L’anecdote chapardeuse

De petits faits inattendus aux conséquences malheureuses mais sans caractère irréparable

Racontez l’anecdote d’un chapardage, d’un menu larcin enfantin. Un petit empreint dissimulé qui, à vos yeux, avait peu d’importance.

Aujourd’hui, 45e jour de confinement, je vous invite à voyager un moment dans vos souvenirs.
Procédez en 2 étapes :
1 – Repensez à votre enfance. N’avez-vous pas à vous reprocher une peccadille ? Un petit chapardage sans gravité ?
2 – Racontez cette anecdote par écrit en soulignant ce qui suivit. Sans vous interdire de la romancer.
Notez qu’il ne s’agit pas de faire amende honorable, de regretter sa « faute » mais au contraire de considérer cela comme un enfantillage.

Une anecdote chapardeuse parmi d’autres

Je devais avoir 7 ou 8 ans. Ma tante Édith, jeune fille à l’époque, logeait chez nous pendant quelques temps.
Elle avait l’habitude de laisser son petit porte-monnaie et ses clefs sur un guéridon. Un soir d’été, alors que toute la famille papotait dans le jardin, j’ai vu que le porte-monnaie était ouvert. Il contenait plusieurs pièces de monnaie à l’intérieur. J’en ai chapardé deux pour m’acheter une glace à la sortie de l’école. Personne ne s’en est rendu compte. J’ai donc recommencé à piocher dans ce porte-monnaie chaque fois que l’occasion se présentait. Ces petits larcins me permettaient de régaler aussi les copains.
J’ignorais que la somme d’argent contenue dans le porte-monnaie de ma tante était approximativement, celle dont elle avait besoin chaque jour pour acheter un sandwich sur son lieu de travail. La première fois qu’elle manqua d’argent pour payer, elle pensa qu’elle s’était trompée, mais comme cela se répétait, elle commença à s’interroger et fini par en parler à mes parents qui ne tardèrent pas à me prendre la main dans le sac. Vous n’imaginez pas la raclée que j’ai reçu, pour que cela me serve de leçon. On dressait encore les chenapans avec un ceinture en ces temps là…


491 propositions d’écriture créative pour échapper momentanément au confinement

Je suis dyslexique. De facétieux neurones font des croche-pieds aux mots dans mon cerveau. Mon orthographe trébuche souvent quand j’écris. Peut-être avez-vous remarqué une faute. Merci de me la signaler : blog.entre2lettres(at)gmail.com

43 réponses

  1. Blanche dit :

    Oh ! La! la ! Ça sent la « cata » !

    Dans l’encadrement de la porte ouverte
    de ma classe, vient d’apparaître ma Grand Mère
    Ell me fustige du regard puis déclare tout fort
    devant toute la classe et l’institutrice:
    Blanche est une voleuse !

    Et c’est vrai…

    Voici la raison de mes p’tits larcins
    Une des élèves de ma classe, fille de pâtissier,
    avait plein de copines …
    J’ai pensé que si j’apportais à l’école
    Plein de bonbons comme elle le faisait
    Quotidiennement
    J’aurais aussi ! moi Blanchette ! plein de copines
    En veux-tu en voilà …

    Mon grand-père, comptable chez un notaire
    à l’Aigle, dans l’Orne, où j’ai grandi, mon Pépère
    donc, ne connaissait Pas les porte-monnaie et
    gardait tout son cash sonnant
    Et trébuchant dans les grandes poches profondes
    De son par-dessus, pendu dans l’entrée…

    En frôlant ce vêtement on pouvait faire teinter ces
    Pièces si tentantes …

    Vous devinez la suite

    J’ai carrément distribué deux bons kg de bonbons
    En une semaine …
    l’institutrice a prévenu ma grand mère

    Depuis ce jour mon œil gauche, côté cœur, est devenu
    faible et il l’est resté toute ma vie …
    Comme quoi :
    « Bien mal acquit ne profite jamais «

    Blanche
    Bonne journée à´ toutes et tous

  2. françoise dit :

    492/Racontez l’anecdote d’un chapardage, d’un menu larcin enfantin. Un petit empreint dissimulé qui, à vos yeux, avait peu d’importance.
    J’étais en vacances scolaires à la campagne chez mes grands-parents. Et ,chaque matin, après déjeuner, j’allais au poulailler voir si les poules avaient pondu et si je trouvais des œufs, pour ne pas me faire gronder, je les cachais dans un coin, sous la paille. Il y en avait maintenant près d’une douzaine et je m’apprêtais à les mettre dans le panier ,que j’avais prévu à cet effet , pour qu’on puisse faire une omelette, quand une poule me sauta dessus . Effrayée je me sauvai.Les jours suivants je n’osai plus entrer dans le poulailler et je m’aperçus que la poule cachait les œufs sous elle – sans doute pour qu’on ne les lui prennent pas – et puis un jour je vis des poussins sortir des écailles…..
    Pendant ces vacances , j’assistai à la naissance de veaux, de cochons, de lapins, que sais-je encore…….
    Je me dis que je serai fermière….
    Je n’ai plus jamais passé de vacances à la campagne . J’y pense parfois mais sans aucune once de nostalgie….

    • Pascal Perrat dit :

      Un belle frayeur d’enfant surtout si on vient de la ville.

      • Pompelair dit :

        ‘Aucune once de nostalgie pour la campagne’, mais on mange sans doute volontiers et sans dégoût ce qu’elle produit.
        Désolé si je me permets de trouver cette réflexion un brin méprisante.

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      Une émotion – la frayeur à cause de la poule – que je comprends et partage. Ce que je comprends pas c’est le pourquoi du « pour ne pas me faire gronder, je les cachais dans un coin, sous la paille. ». L’attitude, toute maternelle de la poule qui cache ses oeufs est émouvante et la naissance d’animaux plus gros (veau, cochon…) encore plus impressionnante j’imagine

    • Pompelair dit :

      Fortiche d’avoir vu ‘naitre’ des lapins , par hasard ou en passant des heures devant la lapinière peut-être ? Le lapereau il naît tout nu ou avec sa fourrure ?Ou bien encore dans un oeuf ? Bien fort qui peu se vanter d’avoir vu ça même en étant fermier. Enfin c’est bien d’avoir de l’imagination puisque personne ne saura jamais non plus qui de l’oeuf ou de la poule …

      • Pascal Perrat dit :

        Il s’agit d’un souvenir d’une toute petite fille, pardonnez-lui d’avoir vu naître des lapins, c’est mieux que d’avoir vu saigner et ôter la peau d’un lapin pendu à une corde.

    • Pascal Perrat dit :

      Je crois que nous avons toutes et tous, dans notre petite enfance, chapardé quelques centimes, mais les parents surveillaient dur…

  3. pakita POM dit :

    Il suffit que je touche la pulpe de mon annulaire gauche pour que tout me revienne, avec, en prime, en bouffées suaves, le parfum du lilas…

    J’avais dix ans à peine, un peu garçon manqué, déjà très éprise de liberté, j’aimais, avec ma copine Frédérique, inventer mille aventures dans les jardins voisins, moi qui habitais un appartement au troisième étage d’un immeuble certes cossu mais sans âme et dont le seul avantage me semblait être la rampe d’escalier sur laquelle je pouvais me laisser glisser, jusqu’au jour où la traitresse, en laissant une marque noire sur ma culotte petit bateau , me trahit et me valut d’être punie…

    Au nombre de toutes les qualités dont les fées au berceau m’avaient dotée, il y avait aussi, je dois bien l’avouer, la gourmandise, portée à un tel point que lorsque je rapportais un plat à la cuisine, un dessert s’entend, ma mère me demandait de chanter pour être sûre que je n’allais pas le manger en route. Je vais vous avouer un secret, même la bouche pleine, on peut chanter… enfin… moi je peux !

    Trêve de balivernes, c’était le printemps et le lilas nous offrait ses panaches parfumés et j’eus l’idée, avec ma copine d’aller en chaparder , et comme je fais rarement les choses à moitié, en faire de beaux bouquets. Nous avions prévu d’aller ensuite les offrir aux petites mémés du quartier comptant sur leur générosité pour qu’elles nous glissent quelques piécettes qui nous permettraient de nous acheter les choux à la crème, si souvent convoités dans la vitrine du pâtissier, pour notre goûter …

    Pour ce faire, il fallait d’abord que nous franchissions un petit portillon aux grille en pointes acérées, encombrées que nous étions d’un petit escabeau de bois qui nous permettrait de grimper sur le mur d’un jardin voisin et de là, faire notre généreuse moisson … A l’allée, pas de problème, j’étais la plus grande et c’était moi qui avait la responsabilité de faire passer notre encombrant chargement de l’autre côté, le plus discrètement possible, bien sûr. Tout se passa merveilleusement et nous pûmes allègrement moissonner violettes et blanches fleurettes en bouquets joyeux ;
    Hélas, à un moment , notre enthousiasme dut nous trahir car, soudain, un chien tout près, se mit à aboyer et son maître, par osmose sans doute, se crut obligé de faire de même…

    Alerte ! Nous étions découvertes et il nous fallut fuir …. Descendre du mur, récupérer l’escabeau, courir jusqu’au portail fermé, sans oublier nos lourds bouquets .On n’allait tout de même pas les laisser et notre goûter alors…. Ma copine, plus légère, est passée la première, puis je lui ai lancé les bouquets et ensuite il me fallait balancer l’objet en hâte , puis grimper à mon tour pour échapper aux aboiements du propriétaire de la haie si joliment fleurie ;

    Trop vite, trop lourd, mal engagé, l’escabeau est resté en suspens un instant avant de retomber lourdement sur mes doigts, prenant le bout de mon annulaire en étau , la pulpe transpercée par cette pointe de grille un peu trop rouillée.. Une plainte vite réprimée pour ne pas être repérée. Garçon manqué peut être mais je n’ai jamais aimé la vue du sang et là , inutile de dire à quel point cela pissait…un goret qu’on égorgeait ….Je me hissais péniblement d’une main par dessus la grille et retombais douloureusement de l’autre coté . Je laissais ma copine se débrouiller pour récupérer notre butin et le négocier pendant que je me precipitais à la maison où, pour ne pas être grondée, j’inventais un demi mensonge., la grille oui mais rien sur les bouquets, imaginez !

    Ma copine était vraiment une bonne copine car quelques jours – et une belle poupée autour de mon doigt – plus tard, nous dégustâmes avec délectation deux énormes choux crémeux…les mémés ayant apprécié notre geste et fait preuve d’une grande générosité.

    Le temps a passé, j’ai, depuis longtemps, perdu de vue cette copine d’enfance, mais la cicatrice a mon doigt ne manque jamais de me la rappeler et avec elle, c’est l’odeur des lilas, les aboiements du chien mais surtout le délicieux tourment de la crème fouettée sur mon palais …

    • Pascal dit :

      On peut dire que votre annulaire vous parle et le parfum des lilas aussi. Cette anecdote est un plaisir à lire.

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      Histoire très agréable à lire. j’envie votre enfance libre et audacieuse, vos côtés « garçon manqué » et même curieusement « bec sucré ». Les odeurs ont ce pouvoir de faire remonter les souvenirs bons ou mauvais. J’adore celle du lilas mais on ne trouve jamais cette fleur chez les fleuristes parisiens.

      • pakita POM dit :

        Le lilas est fugace en bouquet, j’avais lu quelque part qu’il fallait pour le conserver faire une branche que de fleurs et une autre que de feuilles pour éviter d’épuiser la sève dans un bouquet.
        Je m’aperçois de l’importance des fleurs dans ma vie au rythme des saisons. Hier ramasser du muguet seule dans les bois sous une pluie fine fut un moment de grande sérénité et j’ai pu aujourd’hui en faire profiter toutes les petites mémées confinées de mon quartier …

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      Histoire très agréable à lire. j’envie votre enfance libre et audacieuse, vos côtés « garçon manqué » et même curieusement « bec sucré ». Les odeurs ont ce pouvoir de faire remonter les souvenirs bons ou mauvais. J’adore celle du lilas mais on ne trouve jamais cette fleur chez les fleuristes parisiens.

  4. Merci à tous pour vos anecdotes racontées de façon si rigolote et vivante, on s’y croirait. Et j’adore les chaussures, je crois que j’aurai pu en voler aussi…

  5. durand JEAN MARC dit :

    Ah l’enfance, tous ces moments merveilleux, ce moelleux de l’insouciance, cette ligne de vie partant du bout de l’index et cheminant tranquille, jusqu’au creux de l’aisselle, cher mirage.

    Mais aussi, ces instants pesants, ces obligations lourdes, cette présence obligatoire en des lieux et des espaces confinés, retreints, avant l’heure des épidémies du siècle.

    Cette fois-là, c’était juste une petite maladie, un mariage, pas moyen d’y couper. Un ami de la famille épousait sa secrétaire. Tous ces adultes réunis, ça épuise vite. Surtout un garçon de 12 ans, vif, aventurier. Les cérémonies me parurent interminables. Et bizarres aussi, cette façon de s’y reprendre à deux fois. Je me disais que l’église, c’était pour faire plaisir à la femme, et la mairie pour conforter l’homme dans son rôle, avec le petit carnet qu’on lui offrait, avec sûrement des idées, par derrière.

    Dans ces moments-là, toutes les chaussures paraissent trop étroites. Ma mère avait le discours fort réduit, m’invitant sans cesse à ne pas nous faire remarquer.

    Puis vint le repas, campagnard sur une table immense, posée sur l’horizon. Peu d’enfants, ou de petits prétentieux. Les filles, bof, à glousser dans leurs histoires de filles, aucun intérêt!

    L’ennui, chez un enfant peut entraîner de curieuses histoires. Une fois, coincé chez des amis espagnols, je me suis dépucelé de l’alcool au Martini. Ah, pour être sucré, c’était sucré. Mais bon, il s’agit d’une autre anecdote. Et j’avais13 ans…quand même!

    Donc, le repas se prolongeait, comme tous ceux des dimanches, ceux de famille et encore pire pour les repas de fêtes. Chaque adulte y allait, qui de sa grande gueule, qui de sa discrétion, qui de sa blague idiote, de son coussin péteur.

    A un certain degré d’éthylisme, pour tous, c’était la goualante des pauvres gens.

    Désespéré, je me réfugiais sous la table. Et à quatre pattes, j’explorais les dessous du monde des grands. Je traçais ma première sociologie des chaussures, des grôles des godasses et de leurs occupants. De mignonnes petites socquettes, des bas filés et des chaussettes trouées.

    Mon âme de spéléologue m’entraîna fort loin dans ce tunnel boisé. Soudain, je crus qu’une chauve-souris m’attaquait. Je me reculai vivement, me cognais la tête. Aucune réaction supérieure. Ca chantait fort au dessus, l’amour et la fesse. J’inspectais donc ce que j’avais pris pour un animal. En fait, il ne s’agissait que d’un rectangle de papier, plié en deux.

    Fort de ma culture maternelle, j’y décelais le portrait d’un certain Jean Racine. Je ne savais pas à l’époque que le théâtre pouvait autant rapporter, comme le colonisé sur son paquet de Banania ou la Vache qui riait, à faire tant de beurre avec son fromage.

    Bien que n’ayant pas particulièrement besoin d’argent de poche, celle de mon pantalon allait trouver sa première utilité. Les scrupules sont des petites bêtes tout à fait inoffensives et si on n’y fait pas attention, on ne les voit pas, ni ne les entend.

    Après tout, c’était mon premier salaire, pour avoir supporté cette promiscuité envahissante, cette odeur de métro en plein air, cette fanfare vocale et guillerette qui, dans tous les sens du terme jetait l’argent par les fenêtres et sous les tables.

    Ce fut l’un de mes premier trésors de capitaliste du dimanche. Je le planquais, évidemment et pendant un mois, me gavais d’au moins 50 rouleaux de réglisse, ces petits bonheurs qui, grâce à Jean allaient prendre racine dans mon paysage ensoleillé de la gourmandise

    • Antonio dit :

      J’adore cette anecdote parce que je viens de découvrir que je n’ai jamais vu de billet Racine mais celui de de la Tour (merci Wkipédia) avant le Saint-Exupéry, encore plus familier. Mais bon, je préfère de loin tomber sur un billet (de) Pascal 😉 Les détails du mariage sont succulents et me rappellent aussi des souvenirs d’obligations pesantes dans mon enfance. Pour une prochaine.

      • durand JEAN MARC dit :

        Merci Antonio pour ton petit mot. A savoir, question billet, que j’ai étudié, justement! Si je mettais un Quentin, ça ne collait pas car mis en service dans les années 75,76…je ne sais plus bien, ça ne pouvait pas coller avec mon âge de 12 ans, moi qui suis né en 51 (19)….comme quoi, tu pourras témoigner auprès du patron, le grand Pascal, que même pour une anecdote, ça ne rigole pas dans la préparation. Alain Demouzon écrivait que la mémoire, ce n’est que des souvenirs mis en scène. C’est tout à fait çà. Le plus authentique, pour moi est bien le poids de ces réunions….et je ne semble pas être le seul à en avoir souffert! Bonne soirée!

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      Texte plaisant à lire, truculent comme j’aime. J’aime bien votre style empreint de cynisme « Les scrupules sont des petites bêtes tout à fait inoffensives ». Un regret : que vous n’ayez pas développé votre sociologie de la chaussure

      • durand JEAN MARC dit :

        Merci Françoise! La truculence me convient car comment traiter de ce monde déconcertant sans en cibler la bizarrerie. Pour le cynisme, à petites doses, ou bien dosé car je n’envisage pas son éventuelle brutalité, même si j’ai trouvé ma formulation « jouissive ». Quand à la sociologie de la chaussure, pas assez de place aujourd’hui pour ce qui ne se voulait au départ qu’une anecdote. A suivre donc, plus tard, ailleurs! Bonne soirée!

    • Pascal Perrat dit :

      Ces repas de famille qui n’en finissent pas, quel est l’enfant qui ne s’est pas ennuyé en pareille occasion, je vous en fiche mon billet !

  6. Grumpy dit :

    Si, si, je l’ai fait, c’est moi la voleuse, mais je ne regrette pas. J’en avais tellement envie que j’ai osé et si c’était à refaire …. quoique maintenant ce serait plutôt vers une paire de mules que je lorgnerais.

    Fini le temps des gambettes qui avaient envie d’avoir quelque chose de joli et d’à la mode aux pieds. A présent mes orteils ne rêvent plus que de confort.

    Mon oncle Maurice était un homme à femmes. Après une épouse et 4 enfants, Monsieur a divorcé, est parti un an ou deux au bout du monde, puis en est revenu. Ne supportant pas la solitude, il s’est appliqué à chercher nouvelle chaussure à son pied. Il n’avait ni charme fou ni physique si attirant, mais un baratin qui les séduisait toutes. On en a vu défiler une ribambelle, une nouvelle chaque année. Il décrochait souvent de sacrés numéros qu’il était fier de venir présenter à ses parents, lesquels accueillaient ces éphémères avec philosophie.

    Moi, pendant ce temps je devenais ‘grandette’. Je n’avais pas les moyens de certaines de mes copines mais je voulais les mêmes choses. Être dans le coup de mes 14 ans.

    Voilà qu’arrive Maurice qui cette année nous présente Simone. Belle femme, parigote au verbe pointu, élégante, gentille. Elle a aux pieds – la sandale de l’été – que je désire tant et que je n’ai pas pu m’offrir même en économisant 5 francs après 5 francs que me donne par semaine mon père pour le cinéma. Des sandales tropéziennes, plus à la mode tu meurs.

    Il me les faut !

    Pour le plaisir de marcher pieds nus, elle les a posées sur le pas de la porte. Je les essaie, pile ma pointure. Là je me dis : si elle les laisse là jusqu’à ce soir … Ce qu’insouciante elle fit.
    Ils repartirent tôt le lendemain matin, elle avait chaussé des talons et pire, n’a même pas demandé si quelqu’un par hasard aurait vu quelque part ses sandales ?

    Moi, tranquille, je savais bien qu’elle serait vite remplacée, on ne l’a jamais revue, j’ai paradé tout l’été, si fière de marcher dans ses traces.

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      Bonjour Grumpy. une question : n’y avait-il que de la fierté en vous à porter ces sandales acquises de manière si canaille?

      • Grumpy dit :

        Pas seulement : je faisais en sorte que ma mère ne me voie pas avec elles aux pieds de crainte qu’elle ne me demande d’où elles venaient. Mais pas de culpabilité.

    • Antonio dit :

      Il n’y a pas de mal à ce que votre belle-tante vous fasse un cadeau à son insu. Elle aurait pu vous les prendre neuves et vous les emballer tout de même ! 🙂 Sinon, elle est repartie avec quoi aux pieds ?

      • Grumpy dit :

        Un cadeau fait à son insu, c’est comme ça que le prenait ma conscience tranquille et sans remords mais ça a dû me marquer tout de même puisque je me revois encore entrain de planquer les sandales hors de sa vue et que depuis je n’ai jamais plus rien volé de ma vie.

  7. 🐀 Souris verte dit :

    🐀 À Noël voyez-vous, j’étais toujours punie : je n’avais pas bien fait, ou rien, ce qui était pourtant, à mon avis, ce que je faisais le mieux ! Enfin vous l’avez compris, le vilain petit canard n’aura encore pas de cadeaux pour Noël. Ces salauds là faisaient d’une pierre deux coups ! Ça ne leur coûtait pas cher et pour couronner le tout, comme il gelait à cette époque, ils m’enfermaient dans la chambre. Bien au chaud sous la couverture faite avec des morceaux d’édredons de récupération, j’échaffaudais des plans pour me faire mes cadeaux à moi toute seule. Mais comment s’y prendre quand on a six ans ?
    Subrepticement, le mardi (les commerces étaient fermés le lundi) je faisais les murs jusqu’aux Galeries et badais devant les p pères Noël en pain d’épices ou en chocolat. Je lorgnais un petit Jésus en sucre, dodu et rieur à souhait et qui me disait ‘ prends-moi’. Je ne résistai pas mais fus vite ratrappée par une vendeuse qui, elle aussi m’avait à l’oeil. À ce moment-là, une autre se précipita et lui dit ‘ laisse-la, c’est la gamine des un-tels, elle n’est pas gâtée tu sais ‘ et elle m’offrit ce que j’avais chapardé. Je l’ai remerciée en pleurant de honte. Je n’ai plus jamais recommencé. 🐀

  8. Antonio dit :

    Hou là ! Voler de l’argent, c’était péché ! Et c’était surtout l’assurance d’aller en enfer avant d’être mort, sous les coups du châtiment de Dieu mon père.

    Et la ceinture, je confirme, Pascal, était encore à la mode dans les années 70 pour soutenir les pantalons à pattes d’éph’.

    Non, moi je me risquais plus à la tablette de chocolat, jamais mentionnée dans l’Evangile, et qui se trouvait dans le grand placard du vestibule où s’entassaient les provisions.

    Le problème, c’est quelle prenait mon désir de haut, l’aguicheuse. Je n’ai jamais été très grand. Et à huit-neuf ans, je ne dépassais pas le mètre vingt.

    Alors il y avait tout un stratagème à mettre en place pour parvenir à chaparder quelques carrés de douceur sans se faire remarquer. Maman était à la cuisine, occupée à surveiller une casserole sur le feu, papa au travail et mes soeurs dans leur chambre à habiller leurs Barbie. Je me donnais cinq minutes, pas plus, pour accomplir mon délit.

    Je me faufilai dans le vestibule, refermai la porte derrière moi, sans allumer la lumière et repérai le petit tabouret qui servait également à ma petite mère pour atteindre le haut du meuble. Je me hissai habilement et, sans bruit, ouvrai la porte de gauche, puis je devinai au toucher la fameuse tablette carrelée, enfermée par cinq dans un plastique. Elle n’était pas entamée, cela ne me facilitait pas la tâche. Je déchirai alors l’emballage sur le côté et tentait de tirer la tablette du dessus pour en casser une à deux rangées.

    Quand mon pied a glissé, me retenant à une barre de chocolat, attachée à cinq tablettes, coincées dans le haut du placard, hérité de ma grand-mère et aussi stable qu’elle à 75 ans quand on s’accrochait à son cou pour l’embrasser, et patatra ! … un bruit d’enfer. J’ai repensé à mon père quand il allait rentrer, j’ai vu la tête de ma mère quand elle a ouvert la porte du vestibule, le placard en tour de Pise, arrêté dans sa chute par un des murs de la toute petite pièce et moi en dessous, pris la main dans le chocolat, au milieu des provisions en vrac.

    J’allais bien dire un mensonge, mais ma mère me devança, dans sa langue maternelle : « Seigneur Jésus Marie Joseph ! »

    • Fanny Dumond dit :

      Décidément, j’adore votre style et si ça continue je vais vous envoyer la facture des kleenex que j’utilise pour sécher mes larmes de rire. Merci beaucoup Antonio et Bravo ! Moi, je cale, non pas par excès d’honnêteté, j’aurais bien aimé piocher dans la boîte de bonbons distribués si parcimonieusement, mais chez moi c’est le martinet qui m’attendait au tournant. Et le premier livre que m’a offert ma mère est « les petites filles modèles ». Tout un programme de développent personnel !

    • Perrat Pascal dit :

      J’ai été charmé par ton anecdote. Ton talent me fait penser à Henri Salvador et Nino Ferrer, des créateurs qui ont vainement persisté à vouloir chanter comme des crooneurs alors que leurs talents étaient dans la fantaisie et la gaieté.
      Remarque très amicale. Tu le sais

    • Antonio dit :

      Merci Fanny, envoyez la facture, je la ferai passer en « frais réels » dans la déclaration d’impôts de mon activité de crooneur Salvadorien.
      J’entends bien ton amicale remarque Pascal mais figure-toi que cet amoureux de Jazz est revenu sur le tard à sa passion première avec une magnifique interprétation de « Jardin d’hiver ». L’important, je crois, est de suivre son inspiration et d’y croire, que ce soit ici our rire ou dans un roman noir. Merci à toi pour tes précieux conseils, sache que je les entends toujours et les intègre parfois 😉

    • Françoise - Gare du Nord dit :

      Merci Antonio pour cette anecdote très amusante. Vous écrivez si bien que j’imagine parfaitement la scène : le placard à moitié renversé, la surprise peut-être mêlée de déception de votre mère et votre tête mi-vexée mi- honteuse (que je en connais pas). Fanny a partiellement raison : cela ne me prête pas à pleurer de rire mai à mourir de rire.
      Moi ce n’était ni le chocolat ni la confiture qui me faisait commettre ces petits larcins, c’était le camembert dont le niveau baissait chaque jour de manière significative. masi comment soupçonner une petite fille de voler du fromage?

      • Antonio dit :

        Oui, Françoise, vous avez bien cerné la tête de celui qui ne peut avoir tort, en toutes circonstances, je la porte toujours sur mes épaules. On ne se refait pas. Pour le camembert, j’imagine que s’il était à tomber, comme il y en a en Normandie, ouvrir la bouche, c’était déjà avouer, non ? 😉

        • Françoise - Gare du Nord dit :

          Il faut Antonio croire que le camembert du Sud-Ouest ne dégage pas la même odeur que celui de Normandie car je ne me suis jamais fait piéger par mon haleine

        • Antonio dit :

          J’espère que depuis vous en avez goûté des plus forts, au bon lait cru. Enfant, moi c’était le bleu d’Auvergne que j’affectionnais, une tuerie quand il sortait des caves où j’habitais à Aubière (63). Il ne restait pas longtemps dans le frigo 🙂

  9. Lorsque mes frères voulaient se faire plaisir, ils volaient dans l’épicerie du quartier des barres chocolatées et des bonbons.
    « Tu vas voir, c’est facile, me disaient-ils
    – Pendant qu’on parle au patron, tu piques ce que tu veux dans le rayon, tu le caches dans ta poche et tu sors comme si de rien n’était.
    – Après on sort et on te rattrape. »
    Je ne voulais pas mais j’avais tellement envie de cette barre Ovomaltine que j’ai cédé aux suppliques de mes frères. J’étais si nerveuse, que je me suis mise à bredouiller devant le vendeur. Mes frères m’ont fait les gros yeux et des signes de la main, je me suis sauvée en courant suivie de près par les garçons furieux
    « Tu nous a grillé ! T’es qu’une cruche et une froussarde !
    – J’ai eu trop peur, plus jamais je ne recommencerai dis-je en gémissant »
    Encore aujourd’hui, j’ai honte en racontant cette histoire ce qui ne m’a pas empêché de dévorer mon chocolat sans partage…

  10. Bonjour,
    Et cela vous a-t-il servi de leçon ?
    Je vais vous raconter mon histoire de chapardage à moi, qui m’a servi de leçon

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