aimer d’amour, comme je l’aime moi!


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